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Politique

Trudeau demande à Morneau de réduire les impôts, mais de garder des réserves

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau demande à son ministre des Finances de réduire les impôts, mais aussi de préserver du «pouvoir financier» au cas où on devrait faire face à un ralentissement économique.

M. Trudeau a remis vendredi des listes de tâches détaillées à son cabinet dans des «lettres de mandat» publiées en ligne.

Ses premiers mots à chaque ministre rappellent que les libéraux n'ont qu'un gouvernement minoritaire et que trouver des moyens de coopérer avec d'autres partis et les gouvernements provinciaux sera essentiel.

Dans sa lettre au ministre des Finances, Bill Morneau, M. Trudeau énonce un certain nombre de priorités financières, notamment la réduction de la dette fédérale par rapport à la taille de l'économie canadienne.

Il souhaite que M. Morneau continue à «investir dans les gens», mais qu'il garde également des réserves au moment où certains prédisent que l'économie pourrait ne pas être aussi robuste dans les mois à venir.

M. Trudeau demande également à la ministre de la Santé, Patty Hajdu, de présenter immédiatement un règlement pour réduire le nombre d'adolescents adeptes du vapotage, et au ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, de réglementer les plateformes de médias sociaux pour réduire les méfaits en ligne.

Politique

Legault et Trudeau veulent se concentrer sur les points d’accord

MONTRÉAL — C’est une assiette bien garnie que le premier ministre François Legault a présentée à son homologue fédéral Justin Trudeau pour leur première rencontre depuis la réélection de ce dernier, cet automne.

Les deux hommes, accompagnés de leurs ministres des relations intergouvernementales, Chrystia Freeland et Sonia LeBel et du lieutenant québécois de M. Trudeau, Pablo Rodriguez, se sont réunis dans les bureaux montréalais de M. Legault.

Dans une courte déclaration aux journalistes, M. Legault a d’abord salué la conclusion de l’entente de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique. Le premier ministre québécois a rappelé que le Québec bénéficie d’une balance commerciale excédentaire de 20 milliards $ avec son voisin du sud, d’où l’importance, selon lui, de protéger ce marché. Il a du même souffle invité les parlementaires à Ottawa à ratifier le plus rapidement possible l’accord.

François Legault a profité de l’occasion pour rappeler que le Québec a de grandes attentes envers Ottawa en matière de transport en commun, notamment avec les projets de tramway à Québec, Montréal, sur les rives Nord et Sud de la métropole ainsi qu’à Gatineau.

Les deux hommes ont insisté sur les sujets qui font l’objet d’une entente entre les deux gouvernements, mais n’ont pu éviter ceux «sur lesquels on va continuer de travailler ensemble», selon l’expression choisie par Justin Trudeau.

Au premier chef de ces pommes de discorde fédérale-provinciale se trouve la Loi sur la laïcité. M. Legault a reconnu qu’il y a «un différend de ce côté-là» tout en ajoutant que l’on essaierait de «se concentrer sur les points sur lesquels on est d’accord».

«Et il y en a beaucoup», a lancé avec un large sourire Justin Trudeau en guise de conclusion.

Politique

Course à la direction du PCC: des paramètres à définir

OTTAWA — Maintenant qu’Andrew Scheer a annoncé sa décision de quitter son poste de chef conservateur, le parti commencera à sortir les plans des cartons pour une course à la direction.

Le conseil national, dirigé par le président du parti, Scott Lamb, s’est déjà réuni jeudi après-midi pour discuter de la marche à suivre. Comme M. Scheer a l’intention de rester à la tête du parti jusqu’à ce que son successeur soit choisi, il ne sera pas nécessaire de trouver un chef intérimaire.

Quand Stephen Harper a démissionné au soir de la défaite électorale des conservateurs en 2015, il a aussi quitté immédiatement la direction du parti. Le caucus avait alors choisi Rona Ambrose comme cheffe intérimaire jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit élu par les membres du parti en mai 2017 — Andrew Scheer.

Le conseil national du parti devra plutôt choisir d’abord et avant tout les membres du comité organisateur de cette course à la direction. Ce sont eux qui décideront des règles et procédures, y compris le début de la campagne et sa durée. Le comité décidera également depuis combien de temps un candidat doit avoir été membre du Parti conservateur avant de pouvoir se présenter.

On fixera aussi les limites de dépenses pour chaque candidat — c’était 5 millions $ lors de la dernière course. On avait également fixé en 2017 le prix du «billet d’entrée» à 100 000 $ — des frais d’inscription de 50 000 $ et un dépôt de conformité de 50 000 $, remboursables à condition que le candidat respecte les règles.

Calcul des voix

L’une des règles les plus importantes de cette course, qui a été controversée dans le passé, est toutefois inscrite dans la constitution du parti — et ne peut donc être facilement modifiée. Il s’agit de la méthode de calcul des voix.

Chaque membre en règle du Parti conservateur a droit à un bulletin de vote, mais tous les bulletins n’ont pas le même poids. Chacune des 338 circonscriptions du pays compte pour 100 points, peu importe le nombre de membres du parti dans le comté. Le jour du scrutin, chaque candidat se voit attribuer des points en fonction du pourcentage de voix obtenus dans chaque circonscription. Le candidat qui recueille une majorité de points au pays (16 900 plus un) remporte la course à la direction.

Cette méthode signifie que les membres issus de comtés où les militants conservateurs sont moins nombreux ont un poids plus grand dans le calcul final.

Politique

Les conservateurs refusent une citoyenneté honorifique à Raïf Badawi

OTTAWA — Dans un effort pour venir en aide à Raïf Badawi qui vient d’entamer une autre grève de la faim dans sa prison saoudienne, le Bloc québécois a tenté de lui faire accorder une citoyenneté canadienne à titre honorifique... en vain.

Les conservateurs se sont interposés lorsqu’une députée bloquiste, jeudi après-midi, a demandé le consentement unanime de la Chambre pour ce faire.

«Qu’il soit résolu par la Chambre d’octroyer à Raïf Badawi le titre de citoyen honoraire du Canada», a lu la députée Christine Normandin, interrompue par les cris des élus conservateurs. Le président a appelé au calme, puis demandé si la députée avait le consentement unanime pour proposer sa motion. «Non», a-t-on crié des banquettes conservatrices, alors qu’Ensaf Haidar, la conjointe de M. Badawi, surveillait la scène du haut des tribunes.

Le chef du Bloc québécois, sorti des Communes, a dénoncé «l’indignité» des députés conservateurs avant de souligner l’utilité du geste.

«Ce n’est pas qu’emblématique, c’est un outil important», a insisté Yves-François Blanchet qui avait noté, en Chambre, «une ouverture d’esprit du côté des libéraux et du côté du Nouveau Parti démocratique».

Mme Haidar, qui a fait la route de Sherbrooke pour l’occasion, est convaincue que «ça changerait» les choses si son conjoint pouvait se dire Canadien.

«Maintenant, quand [le Canada] demande la libération de Raïf, l’Arabie saoudite dit que Raïf est saoudien. «Vous êtes Canadiens, pourquoi vous demandez?» S’il a la citoyenneté, [l’intervention canadienne] serait plus solide», a-t-elle expliqué.

Grève de la faim

En voyage en Égypte, le ministre canadien des Affaires étrangères s’est dit «très inquiet» par la nouvelle grève de la faim de M. Badawi.

«Je suis ça de très près. J’ai l’intention d’appeler mon homologue saoudien avant la fin de l’année pour soulever les inquiétudes du Canada», a dit François-Philippe Champagne au cours d’une conférence téléphonique avec les journalistes canadiens.

«J’ai bon espoir que M. Champagne va poser des gestes», a réagi M. Blanchet.

Son député Stéphane Bergeron s’est montré plus impatient.

«La politique des petits pas fait en sorte que ça fait sept ans qu’il est emprisonné. Or la peine est de 10 ans. À ce rythme-là, il va faire les 10 ans si quelque chose de plus dramatique encore ne survient pas entretemps», a dénoncé le député bloquiste.

Mme Haidar a justement souligné que ce n’est pas la première grève de la faim du blogueur.

«Je suis très, très inquiète. [...] Sa santé, son moral, sont plus bas», a-t-elle confié.

Raïf Badawi a été condamné à

10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour avoir créé un forum en ligne afin de discuter de questions sociales en Arabie saoudite.

Politique

Secteur public: Québec propose des hausses de 7 % sur cinq ans

Le gouvernement Legault offre des hausses salariales de 7 % sur cinq ans à l’ensemble du secteur public — une proposition inférieure à l’inflation —, mais il laisse miroiter d’autres gains pour des groupes privilégiés.

Pourtant, en septembre, le premier ministre François Legault avait dit que les travailleurs de l’État allaient devoir se contenter d’augmentations correspondant à l’inflation et qu’il n’y avait plus de marge de manœuvre budgétaire.

Mais ce n’est que le début dans les négociations et il reste de la marge de manœuvre, a laissé entendre le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, jeudi, en conférence de presse au parlement à Québec.

L’offre de base sur cinq ans pour les 550 000 employés de l’État se ventile comme suit : 1,75 % chaque année pour deux ans jusqu’en 2021-2022, 1,5 % pour 2022-2023, et 1 % par an pour les deux années suivantes, jusqu’en 2024-2025 donc, pour un total de 7 %.

Un boni de 1000 $ est prévu pour les employés au plus haut de l’échelle, tandis que des mesures sectorielles sont prévues pour les groupes jugés prioritaires par le gouvernement, soit les préposés aux bénéficiaires et les enseignants.

En incluant les offres bonifiées pour ces groupes, les hausses seront de 2 % par année sur trois ans, et 1,5 % par an pour les deux années suivantes, pour un total de neuf pour cent. Or le taux d’inflation est prévu pour être de 2,2 % en 2019 et en 2020.

Ce sont des «offres très, très raisonnables», correspondant à la «capacité de payer des Québécois», a laissé entendre M. Dubé. Il a aussi rappelé que chaque point de pourcentage de hausse salariale coûte 400 millions $ au Trésor public.

«On ne vous dira pas le chiffre, il reste encore de la marge de manœuvre, pour être capable d’aller atteindre, justement, les engagements électoraux qu’on a faits, en éducation et en santé», a-t-il poursuivi.

Les syndicats indignés

Les syndicats rejettent unanimement ces offres. Même si les centrales ne se sont pas regroupées en front commun pour cette négociation, elles tiennent sensiblement toutes le même langage.

Les syndicats de la fonction publique, des professionnels du gouvernement, des infirmières, professionnels et techniciens de la santé, d’enseignants, la CSN et la FTQ, qui représentent plusieurs centaines de milliers d’employés de l’État, s’insurgent contre la volonté du gouvernement Legault de leur consentir des hausses salariales inférieures à l’inflation.

Tous invoquent les importants surplus enregistrés par le gouvernement à la suite des années de compressions dont leurs membres ont fait les frais pour réclamer leur part du butin, tout en rappelant que l’Institut de la statistique du Québec fait état d’un retard salarial de 13,2 % du personnel de l’État québécois par rapport aux autres salariés québécois.

Le gouvernement crée par ailleurs trois forums où des bonifications financières de l’offre seront sur la table, a-t-on indiqué. Les trois forums seront respectivement consacrés à la réussite éducative, à l’accessibilité aux soins, ainsi qu’à la santé globale des personnes salariées.

Ainsi, l’amélioration de la rémunération des préposés aux bénéficiaires «risque d’être suffisante pour attirer et retenir» les préposés, a affirmé la ministre de la Santé, Danielle McCann, au côté du président du Conseil du Trésor.

De même, la réduction des échelons salariaux dans l’enseignement — un autre engagement de la CAQ — pourrait y être abordée, a laissé entendre le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Québec entend aussi s’attaquer entre autres au problème de l’absentéisme en milieu de travail.

Des forums qui pourront discuter de rémunération, c’est nouveau, plaide le gouvernement. «[M. Dubé] vient ébranler les colonnes du temple, on innove», a soutenu M. Roberge.

Politique

François Legault admet son déficit de crédibilité en matière d’environnement

SAN FRANCISCO - Le gouvernement actuel souffre d’un déficit de crédibilité en matière de protection de l’environnement et le premier ministre François Legault affirme en être bien conscient.

En entrevue à La Presse canadienne, cette semaine, en marge de la mission qu’il dirigeait en Californie, M. Legault a cherché à casser cette image d’homme de droite, peu soucieux de la crise climatique qui frappe la planète.

Mais il sait qu’il doit encore faire ses preuves pour se poser en premier ministre «vert», même s’il soutient être bien moins à droite et bien plus écolo que ce qu’on croit en général.

Mais d’où vient cette méprise, alors?

«Ça remonte à loin», répond M. Legault, expliquant que cette étiquette d’homme de droite lui colle à la peau depuis la fusion de son parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), avec l’Action démocratique (ADQ), en 2011.

Depuis, «il y a des gens qui pensent encore que je suis à droite, que c’est pas important l’environnement pour moi». Et il s’en désole.

Sauf que depuis 2011, M. Legault a eu droit à trois campagnes électorales (2012, 2014 et 2018) pour se rattraper, bâtir un programme en environnement, dresser une liste d’engagements, fixer des objectifs et des échéanciers.

Or, la CAQ s’est présentée devant l’électorat en demeurant pratiquement muette sur cette question.

M. Legault explique ce silence par le fait que les quatre partis ont, selon lui, à peu près les mêmes idées et les mêmes objectifs à atteindre dans la lutte aux changements climatiques, alors qu’en campagne électorale, chacun cherche à se démarquer.

En campagne, «on essaie d’insister sur les points sur lesquels on se différencie», dit-il, pour justifier sa position, ajoutant qu’il ne croit pas «qu’on se différencie beaucoup sur l’environnement, les quatre partis». La CAQ a donc choisi de miser sur d’autres enjeux.

«J’ai pas insisté plus qu’il ne faut sur l’environnement, mais ça ne veut pas dire que je ne me sens pas responsable de déposer un plan qui va réduire les GES», insiste le premier ministre, qui mise beaucoup sur le plan de lutte aux gaz à effet de serre (GES) que son ministre Benoit Charette va déposer au début de l’année 2020 pour se rattraper et redorer son image.

«Il y a des attentes qu’il faut rencontrer», dit le premier ministre, répétant toujours la célèbre réplique du Capitaine Bonhomme (une émission de télé des années 1960) dès qu’il est question de ses projets en environnement: «Les sceptiques seront confondus.»

Si les objectifs se ressemblent, le ton et l’approche des partis diffèrent. Loin du discours lyrique de Québec solidaire, à la CAQ on est pragmatique et on privilégie l’approche «business».

Pour lutter contre les GES, l’accent sera mis sur le transport. Le gouvernement voit dans le contexte actuel des occasions d’affaires à exploiter, en misant notamment sur l’électrification des voitures, camions et autobus.

Avec la Californie, cinquième économie au monde, le Québec veut développer des partenariats en ce domaine pour la fabrication de véhicules de transport individuels et collectifs plus écolos, moins polluants.

Mais la profession de foi environnementale du premier ministre n’empêchera pas le gouvernement, en parallèle, de promouvoir des projets plus controversés sur ce plan, comme le coûteux troisième lien entre Québec et Lévis, qui favorisera, selon plusieurs, un accroissement de la circulation automobile et entraînera l’étalement urbain.

M. Legault a déjà déclaré que ce tunnel sous le fleuve Saint-Laurent était un projet «vert» car des voitures électriques l’emprunteront. Le ministre Charette l’a décrit comme un outil de développement économique qui servira au transport collectif.

Avec la Californie, M. Legault va aussi militer pour faire adhérer davantage de provinces et une «vingtaine» d’États américains à la bourse du carbone, qui vise à réduire les émissions de GES des grandes entreprises grâce à un programme de plafonnement et d’échange de droits d’émissions, car «on n’y arrivera pas juste deux États sur 60 en Amérique du Nord».

Il dit être sensible à la crise climatique et nourrir «des inquiétudes bien plus sur la Chine et l’Inde, quand on voit le nombre de centrales au charbon et la taille des dommages qu’ils font à l’environnement, ça m’inquiète».

L’année 2020 devrait être celle de l’environnement au Québec avec l’annonce du plan de lutte aux GES, et l’avancement de divers projets, dont six projets de tramways, la mise en place du recyclage des gros électroménagers et de la consigne du verre, notamment.

Actuellement, le Québec vise à réduire de 37,5 % ses émissions de GES pour 2030, par rapport au niveau de 1990.

Le premier ministre ne participe pas au sommet des Nations unies sur le climat, la COP25, qui se tient présentement à Madrid, mais il promet qu’il sera présent au prochain, à Glasgow, en Écosse, en décembre 2020.

Politique

Andrew Scheer: démission sur fond de controverse

OTTAWA — Andrew Scheer annonce qu’il quittera la direction du Parti conservateur du Canada, au même moment où des allégations au sujet de l’utilisation des caisses du parti au bénéfice de sa famille font surface.

Le directeur du Parti conservateur, Dustin van Vugt, a confirmé qu’il a lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines dépenses personnelles après son élection comme chef en 2017 — dont une partie des frais scolaires pour l’école privée de ses enfants.

«Nous avons eu une rencontre lors de laquelle j’ai fait l’offre standard de couvrir les coûts liés au déménagement de sa famille de Regina à Ottawa. Cela comprend la différence dans les frais de scolarité entre Regina et Ottawa», dit M. van Vugt, qui assure que «toutes les procédures appropriées ont été respectées et autorisées par les responsables visés».

La situation reste tout de même «inacceptable» pour le sénateur Jean-Guy Dagenais, qui a quitté le caucus conservateur pour siéger avec un nouveau groupe de sénateurs indépendants.

«Moi, quand je contribue au parti, c’est pour supporter les candidats pendant une élection et aider le parti à gagner l’élection», a critiqué M. Dagenais, qui demande à ce que M. Scheer remette l’argent dans les coffres du parti.

Le député Gérard Deltell aimerait pour sa part avoir des explications. «Comme tout le monde, je l’ai appris ce matin. Alors c’est le genre de chose qu’on préfère savoir avant que pendant, parce que l’après n’est pas toujours agréable», a-t-il dit.

Seuls quelques responsables auraient été mis au courant en 2017 de cette entente, qui aurait refait surface dans les derniers jours, selon nos informations.

«Si ça sort aujourd’hui et qu’il démissionne aujourd’hui, j’imagine que c’est peut-être une des gouttes qui ont fait déborder le vase», a offert en guise d’explication le sénateur conservateur Claude Carignan.

L’entourage de M. Scheer assure cependant qu’elle n’a pas précipité sa prise de décision concernant son avenir. «Ça n’a rien à voir avec sa décision», a déclaré le député albertain Chris Warkentin, qui agit comme coordonnateur du caucus conservateur.

M. van Vugt soutient que M. Scheer a pris la décision de démissionner «après des semaines de discussions longues et difficiles avec ses amis et sa famille». Il a commencé à informer les membres de son personnel de son départ plus tôt cette semaine et l’a annoncé à la fin d’un caucus spécial qui devait porter sur le nouvel ALENA jeudi en matinée.

La grogne à l’endroit de M. Scheer n’avait cessé de s’intensifier depuis la défaite de son parti lors des élections du 21 octobre. Il a été ouvertement critiqué par des membres de son caucus et d’anciens candidats, qui estimaient qu’il n’était pas l’homme de la situation pour les mener à la victoire aux prochaines élections.

Les critiques ont été particulièrement virulentes au Québec où les candidats défaits ont surtout reproché au chef conservateur ses positions sur l’avortement et le mariage gai.

M. Scheer a délégué à l’ancien ministre John Baird la tâche de faire la lumière sur les raisons de la défaite conservatrice. M. Baird a rencontré les membres du caucus du Québec mardi et ceux du caucus régional des maritimes mercredi.

L’ancien ministre a confirmé dans un gazouillis que son travail n’est pas encore terminé.

«Mon mandat d’échanger avec les conservateurs se poursuit, incluant cette semaine. Je suis impatient de rédiger et puis de soumettre mon rapport lorsqu’il sera complet. J’espère qu’il aidera la prochaine campagne de notre parti et conseillera quiconque les membres du PCC choisiront pour devenir chef», a-t-il écrit.

En poste jusqu’au choix d’un successeur

M. Scheer a confirmé jeudi midi qu’il cédera sa place lorsque son successeur sera choisi par les membres, au lieu de se faire remplacer par un chef par intérim.

Son choix a été entériné par ses députés lors d’une rencontre de caucus en début de soirée.

M. Scheer a expliqué qu’il s’agit de la «décision la plus difficile» qu’il ait eu à prendre, mais dit qu’il veut se consacrer à sa famille d’abord.

Il dit qu’il veut s’assurer que la personne qui lui succèdera aura l’appui nécessaire du caucus pour mener les conservateurs à la victoire. Il va demander à l’administration du parti de démarrer le processus d’une course à la direction pour le remplacer dès maintenant.

Il a également un message pour tous ses collègues pour la suite des choses : «Restons unis.»

M. Scheer compte rester député de sa circonscription de Regina-Qu’Appelle, en Saskatchewan, dans un «futur proche», n’indiquant pas s’il va compléter son mandat.

Actualités

L’Estrie en mode proportionnel mixte

À quoi ressemblerait la députation estrienne si on avait eu un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire lors de la dernière élection provinciale? La Coalition avenir Québec aurait deux députés alors que Québec solidaire, le Parti québécois et le Parti libéral auraient eu chacun un député. « Il y aurait eu une pluralité des voix comme souhaité par les électeurs », souligne la députée de Québec solidaire Christine Labrie.

Accompagnée du co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et de deux membres du Mouvement Démocratie Nouvelle, la députée de Sherbrooke a animé une soirée d’information sur la réforme du mode de scrutin mercredi soir. Plus d’une cinquantaine de citoyens se sont déplacés au Baobab café pour l’occasion.

Justice et faits divers

Raif Badawi et son avocat amorcent une grève de la faim

Le blogueur saoudien Raif Badawi et son avocat, tous deux emprisonnés depuis des années, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur mise en isolement et les mauvais traitements dont ils sont victimes à la prison de Dhahban, près de Djeddah en Arabie Saoudite.

L’information a été rendue publique par l’avocat de Raif Badawi, Me Irwin Cotler, du Centre Raoul Wallenberg pour les droits de la personne.

Dans un communiqué publié en fin de journée mercredi, Me Cotler rappelle que les deux hommes sont derrière les barreaux pour avoir fait la promotion de la liberté d’expression et de la défense des droits de la personne en Arabie Saoudite.

Raif Badawi n’en est pas à sa première grève de la faim, lui qui en avait mené une autre en septembre dernier, jusqu’à ce qu’il obtienne une rencontre avec un représentant de la Commission saoudienne des droits de l’homme. Il avait également cessé de s’alimenter en juin 2016, en janvier 2016 et en décembre 2015 pour forcer la main à ses geôliers, parfois pour obtenir de telles rencontres, mais aussi, et surtout, pour obtenir ses médicaments.

Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet, un interdit d’activité journalistique et de voyage pour 10 ans et une amende de trois millions de riyals, soit environ l’équivalent de 1,05 million $ CAN, pour avoir créé un forum en ligne afin de discuter de questions sociales en Arabie Saoudite.

Son avocat Waleed Abulkhair a été condamné, lui, à 15 ans de bagne, un interdit de voyage de 15 ans et une amende de 200 000 riyals, soit environ 70 261 $ CAN, une peine qui viendra à terme en 2044. Il a été emprisonné pour ses déclarations dénonçant les peines sévères imposées à ses concitoyens, dont son client Raif Badawi.

Raif Badawi n’a pas vu sa femme, Ensaf Haidar, et ses trois enfants depuis sept ans. Ces derniers sont réfugiés à Sherbrooke. Waleed Abulkhair, pour sa part, était déjà en prison quand son premier enfant est né en juin 2014. La fillette n’a pas connu ses parents puisque sa mère Samar Badawi - qui est la sœur de Raif Badawi - est également emprisonnée pour avoir défendu les droits des femmes, dont celui de conduire une automobile, ce qui est maintenant permis dans ce pays. De nombreuses informations ont fait état de torture à son endroit, mais ces informations n’ont pu être confirmées, personne n’ayant eu de nouvelles de Samar Badawi depuis son arrestation en juin 2018.

Politique

Politique fédérale: Joël Lightbound président du caucus québécois libéral

Joël Lightbound, député fédéral de la circonscription de Louis-Hébert à Québec, est nommé président du caucus québécois des élus du Parti libéral du Canada. Il est aussi le nouveau secrétaire parlementaire du ministre canadien de la Sécurité publique.

Avant ses nominations, M. Lightbound ne pouvait éviter de commenter la démission-surprise du chef conservateur Andrew Scheer, jeudi midi. «C’était rendu intenable pour lui de rester à la tête de son parti. Mais quand quelqu’un part comme ça, on se concentre sur ses bons coups. Je lui souhaite donc la meilleure des chances et, pour le reste, je vais laisser les conservateurs se gérer», a indiqué M. Lightbound, joint au téléphone à Ottawa.

L’avocat de 31 ans vient d’être réélu avec plus de 40 % des suffrages et une très confortable avance de 7765 voix, le 21 octobre, dans la circonscription couvrant l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge.

Le jeune député, qui en est à son deuxième mandat, est flatté d’avoir été choisi à l’unanimité par ses 34 collègues députés libéraux fédéraux du Québec pour présider le caucus provincial. Ils ont été nombreux à proposer sa candidature.

«Ce n’était pas dans mes plans il y a deux semaines, mais plusieurs députés m’ont approché pour le poste, la semaine passée. Je suis très honoré que ça vienne de mes pairs», affirme M. Lightbound.

Complémentaire au lieutenant libéral du Québec, Pablo Rodriguez, le président du caucus québécois tisse le lien avec le premier ministre et les ministres pour plaider les dossiers chers au Québec, en plus de présider la réunion hebdomadaire du mercredi.

Michel Picard, défait dans Montarville, présidait le caucus québécois du PLC avant les récentes élections.

Promesse à remplir

Au sein du premier gouvernement de Justin Trudeau, M. Lightbound a été secrétaire parlementaire aux Finances (2017 à 2019) et à la Santé (2017). Cette fois, il occupe ces fonctions de «ministre adjoint» auprès du ministre de la Sécurité publique à Ottawa, Bill Blair.

Ancien chef de police de Toronto, M. Blair était secrétaire parlementaire à la Justice et M. Lightbound à la Santé quand ils ont travaillé ensemble sur la légalisation du cannabis.

«C’est un homme très brillant. Il ne parle pas français, mais gagnerait à être plus connu au Québec», croit M. Lightbound.

Son gros dossier sera l’interdiction des armes d’assaut de style militaire, une promesse électorale des libéraux. «C’est un sujet qui résonne beaucoup avec ce qui est arrivé à Québec», soit la tuerie du 29 janvier 2017 à la Grande Mosquée, dans sa circonscription. «Il est plus que temps d’agir là-dessus», tranche-t-il.

Après une session de sept jours pour lancer la 43e législature canadienne, les travaux parlementaires seront ajournés vendredi, en début d’après-midi. Après quoi le député de Louis-Hébert sautera dans le premier vol pour Québec et passera les Fêtes à la maison, avant le retour à la Chambre des communes prévu le 27 janvier.

Le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus, a été nommé secrétaire parlementaire auprès du président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, qui est député de la circonscription de Québec.

Sherbrooke

Nicole Bergeron dénonce l’intimidation

La présidente du conseil municipal de Sherbrooke, Nicole Bergeron, dénonce les injures adressées à son endroit et à tout membre de la classe politique. Dans son message de conseillère la semaine dernière, Mme Bergeron a souligné les interventions des députées provinciales, dont la députée de Sherbrooke Christine Labrie, qui dénonçaient les insultes et les messages dégradants qu’elles reçoivent.

Santé

Rémunération: les médecins spécialistes approuvent l’entente avec le gouvernement

Les médecins spécialistes se disent pleinement satisfaits de l’entente conclue avec le gouvernement du Québec, qui prévoit une ponction de 1,6 milliard $ sur quatre ans dans leur enveloppe globale de rémunération.

Cet argent sera toutefois réinvesti dans la médecine spécialisée, au bénéfice des Québécois, s’est réjouie la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur.

En conférence de presse à Québec mercredi, elle a identifié la création d’un nouvel Institut de la pertinence comme étant le «cœur» de l’entente. Il s’agit là d’une véritable «voie de passage», a déclaré le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

Cet institut, composé de membres du gouvernement et de la FMSQ, dont on connaît très peu de détails, sera chargé de gérer les 1,6 milliard $. Il pourra décider notamment d’ajouter du personnel infirmier dans les blocs opératoires.

Il sera également appelé à éliminer des actes jugés non pertinents et à abolir des primes. Il est loin d’être acquis que les médecins spécialistes verront leurs honoraires baisser par conséquent.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait martelé que les médecins étaient payés trop grassement. Elle avait promis de retrancher 1 milliard $ de leur rémunération annuelle.

Une fois élu, le premier ministre François Legault a changé son discours. Il a dit souhaiter que les médecins gagnent 9 % de moins que leurs confrères du reste du Canada, «comme l’ensemble des travailleurs au Québec».

La FMSQ a été représentée par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard dans cette affaire.

Mercredi, M. Dubé a annoncé que les sommes récupérées seront plutôt les suivantes : 148 millions $ en 2019-2020, puis 280 millions $, 403 millions $ et enfin 560 millions $ en 2022-2023. À cela s’ajouteront près de 200 millions $ non récurrents.

«Extrêmement transparent»

Les détails de l’entente seront rendus publics mardi prochain. L’Institut de la pertinence, qui devra gérer ces sommes, sera «excessivement transparent», a assuré M. Dubé, qui a nié vouloir créer un deuxième ministère de la Santé en parallèle.

Il a dit ignorer si l’Institut sera tenu de rendre des comptes à l’Assemblée nationale, et s’il sera soumis à la Loi sur l’accès à l’information. «Je vais vous avouer qu’on n’a même pas pensé encore au type d’organisme que ça va être», a-t-il déclaré.

M. Dubé a justifié le recul sur la promesse d’un milliard par les résultats de l’étude de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), qui seront rendus publics en janvier.

Selon lui, l’étude démontre que les médecins spécialistes sont désormais à égalité avec la moyenne canadienne. Mais les médecins ont accepté de s’ajuster «au coût de la vie», a-t-il dit.

Chose certaine, la hache de guerre semble enterrée entre le gouvernement du Québec et la FMSQ. Mme Francoeur a affirmé qu’elle avait hâte de tourner la page et de mettre fin aux disputes.

«Vous n’avez pas idée à quel point les médecins spécialistes sont tannés du dénigrement, a-t-elle déclaré. Tout ce qu’ils veulent, c’est soigner des patients. [...] Ça fait cinq ans qu’on se fait crier des noms d’oiseaux et qu’on se fait traiter de voleurs.»

Mardi soir, les délégués de la fédération qui représente une dizaine de milliers de médecins ont approuvé à 88 % l’entente de principe sur leur rémunération qui avait été conclue il y a près d’un mois avec le gouvernement.

«Endormir la population»

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a pour sa part tourné en dérision cette nouvelle entente avec laquelle le gouvernement Legault «tente d’endormir la population», dit-il.

«Le gouvernement a cherché un moyen de dévier l’attention en soumettant l’idée d’un Institut de la pertinence. Une proposition qui ne touche en rien à la rémunération des médecins. Il reste également à voir comment s’articulera cet institut», a déclaré dans un communiqué le porte-parole libéral des dossiers liés au Conseil du Trésor, Gaétan Barrette.

«Une belle opération de relations publiques. [...] J’affirme, sans la moindre hésitation, que l’an prochain aucun médecin spécialiste ne verra son salaire diminuer. C’est une victoire sur toute la ligne de la FMSQ», a-t-il renchéri.

«Je vois beaucoup de créativité également, M. Dubé, surtout pour nous faire oublier la promesse du milliard de dollars! C’est gênant venant d’un gouvernement qui se bombait le torse et se vantait de ne pas plier devant les lobbies», a réagi quant à lui Vincent Marissal, de Québec solidaire.

Actualités

Visite surprise chez les députées fédérales

L’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) a tenté un coup d’éclat mardi en rendant une visite surprise aux bureaux des trois députées de la région du Parti libéral du Canada, Marie-Claude Bibeau, Élisabeth Brière et Lyne Bessette. Plusieurs dizaines de manifestants ont pris part à l’événement.

Les députées étaient toutefois absentes mardi. Cette visite surprise avait pour objectif de mettre de la pression pour engager le PLC à investir deux milliards $ par année pour la construction de nouvelles unités de logements sociaux.

Politique

Loi sur la laïcité de l'État: «15 à 20 Québécois» auraient répondu à l'appel du Manitoba

WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, reconnu pour ne jamais fuir la confrontation, promet une approche encore plus «audacieuse» en 2020. Il a d'ailleurs réitéré son intention de poursuivre sa croisade contre la loi québécoise sur la laïcité de l'État.

Il y a deux semaines, le gouvernement manitobain a acheté de la publicité dans des médias québécois, invitant les employés de l'État qui se sentent menacés par cette loi à déménager au Manitoba, qui cherche à pourvoir des postes bilingues dans sa fonction publique.

Actualités

Le commissaire à la vie privée presse le gouvernement fédéral de réformer la loi

OTTAWA - Il est «tout à fait injuste» de faire reposer l’entièreté de la responsabilité de la protection des données personnelles sur les épaules des particuliers.

C’est l’une des conclusions du commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, dans son plus récent rapport annuel déposé mardi. Il presse le gouvernement Trudeau de moderniser la loi fédérale dans les plus brefs délais, afin d’y enchâsser le droit à la vie privée en tant que droit de la personne et de forcer les entreprises à être tenues responsables des fuites de données, entre autres.

«Ce ne devrait pas être aux individus d’avoir tout le poids de protéger la sécurité de leurs données, en étant prudents, en utilisant les bons mots de passe, etc. (...) Il faut que les lois soient renforcées pour protéger les données et il faut que les compagnies soient forcées d’avoir une attitude plus responsable dans le traitement des données que les consommateurs leur confient», a plaidé M. Therrien en conférence de presse.

Le commissaire recommande donc d’augmenter ses propres pouvoirs afin de pouvoir ordonner aux contrevenants de se conformer à la loi et imposer des amendes.

Il cite entre autres son enquête sur Facebook, rendue publique au printemps, où il en était venu à la conclusion que le réseau social avait commis des «violations graves» aux lois canadiennes dans la foulée de l’affaire Cambridge Analytica. Facebook avait traité les conclusions de son rapport comme de «simples opinions», se désole M. Therrien.

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Il doit maintenant se tourner vers la Cour fédérale afin d’obliger le réseau social à corriger ses pratiques. «Si la compagnie sait que l’agence de réglementation peut émettre une ordonnance et des amendes, la compagnie est donc plus encline à suivre ce qui lui est demandé. C’est l’expérience des commissariats de par le monde que d’avoir ce genre de pouvoir là», affirme M. Therrien.

«C’est utilisé en dernier ressort, mais d’avoir ça dans la trousse à outils, ça change complètement la dynamique de la discussion entre l’agence de réglementation et les compagnies au bénéfice des citoyens qui voient leurs droits respectés», ajoute-t-il.

Le commissaire a également critiqué la Charte numérique du gouvernement, présentée au printemps dernier, qu’il juge «complètement inefficace» pour garantir le respect de la vie privée des Canadiens.

À son avis, le cadre existant et la proposition du gouvernement sont «d’excellents incitatifs pour les entreprises à ne pas prendre la vie privée au sérieux», puisqu’ils ne seraient obligés de le faire qu’au terme d’années de procédures judiciaires.

Statistique Canada

La situation est différente pour la collecte massive d’informations bancaires de particuliers par Statistique Canada, qui a été interrompue en raison de l’enquête du commissaire l’an dernier.

Dans son rapport annuel, M. Therrien en conclut que son enquête n’a pas permis de déterminer que Statistique Canada a violé la loi sur la protection de la vie privée.

Mais il est d’avis que cette situation a fait ressortir l’urgence de la moderniser «de manière à exiger que les institutions fédérales fassent la preuve de la nécessité de la collecte des renseignements personnels avant de les recueillir», peut-on lire dans son rapport.

Il recommande d’introduire un critère «de nécessité et de proportionnalité» qui limiterait le risque de collecte excessive de renseignements personnels à l’ordre fédéral. Toutes les initiatives du genre seraient soumises à une évaluation pour détecter les risques d’atteinte à la vie privée.

Parmi les autres recommandations pour moderniser la loi sur la protection des renseignements personnels, M. Therrien estime qu’elle devra résister au passage du temps, mettre fin à l’autoréglementation dans le secteur privé et permettre des mécanismes qui offriraient aux individus «un recours rapide et efficace» pour la protection de leur droit à la vie privée.

Le commissaire croit que cette modernisation devra se faire plus tôt que tard, puisque le Canada est en retard sur les États-Unis et les pays européens.

Actualités

L’UMQ fera le débat sur les tours de télécommunication

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) compte revenir à la charge auprès d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada pour permettre aux Villes de participer aux décisions concernant l’emplacement des tours de télécommunication sur leur territoire. Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, en a fait une de ses priorités à la fin de la semaine dernière lors du conseil d’administration de l’UMQ.

« Ç’a été unanime. Ça regarde toutes les villes du Québec, sachant que les technologies 5G arrivent à grands pas. Nous ne sommes pas contre les nouvelles technologies, mais nous sommes contre le fait que les compagnies ne nous approchent pas pour travailler directement avec elles. De soulever ce problème faisait l’affaire des autres municipalités », assure Steve Lussier.

Politique

Salaire des députés: un comité indépendant, mais avec quel pouvoir?

Les députés du parlement du Québec s’entendent pour nommer un comité indépendant qui se penchera sur leurs futures conditions de travail, dont le salaire. Mais les élus ne parviennent pas à décider s’ils seront obligés d’écouter ce comité!

«Un consensus ne se dégageant pas quant au caractère exécutoire des recommandations d’un comité indépendant, le Bureau de l’Assemblée nationale poursuivra ses échanges», conclut le rapport sur le processus indépendant de détermination de l’ensemble des conditions de travail des députés déposé jeudi dernier par le président de l’Assemblée nationale, François Paradis.

M. Paradis est aussi président du Bureau de l’Assemblée nationale (BAN), instance composée de députés choisis par leurs pairs et chargée d’établir les règles administratives de l’Assemblée. Le groupe réunit 11 élus, six du gouvernement (CAQ) et cinq de l’opposition (3 du Parti libéral du Québec, 1 de Québec solidaire, 1 du Parti québecois).

Lors de la session parlementaire du printemps, le 6 juin, les députés s’étaient voté une augmentation de leur allocation annuelle de dépenses équivalente à l’impôt fédéral nouvellement appliqué depuis le 1er janvier sur ce montant. Une loi adoptée à 105 contre 10, les 10 députés de Québec solidaire (QS) se prononçant contre cette loi 19.

La semaine suivante, en toute fin de session, l’Assemblée avait mandaté le BAN pour «déterminer le meilleur processus à mettre en place visant à assurer périodiquement, en toute indépendance, la détermination de l’ensemble des conditions de travail des députés». Et cela, au plus tard le 6 décembre 2019.

Le BAN opte donc pour la constitution d’un comité indépendant de trois ou cinq personnes formé «dans les meilleurs délais» au cours du mandat actuel de la Coalition avenir Québec (CAQ). Ce comité devra rendre son rapport au plus tard huit mois après sa création. Un comité qui sera reformé avec de nouveaux membres à toutes les deux législatures, soit environ aux huit ans, afin de mettre le tout à jour.

Le BAN nommera les membres du comité et déterminera leur rémunération et autres avantages obtenus dans l’exercice de leur mandat. On compte recruter parmi les juges à la retraite, jurisconsultes, secrétaires généraux de l’Assemblée nationale à la retraite, anciens députés, personnes du domaine de la gestion des ressources humaines et personnes du domaine de la finance, des assurances ou des régimes de retraite.

Le comité se penchera sur «l’ensemble des conditions de travail des députés et des membres de l’exécutif ayant une incidence monétaire», dont «l’indemnité de base et les indemnités additionnelles, les diverses allocations, le mécanisme d’indexation annuelle, le régime de retraite, les assurances».

Comparaisons

Les membres du comité pourront réaliser les comparaisons avec d’autres parlements au Canada et ailleurs dans le monde, en plus de consulter d’actuels et d’anciens députés, suggère le BAN.

Seul problème, on ne s’entend pas sur le pouvoir à donner aux résultats des travaux de ce comité! Souveraine quant à la détermination des conditions de travail de ses élus, l’Assemblée nationale pourrait dorénavant s’astreindre à «donner suite par règlement à l’ensemble des recommandations du comité indépendant» ou encore simplement accueillir ces recommandations «comme une proposition non contraignante». Et tout le spectre entre les deux.

Les députés provinciaux du Québec obtiennent un salaire annuel de base de 95 704 $. S’ajoutent des primes de fonction selon les postes occupés, comme 71 778 $ de plus (total 167 482 $) pour une tâche de ministre ou de chef de l’opposition officielle. Chacun des 125 députés empoche aussi des allocations de dépenses (17 650 $) et de déplacement (8600 $ à 21 300 $), ces deux derniers montants après soustraction de l’impôt fédéral sur le revenu.

Politique

Jason Kenney vient plaider la cause albertaine à Ottawa

OTTAWA — Le premier ministre de l'Alberta est en visite cette semaine à Ottawa pour obtenir des preuves tangibles que le gouvernement libéral va poser des gestes afin de répondre à certaines des demandes de sa province.

Jason Kenney a déclaré lundi à Ottawa qu'il présentera cinq demandes concrètes au premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre de mardi. Il souhaite notamment des modifications au programme de stabilisation fiscale et à deux lois fédérales plus strictes en matière d'environnement.

Justice et faits divers

2,6 millions$ pour de l’aide juridique gratuite aux victimes de violence sexuelle

Un premier pas est franchi pour améliorer le soutien aux victimes de violence sexuelle: la clinique Juripop offrira des conseils juridiques gratuits aux victimes, grâce à un coup de pouce de Québec.

L’annonce en a été faite lundi, au cours d’une conférence de presse à Montréal, par la ministre de la Justice et Procureure générale du Québec, Sonia LeBel, en compagnie d’élues provenant des autres formations politiques responsables de ces dossiers et de la directrice générale de Juripop, Me Sophie Gagnon.

Une somme de 2,6 millions $ sera consacrée au projet pilote. La somme sera puisée à même une enveloppe de 50 millions $ sur cinq ans qui avait été annoncée lors du dernier budget.

Juripop a déjà commencé à recruter des partenaires en région, qui vont suivre une formation plus poussée, a précisé Me Gagnon. Dès le printemps prochain, les premières victimes pourront être accueillies. Le projet pilote a cependant cours dès le 1er janvier prochain jusqu’au 31 mars 2021.

La ministre LeBel a bien indiqué qu’il s’agissait d’un «premier pas, une première mesure ciblée» et que d’autres mesures viendront pour faciliter le processus de dénonciation et d’accompagnement des victimes.

«Par cette démarche-là, l’idée c’est de partir des besoins de la victime, de la personne, plutôt que d’essayer qu’elle rentre dans les cases que le système a décidées pour elle. Si elle se présente et dit ‘‘moi, ce n’est pas tant une condamnation que je veux; je voudrais que mon agresseur reconnaisse les torts qu’il m’a faits’’, est-ce qu’on peut aller vers des initiatives de justice réparatrice? Est-ce que c’est plus une poursuite au civil? C’est ça aussi l’idée», a expliqué la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

«Ce n’est pas forcer, non plus, les victimes dans un processus judiciaire qui ne leur convient pas. Ce ne sont pas toutes les victimes qui veulent aller devant la cour et ce ne sont pas toutes les victimes qui ont besoin de ça. Juripop sera également là pour les accompagner, leur expliquer les conséquences ou les difficultés et ce qui découle du fait de dénoncer à la police. Elles pourront maintenant prendre leurs décisions de façon beaucoup plus éclairée», a ajouté la ministre LeBel.

Un service d’interprétation pourra même être prévu s’il s’agit d’une victime qui ne parle ni français ni anglais, a noté Me Gagnon.

Le projet pilote est d’abord conçu pour les victimes qui sont majeures, mais si la victime est mineure, Juripop pour donner des conseils pertinents sur la voie à suivre, a noté la ministre LeBel.

Maisons d’hébergement satisfaites

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes s’est réjouie de cette annonce.

«On est très heureuse aussi que ce soit le service de Juripop qui soit retenu. On sait qu’ils ont une vocation d’enjeux sociaux et ils sont très à l’aise à intervenir auprès des victimes comme ils ont déjà fait auparavant. On est très heureuse et très confiante qu’ils vont faire un excellent travail et mettre en place rapidement leur service», a commenté Manon Monastesse, directrice générale de la fédération.

La fédération se dit également contente que des services d’interprète soient offerts, si nécessaire.

«C’était une de nos préoccupations; nous on le voit: les femmes immigrantes qu’on reçoit en maison, même si elles parlent un peu français, anglais, elles ne sont pas très à l’aise. Et souvent, parler des émotions, des victimisations, ça prend des interprètes qui vont être capables de mettre des mots sur les maux», a résumé Mme Monastesse.

Affaires

Impôts: Ottawa haussera le montant personnel de base à 15 000 $ en 2023

OTTAWA — Comme promis, c’est une baisse d’impôts qui est le premier geste législatif posé par le gouvernement Trudeau. Et comme pour le discours du Trône, la semaine dernière, le Bloc québécois a annoncé rapidement qu’il ne bloquera pas la route au gouvernement minoritaire.

Le ministre fédéral des Finances a déposé un avis de motion de voies et moyens lundi matin.

Ottawa augmente le montant personnel de base, revenu sur lequel les contribuables ne paient pas d’impôt fédéral. Ce montant passera de 12 298 $ prévu en 2020 à 13 229 $. Il continuera d’augmenter jusqu’à atteindre 15 000 $ en 2023.

«Ce que cela signifie, c’est que 20 millions de Canadiens verront une réduction d’impôts, réduction qui deviendra de plus en plus importante d’ici 2023», a tenu à souligner le ministre Bill Morneau durant un point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

Ottawa réduira aussi progressivement l’augmentation de ce montant pour les contribuables les mieux nantis. On vise ainsi ceux qui auront un revenu supérieur à 150 473 $ en 2020.

«Nous nous sommes assurés que ça ne va pas aider les plus riches dans notre société», a offert le ministre comme justification. «Ça va améliorer la situation des familles dans la classe moyenne et, en même temps, ça va assurer que l’argent va aller aux gens qui en ont besoin», a-t-il ajouté.

Réactions

Premiers à réagir à l’annonce du gouvernement minoritaire, les néo-démocrates ont proposé de plafonner la réduction d’impôt pour en exclure ceux qui gagnent plus de 90 000 $ par année.

«Avec le 1,6 milliard $ qu’on peut sauver, (on peut) mettre en place des soins dentaires pour les 4,3 millions de Canadiens qui n’ont pas accès aux soins dentaires», a réclamé le député Peter Julian lorsqu’il a pris sa place derrière le micro que le ministre venait de quitter.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’a pas voulu dire s’il en faisait une condition à son appui pour la motion du gouvernement.

«On a décidé qu’on ne votera pas contre», a annoncé le chef bloquiste Yves François Blanchet, à son arrivée aux Communes en début d’après-midi, mettant fin à tout possible suspense. Ainsi, cette baisse d’impôts ne provoquera pas la chute du gouvernement minoritaire.

De leur côté, les conservateurs ont préféré cacher leurs cartes.

«On n’est pas contre les baisses d’impôts», a rappelé Gérard Deltell, pendant une mêlée de presse aux portes des Communes. «Toutes ces mesures-là doivent se faire avec un plan de retour à l’équilibre budgétaire», a-t-il ajouté en guise de bémol, refusant de dire de quelle manière ses 120 collègues et lui voteraient sur la motion.

Par ailleurs, le ministre Morneau a annoncé qu’il présentera une mise à jour économique «avant Noël».

Les conservateurs réclament que l’exercice se fasse cette semaine, pendant que les parlementaires siègent aux Communes. La Chambre ferme ses portes pour le congé de fin d’année vendredi.

Politique

Les conservateurs demandent une mise à jour économique

OTTAWA — Les conservateurs réclament que le ministre des Finances Bill Morneau présente une «urgente» mise à jour économique qui comprendrait un plan afin de rétablir l’équilibre budgétaire.

En conférence de presse, le porte-parole du parti en matière de finances, Pierre Poilievre, a déclaré dimanche qu’il souhaite que le gouvernement libéral présente cette mise à jour avant le congé des Fêtes. Selon lui, celle-ci devrait comprendre des réductions fiscales pour les entreprises, un plan pour supprimer la paperasserie inutile et un autre pour éliminer le déficit au cours des prochaines années.

Le député de Carleton n’a pas manqué de rappeler que Statistique Canada avait annoncé vendredi la perte de 71 000 emplois en novembre, la plus importante baisse depuis la crise financière d’il y a une dizaine d’années.

Le taux de chômage aux États-Unis est le plus bas depuis 50 ans.

Il a aussi indiqué que le Canada était à la traîne des autres pays du G8 dans plusieurs secteurs.

Les libéraux ont promis au cours de la récente campagne électorale de réduire le déficit à 21 milliards $ d’ici la quatrième année de leur mandat alors que les conservateurs se sont engagés à présenter des surplus de 667 millions $ en 2024-2025.

M. Poilievre souligne que le gouvernement a eu assez de temps pour préparer une mise à jour économique depuis sa réélection en octobre.

«Les nuages planent sur notre économie depuis un long moment. Alors si le gouvernement dit ne pas être prêt pour le temps trouble qui se présente à l’horizon, cela en dit long sur son habileté à diriger», a-t-il soutenu.

Le ministre Morneau dit que le gouvernement entend plutôt réduire les réductions fiscales promises à la classe moyenne. L’économie est résiliente, a-t-il mentionné.

«Même si on doit demeurer vigilant pour affronter tous risques potentiels à notre économique, le Canada compte sur un secteur financier stable et résilient qui soutient notre économie en croissance. Cette croissance se poursuivra puisque nous collaborons avec nos partenaires de partout au pays pour relever les défis immédiats et à long terme, dont ceux du secteur des ressources», a déclaré M. Morneau.

Les néo-démocrates veulent que M. Morneau ajuste son plan afin que les réductions fiscales envisagées ne profitent qu’à ceux dont les revenus ne dépassent pas 90 000 $ par année.

Ainsi, estime le parti dirigé par Jagmeet Singh, cela permettrait de réduire le coût des réductions de 1,6 milliard $. Ce montant pourrait être utilisé pour instaurer un régime d’assurance-dentaire.

«Nous pensons qu’il s’agit d’une proposition construction qui améliorerait concrètement la vie de millions de Canadiens - particulièrement ceux qui en ont le plus besoin», peut-on lire dans le projet de lettre que compte transmettre le NPD à M. Morneau.

Politique

Jason Kenney ira à la rencontre de Justin Trudeau la semaine prochaine

EDMONTON — Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue albertain Jason Kenney se rencontreront bientôt pour la première fois en personne depuis les élections fédérales.

M. Kenney indique qu'il sera de passage à Ottawa lundi et mardi, en compagnie de huit de ses ministres et autres hauts fonctionnaires, pour discuter de questions allant de la construction d'oléoducs à la péréquation.

Cette délégation albertaine compte faire valoir que la province a été «un contributeur énorme aux emplois et à la prospérité, aux programmes sociaux et au progrès social du Canada», affirme-t-on.

M. Kenney précise qu'il s'entretiendra lundi avec le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, et le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer. Sa rencontre avec Justin Trudeau est pour sa part prévue mardi, en après-midi.

Il veut saisir l'occasion pour lui faire part d'une résolution adoptée à l'unanimité lors de la récente conférence des dirigeants provinciaux et territoriaux en faveur d'une réforme du programme de stabilisation fiscale. Ce fonds aide les provinces à faire face à des baisses de leurs revenus qui ne sont pas tirés des ressources naturelles, mais l'Alberta se dit désavantagée en raison de plafonds liés à la taille de sa population. M. Kenney dit constater une «ouverture» du gouvernement fédéral à discuter des modifications réclamées.

Le premier ministre albertain veut également faire pression sur Ottawa afin qu'une date soit fixée pour l'achèvement de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Il compte aussi réitérer ses préoccupations face à la réglementation fédérale interdisant les pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique et face aux critères d'approbation des mégaprojets énergétiques.

Son tête-à-tête avec Justin Trudeau posera un nouveau jalon dans ce qui constitue une relation complexe et parfois très tendue entre les deux hommes, autrefois des adversaires à la Chambre des communes.

Après avoir quitté la politique fédérale et accédé à la tête du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney avait dépeint Justin Trudeau comme un amateur. Il en avait même fait une cible dans sa propre campagne électorale au printemps dernier, en présentant la première ministre sortante, la néo-démocrate Rachel Notley, comme le laquais de M. Trudeau et de ses prétendus efforts pour nuire à l'industrie du pétrole.

Puis, aux élections fédérales, Jason Kenney a appuyé le chef conservateur fédéral Andrew Scheer, en prétendant qu'un deuxième mandat libéral serait catastrophique pour l'économie albertaine.

Justin Trudeau a finalement été réélu le 21 octobre, à la tête d'un gouvernement minoritaire toutefois, et les libéraux ont été rayés de la carte en Alberta et en Saskatchewan. Il a depuis tendu la main à ces deux provinces, envoyant notamment sa vice-première ministre Chrystia Freeland pour disctuer avec M. Kenney et le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe la semaine dernière.

Politique

Bilan de session: virage à droite, dénonce l’opposition

Pour l’opposition, la CAQ va trop vite, sans consulter. Mais n’y voyez pas d’improvisation, préviennent les autres partis. Québec solidaire constate là «une idéologie conservatrice», tandis que le Parti québécois compare le gouvernement actuel à l’Union nationale!

À l’avant-dernière journée des travaux parlementaires, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont livré leur bilan de session, vendredi.

Les deuxième et troisième oppositions à l’Assemblée nationale du Québec ont tiré à boulets rouges sur les erreurs faites par la CAQ au cours des derniers mois. À commencer par la «désastreuse réforme du PEQ» (Programme d’expérience québécoise) en immigration, comme l’a dit le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Jolin-Barrette dans la mire

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, s’avère la cible privilégiée des critiques de l’opposition. Pas seulement pour son rôle dans le PEQ, mais aussi à titre de leader parlementaire du gouvernement, après une session aux travaux houleux et parfois acrimonieux.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, souligne que «les réponses robotiques» de M. Jolin-Barrette «manquai[en]t d’humanisme». Humanisme que les députés péquistes, passés de dix à neuf durant l’année, ont apporté aux débats toute la session, croit-il.

Son coéquipier Martin Ouellet propose de son côté à M. Jolin-Barrette d’adresser le vœu suivant au père Noël : «Donne-moi des oreilles, donne-moi un cœur et je serai meilleur.»

Québec solidaire affirme pour sa part que les caquistes «ont déclaré la guerre aux contre-pouvoirs». «En démocratie, les contre-­pouvoirs, ce n’est pas des décorations. C’est pour freiner les mauvais réflexes des politiciens, c’est pour empêcher les abus, c’est pour garder le public informé», rappelle M. Nadeau-Dubois.

Continuer de déranger

Pour 2020, QS vise à imposer davantage l’enjeu des changements climatiques dans le débat public. On reconnaît aussi que cette première année complète à titre de groupe parlementaire officiel, avec 10 députés, a forcé une courbe d’apprentissage ultra rapide. «On mange nos croûtes vite», illustre la co-porte-parole Manon Massé, dans son langage coloré.

Pas question toutefois pour les solidaires de s’adoucir ou d’exiger davantage de conformité vestimentaire de leur députée de Taschereau, à Québec, Catherine Dorion.

«Québec solidaire dérange, a dérangé et va continuer de déranger. C’est dans notre ADN de bousculer, et Catherine est une de nos députés qui bousculent. Mais ça ne nous a pas empêchés de faire notre travail et les gens nous ont entendus. À la longue, on va se rendre compte que Québec solidaire marche toujours dans le même sens», prédit Mme Massé.

Fier des sondages en hausse, le PQ doit amorcer 2020 avec une course à la chefferie réussie, selon M. Bérubé.

Le Parti libéral (PLQ) s’était livré au même exercice la veille, jeudi. Quatorze mois après avoir perdu le pouvoir, le PLQ et ses 28 élus se sont posés en «défenseurs des intérêts des gens». Si l’année 2019 se termine sur un revers amer à l’élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, lundi dernier, les libéraux veulent profiter de leur course à la chefferie pour retrouver un élan positif en 2020.

Tout ce beau monde participera à une période de prolongation des travaux parlementaires, samedi, pour voter sous bâillon le projet de loi numéro 34 sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Les parlementaires reviendront ensuite au Salon bleu le 4 février.

Politique

Le ministre Blair refuse de dire si l'arme de Marc Lépine sera interdite

OTTAWA — Au 30e anniversaire de la tuerie à l'École Polytechnique, le gouvernement Trudeau souligne sa promesse d'interdire des armes d'assaut de style militaire mais refuse de dire si l'interdiction à venir s'appliquera à l'arme utilisée par Marc Lépine.

Aux Communes vendredi matin, c'était l'heure des discours commémoratifs. Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son temps de parole pour souligner que son gouvernement a l'intention d'interdire «le genre d'arme utilisée à l'École Polytechnique».

«Nos gestes en disent plus long que nos mots», a d'abord noté M. Trudeau dans son discours. «Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays», a-t-il ajouté.

Tous les députés l'ont alors applaudi, sauf les élus conservateurs. Il y a toutefois eu une exception dans les bancs de l'opposition officielle. Un des 10 députés conservateurs québécois, l'élu de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, a participé aux applaudissements.

Quelques heures plus tard, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a tenté de préciser le message.

«Ce que (le premier ministre) a dit (...) c'est que nous faisons le travail nécessaire pour interdire les armes semblables à celle utilisée dans cet événement tragique il y a 30 ans», a déclaré le ministre.

Pas question d'identifier le Ruger Mini-14 par son nom, malgré l'insistance des journalistes.

«Ce que je ne veux pas provoquer comme phénomène, c'est que des individus aillent s'acheter ces armes avant que ne soit publiée la liste (des armes éventuellement interdites)», a fini par lâcher le ministre pressé de questions.

Et il a tenu à répéter à plusieurs reprises que lorsque cette liste sera publiée, il fera connaître les critères utilisés pour la dresser.

Pour l'opposition bloquiste, le message du discours de M. Trudeau semblait pourtant clair.

«J'ai cru entendre (...) que le premier ministre avait bel et bien dit qu'il allait s'assurer du bannissement de cette arme-là», a affirmé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

La prudence du ministre Blair ne plaît pas à sa collègue libérale de Brossard-Saint-Lambert, «déçue» qu'on n'ait pas encore banni cette arme, 30 ans après la tuerie.

«Ça nous laisse dans des beaux débats de caucus», a fait remarquer Alexandra Mendès, décrivant le caucus libéral «à l'image du pays», c'est-à-dire divisé sur la question du contrôle des armes à feu.

«Le ministre Blair est (...) très engagé à arriver à une décision mais c'est le comment, je crois, qui actuellement est le plus difficile», a-t-elle tout de même offert.

Mme Mendès a cru bon rappeler le prix politique payé par son parti lorsqu'il a mis en place un registre d'armes d'épaule.

La tuerie de Polytechnique avait donné naissance à une campagne pour le contrôle des armes à feu, campagne qui, après plusieurs années de lutte, avait convaincu le gouvernement libéral de Jean Chrétien de mettre sur pied ce registre. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a détruit.

La semaine dernière, Polysesouvient a rappelé aux libéraux leur promesse d'étendre le contrôle des armes à feu. Et à la lecture de la lettre signée par Heidi Rathjen et Nathalie Provost, on comprend que le groupe croit que la promesse libérale couvre le Ruger Mini-14.

«Nous anticipons enfin le bannissement du Ruger Mini-14, l'arme utilisée pour tuer quatorze de nos filles ou consoeurs et en blesser autant d'autres en moins de 20 minutes», dit la lettre adressée au ministre Blair.

Extraits des discours aux Communes

Andréanne Larouche, députée bloquiste: «L'attentat antiféministe de Polytechnique n'a pas fait que 14 victimes. Il en a fait beaucoup plus: des milliers, des millions. Le Québec tout entier, 30 ans plus tard, vit encore avec ce fardeau, ce sentiment désagréable de s'être sali.»

Jagmeet Singh, chef du NPD: «Trente ans après que les Canadiennes et les Canadiens aient dit "plus jamais" à la suite de la tragédie de l'École Polytechnique, nous devons reconnaître collectivement qu'il nous reste un long chemin à parcourir pour respecter cet engagement.»

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur: «Il est tout à fait inacceptable que la violence faite aux femmes soit d'actualité. C'est pourquoi je me propose et je propose à tous les Canadiens de ne pas se contenter d'être respectueux envers les femmes. Soyons également proactifs et prouvons par des gestes concrets à quel point nous avons à coeur la sécurité et la dignité de chaque vie, de chaque femme.»

Justin Trudeau, premier ministre: «Nos gestes en disent plus long que nos mots. (...) Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possible dans le plus court laps de temps possible n'ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays.»

Jenica Atwin, députée du Parti vert: «Il ne s'agissait pas d'un acte isolé, mais plutôt la conséquence directe de la misogynie rampante dans notre société. Cette violence qui cible spécifiquement les femmes n'a toujours pas été éradiquée dans nos communautés.»

Politique

Bilan de session : «Attachez vos ceintures, on va continuer !» dit Legault [VIDÉO]

Non seulement le gouvernement québécois poursuivra dans la même direction en 2020, mais François Legault compte appuyer sur l’accélérateur. «Attachez vos ceintures, on va continuer !» a lancé le premier ministre, vendredi, lors de son bilan de session.

Avertissement à ceux pour qui la Coalition Avenir Québec (CAQ) pèche par excès d’impatience dans ses actions. Comme les partis d’opposition, qui réclament plus de consultation.

Critique que le leader parlementaire du gouvernement et super-ministre Simon Jolin-­Barrette prend en partie sur son dos, sachant fort bien que sa réforme ratée du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), en immigration, aura été le faux pas majeur du gouvernement cet automne.

«J’ai appris l’importance de bien consulter!» a répondu M. Jolin-­Barrette, avec le sourire, questionné sur ce que 2019 lui a enseigné.

M. Jolin-Barrette et la vice-­première ministre, Geneviève Guilbault, accompagnaient leur patron dans le chic hall d’entrée de l’édifice Honoré-Mercier, qui loge les bureaux du premier ministre.

Pour bien clore cette première année civile complète au pouvoir, M. Legault a répété vouloir «respecter toutes nos promesses». Donc pour connaître la suite du programme, retournez voir la plateforme électorale de 2018.

Plus facile que prévu

«Je m’attendais à ce que la première année soit plus difficile», a reconnu M. Legault. «Je me disais : je n’ai jamais été premier ministre; à part Marguerite Blais, je n’ai aucun ministre qui a déjà été ministre; on a recruté nos employés un peu au PQ, un peu au Parti libéral, un peu des gens qui n’avaient jamais fait de politique.

«Donc, je craignais la première année. Je me disais que ça nous prendrait sûrement une année d’ajustement. Mais là, ça va tellement bien que je me dis que peut-être que le plus difficile est passé! On va être meilleurs que la première année!»

Le mot «efficacité» est revenu dans les réponses du premier ministre, qui a confié que même sa mère est efficace.

Un autre indice de la volonté gouvernementale de suivre l’avenue empruntée depuis 14 mois, et de manière accélérée si possible, est venue de la vice-première ministre Geneviève Guilbault. Qui n’aura par contre d’autre choix que de s’arrêter dans les prochaines semaines pour donner naissance à son deuxième enfant.

«On a tous été confrontés au fait que, malheureusement, la façon dont le système est fait, on ne peut pas toujours aller aussi vite qu’on le souhaiterait. Même si les intentions sont là et partagées par une majorité de Québécois», a constaté Mme Guilbault.

«C’est un apprentissage qu’on partage tous de devoir s’astreindre à cette patience parlementaire et gouvernementale pour être capables de livrer intelligemment ce à quoi les Québécois s’attendent. Mais l’expérience avançant et le mandat avançant, on va juste être de meilleur en meilleur pour livrer ce qu’on a à livrer», promet-elle.

Le bulletin Jean-Talon

Sur la réforme de l’immigration, le chef persiste. «On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Quand on fait de grands changements comme ça, ça peut arriver qu’on ait besoin de faire des ajustements. Mais la dernière chose qu’on doit faire, c’est de protéger le statu quo et de ne rien faire», affirme M. Legault.

«Ça peut arriver qu’on aille parfois de façon un peu rapide et on corrige quand on ne s’en va pas tout à fait là où on voulait aller. Les Québécois apprécient cette façon de faire et sont fiers de leur gouvernement. Notre objectif est de continuer dans cette direction et d’en faire encore plus, en 2020», poursuit le PM, sur l’orientation générale pour la prochaine année.

Le premier ministre estime avoir obtenu son bulletin lors de la récente élection partielle dans Jean-Talon, à Québec, où la CAQ l’a emporté haut la main avec 43 % des voix. Joëlle Boutin est ainsi devenue la 76e députée caquiste sur 125.

La session d’automne, qui a duré 11 semaines, a permis le dépôt de 19 projets de loi et l’adoption de 14 avec celui de samedi. En comparaison, en 15 semaines d’activité parlementaire au printemps dernier, la CAQ avait déposé 30 projets et en avait fait adopter 15.

Les travaux parlementaires pour 2019 se concluent samedi avec un troisième projet de loi adopté sous le bâillon en six mois, cette fois celui sur les tarifs d’Hydro-­Québec. Le premier ministre Legault prendra ensuite la direction de la Californie, où il sera en mission quelques jours.

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Politique

Catherine Dorion n’a pas l’impression de nuire à QS

La députée solidaire Catherine Dorion jure qu’elle n’a pas l’impression de nuire à son parti et entend conserver la même approche lors de la prochaine session parlementaire.

«Je n’ai pas l’impression que j’ai fait ombrage» aux autres députés de Québec solidaire, a expliqué Mme Dorion vendredi en marge du bilan de session de sa formation politique.

La députée s’est fait accuser cet automne de contrevenir au décorum, notamment à cause d’une photo d’Halloween prise au Salon rouge et publiée sur Instagram, et d’un coton ouaté porté au Salon bleu.

Plus de détails sur le site de La Presse

politique

Dossier Valoris: le maire exprime sa colère

« C’est inacceptable de voir quelqu’un sortir comme ça! » En deux ans, rarement le maire Steve Lussier, qui est aussi président de Valoris, aura été aussi virulent. Rarement aura-t-il laissé paraître autant de colère.

En point de presse jeudi midi, il dénonçait les suggestions de son collègue Pierre Tremblay, qui propose entre autres de fermer temporairement le centre de tri Valoris pour obtenir de l’aide du gouvernement.

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Steve Lussier était accompagné du directeur général par intérim de Valoris, Denis Gélinas, et a lu une déclaration du vice-président de Valoris, Robert Roy, qui ne pouvait être présent. Exhibant une pile de cahiers à anneaux, M. Lussier voulait démontrer le travail abattu par le C.A. du centre de valorisation des matières résiduelles pour en arriver à un plan de redressement.

« Ce plan-là ne s’est pas fait sur le coin d’une table au restaurant. De voir que des gens essaient de saboter le travail de toute une équipe, aussi vite qu’en 24 h après la publication du plan, ce n’est pas seulement le président qui est frustré, mais beaucoup de maires, de mairesses et de familles d’employés. Nous nous devions de rétablir la situation très rapidement. »

M. Lussier a rapporté des propos qu’il attribue à Robert Roy : « Je suis un peu tanné d’entendre M. Tremblay faire de la démagogie. Il est dommage qu’il utilise un message tendancieux pour faire avancer son agenda politique. Le plan est solide et nous pouvons avoir confiance en l’avenir. »

Steve Lussier a ajouté qu’une rencontre préparatoire était à l’horaire avec le ministre de l’Environnement Benoît Charette pour discuter des redevances que souhaiterait toucher Valoris. Quand pourrait-on espérer ces redevances? Difficile de le dire pour le moment. « Mais les sorties de M. Tremblay n’aident pas pour les délais. »

Denis Gélinas a invité la population à lire le plan de redressement de Valoris et à se faire sa propre idée. « La mission de Valoris est d’être un centre de tri. C’est la pierre angulaire de tout le système de gestion des matières résiduelles. Il n’a jamais été dans les plans de le fermer. Nous sommes à finaliser des études pour identifier les équipements nécessaires à la captation des biogaz, mais ce n’est pas vrai qu’on va aller sur la place publique pour dire avec qui nous négocions. Nous avons sur le fourneau beaucoup de discussions en cours », résume-t-il en réponse à M. Tremblay, qui souhaite qu’on identifie les clients qui pourraient apporter de plus grands revenus au centre de valorisation.

« Et on nous rebat à tout bout de champ les oreilles avec la dette de 41 M$. Mais c’est de l’argent qui a été mis dans des équipements qui ont une valeur. C’est un actif », précise-t-il. « Ne paniquons pas. Il suffit de bien contrôler le remboursement. Et c’est ce qu’on fait. »

À savoir s’il en coûterait moins cher d’enfouir les déchets dans une autre ville, alors que le traitement des matières résiduelles coûtera 241 $ la tonne à Valoris, M. Gélinas fait une mise au point. « Ailleurs, il ne serait question que d’enfouissement. Nous, nous ne sommes pas une dompe. On ne veut pas enfouir, [mais trier les matières]. Si les gens pensent que ça ne coûte rien, ils se trompent. »

Estrie

La mairesse de Lac-Mégantic invitée au discours du Trône

Même s’il n’a pas été question de sécurité ferroviaire, la mairesse de Lac-Mégantic considère de bon augure d’avoir été invitée au discours du Trône jeudi à Ottawa.

« Je n’avais pas d’attente, mais juste le fait d’avoir été invitée, c’est un honneur et un signal fort que le ministre Garneau prend très au sérieux l’enjeu de la sécurité ferroviaire et le projet de voie de contournement à Lac-Mégantic », a réagi Julie Morin après l’événement.

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Politique

Mode de scrutin: 1,7 million $ pour les deux camps au référendum de 2022

L'État accordera au total 1,7 million $ aux deux camps pour le référendum sur la réforme du mode de scrutin en 2022.

Le gouvernement Legault a ainsi fait connaître, jeudi, l’encadrement qu’il souhaite pour la campagne référendaire.

L’étude du projet de loi 39 sur la réforme du mode de scrutin ne commencera que le 22 janvier, avec la comparution de plusieurs organismes, syndicats, experts, etc. Donc c’est seulement après que les élus étudieront chacun des articles et les amendements proposés.

En vertu de la liasse d’amendements déposée par la ministre responsable, Sonia LeBel, le Directeur général des élections (DGE) choisira un organisme sans but lucratif pour être à la tête de chacun des deux camps.

Toujours selon les propositions du gouvernement, les camps du Oui et du Non obtiendront chacun 850 000 $ et la limite de dépenses référendaire de chacun des camps a été fixée à 1,5 million $. La contribution maximale autorisée pour chaque électeur serait de 200 $.

Les partis, les élus ou les candidats aux élections ne pourraient être administrateurs ou dirigeants d’un camp, mais pourront bien sûr s’exprimer ou militer pour un camp ou l’autre.

La campagne référendaire commencera le 1er mai 2022 et le référendum aura lieu en même temps que l’élection générale de 2022, soit le 3 octobre.

Rappelons que le premier ministre François Legault se trouve en quelque sorte à renier un de ses engagements électoraux avec ce processsus de réforme. En effet, il s’était engagé en mai 2018, s’il devenait premier ministre, à procéder à une réforme du mode de scrutin dans un premier mandat, donc à temps pour l’élection de 2022.

Or finalement, si les électeurs votent pour un nouveau mode de scrutin, il sera en place seulement aux élections de 2026.

En vertu du modèle proposé dans le projet de loi 39, le Québec serait toujours représenté par 125 députés, mais l’Assemblée nationale ne compterait plus que 80 députés élus selon le mode uninominal à un tour actuel, auxquels s’ajouteraient 45 députés de liste, non élus, associés à une région déterminée et choisis par leur parti en fonction du nombre de votes obtenus dans cette région.

Au lieu des 125 circonscriptions actuelles, le territoire québécois compterait 80 circonscriptions, épousant essentiellement les contours des circonscriptions fédérales, et 17 régions électorales. Il y aurait deux exceptions: les Îles-de-la-Madeleine et Ungava.

L’idée de base de la réforme consiste à faire en sorte que le nombre de sièges occupés par un parti à l’Assemblée nationale corresponde le plus près possible au pourcentage de votes obtenu par ce parti.

Un parti devra avoir obtenu au moins 10 pour cent du vote populaire pour participer au partage des 45 sièges de régions.

En octobre dernier, la CAQ a récolté 37 pour cent du vote populaire, mais a obtenu 59 pour cent des sièges de l’Assemblée nationale, un exemple de distorsion que le nouveau mode de scrutin aiderait à corriger.

On sait déjà que deux partis d’opposition, le Parti québécois et Québec solidaire, appuient l’idée d’un changement du mode de scrutin, alors que l’opposition libérale est réticente. M. Legault a dit que le gouvernement devrait avoir l’assentiment du PQ et de QS pour donner toute sa légitimité à la future loi 39.

Monde

Une vidéo des moqueries de Trudeau dans une publicité anti-Trump de Joe Biden [VIDÉO]

OTTAWA - La vidéo de Justin Trudeau parlant de Donald Trump avec d’autres leaders à Londres mardi a tôt fait d’être récupérée dans une publicité du principal rival politique du président américain.

Dans le cadre de sa campagne pour l’investiture du Parti démocrate, l’ex-vice-président Joe Biden utilise notamment cette vidéo pour prouver que M. Trump est la risée du monde.

La publicité de M. Biden combine notamment cet échange avec des extraits d’un discours prononcé par M. Trump en 2018 devant l’Assemblée générale des Nations unies. Des dirigeants et des diplomates avaient alors éclaté de rire lorsque le président soutenait que bien peu d’administrations avaient fait plus que la sienne dans l’histoire américaine.

«Le monde voit Trump pour ce qu’il est», déclare M. Biden à la fin de son message publié mercredi soir sur Twitter. «Peu sincère, mal informé, corrompu, dangereusement incompétent et incapable, à mon avis, de leadership dans le monde». On voit ensuite l’ex-vice-président Biden dans des fonctions officielles, avec les grands de ce monde. «Nous avons besoin d’un leader respecté dans le monde», conclut la publicité. Jeudi après-midi, elle avait déjà été visionnée plus de huit millions de fois.

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