Politique

Immigration: le haut commissaire aux réfugiés espère voir la CAQ reculer [VIDÉO]

Le représentant au Canada du Haut commissariat aux réfugiés de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Jean-Nicolas Beuze, aimerait voir le gouvernement Legault revenir sur sa décision d’accueillir 10 000 immigrants de moins, dont 1600 réfugiés, en 2019. Devant la plus importante quantité de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale, il déplore aussi les politiques réfractaires à l’arrivée de nouveaux arrivants tant en Amérique qu’en Europe.

«Nous avons rencontré le nouveau ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barette et on espère sincèrement que la décision de réduire de 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants au Québec cette année peut être changée. J’espère que le ministre entendra notre appel à revoir sa décision. Il faudrait qu’au départ, on ne soit pas si émotifs sur cette question et qu’on en vienne à se baser sur des statistiques et le recensement. Il faut que les élus prennent des décisions à l’avantage des provinces et des Québécois», a-t-il plaidé vendredi dans une conférence donnée au Centre multiethnique de Québec.

Désirés ailleurs

«Il y a certaines provinces qui demandent à ce que les réfugiés viennent chez elles, notamment les provinces maritimes qui ont besoin de travailleurs manuels dans plusieurs industries comme la pêche et l’agriculture. Elles aiment aussi que les réfugiés, davantage encore que les immigrants dits économiques, aient tendance à rester dans leur communauté d’origine par besoin de se reconstruire», explique M. Beuze.

«Sans oublier que les réfugiés arrivent souvent avec beaucoup d’enfants et que des provinces qui vieillissent, comme le Nouveau-Brunswick, enregistrent plus de décès et de gens qui quittent que de naissances. L’arrivée de réfugiés leur permet alors, entre autres, de garder des écoles ouvertes et des services en fonction. Il faut arrêter de voir les réfugiés comme un fardeau et les voir plutôt comme un apport économique», poursuit-il.

Pour M. Beuze, il est faux de prétendre que les réfugiés ne s’intègrent pas bien à leur société d’accueil. «On sait que selon le recensement de 2016, un réfugié prend de 10 à 15 ans pour arriver au même niveau socio-économique qu’un Canadien né au Canada. Ce n’est rien du tout dans une société comme la nôtre. De plus, leurs enfants ont de meilleurs résultats que ceux nés au Québec au niveau universitaire puisque ces enfants ont beaucoup de pression à ce niveau, mais une pression qui devient positive d’atteindre un niveau de vie meilleur que celui de leurs parents», explique-t-il.

Perception changée

Selon M. Beuze, c’est l’arrivée irrégulière de quelque 20 000 demandeurs d’asile en un an au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle qui a contribué à faire changer les perceptions concernant les réfugiés au Québec. «Auparavant, il y avait eu un élan de solidarité énorme envers les réfugiés syriens en 2016. «C’est là qu’on a vu un changement de discours de certains politiciens pour gagner des points aux élections et de certains journaux aussi qui se sont mis à parler «de réfugiés illégaux», un mot qui inspire la crainte, le risque alors qu’il n’y a pas de réfugiés illégaux même s’ils entrent au pays de façon irrégulière avant de faire une demande d’asile.»

Pourtant, les besoins sont grands pour les réfugiés et M. Beuze estime que ce sont loin d’être les pays occidentaux qui font les plus grands efforts. «Ce sont plutôt des pays pauvres comme le Bangladesh, qui a accueilli 800 000 réfugiés rohingyas en six semaines, le Mexique avec les Salvadoriens, la Tanzanie avec les réfugiés du Sud-Soudan, la Colombie avec les Vénézuéliens. Ce ne sont pas l’Europe, l’Amérique du Nord, les États-Unis et le Canada qui doivent composer avec le gros du problème.»

Selon lui, le Canada, qui demeure le troisième pays en importance pour la réinstallation de réfugiés, pourrait en faire plus et investir davantage à ce niveau au moment où les États-Unis, toujours numéro un avec de 25 000 à 30 000 réfugiés reçus par année, ont diminué grandement leur accueil par rapport aux 80 000 à 100 000 par année de l’ère Obama.

Politique

Blanchet veut être le porte-voix du gouvernement caquiste à Ottawa

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’engage à porter le message du gouvernement caquiste à Ottawa, notamment sur des dossiers litigieux tels que l’immigration et l’identité.

«C’est intrinsèque au mandat du Bloc québécois d’être porteur de la voix du Québec à Ottawa, quel que soit le gouvernement qui est à l’Assemblée nationale», a soutenu M. Blanchet, vendredi, à Montréal, au terme d’une rencontre avec le premier ministre François Legault.

Selon lui, l’arrivée du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), «résolument nationaliste décomplexé», créera certainement des tensions avec Ottawa, et il appartient au Bloc de défendre ses revendications.

«Le gouvernement Trudeau est le principal obstacle à la réalisation des mandats que les Québécois viennent de confier à la Coalition avenir Québec. Nous, on ne peut pas aller à l’encontre de ça, c’est ce que les Québécois ont choisi», a-t-il expliqué.

Sur la diminution des seuils d’immigration, par exemple, M. Blanchet s’est bien gardé de donner son opinion, mais il a souligné que lorsque l’Assemblée nationale prenait une décision «parce que tel est le résultat de l’élection», le Bloc se doit de la défendre.

Le gouvernement caquiste prévoit recevoir environ 10 000 nouveaux arrivants de moins en 2019, dans les trois catégories, soit les immigrants économiques, les réfugiés et ceux issus du programme de réunification familiale.

Or, le gouvernement doit s’entendre avec Ottawa pour ces deux dernières catégories, car Québec n’a pas la compétence sur celles-ci. Le gouvernement de Justin Trudeau semble plutôt réticent à cette demande.

En portant le message d’un gouvernement nationaliste, mais fédéraliste, le chef bloquiste semble ainsi se rapprocher de la mission traditionnelle du Bloc québécois, qui est de défendre les intérêts du Québec. Dans les derniers mois, sous le règne houleux de l’ancienne chef Martine Ouellet, plusieurs débats ont eu lieu au sein du parti pour déterminer s’il devrait d’abord et avant tout promouvoir l’indépendance, ou défendre les intérêts du Québec.

Un référendum avait d’ailleurs eu lieu en juin sur la mission du Bloc. À l’époque, 65 pour cent des membres disaient que le Bloc québécois devait, dans ses actions quotidiennes, être le promoteur de l’option indépendantiste.

Interrogé sur le sujet, M. Blanchet a plaidé que les deux missions allaient de pair.

«Il n’y a pas d’opposition entre l’indépendance et les intérêts du Québec. Quand on est au Bloc québécois, on est convaincus que l’indépendance et les intérêts du Québec, c’est ultimement une seule et même chose.

«Les intérêts du Québec, c’est ce qu’on va porter avec passion entre maintenant et le jour où les Québécois auront choisi la souveraineté.»

Politique

Crise haïtienne: les touristes québécois bientôt rapatriés

OTTAWA — La centaine de touristes québécois coincés dans un hôtel à Haïti seront évacués samedi matin, selon le premier ministre du Québec, François Legault, qui s'est entretenu avec l'ambassadeur du Canada dans ce pays.

«Air Transat vient de me confirmer que les 113 passagers en Haïti seront rapatriés sur un vol demain matin», a-t-il écrit sur son compte Twitter en fin de journée vendredi.

Il avait révélé quelques heures auparavant que le gouvernement était «très près d'obtenir une solution».

«Il y a une entreprise de sécurité privée qui est embauchée par Air Transat pour protéger les passagers et on regarde la possibilité demain pour avoir trois hélicoptères qui vont partir de l'hôtel Decameron pour amener les 113 passagers, avec deux voyages, à l'aéroport où il va y avoir un avion d'Air Transat qui pourrait les amener à Montréal», avait-il précisé en marge de sa rencontre avec le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, à Montréal.

Le transporteur aérien a confirmé qu'il mettait la touche finale à un plan d'évacuation «qui sera mis en application au cours des prochaines heures», mais n'a pas voulu donner plus de détails avant samedi pour «ne pas compromettre la sécurité» de ses passagers.

Depuis environ une semaine, Haïti est en proie à de violentes secousses sociales. Des manifestants réclament le départ du président Jovenel Moïse pour de multiples raisons. Les manifestations ont jusqu'ici coûté la vie à plusieurs protestataires et de nombreuses activités sont paralysées en raison du mouvement soulevé par la colère populaire.

Les violences qui secouent le pays empêchent les touristes québécois confinés dans cet hôtel de prendre la route pour rentrer chez eux. Une distance d'environ 70 kilomètres les sépare de l'aéroport de Port-au-Prince.

Expulsions suspendues

Aucun ressortissant haïtien au Canada ne sera expulsé dans son pays natal en raison de la crise qui sévit là-bas.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a suspendu vendredi les expulsions vers Haïti grâce à un sursis administratif au renvoi, et ce, «jusqu'à nouvel ordre».

«L'ASFC est consciente des répercussions de cette situation sur les personnes concernées», a indiqué sa porte-parole, Judith Gadbois-St-Cyr, dans un bref courriel.

Elle n'a pas précisé combien de gens ont été déportés du Canada vers Haïti depuis le début de la crise dans ce pays.

Cette décision réjouit le coordonnateur du Comité d'action des personnes sans statut, André Frantz, qui avait dénoncé plus tôt cette semaine l'expulsion d'un père et de sa fille de 11 ans.

«Par contre, le mot qu'on n'aime pas, c'est temporaire», a-t-il dit.

«Oui, j'accueille la décision positivement, mais je crois que la situation à Haïti ne se réglera pas en quelques jours, quelques semaines, a-t-il ajouté. Je crois qu'il faut mettre quelque chose de plus permanent et offrir aussi un programme de régularisation sur une base humanitaire.»

Questionné par les journalistes vendredi matin sur les expulsions, le premier ministre Justin Trudeau s'était contenté de dire que le gouvernement «était en train de regarder cet enjeu-là». Il a également évité de préciser s'il soutenait le président haïtien.

«Par rapport au président Jovenel, nous suivons la situation de près et nous allons continuer d'offrir de l'aide au peuple haïtien», s'est-il limité à dire.

M. Trudeau a souligné que le gouvernement était «très préoccupé» par cette crise qui touche de nombreux Canadiens.

«On est aussi très au courant d'un certain nombre de Canadiens qui sont présentement pris dans le pays et qui veulent revenir, et qui doivent revenir au Canada, et on est en train de travailler à Affaires mondiales et tout notre corps diplomatique pour les aider», a-t-il indiqué.

Évitez les voyages

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a publié jeudi soir un nouvel avis concernant Haïti, et recommande maintenant aux Canadiens d'éviter tout déplacement dans ce pays.

Ottawa a annoncé que l'ambassade du Canada à Port-au-Prince demeurait fermée vendredi. Les services consulaires sont toujours fournis par téléphone ou par courriel, 24 heures sur 24, et le ministère des Affaires étrangères se dit prêt à fournir toute assistance qui serait requise par ses ressortissants (1-613-996-8885 ou sosinternational.gc.ca : mailto:sosinternational.gc.ca.).

Le gouvernement prévient maintenant que «la situation en matière de sécurité pourrait se détériorer rapidement» et que les Canadiens devraient «envisager de quitter par des moyens commerciaux tant qu'ils sont disponibles».

Des manifestants ont bloqué les principales routes du pays pour exiger la démission du président Jovenel Moïse. Ils sont mécontents de l'inflation galopante et de l'incapacité du gouvernement à poursuivre les responsables d'un détournement de fonds lié au programme vénézuélien de plusieurs milliards de dollars qui exportait du pétrole à prix réduit en Haïti.

Le médecin d'Ottawa Émilio Bazile et trois membres de son équipe des Maritimes font partie de ces Canadiens bloqués en Haïti. Il déclarait jeudi que la nourriture commençait à manquer pour lui et son équipe médicale composée de 10 membres, qui se sont rendus dans le sud d'Haïti pour prodiguer des soins à la population locale.

Une équipe de 26 travailleurs humanitaires associés à des missionnaires du Québec fait également partie des dizaines de Canadiens coincés dans l'île des Antilles.

Affaires mondiales Canada a déclaré qu'il fournissait des conseils consulaires aux voyagistes et que des agents sur le terrain en Haïti fournissaient une assistance aux citoyens canadiens.

Politique

SNC-Lavalin: Trudeau rejette la faute sur le départ de Scott Brison

OTTAWA — Jody Wilson-Raybould serait toujours ministre de la Justice si son collègue Scott Brison n'avait pas démissionné, a avancé le premier ministre Justin Trudeau, vendredi, tout en refusant de donner des détails sur les raisons qui ont récemment poussé la ministre à quitter son poste.

Il a dû répondre à de nouvelles questions dans l'épineux dossier SNC-Lavalin, lors de son passage à Kanata, en banlieue d'Ottawa, pour dévoiler une subvention à l'entreprise technologique Blackberry. L'annonce a été éclipsée par les allégations de pressions politiques dans le dossier de la multinationale québécoise.

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SNC-Lavalin: l’opposition échoue à faire comparaître neuf témoins en comité

«Je peux vous dire que nous avions fait le remaniement ministériel parce qu'un de nos membres seniors de l'équipe a choisi de quitter et je peux vous dire très simplement que si Scott Brison n'avait pas quitté son poste au sein du conseil des ministres, Jody Wilson-Raybould serait encore ministre de la Justice et procureure générale aujourd'hui», a-t-il dit.

La ministre Wilson-Raybould a démissionné mardi dans la foulée du scandale entourant SNC-Lavalin. Elle avait été rétrogradée en janvier de ministre de la Justice à ministre des Anciens Combattants lors d'un remaniement causé par le départ de M. Brison.

Les conservateurs, les néo-démocrates et les bloquistes font le lien entre ces événements et le dossier cette multinationale.

M. Trudeau nie toutefois avoir demandé à Mme Wilson-Raybould d'en arriver à une entente négociée pour éviter une poursuite criminelle contre l'entreprise. Il prétend qu'elle aurait dû lui communiquer directement ses préoccupations dans cette affaire. Le commissaire fédéral à l'éthique, Mario Dion, enquête.

«Il y avait énormément de personnes qui nous en parlaient», a-t-il révélé en faisant référence aux premiers ministres québécois Philippe Couillard et François Legault, à des gens de l'industrie et aux syndicats.

«Et quand elle m'a demandé si j'étais pour lui donner des instructions par rapport à cette décision, je lui ai dit "non, absolument pas, c'est votre décision"», a-t-il ajouté.

Le premier ministre a dit accepter la décision de Mme Wilson-Raybould même s'il ne la comprend pas tout à fait.

Par ailleurs, M. Trudeau a rejeté les propos de son député Anthony Housefather qui a récemment suggéré sur les ondes de la radio anglophone montréalaise CJAD que la ministre avait été mutée parce qu'elle ne parlait pas français.

«Non, la question du bilinguisme ne faisait pas partie des facteurs pour lesquels on a fait un remaniement ministériel par rapport à l'ancienne procureure générale», a-t-il tranché.

Le premier ministre a également qualifié «d'inacceptables» les commentaires «racistes et sexistes» dont l'ex-ministre a fait l'objet au cours des derniers jours.

40 millions $ pour 800 emplois

M. Trudeau a remis jeudi un chèque de 40 millions $ à BlackBerry, l'ancien chef de file mondial du téléphone intelligent qui tente de créer un logiciel avancé pour les véhicules autonomes.

Selon l'entreprise, ce logiciel QNX est déjà installé dans des dizaines de millions d'automobiles pour des systèmes de direction, de l'équipement pour mains libres et des systèmes de divertissement.

L'argent proviendra du Fonds stratégique pour l'innovation. Il permettra de poursuivre la mise au point d'un logiciel et la formation de la main-d'oeuvre qualifiée.

L'entreprise investira de son côté 300 millions $. Elle espère créer 800 emplois au cours de la prochaine décennie à son centre de recherches de Kanata.

Sherbrooke

Questionnaire de Sherbrooke Citoyen : Beaudin satisfaite de la réponse

Une cinquantaine d’employés de la Ville de Sherbrooke ont répondu au sondage proposé par Sherbrooke Citoyen, malgré certaines craintes de représailles. Pour la chef du parti, Évelyne Beaudin, il s’agit d’une réussite, dans les circonstances.

Selon la conseillère municipale, plus de participants auraient répondu sans les « menaces à peine voilées de représailles du directeur général Daniel Picard auprès des employés ». « Des gens m’ont écrit pour me dire qu’ils n’osaient pas répondre au sondage, car ils avaient des craintes par rapport à leur emploi. Ils ont tous reçu un courriel du DG. Je pense qu’on aurait eu beaucoup plus de gens s’il n’y avait pas eu cette réaction. Encore mieux, si le directeur général avait saisi ça comme une opportunité de mettre quelque chose en place et qu’il était arrivé avec une suggestion, ça aurait été l’idéal », affirme-t-elle.

Politique

Québec refuse de parler de stérilisation forcée avec le gouvernement fédéral

OTTAWA — Québec ne se joindra pas au groupe de travail que veut former le gouvernement fédéral pour examiner les allégations voulant que des femmes autochtones aient été stérilisées contre leur gré.

Un porte-parole de la ministre de la Santé du Québec a confirmé jeudi que la province avait refusé en janvier l’invitation d’Ottawa de rencontrer des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à ce sujet.

En décembre, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, et sa collègue des Services aux Autochtones, Jane Philpott, avaient écrit aux provinces, aux territoires et aux intervenants des réseaux de la santé afin de créer un groupe sur la compétence culturelle en matière de santé.

Une sous-ministre adjointe à Santé Canada, Abby Hoffman, a récemment indiqué à un comité parlementaire que plusieurs provinces avaient répondu à la demande fédérale. Une première rencontre se déroulera au début du mois prochain.

Alexandre Lahaie, un attaché de presse de la ministre Danielle McCann, a dit que le gouvernement québécois était très sensibilisé au sujet des stérilisations forcées. Il a fait savoir que des discussions étaient déjà en cours avec un certain nombre de Premières Nations, à Québec, et a rappelé que la santé était de compétence provinciale.

Le cabinet de Mme Petitpas Taylor n’a pas formulé de commentaire sur le refus du Québec de participer au groupe. Il a déclaré, par voie de communiqué, que la stérilisation forcée était une violation des droits de la personne.

«Nous agissons de concert avec les provinces, les territoires, les associations médicales et autres intervenants pour d’examiner ce problème, car il est inacceptable que cela ait pu se produire», a déclaré l’attaché de presse Thierry Bélair.

La sénatrice métisse Yvonne Boyer, qui s’est levée contre la stérilisation forcée, estime que la décision du gouvernement québécois représente une occasion perdue. Elle dit espérer que la province changera d’idée à ce sujet.

«C’est dommage, car si on travaille tous ensemble, on peut, avec un peu de chance, trouver des solutions qui nous permettront de nous assurer collectivement que ces pratiques ne se renouvelleront pas», a-t-elle dit, jeudi.

Elle a souligné que des femmes métisses, inuites ou autochtones non inscrites ont pu elles aussi être victimes de stérilisation forcée.

Mme Boyer souhaite que le comité du Sénat sur les droits de la personne se penche sur la question.

Politique

Écrits controversés: Maxime Bernier défend son porte-parole

OTTAWA — Le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, accorde son appui entier à son porte-parole Martin Masse, dont certains écrits controversés datant de plusieurs années ont refait surface la semaine passée.

«On essaie de mettre des bouts de phrases de différents articles qui ont été écrits pour en arriver à une théorie que M. Masse est un homme raciste. C’est complètement ridicule et faux», a-t-il lancé en entrevue un peu plus tôt cette semaine.

Le Beauceron commentait le fait que l’organisation juive B’nai Brith ait déterré plusieurs textes signés il y a environ une quinzaine d’années par son proche collaborateur dans un webzine libertarien, «Le Québécois libre».

Dans deux d’entre eux, Martin Masse tente de faire la démonstration que le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, ainsi que l’ex-politicien d’extrême droite autrichien Jörg Haider (mort en 2008) ne sont pas des néonazis.

Au téléphone, il a soutenu qu’il n’avait «pas envie de reprendre chacun des textes écrits il y a 20 ans et de les réexpliquer» et a accusé le B’nai Brith de déformer ses propos.

«Eux disent que j’ai défendu Jean-Marie Le Pen. Mon seul argument, comme pour Jörg Haider, c’est que ce n’était pas un néonazi, a-t-il tranché. Je n’ai défendu aucune déclaration de Jean-Marie Le Pen sur l’Holocauste ou quoi que ce soit.»

À ses yeux, l’enquête réalisée par le B’nai Brith, qui a publié des liens vers plusieurs articles dans un communiqué paru jeudi dernier, est une campagne de salissage orchestrée à des fins politiques.

Car le directeur général de l’organisation, Michael Mostyn, est un ancien candidat du Parti conservateur, et l’objectif, est «de discréditer le Parti populaire», et «ce gars-là (...) a fait ça en collaboration avec le Parti conservateur, j’en suis persuadé».

Maxime Bernier partage la même analyse.

Il n’a pas souhaité commenter les écrits passés de son fidèle collaborateur, avec qui il a notamment travaillé à l’Institut économique de Montréal.

«Je ne me suis pas caché que je suis un politicien qui prône la liberté individuelle», a argué l’ancien élu conservateur.

Mais une chose est claire: Maxime Bernier n’a pas l’intention de larguer Martin Masse.

«On a bâti ce parti-là ensemble, et on va continuer. Je suis très heureux et très privilégié de pouvoir bénéficier de ses conseils depuis tant d’années», a lancé le chef populaire.

Le Parti populaire et l’«alt-right»

La fin de semaine passée, le Toronto Star a publié un article dans lequel il est écrit, exemples et témoignages à l’appui, que des suprémacistes blancs de l’»alt-right» voient en ce nouveau parti un véhicule pour leurs idées.

Le chef de la formation, qui compte depuis la fin de l’année 2018 des associations dans chacune des 338 circonscriptions au pays, martèle qu’il n’en veut pas.

«J’ai toujours dit que les gens qui sont racistes ne sont pas bienvenus dans notre parti, et on agit en conséquence. On a fait des enquêtes, et on va continuer à faire des enquêtes», a-t-il assuré à l’autre bout du fil.

C’est la raison pour laquelle, dit-il, seule une poignée de ces associations - trois, en date de lundi dernier - sont officiellement enregistrées auprès d’Élections Canada.

On fait aussi signer à quiconque souhaite devenir membre d’une association un formulaire avec une clause de «non-embarras».

«En tant que représentant du Parti populaire du Canada, j’affirme que je n’ai pas fait ou exprimé quoi que ce soit dans le passé, et je m’engage à ne rien faire ou exprimer quoi que ce soit dans l’avenir, qui pourrait embarrasser publiquement le parti», y lit-on.

C’est ce que brandit Maxime Bernier comme arguments lorsqu’on lui demande s’il craint que son parti n’attire des membres de groupuscules d’extrême droite.

Il préfère ne pas révéler ce qu’il pense du mouvement de l’«alt-right» (droite alternative).

«Je n’ai pas à avoir d’opinion là-dessus. Moi, je me concentre sur ce qui est important sur notre parti. Je ne porte pas de jugement sur - si ces gens-là ont des propos racistes ou des politiques racistes, ils ne sont pas bienvenus dans notre parti», a-t-il offert.

Politique

La maternelle 4 ans pour tous au Québec dès 2020-2021 [VIDÉO]

En 2023, tous les enfants de quatre ans du Québec auront le droit de fréquenter une classe de maternelle, mais leurs parents garderont la liberté de les y envoyer ou non.

Le gouvernement caquiste de François Legault a jeté les bases de l’un de ses engagements les plus importants jeudi en présentant le projet de loi 5, qui vise à faire de la prématernelle quatre ans un droit au Québec.

Le projet de loi oblige les commissions scolaires à offrir assez de places pour répondre à la demande des tout-petits de quatre ans, «à compter de l’année scolaire que le gouvernement déterminera». En conférence de presse à l’école Sans-Frontière de Québec, le premier ministre s’est engagé à ce que ce soit en 2023. 

M. Legault est conscient qu’il s’agit d’un grand changement et que certains parents trouvent que quatre ans, c’est «trop jeune» pour aller à l’école. Mais il croit que ce virage est essentiel pour faire baisser le taux de décrochage scolaire. «J’invite tous les Québécois à se joindre à ce grand projet de société.»

Il perçoit les critiques du projet comme de la «résistance au changement» et fait valoir que l’Ontario et New York ont réalisé des projets semblables avec succès. En France, les enfants commencent à fréquenter l’école à trois ans. 

M. Legault se souvient qu’il y a aussi eu de la résistance lors de l’implantation de la maternelle cinq ans au Québec, dans les années 1990, alors qu’aujourd’hui, 98 % des enfants la fréquentent, même si elle n’est pas obligatoire. 

Le premier ministre déplore qu’au Québec, seulement 6 % des enfants de quatre ans ont accès à la maternelle, alors que les études indiquent que 27 % des enfants de cinq ans ont un retard dans une des sphères de leur développement. 

«Si les enfants ont des difficultés d’apprentissage, ça se peut que ce soit mieux un enseignant, qui a fait quatre années d’université, avec une équipe de spécialistes. Mais actuellement, les parents n’ont pas cette chance-là», opine-t-il. 

Le projet de loi prévoit que dès septembre 2020, les classes de maternelles quatre ans ne seront plus réservées aux milieux défavorisés. Toutes les commissions scolaires du Québec auront l’opportunité d’en ouvrir et le déploiement pourra alors s’accélérer. 

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge fait valoir que les problèmes de langage, d’attention ou du spectre de l’autisme touchent tous les milieux socioéconomiques. 

Politique

Legault souhaite un accord de réparation dès que possible avec SNC-Lavalin

Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré qu'il souhaitait que le gouvernement fédéral en vienne à une entente «le plus tôt possible» avec la firme d'ingénierie SNC-Lavalin afin de protéger les emplois et le siège social de la société à Montréal.

L'entreprise en difficulté est vulnérable à une prise de contrôle étrangère, a déclaré M. Legault aux journalistes jeudi à Québec. Et plus ses problèmes juridiques perdureront, plus elle risquera d'être la proie d'une autre entreprise, a-t-il fait valoir.

M. Legault a dit croire qu'il fallait faire tout ce qui est possible «pour protéger ce siège social et les milliers de bons emplois bien rémunérés que nous avons à SNC-Lavalin».

La société a fait du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour obtenir un accord de réparation afin d'éviter un procès au criminel sur des accusations de corruption et de fraude liées à ses efforts pour obtenir des contrats du gouvernement en Libye.

En vertu d'un accord de réparation, les poursuites seraient abandonnées en échange d'une reconnaissance par SNC-Lavalin de ses actes répréhensibles et du paiement d'une amende. Le journal The Globe and Mail a rapporté la semaine dernière que le cabinet du premier ministre Justin Trudeau avait fait pression sur l'ancienne procureure générale, Jody Wilson-Raybould, pour qu'elle accepte un tel accord.

M. Legault a soutenu que SNC-Lavalin devrait payer pour ses crimes allégués, mais que ses employés et l'économie de la province ne devraient pas en souffrir.

«Nous savons que SNC-Lavalin, elle n'a pas respecté les règles - en Libye particulièrement - et elle doit payer pour cela, en particulier les personnes qui étaient impliquées, a-t-il déclaré. SNC-Lavalin, j'ai rencontré le président, ils sont prêts à mettre sur la table des montants très élevés de pénalités.»

Sans entente, a-t-il ajouté, le dossier pourrait s'étendre sur des années et les affaires de SNC-Lavalin en souffriraient.

SNC-Lavalin a vu sa cote de crédit être abaissée mercredi par Standard & Poor's. L'agence a cité les accusations contre le géant de l'ingénierie et de la construction et l'interdiction pour dix ans de soumissionner sur des contrats fédéraux qui accompagnerait une déclaration de culpabilité parmi ses motifs de déclassement.

M. Legault a dit croire que les difficultés en justice de l'entreprise sont mauvaises pour la province. «À l'heure actuelle, il n'y a pas d'actionnaire majoritaire, il y a donc un risque réel que cette entreprise soit achetée par quelqu'un, par exemple du Royaume-Uni. Pour moi, ce serait une mauvaise nouvelle pour le Québec», a-t-il fait valoir.

M. Legault a dit avoir demandé au premier ministre Trudeau lors de discussions: «Pouvez-vous régler le plus rapidement possible afin de conserver ces emplois? Nous en avons besoin.»

Pour ajouter à la tempête dans laquelle SNC-Lavalin se trouve, on a appris cette semaine que les procureurs du Québec collaborent avec la GRC sur l'éventualité de nouvelles accusations criminelles contre SNC-Lavalin, dans le cadre du contrat de réfection du pont Jacques-Cartier de Montréal.

Alors que M. Legault avait beaucoup à dire sur les accusations fédérales, il s'est abstenu de commenter les allégations de la province. «Je n'ai aucune intention de faire quoi que ce soit avec ce qui se passe dans la juridiction du Québec», a-t-il indiqué.

Politique

Québec doit offrir 40 millions$ aux Jeux de la Francophonie, dit QS

À l’instar du fédéral, Québec solidaire (QS) demande au gouvernement Legault d’augmenter de 17 à 40 millions $ son aide financière pour d’éventuels Jeux de la Francophonie à Sherbrooke en 2021.

QS a donc demandé jeudi au gouvernement caquiste d’assumer, à parité avec Ottawa, la moitié de la facture des Jeux, évaluée à pas moins de 80 millions $.

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Mercredi, la ministre des Relations internationales du Québec, Nadine Girault, a annoncé une offre de 17 millions $ pour la tenue des Jeux, laissant tout le reste de l’addition au fédéral.

Toutefois, le gouvernement Trudeau a rapidement ridiculisé en soirée la proposition du gouvernement Legault et l’a appelé à faire «preuve de sérieux», en lui rappelant que le Québec est membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

En mêlée de presse jeudi matin à l’Assemblée nationale, le député QS Vincent Marissal a repris le même argument en invoquant que le Québec doit exercer son pouvoir réel correspondant à son statut réel, au sein de la seule instance internationale dont il membre à part entière.

Il réclame donc que le gouvernement Legault augmente la mise pour ne pas se faire damer le pion. «La formule habituelle, c’est moitié-moitié, sinon on se comporte en quêteux devant Ottawa, ou alors, on ne veut pas que ça marche et on veut encore se faire dire non par Ottawa. Le gouvernement du Québec ne fait pas figure de gouvernement sérieux.»

Rappelons que Sherbrooke est sur les rangs pour obtenir les Jeux, après le désistement de Moncton et Dieppe, au Nouveau-Brunswick. Le gouvernement de cette province s’est en effet retiré en raison de l’explosion des coûts. Ils étaient passés à 130 millions $ avant d’être revus à 62 millions $.

Sherbrooke avait estimé l’addition à 74 millions $, à laquelle s’ajouteraient toutefois des coûts supplémentaires en sécurité. Le Québec veut obtenir de l’OIF le cahier de charges précis des Jeux, pour savoir à quoi s’en tenir.

Mercredi, le gouvernement Legault avait justifié sa mise de 17 millions $, en expliquant que cela correspond à ce que le précédent gouvernement Couillard s’était engagé à verser quand Sherbrooke avait présenté pour la première fois sa candidature il y a cinq ans.

Des pourparlers entre Québec et Ottawa devraient avoir lieu dans les deux prochaines semaines, a précisé une source mercredi.

Un comité de l’OIF devait par ailleurs se réunir à Paris jeudi concernant les Jeux.