Sports

Jeux de Sherbrooke : une réflexion s’impose, dit Vincent Boutin

Les Jeux de Sherbrooke seront présentés pour une troisième année, les 1er et 2 mai prochains. Si l’engouement populaire de cet événement destiné aux jeunes de sixième année des commissions scolaires de la région est toujours palpable, son modèle organisationnel est remis en question.

Des préoccupations diverses ont été amenées lors des réunions du comité du sport et du plein air de la Ville de Sherbrooke, l’automne dernier.

Actualités

D’importants défis à relever pour réaliser les projets de la CSRS

D’énormes défis attendent la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pour la réalisation des projets majeurs d’immobilisation énoncés cette semaine.

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, promet de mettre l’épaule à la roue, mais elle rappelle que la question du financement et du recrutement du personnel demeure un enjeu important.

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Politique

Simon Jolin-Barrette: six jours de débats sur la laïcité

L’Assemblée nationale entendra 36 intervenants débattre pendant six jours du projet de loi sur la laïcité de l’État. Une consultation assez large pour faire le tour de la question, juge le ministre Simon Jolin-Barrette, qui se dit ouvert à modifier des «modalités» de son projet de loi, sans préciser lesquelles.

Du 7 au 16 mai, des organisations représentant les policiers, les enseignants, les avocats et d’autres figures d’autorité visés par l’interdiction de porter des signes religieux défileront à l’Assemblée nationale. L’historien Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor, qui ont publié le rapport Bouchard-Taylor il y a 11 ans, seront entendus. La mairesse de Montréal Valérie Plante et l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin seront également de la partie. «C’est quand même substantiel, c’est une large consultation», commente le ministre Jolin-Barrette en entrevue au Soleil.

Le Parti libéral du Québec et Québec solidaire auraient préféré une consultation plus longue, ayant chacun proposé une soixantaine de groupes. Mais le gouvernement caquiste ne souhaite pas que le débat s’étende sur de nombreuses semaines, comme ça avait été le cas lors de l’étude de la Charte des valeurs du Parti québécois, en 2013.

Au Soleil, le ministre Jolin-Barrette se montre déterminé à adopter le projet de loi d’ici le 14 juin, dernier jour de la session parlementaire. Serait-il prêt à prolonger la session de quelques semaines pour arriver à ses fins? «J’envisage tout. Mais je pense qu’à l’intérieur des semaines de travaux réguliers, on a en masse de temps pour l’adopter.»

Son gouvernement ira-t-il jusqu’à imposer un bâillon? «Ça va dépendre de l’attitude des oppositions», répond-il. Chose sûre, M. Jolin-Barrette n’a pas le goût d’étirer le débat jusqu’en septembre. «Je pense que la société québécoise aurait intérêt, d’ici le mois de juin, à tourner la page sur cette question-là. Ça fait longtemps qu’on en débat.»

Avant de s’avancer sur les changements qu’il pourrait apporter au projet de loi, M. Jolin-Barrette veut entendre les groupes et les partis d’opposition. Il avertit toutefois que son gouvernement ne reculera pas sur ses grands principes, comme le fait d’inclure les enseignants dans le lot des personnes qui ne pourront pas porter de signe religieux. 

Pas de tape à mesurer

M. Jolin-Barrette n’a pas non plus l’intention d’élargir le droit acquis prévu dans le projet de loi ou de permettre le port d’un signe religieux de façon discrète ou sous les vêtements. «La grosseur [du signe religieux], le tape à mesurer, on n’est pas là-dedans».

Après avoir entendu des propos virulents contre son projet de loi ces dernières semaines et avoir vu des manifestants le dénoncer, le ministre Jolin-Barrette persiste à le qualifier de «modéré», d’«applicable» et de «rassembleur». Il a été surpris par certains «propos extrêmes», que son gouvernement a dénoncés. «Il y a des paroles qui ont été dites qui n’ont pas leur place dans le débat public.»

Malgré ce vent de face, M. Jolin-Barrette entrevoit les prochaines semaines de façon positive. «Je suis pas tanné. Je pense que c’est un dossier important pour la société québécoise.» Le ministre est particulièrement fier que le projet de loi inscrive pour la première fois la laïcité comme «une valeur fondamentale de la société québécoise».

Politique

Report de la date limite avant la prise d’une décision sur l’oléoduc Trans Mountain

OTTAWA - Le gouvernement fédéral prolonge au 18 juin la date limite pour la prise d’une décision au sujet du projet de prolongement de l’oléoduc Trans Mountain.

Le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a indiqué jeudi que ce report donnera au gouvernement le temps d’achever les consultations avec les communautés autochtones touchées.

L’Office national de l’énergie (ONÉ) avait approuvé le 22 février l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, sonnant alors le début de la période de 90 jours accordée au cabinet fédéral pour prendre sa décision finale; la date limite était donc alors fixée au 22 mai. Mais le ministre Sohi a annoncé jeudi que ce délai avait été repoussé de près d’un mois sur recommandation de deux communautés autochtones et de l’ancien juge de la Cour suprême Frank Iacobucci, qui conseille le gouvernement sur le processus de consultation.

«Le gouvernement a toujours dit qu’aucune décision ne serait prise au sujet du projet tant que nous ne serions pas convaincus que l’obligation de consulter a bel et bien été remplie», a expliqué le ministre dans un communiqué.

La proposition de jumeler le pipeline Trans Mountain existant entre Edmonton, en Alberta, et le port de Burnaby, en Colombie-Britannique, avait été approuvée pour la première fois par le cabinet en 2016. La Cour d’appel fédérale a toutefois annulé cette décision en août dernier, estimant que ni l’examen environnemental ni les consultations avec les peuples autochtones n’avaient été correctement menés.

L’«intérêt national»

Après avoir pris en compte l’impact d’un passage accru de pétroliers sur la vie marine au large de la Colombie-Britannique, l’ONÉ se disait toujours convaincu, le 22 février, que le projet était «dans l’intérêt national» et devrait être poursuivi, sous réserve de 156 nouvelles recommandations non contraignantes pour Ottawa. Mais alors même que ce rapport était en cours de finalisation, des responsables au cabinet du ministre Sohi signalaient qu’il faudrait probablement plus de temps.

Certains critiques n’ont pas manqué de souligner que la décision de jeudi intervient deux jours après les élections générales en Alberta, où la «pénurie d’oléoducs» a été un enjeu majeur.

La porte-parole conservatrice en matière de ressources naturelles aux Communes, Shannon Stubbs, a également souligné sur Twitter que les libéraux annoncent une prolongation un mois avant la date limite et à la veille du congé pascal. «De toute évidence, (le cabinet) ne pensait pas prendre sa décision à temps pour lancer le chantier cet été», a-t-elle soutenu.

Le premier ministre désigné de l’Alberta, Jason Kenney, dont le Parti conservateur unifié a battu mardi le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley, a menacé de fermer les robinets de pétrole vers la Colombie-Britannique. Il a également annoncé son intention d’organiser un référendum en Alberta sur la péréquation si de nouveaux oléoducs ne sont pas construits d’ici 2021.

Mais jeudi, M. Kenney - qui soutient avoir discuté de la question cette semaine avec le premier ministre Trudeau - adoptait un ton plus conciliant. «Je suis d’accord avec le premier ministre sur le fait qu’ils doivent s’assurer de mettre toutes les barres sur les T et tous les points sur les I lorsqu’il est question de s’acquitter de l’obligation du gouvernement fédéral de consulter», a-t-il admis.

«Nous ne voulons certainement pas qu’ils reviennent à la table à dessin une troisième fois. De notre côté, nous continuerons à créer une alliance à l’échelle du pays qui soutienne Trans Mountain et d’autres oléoducs.»

«Faire les choses autrement»

Le ministre Sohi a expliqué que les équipes de consultation poursuivaient leurs rencontres avec les groupes autochtones susceptibles d’être touchés.

«Le processus permet la tenue d’un dialogue constructif non seulement pour discuter et acquérir une bonne compréhension des priorités des groupes rencontrés par nos équipes, mais aussi pour proposer des accommodements adaptés à la situation, s’il y a lieu», a-t-il soutenu. M. Sohi a ajouté que le gouvernement «demeure ferme dans sa volonté de faire les choses autrement» dans ce dossier.

Les libéraux subissent d’intenses pressions pour faire démarrer ce projet d’agrandissement de Trans Mountain, le seul projet d’oléoduc actuellement approuvé par le gouvernement fédéral. L’année dernière, Ottawa a dépensé 4,5 milliards $ pour acheter l’oléoduc existant afin de surmonter les obstacles politiques empêchant son agrandissement.

Les actionnaires de Kinder Morgan, qui était propriétaire de l’ouvrage, se montraient alors craintifs à la suite d’une contestation judiciaire de la Colombie-Britannique visant à déterminer si la province pouvait empêcher le passage sur son territoire de bitume dilué. La province plaide qu’on ne connaît pas très bien la façon dont ce produit se comporte lorsqu’il est déversé dans l’eau.

Kinder Morgan a suspendu les travaux le printemps dernier et a menacé d’abandonner complètement le projet à moins qu’Ottawa ne puisse la convaincre que ces retards allaient cesser. Le gouvernement Trudeau a alors décidé d’acheter l’oléoduc, afin d’accroître sa capacité et de le revendre ensuite au secteur privé ou à des entreprises appartenant à des Autochtones.

L’ONÉ a soumis au ministre Sohi il y a quelques semaines que les oléoducs existants fonctionnaient à un rendement presque maximal, ce qui signifie que le seul moyen pour les producteurs de l’Alberta de commercialiser davantage de produits consistait à construire de nouveaux pipelines. Une capacité ferroviaire supplémentaire est possible, mais ce n’est pas le moyen le plus efficace de transporter le pétrole, a soutenu l’ONÉ.

Politique

Tramway: Arcand craint une chicane entre les villes du Québec

Parce que la CAQ tarde à régler le financement du tramway à Québec, le chef du PLQ Pierre Arcand croit que le gouvernement met la table pour une chicane entre les différentes villes du Québec.

«Je ne comprends pas que ça prenne autant de temps pour régler ce dossier-là», a pesté M. Arcand à l’étude des crédits du gouvernement mercredi soir. Selon lui, le premier ministre François Legault manque à ses responsabilités et «manque de volonté politique» pour faire avancer le projet de transport structurant à Québec. «Est-ce que vous souhaitez que les villes du Québec se chicanent entre elles?» a-t-il demandé.

M. Legault a répliqué qu’il ne s’agit pas d’une chicane, tout en jetant la pierre au gouvernement libéral à Ottawa et à l’ancien gouvernement libéral à Québec, dirigé par Philippe Couillard. «Tout ce dossier-là a été mal attaché par l’ancien gouvernement libéral et là, on est pris avec le problème», a soutenu M. Legault. Le premier ministre croit que le gouvernement de Philippe Couillard a été «irresponsable» d’annoncer «en grandes pompes» un projet de tramway à Québec alors que l’entente avec le fédéral n’était pas encore conclue. 

M. Legault dit «comprendre» la mairesse de Montréal Valérie Plante, qui s’est fait promettre de l’argent par le gouvernement fédéral pour du transport en commun dans sa ville, et qui ne veut pas que cette cagnotte soit redirigée vers à Québec. 

Pour Pierre Arcand, le gouvernement de la CAQ «se vante de faire des deals», mais il a de grandes difficultés à signer des ententes, «particulièrement avec le fédéral». 

Plus de souplesse

Dans une lettre datée du 8 mars que Le Soleil a pu lire, le sous-ministre canadien de l’Infrastructure et des Collectivités écrit à son homologue québécois pour l’informer de changements à l’enveloppe pour financer les projets de transport en commun de 5,2 milliards $. Ces changements visent à donner plus de souplesse aux provinces dans la réalisation de leurs projets prioritaires. 

La lettre indique que des fonds dédiés au transport en commun peuvent être transférés dans un autre programme immédiatement, plutôt qu’en 2021. Sauf que «les municipalités et les commissions de transport dont le financement sera transféré doivent attester qu’elles n’auront pas besoin de ce financement fédéral», d’ici 2028.

Il revient donc à la Ville de Montréal, qui obtient la part du lion de l’enveloppe de 5,2 milliards $, de donner son accord pour un transfert. La mairesse Plante a déjà fermé la porte à l’idée de laisser du financement fédéral pour le transport en commun lui filer entre les doigts.

Rencontre prévue 

Une rencontre est toutefois prévue jeudi à Montréal entre le président du Conseil du Trésor Christian Dubé et la mairesse de Montréal Valérie Plante pour discuter de cet enjeu. «Je pense que c’est une demande très claire du fédéral qu’on doit discuter avec Montréal pour voir s’il y a un terrain d’entente possible. J’ai beaucoup confiance en l’ouverture de la mairesse», a commenté M. Dubé mercredi. 

La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault aurait quant à elle préféré que le fédéral accorde un vrai «pouvoir discrétionnaire» à son gouvernement d’utiliser la somme de 5,2 milliards $ comme il l’entend. À l’heure actuelle, il manque toujours 800 millions $ pour réaliser le projet de transport structurant de trois milliards $.

Sherbrooke

Well Sud calqué sur Well inc. [VIDÉO]

Le Quartier Well Sud est sur les rails. Le concept de l’Espace Centro, du consortium Services EXP-Groupe Custeau, a été adopté mercredi soir à l’unanimité par les élus. Une entente d’exclusivité sera donc signée avec le promoteur pour développer son concept... qui est identique à celui de Well inc. Une entente promoteur devrait ensuite venir en décembre.

Sur le plan purement technique, le projet qui a remporté la faveur du comité de sélection présente quelques différences avec celui abandonné par le Groupe Custeau en février 2018. Le concept, lui, n’a pratiquement pas bougé. 

À lire aussi: Well Sud pourrait ressembler... à Well inc.

Même projet, nouvel enthousiasme

Ainsi est-il proposé de construire, sur le quadrilatère de l’Hôtel Wellington, rue Wellington Sud, deux tours comptant respectivement dix et six étages. Reliées par une passerelle, elles couvriraient 200 000 pieds carrés. Un stationnement souterrain de 715 places auquel on pourrait accéder de la rue Wellington ou de la rue du Dépôt, et une place publique de plus de 40 000 pieds carrés reviennent pratiquement à l’identique. 

Un investissement de 75 M$ serait nécessaire, incluant une participation de la Ville de 25 M$. Les travaux pourraient commencer en 2020 pour une inauguration en 2022.

Concrètement, la tour de dix étages comprendrait des commerces, les bureaux des Services EXP, où travailleront 200 employés, et 60 appartements. Aucun logement social n’est prévu pour le moment. La tour de six étages serait consacrée aux organismes de développement économique et serait baptisée le Quartier général.

« Nous avons toujours cru aux qualités et au concept novateur de notre projet qui, selon nous, présente une vision unique pour soutenir le développement du centre-ville et en faire un milieu de vie invitant qui répond aux besoins de la collectivité. Ce projet sera réalisé par des Sherbrookois, pour des Sherbrookois », a commenté le président du Groupe Custeau, Charles Custeau.

Politique

Non à l’oléoduc de pétrole, dit Legault

L’élection de Jason Kenney à la tête de l’Alberta ne changera rien à la position du gouvernement Legault : pas question de voir un oléoduc de pétrole traverser le Québec.

Il n’y a pas d’acceptabilité sociale au Québec pour un oléoduc de pétrole, a réaffirmé le premier ministre François Legault, mercredi, en mêlée de presse, au lendemain de la victoire de Jason Kenney, un fougueux défenseur de l’énergie pétrolière, qui dirigera désormais un gouvernement majoritaire en Alberta.

Politique

Trop-perçus: «Ce n’est pas à Hydro-Québec de faire un chèque»

Hydro-Québec proposera des pistes de solution pour retourner les trop-perçus passés et futurs, mais il reviendra au gouvernement Legault de faire ses choix, prévient le président-directeur général de la société d’État.

Et Éric Martel est clair : si l’on décide de réparer les erreurs du passé, ce qui était un cheval de bataille de la Coalition avenir Québec (CAQ) alors qu’elle était dans les banquettes de l’opposition, il y aura un impact dans les coffres du gouvernement.

«Ce n’est pas à Hydro-Québec de faire un chèque parce qu’on ne l’a plus cet argent-là, a-t-il expliqué lors d’un entretien exhaustif avec La Presse canadienne visant à faire le point sur la situation. Adresser le passé, c’est dans les bénéfices du gouvernement.»

Rencontré à son bureau de Mont­réal, il a décortiqué le débat des trop-perçus, un débat «populaire» à ses yeux, lancé en 2017 par la CAQ, et plus spécifiquement par la députée de Saint-Hyacinthe et ex-employée d’Hydro-Québec Chantal Soucy.

Vu d’Hydro-Québec, cet enjeu des plus complexes, qui représente un défi de communication majeur, a été exagérément simplifié, «très politisé» et entache désormais sa réputation. «Les gens pensent qu’on a volé, a-t-il lâché. Ça ne nous a pas aidés, parce que ça a créé la perception qu’Hydro-­Québec gardait de l’argent et qu’on ne retournait pas ça. C’est dommage parce que c’est faux, on l’a toujours retourné.»

Les trop-perçus représentent l’écart entre le rendement autorisé par la Régie de l’énergie et le rendement réel réalisé par Hydro-Québec. Dans l’opposition, la CAQ avait exigé le remboursement complet des trop-perçus, estimant qu’ils correspondaient à une «taxe déguisée». Une fois au pouvoir, elle n’en a rien fait.

100 % reversés

Jusqu’en 2017, Hydro-Québec retournait les trop-perçus directement au gouvernement, tel qu’exigé par la loi. La formule a été revue par le gouvernement Couillard pour que 50 % des trop-perçus soient reversés aux abonnés. Ce sera dorénavant 100 %, a récemment annoncé le gouvernement caquiste, qui a fini par plier devant le tollé populaire.

Selon Éric Martel, la question n’est pas de retourner ou non les sommes versées en trop, elles ont toujours été retournées. Il s’agit plutôt de décider, en tant que société, comment on veut qu’elles soient retournées.

«Moi, à la fin, je vais appliquer ce que la loi va me dire de faire, a-t-il dit. Si la loi me dit de le mettre dans les bénéfices, on va le mettre dans les bénéfices, si la loi nous dit : “faites un chèque à tout le monde”, on fera un chèque à tout le monde.»

Trop-perçus passés

Il affirme qu’Hydro-Québec et le ministère de l’Énergie sont à pied d’œuvre pour trouver une façon de rembourser les trop-­perçus, y compris ceux du passé. La CAQ avait calculé qu’entre 2008 et 2016, les Québécois avaient payé 1,5 milliard $ de plus que ce qu’ils auraient dû sur leur facture d’électricité.

Rembourser le 1,5 milliard $, «ça fait partie des réflexions qu’on a», a déclaré Éric Martel. Le premier ministre François Legault ne s’est jamais engagé à retourner ces trop-perçus passés aux Québécois.

L’idée serait peut-être en train de faire son chemin. «On est en train de regarder des mécanismes qui pourraient permettre de retourner [...] ces écarts de rendement-là qui ont été perçus dans le passé ou qui seront perçus dans le futur, a renchéri M. Martel. Est-ce qu’on fait un chèque à chaque [client], on donne un crédit sur la facture à tout le monde, un crédit dans la base tarifaire pour réduire le coût du kilowattheure à tout le monde?»

Des trois options, il privilégie la dernière, puisqu’elle est plus «simple». Envoyer des chèques de 15 $ à tous les clients d’Hydro-Québec pourrait coûter plus cher que ce que le gouvernement souhaite rembourser, prévient-il.

«Il n’y a jamais de système parfait. [...] Il y a des gens qui vont peut-être dire que c’était mieux comme c’était avant, ça ne me donne rien de recevoir un chèque de 15 $ par année.»

Maintenir la qualité

D’une façon ou d’une autre, ce sera au gouvernement, et non à Hydro-Québec, de faire ses choix, a-t-il rappelé. Il a également mis en garde les caquistes contre le danger de demander un trop grand effort à Hydro-Québec. Plus de 70 % de ses équipements ont passé la moitié de leur vie utile, souligne-t-il.

«Il faut faire attention de ne pas brimer la qualité du service qu’on rend aux Québécois. Ça peut être facile de couper juste pour couper, mais après ça on peut avoir des conséquences de ça. Il faut juste s’assurer de bien maintenir les centaines de milliers d’équipements qu’on doit maintenir», a-t-il déclaré en ajoutant que c’était pour lui «non négociable».

Politique

Lancement d’un magazine sur la souveraineté du Québec

Le Mouvement Québec indépendant a lancé, mercredi soir, à la librairie Pantoute, le magazine «Oui je le veux!».

À travers ce magazine qui se veut 100 % indépendantiste, l’équipe de rédaction dirigée par Nathaly Dufour souhaite aborder de grands thèmes chers aux Québécois pour démontrer la pertinence d’un Québec indépendant.

«On a la volonté d’expliquer l’indépendance comme étant quelque chose qui est incarné et pas juste un principe. Oui l’indépendance, mais en l’incarnant dans de grands aspects du quotidien», a justifié Mme Dufour. 

En parlant d’immigration, d’environnement ou encore d’économie, le magazine veut démontrer que la République du Québec pourrait faire des choses qui ne sont pas possibles actuellement en étant dans le Canada. Selon Mme Dufour, le but n’est pas de parler d’indépendance comme «une vieille idée», mais comme un sujet au goût du jour.

«Les gens s’intéressent à tous ces sujets, mais pas forcément à l’indépendance. Or l’indépendance parle d’immigration, d’environnement. Si on reste dans le Canada pétrolier qui va à l’encontre de ce que nous, comme population, on souhaite, et on l’a encore vu hier avec l’élection d’un gouvernement conservateur en Alberta qui dit : “Nous, il faut qu’on passe nos tuyaux, chez vous”», a-t-elle martelé. 

Financement 

Le magazine est proposé en format papier et numérique. Pour la première année, quatre numéros sont prévus. «On s’est posé la question pour le papier. On s’est dit qu’on allait l’essayer et on a bien fait parce que lors des premières semaines, le 3/4 du stock a été vendu dans les librairies», s’est réjouie la rédactrice en chef de Oui je le veux!.

Le magazine est financé par les contributions des sympathisants et par la publicité. «On a lancé une campagne de sociofinancement qui nous a permis de récolter la somme nécessaire pour démarrer et les abonnements vont très bien», a mentionné Nathaly Dufour. 

Mme Dufour soutient également que le Mouvement Québec indépendant se veut non partisan envers un parti politique et qu’il s’adresse à toutes les personnes intéressées par l’indépendance du Québec.  

Le magazine est vendu en kiosque au coût de 7,95 $.

Fonction publique

Phénix: le syndicat dit avoir eu des engagements écrits après l’occupation de bureaux

MONTRÉAL - Près de 300 fonctionnaires fédéraux membres de l’Alliance de la fonction publique du Canada ont occupé des bureaux de députés et ministres fédéraux du Québec, mercredi, dont celui du premier ministre Justin Trudeau à Montréal.

Dix-sept bureaux de députés de tous les partis fédéraux, incluant certains de ministres libéraux, ont été visités.

Les manifestants avaient l’intention de ne pas en sortir avant d’avoir obtenu un engagement écrit quant au dédommagement qu’ils revendiquent à cause des ratés du système de paie Phénix.

Le mouvement, qui s’était mis en branle vers 15h, a pris fin mercredi soir. En fin de soirée, l’Alliance de la fonction publique du Canada soutenait avoir obtenu «plusieurs lettres d’engagements signées».

«Tout près d’une dizaine de députés ont signé la lettre telle quelle et d’autres ont apporté des changements», a précisé jeudi matin Yvon Barrière, vice-président exécutif pour la région du Québec à l’Alliance de la fonction publique.

Au bureau du premier ministre Trudeau à Montréal, les fonctionnaires étaient entassés, petit drapeau du Canada à la main, en fin d’après-midi. Plusieurs policiers ont été dépêchés sur les lieux. Aucun incident n’a été signalé. Ils ont finalement négocié pour que quatre d’entre eux puissent s’entretenir directement avec une adjointe du bureau de M. Trudeau. Ce dernier ne se trouvait pas à son bureau.

Selon l’Alliance, les manifestants auraient aussi réussi à entrer dans les bureaux des ministres Marc Garneau et Mélanie Joly, à Montréal.

M. Barrière dit avoir obtenu du bureau du premier ministre des engagements non écrits pour la tenue prochaine de rencontres avec certains ministres.

Phénix est ce système de paie, conçu par IBM, qui a multiplié les erreurs, en trop-payés, sous-payés, voire pas payés pendant un certain temps. À l’origine, il devait permettre d’économiser 70 millions $ par année «mais en 2019 on va dépasser le cap du 2 milliards $ que ça va avoir coûté», a déploré M. Barrière. Encore lors du dernier budget Morneau, on a annoncé qu’on allait devoir engloutir un autre demi-milliard de dollars sur cinq ans pour tenter de résoudre les problèmes.

Les occupations de mercredi avaient été organisées à Matane, Sept-Îles, Drummondville, Sherbrooke, Laval, Boisbriand, Sainte-Agathe-des-Monts, Louiseville, Trois-Rivières, Saint-Jean-sur-Richelieu, Brossard, Vaudreuil, Québec (au bureau du ministre Jean-Yves Duclos) et Saguenay. À Montréal, ils ont occupé les bureaux de Justin Trudeau, Marc Garneau, Mélanie Joly et David Lametti.

M. Barrière a évoqué encore 270 000 cas problématiques à l’heure actuelle: des cas de congés de maladie pour dépression, épuisement professionnel, des pertes de maison, d’automobile, des dossiers de crédit entachés.

«On veut une indemnisation à la hauteur des préjudices subis par les fonctionnaires», avait-il plaidé mercredi.

Et au dédommagement pour Phénix se greffe maintenant une autre revendication: celle des négociations qui ont cours avec le Conseil du trésor pour le renouvellement des conventions collectives. Quelque 125 000 fonctionnaires sont touchés; les contrats sont échus depuis juin 2018.