Politique

Entente avec les médecins spécialistes: le malaise de Barrette

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, en est certain : le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est «mal à l’aise» devant l’entente négociée entre le Conseil du trésor et la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Aux yeux de plusieurs observateurs, M. Barrette sème même des indices étayant son malaise. Mais, publiquement, il se défend d’éprouver un tel sentiment — sans se porter plus qu’il ne le faut à la défense de l’entente. Celle-ci réduit la pression sur les finances publiques et sur le système de santé, s’est-il contenté d’indiquer mardi.

«La page des médecins est tournée», a tenté de décréter, mais en vain, le ministre.

Les partis d’opposition refusent de la tourner. Et pour cause, dit Philippe Couillard : ils veulent entretenir un «climat de conflit» entre le gouvernement et les médecins. Le premier ministre a une nouvelle fois dû défendre l’entente négociée par le Conseil du trésor et la Fédération des médecins spécialistes.

La CAQ aimerait qu’elle figure au cœur de la prochaine campagne électorale. François Legault a invité Philippe Couillard à ne pas la signer et à la soumettre en quelque sorte au vote des Québécois le 1er octobre prochain.

«Moralement, le gouvernement libéral n’a pas le droit d’engager l’État, d’engager les Québécois à verser ces milliards de dollars injustifiés», a lancé M. Legault.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a joint sa voix à la sienne pour presser M. Couillard de «laisser le prochain gouvernement décider de ce qui va se passer pour l’avenir».

Sortir de ses gonds

Le solidaire Amir Khadir est sorti de ses gonds en remontant à la source de la dernière entente intervenue avec la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ).

Il a parlé des «dépenses engagées par Philippe Couillard, qui a négocié ces ententes avec Gaétan Barrette, qui faisait juste sa sale job, sa sale job de médecin corporatiste intéressé uniquement par l’augmentation de la rémunération à la tête de la FMSQ; c’est comme ça que ça s’est passé. Une sale job a été faite entre deux médecins spécialistes au détriment des fonds publics».

M. Khadir ne cache pas qu’il cherche à faire croître le «mouvement» social auquel son parti veut donner naissance.

Politique

Immigration et réfugiés: le tribunal ne peut plus respecter les échéances

OTTAWA — Accablée par le niveau historique des demandes d’asile, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) semble abandonner l’idée de respecter des limites de temps pour tenir les audiences des demandeurs d’asile, tel que l’édictait un règlement fédéral.

Se conformer aux échéances s’est avéré un grand défi pour la commission face à l’augmentation constante des demandes d’asile depuis 2014.

Un communiqué de la CISR diffusé mardi suggère qu’elle a épuisé toutes ses options pour résorber les retards qui s’accumulent de jour en jour.

Premier arrivé, premier servi

Les fonctionnaires prévoient maintenant suivre le principe du premier arrivé, premier servi.

Plus de 47 000 nouvelles demandes d’asile ont été déposées à la commission en 2017, un nombre record qui s’explique en partie par la vague migratoire provenant des États-Unis. Plus de 18 000 personnes ont traversé la frontière canadienne de façon irrégulière l’an dernier pour demander l’asile, selon les données de la commission.

À la fin du mois de décembre 2017, il y avait 43 000 dossiers en attente d’une décision. En date du 1er février, le temps d’attente prévu pour les demandes était de 20 mois.

«Plusieurs demandeurs d’asile attendent leur audience depuis longtemps», a reconnu Shereen Benzvy Miller, vice-présidente de la Section de la protection des réfugiés (SPR) à la CISR.

«En raison de la situation actuelle, se concentrer sur les audiences de nos demandes dans l’ordre où elles nous ont été remises, en laissant de la place pour des améliorations, est la bonne chose à faire.»

L’augmentation du nombre de dossiers a eu un effet domino, a précisé la commission, puisqu’avec plus de demandes, il y a plus de possibilités d’interjeter appel. Si un demandeur obtient gain de cause en appel, son dossier doit alors être réexaminé.

«L’augmentation considérable du nombre de nouvelles demandes d’asile a entraîné une augmentation des délais d’attente pour les autres affaires comme les plus anciennes demandes d’asile et celles renvoyées par la Section d’appel des réfugiés et la Cour fédérale, qui doivent être instruites de nouveau», indique la commission dans un communiqué.

«Pour pouvoir instruire toutes ces autres affaires dans une période raisonnable, la SPR doit retirer les nouveaux cas déférés de son rôle actuel, en raison de restrictions d’ordre fonctionnel.»

Héritage de la réforme Harper

Les règles établissant des limites de temps pour entendre les demandes d’asile sont entrées en vigueur en 2012 dans le cadre de la réforme du système de réfugiés par l’ancien gouvernement conservateur.

Le gouvernement de Stephen Harper tentait de s’attaquer aux retards dans le processus de détermination du statut de réfugié, dont le temps d’attente oscillait entre 20 et 24 mois. À l’époque, 32 000 dossiers étaient en attente.

Le nouveau système, connu comme étant la «politique de pays d’origine désignés», divisait les demandeurs en plusieurs catégories, en fonction du pays d’où ils provenaient.

En vertu de cette réforme, des limites de temps étaient imposées. Les fonctionnaires avaient de 30 à 60 jours pour tenir l’audience, selon le pays d’origine du demandeur et le lieu où la demande avait été effectuée.

Au départ, des audits internes du programme suggéraient que les échéances n’étaient pas un problème. Mais lorsque le nombre de demandes a commencé à augmenter, la commission a eu du mal à respecter les échéances et des retards se sont accumulés.

Cet enjeu a été soulevé par la commission dans presque tous ses rapports au gouvernement, depuis.

Le gouvernement libéral avait promis de modifier la «politique de pays d’origine désignés», mais rien n’a encore été fait en ce sens.

La Capitale

Troisième lien: tirs groupés sur la CAQ

Lundi, le maire de Québec a exprimé ses craintes d’un «désastre financier» causé par la précipitation politique dans le dossier du troisième lien routier Québec-Lévis. Mardi, la Coalition avenir Québec (CAQ), qui pousse sur l’échéancier de réalisation du mégaprojet, en a été quitte pour une volée de bois vert à l’Assemblée nationale.

«Si l’urgence politique l’emporte sur le génie, la technologie pis le bon sens, je pense que tous les éléments sont réunis pour assister à un désastre financier potentiel», a affirmé Régis Labeaume, lundi. Celui-ci estime impossible de compléter pareil chantier en moins de 13 à 15 ans et appréhende une facture de 10 milliards $.

Le leader du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, n’a pas manqué l’occasion de revenir à la charge contre le chef caquiste. «Écoutez, si les gens de Québec, qui savent compter, qui sont prudents, qui aiment avoir un bon rapport qualité/prix, veulent voter pour un charlatan, bien qu’il votent pour François Legault», a-t-il lancé mardi en point de presse. 

«Je ne connais pas beaucoup de gens de Québec qui disent : Ah oui, je vais donner un chèque en blanc à un premier ministre qui dit que ça va être coûte que coûte et, contre toutes les études, va se mettre à creuser avec sa propre cuillère pour que ça arrive plus vite», a poursuivi le chef de l’opposition officielle. 

Les élus libéraux avaient quant à eux un qualificatif en bouche : «irresponsable». «La CAQ dit n’importe quoi pour essayer de recueillir le plus de votes possible», a accusé la ministre déléguée des Transports, Véronyque Tremblay, qui entend respecter «scrupuleusement» les étapes de planification des grands projets d’infrastructures. 

Son collègue Sébastien Proulx, responsable de la Capitale-Nationale, a référé directement à la sortie du maire Labeaume. «Je suis d’accord avec lui qu’un empressement politique caquiste peut nous amener à des dérives. On ne connaît pas le lieu, on ne connaît pas les difficultés, on ne connaît pas les coûts. Il y a à mon avis des enjeux parce qu’on a justement un bureau de projet qui est là pour faire le ménage, donner les informations pour que vous et nous on puisse convenir ensemble de la meilleure solution», a-t-il déclaré. 

La ministre Dominique Vien, responsable de Chaudière-Appalaches, a pour sa part qualifié l’échéancier de la CAQ de «complètement irréaliste» et a accusé la deuxième opposition, qui fait bien dans les sondages, de «prendre les gens pour des valises». 

Legault inspiré par le REM

Malgré toutes ces attaques, François Legault n’a pas dérogé à sa priorité électorale pour la grande région de Québec. Alors qu’il a déjà affirmé pouvoir réaliser «une bonne partie» du troisième lien dans un premier mandat, le chef caquiste parle maintenant d’en lancer la construction d’ici quatre ans. 

Il a d’ailleurs pris à témoin le Réseau express métropolitain (REM), dont la construction sera lancée un peu plus de trois ans après l’entrée en scène de la Caisse de dépôt et placement du Québec. 

«Je demeure surpris de voir que les libéraux et les péquistes pensent que notre engagement, ça ne soit pas faisable. Je pense qu’ils sont complaisants face à la bureaucratie, ils ne veulent rien changer et ils pensent qu’il y a juste la Caisse de dépôt qui est capable de faire des projets en-dedans de quatre ans», a déclaré l’élu provincial, évitant toute référence au maire Labeaume et aux dépassements de coûts attribuables à la précipitation. 

M. Legault affirme que son équipe n’est pas en mesure d’estimer la facture du troisième lien, mais il croit «impossible qu’on parle de 10 milliards $». Invité par un journaliste à fixer un plafond de dépenses, il s’y est refusé. 

Avec Jean-Marc Salvet

Actualités

Well inc. : élus et citoyens veulent voir la Ville rebondir

Alors que le maire Steve Lussier refuse de prendre toute responsabilité dans l’abandon du projet du consortium devant s’inscrire dans le quartier de l’entrepreneuriat, plusieurs conseillers ont fait part de leur déception, lundi au conseil municipal, sur la façon dont le dossier a été traité.

Rémi Demers, d’un naturel posé, s’est emporté. « On a laissé croire que c’était un projet de fonctionnaires alors qu’il y avait une mobilisation sans précédent. On a laissé croire qu’on manquait de transparence alors que c’était un des projets les plus étoffés que j’ai vus. On a laissé croire que d’autres promoteurs voulaient déposer des projets alors qu’aucun ne nous avait approchés jusqu’à maintenant. On s’oppose parce qu’il n’y a pas unanimité. Si on attend ça, ça n’arrivera jamais. On a dit que ça allait trop vite pour nous. Ça s’appelle saisir une opportunité. Les gens ont raison de dire qu’on laisse souvent les projets porteurs aux autres villes. Moi, je n’ai pas senti d’appui du conseil. »

Lire aussi: Well Inc. : Un fiasco, dit Vincent Boutin

Vincent Boutin est revenu à la charge après avoir dit en fin de semaine que le maire avait manqué de leadership. « À la lumière de ce qui s’est dit, je suis déçu que le maire n’ait pas pris une quelconque responsabilité. Il a dit qu’il ne voulait plus de pression, mais la pression est encore plus forte parce qu’on n’a pas le choix de livrer. Pour vous aider, je vous fais quelques propositions. Il faut appeler SherWeb rapidement. On ne peut pas les perdre. Il faut organiser un lac-à-l’épaule pour faire un post-mortem et se donner des balises claires. Il faut continuer de travailler avec le Fonds immobilier de la FTQ et réitérer notre confiance dans nos fonctionnaires. Ce n’est plus le projet de Bernard Sévigny ou du Renouveau sherbrookois. C’est le projet de Steve Lussier et du conseil municipal. »

Chantal L’Espérance, elle, veut une vision dans laquelle le conseil ne sera pas nécessairement unanime, mais uni. « Il aurait été intéressant d’entendre les gens qui sont pour. Ils sortent maintenant, mais il est un peu tard. »

Évelyne Beaudin souhaite une action rapide pour que le centre-ville demeure une fierté collective et veut qu’on analyse la possibilité de rénover l’Hôtel Wellington.

Annie Godbout, elle, veut connaître les vraies raisons du départ du consortium.

« Avoir du leadership, c’est mener une équipe dans la bonne direction. Il fallait mesurer l’ensemble des informations avant de prendre la bonne décision », a ajouté Steve Lussier. « Ce n’est pas moi qui ai demandé au consortium de se retirer. »

M. Lussier ne pouvait pas expliquer ce qui advient du règlement d’emprunt de 26 M$ approuvé par les élus en début d’année. Pourquoi? « Il faut comprendre que j’avais beaucoup d’autres dossiers. La Ville est très grande. »

Les citoyens critiquent

Plusieurs représentants du milieu des affaires et des citoyens ont dénoncé l’abandon du projet. Évoquant l’urgence de revitaliser le centre-ville, ils ont invité les élus à présenter rapidement une solution de rechange.

Le maire Steve Lussier a évoqué les différents promoteurs ayant manifesté leur intérêt à développer le centre-ville, auxquels il a ajouté le nom d’Olymbec. « Ils sont partis de Montréal pour venir me rencontrer à Sherbrooke. Je ne pouvais pas encore parler parce que j’avais une entente d’exclusivité. Je peux vous dire qu’il y aura une revitalisation rapidement. » Il n’était toutefois pas en mesure de dire si Olymbec comptait investir sur les terrains de l’Hôtel Wellington ou ailleurs.

Annie Faucher, copropriétaire du Liverpool, est intervenue à plusieurs occasions dans les derniers jours. « Vous avez fort à faire pour me prouver que le comité de revitalisation du centre-ville n’est pas qu’un autre comité. Pendant encore combien de temps les fenêtres demeureront barricadées sur Wellington Sud? »

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a indiqué que la greffière présenterait les différents scénarios qui s’offrent à la Ville dès mardi matin au comité exécutif, à savoir les possibilités d’aller en appel de projets ou en appel d’offres notamment.

Philip Bastarache croit que les réactions démontrent qu’il ne s’agissait pas d’un projet du conseil, mais d’un projet de la population. « Monsieur Lussier, vous avez clairement manqué de leadership. Quant aux élus, certains se sont mis en mode opposition dès le départ. Vous avez torpillé le projet. Cessez de vous mettre la tête dans le sable et d’attendre qu’un promoteur tombe du ciel. »

« Auriez-vous aimé mieux qu’on vote oui avant d’avoir tout regardé? Ce n’est pas nous qui avons mis le consortium dehors » a rétorqué le maire Lussier.

Alexandre Hurtubise, de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, a accusé les élus d’avoir tout fait pour que le consortium laisse tomber son projet. Alors que France Croteau a invité le conseil à considérer le développement durable dans un futur projet, notamment en empêchant le déménagement ou la disparition de la station du Dépôt, le président d’ODACE, Patrick Pinard, a mentionné que l’abandon du projet cause un « préjudice important à la ville ».

Denis Pellerin, qui était contre le projet du consortium, a demandé si un post-mortem serait réalisé.
« Oui. Il y aura une suite à tout ça. Nous le ferons d’abord entre nous. Tous ceux qui s’intéressent à la revitalisation du centre-ville pourront sûrement y participer en cours de route. »

Enfin, le candidat du Parti québécois dans Sherbrooke, Guillaume Rousseau, a déploré par communiqué l’absence du député Luc Fortin dans ce dossier. « Si je deviens député, j’ai l’intention d’offrir mes services afin de contribuer à la relance du projet de revitalisation du centre-ville. Très concrètement, l’idée de regrouper les organismes de développement économique dans un seul immeuble au centre-ville est toujours valable. [...] Il faut regrouper non seulement les organismes économiques municipaux et paramunicipaux, mais aussi les organismes économiques qui relèvent du gouvernement du Québec et qui sont présents à Sherbrooke, comme Investissement Québec et le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. »

Politique

Il faut sauver le Vérificateur général, dit le Parti québécois

L’Assemblée nationale ne peut rester les bras croisés devant le départ de cadres et d’employés du bureau du Vérificateur général (VG) du Québec, dit le péquiste Nicolas Marceau. Elle doit réagir. La situation est inquiétante, selon lui.

«C’est important comme problème», expose le critique de l’opposition officielle en matière de finances publiques.

Nicolas Marceau rappelle que le bureau du Vérificateur général a la responsabilité de «jeter un œil indépendant et impartial sur l’efficacité et le fonctionnement» de l’État québécois.

En commission parlementaire, la semaine dernière, la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a surpris des élus en livrant le détail des difficultés de rétention du personnel vécues par son organisation. En 2016-2017, elle a connu 30 départs, dont seulement trois pour cause de retraite. Les autres employés et cadres partis ont choisi d’aller œuvrer ailleurs.

Le problème s’est aggravé depuis. Au cours des neuf premiers mois de l’année 2017-2018, le bureau du Vérificateur général a enregistré pas moins de 43 départs, dont seulement cinq pour la retraite. La plupart des 38 autres employés et cadres ont démissionné pour aller ailleurs — pas seulement dans le secteur privé, mais aussi dans l’appareil public québécois.

«On est au seuil minimum où l’on est en mesure de réaliser nos mandats», a déclaré Guylaine Leclerc aux députés de la Commission de l’administration publique.

Six cadres et neuf chargés de projet figurent parmi les 43 départs survenus durant les neuf premiers mois de la présente année financière.

Actuellement, 237 personnes travaillent au bureau du Vérificateur général du Québec. Son budget de fonctionnement est de l’ordre de 30 millions $ par année.

Par malice ou négligence…

À l’instar de Guylaine Leclerc, Nicolas Marceau croit qu’il faut rendre plus attractifs les salaires et les conditions d’emploi de certains postes internes. «Des moyens supplémentaires doivent être octroyés au bureau du Vérificateur général pour qu’il puisse mener à bien sa mission, affirme-t-il. Nous, on va demander à ce que ces moyens supplémentaires soient attribués.»

Il suggère que l’organisation puisse jouir d’une «grande flexibilité dans la façon dont les gens à l’interne sont rémunérés».

Le député péquiste rappelle que du temps du gouvernement de Stephen Harper, à Ottawa, le Directeur parlementaire du budget avait vu ses crédits s’«assécher». Il ne faudrait pas, au Québec, qu’«on en arrive par malice ou par négligence» à pareil assèchement ou «à un dysfonctionnement chez le VG».

Politique

Une suite au projet de loi sur les chiens dangereux?

Personne au sein du gouvernement de Philippe Couillard ne peut assurer que le projet de loi visant «à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement sur les chiens» sera adopté d’ici la fin de la présente session parlementaire — et donc, avant les prochaines élections générales. Mais on dit vouloir qu’il fasse l’objet de consultations publiques en commission parlementaire.

À la mi-avril, l’an dernier, le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a présenté ce projet de loi, qui est demeuré sur une tablette depuis.

Est-ce parce qu’il est jugé controversé? Certains estiment que oui.

Quoi qu’il en soit, il devrait enfin entamer d’ici quelque temps une partie du parcours législatif que tout projet de loi doit franchir avant d’être éventuellement soumis au vote des élus de l’Assemblée nationale.

Selon des informations obtenues par Le Soleil, le ministre Martin Coiteux tient à ce que le projet de loi 128 soit à tout le moins soumis à des consultations publiques. Il veut entendre les groupes et les individus souhaitant ou pas que son gouvernement aille de l’avant avec l’encadrement envisagé.

L’application aux municipalités

S’il était adopté — et s’il l’était tel quel —, le projet de loi permettrait à une municipalité de faire examiner un chien par le médecin vétérinaire qu’elle choisit afin qu’il évalue sa dangerosité. Celle-ci pourrait, après analyse du rapport, déclarer le chien potentiellement dangereux.

Le projet de loi prévoit par ailleurs que le chien qui a mordu ou attaqué une personne ou un animal domestique, et qui lui a infligé des blessures, peut être déclaré potentiellement dangereux par la municipalité. Dans le cas où il aurait causé la mort d’un citoyen ou lui aurait infligé des blessures graves, la municipalité devrait ordonner son euthanasie.

Le projet législatif identifie aussi les chiens réputés potentiellement dangereux.

En conférence de presse, l’an dernier, le ministre Coiteux avait promis que, bien qu’un droit acquis pourrait s’appliquer, son gouvernement interdirait bel et bien les chiens de type pitbull et ceux provenant d’un croisement avec cette race.

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Politique

La ministre Bibeau garde confiance en Oxfam

OTTAWA — Alors que se précise l’ampleur du scandale de nature sexuelle ayant entaché Oxfam en Haïti, la ministre du Développement international implore les Canadiens de garder, comme elle, confiance envers l’organisation humanitaire et ses travailleurs.

«Il faut faire la distinction entre les différents Oxfam, mais il faut aussi faire la distinction entre des individus et des organisations. On ne parle pas d’une culture d’entreprise, loin de là», a argué Marie-Claude Bibeau, lundi, en entrevue avec La Presse canadienne.

Certes, «un cas, c’est un cas de trop», mais il faut éviter de généraliser «quand on pense au nombre de travailleurs humanitaires qu’on a dans le monde», a-t-elle insisté à l’autre bout du fil depuis la capitale haïtienne, Port-au-Prince.

La ministre a offert cette analyse quelques heures après qu’Oxfam Grande-Bretagne eut publié un rapport partiellement caviardé sur les allégations visant sept de ses employés, qui auraient eu recours à des prostituées dans ses locaux haïtiens après le séisme de 2010.

Elle a précisé qu’elle avait obtenu la garantie qu’aucun employé ni aucun fonds canadien n’était lié à la situation en Haïti, soutenant qu’il serait «dommage» que cette affaire ait un impact négatif sur la générosité de la population canadienne.

«J’ai encore une très grande confiance en Oxfam Canada, en Oxfam-Québec. Ils m’ont fait la démonstration qu’ils avaient tous les processus en place pour faire de la prévention, et agir s’il y a quoi que ce soit», a expliqué Mme Bibeau.

On apprend dans le rapport dévoilé lundi «dans un objectif de transparence» que sept employés sont soupçonnés d’avoir fréquenté des prostituées dans ses locaux et que deux ont aussi fait l’objet d’une enquête pour «l’exploitation et l’agression sexuelle d’employés».

Le directeur des activités d’Oxfam en Haïti, le Belge Roland Van Hauwermeiren, a reconnu avoir eu recours à des prostituées, mais on lui a accordé un «départ progressif et digne» en échange de sa collaboration avec l’enquête, note-t-on dans le document.

Dans un message accompagnant le rapport, la directrice générale d’Oxfam-Québec, Denise Byrnes, a plaidé qu’une telle affaire serait gérée «de façon très différente» en raison des mesures adoptées depuis, mais qu’il restait «manifestement encore beaucoup à faire».

La pointe de l’iceberg?

La ministre, qui effectue actuellement sa troisième visite officielle dans l’île des Antilles, doit rencontrer mardi plusieurs dirigeants haïtiens, dont le premier ministre Jack Guy Lafontant, sept ministres de son gouvernement, ainsi que le président Jovenel Moïse.

Celui-ci a prévenu vendredi dernier que le scandale d’Oxfam était «la pointe de l’iceberg» et réclamé d’autres enquêtes sur des organisations non gouvernementales (ONG) qui sont débarquées en Haïti après le séisme, nommant explicitement Médecins sans frontières.

«Ce n’est pas seulement Oxfam, il y a d’autres ONG qui sont dans la même situation, mais ils dissimulent l’information à l’interne», a dénoncé le président Moïse dans une entrevue accordée à l’agence de presse Reuters.

Faut-il s’attendre à ce que de nouveaux scandales de maltraitance et d’exploitation éclatent au grand jour, que ce soit en Haïti ou ailleurs? La ministre Bibeau n’a pas répondu directement à la question, mais elle juge que les actes répréhensibles de la sorte doivent être rapportés.

«Je pense que ça se rattache à tout le mouvement #metoo, il y a l’effet de dénonciation, et c’est bien que ça se fasse. Il faut le savoir, il faut prendre des mesures encore plus importantes pour éviter que ça se produise et pour sévir quand ça se produit», a-t-elle offert.

Aide aux femmes en Haïti

La solution passe aussi, en partie, par le financement à l’étranger de mesures pour renforcer l’autonomie et le rôle des filles et des femmes, a exposé Mme Bibeau, qui a annoncé lundi une aide de 8,3 millions $ en appui à l’initiative Voix et leadership des femmes.

Le projet dirigé par le Centre d’étude et de coopération internationale s’articule autour de trois axes : le renforcement du pouvoir économique des femmes, la lutte contre la violence fondée sur le genre et l’amélioration de la participation de femmes à la prise de décision.

La députée conservatrice Michelle Rempel, qui avait demandé mercredi dernier au gouvernement Trudeau de suspendre son aide financière à Oxfam en raison du scandale qui a éclaté en Haïti, a réagi de façon négative à cette annonce, lundi.

«Ok, mais allez-vous suspendre le financement à Oxfam compte tenu les allégations voulant qu’ils (les travailleurs humanitaires en Haïti) ont sexuellement exploité des femmes haïtiennes», a-t-elle demandé sur Twitter en relayant un gazouillis de la ministre Bibeau.

L’organisation Oxfam a présenté lundi ses excuses aux autorités haïtiennes et au peuple d’Haïti, exprimant sa «honte» face à ce qui s’est produit, selon ce qu’a rapporté l’Agence France-Presse.

Politique

Québec solidaire lance ses grands rassemblements à Sherbrooke

C’est à Sherbrooke que Québec solidaire donnera le coup d’envoi d’un rallye politique qui sera composé de quatre grands rassemblements au Québec.

La formation politique de gauche a profité de son lancement de campagne préélectorale pour dévoiler la programmation de la tournée de mobilisations sous le thème «la récréation est terminée».

Le rassemblement de Sherbrooke aura lieu le 26 mars prochain au théâtre Granada. Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, accompagnés des candidats solidaires de chaque région, s’arrêteront aussi à l’Impérial de Québec le 11 avril, au Paramount de Rouyn-Noranda le 24 avril et au théâtre Rialto de Montréal le 22 mai.

« Dès aujourd’hui, les militants et les militantes de la région de Sherbrooke se mettent en branle pour remplir le Théâtre Granada. Nous n’avons pas choisi de commencer l’aventure à Sherbrooke par hasard», affirme le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, dans un communiqué de presse.

«Il s’agit d’une circonscription progressiste, jeune et dynamique. Québec solidaire y a toujours été bien reçu et nous pensons pouvoir y faire élire un ou une députée solidaire en octobre 2018. »

« Lors de chaque rassemblement, Gabriel et moi allons présenter notre plan pour transformer le Québec, sans filtre ni cassette, comme seul Québec solidaire sait le faire», promet la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé.

«On veut que les milliers de gens qui vont venir nous voir ressortent avec une bonne dose d’espoir et l’envie d’investir le terrain dès maintenant. Au lieu de mettre tous nos œufs dans la publicité et des outils à 1 million $, nous misons sur les gens. C’est l’élan qui a mené aux percées des campagnes de Bernie Sanders, de Jeremy Corbyn et de Jean-Luc Mélenchon »,

Dimanche après-midi, M. Nadeau-Dubois, Mme Massé et d’autres figures du parti lançaient la précampagne du parti en direct devant plus d’une centaine d’assemblées de cuisine organisées partout au Québec, dont plusieurs à Sherbrooke, ajoute-t-on dans le communiqué de presse.

Politique

Inde: Trudeau rencontrera finalement le dirigeant du Pendjab

MUMBAI — Le dirigeant de l'État du Pendjab, qui avait publiquement accusé des membres du gouvernement de Justin Trudeau de soutenir les séparatistes sikhs en Inde, rencontrera finalement le premier ministre canadien cette semaine.

Un gazouillis transmis sur le compte Twitter d'Amarinder Singh, le ministre en chef de l'État du Pendjab, indique qu'il rencontrera M. Trudeau mercredi. M. Singh espère que la rencontre «permettra de resserrer les liens d'affaires et personnels entre les deux pays». M. Trudeau a indiqué lundi que les détails de la rencontre n'avaient pas encore été finalisés, notamment en ce qui concerne la présence de membres de son gouvernement.

M. Singh a accusé récemment plusieurs membres du cabinet Trudeau d'être des sympathisants du mouvement séparatiste sikh. Il a aussi soutenu que les communautés sikhes au Canada constituent un terreau fertile de séparatistes. Le gouvernement central indien aimerait que le Canada sévisse contre les éléments séparatistes au sein de la diaspora sikhe au pays. New Delhi soutient que ces éléments étrangers offrent une plateforme à certains séparatistes sikhs qui commettent des actes de violence en Inde pour obtenir un État sikh indépendant, le «Khalistan».

En avril, le ministre Singh avait refusé de rencontrer le ministre canadien de la Défense nationale. Harjit Sajjan avait alors qualifié ces allégations de ridicules et de blessantes. La semaine dernière, alors que M. Trudeau s'apprêtait à quitter Ottawa pour ce voyage officiel de sept jours en Inde, aucune rencontre n'était prévue entre lui et M. Singh. Celui-ci avait toutefois confié à une publication indienne qu'il serait le guide touristique personnel du premier ministre canadien lors de sa visite au Temple d'or d'Amritsar, lieu sacré des sikhs.

Au premier jour complet de la visite de M. Trudeau, toutefois, le ton avait changé grâce au ministre Sajjan, qui a demandé à son patron de demander une rencontre à trois avec M. Singh. Pour l'heure, le ministre Sajjan ne serait pas invité, mais les détails de la rencontre ne sont pas encore finalisés, a indiqué M. Trudeau lundi à Mumbai.

Interrogé sur le différend lundi, M. Trudeau a rappelé que le gouvernement canadien appuyait une Inde unie, mais reconnaissait aussi l'expression de la diversité des opinions. «Ça fait partie des valeurs canadiennes d'accepter une diversité de points de vue, de perspectives, mais on fait toujours ça dans le respect, on rejette la violence et toute approche basée sur la haine, a-t-il dit. Mais en même temps, je peux vous rassurer et répéter que la politique du Canada — et ma politique personnelle — n'a pas changé : on reconnaît et on appuie une [seule] Inde.»

Actualités

Well Inc. : Un fiasco, dit Vincent Boutin

Plusieurs élus auraient préféré voter sur la proposition du consortium plutôt que de voir le Fonds immobilier de la FTQ, SherWeb et le Groupe Custeau retirer leur projet à la dernière minute. Le conseiller Vincent Boutin a été le plus vitriolique, parlant d’un fiasco et blâmant directement le maire Steve Lussier.

« Pour moi, il est clair que le maire a toujours voulu un dénouement où il n’aurait pas à trancher. Il a réussi, écrivait-il sur Facebook. Le maire a peut-être atteint son objectif là-dessus, mais les vrais perdants sont les Sherbrookois et le centre-ville qui perdent un projet qui avait tous les éléments d’un catalyseur pour le relancer. Au passage, son manque flagrant de leadership a eu pour effet de ternir l’image de Sherbrooke. Il a laissé pourrir la situation. »

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M. Boutin aurait souhaité que le maire se prononce plus tôt, d’un côté ou de l’autre, pour éviter un climat de suspicion.

« Vous parlez du chef du Renouveau sherbrookois? Du chef de l’opposition? Il a le droit de penser ce qu’il veut, mais je ne sais pas s’il a vu que je n’étais pas contre le projet. Ce n’est pas vrai que je vais me laisser faire par le chef de l’opposition. Je ne suis pas sûr qu’il a déjà eu une business lui », a réagi Steve Lussier.

Nicole Bergeron s’est dite très triste et craint les dommages collatéraux sur la mobilisation des acteurs du milieu. « Ce n’était pas qu’un stationnement et deux bâtisses. On a parlé malheureusement beaucoup du stationnement alors que ça devait être un projet de mobilisation. Quand on parle de manque de leadership, c’est peut-être généralisé au conseil municipal. Je ne tirerai de roches à personne. »

Annie Godbout blâme l’administration précédente. « C’est une fin aussi inattendue que le démarrage. Ç’a été un projet électoraliste, partisan, qui n’a pas été choisi par le conseil municipal donc qui n’était pas porteur. Tout ça est lié à la voie empruntée par administration Paquin-Sévigny. Je suis convaincue de ça. »

Marc Denault abonde dans le même sens. « Ce projet n’émanait pas du conseil, mais plus d’une campagne électorale. Le conseil de l’époque ne se l’était pas approprié, et encore moins le conseil d’aujourd’hui. J’ai clairement dit à plusieurs reprises que j’ai senti de la pression de l’administration [de la Ville] à aller de l’avant dans ce projet-là, plus que du conseil municipal. Notre défi sera de faire un projet qui rassemble tout le monde. »

Pierre Avard croit que le consortium aurait pu attendre. « Ce ne sont pas les élus qui ont tranché. »

Enfin, pour sa collègue Évelyne Beaudin, c’est à cause du processus de développement de ce projet qu’il est tombé. « Il y a eu énormément de pression pour qu’on adopte ça très rapidement, en plus de l’entente d’exclusivité. On ne se sentait pas très à l’aise dans le processus, ni les élus, ni la population. On aura le devoir de bien faire les choses avec le bon processus; comme ça, on obtiendra nécessairement le meilleur projet possible », dit-elle.

Les commerçants en ont assez

Les gens d’affaires de la rue Wellington Sud sont fâchés que le consortium composé de SherWeb, du Groupe Custeau et du Fonds de solidarité de la FTQ ait retiré son offre. Selon les commerçants, la Ville de Sherbrooke est à blâmer dans le dossier.

La propriétaire du Liverpool, Annie Faucher, a hâte qu’un projet de revitalisation soit mis en branle sur la Wellington Sud. « Ça fait 26 ans que je me fais dire que le centre-ville va être revitalisé. On avait un bateau de croisière qui était parti, on avait juste à embarquer dedans. On va encore nous envoyer des chaloupes de sauvetage. C’est un gâchis total », illustre-t-elle.

« Steve Lussier a tellement dit de choses durant la campagne électorale qu’il est pris avec, ajoute-t-elle. Il n’a jamais été capable de dire noir ou blanc. Il ne veut pas déplaire. Il n’a pas mis ses culottes et demain [lundi], je vais aller lui dire en personne », martèle-t-elle, visiblement irritée.

« Aujourd’hui, je me sens abandonnée par mon maire et par mes élus, poursuit-elle. Demain, je vais me lever et continuer à travailler fort pour que ma portion de la rue ait du bon sens. On avait une opportunité unique de faire quelque chose et on est trop épais. On a une étroitesse d’esprit. D’un coup qu’on dérangerait du monde qui va voter pour lui dans quatre ans. »

Dommage pour L’Gros Luxe


De son côté, Alex Bastide, le propriétaire du restaurant L’Gros Luxe, qui ouvrira officiellement ses portes mardi, se dit déçu.

« C’est dommage. Le gars qui a échappé ça mérite définitivement de perdre sa job. C’est épouvantable comme nouvelle. Ça affecte la valeur de mon bâtiment et ça affecte l’achalandage. Pour la ville, je trouve ça triste. C’était un beau projet. C’est sûr qu’il n’y aura jamais de projet de cette ampleur-là qui va revenir », exprime-t-il.

L’entreprise se serait quand même installée à Sherbrooke s’il n’y avait pas eu ce projet.

« On serait venus d’une façon ou d’une autre, mais je ne comprends pas comment on aurait pu avoir mieux. C’est la politique qui a tué ce projet », analyse-t-il, souhaitant que cette situation ne fasse pas peur à d’autres entreprises qui voudront soumettre un projet.

Le président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, Alexandre Hurtubise, avait le même discours.

« C’est une grande déception pour nous. La synergie était très forte. La clé de ce projet était les 200 emplois de qualité qu’on amenait au centre-ville. Différents acteurs avaient jugé le projet intéressant, comme le milieu scolaire. Ce sera difficile de soumettre un projet si innovateur et si complet.

« C’est quelque chose qui devra être fait le plus vite possible. On est d’accord pour prendre le temps, mais ça fait quand même un an et demi que Well inc. est lancé », résume-t-il.