Éducation

Frais scolaires: les parents réclament une facture unique

Pour arriver à faire «le ménage» dans les frais scolaires au primaire et au secondaire, les parents du Québec réclament une facture unique, très détaillée et envoyée en un seul bloc.

«On veut que ce soit aussi clair qu’une facture de chez Wal-Mart», illustre Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents (FCPQ). À l’heure actuelle, des parents peuvent recevoir de la part de l’école de leur enfant trois factures ou plus par année, pour les photocopies, les sorties scolaires, les frais de transport, de surveillance, etc.

En conférence de presse lundi, la FCPQ a présenté les balises qui permettraient d’établir un «plancher de gratuité» scolaire, à temps pour la rentrée 2018. Pour qu’un frais passe la rampe et soit facturé, il ne devrait pas viser la recherche de profits ou «compenser une coupure de subvention». Il devrait aussi être «un frais direct, supplémentaire et significatif», qui ne vise que l’élève. 

SHERBROOKE

Évelyne Beaudin: «Ça m'inquiète énormément»

La conseillère Évelyne Beaudin n’a pas apprécié du tout le peu d’information donnée par Steve Lussier dimanche lors d’un point de presse où le maire de Sherbrooke a présenté ses excuses à son ancien directeur de cabinet Daniel Bergeron.

« J’ai encore plusieurs questions sans réponse, note-t-elle. Est-ce que ç’a coûté quelque chose aux contribuables? Est-ce qu’il y avait effectivement un enregistrement? Est-ce qu’il a été détruit? Et tout cela mène à la question principale : qui prend les décisions à l’hôtel de ville? Est-ce que le maire est en contrôle ou c’est son entourage? Ça m’inquiète énormément. »

Lire aussi: Steve Lussier présente ses excuses à Daniel Bergeron

Lussier et Bergeron devant les médias


Mme Beaudin s’est dite également préoccupée par le silence du maire devant les questions des journalistes.

« Ils veulent tourner la page, mais le sujet n’est pas épuisé. On aurait pu l’épuiser s’ils avaient bien voulu répondre aux questions. Il va falloir que ses bottines suivent ses babines. Une des choses qu’on a le plus reprochées à Bernard Sévigny, c’est justement de bloquer de l’information à des journalistes et de refuser de répondre à des questions. Ce n’est pas après un mois seulement à la mairie que Steve Lussier peut se permettre de faire ça. »

« J’invite les journalistes à continuer à poser des questions parce qu’en ce moment nous n’avons pas les réponses, ajoute-t-elle. Pour moi, tant que le sujet n’est pas vidé, on ne pourra pas passer à autre chose. S’il avait accepté de répondre aux questions, on pourrait déjà travailler sur des dossiers plus importants. »

Bien s’entourer

C’est un point de vue qui est partagé par le citoyen Pascal Cyr qui a été mêlé à cette histoire.

« On reproche à Évelyne Beaudin d’utiliser l’argent des contribuables, mais eux aussi doivent être transparents. Ils auraient dû répondre à savoir si oui ou non il y a une entente financière et si les citoyens ont déboursé quelque chose. »

« Il s’est excusé et ça prouve que c’est quelqu’un d’honnête et quelqu’un qui est capable de reconnaître ses torts, estime tout de même M. Cyr. Je ne veux pas lui jeter le blâme, mais je l’invite à prendre le temps de bien s’entourer, c’est la force des bons dirigeants. Il devrait par exemple faire appel à quelqu’un d’expérience comme Louise Allard qui a été directrice de cabinet pendant plusieurs années. »

Mme Beaudin estime qu’il sera très difficile pour le conseil municipal de représenter adéquatement les citoyens tant que cette histoire ne sera pas réglée.

« Ma confiance envers le maire est ébranlée et celle de mes collègues aussi, explique-t-elle. C’est le conseil municipal au complet qui est paralysé tant qu’on ne sait pas si on peut lui faire confiance. »

« Ce que cette histoire démontre, c’est qu’il y a clairement un groupe de personnes qui se rassemble, tout comme le ferait un parti politique. Et ça me donne toutes les raisons du monde de former une opposition, même si je n’aime pas ce mot-là. Il faut qu’il y ait plus qu’une voix politique qui soit entendue à l’hôtel de ville. Il ne faut pas tout laisser entre les mains du cabinet de la mairie. »

Les autres élus discrets

Nicole Bergeron, conseillère et présidente du comité exécutif, s’est abstenue de tout commentaire. Elle préfère parler avec les membres du conseil avant de faire une sortie dans les médias.

Annie Godbout, conseillère du district Rock Forest, s’est permis de critiquer le point de presse du maire.

« Je ne sais pas quel était l’objectif du point de presse de ce matin, mais il en ressort plus de questions que de réponse », souligne-t-elle.

Santé

Entente entre Barrette et les compagnies ambulancières

En conflit ouvert depuis plusieurs mois, le ministre de la Santé Gaétan Barrette et la Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ) ont rangé les armes lundi en signant une entente de financement. Reste maintenant à s’entendre avec les ambulanciers.

Le ministre Barrette avait évoqué le recours à une loi spéciale la semaine dernière, un moyen qu’il n’aura finalement pas utilisé. Par voie de communiqué, M. Barrette s’est dit «heureux» de ce dénouement. Son ministère s’était déjà entendu avec Urgences-santé en août, et avec la Coalition québécoise des entreprises ambulancières en octobre. M. Barrette précise que cette dernière entente respecte les mêmes paramètres. 

La CSAQ, qui représente environ 330 propriétaires de permis d’ambulance répartis un peu partout au Québec, explique qu’elle a fait «d’importantes concessions pour que ce long processus vienne à son terme». Elle a accepté de laisser tomber 2 recours judiciaires contre le gouvernement, mais elle conserve le droit de s’adresser aux tribunaux sur la question du nouveau mode de financement.

Reprise des négos

Cette entente a aussitôt déclenché lundi une reprise de négociations avec les employés syndiqués. «Un défi important», selon Sébastien Toussaint, président de la CSAQ, qui dit devoir négocier avec «des ressources diminuées». 

«Il n’y a pas de raison que ça traîne», a pour sa part commenté Jean Gagnon, responsable du secteur pré-hospitalier à la CSN. Une entente de principe a déjà été conclue avec Urgences-santé l’été dernier sur les salaires et les avantages sociaux, et selon lui, tous les ambulanciers du Québec devraient avoir droit aux mêmes conditions de travail. «Ça fait 30 ans qu’in a les mêmes salaires», a-t-il plaidé en entrevue. 

Les ambulanciers du Québec sont sans convention collective depuis deux ans. Il y a 9 mois, plusieurs d’entre eux ont déclenché une grève générale illimitée. Ils n’ont pas diminué leurs services  à la population, mais ils ont arrêté de laver les véhicules, les ont peint ou recouvert d’autocollants et surtout, ils ont arrêté de remplir les documents servant à la facturation. Il s’agit du plus long conflit de travail que cette industrie ait vécu. 

Les tensions entre les compagnies ambulancières et le gouvernement remontent quant à elle à la révision du mode de financement, annoncée en 2016. Le ministère de la Santé exige une meilleure reddition de compte de la part de ces compagnies. 

Politique

Les ministres des Finances se rencontrent à Ottawa

OTTAWA - Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, se dit prêt à faire preuve de flexibilité pour le partage des revenus de la taxe d'accises sur la marijuana, tandis que ses homologues provinciaux espèrent repartir avec une entente.

Ils sont réunis à Ottawa lundi pour leur rencontre bisannuelle. Le partage des revenus générés par la légalisation de la marijuana risque d'accaparer une bonne partie des discussions.
Les provinces et territoires estiment que l'essentiel de ces revenus leur appartient puisqu'ils devront éponger la plus grande partie des coûts associés à la légalisation, notamment en ce qui concerne les forces de l'ordre, l'achalandage des tribunaux, la sécurité sur les routes et les campagnes de sensibilisation du public.
Ottawa avait d'abord offert un partage équivalent des revenus de cette taxe, mais semble maintenant disposé à l'augmenter. M. Morneau insiste qu'une part de cet argent devrait être remis par les provinces aux municipalités qui réclament elles aussi leur juste part.
Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, et son homologue du Manitoba ont affirmé à leur arrivée lundi que c'est aux provinces de négocier avec leurs municipalités et non à Ottawa de s'en mêler.

Politique

Une résidence pour aînés sur deux sans gicleurs, dénonce la CAQ

Environ la moitié des résidences pour personnes âgées du Québec ne possèdent toujours pas de gicleurs contre les incendies. Leurs propriétaires n’en ont pas les moyens malgré la disponibilité de subventions, déplore la Coalition avenir Québec, qui réclame des assouplissements au programme.

La CAQ a demandé un décompte en octobre et a découvert que 926 résidences pour aînés peuvent compter sur des gicleurs alors que 902 n’en ont pas. La Régie du bâtiment du Québec leur donne jusqu’en 2020 pour s’équiper et le ministère de la Santé et des Services sociaux a prévu de l’aide financière pour les aider, après le tragique incendie de l’Isle-Verte qui a fait 32 victimes.

Mais l’argent est versé au compte-gouttes. À peine 1 165 990 $ sont engagés depuis la mise sur pied du programme en 2015, sur un budget prévu de 116 millions $. 

«Les modalités d’application posent problème. On demande aux petits propriétaires d’assumer la totalité du déboursé et ensuite la subvention vient trop tard, lorsque les travaux sont complétés. Elle s’échelonne sur cinq ans à deux versements par année», résume François Paradis, porte-parole en matière de santé et d’aînés pour la CAQ. 

Le député de Lévis a été sensibilisé par des propriétaires de résidences pour personnes âgées qui n’ont pas suffisamment de revenus pour payer les travaux qui coûtent en moyenne 50 000 à 200 000 $ et qui, pour les mêmes raisons, n’ont pas accès à des prêts auprès des institutions financières. 

Programme «trop sévère»

Bertrand Chabot, propriétaire de la Résidence familiale des aînés de Portneuf qui compte une dizaine de résidents, ajoute que «beaucoup de choses ne sont pas incluses dans la subvention», comme les frais d’architectes et d’ingénieurs par exemple. Dans son cas, l’installation de gicleurs est estimée à 68 000 $ et il pense récupérer moins que le tiers de cette somme, même si théoriquement ses dépenses devraient être remboursées à 60 %. 

«Tous les propriétaires sont d’accord pour les gicleurs. On trouve que le programme est trop sévère, qu’on enlève le droit à la sécurité des personnes âgées. On parle de la vie des gens, pas de patates en poudre!» s’exclame-t-il. 

Pour aider les uns comme les autres, la CAQ demande au gouvernement libéral d’accorder les subventions plus rapidement, en fait dès que les propriétaires ont en main des plans et devis signés par un ingénieur et qu’ils ont accepté la soumission d’un entrepreneur certifié. Des contrôles pourraient ensuite être effectués pour s’assurer que l’argent public soit bien investi. 

En entrevue dimanche après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a accusé la CAQ de faire des «manoeuvres politiques», car le gouvernement mène des consultations depuis cet automne en vue d’une mise à jour du programme, qui sera annoncée en janvier.

M. Barrette n’a pas pu donner de détails sur cette mise à jour pour l’instant, mais il a assuré que tous les acteurs du milieu avaient été consultés. «Je vous dirais qu’on donne suite de façon très significative aux demandes qu’on nous a faites, on comprend la problématique», a-t-il indiqué.  Avec La Presse canadienne

Politique

Option nationale dit oui à Québec solidaire

Les militants d’Option nationale, du moins ceux ayant enregistré leur vote, ont approuvé à 90,7 % la fusion avec Québec solidaire, dimanche.

Environ 300 membres s’étaient annoncés pour ce congrès extraordinaire tenu à l’Université Laval. Finalement, 209 ont voté: 186 pour et 19 contre, plus 4 bulletins annulés ou rejetés.

Quarante-trois membres de longue date ont également quitté avec fracas lors de la plénière sur l’entente de principe au début de l’après-midi. Ils ont dénoncé un «noyautage» pro-fusion par de nouveaux et d’anciens militants ayant pris récemment leur carte de membre et annoncé leur intention de fonder un nouveau parti indépendantiste avec le même programme qu’Option nationale, voire le même nom. 

Au moment d’annoncer le résultat du vote, un peu après 17h, le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, a tout de même salué un «résultat clair». Devant les journalistes quelques minutes plus tard, il a ajouté les qualificatifs «affirmé, positif, enthousiaste». 

«Je pense que nous écrivons aujourd’hui une page d’histoire dans le mouvement indépendantiste, qui inspire les moments de grands débuts», a-t-il lancé, dressant un parallèle avec les années 60. 

Selon l’entente convenue, ON devient un collectif à l’intérieur de Québec solidaire, qui fera la part belle à l’indépendance dans son programme politique. 

M. Zanetti a prédit une remontée des appuis pour la cause indépendantiste puisque la gauche parlera d’une même voix et que «justement on va se remettre à faire la promotion de l’indépendance aux élections». Et ce dès 2018. 

Le chef, dont la démission a été demandée par une cinquantaine d’opposants à la fusion avec QS, a accusé ses détracteurs de vouloir attirer l’attention des médias. «Il pouvait être prévisible que ceux qui étaient en défaveur de la fusion, sentant qu’ils n’allaient pas remporter le vote, décident qu’ils allaient faire comme ça un espèce de baroud d’honneur. […] C’est une quarantaine de personnes sur un congrès de 300 personnes. Ça n’aurait pas influencé le vote, même s’ils étaient restés et avaient voté tous contre», a-t-il analysé. 

«Je trouve ça vraiment dommage de partir de cette façon-là, de partir en essayant de couler le navire pour se faire du capital politique et ensuite de fonder un autre parti», a poursuivi le chef. Bien qu’il ait lui-même comparé le changement à un «deuil». 

«La grande famille de la gauche indépendantiste»

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui est arrivé à l’Université Laval en fin de journée, a souhaité aux membres d’Option nationale la bienvenue dans «la grande famille de la gauche indépendantiste». «À partir de maintenant, les amis, on travaille ensemble tous les jours à créer ce pays du Québec dont on parle depuis si longtemps», a-t-il lancé. 

Dans leur célébration du regroupement des forces indépendantistes, les deux jeunes leaders politiques n’ont pas parlé du Parti québécois. Il a fallu que les journalistes amènent le sujet sur le tapis pour que Sol Zanetti dise un mot sur l’opposition à l’Assemblée nationale. «Ce que je souhaite, c’est qu’au moment où le Parti québécois va se reposer des questions, c’est-à-dire après la prochaine élection, qu’il décide de prendre la voie d’un engagement indépendantiste social-démocrate pour jeter les bases d’une possible discussion», a-t-il fait valoir. 

Politique

3 milliards $ pour lutter contre la pauvreté

Le gouvernement Couillard injectera près de 3 milliards $ pour sortir 100 000 Québécois de la pauvreté d’ici 2023, notamment en initiant la mise en place d’un revenu de base garanti pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi.

Le plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 «permettra au Québec de rejoindre les nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres», s’est réjoui le premier ministre, dimanche midi, en conférence de presse. 

D’ici six ans, le gouvernement se donne comme objectif de sortir de leur situation «de manière permanente» 100 000 des 800 000 Québécois vivant sous le seuil de la pauvreté. 

Les grands gagnants du nouveau plan sont sans contredit les prestataires du programme québécois de solidarité sociale, soit des personnes pauvres qui ne peuvent accéder à l’emploi en raison de contraintes physiques ou mentales. Une personne seule dans cette situation recevra 876$ de plus en prestation dès 2018, et les hausses constantes d’ici 2023 lui permettront de toucher à terme un revenu annuel dépassant légèrement le seuil de la pauvreté. 

Politique

Quand Trump cause de chiffres avec Trudeau...

WASHINGTON — Donald Trump a régalé ses partisans lors d’un rassemblement en Floride vendredi soir en leur racontant un différend qu’il a eu avec le premier ministre Justin Trudeau, saupoudrant son récit de statistiques douteuses sur le commerce international.

Le président américain a raconté à la foule qu’il avait eu une discussion à huis clos avec Justin Trudeau au sujet de la balance commerciale des États-Unis avec le Mexique et le Canada.

Donald Trump s’est plaint que les États-Unis avaient un déficit commercial de 71 milliards $US avec le Mexique et qu’ils avaient également un déficit avec le Canada. 

«J’aime beaucoup le premier ministre. Le premier ministre Trudeau. Un gars très gentil. Un bon gars. Non, je l’aime bien. Mais nous avons eu cette réunion. Il a dit : ‘‘Non, non, vous avez un excédent commercial.’’ J’ai répondu : ‘‘Non, ce n’est pas le cas.’’ Il a répliqué : ‘‘Non, non, vous avez un excédent commercial’’.

«[M. Trudeau] a dit : ‘‘Je vous dis que le Canada a un déficit avec les États-Unis.’’ J’ai demandé à mes gens, devant beaucoup d’autres gens, j’ai dit : ‘‘Allez vérifier.’’

«[M. Trudeau] avait raison. Sauf qu’il avait oublié deux catégories : le bois d’œuvre et l’énergie. Sinon, il avait raison. Mais quand on additionne tout, nous avons en fait un déficit de 17 milliards $ avec le Canada.»

Ce n’est pas ce que disent les statistiques de son propre gouvernement. Les chiffres fournis sur le site du bureau des U.S. Trade Representatives, qui sont chargés de gérer les négociations pour l’ALÉNA, indiquent : «L’excédent commercial des États-Unis pour le commerce des marchandises et des services avec le Canada était de 12,5 milliards $US en 2016.»

M. Trump a plusieurs fois menacé de se retirer de l’ALÉNA afin d’exercer de la pression sur le Mexique et le Canada à la table des négociations. Vendredi, en Floride, il a déclaré : «Avec un peu de chance, nous allons conserver l’ALÉNA. Mais il y a une chance que nous ne le gardions pas. Et c’est correct.»

Politique

Harcèlement sexuel: les démocrates se veulent irréprochables

WASHINGTON - Le parti démocrate a poussé cette semaine à la démission deux de leurs élus accusés de harcèlement sexuel, espérant prendre un avantage moral sur les républicains avant les élections de mi-mandat de 2018, sur un sujet qui déclenche une avalanche de révélations depuis l’affaire Weinstein.

Un an après la victoire du président Donald Trump, un homme qui s’est vanté de pouvoir attraper les femmes par l’entrejambe, ce sont bien les démocrates qui se retrouvent sur la défensive à l’évocation des questions de harcèlement sexuel.

Deux grands noms de leur parti ont en effet dû quitter le Congrès cette semaine, après des accusations de comportements déplacés et de harcèlement sexuel: le sénateur Al Franken et le doyen de la Chambre des représentants, John Conyers.

Mais cette crise pourrait leur donner l’occasion de montrer qu’ils ont pris le mal par la racine et s’attaquent sérieusement au problème du harcèlement sexuel. A l’inverse des républicains, dont le candidat Roy Moore essaie de se faire élire sénateur dans l’Alabama.

L’ancien magistrat, soutenu officiellement par Donald Trump, a été accusé d’avoir commis des agressions sexuelles sur des mineures il y a des décennies. Plusieurs femmes ont témoigné de comportements allant de baisers à des attouchements. La plus jeune était alors âgée de 14 ans.

Al Franken a reconnu avoir fait du mal à plusieurs femmes, mais «Roy Moore a refusé de le faire. Et quelque part, c’est pire», a avancé le sénateur démocrate Tim Kaine.

Le représentant républicain de l’Arizona Trent Franks a cependant démissionné vendredi, alors qu’il était l’objet d’une enquête de la commission d’éthique de la Chambre des représentants, après des accusations de comportements sexuels déplacés émanant de ses collaboratrices.

Changement culturel

«Nous vivons un énorme changement culturel», a expliqué pour sa part à l’AFP la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, 84 ans. «La peur qu’avaient les femmes de parler, il y a des années, n’existe plus. Les femmes vont témoigner. C’est comme une nouvelle année de la femme.»

Ce changement est notamment illustré par la désignation par le magazine Time, comme personnalité de l’année des femmes ayant brisé le silence sur le harcèlement sexuel. Pendant des années, les démocrates se sont présentés comme défenseurs des droits des femmes et de l’égalité des sexes.

Ils chercheront maintenant à conforter cette image en novembre, quand l’électorat féminin leur sera capital pour gagner des sièges au Congrès et dans les législatures d’Etat.

Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat malheureux aux primaires présidentielles républicaines, avait qualifié plus tôt dans la semaine d’hypocrite l’attitude des démocrates qui demandaient le rejet de la candidature de Roy Moore.

«Tant qu’Al Franken est au Sénat, tant que Conyers et d’autres sont au pouvoir, pourquoi ne pas avoir Roy Moore», a-t-il argué sur Fox News.

Mais après la démission de ces deux parlementaires, l’argument ne tient plus, a fait remarquer sur Twitter David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama.

«Un nouveau concept fait son apparition: si vous reconnaissez des comportements déplacés vous démissionnez. Mais si vous niez, même si les accusations sont nombreuses et crédibles, vous restez au pouvoir - ou continuez votre campagne - en toute impunité ?», a-t-il écrit mardi.

Pour l’éditorialiste politique conservateur Ben Shapiro, Roy Moore va maintenant être utilisé comme un argument massue par les démocrates, surtout si le magistrat conservateur remporte l’élection sénatoriale.

«Les démocrates vont maintenant se débarrasser de Franken pour prendre l’avantage sur le terrain de la morale face à Moore», a-t-il tweeté.

Ne leur restera plus qu’à convertir cet avantage en victoires électorales.

Politique

Élections 2018: Couillard plus «tough que le monde pense»

À plus ou moins neuf mois de l'échéance, le premier ministre Philippe Couillard s'affiche plus combatif que jamais et déjà prêt à entreprendre la prochaine campagne électorale, une bataille qui s'annonce rude, mais qu'il entend bien gagner.

Il se décrit d'ailleurs comme un chef politique bien plus «tough» que les gens pensent de lui en général, et semble visiblement pressé d'en découdre avec celui qui s'annonce comme son principal adversaire lors du scrutin d'octobre 2018, le chef caquiste François Legault, si on se fie aux derniers sondages.

Lors de la traditionnelle conférence de presse tenue en marge de la fin de la session parlementaire, vendredi, M. Couillard a dit qu'il ferait campagne sur son bilan de gouvernement, qu'il décrit comme étant exemplaire, mais surtout sur une proposition, qu'il veut étoffée, d'un deuxième mandat.

Il a dit souhaiter que la population sera au rendez-vous, au moins pour écouter ce qu'il aura à dire, malgré l'apparente désaffection qui frappe son gouvernement et son parti, au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ), selon les intentions de vote exprimées dans les récents sondages.

Il promet «d'impressionner» les électeurs avec son projet de deuxième mandat. «Je leur demande juste de m'écouter» et de se montrer disposés à considérer ce qu'il aura à proposer «pour les quatre prochaines années», a dit le chef libéral.

«Je suis pas mal plus "tough" que le monde pense», a commenté le premier ministre, qui se qualifie de «combattant doux», les yeux déjà fixés sur le prochain rendez-vous électoral.

Il ne reste qu'une seule session aux libéraux d'ici les élections, de février à juin, pour mener à terme leur plan de match et regagner la première place dans le coeur des électeurs.

Il a qualifié le chef caquiste, François Legault, d'«arrogant», un chef politique selon lui prompt à vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, prenant déjà les mesures «de ses rideaux pour l'édifice Price», la résidence officielle du premier ministre.

Il a réaffirmé qu'il ne laisserait plus rien passer de la part de M. Legault et de son équipe, répliquant coup pour coup.

Le premier ministre a aussi réaffirmé que son gouvernement avait fait ce qu'il avait dit qu'il ferait en 2014, vantant la bonne performance de l'économie sous son règne, la faiblesse historique du taux de chômage, autour de 5 %, soit un seuil proche du plein emploi, sans compter les récentes baisses de taxes et d'impôts.

Legault sur la défensive

Lors de sa conférence de presse, qui suivait immédiatement celle du premier ministre, le chef caquiste a paru sur la défensive.

Il a dit qu'il ne tenait rien pour acquis, malgré les sondages favorables. Il préfère aussi se tenir loin des «attaques personnelles» dirigées vers lui.

M. Legault a insisté sur le fait qu'il était beaucoup plus ambitieux pour le Québec que pouvait l'être son adversaire libéral, en faisant des comparaisons avec l'Ontario, ce qu'il fait régulièrement.

«M. Couillard dit qu'il est satisfait de l'économie. Moi, je ne suis pas satisfait d'avoir un écart de richesse de 20 % avec le reste du Canada. Donc, on a beaucoup plus d'ambition que M. Couillard en économie», selon lui.

Même constat en éducation. «M. Couillard semble satisfait qu'on ait un taux de diplomation de seulement 75 %, alors qu'en Ontario c'est 86 %. Moi, je ne suis pas satisfait. Je veux qu'on propose des mesures très concrètes : la maternelle quatre ans, l'école secondaire de 9 à 5 pour améliorer les taux de diplomation.»

En santé, il juge la situation «catastrophique». «Les gens ont un médecin de famille, mais ils n'ont pas accès à ce médecin de famille-là quand ils sont malades», selon le chef caquiste, qui souhaite incarner «le changement» lors des prochaines élections.

PQ: toujours dans la course

Le Parti québécois (PQ) a beau former l'opposition officielle, il est pratiquement disparu de l'écran radar du gouvernement et de la CAQ depuis qu'il est à la traîne dans les sondages, ne recueillant plus que 19 % de l'appui populaire.

Durant sa conférence de presse, vendredi, le chef du parti, Jean-François Lisée, a donc dû une fois de plus réaffirmer que son parti était «sans aucun doute» toujours dans la course.

Il a aussi réaffirmé que la seule option pour les souverainistes était de voter PQ aux prochaines élections, pour défaire les libéraux et préparer le terrain pour un référendum sur la souveraineté, lors d'un second mandat.

QS veut la première place

De son côté, Québec solidaire estime augmenter constamment le nombre de ses appuis et entend bien «se battre pour la première place» lors du scrutin d'octobre 2018, a dit le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois.

Ce dernier a réaffirmé que Québec solidaire avait pris la bonne décision, lors de son dernier congrès, en rejetant l'idée de forger une alliance électorale avec le Parti québécois.