Politique

L’économie et la culture pour raviver la souveraineté à Québec

Le Parti québécois (PQ) mise sur l’économie et la culture pour raviver la flamme de la souveraineté dans la grande région de Québec.

Ces deux thèmes seront au coeur d’un colloque organisé à l’Université Laval le dimanche 25 août. «À Québec, on est des pragmatiques», évalue Serge Bonin, comédien et candidat du PQ défait aux dernières élections. 

M. Bonin, qui organise le colloque de dimanche, croit que le Parti québécois aurait intérêt à faire des calculs afin d’expliquer les bénéfices financiers de la souveraineté aujourd’hui. «Les gens veulent savoir : la souveraineté, qu’est-ce que ça me donne de plus dans mes poches?»

M. Bonin évalue que les électeurs de Québec et de Chaudière-Appalaches sont également sensibles à toutes les questions qui touchent la culture et la langue française. 

D’autres ateliers seront consacrés au «climat de confrontation particulier» qui existe dans la grande région de Québec, par rapport à la mobilité ou à l’immigration par exemple. «Entre les courants de pensée fortement marqués et polarisés, y a-t-il des voies de réconciliation possible? Peut-on développer au parti une approche originale qui nous permettrait de marier les intérêts pour le bénéfice de l’avenir de notre région?», indique le cahier de consultation. 

M. Bonin ne s’inquiète pas qu’aucun candidat ne soit encore pressenti pour devenir chef du PQ. Selon lui, des candidats potentiels commencent à se manifester, mais l’exécutif du PQ — dont il fait partie —, préfère qu’un débat d’idées ait lieu cet automne, avant que l’attention ne soit portée sur la course à la chefferie. 

Le colloque qui aura lieu au pavillon Vachon de l’Université Laval à partir de 9h dimanche sera également diffusé en direct sur les médias sociaux et une interaction sera possible avec les internautes.

Politique

Un comité «chien de garde» contre la pauvreté

Ottawa met sur pied un comité consultatif qui veillera à l’atteinte de la réduction de la pauvreté à travers le pays.

«Le comité est une sorte de chien de garde qui s’assurera que le fédéral va tenir son engagement de réduire la pauvreté d’au moins 50 % [d’ici 2030] et que les gouvernements futurs vont tenir leur parole», a fait savoir le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos. Il en a fait l’annonce mercredi au centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier à Québec, qui vient en aide à de jeunes adultes en situation de pauvreté. Du même coup, le ministre a indiqué que Statistiques Canada procède à l’analyse de nouveaux paramètres qui serviront à mieux définir ce qu’est la pauvreté en 2019.

Politique

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le gouvernement Legault

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le gouvernement Legault.

François Paradis reproche au ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, d'avoir dérogé à la pratique suivie à ce jour concernant le remboursement des frais de déplacement des témoins en commission parlementaire.

Sa décision écrite est venue clore une journée mouvementée à l'Assemblée nationale, mercredi, où les partis d'opposition se sont ligués pour exiger des excuses du ministre, lesquelles n'ont finalement jamais été livrées.

Au coeur de l'histoire, la décision de Jean-François Roberge de rembourser, à même les fonds publics, les frais de déplacement, de repas et d'hébergement de deux New-Yorkais et de deux Ontariens pro-maternelles 4 ans.

Ces derniers sont venus témoigner en commission parlementaire, début juin, en faveur du projet de loi du ministre. Ils se sont fait rembourser plus de 8600 $ par le ministère de l'Éducation, a dévoilé Le Journal de Québec.

Dans son jugement, François Paradis est catégorique: «Il ne doit pas y avoir de remboursement des frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics.»

Tout au plus, et exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle.

«Cependant, les commissions parlementaires n'ont pas pour pratique de rembourser les témoins», précise-t-il, en rappelant que la visioconférence est permise pour des témoins de l'extérieur depuis 2009.

«Le président nous donne raison; cette situation était aberrante», a réagi en impromptu de presse le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

M. Roberge, lui, est passé en coup de vent devant les journalistes à sa sortie du conseil des ministres, se refusant à tout commentaire.

«Normal» de rembourser les témoins, selon Legault

Plus tôt dans la journée, le premier ministre François Legault s'était porté à la défense de son ministre, en déclarant qu'il était «normal» de rembourser les dépenses encourues par des témoins.

«C'est normal que, si on demande à des experts de venir partager leur expérience ici, à Québec, qu'on paie leurs dépenses. Je pense que c'est tout à fait normal», a-t-il affirmé.

«J'ai déjà vu de compenser des experts pour venir témoigner, même s'ils venaient d'une région éloignée au Québec», a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale le contredit: «Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés.»

Selon la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy, le premier ministre a carrément «induit la population en erreur».

«Service à la nation québécoise»

Elle avait plus tôt dénoncé le fait que le ministre Roberge se soit transformé en «agence de voyages, qui "book" l'hôtel, le billet d'avion, qui fait venir à grands frais des experts, et je dirais des pseudo-experts».

Ensemble, les partis d'opposition ont clamé qu'il est inéquitable de rembourser les dépenses d'alliés, et pas celles des autres. Ils se sont en outre inquiétés du mélange des genres, c'est-à-dire de l'ingérence du pouvoir exécutif dans le processus législatif.

Les invités new-yorkais et ontariens pro-maternelles 4 ans qui sont venus témoigner toutes dépenses payées ont rendu «un service à la nation québécoise», s'est défendu M. Roberge en mêlée de presse mercredi matin.

«Il faut comprendre que les experts internationaux qui sont venus, sont venus rendre un service à la nation québécoise en nous informant de la façon dont ça s'est fait, et de la meilleure façon pour éclairer nos travaux», a-t-il dit.

Retour sur «l'investissement»

Il a du coup refusé de rembourser les 8600 $ aux Québécois, affirmant que ceux-ci obtiendraient «un rendement sur leur investissement exceptionnel».

«Je pense que c'est totalement inacceptable qu'il dise ça aux Québécois», s'est insurgée la députée Christine Labrie, de Québec solidaire (QS), qui a demandé à la commissaire à l'éthique d'enquêter sur cette affaire.

«Ça ne devrait pas être des fonds publics qui sont engagés pour défendre une option politique», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le ministre Roberge, qui est député depuis 2014, a déclaré qu'il ne savait pas qu'une commission parlementaire pouvait faire comparaître un groupe par visioconférence.

De la «grossière négligence», selon la députée péquiste Véronique Hivon, qui blâme aussi le ministre d'avoir colporté «des choses qui ne sont pas la vérité» la veille en disant qu'il était impossible de faire de la visioconférence.

«Ce qui se passe, ce n'est vraiment pas banal, a-t-elle déclaré en impromptu de presse. On apprend qu'il a payé pour ces experts-là et ensuite, il invoque des arguments qui ne tiennent pas la route pour essayer de se justifier comme quoi il ne pouvait pas les faire comparaître par visioconférence. C'est très grave», a-t-elle renchéri.

Le ministre Roberge a par la suite concédé qu'il demandera à des experts de témoigner par visioconférence «la prochaine fois».

Aucune date pour l'entrée en vigueur de la loi

L'étude détaillée du projet de loi 5, qui permettra le déploiement de la maternelle 4 ans universelle au Québec, et non pas seulement dans les milieux défavorisés, se poursuit pour les prochaines semaines.

Fait à souligner, le ministre a tôt fait de refuser d'enchâsser dans la loi une date pour le déploiement de la maternelle 4 ans pour tous, pourtant promis d'ici 2023 par son parti en campagne électorale.

Il s'est défendu en disant qu'il pourrait y avoir dans les prochaines années des impondérables pouvant empêcher tel déploiement, tels que des inondations ou l'arrivée massive de réfugiés, par exemple.

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Ce qu'a dit François Paradis:

- Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés par l'Assemblée nationale ou la commission concernée pour leurs frais de déplacement;

- Lorsqu'il leur est difficile de se déplacer jusqu'à Québec pour leur audition ou de se faire représenter, les témoins peuvent demander à être entendus par visioconférence;

- Exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin pour son déplacement à Québec dans le cadre de sa participation à une consultation en commission lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle au mandat de la commission;

- Il ne doit pas y avoir de remboursement de frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics à moins qu'il s'agisse d'un membre de leur personnel.

Politique

Péréquation: l’Alberta fait de la «politique», selon Girard

Le gouvernement Legault accuse l’Alberta de faire de la politique dans le débat sur la péréquation.

Le premier ministre Jason Kenney menace de cesser de verser des milliards de dollars au régime fédéral de péréquation si le Québec n’autorise pas le passage de nouveaux oléoducs sur son territoire, en vue d’exporter le pétrole albertain. Or François Legault a déjà affirmé qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale au Québec pour un pipeline qui exporterait du «pétrole sale».

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

Au cours des derniers jours, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont rabroué M. Kenney. En mêlée de presse mercredi matin, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a renchéri.

Il a tenu à défaire l’argumentaire de l’Alberta et voit dans la sortie de M. Kenney un simple calcul de politique partisane.

«Dans les faits, c’est de la politique, il n’y a aucun lien entre l’oléoduc et la péréquation. La péréquation est un programme fédéral auquel nous contribuons.»

En outre, il a rappelé que parmi les cinq provinces bénéficiaires de la péréquation, le Québec est celle qui reçoit le moins de péréquation par habitant.

François Legault et Jason Kenney ont croisé le fer le week-end dernier sur la question de la péréquation. Le premier ministre caquiste a affirmé que le Québec avait droit à la péréquation, que cela faisait partie des conditions d’adhésion à la Confédération, et que l’Alberta ne peut changer cette disposition de la Constitution unilatéralement.

De son côté, M. Kenney a menacé de tenir un référendum en 2021 pour ne plus contribuer à la péréquation, si la formule actuelle n’est pas révisée. Il a corrigé M. Legault en précisant que le principe de la péréquation avait été inscrit dans la Constitution en 1957, pas en 1867.

De son côté, Justin Trudeau a rappelé que M. Kenney, autrefois, était membre du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a mis en place la formule actuelle de péréquation.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d’offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l’Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d’autres, comme le Québec et les provinces de l’Atlantique, sont bénéficiaires.

Politique

SNC-Lavalin: le commissaire Dion ne va pas témoigner devant un comité fédéral

OTTAWA — Des députés libéraux ont voté contre une motion visant à faire témoigner le commissaire fédéral à l'éthique, Mario Dion, au sujet de son rapport cinglant sur la façon dont le premier ministre Justin Trudeau a géré l'affaire SNC-Lavalin.

Des six membres qui forment la majorité du comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique des Communes, seul l'un d'entre eux a voté en faveur de la motion pour entendre M. Dion.

Le député libéral dissident, Nathaniel Erskine-Smith, a plaidé que le rapport dévoilé jeudi dernier est rempli de «failles» et qu'il veut permettre aux membres du comité de démontrer comment le document du commissaire est «complètement erroné».

Les cinq autres membres libéraux au comité ont voté contre la motion.

Le libéral Steven MacKinnon, qui parlait au nom de ses collègues, a soutenu que le comité fédéral de la justice avait déjà étudié la question de façon exhaustive ce printemps avec 13 heures de témoignages de 10 témoins différents pendant cinq semaines.

M. MacKinnon dit qu'il est «évident» que le véritable objectif de l'opposition est de «faire de la politique», ce qui lui a valu d'être interrompu à trois reprises par les membres des autres partis.

Le commissaire à l'éthique, Mario Dion, a déterminé que le premier ministre Trudeau a usé de «manoeuvres troublantes» pour contrevenir à la Loi sur les conflits d'intérêts et ainsi remettre en question la décision de son ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, dans l'affaire SNC-Lavalin.

M. Dion a aussi déploré le fait que les règles de confidentialité qui régissent les documents et les discussions du cabinet l'ont empêché d'accéder à tout ce dont il avait besoin dans son enquête.

M. Trudeau a déclaré la semaine dernière qu'il acceptait le rapport Dion, mais qu'il était en désaccord avec ses conclusions. Il a aussi refusé de s'excuser, puisqu'il estime avoir agi pour protéger des emplois au Canada.

Les députés conservateurs et néo-démocrates au comité ont demandé, puis obtenu, cette réunion d'urgence sur SNC-Lavalin. Le commissaire Dion était prêt à venir témoigner si les membres en avaient décidé ainsi.

L'opposition scandalisée

Le député conservateur Pierre Poilièvre a accusé les députés libéraux de vouloir «cacher la vérité» en refusant au commissaire à l'éthique l'opportunité de témoigner au comité.

«C'est une journée triste pour la démocratie canadienne. Personnellement, je suis très déçu», a renchéri son collègue Jacques Gourde.

L'opposition aurait voulu entendre les neuf témoins qui n'ont pas pu témoigner dans le rapport du commissaire et savoir quelles sont les informations auxquelles M. Dion n'a pu accéder en raison de la confidentialité du cabinet.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a dit qu'elle a été profondément troublée par les conclusions du rapport Dion. À son avis, l'attitude de M. Trudeau a été «scandaleuse» dans ce dossier et pourrait être une raison pour démissionner.

Mme May pense que M. Trudeau devrait au moins présenter des excuses aux anciennes ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ainsi qu'aux Canadiens.

M. MacKinnon, de son côté, estime que la réunion de mercredi était tout simplement un «exercice abject» de partisanerie à la veille des élections.

Politique

Le chanteur country George Canyon candidat conservateur en Nouvelle-Écosse [VIDÉO]

OTTAWA - L’une des vedettes de la musique country les plus connues de la Nouvelle-Écosse fait le saut vers la scène politique.

George Canyon a annoncé qu’il se présenterait comme candidat conservateur dans la circonscription de Nova-Centre aux prochaines élections fédérales.

Son nom a été ajouté après le retrait du candidat Roger MacKay cette semaine pour des raisons «personnelles».

George Canyon a remporté plusieurs prix Juno et de l’Association canadienne de musique country (CCMA) pour son travail, et il a chante l’hymne national aux matchs des Flames de Calgary.

Même si son étoile ajoutera certainement du lustre au Parti conservateur lors de cette élection, la circonscription a déjà eu son lot de vedettes politiques.

Brian Mulroney s’y est présenté pour obtenir un siège à la Chambre des communes après être devenu chef des progressistes-conservateurs dans les années 1980. Pendant plus d’une décennie, Peter MacKay représentait la circonscription, tout en étant ministre du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a également tenté de se faire élire en 2008, mais a perdu face à M. MacKay.

M. MacKay s’y est maintenu jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions avant les élections de 2015, et le siège est tombé entre les mains des libéraux dans le cadre d’une vague rouge dans les provinces de l’Atlantique.

Mais les conservateurs comptent Nova-Centre parmi les sièges qu’ils prévoient reprendre cet automne, en partie grâce à ce qu’ils soutiennent être des candidats bien ancrés dans la région, dont trois membres locaux de la législature de la Nouvelle-Écosse.

Le chef conservateur Andrew Scheer a déjà fait plusieurs escales dans les provinces de l’Atlantique cet été et pour sa part, George Canyon a déclaré qu’il avait hâte de se mettre au travail.

Les élections fédérales auront lieu le 21 octobre.

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Politique

L’affaire SNC-Lavalin ne nuit pas aux chances de réélection du Parti libéral, selon un sondage

OTTAWA - Le rapport cinglant du commissaire fédéral à l’éthique sur la façon dont le premier ministre Justin Trudeau a géré l’affaire SNC-Lavalin ne semble pas nuire aux chances de réélection du Parti libéral (PLC).

Un sondage Léger mené pour La Presse canadienne quelques jours après le dépôt du rapport du commissaire Mario Dion constate une égalité à 33 pour cent des intentions de vote des Canadiens entre le Parti libéral et le Parti conservateur (PCC), à un peu plus de deux mois des élections générales.

La maison Léger conclut donc que la faveur populaire à l’égard des libéraux est restée à peu près au même niveau qu’en juillet, bien avant que le commissaire Dion ne fasse ses observations.

Pour sa part, le Parti conservateur a fléchi de trois points de pourcentage entre juillet et août, malgré les efforts du parti pour raviver l’indignation du public à l’égard de l’affaire SNC-Lavalin, qui avait propulsé les conservateurs à une avance de 13 points sur les libéraux au plus fort de la controverse en avril dernier.

Mario Dion a estimé dans son rapport que le premier ministre Trudeau avait violé la Loi sur les conflits d’intérêts en exerçant indûment des pressions sur l’ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould pour que le Service des poursuites pénales conclue un accord de poursuite suspendue avec le géant montréalais de l’ingénierie SNC-Lavalin, accusé de corruption.

Le sondage mené du 16 au 19 août accorde 13 pour cent de la faveur populaire au Parti vert (PV) et 11 pour cent au Nouveau Parti démocratique (NPD). Le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier obtient 4 pour cent des appuis.

Au Québec, le Parti libéral est en avance avec 34 pour cent des intentions de vote, devant les conservateurs à 27 pour cent, le Bloc Québécois à 18 pour cent, le Parti vert à 9 pour cent, le NPD à 8 pour cent et le Parti populaire à 4 pour cent.

Le sondage a été mené sur le web auprès de 1535 répondants; aucune marge d’erreur n’a été établie.

Lassitude face à l’affaire SNC-Lavalin?

Le vice-président de la firme Léger, Christian Bourque, a affirmé que les derniers résultats laissaient croire que les électeurs avaient en grande partie laissé l’affaire SNC-Lavalin derrière eux et étaient passés à des questions qui les concernaient plus directement, du moins pour le moment.

Les deux principaux partis sont de nouveau au coude à coude, une situation qui prévalait en février, avant que la controverse de SNC-Lavalin ne secoue le gouvernement libéral, coûtant à Justin Trudeau deux ministres et son conseiller le plus digne de confiance.

«Je pense que ceux qui ont changé d’avis sur le premier ministre et lui ont tourné le dos l’avaient déjà fait au printemps», a dit M. Bourque en entrevue.

Mais il estime que d’autres Canadiens semblent plutôt lassés de cette affaire et se disent peut-être «peu importe ce que je pense du comportement du premier ministre, en fin de compte, en quoi cela change-t-il ma vie et celle de mes enfants?»

M. Bourque ajoute toutefois que «cela ne veut pas dire (que l’affaire) ne reviendra pas hanter le premier ministre» pendant la campagne, en particulier si la Gendarmerie royale du Canada (GRC) décidait de mener une enquête, comme le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a réclamé à maintes reprises.

Le sondage a redonné aux libéraux une solide avance dans les provinces de l’Atlantique, au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. Les conservateurs jouissent d’une avance considérable en Alberta, ainsi qu’au Manitoba et en Saskatchewan, avec un soutien de 55 pour cent dans les deux régions.

En Ontario, où se trouvent plus du tiers des sièges, les conservateurs semblent pâtir d’un «effet d’entraînement» de l’impopularité du gouvernement provincial progressiste-conservateur de Doug Ford, a indiqué M. Bourque. Les libéraux bénéficient de l’appui de 38 pour cent des Ontariens, comparativement à 30 pour cent pour les conservateurs, 14 pour cent pour les verts, 13 pour cent pour le NPD et 3 pour cent pour le Parti populaire.

Note aux lecteurs: Version corrigée. Il faut bien lire que les appuis au Parti conservateur ont fléchi de trois points de pourcentage entre juillet et août, et non d’un point comme il était écrit précédemment.

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Politique

Catherine Fournier publiera cet automne un livre sur la souveraineté

Il n'est pas question qu'elle cherche à réintégrer le caucus du Parti québécois (PQ), mais la députée indépendante Catherine Fournier se dit plus souverainiste que jamais et en fera la démonstration dans un livre à paraître cet automne.

Ceux qui s'attendent à y trouver un règlement de comptes avec son ancienne formation politique seront déçus, promet la jeune députée en entrevue à La Presse canadienne, mardi.

Mme Fournier, qui s'est fait élire dans Marie-Victorin sous la bannière du PQ en 2016 et en 2018, a claqué la porte du parti en mars dernier, persuadée qu'il n'allait nulle part et ne conduirait jamais le Québec vers sa souveraineté.

Récemment, des rumeurs laissaient entendre qu'elle pourrait effectuer un retour dans le parti de René Lévesque. «C'est pas le cas du tout. J'en suis vraiment pas là et je n'en serai pas là non plus», assure celle qui entend bien, dans le même esprit, se tenir loin de la course au leadership du PQ à venir dans les prochains mois.

Il s'agira de son deuxième livre, le premier, L'audace d'agir, étant paru en 2017.

Son second, dont le titre n'est pas encore trouvé, relatera les conclusions de la réflexion entreprise depuis sa démission du PQ sur l'avenir du mouvement souverainiste.

Elle ne prône toujours pas la création d'un autre parti pour incarner ses idées. «Je pense pas qu'on en est là», dit celle qui entend apporter sa contribution au débat sur le statut du Québec.

Son livre contiendra un «plan d'action» pour la souveraineté.

Actualités

Edwin Moreno se présente comme candidat indépendant

Écarté de l’investiture dans Sherbrooke par les instances nationales du Parti libéral, Edwin Moreno a annoncé lundi soir en conférence de presse qu’il se présenterait comme candidat indépendant aux prochaines élections fédérales.

Rappelons que l’ancien président de la Fédération des communautés culturelles avait manifesté tôt son intention de se présenter à la course à l’investiture du PLC dans Sherbrooke avant de recevoir, en juillet, une lettre des avocats du parti l’invitant à retirer sa candidature. C’est plutôt la notaire Élisabeth Brière qui a été désignée par le parti comme candidate libérale dans Sherbrooke.

Actualités

Médias: Catherine Dorion évoque de nouveaux modèles de financement

La députée de Québec solidaire Catherine Dorion croit que le «grand bouleversement» que vit Groupe Capitales Médias (GCM) est «l’occasion de revoir comment les médias sont financés».

En point de presse lundi, la députée de Taschereau a soutenu que les difficultés de GCM s’inscrivent dans un contexte global. «Ça fait partie, il faut le savoir, d’une forme d’hécatombe qui va continuer de se produire avec les médias, nos médias nationaux de tous types.» 

Pour renforcer la presse écrite régionale et nationale, Mme Dorion est d’avis que le gouvernement du Québec devrait se tenir debout devant les géants du Web (GAFA), tout comme l’ont fait la France et la Nouvelle-Zélande. Les GAFA «sont arrivées chez nous, font de l’argent chez nous, et nous, on ne les impose pas, on ne les taxe pas à la valeur dont on devrait les taxer». 

La députée évoque la création de nouveaux modèles, comme des coopératives de travailleurs, qui pourraient prendre en mains des médias d’information. «La concentration de la presse puis les gros conglomérats de presse, ce n’est pas nécessairement ça qui a le mieux servi la qualité de l’information au Québec comme ailleurs dans les dernières décennies», juge-t-elle. 

Ainsi, la députée de Québec ne verrait pas d’un bon oeil que Québecor se porte acquéreur de GCM. L’entreprise, qui s’est montrée intéressée à le faire, deviendrait ainsi propriétaire des deux quotidiens de Québec : Le Soleil et Le Journal de Québec. «Ce n’est vraiment pas souhaitable qu’ils aient le même propriétaire.»

«Nous sommes de tout coeur avec les employés partout en régions, dans les salles de nouvelles, qui vivent des moments d’inquiétude. Nous croyons en leur talent et leur passion, il est impératif de leur venir en aide», a commenté sur Twitter la députée libérale Isabelle Melançon.

Le chef du Parti québécois Pascal Bérubé a quant à lui eu «une pensée pour les artisans du journal Le Soleil», dont la présence dans l’est du Québec est importante. «La pluralité des sources d’informations est essentielle à notre démocratie», a-t-il écrit sur Twitter.

Politique

Péréquation: Trudeau répond au premier ministre albertain Jason Kenney

Justin Trudeau a rabroué lundi le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney.

Ce dernier menace de tenir un référendum en 2021 pour que l'Alberta cesse de contribuer massivement au programme de péréquation, dont bénéficie notamment le Québec.

En conférence de presse lundi à Québec, M. Trudeau a rappelé que M. Kenney, autrefois, était pourtant membre du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a mis en place la formule actuelle de péréquation.

«Pour des raisons politiques, il s'attaque à un système qu'il a lui-même mis en place, a déclaré M. Trudeau. Cela devrait en faire sourciller plusieurs.»

Lundi, Jason Kenney a renchéri dans son bras-de-fer avec François Legault concernant la péréquation.

Le premier ministre caquiste avait affirmé dimanche que le Québec avait droit à la péréquation, un principe qui faisait partie de l'entente constitutionnelle dès son origine et que l'Alberta ne peut changer unilatéralement.

Mais dans un long message en anglais publié sur sa page Facebook lundi, Jason Kenney reproche à François Legault de ne pas comprendre l'histoire de la péréquation.

Il lui rappelle que le principe de la péréquation ne remonte pas à 1867, mais à 1957, et il a été inscrit dans la Constitution de 1982, que le Québec n'a d'ailleurs toujours pas ratifiée.

M. Kenney fait valoir que l'Alberta a versé plus de 620 milliards $ aux autres provinces par le régime fédéral de la péréquation depuis 1957.

Il soutient que si le Québec et les autres provinces veulent continuer à bénéficier des versements de péréquation, ils doivent autoriser le passage de nouveaux oléoducs, pour que l'Alberta puisse exporter ses ressources.

«On ne peut pas vouloir le beurre et l'argent du beurre», a-t-il écrit dans le seul passage en français, en disant reprendra ainsi une expression québécoise.

Le Québec a reçu 13,1 milliards $ en péréquation du fédéral en 2019, ce qui représente 11 pour cent de ses revenus.

Le programme fédéral de péréquation vise à permettre à toutes les provinces d'offrir des services de qualité équivalente, sans égard à leur assiette fiscale. En vertu de la formule de calcul, certaines provinces plus riches, comme l'Alberta et la Saskatchewan, contribuent au programme, tandis que d'autres, comme le Québec et les provinces de l'Atlantique, sont bénéficiaires.

Politique

L'interprétation d'Élections Canada est «absurde», estime Bernier

OTTAWA — Maxime Bernier a soutenu lundi qu'Élections Canada restreint la liberté d'expression si les groupes environnementaux ne peuvent pas acheter de publicités qui font état de leur «alarmisme».

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), qui se décrit comme un climatosceptique, répondait sur Twitter à la mise en garde d'Élections Canada. L'agence fédérale a récemment prévenu les organismes de bienfaisance que des publicités qui parleraient de la légitimité de la lutte contre les changements climatiques — y compris des pubs payées dans les médias sociaux — pourraient être considérées comme partisanes, en raison de la position du Parti populaire, qui conteste l'urgence climatique.

M. Bernier, un libertarien ardent défenseur de la liberté d'expression, estime que les agents d'Élections Canada interprètent la loi «du mieux qu'ils peuvent», mais que cette interprétation «est quand même absurde».

«Le gouvernement libéral a mis en place une série de mesures qui restreignent [la liberté d'expression], dont celle-ci, écrit M. Bernier. La loi devrait seulement réglementer les pubs vraiment partisanes qui mentionnent un parti ou un candidat.»

Durant la période préélectorale, avant le déclenchement officiel de la campagne, la loi limite toute publicité qui mentionne spécifiquement un candidat ou un parti. Dès que la campagne est lancée, les restrictions s'appliquent aussi aux publicités qui promeuvent ou contestent une question ou une position prise par un parti ou un candidat. Une fois que le coût de ces publicités a atteint 500 $, le tiers doit s'inscrire auprès d'Élections Canada, produire des enregistrements et des rapports financiers et limiter le volume de ses publicités.

«Cet article se concentre sur le climat et la position du PPC, poursuit M. Bernier. Mais il y a des centaines de sujets potentiellement contentieux qui pourraient être considérés partisans si on applique la règle systématiquement. Cette réglementation n'a pas sa place dans une société libre.»

M. Bernier poursuit en demandant au chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, s'il est «systématiquement contre cette règle», même si elle touchait par exemple «des groupes qui font la promotion des pipelines, la réduction de l'immigration, qui dénoncent le socialisme».

Les bienfaits du tabac?

Natasha Gauthier, une porte-parole d'Élections Canada, a déclaré que l'avertissement sur les changements climatiques n'était qu'un exemple d'une publicité pouvant être considérée comme partisane et que toute décision concernant des activités spécifiques serait décidée au cas par cas — et uniquement s'il y avait une plainte. Cette décision sera également prise par le commissaire aux élections fédérales — le «bras judiciaire» d'Élections Canada.

Élections Canada ne sait pas à l'avance quels problèmes pourraient surgir au cours de la campagne électorale, a ajouté Mme Gauthier. Par exemple, les publicités d'une association faisant la promotion des avantages des emplois dans le secteur forestier pourraient être considérées comme partisanes si un parti transformait subitement ces emplois en enjeu électoral, a-t-elle précisé.

Mme Gauthier ajoute que les règles en matière de publicité ne sont pas nouvelles. Mais la décision de l'agence de citer le changement climatique comme un exemple spécifique a laissé les groupes environnementaux de plus en plus confus; certains se demandent jusqu'où ira l'étiquette de publicités «partisanes».

«C'est de la folie», a estimé la chef du Parti vert, Elizabeth May. «Élections Canada est une organisation sensée, alors j'espère qu'ils clarifieront et élimineront cette décision.» Si M. Bernier affirmait soudain que fumer est bon pour la santé, demande Mme May, une organisation qui fait la promotion des méfaits du tabac serait-elle alors considérée comme partisane?

Le chef du NPD a estimé lui aussi que «Maxime Bernier niant le changement climatique n'égale pas un consensus scientifique mondial».

«Il n'est pas partisan de discuter de la plus grande menace à laquelle l'humanité est confrontée», a écrit M. Singh sur Twitter lundi matin, avant le message de M. Bernier.

De passage à Québec lundi, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu'il examinerait de près la précision d'Élections Canada, mais il a ajouté qu'il leur faisait confiance pour prendre des décisions de façon indépendante concernant la Loi électorale du Canada. «Mais en même temps, ça souligne à quel point c'est frustrant qu'on est encore, au moment d'un débat, de voir si les changements climatiques sont réels ou non, si on devrait agir ou non», a répondu le chef libéral, interrogé en conférence de presse.

Politique

Parler du réchauffement climatique pourrait être considéré comme partisan

OTTAWA — Élections Canada aurait mis en garde certains organismes de bienfaisance oeuvrant dans le secteur de l'environnement que le fait de discuter des dangers du changement climatique au cours de la prochaine campagne électorale fédérale pourrait être considéré comme une activité partisane.

Tim Grey, directeur général du groupe Environmental Defence, a raconté qu'un responsable d'Élections Canada avait lancé cet avertissement lors d'une session de formation sur les lois électorales donnée aux groupes de défense de l'environnement, plus tôt cet été.

Le responsable aurait alors dit que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, doutait de la véracité des changements climatiques. En conséquence, tout groupe qui parlerait du réchauffement de la planète, et même de l'urgence de lutter contre les changements climatiques, pourrait être considéré comme partisan, même s'il ne mentionne pas M. Bernier ou son parti.

Un porte-parole d'Élections Canada a confirmé que cela pourrait être le genre de conseil que l'agence peut donner.

Toute activité partisane — y compris la publicité, les sondages ou toute activité de campagne coûtant au moins 500$ — nécessite de s'inscrire à titre de tiers auprès d'Élections Canada. M. Gray craint que cela compromette le statut fiscal des organismes.

Selon lui, il est «décourageant» que des groupes comme le sien soient forcés de se taire sur les changements climatiques au cours de la campagne électorale «parce qu'un parti a choisi de nier l'existence de ce fait fondamental».

«De toute évidence, le changement climatique est réel, rappelle M. Gray. Presque toutes les institutions crédibles de la planète nous disent de faire quelque chose à ce sujet.»

L'automne dernier, le groupe d'experts des Nations Unies sur les changements climatiques, composé de centaines de scientifiques du monde entier, a déclaré que si on n'agissait pas plus vite pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, les conséquences pour la planète seraient irréversibles et catastrophiques.

Cinq des six partis politiques ayant une chance de remporter au moins un siège au cours des prochaines élections s'accordent pour dire que les changements climatiques sont réels et qu'ils sont causés par les humains. Seul M. Bernier prétend que les changements climatiques font partie d'un cycle naturel de la Terre et qu'il n'y a pas d'urgence en la matière.

«Adversaires indirects» de Bernier

En conséquence, Élections Canada dit que tout tiers donnant des renseignements sur le caractère nuisible du dioxyde de carbone ou qu'il est temps d'agir contre le réchauffement climatique pourrait être considéré comme des adversaires indirects de Maxime Bernier et de son parti. Des activités peuvent être jugées comme partisanes par Élections Canada, même si elles ne mentionnent pas nommément un parti ou un candidat.

M. Gray reproche à Élections Canada d'étouffer la discussion sur les changements climatiques à un moment crucial.

«À ce stade, à moins d'obtenir de plus amples précisions, nous cesserons de faire référence aux changements climatiques sur internet dès le déclenchement des élections. On sent être aspiré dans un espace où nous serons considérés comme une entité partisane parce que nous avons affirmé sur Facebook que les changements climatiques sont réels. Cela me semble ridicule.»

Cela ne signifie pas que M. Gray cessera de donner des entrevues sur le sujet pendant la campagne, annonce-t-il. L'avertissement d'Élections Canada aura plus une incidence sur d'autres activités du groupe dont la facture s'élèverait à plus de 500 $ comme une campagne de publicité sur Facebook.

En 2012, le précédent gouvernement conservateur avait lancé un programme de 13 millions $ visant à vérifier si des organismes de bienfaisance abusaient de leur statut fiscal en organisant des activités partisanes. Les vérifications ont porté sur une vingtaine de groupes environnementaux, sociaux et religieux qui auraient outrepassé une règle limitant à 10 % de leur financement les sommes consacrées aux activités politiques.

Les libéraux avaient promis de mettre fin à ce qu'ils appelaient «une chasse aux sorcières» contre tout groupe de la société civile s'opposant aux politiques gouvernementales. Si une nouvelle loi adoptée l'an dernier a levé la limite de 10 %, la règle sur le caractère non partisan des activités est toutefois demeurée en place.

Selon Catherine Abreu, la directrice générale du Réseau Action-Climat, l'avertissement d'Élections Canada est «choquant».

«Le changement climatique est un fait scientifique, a-t-elle déclaré. Ce n'est pas une opinion.»

L'avertissement «contribue à la confusion actuelle» sur ce que les organismes de bienfaisance peuvent ou ne peuvent pas faire pour protéger l'environnement, et aidera les groupes pro-pétroliers qui veulent faire taire leurs opposants, a ajouté Mme Abreu.

Politique

André Parizeau devra se dissocier du Parti communiste pour être candidat du Bloc

MONTRÉAL — André Parizeau doit se dissocier clairement du programme du Parti communiste du Québec (PCQ) s'il veut être confirmé, comme prévu samedi, candidat du Bloc québécois dans Ahuntsic-Cartierville, à Montréal.

Sa candidature ne sera pas autorisée par les instances du Bloc s'il n'affirme pas sans réserve lors de l'investiture, samedi, qu'il «ne va défendre qu'exclusivement le programme du Bloc québécois, et qu'il ne défendra pas les positions et le programme du Parti communiste», a indiqué un organisateur du Bloc.

André Parizeau était jusqu'à récemment chef du Parti communiste du Québec. M. Parizeau est le neveu de l'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau. Il n'a pas été possible de joindre André Parizeau pour une entrevue vendredi soir.

Cet organisateur du Bloc a fait valoir qu'il n'avait jamais été demandé à M. Parizeau de «renier son passé communiste». Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, avait déjà dit qu'il était à l'aise avec le passé communiste du candidat.

L'impasse semble perdurer entre M. Parizeau et la direction du Bloc. Celui-ci refuserait depuis plusieurs semaines de se dissocier du PCQ.

Le PCQ n'est pas un parti politique, à proprement parler, puisqu'il ne présente pas de candidats aux élections. Mais M. Parizeau a tout de même été à sa tête pendant 21 ans.

M. Parizeau a siégé au Bureau national du parti et a été actif lors de sa reconstruction. Il a également participé à la rédaction du nouveau programme du parti.

Son intention de se porter candidat bloquiste dans Ahuntsic-Cartierville avait été critiquée par l'ex-chef bloquiste, Gilles Duceppe, qui avait montré du doigt l'affiliation communiste de M. Parizeau.

La cousine de M. Duceppe, Anne Duceppe, avait d'abord également indiqué son intention de briguer l'investiture dans la circonscription.

Dans Ahuntsic-Cartierville, le candidat choisi doit affronter la ministre Mélanie Joly aux prochaines élections cet automne.

Politique

Projet de loi 25: le président de la mosquée de Québec préoccupé

Le président du Centre culturel islamique de Québec assistera mardi à l'étude du projet de loi 25, qui vise à simplifier l'immatriculation des armes à feu.

Boufeldja Benabdallah - qui a vu six de ses compatriotes tomber sous les balles d'Alexandre Bissonnette en 2017 - veut s'assurer que toutes les armes au Québec soient enregistrées.

Il souhaite aussi voir le gouvernement insérer dans son processus la vérification des antécédents de troubles de santé mentale.

Le projet de loi 25 a été déposé en mai dernier par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, après qu'elle eut constaté qu'environ 400 000 armes avaient été inscrites au registre québécois, sur un total estimé à 1,6 million dans la province.

Le gouvernement propose entre autres d'éliminer l'obligation de fournir la longueur du canon de l'arme au moment de l'enregistrement. Dorénavant, seul son numéro de série sera requis pour l'enregistrer.

Il donnerait aussi aux agents de protection de la faune le pouvoir d'ordonner au propriétaire d'une arme à feu non immatriculée d'y remédier dans les sept jours, à défaut de quoi il sera passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 5000 $.

Pour M. Benabdallah, il est important d'adopter la loi rapidement et se donner les moyens de l'appliquer. Il ne présentera pas de mémoire à l'Assemblée nationale, mais sera sur place pour suivre les travaux.

«Je pense qu'il y en a encore qui s'opposent, qui ne veulent pas, a-t-il déploré en entrevue téléphonique, vendredi. Il faut que le gouvernement signifie à ces récalcitrants qu'il applique la loi et qu'il pénalise.

«C'est pour le bien de la société que toutes ces armes soient enregistrées, numérotées, soient connues chez qui, comment elles se déplacent, etc. pour protéger notre société. On a perdu six des nôtres, de notre communauté, on ne veut pas en perdre d'autres.»

Par ailleurs, selon M. Benabdallah, vérifier le dossier santé de la personne qui veut se procurer une arme à feu «tombe dans le bon sens».

«Ce n'est pas comme une chemise qu'on va acheter chez La Baie, a-t-il affirmé. Il faut qu'on sache si vraiment il n'a pas des bricoles de santé qui risquent de lui nuire après puis qu'il fasse un geste malencontreux. Ça le protège lui-même.»

Jusqu'à présent, le gouvernement ne s'est pas engagé dans cette voie.

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a fait irruption dans la grande mosquée de Québec et a ouvert le feu, tuant six hommes et en blessant plusieurs autres.

Au moment de lui infliger une peine d'au moins 40 ans de prison, le tribunal a rappelé l'omniprésence de problèmes de santé mentale chez le jeune homme de 29 ans: troubles anxieux, symptômes de panique et dépression.

Les consultations publiques sur le projet de loi 25 se tiendront mardi et mercredi prochains. Les députés entendront le Comité conjoint de chasse, de pêche et de piégeage, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération des pourvoiries du Québec, PolySeSouvient, le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec, la Coalition pour le contrôle des armes et le Grand Conseil des cris.

Politique

Gouvernement du Québec: la majorité des problèmes de paie réglés

Alors que des ratés avec le système informatique SAGIR ont privé 13 000 fonctionnaires québécois d’une partie de leur paie en juillet, ils ne sont plus que 84 à être toujours en attente de sommes dues.

Le ministre de la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, est soulagé que la mise à jour du système de paie des fonctionnaires québécois, survenue au début juillet, n’ait pas viré au cauchemar. «Technologiquement, l’affaire est réglée. Il reste du cas par cas à finaliser.»

Audrey*, qui corrige les examens du ministère de l’Éducation que passent les élèves du secondaire et les étudiants du cégep, est l’un de ces cas. En sept ans, c’est la première fois qu’elle doit attendre aussi longtemps avant d’être entièrement payée. Le temps supplémentaire qu’elle a réalisé les fins de semaine et le 24 juin n’a pas encore été rémunéré. 

«Ne pas avoir eu l’argent que j’attendais cette semaine, alors qu’on nous dit depuis des semaines que ça va se régler, c’est la goutte qui a fait déborder le vase», raconte-t-elle en entrevue au Soleil

Lorsqu’elle appelle aux ressources humaines pour comprendre ce qui se passe, on soupire à l’autre bout de la ligne. «Plusieurs correcteurs sont dans la même situation. C’est rendu un running gag.» On lui promet maintenant qu’elle récupérera son argent d’ici le 29 août. 

Occupant un emploi précaire durant l’année scolaire, Audrey comptait sur ce contrat avec le gouvernement pour boucler son budget durant l’été. «C’est décourageant. Je trouve ça inacceptable dans la mesure où c’est récurrent», commente-t-elle. 

Si M. Caire comprend que certains employés occasionnels soient irrités par la situation, il persiste à dire que les problèmes qui restent avec le système de paie sont «à la marge». «Pour les correcteurs, il y a des problèmes au niveau des saisies de données et des autorisations. C’est pas un facteur technologique, c’est probablement un facteur humain», explique-t-il. 

Le ministre assure que tous les bogues informatiques de SAGIR ont été réglés. Les 70 000 fonctionnaires réguliers du gouvernement ont en poche la totalité de leur salaire, tout comme les employés saisonniers, qui ont vu leurs problèmes résolus au début août. 

«La seule chose qu’il nous reste à régler, c’est au niveau de la performance (de SAGIR). Dans les grosses périodes de pointe, le système est lent», indique M. Caire. 

Au final, il qualifie l’opération d’implantation de nouveaux modules de paie de «grand succès». «Si le critère pour dire que c’est un succès, c’est la perfection, on n’aura jamais de succès en informatique», plaide-t-il. 

Rien à voir avec phénix

Selon lui, les problèmes vécus par les fonctionnaires du gouvernement du Québec n’ont «rien à voir» avec ceux que les fonctionnaires du gouvernement fédéral connaissent depuis plusieurs années en raison du «fiasco» du système de paie Phénix. 

À Québec, la mise en place du nouveau module de paie de SAGIR a coûté 45 millions $, alors qu’un budget de 47 millions $ était prévu. Par le passé toutefois, le système informatique SAGIR a connu de nombreux ratés, retards et dépassements de coûts. La facture totale pour cette plate-forme qui s’occupera bientôt de toute l’administration gouvernementale (embauche, factures, paie, etc.) devrait atteindre les centaines de millions de dollars. 

M. Caire réitère que le lancement de SAGIR, il y a quelques années, a été «catastrophique». Il dit toutefois avoir maintenant confiance aux équipes d’informaticiens à l’interne, si bien qu’il souhaite poursuivre l’implantation de SAGIR au cours des prochaines années.

*Nom fictif (notre interlocutrice souhaite garder l’anonymat)

Politique

Nantel se voit retirer sa candidature néo-démocrate pour avoir parlé au Parti vert

OTTAWA — Largué avant de claquer la porte, le député Pierre Nantel dit qu'il se devait de faire «un coup d'éclat» pour attirer l'attention sur l'urgence climatique.

Vendredi après-midi, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a fait savoir que l'élu de Longueuil-Saint-Hubert ne le représenterait plus aux élections du 21 octobre puisqu'il a lui-même confirmé qu'il était en négociations avec le Parti vert.

«Il nous a confirmé que oui, il finalisait des discussions avec une autre formation politique et qu'il n'y avait pas de possibilité de retour en arrière pour lui», a raconté Alexandre Boulerice, qui a dû aller frapper à la porte du député à Longueuil puisque celui-ci ne répondait pas à ses appels depuis le matin.

«Il ne peut pas rester dans le caucus néo-démocrate. Il ne peut pas être notre candidat, évidemment. Alors on a pris les mesures qui s'imposaient le plus rapidement possible», a relaté M. Boulerice, en entrevue téléphonique.

«C'est simplement un cri du coeur. C'est la question de la crise climatique qui est au centre de mes préoccupations et depuis longtemps», s'est défendu le principal intéressé, joint par téléphone à Longueuil.

M. Nantel cherchera maintenant à obtenir la candidature du Parti vert dans sa circonscription.

Or, il y a un os. Le Parti vert a déjà sa candidate dans la circonscription, la même qu'en 2015.

M. Nantel rapporte qu'il est déjà en discussion avec Casandra Poitras, «une femme fantastique, exceptionnelle» pour voir si elle ne lui cèderait pas tout simplement la place.

L'homme tient à tout prix à se retrouver sur un bulletin de vote en octobre.

«Moi, honnêtement, les partis, ça m'importe peu. Ce qui m'importe, c'est que la question de la crise climatique soit au centre de l'élection», a-t-il insisté.

Une fille inspirante?

Vendredi matin, au Parti vert, on ne voulait pas confirmer la rumeur qui avait commencé à circuler, mais on se montrait déjà accueillant.

«Si Pierre Nantel veut se joindre au Parti vert, on ne dirait pas non», confiait Daniel Green, leader adjoint du Parti vert, joint par téléphone alors qu'il se déplaçait dans le métro de Montréal.

M. Green croit savoir que c'est la fille adulte de M. Nantel, Marilou, qui a inspiré son père à aller voir ailleurs qu'au NPD. Le père et sa fille ont participé aux marches étudiantes le printemps dernier.

Le leader adjoint du Parti vert croit que M. Nantel voit venir une mobilisation étudiante encore plus grande cet automne. «On a eu le printemps érable; on risque d'avoir l'automne vert», a-t-il prédit.

M. Nantel a confirmé le rôle de sa fille qui «fait partie de cette génération qu'on peut qualifier d'éco-anxieuse».

Rappelant ses luttes pour la protection des industries culturelles et son passé souverainiste, le député a expliqué pourquoi il se devait de passer à autre chose maintenant.

«Tout le monde doit bien comprendre qu'aujourd'hui dans cette espèce d'élection référendaire, il est l'heure de voter pour le climat», a-t-il lancé.

Un collègue difficile?

Comme chaque fois dans pareil cas, au parti froissé, on révise son opinion de celui qui part.

«Pierre a toujours eu de la difficulté à jouer en équipe. Il prenait souvent des initiatives personnelles pas toujours très réfléchies. (...) Donc, oui, c'est plate, c'est dommage, mais on n'est pas très, très surpris», a lâché M. Boulerice.

Déjà au printemps, M. Nantel avait flirté avec l'idée de passer au Bloc québécois. En mai, il a fermé cette porte.

Un signe pour le NPD?

Alexandre Boulerice assure qu'il ne faut pas lire ici une démonstration supplémentaire des difficultés de son parti qui traîne dans les sondages.

M. Boulerice, qui s'occupe de la campagne québécoise du NPD, organise une trentaine d'assemblées d'investiture dans les prochaines semaines et compte bien présenter 78 candidats au Québec.

«Je ne pense pas (que M. Nantel) a plus de chance d'être élu comme député avec le Parti vert en ce moment», a-t-il dit, soulignant qu'à son avis, «les propositions en environnement du NPD sont supérieures (...) à celles du Parti vert».

Politique

Immigration: le ministre Jolin-Barrette rabroue le représentant de l'ONU

L'Assemblée nationale a été le théâtre jeudi d'un échange musclé entre le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, et le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Jean-Nicolas Beuze a invité le Québec à accueillir davantage de réfugiés, qui sont parmi ceux qui s'intègrent le mieux sur le plan économique et social, selon lui.

Il témoignait devant les parlementaires, jeudi, dans le cadre de la consultation sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2020-2022.

Le plan du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est d'abaisser les seuils d'immigration cette année pour ensuite les rehausser progressivement jusqu'en 2022, et faire augmenter la proportion d'immigrants économiques au détriment des réfugiés.

M. Beuze a dénoncé le discours de la CAQ, qui fait paraître les réfugiés comme un fardeau pour la société, selon lui.

«Il faut faire attention à cette dichotomie qui tend à dire que les réfugiés sont un poids, comme vous essayez de le souligner en ce moment. Ce n'est pas forcément la réalité», a-t-il dit, avant de se faire rabrouer par le ministre Jolin-Barrette.

«Je n'ai jamais dit que les réfugiés étaient un poids, je n'ai jamais dit (...) cela. Les propos que vous me prêtez ne sont pas acceptables, a répondu le ministre, visiblement irrité. Vous faites beaucoup de raccourcis.»

Plus tôt, M. Jolin-Barrette avait cherché à savoir si le haut-commissaire en personne était au courant des déclarations faites par M. Beuze. Ce dernier a indiqué qu'il avait une ligne directe avec le haut-commissaire.

Le porte-parole de Québec solidaire en immigration, Andrés Fontecilla, qui était dans la salle, a déclaré aux médias avoir ressenti un malaise lors de l'échange.

«(Le ministre) ne s'attaque pas au fond de la question, c'est-à-dire les opinions de notre invité - c'est notre invité quand même! - mais à la forme», a-t-il affirmé.

À l'instar de M. Beuze, le député solidaire a déploré que le ministre s'attarde aux «coûts» de l'accueil des réfugiés, sans parler des «bénéfices» qu'ils peuvent procurer à l'ensemble de la société.

En mêlée de presse, M. Jolin-Barrette a répété qu'il croit que le Québec fait sa part. Au cours des dernières années, la province a dépensé des centaines de millions de dollars pour l'accueil des réfugiés, a-t-il fait valoir.

Le Plan d'immigration du gouvernement prévoit l'admission en 2019 de 40 000 personnes immigrantes au Québec, ce qui constitue une diminution de plus de 20 pour cent par rapport au nombre total de personnes immigrantes admises ces dernières années dans l'ensemble du Québec et dans chacune des catégories d'immigration.

L'intention du gouvernement est d'augmenter progressivement le nombre de personnes immigrantes admises au cours de la période pour atteindre 49 500 à 52 500 personnes en 2022, et d'atteindre, en fin de période, une proportion de personnes admises dans la catégorie de l'immigration économique de l'ordre de 65 pour cent.

Politique

Le PLQ craint la concentration de la presse si Québecor rachète Groupe Capitales Médias

L’opposition officielle met en garde le gouvernement contre la concentration de la presse, si Québecor rachète le Groupe Capitales Médias (GCM).

Le Parti libéral (PLQ) réagissait ainsi jeudi à la nouvelle selon laquelle le conglomérat de Pierre Karl Péladeau serait intéressé à racheter le groupe de journaux régionaux en difficulté.

GCM, qui possède le journal «Le Soleil» de Québec, ainsi que des quotidiens comme «Le Nouvelliste» et «La Tribune», est à court de liquidités et le gouvernement Legault a évoqué une aide financière possible mercredi.

TVA a rapporté en soirée mercredi que Québecor est intéressé par GCM. Le nom de Cogeco a aussi été évoqué, mais le groupe de stations de radio affirme n’avoir eu «aucune discussion» avec GCM.

«On ne sait pas d’où ça vient» (cette information), a commenté jeudi la porte-parole de Cogeco, Nancy Bouffard. Elle ne pouvait confirmer toutefois si des responsables de GCM avaient pris contact avec Cogeco.

Dans une mêlée de presse en matinée jeudi au parlement, la députée libérale d’Acadie, Christine St-Pierre, a dit craindre une concentration de la presse et a insisté sur une diversité des voix en démocratie.

Sa collègue, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a renchéri. Il faut que tous les citoyens du Québec, dans chacune des régions, puissent avoir accès à plusieurs sources d’information différentes pour pouvoir se faire une idée, a-t-elle fait valoir.

«Une société informée est une société libre qui demeure démocratique», a-t-elle dit en entrevue téléphonique.

Mme Melançon a déploré l’immobilisme du gouvernement Legault, qui connaît la situation difficile de GCM depuis avril et qui a mis sur pied un comité interministériel, mais qui n’a toujours pas posé de gestes.

Il faut venir en aide rapidement à la presse régionale parce la disparition des quotidiens entraînera des contrecoups et il serait beaucoup plus difficile de relancer des journaux que de sauver les titres actuels, a-t-elle soutenu.

Rappelons que le Groupe Capitales Médias est un abonné de l’agence La Presse canadienne. L’entreprise possède notamment «Le Soleil», «Le Droit» d’Ottawa-Gatineau, «Le Nouvelliste» de Trois-Rivières, «La Tribune» de Sherbrooke, «La Voix de l’Est» de Granby, «Le Quotidien» et «Le Progrès week-end» à Saguenay.

Politique

Affaire SNC-Lavalin: le PCC et le NPD veulent entendre le commissaire

OTTAWA — Les conservateurs et les néo-démocrates exigent une réunion d'urgence d'un comité des Communes afin d'examiner le rapport du commissaire fédéral à l'éthique sur le rôle de Justin Trudeau dans l'affaire SNC-Lavalin.

Dans son rapport publié mercredi, le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mario Dion, conclut que M. Trudeau s'est servi de sa position d'autorité pour tenter d'influencer la procureure générale Jody Wilson-Raybould afin que la firme québécoise de génie SNC-Lavalin obtienne un accord de réparation et évite ainsi un procès criminel pour fraude et corruption. Le commissaire Dion a ainsi déterminé que M. Trudeau avait usé de «manoeuvres troublantes» pour contrevenir à la Loi sur les conflits d'intérêts.

Alors que le premier ministre refusait toujours, jeudi, de présenter ses excuses, le député conservateur Peter Kent et le député néo-démocrate Charlie Angus demandaient une réunion du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique afin d'entendre M. Dion.

Deux députés conservateurs membres du comité ont écrit au président, leur collègue conservateur Bob Zimmer, pour lui demander de tenir une réunion d'urgence afin d'examiner une motion visant à inviter M. Dion.

«Il s'agit d'une situation grave, écrivent les députés conservateurs Peter Kent et Jacques Gourde. Non seulement M. Trudeau est le premier premier ministre à avoir été reconnu coupable d'infraction à la loi, il est aussi un récidiviste.»

La prédécesseure de M. Dion avait conclu que M. Trudeau avait violé la Loi sur les conflits d'intérêts en acceptant en 2016 de passer ses vacances de Noël en famille sur l'île privée des Bahamas appartenant au milliardaire Aga Khan, chef spirituel des musulmans ismaéliens du monde.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a envoyé à M. Zimmer une lettre similaire. Il souhaite aussi que le comité des Communes convoque M. Trudeau, le ministre des Finances, Bill Morneau, et l'ancien chef de cabinet de M. Morneau, Ben Chin, aujourd'hui conseiller principal du premier ministre.

Les libéraux, majoritaires au sein des comités, risquent de rejeter cette tentative de l'opposition de braquer plus longtemps les projecteurs sur le rapport Dion, à quelques semaines des élections du 21 octobre. Mais cette manoeuvre risque d'être perçue par certains comme une tentative de camouflage.

Pas d'excuses

Pendant ce temps, le premier ministre Trudeau a réitéré, jeudi, ce qu'il répétera sans doute au cours de la campagne électorale à propos de l'affaire SNC-Lavalin: il n'a pas l'intention de présenter des excuses, car il a agi pour protéger des emplois et des familles canadiennes.

Au cours d'un événement à Fredericton, jeudi matin, il a de nouveau affirmé qu'il acceptait le rapport accablant du commissaire Dion et assumait l'entière responsabilité de ce qui s'était passé, mais il a aussi réaffirmé qu'il n'allait pas s'excuser «d'avoir été là pour défendre les emplois des Canadiens».

«C'est ma job en tant que premier ministre de défendre les emplois, les communautés, les familles canadiennes, a-t-il dit en français. Je ne suis pas d'accord avec les conclusions du commissaire à l'éthique, mais j'accepte et je respecte son travail, j'accepte son rapport et je prends l'entière responsabilité.»

Il a également déclaré que le gouvernement avait l'intention de mettre en ?uvre les recommandations d'un rapport distinct, préparé par l'ex-ministre libérale Anne McLellan, qui s'est penchée sur la pertinence de séparer les rôles de procureur général et de ministre de la Justice au cabinet. Le premier ministre a dit vouloir s'assurer que ce gouvernement ou d'autres gouvernements ne se retrouvent pas dans la même situation à l'avenir.

Le rapport McLellan recommande de ne pas séparer les fonctions de procureur général et de ministre de la Justice, mais suggère plutôt une série de mesures pour «renforcer l'indépendance» du procureur général. Il propose notamment de mieux renseigner les parlementaires, les ministres et les membres du personnel sur la façon de consulter ou de renseigner le procureur général.

Des pressions grandissantes

Justin Trudeau fait face à des pressions grandissantes pour présenter des excuses aux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, mais il a clairement indiqué qu'il n'avait pas l'intention de le faire.

Dans une entrevue accordée jeudi à La Presse canadienne, Jane Philpott, qui a quitté le cabinet en solidarité avec Jody Wilson-Raybould plus tôt cette année, a estimé que le premier ministre devait présenter des excuses non pas pour la façon dont il a traité les deux femmes, mais pour avoir violé la Loi sur les conflits d'intérêts.

«Je crois que les Canadiens méritent des excuses», a déclaré Mme Philpott.

Les conservateurs n'ont pas l'intention de laisser l'affaire SNC-Lavalin tomber dans l'oubli, à quelques semaines de la campagne électorale. En plus de vouloir convoquer un comité parlementaire en plein congé estival, leur chef, Andrew Scheer, croit lui aussi que le premier ministre devrait s'excuser «parce qu'il a dit des choses qui n'étaient pas vraies».

«Il a (dit) des mensonges aux Canadiens. Il a caché la vérité et il a nui à nos institutions judiciaires. C'est inexcusable. Il devra prendre ses responsabilités et s'excuser pour avoir dit des choses qui n'étaient pas vraies», a déclaré M. Scheer.

M. Scheer souhaitait mercredi que la Gendarmerie royale du Canada fasse toute la lumière sur cette affaire, alors que le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, réclamait la tenue d'une enquête publique. Le député bloquiste Rhéal Fortin déplorait quant à lui que «la guéguerre entre libéraux, l'absence de leadership de Justin Trudeau, son incompétence et son manque d'éthique (aient) rendu pratiquement impossible toute tentative de conclure un accord de réparation avec SNC-Lavalin».

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Politique

Immigration: Legault reste sourd aux arguments pour une hausse des seuils

Le premier ministre François Legault reste sourd aux arguments de plusieurs groupes d'employeurs qui militent pour une hausse importante des seuils d'immigration.

Qui plus est, il a renvoyé la balle aux entreprises, mercredi, en leur disant qu'elles pouvaient contribuer à régler le problème du manque de personnel en rendant les postes vacants plus attrayants pour les Québécois.

Une consultation publique sur les seuils d'immigration proposés par le gouvernement caquiste pour la période 2020-2022 est en cours à l'Assemblée nationale.

Le gouvernement a abaissé les niveaux d'immigration cette année, les faisant passer de 52 000 à 40 000 personnes le temps de «réparer» le système d'immigration.

Il compte les rehausser progressivement dès l'an prochain pour atteindre environ 52 000 personnes en 2022. La part de l'immigration économique passerait de 58 % en 2017 à 65 % en 2022.

M. Legault fait face à une pression énorme du Québec inc., qui souhaite que l'on augmente ces seuils à au moins 60 000 personnes par année, afin de combler la pénurie de main-d'oeuvre.

Le Conseil du patronat, la Fédération des chambres de commerce du Québec et l'Association Restauration Québec ont notamment défilé devant les députés cette semaine.

Mercredi, à son arrivée à la première réunion du conseil des ministres après la relâche estivale, M. Legault a encouragé les entreprises à améliorer leurs conditions de travail afin de rendre plusieurs postes plus attrayants pour les Québécois.

Le gouvernement, a-t-il assuré, est prêt à faire sa part. «On va aider ces entreprises-là à améliorer leur productivité, être capable d'avoir plus de valeur ajoutée dans leurs emplois et être capable d'offrir des meilleurs salaires pour attirer les Québécois», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Selon l'analyse du premier ministre, dans tous les pays industrialisés, il est de plus en plus difficile de combler les emplois «où il y a moins de valeur ajoutée, qui sont moins bien payés, qui sont à temps partiel, par exemple seulement pour la portion de l'été».

«Il faut comprendre là, si on dit à un Québécois : "Est-ce que vous préférez un emploi à 15 piastres de l'heure ou à 30 piastres de l'heure?", c'est certain qu'il aime mieux un emploi à 30 piastres de l'heure. Donc, ceux qui offrent des emplois à 15 ou même à 12 dollars de l'heure, ils vont avoir de la difficulté.»

Par ailleurs, le premier ministre a de nouveau souligné l'importance pour lui de mieux choisir, intégrer et franciser les immigrants.

Il déplore que le taux de chômage soit plus élevé chez les nouveaux arrivants que dans le reste de la population. L'année dernière, a-t-il ajouté, la moitié des nouveaux arrivants ne parlaient pas français.

«Nous, on est en négociation avec le gouvernement fédéral pour exiger la réussite d'un test de français pour tous les nouveaux arrivants», a-t-il rappelé.

Problème démographique, selon le Conseil du patronat

Le Conseil du patronat fait une tout autre lecture de la situation. Son président, Yves-Thomas Dorval, affirme que les entreprises québécoises font face à un problème qui est démographique.

Ce n'est pas en améliorant les conditions de travail «que ça va créer tout à coup de la population», a-t-il ironisé lors d'une entrevue téléphonique, mercredi.

«Il y a une mathématique incontournable, dit-il. On a moins de personnes qui rentrent sur le marché du travail que de gens qui quittent. Il y a 1,4 million de postes à combler pour les 10 prochaines années. Ce ne sont pas les chiffres du Conseil du patronat, ce sont les chiffres du gouvernement du Québec, des fonctionnaires, des spécialistes, des experts!»

«Il y a un nombre limite de Québécois pour ces postes-là», a-t-il martelé.

M. Dorval affirme que le Québec a besoin d'un minimum de 60 000 immigrants par année pour combler les besoins du marché du travail. «Vous savez, il y a 250 000 entreprises au Québec, et il y en a 90 % qui disent qu'il y a des problèmes de main-d'oeuvre. Il doit y en avoir quelques-uns là-dedans qui ne doivent pas être à côté de la track

Il se demande si le gouvernement est vraiment à l'écoute des groupes qui ont présenté leur avis en commission parlementaire. «Si le gouvernement a déjà fait son nid, alors là, on ne devrait pas faire une consultation, ça ne donne rien», a-t-il renchéri.

De son côté, le porte-parole libéral en matière d'immigration, Monsef Derraji, affirme que le premier ministre est «complètement déconnecté de ce qui se passe sur le terrain».

«Depuis le début des consultations, ce que j'ai entendu, c'est que la main-d'oeuvre n'existe pas au Québec et on part la chercher à l'international. Il n'y a personne qui m'a dit que la main-d'oeuvre existe au Québec et on va la former», a-t-il déclaré en entrevue.

Affaires

Encadrement des agences de crédit: la CAQ déposera un projet de loi

Deux mois après la fuite de données qui a touché 2,7 millions de membres particuliers du Mouvement Desjardins, le gouvernement du Québec entend déposer un projet de loi visant l'encadrement des agences de crédit.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a précisé mercredi matin que le projet de loi pourrait notamment prévoir que tout citoyen ait la possibilité de demander à une agence de crédit d'empêcher que son dossier soit consulté, ce qu'il appelle un verrou de crédit.

«Vous avez été victime de vol d'identité et vous voulez arrêter toute transaction sous votre nom. Vous mettez un verrou. Il ne peut plus y avoir de consultation de votre dossier de crédit à quiconque, à moins de votre consentement. Et le consentement peut être donné par vous, à l'aide de votre téléphone : vous mettez le consentement, vous enlevez le consentement. Il s'agit d'une protection additionnelle qui a été imposée à Equifax à la suite du vol de données aux États-Unis et que nous n'avons pas au Canada» a-t-il précisé en point de presse.

Le ministre Girard a mentionné que le Québec était actuellement la seule province canadienne à ne pas avoir de législation spécifique à de telles agences.

Quant au premier ministre François Legault, il a promis que son gouvernement agirait rapidement.

«Je m'attends à avoir la collaboration de l'opposition, c'est un sujet qu'on a vu dans les médias tout l'été alors je pense que l'opposition est sensible aussi à la nécessité d'agir rapidement», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, dans un communiqué de presse envoyé après sa sortie médiatique, le ministre Girard a indiqué qu'il était satisfait de la façon dont le Mouvement Desjardins gérait la crise reliée au vol de renseignements personnels.

«La situation est gérée de façon adéquate par l'institution financière, sous l'oeil attentif de l'Autorité des marchés financiers. Les actifs financiers des membres sont garantis en cas de fraude», peut-on lire dans le communiqué.

Le ministre des Finances a également mentionné qu'il comprend l'inquiétude des Québécois et qu'il est conscient «qu'ils attendent du gouvernement des améliorations».

Politique

Sport électronique à l'école: la pression s'accentue sur le gouvernement

La montée en popularité du sport électronique («eSport»), qui fait son entrée dans les écoles secondaires, inquiète de plus en plus la classe politique.

Craignant un accroissement de la cyberdépendance et de la sédentarité chez les jeunes, l'opposition libérale sonne l'alerte et demande au gouvernement Legault d'intervenir.

Dans un premier temps, les députés libéraux André Fortin et Enrico Ciccone ont rappelé, mardi, l'importance de documenter ce phénomène nouveau et d'en mesurer l'ampleur au Québec.

Ils souhaiteraient donc entendre en commission parlementaire des experts aptes à se prononcer sur les impacts des technologies chez les jeunes.

Pour bien des parents, «la gestion du temps d'écran» autorisé à leurs enfants est devenue un enjeu quotidien, a illustré le député André Fortin.

L'opposition libérale est particulièrement inquiète de voir surgir un nouveau phénomène : les écoles secondaires qui offrent des programmes de sport électronique «eSport».

Porte-parole sur les questions de sport et de saines habitudes de vie, le député Enrico Ciccone a noté que les jeunes étaient de plus en plus sédentaires et que c'était le devoir du gouvernement de combattre ce phénomène.

Selon les députés libéraux, le gouvernement s'est montré passif dans ce dossier jusqu'à maintenant.

«Je ne comprends pas la position du gouvernement», a dit le député André Fortin, qui estime que le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, cautionne les programmes de sport électronique, jusqu'à nouvel ordre.

«On doit faire bouger nos jeunes», a renchéri Enrico Ciccone, convaincu que ce type d'activité numérique «crée une dépendance, c'est clair».

«Le "eSport", ce n'est pas du sport», a-t-il clamé, inquiet du «silence radio» du ministre Roberge dans ce dossier.

Les libéraux réclament non pas une interdiction, mais un encadrement approprié des jeux vidéos à l'école, à l'approche de la rentrée scolaire.

«On est allé trop vite» dans ce dossier, selon M. Ciccone.

Politique

Impôt unique: le syndicat de l’Agence du revenu du Canada en campagne contre les conservateurs

OTTAWA — Le syndicat qui représente les employés de l'Agence du revenu du Canada (ARC) lance une campagne pour dénoncer la «promesse populiste» des conservateurs de mettre en place une déclaration de revenus unique au Québec, administrée par Revenu Québec.

Le président du Syndicat des employé-e-s de l'Impôt (SEI), Marc Brière, s'inquiète de l'avenir de ses membres si le Parti conservateur du Canada forme le gouvernement cet automne.

M. Brière soutient que la proposition d'instaurer une déclaration de revenus unique éliminerait 5500 emplois de l'ARC à travers la province, dont 1200 dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et 1500 en Mauricie.

Même le premier ministre du Québec, François Legault, qui plaide pour une déclaration de revenus unique, a reconnu qu'il y aurait de nombreuses pertes d'emplois.

Mais le chef conservateur Andrew Scheer a soutenu que la transition se ferait sans pertes d'emplois. Les travailleurs actuels de l'ARC pourraient s'attaquer à l'évasion fiscale, a-t-il notamment évoqué.

«C'est complètement ridicule, critique M. Brière. Ou bien ils ne savent pas de quoi ils parlent ou bien ils mentent à la population. C'est l'un ou l'autre.»

Le président du SEI explique qu'il faut détenir un baccalauréat universitaire et réussir plusieurs cours en fiscalité pour travailler à l'ARC comme vérificateur spécialisé dans la lutte à l'évasion fiscale.

«J'aimerais ça, moi aussi, que mes membres retrouvent leur job demain matin, mais je ne peux pas dire ça parce que c'est de la bullshit», critique-t-il.

Une idée qui fait son chemin

Le Québec est la seule province qui doit remplir deux déclarations de revenus. La partie fédérale est traitée par l'ARC, alors que la partie provinciale est réservée à Revenu Québec.

Les particuliers des autres provinces n'ont qu'à produire la déclaration fédérale.

Or, l'idée que le Québec ne produise qu'une seule déclaration de revenus — québécoise — a fait son chemin depuis que l'Assemblée nationale a voté en faveur de cette idée de façon unanime en 2018.

Aussitôt élu au gouvernement, le premier ministre Legault a tenté d'obtenir l'appui des partis fédéraux à cette idée. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé net, alors que M. Scheer et le Bloc québécois sont favorables à cette avenue.

Le Nouveau Parti démocratique appuyait l'idée d'une déclaration unique, avant de faire volte-face en janvier dernier après des discussions avec des représentants syndicaux.

Tout comme la TPS

Le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Alain Rayes, compare le débat sur la déclaration de revenus unique à celui sur la taxe sur les produits et services (TPS).

La TPS était tout aussi controversée lors de son introduction par le premier ministre Brian Mulroney en 1991 et a contribué à sa défaite à l'époque.

Le Québec est la seule province qui gère à la fois la TPS fédérale et la taxe de vente du Québec (TVQ) provinciale.

M. Rayes demeure bien déterminé à mener à bien une déclaration unique gérée par Québec. «C'est une promesse phare de notre programme et on a bien l'intention de la réaliser», dit-il.

Quant aux possibles pertes d'emplois à Shawinigan et à Jonquière — là on l'on retrouve les centres fiscaux de l'ARC —, le conservateur dit qu'il ne peut «jamais rien garantir», mais que ce n'est pas l'«objectif» recherché.

Le SEI promet de dénoncer la promesse conservatrice dans des publicités à la radio en Mauricie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu'au 31 août. Des publicités ciblées se retrouveront aussi dans les journaux et les médias sociaux.

Le syndicat est affilié à l'Alliance de la fonction publique du Canada, qui s'est enregistrée comme tiers parti en vertu des nouvelles règles d'Élections Canada.

Politique

Immigration: une vision «réductrice» de la CAQ

La nouvelle façon de sélectionner les immigrants risque de favoriser la venue d’hommes européens blancs et francophones au Québec, au détriment d’une immigration variée et multiculturelle, craint un regroupement d’organismes communautaires.

«La vision de l’immigration est un peu simpliste. […] On oublie qu’on parle aussi de personnes», commente Veronica Islas, représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui regroupe environ 150 organismes.

De passage lundi en commission parlementaire pour discuter de la planification de l’immigration 2020-2022, Mme Islas et ses collègues Eva Lopez et Dominique Lachance ont critiqué la vision «réductrice» et «utilitariste» que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) semble avoir de l’immigration. Selon elles, vouloir se servir des nouveaux arrivants seulement pour combler les besoins de main-d’œuvre des entreprises entraînera une immigration plus homogène au Québec. 

Moins de femmes

La TCRI dénonce la volonté du gouvernement de hausser seulement le nombre d’immigrants économiques, laissant de côté les réfugiés et les personnes qui profitent de la réunification familiale. Ces deux catégories d’immigration seraient gelées jusqu’en 2022 selon le plan de la CAQ. 

«On les considère comme un fardeau», déplore Mme Lachance. La directrice du Centre multiethnique de Québec explique qu’on doit plutôt considérer les réfugiés comme un apport économique au Québec, étant donné que ceux-ci finissent pas payer des impôts qui surpassent les prestations et les services d’aide reçus. «C’est peut-être un peu plus long, mais c’est un investissement à long terme» pour la société, croit-elle. Surtout que les réfugiés ont tendance à rester davantage au Québec que les immigrants économiques, qui sont plus mobiles. 

La TCRI est d’avis que le plan d’immigration proposé par la CAQ fera en sorte qu’au final, moins de femmes immigreront au Québec, étant donné qu’elles sont plus nombreuses dans la catégorie du regroupement familial (58 %). «La femme va devoir attendre longtemps avant d’aller rejoindre son mari», redoute Mme Lopez. Souvent, «cette absence est très difficile à tenir» pour le conjoint qui est déjà arrivé dans son pays d’accueil et qui occupe un emploi.

«Privatisation» 

Le fait que les employeurs vont dorénavant pouvoir sélectionner à l’international les travailleurs dont ils ont besoin risque également de changer la donne selon la TCRI, qui craint une «privatisation» de l’immigration. À ce chapitre, le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette a soutenu que le gouvernement du Québec gardera le pouvoir de sélectionner ses immigrants et qu’il n’y aura pas de privatisation. «Je vous rassure, on n’est pas là du tout.»

«Ce nouveau modèle ne va-t-il pas conduire à choisir des immigrants européens et blancs, allant à l’encontre de décennies de diversification régionale et culturelle de l’immigration?» s’inquiète le regroupement dans son mémoire. 

Parce que selon Mme Lopez, dans le monde du travail, «il y a de la discrimination, il y a du racisme, il faut pas se le cacher». Par exemple, elle rencontre souvent des immigrants qui changent de prénom sur leur CV pour avoir une chance d’être convoqués en entrevue.

Nouveau plan de match

Rappelons que la CAQ a abaissé les seuils d’immigration au Québec à 40 000 personnes en 2019, afin de «réparer» le système d’immigration, indique le ministre Jolin-Barrette. Rehausser les seuils à 52 000 personnes équivaut à un retour en 2022 au nombre d’immigrants qui prévalait en 2018 sous les libéraux de Philippe Couillard.

La consultation générale sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2020-2022 se déroule toute la semaine à l’Assemblée nationale. Les parlementaires entendront les commentaires de 31 groupes d’ici jeudi. Le gouvernement a ensuite jusqu’au 1er novembre pour livrer son plan de match final pour les trois prochaines années.

Politique

Maxime Bernier pas invité aux débats des chefs

OTTAWA — La commission mise sur pied par le gouvernement pour gérer deux débats des chefs — un en anglais et un en français — pendant la prochaine campagne électorale n'invite pas Maxime Bernier à participer à l'exercice; du moins pas encore.

Dans un communiqué publié lundi après-midi, le commissaire David Johnston annonce que les chefs bloquiste, conservateur, néo-démocrate, libéral et du Parti vert sont attendus à ces débats qui auront lieu en octobre.

Le commissaire dit ne pas avoir encore décidé si M. Bernier, chef du Parti populaire du Canada (PPC), répond à deux des trois critères d'admission nécessaires pour se joindre aux débats.

Ces trois critères, les voici: le parti doit présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions le 21 octobre, le parti doit être représenté aux Communes par un député étant élu sous la bannière du parti, les candidats du parti ont «une véritable possibilité» d'être élus ou ils ont eu, dans une élection générale passée, au moins 4 % des votes.

Comme le PPC est un tout nouveau parti, les deux derniers critères lui sont difficiles à remplir.

«Pour le moment, la Commission n'a pas reçu suffisamment de preuves lui permettant de conclure que le Parti populaire du Canada a une possibilité réelle de faire élire plus d'un candidat au cours de la prochaine élection fédérale», peut-on lire dans le communiqué de la commission.

M. Bernier s'est dit «très déçu» par cette «décision préliminaire».

«La Commission semble s'être basée uniquement sur des sondages, et ne pas avoir tenu compte du contexte politique récent», écrit le chef du PPC dans un communiqué diffusé en fin de journée.

M. Bernier souligne que dans une lettre envoyée à la commission le mois dernier, il a argué que l'histoire récente dans d'autres démocraties occidentales démontre qu'un parti populiste, même fondé depuis peu, a «d'excellentes chances» de croître rapidement et de faire élire des candidats.

Le PPC a l'intention de continuer à présenter ses arguments à la commission qui l'écoutera jusqu'au 9 septembre.

La liste définitive d'invitations sera publiée le 16 septembre.

Déjà, Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet et Elizabeth May ont annoncé qu'ils seraient des deux débats de la commission, le débat anglais du 7 octobre et le débat français du 10 octobre.

D'autres débats des chefs sont tenus par des institutions distinctes.

Le débat Munk, par exemple, se concentre sur la politique étrangère des chefs de partis. M. Bernier n'a pas reçu d'invitation pour celui-là non plus, ce qu'il a vertement dénoncé la semaine dernière.

Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer, lui, s'est empressé d'annoncer qu'il serait au débat Munk. Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh consulte encore son calendrier de campagne avant de s'engager pour ce débat. Et au Parti libéral du Canada, on indique que M. Trudeau, pour l'instant, n'a pris d'engagements que pour les deux débats de la commission.

Politique

Congrès-Jeunes du PLQ: le virage nationaliste du parti s'annonce modéré

Le virage nationaliste qu'entend prendre le Parti libéral du Québec (PLQ) en vue de reconquérir l'électorat francophone s'annonce modéré.

Il n'est donc pas question de raviver les cinq conditions posées par le gouvernement libéral de Robert Bourassa, dans les années 1980, pour signer l'accord constitutionnel du Lac Meech, encore moins de dépoussiérer le rapport Allaire, adopté par le PLQ en 1991, et prônant une décentralisation jamais vue des pouvoirs, incluant le contrôle exclusif de 22 champs de compétence.

On ne prévoit pas davantage rouvrir les plaies du débat linguistique en donnant plus de mordant à la loi 101.

Ce qui se trame présentement au PLQ est beaucoup plus modeste.

«On n'est pas rendu là du tout», a convenu le chef par intérim, Pierre Arcand, en point de presse, au terme du congrès annuel de l'aile jeunesse du parti, un événement axé sur la protection de l'environnement, mais surtout sur un repositionnement du parti en faveur d'un nationalisme plus affirmé.

Jusqu'à nouvel ordre, le parti voudra plutôt se contenter d'afficher une forme de «leadership québécois à l'intérieur du Canada», a-t-il résumé.

Il revendique pour son parti «un nationalisme plus rassembleur» que celui prôné par le gouvernement caquiste, car le PLQ est le «parti des libertés» individuelles et ne vise pas à «enlever des droits» à quiconque.

Réunis en congrès, les jeunes militants libéraux ont adopté une série de résolutions visant à donner un visage plus nationaliste à leur formation politique, que les francophones ont largement boudée lors du dernier scrutin en octobre dernier.

Interculturalisme

Après un débat animé, les jeunes libéraux ont finalement souscrit à 68 % à l'idée de voir un éventuel gouvernement libéral adopter une loi prônant le modèle de l'interculturalisme pour favoriser l'intégration des immigrants à la majorité francophone.

Pour gagner l'adhésion des militants, le président de la commission-jeunesse du parti, Stéphane Stril, a fait valoir au micro que l'interculturalisme ne remettait aucunement en question les droits des minorités, ni les libertés individuelles.

Certains jeunes ont pris la parole pour dire qu'ils craignaient l'interculturalisme, préférant le modèle du multiculturalisme à la canadienne.

En gros, l'interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Quant à lui, le chef par intérim, Pierre Arcand, n'a pas voulu se prononcer sur le sujet, préférant attendre «de consulter le caucus» des députés.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne et candidate au leadership, Dominique Anglade, a endossé la position des jeunes et annoncé qu'une telle loi ferait partie de sa plateforme électorale.

Politique

Lancement de la campagne du Parti Rhinocéros: des hot-dogs et des promesses

MONTRÉAL — Le Parti Rhinocéros a lancé sa campagne électorale samedi, devant la plage de Verdun à Montréal.

Le parti compte sur le désenchantement des citoyens pour tenter de faire élire un premier député.

Devant un kiosque, près de la plage urbaine de Verdun, «Rhino» Jacques Bélanger, candidat dans Lasalle-Émard-Verdun, distribue des hot-dogs, des poignées de main et des promesses, beaucoup de promesses.

«On vous promet deux fois plus de promesses que les autres partis», lance-t-il devant quelques passants curieux.

Rhino Jacques promet de «transformer le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine en lave-auto gratuit» ou encore «une éducation plus élevée des Canadiens en construisant les écoles plus hautes».

Le candidat affirme qu’il veut rallier les «désintéressés de la politique».

«Il y a une montée du cynisme, des gens qui se désintéressent. On est la réponse à ça. On ridiculise les ridicules, c’est un moyen d’intéresser les désintéressés.»

Le Parti Rhinocéros dit aussi vouloir recruter le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier:

«Un clown comme ça, c’est un talent qui ne doit pas se perdre, on veut le recruter», précise Jacques Bélanger.

Au niveau de l’environnement, les Rhinocéros veulent plus de voitures vertes; des vertes foncées, des vertes pâles et des vertes fluo. D’ailleurs, le parti souhaite que le vert fluo devienne la couleur nationale du Canada.

Une dizaine de candidats s’étaient déplacés près de la plage de Verdun pour le lancement de la campagne. Le chef du parti, Sébastien «CoRhino» - Corriveau, de son vrai nom - a annoncé «qu’entre 80 et 100 candidats se présenteront dans neuf des 10 provinces canadiennes.»

«Le Parti Rhinocéros est reparti pour vrai. Les 30 dernières années ont été difficiles, il y a eu une renaissance en 2006, mais il y avait des candidats seulement à Montréal. Mais cette année, on a des candidats dans tout le pays», a-t-il déclaré devant un lutrin pendant qu’un de ces candidats, derrière lui, allumait une pipe remplie de cannabis.

Même s’il propose des idées qui pourraient tenter plusieurs citoyens, comme une journée de congé après chaque jour férié, le Parti Rhinocéros n’a jamais réussi à faire élire un député. Mais Sébastien CoRhino compte remédier à la situation. Il se présentera contre le ministre libéral Jean-Yves Duclos dans la circonscription de Québec.

«C’est un ministre libéral qui a eu 29 pour cent du vote. Pouvez-vous croire qu’il a gagné alors que 71 pour cent des électeurs n’ont pas voté pour lui? Je vous annonce que je vais battre le ministre libéral. Jean-Yves Duclos, tu es dans le clos!» a-t-il lancé sous les applaudissements des autres candidats.

Le Parti Rhinocéros a été créé par l’écrivain Jacques Ferron en 1963. Au fil du temps, des personnalités publiques comme Michel Rivard, Simonne Monet-Chartrand, Victor-Lévy Beaulieu, Robert Charlebois, Gaston Miron ou encore Raoul Duguay ont été candidat pour cette formation politique qui compte gagner les élections fédérales, notamment «en distribuant beaucoup de hot-dogs».

POLITIQUE

Congrès-Jeunes du PLQ : le virage plus nationaliste du parti prend forme

Le virage plus nationaliste du Parti libéral du Québec (PLQ) commence à prendre forme, sur fond de reconnaissance des erreurs du passé.

Dans les rangs libéraux, certains admettent désormais ouvertement que l’ancien gouvernement Couillard n’a pas suffisamment mis de l’avant la spécificité québécoise et qu’il faut résolument aller de ce côté pour espérer reconquérir le cœur des électeurs francophones.

Autour du concept d’interculturalisme, les libéraux ont entrepris de donner au parti une couleur plus identitaire, axée sur une défense plus musclée de la langue française et sur l’affirmation de la différence québécoise.

L’enjeu fait partie des sujets à l’ordre du jour du congrès-jeunes du PLQ, qui se tient tout le week-end à l’Université Laval, à Québec. Une des résolutions à l’étude porte sur la pertinence d’adopter une loi proclamant l’interculturalisme comme modèle en vigueur au Québec pour favoriser l’intégration des immigrants à la majorité francophone.

L’idée de donner un encadrement législatif au concept d’interculturalisme, d’abord proposée par la commission Bouchard-Taylor, il y a une dizaine d’années, avait été reprise par le gouvernement Couillard, qui en avait fait un engagement sans toutefois y donner suite.

Le 37e congrès de l’aile jeunesse du PLQ devrait réunir quelque 400 jeunes militants appelés à prendre position sur divers sujets, dont la promotion d’une économie verte.

Plusieurs députés libéraux, de même que le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, sont aussi présents sur les lieux.

Lors du dernier scrutin, l’électorat francophone a boudé massivement le PLQ, qui a été chassé du pouvoir et pratiquement décimé à l’extérieur de la région de Montréal.

Or, pour regagner l’appui des électeurs, le parti «doit montrer aux Québécois francophones son intérêt plus élevé sur des questions comme la question de la langue, les efforts qu’on fait sur le plan culturel», a commenté en mêlée de presse M. Arcand, samedi matin.

Les libéraux doivent montrer qu’on est «très Québécois, au sens le plus large», selon lui.

Le député de Lapinière, Gaétan Barrette, est allé plus loin en estimant que le gouvernement Couillard n’avait «pas été au diapason avec la population québécoise» sur le plan identitaire.

Il reproche au gouvernement précédent, dont il faisait partie, de ne pas s’être imposé «avec assez d’affirmation sur ce plan-là».

Du même souffle, il rejette catégoriquement le modèle du multiculturalisme à la canadienne, pourtant vanté ces derniers jours par un des officiers du parti.

Il s’opposera mordicus à tous ceux qui sont prêts à prétendre que la culture québécoise en est une parmi tant d’autres. «Ce n’est pas une chose à laquelle j’adhérerai, jamais», prévient l’ancien ministre de la Santé, qui se dit toujours en réflexion sur son éventuelle candidature pour devenir chef du PLQ.

M. Barrette réagissait à la position contraire défendue récemment par le président de la Commission des communautés culturelles du parti, Mohammed Barhone, une position qui a créé un malaise certain au sein des troupes libérales.

Défenseur du multiculturalisme, M. Barhone a dit être fermement opposé à la proposition formulée par les jeunes libéraux en faveur de l’interculturalisme, car elle créerait selon lui «une hiérarchie entre Québécois».

Ses propos «n’engageaient que lui», a répliqué de son côté M. Arcand, affirmant que ce n’était pas là la position de son parti.

«M. Barhone n’a pas exprimé ce que le parti pense actuellement au niveau de l’interculturalisme», a-t-il observé.

L’idée de faire prendre au parti un virage nationaliste et d’adopter une loi sur l’interculturalisme plaît aussi à la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, potentielle candidate à la succession de Philippe Couillard.

À propos du modèle d’interculturalisme «pourquoi on ne voit pas plus loin, puis on l’enchâsse dans un texte de loi à caractère beaucoup plus fondamental», a-t-elle commenté en mêlée de presse.

Mme Rizqy a ajouté qu’il ne fallait pas craindre d’éventuelles contestations judiciaires en vertu de la Charte canadienne des droits.

La seule candidate au leadership pour le moment, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade, a qualifié la position des jeunes sur l’interculturalisme «d’extrêmement intéressante».

Selon elle, voilà une notion qu’il convient de «pousser davantage», mais elle refuse de se prononcer sur la pertinence de l’enchâsser dans une loi.

En gros, l’interculturalisme peut se définir comme un modèle qui privilégie une identité collective commune, sans pour autant nier les différences des groupes qui composent la société, tandis que le multiculturalisme fait la promotion de la diversité ethnique.

Développement durable

En matière de protection de l’environnement, les jeunes libéraux ont adopté toute une série de résolutions, souscrivant au ton alarmiste de leurs dirigeants.

Ils proposent notamment de doter le Québec d’une loi sur l’engagement climatique, qui viserait à contraindre le gouvernement en place à respecter ses engagements relatifs à la lutte aux gaz à effet de serre (GES).

Un gouvernement libéral devrait aussi déclarer «l’état d’urgence climatique», créer une Banque québécoise du climat et miser davantage sur les technologies vertes. La taxe de vente (TVQ) serait abolie sur les technologies vertes afin d’inciter les achats écoresponsables.

Politique

Marwah Rizqy sera candidate à la chefferie du Parti libéral

Élue depuis moins d’un an, la députée Marwah Rizqy a confirmé vendredi qu’elle se lancera cet automne dans la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Je ne suis pas en course officiellement. Mais les gens savent que j’ai un intérêt sérieux et je suis en précourse en ce moment», explique-t-elle au Soleil.

La fiscaliste et femme politique de 34 ans est d’avis que «rien ne sert de se presser». C’est pourquoi son lancement officiel de campagne aura lieu «au cours de l’automne». 

Vendredi matin, Mme Rizqy avait d’abord confirmé sa candidature imminente en entrevue à la webradio QUB. 

À la fin juin, la députée libérale Dominique Anglade s’est lancée la première dans la course au leadership de ce parti qui a connu l’une de ses pires dégelée le 1er octobre 2018. Celle qui a été ministre de l’Économie sous Philippe Couillard profite de l’été pour faire une tournée des régions. 

«On ne fait pas une course contre qui que ce soit. Alors notre calendrier est établi en fonction de notre stratégie à nous», affirme Mme Rizqy. Reste que la députée serre également plusieurs mains au cours de sa propre précampagne estivale. 

Comme plusieurs de ses collègues, elle sera à l’écoute des idées des jeunes libéraux, qui tiennent leur congrès à l’Université Laval, à Québec, au cours de la fin de semaine. «Notre aile jeunesse est très forte, très en santé. Il faut leur donner leur place», croit Mme Rizqy. 

Appuis inconnus

La députée refuse pour l’instant de dévoiler ses appuis ou son équipe de campagne. De son côté, Mme Anglade peut compter sur l’appui officiel de sept élus libéraux, soit Carlos Leitão, Hélène David, Kathleen Weil, Monique Sauvé, David Birnbaum, Saul Polo et Frantz Benjamin. 

La députée Marie Montpetit songe également à se lancer dans la course à la succession de Philippe Couillard, mais n’a pas encore pris de décision. Depuis sa création il y a 150 ans, le PLQ n’a jamais eu de femme à sa tête. 

La course au leadership du PLQ sera lancée en novembre et l’élection du nouveau ou de la nouvelle chef aura lieu en mai 2020.