Karine Vallières quittera la vie politique cet automne, au terme de son second mandat. La députée de Richmond a décidé de ne pas se présenter aux prochaines élections, préférant consacrer davantage de temps à ses proches, et plus particulièrement à ses filles Roséliane et Clémence.

Karine Vallières quitte la vie politique

Karine Vallières met une croix sur la vie politique à court et moyen terme. La députée libérale de Richmond a en effet décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat lors des élections qui auront lieu cet automne.

Mère de deux adolescentes de 13 et 15 ans, Karine Vallières désire consacrer davantage de temps à ses filles et à ses proches.

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« Elles grandissent, j’ai déjà manqué beaucoup de choses et elles arrivent au moment de forger leur personnalité, j’ai envie d’être là avec elles entièrement », explique la députée de Richmond depuis 2012.

« Je mets mon chapeau de politicienne, de maman et de fille de politicien, je comprends leurs besoins et je les partage », note la fille d’Yvon Vallières, qui a été député de Richmond de 1973 à 1976, puis de 1981 à 2012.

Karine Vallières a ainsi vécu au cours de la longue carrière de son père Yvon la même réalité que ses filles Roséliane et Clémence aujourd’hui : activités de circonscription en boucle, anniversaires célébrés en décalage, absence du parent-député lors des activités scolaires ou sportives.

« Au terme de sa carrière, il avait déclaré dans son discours que son seul regret était de ne pas avoir vu grandir ses enfants, raconte Karine Vallières. Là, je n’aurai pas de regret de partir à la fin de mon mandat, mais le risque serait grand de regretter plus tard de ne pas l’avoir fait. »

Karine Vallières avait d’ailleurs souvent répété avant de se lancer qu’elle ne ferait pas de politique.

« J’avais plein de raisons de ne pas y aller, mais en même temps, je me disais si les gens, les jeunes, les femmes qui ont envie de faire ce travail de façon intègre et correcte n’y vont pas, qui va y aller? C’est là que j’ai décidé d’y aller. Mais la politique n’a jamais été une finalité en soi. Je n’ai jamais dit que je voulais en faire carrière.

« La politique est aujourd’hui extrêmement exigeante en termes de temps et d’énergie, beaucoup plus qu’elle l’était auparavant, même il y a à peine dix ans, ajoute-t-elle. Tout est extrêmement rapide, les gens exigent des réponses immédiates, on a très peu de temps pour la réflexion. Je ne suis jamais à court d’énergie, mais le temps manque, je ne veux pas avoir l’impression de n’être jamais totalement là où je dois être. »

Onde de choc au PLQ

Karine Vallières a fait savoir sa décision au premier ministre Philippe Couillard dont elle est l’adjointe parlementaire au volet jeunesse. La surprise a été grande et l’annonce a provoqué une petite onde de choc à Québec.

«Mais on respecte mon choix, insiste-t-elle. On aurait peut-être voulu me faire changer d’idée, mais il était clair que ma décision était prise pour de bon.»

Karine Vallières tient d’emblée à tracer une ligne entre les récents sondages défavorables au parti libéral et son départ.

«Ça n’a rien à voir, lance-t-elle. Honnêtement, même si on doit toujours faire face à une part de critiques, je ressens surtout de la satisfaction sur le terrain, et ce sans égard à l’allégeance politique. C’est d’ailleurs un aspect important de ce que j’ai développé au fil de ces dernières années, travailler et faire travailler les gens ensemble au-delà du parti. Je leur répétais d’oublier la question de partis et de travailler ensemble. Sur le terrain, dès le début, j’ai aussi voulu me détacher du nom de Vallières pour éviter les comparaisons, ç’a donné des gens qui ne sont pas libéraux ou péquistes, mais simplement "karinistes".»

«On a d’ailleurs peut-être été un peu victimes de notre efficacité au bureau de comté, croit Karine Vallières. On réglait les dossiers des gens efficacement, ça en amenait d’autres. "Karine va régler ça", se disent les gens. On n’arrête jamais», souligne Karine Vallières avec une évidente satisfaction du travail accompli au cours des six dernières années.

Âgée de bientôt 40 ans, Karine Vallières a fait son entrée comme députée à l’Assemblée nationale en 2012 en coiffant de justesse son opposant péquiste Étienne-Alexis Boucher dans le nouveau comté de Richmond redessiné. Lors du scrutin de 2014, elle l’avait emporté de nouveau sur Boucher, cette fois haut la main avec 41 pour cent des votes, un écart de 5657.

Diplômée en communications, Karine Vallières n’a pas de plans au-delà du mandat qu’elle compte compléter en octobre.

«Je verrai à ce moment-là, mais je suis très attachée à mon milieu et à ces gens, et j’ai toujours envie de demeurer engagée, alors on verra, insiste-t-elle. Et il reste encore plusieurs mois de travail, plusieurs dossiers de petite et grande envergure que je veux mener à terme, c’est ce qui importe. Je vais terminer le travail avant de passer à autre chose. »