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Politique

Avortement: le premier ministre du Nouveau-Brunswick maintient sa politique

FREDERICTON — Le premier ministre du Nouveau-Brunswick n’entend pas apporter de changements à la politique de sa province en matière d’avortement, malgré la fermeture d’une clinique privée de Fredericton en raison d’une pénurie de fonds.

La loi de la province sur le financement des services médicaux stipule que seuls les avortements pratiqués dans les hôpitaux peuvent être payés par des fonds publics.

Blaine Higgs a déclaré qu’il ne céderait pas aux pressions politiques pour changer cette politique, qui existait également sous le précédent gouvernement libéral de Brian Gallant.

Il a cité la Loi canadienne sur la santé, qui interdit le financement des cliniques privées, bien que de nombreuses cliniques du pays soient en partie financées par les régies publiques d’assurance-maladie pays en raison de l’interprétation de la Loi canadienne sur la santé en 1995 par la ministre fédérale de la Santé de l’époque, Dianne Marleau.

Élections 2019

Barack Obama invite les Canadiens à appuyer Justin Trudeau

OTTAWA — L’ex-président des États-Unis Barack Obama a publiquement exprimé son soutien à Justin Trudeau, mercredi, en invitant les Canadiens à lui accorder un nouveau mandat.

Sur son compte Twitter, Barack Obama déclare qu’il a été fier de travailler à ses côtés en tant que président américain. Il décrit le chef libéral comme un «dirigeant travaillant et efficace qui s’attaque à d’importants enjeux comme les changements climatiques».

M. Obama ne s’est toutefois pas arrêté aux éloges: il a lancé un appel aux Canadiens pour qu’ils reportent au pouvoir le premier ministre sortant. «Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment et j’espère que nos voisins du nord vont le soutenir pour un nouveau mandat», a-t-il écrit.

M. Trudeau n’a pas mis de temps à saluer cet appui. «Merci mon ami. Nous travaillons très fort pour que les choses continuent à progresser», a souligné le chef libéral.

Ce message d’encouragement de l’ex-président tombe à cinq jours du scrutin fédéral du 21 octobre, alors que les sondages placent libéraux et conservateurs au coude à coude dans les intentions de vote des Canadiens.

Élections 2019

Ne pas voter sous la peur, disent Singh et Blanchet

OTTAWA — Deux partis pour qui le pouvoir à Ottawa n’est pas accessible appellent les électeurs à ne pas succomber aux messages «de peur» des conservateurs et des libéraux.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh et le bloquiste Yves-François Blanchet étaient sur la même longueur d’onde, mercredi, invitant leurs électeurs à faire la sourde oreille aux appels des conservateurs et des libéraux.

À cinq jours du vote, Justin Trudeau faisait campagne à Montréal pour convaincre les Québécois qu’ils n’ont pas besoin d’envoyer des bloquistes à Ottawa.

«On n’a pas besoin de Québécois à Ottawa pour lutter contre un gouvernement qui est d’accord avec les Québécois, qui représente ces valeurs québécoises (...). On a besoin de Québécois forts pour tenir tête à Jason Kenney, à Doug Ford, aux politiciens de l’Ouest qui ne comprennent pas nos valeurs, nos priorités de lutter contre les changements climatiques», a plaidé M. Trudeau.

Le chef libéral s’en est aussi pris une nouvelle fois aux conservateurs d’Andrew Scheer, leur reprochant de mener «une campagne sale» et vicieuse comme on n’en avait jamais vu auparavant.

Mardi, alors qu’il passait toute la journée au Québec, Andrew Scheer avait prédit qu’un vote pour le Bloc québécois conduirait au retour des libéraux au pouvoir et à pire encore, selon lui.

«Le Bloc n’aura jamais la balance du pouvoir, car Justin Trudeau va former une coalition avec le NPD pour garder le pouvoir», avait-il dit mardi soir.

Mercredi, il reprenait le même thème, prédisant «des demandes sans fin du NPD pour des taxes plus élevées uniquement pour que Justin Trudeau puisse rester au pouvoir».

«Le sentiment de peur, je pense qu’il ne marche plus», a répliqué M. Blanchet, mercredi matin.

«On a souvent utilisé le sentiment de peur à l’encontre de gens plus vulnérables, à l’encontre de nos retraités qui sont souvent plus vulnérables. Mais vous savez, les retraités aujourd’hui au Québec, c’est la génération qui a élu René Lévesque. C’est des gens qui ne sont plus sensibles aux arguments de la peur», a-t-il conclu.

«Ne laissez pas la peur guider votre vote», a conseillé de son côté le chef néo-démocrate, lors d’un point de presse à Hudson.

«Rien de bien dans la vie ne vient d’une décision prise à cause de la peur. (...) Votez avec votre cœur, votez avec votre espoir, votez pour ce en quoi vous croyez», a ajouté M. Singh.

Politique

Libéraux et conservateurs se livrent une chaude lutte dans la banlieue de Toronto

OTTAWA - Un nouveau sondage laisse croire que les libéraux font preuve de résilience dans la bataille cruciale et chaudement disputée pour remporter la faveur des électeurs de la banlieue de Toronto.

L’occasion qui se profile pour le Parti libéral du Canada (PLC), selon le sondage Léger, n’aurait toutefois pas grand-chose à voir avec une quelconque hausse de popularité du PLC. Il semble plutôt que les électeurs craignent fortement le retour d’un gouvernement du Parti conservateur du Canada (PCC) à Ottawa.

Selon les données de l’enquête menée du 10 au 14 octobre pour le compte de La Presse canadienne, 43 pour cent des répondants ont mentionné qu’ils s’inquiétaient davantage de la perspective d’un retour du PCC que de celle de quatre années de plus sous les libéraux.

En contrepartie, 33 pour cent des 1003 répondants ont affirmé l’inverse, c’est-à-dire qu’ils craignent davantage la réélection des libéraux qu’un retour des conservateurs. Aussi, 18 pour cent ont dit ne pas avoir d’opinion claire sur le sujet et cinq pour cent ont refusé de répondre à la question.

Ces chiffres pourraient offrir un certain indice de la tendance qui se cache derrière l’égalité persistante entre les deux partis en tête des intentions de vote. Libéraux et conservateurs obtiennent tous deux la faveur de 37 pour cent des répondants de la banlieue torontoise.

Politique

Le gouvernement de l'Alberta ne rencontrera pas Greta Thunberg

EDMONTON — Le gouvernement albertain ne cherchera pas à rencontrer la militante écologiste Greta Thunberg, mais le ministre de l'Environnement, Jason Nixon, a dit espérer que la jeune Suédoise prendra le temps d'en apprendre davantage sur l'industrie pétrolière et gazière de la province.

«Je pense que lorsque vous regardez certains des commentaires de Mlle Thunberg, elle ne comprend pas notre province. Elle ne comprend pas qu'en réalité, pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques dans le monde, on a besoin que l'Alberta fasse partie de la solution», a déclaré M. Nixon aux journalistes mardi.

Actualités

Édaravone : « pas de faux espoirs », dit la ministre McCann

Mario Goupil, ce Sherbrookois en croisade pour que le gouvernement du Québec rende accessible l’édaravone aux quelque 600 personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA) dans la province, a finalement rencontré la ministre de la Santé et des Services sociaux mardi à l’Hôpital Fleurimont.

Attendu par les médias à la sortie de la rencontre, M. Goupil a mentionné s’être senti écouté, même s’il déplore le manque d’engagement de la ministre Danielle McCann.

« Elle m’a écouté, mais comme toujours les politiciens ne me font pas de promesses, a-t-il expliqué. Je pense que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde et j’ai espoir qu’elle va essayer de trouver une façon de nous aider. »

La ministre McCann s’est justifiée en expliquant qu’elle « ne doit surtout pas donner de faux espoirs aux familles comme celle de M. Goupil ».

« C’est très touchant et on est très sensible à ça, mais en même temps on sait qu’il y a plusieurs situations comme celles-là au Québec pour différentes maladies, mentionne-t-elle. Je vais tout examiner, mais il y a une importante négociation qui se fait actuellement pour que ce soit dans les meilleurs délais. On vient d’apprendre que le médicament sera commercialisé au mois de novembre. C’est un pas dans la bonne direction, mais il faut attendre les négociations avec la compagnie. »

Environ 600 Québécois sont atteints de la sclérose latérale amyotrophique dont une vingtaine dans la région de Sherbrooke. L’édaravone est un médicament qui pourrait réduire la souffrance des personnes atteintes et prolonger de 33 % leur vie. Il a été approuvé par Santé Canada en octobre 2018.

Rapport qualité/prix trop faible

Le Ministère soutien toutefois que le rapport qualité/prix de l’édaravone n’est pas assez élevé et que son gouvernement ne peut soutenir financièrement les demandes d’aide. Il pourrait en coûter plus de 60 millions $ pour fournir le médicament à 330 malades au Québec sur une période de trois ans. La ministre McCann espère une entente avec le fabricant japonais pour que les Québécois aient accès à l’édaravone.

« Elle renvoie toujours la balle à la compagnie pharmaceutique qui demande un prix de fou pour le médicament, a souligné M. Goupil. Je lui ai dit de se forcer un peu et de gratter les fonds de tiroir pour aider les 600 Québécois qui sont aux prises avec cette maladie et qui veulent se soigner. »

« Ce que je lui ai demandé, c’est de nous aider financièrement à compenser le coût du médicament, ajoute M. Goupil. Je pense que c’est une dame qui a du cœur, c’est l’être humain d’abord. Elle s’est informée de Lisette, elle connaissait son nom. Elle écoute, mais elle doit trouver une façon ou être inventive pour aider ces gens. »

La conjointe de M. Goupil, Lisette Joyal, qui a reçu un diagnostic de SLA en février dernier, n’était d’ailleurs pas présente. Elle n’avait pas assez d’énergie.

« Elle ne se sentait pas assez forte, explique Mario Goupil. Elle ne marche plus, elle est en fauteuil roulant. On a acheté un véhicule adapté qui a coûté plusieurs dizaines de milliers de dollars et on fait adapter la chambre et la salle de bain, ce qui va coûter plus de 10 000 $. C’est ce que j’expliquais à la ministre. »

Politique

Catalogne: «le jupon d’ex-péquiste de François Legault dépasse», selon le Parti libéral du Québec

L’opposition officielle déplore la réaction du premier ministre François Legault dans la crise qui secoue actuellement la Catalogne.

M. Legault a déclaré, mardi, que le Québec ne peut rester indifférent devant l’ampleur des lourdes peines infligées à des élus du mouvement indépendantiste catalan.

Or le Parti libéral du Québec (PLQ) a rappelé que l’Espagne est un pays démocratique avec un pouvoir judiciaire indépendant dont il faut respecter les décisions.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, la porte-parole du PLQ en matière de relations internationales, Paule Robitaille, a reproché au chef caquiste d’avoir un parti-pris qui vient de son passé d’ancien ministre péquiste et souverainiste.

Dans «les commentaires de M. Legault, le jupon de l’ex-péquiste dépasse un peu», a-t-elle commenté.

Selon elle, le Québec devrait plutôt proposer de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit, puisque la Catalogne est une «amie» du Québec.

Le Québec et la Catalogne entretiennent des relations bilatérales. Les deux gouvernements ont signé une entente de coopération en 1996 qui s’étend à plusieurs domaines, dont la culture et l’éducation.

En 1999, le gouvernement a ouvert un Bureau du Québec à Barcelone, une sorte de représentation diplomatique. Le gouvernement Legault a nommé Isabelle Dessureault directrice du Bureau du Québec l’été dernier.

Élections 2019

Jagmeet Singh veut se distinguer des autres partis progressistes

TORONTO — Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a tenté de se définir comme seul véritable choix progressiste en vue du scrutin de lundi prochain.

À un moment où les libéraux et les verts tentent également de s’attribuer l’étiquette progressiste, M. Singh a affirmé que son parti est le seul à vouloir mettre en oeuvre de véritables changements qui avantageraient les Canadiens.

Il a repris sa formule lancée au dernier débat des chefs en français pour décrire les libéraux, affirmant que «M. Trudeau «flash» à gauche, mais tourne à droite», c’est-à-dire qu’il fait des promesses progressistes, puis gouverne de manière conservatrice.

«Les libéraux sont des progressistes qui donnent des belles paroles, nous sommes des progressistes qui donnent des actions concrètes», a-t-il affirmé mardi matin devant des journalistes rassemblés sur un trottoir du quartier Danforth, à Toronto.

Les verts critiqués

Il a également critiqué le Parti vert, qui s’est dit ouvert à travailler avec les conservateurs, ce qu’il refusera absolument de faire, a-t-il promis.

«Il n’est pas question que j’appuie un parti qui couperait tout ce dont nous avons besoin», a-t-il dit.

«On est fier du fait qu’on a déjà dit qu’on ne peut pas travailler avec les conservateurs parce qu’ils veulent couper dans les services. Mais on sait aussi que les libéraux n’ont pas livré la marchandise. Ils ont promis beaucoup, mais ils ont brisé les promesses.»

M. Singh estime que le NPD a vu sa cote monter dans les intentions de vote parce que les gens se reconnaissent dans son parti.

«Nous avons eu une campagne où les gens se sont sentis représentés. Les jeunes voient un parti qui se bat pour eux.»

Politique

Un vote pour les conservateurs est un vote pour le lobby des armes, croit Heidi Rathjen

MONTRÉAL - Des familles des victimes de tueries au Québec estiment que voter pour le Parti conservateur, le 21 octobre, équivaudra à voter pour le lobby des armes.

Si le Parti conservateur gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de l’École polytechnique de Montréal en 1980.

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles des victimes et des survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi dans l’institution universitaire, pour expliquer la lecture qu’ils font des engagements des partis politiques quant au contrôle des armes à feu.

«Ce que nous disons aux Canadiens, c’est qu’un vote pour les conservateurs, c’est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes», a lancé Mme Rathjen.

Élections 2019

Andrew Scheer fait les yeux doux à Québec [VIDÉO]

Lors de son passage à Québec, le chef conservateur a dit qu’il travaillait pour former un gouvernement majoritaire et pour ce faire, il dit avoir «besoin de la nation québécoise». Dans son discours, il a lancé une flèche au candidat libéral dans Québec, Jean-Yves Duclos, en le traitant de menteur.

Plus tôt mardi matin, Duclos répétait aux Québécois que «les coupes d’Andrew Scheer dans l’infrastructure annuleront l’investissement de 1,2 milliard $ dans le tramway de Québec».

«C’est complètement faux. C’est un autre mensonge de la part des libéraux», avait répliqué le chef du Parti conservateur lors du point de presse au Vieux-Port de Québec, dans la circonscription même de M. Duclos. 

Élections 2019

Le Bloc québécois s’attend à faire des gains dans la grande région de Québec

La grande région de Québec pourrait pencher vers le Bloc québécois le 21 octobre, à en croire le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

Il faisait campagne mardi au chantier maritime Davie, à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, où il a dit espérer déloger les conservateurs.

Plusieurs victoires sont «possibles», selon M. Blanchet, qui est en ascension dans les sondages d’opinion. Il déplore que des médias affirment que le Bloc fait de la «figuration» à Québec, sans «réel projet».

«Est-ce que les conservateurs vous ont si bien servis que ça? Est-ce que vous avez eu votre part? Est-ce que vous avez eu des réalisations réelles?» a-t-il lancé en point de presse.

La région de Québec compte actuellement cinq députés du Parti conservateur et deux du Parti libéral, dont le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

De l’autre côté du fleuve, la région de Chaudière-Appalaches est entièrement représentée par des députés conservateurs, à part Maxime Bernier, qui est aujourd’hui chef du Parti populaire du Canada.

Ce portrait pourrait changer le 21 octobre, prédit M. Blanchet, qui accuse les conservateurs de n’avoir su répondre aux attentes de la population québécoise.

«Arnaque historique»

Tous les partis cautionnent, depuis 2011, la stratégie de construction navale qui écarte le Québec, une «arnaque historique», a-t-il illustré en point de presse, mardi, entouré de candidats bloquistes.

M. Blanchet a demandé aux chefs des partis fédéraux de s’engager notamment à faire du chantier Davie le troisième partenaire de la stratégie de construction navale canadienne, à lui octroyer un contrat pour un second pétrolier ravitailleur, l’Obélix, et à tenir une commission d’enquête spéciale sur l’ensemble de la stratégie navale.

Selon lui, le chantier Davie n’a obtenu que 2 milliards $ de contrats du fédéral depuis le début de cette stratégie, tandis que le chantier Irving (Nouvelle-Écosse) et le chantier Seaspan (Colombie-Britannique) ont reçu 75 milliards $ et 25 milliards $ de contrats respectivement.

«Quand il y a une grappe de centaines d’entreprises à travers le Québec avec des retombées économiques de ce poids-là, qui sont laissées pour compte pour favoriser de façon grossière Irving dans les Maritimes, et à Vancouver, on a le droit de savoir ce qui s’est passé», a martelé le chef bloquiste.

Les adversaires contre-attaquent

La sortie de M. Blanchet mardi - à six jours du vote - a fait grand bruit. Le Parti libéral et le Parti conservateur se sont tous deux empressés de réagir dans les minutes qui ont suivi son point de presse.

Rappelons que le plus récent sondage Forum Research, réalisé auprès de 1001 Québécois pour le compte de Métro Montréal, suggère que le Bloc serait en deuxième position derrière les libéraux, avec 31 % des intentions de vote.

«Malgré toutes ses incantations, le chef du Bloc ne peut rien faire pour aider les travailleurs de la Davie», a déclaré la candidate libérale dans Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, Laurence Harvey, par voie de communiqué.

Élections 2019

Justin Trudeau promet de protéger l’accès aux cliniques d’avortement

FREDERICTON — Justin Trudeau promet que si son gouvernement libéral est réélu, il viendra au secours de la clinique d’avortement de Fredericton menacée de fermeture en raison du retrait de son financement provincial. Un engagement qu’il a pris malgré les critiques qui plaident que le problème aurait pu être évité s’il avait lui-même réagi plus tôt.

Lors d’un premier point de presse à Fredericton en début de journée, M. Trudeau a promis aux électeurs néo-brunswickois qu’une fois élu, il rencontrerait le premier ministre progressiste-conservateur Blaine Higgs pour s’assurer que la province offre à ses citoyens des services d’avortement, sans quoi des pénalités pourraient être imposées en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

L’avortement est devenu un enjeu dans la province maritime, alors que la seule clinique privée d’avortement du Nouveau-Brunswick, la Clinique 554, a annoncé récemment devoir fermer ses portes, le gouvernement refusant de couvrir les procédures d’avortement qui ne se déroulent pas dans un hôpital.

Cette clinique offre aussi de la médecine familiale et des services particuliers à la communauté LGBTQ+.

Il n’y a pas eu de véritable changement de politiques par rapport au précédent gouvernement libéral de Brian Gallant, considéré comme un allié de Justin Trudeau, mais ce détail n’a pas freiné le discours politique.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, y compris contre des politiciens conservateurs qui veulent limiter les droits des femmes, quelque chose qu’Andrew Scheer ne ferait certainement pas», a-t-il lancé.

Andrew Scheer, un catholique pratiquant qui a voté pour restreindre le droit à l’avortement dans le passé, a affirmé qu’il était personnellement anti-choix, mais qu’il s’opposerait à toute tentative de relancer ce débat à la Chambre des communes.

Deux hôpitaux à Moncton et un autre à Bathurst sont devenus les seuls endroits où sont offerts les services d’avortement couverts par l’assurance-maladie dans la province.

Actualités

Les commissions scolaires de l'Estrie rencontrent le député Bachand

« Pourquoi le gouvernement veut-il briser quelque chose qui va bien? » C’est la première question que posera le porte-parole des commissions scolaires de l’Estrie, Yves Gilbert, au député André Bachand. Une rencontre est prévue mardi pour discuter de la loi 40 qui vise à abolir les commissions scolaires.

Yves Gilbert, qui est président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, parlera aussi au nom de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke et de la Commission scolaire des Sommets. Le président de la CS Eastern Townships, Michael Murray, sera également de la rencontre. 

« On a un bas taux de décrochage en Estrie, on a le projet PRÉE qui existe depuis 10 ans, on a de beaux résultats, des plans qui ont été mis dans chaque commission scolaire pour réduire le décrochage, on est en bas de 5 % de taux de frais d’administration, alors que d’autres paliers gouvernementaux sont à 12 % et plus, explique M. Gilbert. On travaille avec les maires, les MRC, on a de beaux liens. On a des rencontres annuelles avec le conseil des maires. Ils nous suggèrent des choses et on les met en pratique. »

« Je ne vois pas comment le modèle qu’ils veulent mettre en place va améliorer la réussite des jeunes, continue-t-il. Je ne le vois pas. »

Quelque 25 commissaires scolaires des quatre commissions scolaires de l’Estrie se sont rencontrés vendredi soir dans le but d’établir un dialogue avec les élus. Ils aimeraient notamment comprendre comment le gouvernement Legault arrive à une économie de 45 millions $ en revoyant la structure de gouvernance scolaire.

« Je ne veux pas dénigrer personne, ce n’est pas ma façon de travailler [...] C’est une démarche honnête, loyale. Ce n’est pas de dire “mon père est plus fort que le tien”. Le système a fait ses preuves au fil des années. On veut un dialogue, pas un monologue », demande celui qui a travaillé durant 35 ans dans le système scolaire comme enseignant et directeur. 

« On se pose des questions. On veut qu’il [André Bachand] puisse vérifier auprès du ministre de l’Éducation si des choses peuvent être modifiées. Je comprends qu’il y aura une commission parlementaire. Il fait partie du parti au pouvoir, alors c’est la façon normale d’aller poser des questions. Il est très ouvert à m’entendre. Est-ce qu’il pourra me répondre? Je ne sais pas. Je n’en veux pas au député, il a l’amabilité de me recevoir », répète-t-il. 

Selon M. Gilbert, les commissaires scolaires s’impliquent, car ils croient au système. « Je pense que je peux faire une différence pour des jeunes dans leur encadrement, dans la vie communautaire. Les commissaires et moi, on peut faire la différence. Je ne suis pas ici pour dire que le nouveau modèle n’est pas bon, je tente de comprendre pourquoi on le met en place alors que l’autre fonctionne », résume-t-il. 

Politique

Plomb dans l’eau à l’école: les partis d’opposition dénoncent le laxisme du gouvernement

Le gouvernement Legault fait preuve de laxisme et de négligence, en se montrant incapable de garantir la qualité de l’eau bue par les enfants dans les écoles et les garderies, selon les partis d’opposition, inquiets des concentrations de plomb détectées par les chercheurs.

La situation est «très grave», selon la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, convaincue que le gouvernement a manqué à son devoir «essentiel et fondamental» de protéger la santé des enfants.

«Où est le ministre de l’Éducation?» a renchéri la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, persuadée que le gouvernement pourrait s’exposer à des poursuites pour ne pas avoir pris ses responsabilités quant à la salubrité de l’eau dans le réseau scolaire et celui des garderies. «Ils sont imputables», a-t-elle commenté, en parlant des membres du gouvernement.

La présence de plomb dans l’eau des fontaines de certaines écoles, telle que rapportée dans les médias, dont Le Soleil, a semé l’émoi dans les rangs de l’opposition et placé le gouvernement sur la défensive, jeudi.

Le gouvernement a tenté de se faire rassurant, en disant qu’il avait agi, tout en minimisant la gravité de la situation.

Le premier ministre François Legault a indiqué, en mêlée de presse, que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait commandé cette semaine une vérification de la qualité de l’eau dans toutes les écoles.

«On va fermer les abreuvoirs, s’il y a un risque» pour la santé des enfants, a-t-il commenté.

Mais dans l’intervalle, les enfants et leurs parents demeureront dans le doute, ne sachant pas si l’eau qui sort de la fontaine de l’école est exempte de plomb.

Le journal Le Devoir rapportait jeudi que trois chercheurs avaient claqué la porte d’un projet de recherche mené dans 36 écoles, VisezEau à l’école, l’hiver dernier, à la suite de la décision du ministère de la Santé d’abolir le volet visant à vérifier la qualité de l’eau.

Recherche en cours

Interpellée, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a dit jeudi que le gouvernement avait agi ainsi parce qu’il ne voulait pas dédoubler le travail déjà entrepris par l’Institut national de la santé publique (INSPQ) qui «est en train de faire un portrait totalement exhaustif» de la situation. Elle n’a pas fixé d’échéance pour obtenir et divulguer les résultats de cette recherche.

Tel que rapporté par Le Soleil jeudi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a confirmé avoir émis une directive pour que des tests soient effectués dans tous les services de garde, Centres de la petite enfance (CPE), et garderies privées, subventionnées ou non.

En juin, dans un avis, l’INSPQ avait sonné l’alarme, en révélant que le niveau de plomb détecté dans l’eau des écoles et des garderies du Québec était si élevé qu’il pouvait affecter le quotient intellectuel des enfants.

Politique

Trop-perçus d’Hydro : l’opposition vote contre le principe de la loi

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale se sont ligués, jeudi, et ont voté contre le principe du projet de loi 34 sur les trop-perçus d’Hydro-Québec.

Il s’agit d’un geste hautement inhabituel, puisque les oppositions votent normalement en faveur du principe d’un projet de loi, afin de le faire cheminer à l’Assemblée nationale, quitte à voter contre à l’étape de l’adoption.

La semaine dernière, une coalition regroupant le Parti libéral du Québec, Québec solidaire, le Parti québécois ainsi que des entreprises et des groupes de protection des consommateurs avait exigé le retrait du projet de loi 34 qu’elle considère bâclé.

La pièce législative remettrait 500 millions $ aux clients d’Hydro dès 2020, mais abolirait le système annuel d’évaluation des tarifs d’électricité par la Régie de l’énergie. Les tarifs seraient plutôt gelés lors de la première année, puis fixés en fonction de l’inflation.

Elle a été déposée le 12 juin dernier par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, pour tenter de clore la saga des trop-perçus d’Hydro-Québec qui place son parti dans une position inconfortable.

Dans l’opposition, la Coalition avenir Québec (CAQ) estimait que les Québécois avaient payé 1,5 milliard $ de plus que ce qu’ils auraient dû sur leur facture d’électricité entre 2008 et 2016. Elle exigeait le remboursement complet des trop-perçus. Mais une fois arrivée au pouvoir, la CAQ n’en a rien fait.

La proposition du ministre Julien a été «bricolée sur un coin de table», selon les partis d’opposition, qui craignent qu’elle n’avantage injustement Hydro-Québec et qu’elle n’augmente les tarifs d’électricité au lieu de les réduire. En outre, ils rappellent que les 500 millions $ allaient de toute façon, selon la loi, être remis aux Québécois sur deux ans.

Le gouvernement Legault a refusé d’abandonner son projet de loi. Jeudi, il lui a d’ailleurs permis d’atteindre la prochaine étape du processus législatif, soit celle de l’étude détaillée.

Le processus d’adoption d’un projet de loi est le suivant : la présentation, les consultations en commission, l’adoption du principe, l’étude détaillée, la prise en considération du rapport de la commission, l’adoption puis la sanction. 

Politique

Projet de loi sur le taxi: le bâillon évité

La menace de bâillon sur la réforme de l'industrie du taxi a finalement été écartée: le gouvernement caquiste et l'opposition sont parvenus à s'entendre pour adopter le controversé projet de loi 17 jeudi soir.

Le projet de loi pourrait bien ne pas mettre fin à la crise qui secoue ce secteur depuis plusieurs années, en raison de l’arrivée de la multinationale Uber. Les 800 millions $ promis en indemnisation ne suffisent pas pour apaiser les joueurs du taxi.

«C’est la fin de l’industrie, a déclaré Omar Berri, un des représentants du monde du taxi, au sortir de la commission parlementaire. [...] La crise, elle est là, et elle va durer longtemps.»

Mercredi, le premier ministre François Legault avait menacé de recourir au bâillon pour forcer l’adoption expéditive de la pièce législative de 275 articles avant l’échéance d’un projet pilote avec Uber la semaine prochaine. En cas de vide juridique, Uber serait devenu illégal.

Jeudi, Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont pu obtenir des concessions du gouvernement, par conséquent ils ont consenti à raccourcir les procédures pour une adoption rapide.

«Il y a toujours un risque à se rendre en bâillon, a justifié le leader parlementaire péquiste, Martin Ouellet, en conférence de presse en début de soirée. Le gouvernement aurait pu retirer des choses du projet de loi et l’industrie aurait été encore plus perdante, alors que la durée des débats est verrouillée.»

Des gains «théâtraux»

QS a notamment pu obtenir un rapport sur le projet pilote d’Uber, ainsi qu’un engagement pour électrifier la flotte de taxis d’ici à 2050. Le rapport qui a été distribué par la suite est largement caviardé : on relève que les redevances versées par Uber pour moderniser l’industrie s’élèvent à 30 millions $ au total sur près de trois ans, mais beaucoup de données sont oblitérées.

«Les gains de Québec solidaire sont théâtraux, a tranché le porte-parole libéral en matière de transports, Gaétan Barrette. Je pense plutôt que le ministre [des Transports, François Bonnardel] a gagné sur QS en lançant en pâture trois pièces documentaires.»

«Le rapport ne permet pas de juger de l’impact des nouveaux joueurs, il est inutile pour bonifier le projet de loi», a déploré le porte-parole péquiste, Joël Arseneau.

Le Parti libéral s’est vanté d’avoir fait des «vrais gains», notamment en faisant augmenter les indemnisations aux propriétaires de permis de taxi, leur versement forfaitaire rapide aussi, ainsi qu’une partie des contrats gouvernementaux.

L’opposition officielle libérale a néanmoins résolu de voter contre ce projet de loi «mal rédigé», qui fait entrer dans une «ère pleine d’inconnues».

De son côté, le PQ a obtenu que le ministre présente un bilan de la déréglementation dans trois ans. Aussi, autre gain: la table de concertation aura comme mission de se pencher sur l’effet de la multiplication des permis de taxi sur les territoires.

Le nouveau cadre législatif, adapté à l’arrivée d’Uber sur le marché, bouleversera l’industrie. En guerre avec le gouvernement, le monde du taxi a manifesté dans plusieurs villes et condamné encore jeudi le projet de loi.

Le gouvernement Legault s’est engagé à verser plus de 800 millions $ aux propriétaires de permis de taxi pour les indemniser pour la perte de valeur de leurs permis depuis l’arrivée d’Uber. Toutefois les propriétaires demandaient plus 1 milliard $.

Élections 2019

Propos Anti-islam de candidats bloquistes: les excuses suffisent à Blanchet

OTTAWA — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’excuse au nom des cinq candidats qui ont tenu ou partagé des propos anti-islam dans un passé récent, mais il ne voit pas la nécessité de leur montrer la porte.

Le Journal de Montréal a rapporté que les candidats Caroline Desbiens (Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix), Lizabel Nitoi (Marc-Aurèle-Fortin), Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord) et Claude Forgues (Sherbrooke) ont tenu ou partagé des propos anti-islam sur les médias sociaux entre 2013 et 2019.

Mme Desbiens, par exemple, mentionnait en 2013 la nécessité de faire avancer la charte des valeurs du Parti québécois, de peur que les femmes du Québec soient toutes obligées de porter le voile islamique dans un futur proche. M. Forgues a partagé en avril dernier une vidéo accusant l’islam d’être une «maladie».

À cela s’ajoute la candidate dans Saint-Maurice-Champlain, Nicole Morin, qui avait partagé en 2017 une vidéo du groupe identitaire La Meute.

Aux électeurs de juger

En arrivant au Musée canadien de l’histoire, jeudi en fin de journée, pour participer au dernier débat des chefs, M. Blanchet a réitéré, comme il l’avait dit plus tôt dans un communiqué, que ce serait aux électeurs québécois d’être les juges ultimes de cette affaire.

«Je suis très confiant que les autres chefs de parti vont accepter les excuses comme étant une démarche acceptable», a-t-il dit aux journalistes, en pointant vers les autres formations politiques qui ont eu leur lot de candidats problématiques.

«Il y a des candidats qui sont présentement candidats qui ont fait des erreurs de jugement, qui se sont excusés et qui sont toujours candidats», a-t-il fait remarquer.

Dans le communiqué transmis plus tôt, M. Blanchet a dit qu’il a «parlé personnellement» à ses cinq candidats et qu’ils «regrettent tous d’avoir partagé dans le passé des vidéos ou messages contenant des propos inappropriés».

Il n’a mentionné à aucun moment que la cible des attaques de ses candidats était la religion musulmane.

Les cinq candidats éclaboussés ont partagé le même message d’excuses, à quelques mots près et à quelques minutes d’intervalle.

«Je tiens à réitérer mon appui total et complet aux valeurs et au programme au Bloc québécois qui d’aucune façon ne prône des mesures allant à l’encontre de quelque communauté que ce soit, culturelle ou religieuse», ont-ils écrit.

«Si mon geste a pu offenser, je m’en excuse sincèrement, telle n’était pas mon intention. Ceci illustre la nécessité de réfléchir sur notre façon d’exercer notre liberté d’expression dans ce nouveau mode de communication et sur la responsabilité que nous avons tous à cet égard compte tenu de la très grande facilité à partager sur les réseaux sociaux», ont-ils répété en chœur.

«Troublants»

Jagmeet Singh estime que les propos anti-islam des candidats du Bloc québécois sur les réseaux sociaux sont «troublants».

Appelé à réagir, jeudi matin, le chef néo-démocrate a dit qu’il faut dénoncer toutes les formes de haine, peu importe le groupe visé. Il revient cependant au Bloc de décider de garder ces candidats ou non, estime M. Singh.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s’est dite «terriblement déçue» des excuses des candidats, qui sont insuffisantes à son avis.

Mme May croit que le prédécesseur de M. Blanchet, Gilles Duceppe, n’aurait jamais accepté de tels propos de la part de ses candidats. «Ce n’est pas le Bloc que j’ai connu», a-t-elle lancé à son arrivée au débat des chefs.

«On pensait que ce serait le Parti populaire de Maxime Bernier qui aurait des candidats qui auraient fait des déclarations racistes et haineuses», a accusé Mme May.

M. Bernier n’y voit aucun lien avec sa propre formation politique. «Dans notre parti, on ne tolère pas les propos comme ça», a-t-il affirmé, ajoutant qu’en fin de compte, «l’important, c’est qu’ils s’excusent de leurs propos tenus dans le passé».

Politique

Libéraux, néo-démocrates et verts appuient l’idée d’une instance pour juger les erreurs judiciaires

TORONTO - Trois des quatre grands partis nationaux appuient l’idée d’une instance indépendante, de type britannique, qui serait chargée de se pencher sur de possibles erreurs judiciaires, a soutenu cette semaine un groupe de pression.

Selon Innocence Canada, seuls les conservateurs n’ont pas encore pris d’engagement pour la création d’un tel mécanisme, qui serait, estime l’organisme, bien plus efficace que le système actuellement en vigueur au Canada: une demande de révision auprès du ministre de la Justice.

Une fois que tous les recours judiciaires sont épuisés - et même si de nouvelles preuves, cruciales, sont recueillies -, la seule option pour une personne reconnue coupable d’un crime qu’elle n’aurait pas commis est de demander au ministre de la Justice d’intervenir personnellement, au motif qu’il y aurait eu déni de justice. Le ministre peut alors exiger la tenue d’un nouveau procès ou demander à une Cour d’appel de décider de la suite des choses.

Élections 2019

Les résistants de la «vague orange» espèrent survivre

TROIS-RIVIÈRES — Des 58 députés élus par surprise lors de la «vague orange» de 2011, ils ne sont plus que sept à trimer dur pour leur réélection en 2019. Ils espèrent faire mentir les sondages nationaux qui prédisent leur quasi-extinction dans la province.

À l’entrée d’un magasin à grande surface à Trois-Rivières, le député sortant néo-démocrate Robert Aubin multiplie les poignées de mains et distribue des tracts. Des électeurs, qui le reconnaissent, lui donnent une accolade ou lui disent «bonne chance» de manière bien sentie.

M. Aubin, un ancien enseignant, a été élu contre toute attente en 2011 avec une écrasante majorité de 53,6 % des voix, loin devant sa plus proche adversaire du Bloc québécois Paule Brunelle, qui récoltait 23,8 % des voix.

En 2015, il a su résister à la «vague rouge» des libéraux qui a balayé une partie de la province. Le néo-démocrate a obtenu 31,8 % des voix, devançant à peine son adversaire libéral Yvon Boivin, à 30,2 %.

«J’ai souvent dit que j’avais l’impression d’être la petite maison blanche au Saguenay le soir de l’élection en 2015. Mais la petite maison blanche est encore là et moi aussi», rigole M. Aubin.

«Campagne de candidats»

En cette journée pluvieuse de campagne électorale, un homme plus âgé s’arrête pour aborder M. Aubin : «Quelle couleur?» «Néo-démocrate!», lui répond le candidat. «Ah, vous avez des chances!» lance l’homme avant de s’engouffrer dans le magasin pour faire des achats.

Jean-Claude Dubuc n’est pas de la circonscription. Mais il suit de près la politique et partage ses impressions avec M. Aubin. «Vous autres, je vous en donne deux : Mme [Ruth Ellen] Brosseau pis [Alexandre] Boulerice, analyse-t-il. C’est de valeur pour vous, mais...»

«Je vais avoir un immense plaisir à vous faire mentir le 21», répond le candidat du tac au tac.

Les plus récents sondages nationaux indiquent que le Nouveau Parti démocratique (NPD) performe moins bien au Québec qu’ailleurs au pays. Les néo-démocrates sont en quatrième position dans la province, derrière les libéraux, les bloquistes et les conservateurs.

À Trois-Rivières, la lutte s’annonce d’autant plus intéressante que les conservateurs misent sur l’ancien maire de la Ville, Yves Lévesque, et les libéraux sur celle qui était vue comme sa successeure, Valérie Renaud-Martin.

La remontée du Bloc, après la performance du chef Yves-François Blanchet aux derniers débats, vient pour sa part brouiller les cartes.

Malgré tout, M. Aubin se dit «convaincu d’être encore dans la course» dans sa circonscription. «Cette campagne-ci n’est pas une campagne de chefs, c’est une campagne de candidats», martèle-t-il. Ses électeurs le connaissent depuis les huit dernières années, et ça pèsera dans la balance, dit-il.

Politique

Manif sur le pont Jacques-Cartier: Legault blâme Québec solidaire

Le gouvernement Legault a condamné mercredi le refus de Québec solidaire de dénoncer sans ambiguïté le geste d’éclat des militants écologistes qui ont escaladé le pont Jacques-Cartier, mardi, à Montréal, paralysant la circulation pendant des heures.

Il craint même que les méthodes employées par ces «agitateurs» puissent inspirer les députés solidaires, qui se montrent déterminés à forcer le gouvernement à s’attaquer avec vigueur à la crise climatique dans les mois qui viennent.

Mais loin de s’amender, Québec solidaire (QS) est passé en mode attaque, mercredi, en assumant sa différence et en réaffirmant son refus catégorique de condamner le geste d’éclat commis par les militants écologistes d’Extinction Rébellion, dont une des personnes arrêtées est une organisatrice de Québec solidaire.

Québec solidaire est d’ailleurs le seul des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale à ne pas avoir dénoncé le moyen d’action choisi par les organisateurs pour faire valoir leur point de vue.

«Contrairement aux autres partis politiques, on ne va pas cracher sur ces gens-là», a dit d’emblée le leader parlementaire de Québec solidaire et député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, en point de presse, contrarié de voir le premier ministre et plusieurs ministres attaquer sa formation politique de front sur ce point.

Une des trois personnes arrêtées par la police pour avoir escaladé le pont en vue de sensibiliser la population à la crise climatique est une militante et organisatrice électorale de QS dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, Chantal Poulin, une enseignante au secteur primaire.

Quel modèle cette enseignante offre-t-elle aux enfants? s’est demandé le premier ministre, en mêlée de presse mercredi.

M. Legault a demandé à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, de «clairement condamner» le moyen d’action pris par les militants écologistes, «un geste illégal» et dangereux. Il l’a exhortée à prendre ses responsabilités.

«Climato-passivité»

Mais selon Gabriel Nadeau-Dubois, le gouvernement ne cherche qu’à faire diversion en agissant de la sorte, pour faire oublier sa «climato-passivité» dans la lutte contre les changements climatiques.

«La planète est en train de cramer», et tout ce qui importe pour le gouvernement «c’est l’attitude de Québec solidaire», a-t-il fait valoir.

La position de Québec solidaire consiste à dire que si le moyen d’action est «pacifique», il est réputé acceptable.

«Quand c’est pacifique et que ça ne vandalise rien, on ne dénoncera pas ça», a tranché le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, en disant souhaiter revenir au débat de fond, soit le plan de lutte aux changements climatiques promis par le gouvernement et attendu de pied ferme par QS.

D’ailleurs, Québec solidaire ne s’en cache pas : dans les prochains mois, le groupe des 10 parlementaires solidaires entend prendre tous les moyens à sa disposition pour faire bouger le gouvernement, «s’il continue d’être climato-passif».

«On va utiliser les règlements du Parlement pour faire en sorte qu’il ne puisse plus continuer à ignorer les 500 000 personnes qui ont marché dans les rues de Montréal» le 27 septembre, a commenté M. Zanetti, sans préciser jusqu’où QS était prêt à aller pour obtenir gain de cause.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, soutient que les députés solidaires ont laissé entendre ces derniers temps qu’ils allaient privilégier «l’obstruction systématique» en Chambre, voire le «blocage» des travaux parlementaires, en vue de «ralentir» l’activité au parlement.

Selon lui, chose certaine, le geste d’éclat de mardi à Montréal n’est «certainement pas la bonne approche pour rallier les gens à une cause».

«Cette forme-là de désobéissance civile, dans une certaine mesure, démobilise les gens, bien plus qu’elle les rallie à l’idée de se mobiliser pour la cause environnementale», selon le ministre Charette, déplorant que certains automobilistes coincés sur le pont Jacques-Cartier mardi «ont manqué un rendez-vous à l’hôpital».

«Il faut condamner Québec solidaire», a renchéri le ministre des Transports, François Bonnardel, en mêlée de presse.

Il reproche à la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, de «ne pas être capable de mettre ses culottes et dire : “C’est pas la façon de faire valoir ses droits”», a-t-il ajouté, déplorant lui aussi que «des milliers et des milliers de personnes» avaient été «prises en otage» par les militants écologistes mardi, un fait inacceptable.

Politique

Le Bloc québécois attaqué par les conservateurs et les libéraux [PHOTOS]

OTTAWA - À 12 jours du scrutin du 21 octobre, le Bloc québécois est la cible d’attaques plus insistantes de la part des libéraux et des conservateurs.

Justin Trudeau décrit la formation québécoise comme impuissante tandis que Andrew Scheer la dit obsédée par la souveraineté.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc, s’en amuse.

«Il y a, dans cette stratégie hautement prévisible des autres partis, une admission et une crainte que le Québec donne pas mal de sièges au Bloc québécois», a analysé M. Blanchet lors d’un point de presse à Gatineau, mercredi.

«Le Bloc ne peut pas mener un plan pancanadien contre les changements climatiques», avait dit plus tôt, à Markham en Ontario, un chef libéral qui en appelait aux intérêts environnementaux des Québécois qui, d’après lui, sont «encore plus que beaucoup d’autres Canadiens» préoccupés par l’environnement.

Le chef conservateur, lui, en appelait aux préoccupations financières des Québécois.

«Notre priorité, c’est de rendre la vie plus abordable et laisser plus d’argent dans les poches des Québécois et Québécoises. La priorité de M. Blanchet, c’est de travailler avec le Parti québécois pour la souveraineté», a affirmé Andrew Scheer lors d’un arrêt à la frontière canado-américaine.

«Les Québécois et Québécoises ont fait un choix l’an dernier. (Ils ont) choisi un nouveau gouvernement. Et maintenant, c’est le temps pour (un) nouveau gouvernement au niveau fédéral qui va renforcer la nation québécoise», a plaidé M. Scheer.

Élections 2019

Scheer promet à Québec plus de contrôle sur l’immigration

SAINT-BERNARD-DE-LACOLLE — Andrew Scheer a pris une page du livre du Bloc québécois pour venir parler d’immigration au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle, mercredi.

Le chef conservateur s’est en effet placé devant les nouvelles installations temporaires d’accueil des migrants irréguliers au petit chemin frontalier pour s’engager à «recevoir avec intérêt» les demandes du gouvernement Legault d’exercer un plus grand contrôle sur la sélection des nouveaux arrivants sur son territoire.

«J’appuie (...) la volonté du premier ministre (François) Legault d’exercer plus d’autonomie dans la sélection et les conditions d’accueil de ceux et celles qui veulent immigrer au Québec», a déclaré M. Scheer.

«Je vais donc recevoir avec intérêt les demandes de modifications de l’accord Canada-Québec sur l’immigration», a-t-il promis, sans parler explicitement du test de connaissance des valeurs que veut imposer le gouvernement Legault, ni du désir du gouvernement caquiste de contrôler le nombre de réfugiés et le nombre d’immigrants qui viennent rejoindre leurs familles.

M. Scheer a aussi promis d’agir pour faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers, prenant l’exemple de médecins ou d’ingénieurs qui ne peuvent pratiquer, sans toutefois pouvoir expliquer comment il pensait intervenir, alors qu’il s’agit là d’un domaine de compétence provinciale d’une part et d’une chasse gardée des ordres professionnels, d’autre part.

Resserrement de la frontière

Ironiquement, le chef conservateur a commencé son allocution quelques minutes après l’arrivée de nouveaux demandeurs d’asile au point de passage. Son propos, outre l’ouverture aux demandes du Québec - exprimée également par le Bloc québécois - visait justement à proposer des mesures pour fermer la faille qui permet aux migrants d’entrer au Canada sans être refoulés à la frontière.

M. Scheer s’est ainsi engagé, s’il est élu, à embaucher 250 officiers de plus pour patrouiller à la frontière. Et sans en préciser le nombre, il a dit qu’il déploierait à la frontière, «vers les points chauds des migrants illégaux», des juges de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié afin qu’ils traitent plus rapidement les demandes d’asile.

Le chef conservateur a également promis de renégocier avec les États-Unis l’entente des tiers pays sûrs et, si la négociation n’aboutit pas comme il le désire, d’imposer le principe de cette entente sur toute la frontière canado-américaine.

Cette entente, en ce moment, prévoit qu’un candidat réfugié demande l’asile dans le premier pays sûr où il arrive. S’il tente de passer d’un pays sûr à un autre, en l’occurrence des États-Unis au Canada, pour demander le statut de réfugié, l’entente fait en sorte qu’il sera refoulé aux États-Unis. Cependant, l’entente prévoit le refoulement seulement dans les cas de postes frontaliers et douanes portuaires et aéroportuaires et non pas dans les cas de passages irréguliers, comme le chemin Roxham.

Revoir les niveaux d’immigration

Andrew Scheer a cependant aussi tenu un discours à saveur populiste en parlant d’immigration, tout en demeurant très prudent dans le choix des mots.

Ainsi, il a promis de revoir et fixer les niveaux d’immigration annuellement «selon les intérêts et les besoins du Canada» tout en tenant compte «de notre capacité à accueillir convenablement des réfugiés humanitaires».

Interrogé sur les niveaux actuels, toutefois, il a offert une réponse à la fois neutre et chargée politiquement. «Je ne veux pas, pour des raisons politiques, présenter des chiffres plus élevés ni plus bas. On va arriver à un niveau basé sur les données, basé sur l’information, basé sur les besoins de notre pays», a-t-il répondu, afin d’assurer que, dans l’avenir «les Canadiens (puissent) avoir confiance que nos cibles sont basées sur les preuves, sur les besoins économiques, sur les besoins basés sur la population».

Le chef conservateur a néanmoins joué la carte de l’inquiétude, faisant référence à «une profonde crise de confiance dans l’immigration depuis quelques années», ajoutant qu’une «majorité de Canadiens ont maintenant une impression négative de l’immigration».

Politique

Maxime Bernier présente sa seule mesure environnementale

SAINT-GEORGES-DE-BEAUCE - Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a présenté mardi la seule mesure de sa plateforme électorale pour protéger l’environnement.

Il a l’intention d’accorder plus d’argent à Environnement Canada pour resserrer la réglementation de la protection des eaux et mener des «enquêtes nécessaires» pour s’assurer de la bonne qualité des cours d’eau au pays.

M. Bernier n’a pas précisé combien d’argent il donnerait au ministère pour mener à bien ses enquêtes, mais il a l’intention de payer cette promesse en coupant dans l’aide internationale envoyée aux pays en développement.

Le chef du Parti populaire a fait cette annonce, en Beauce, au lendemain d’un débat où il a fait rire de lui quand il a dit que son parti était le seul défenseur de l’environnement.

Dans sa plateforme sur l’environnement, le Parti populaire promet qu’il se retirerait de l’Accord de Paris, abolirait la taxe libérale sur le carbone et abolirait les subventions aux technologies vertes.

M. Bernier conteste également les consensus scientifiques qui disent que les changements climatiques sont causés par l’activité humaine.

Politique

Scheer frustré par le format du débat

OTTAWA — Au lendemain du seul débat en anglais de la campagne fédérale où six chefs de parti ont pu s’affronter, les uns et les autres sont revenus sur leur performance de la veille.

À Markham, Andrew Scheer s’est plaint du format de l’exercice. À Toronto, Jagmeet Singh a dû expliquer, une fois de plus, sa position concernant la loi québécoise sur la laïcité. À Gatineau, Yves-François Blanchet a exprimé sa lassitude d’avoir eu à discuter, encore, de laïcité. Et à Iqaluit, Justin Trudeau a dit ne pas croire que sa position sur ce sujet lui coûterait des votes au Québec.

«J’étais déçu que je n’ai pas eu beaucoup d’opportunités pour les échanges directs avec Justin Trudeau. [...] Mais ça, c’est le format», a protesté M. Scheer, en arrêt de campagne dans la région torontoise, mardi matin.

M. Scheer ne croit pas avoir raté une occasion de présenter son programme aux électeurs qui, pour la plupart, n’auront pas d’autres débats des chefs à regarder. Répondant à une question de journaliste, il a dressé la liste des promesses qu’il croit avoir bien décrites au débat de lundi.

Le chef conservateur avait entamé ce débat en insultant le premier ministre sortant, l’affublant de deux épithètes — phony et fake — qui ont mené à différentes traductions : faux jeton, faux, poseur ou hypocrite.

Laïcité

Politique

Litige dans le taxi: Bonnardel proposera de nouvelles mesures

Pour tenter de régler le litige qui persiste dans l’industrie du taxi, le ministre des Transports, François Bonnardel, proposera de devancer le paiement des compensations financières.

Ces compensations devaient être étalées sur une période de cinq à six ans, au grand dam de l’industrie. Le ministre parle maintenant d’un «devancement rapide».

Lundi à Québec, il a formulé également d’autres propositions, comme la bonification de 10 à 40 millions $ du programme d’aide pour des besoins particuliers de propriétaires de permis de taxi, qui provient de sommes qui sont actuellement disponibles dans le Fonds de modernisation de l’industrie.

De même, il a proposé la création d’une table de concertation de l’industrie du transport rémunéré de personnes par automobile. Celle-ci verra à conseiller le gouvernement sur les questions reliées au projet de loi 17 qui réforme l’industrie.

M. Bonnardel a réitéré le fait que l’industrie du taxi traditionnel aurait l’exclusivité des contrats de transport adapté conclus avec les organismes de transport «tout en préservant ce service essentiel pour les personnes handicapées».

Il a aussi réitéré que l’industrie du taxi aurait l’exclusivité des courses demandées oralement par téléphone, à un poste d’attente ou hélées dans la rue. Ces taxis continueront d’avoir la possibilité de s’équiper d’un lanternon et d’un taximètre.

Le ministre a toutefois précisé que «certaines de ces nouvelles propositions seront sous réserve de l’adoption d’amendements au projet de loi».

Sa réforme n’est toujours pas adoptée. Et tant Gaëtan Barrette, de l’opposition libérale, que Joël Arseneau, de l’opposition péquiste, ont affirmé lundi qu’il appartenait au ministre de régler rapidement la question de la compensation financière à verser, ainsi que d’autres points en litige, car le temps presse.

Reprise des discussions

Les discussions ont récemment repris entre des représentants de l’industrie du taxi et le gouvernement du Québec dans l’espoir d’en arriver à une entente, alors que le projet pilote qui a permis à Uber de continuer ses activités arrivera bientôt à échéance.

L’Association des taxis des régions du Québec a fait savoir, lundi, qu’elle avait eu des «discussions sérieuses» avec le ministère des Transports. Le ministre Bonnardel l’a d’ailleurs confirmé, évoquant lui aussi des «discussions constructives».

La question des compensations à verser est toujours au cœur du litige, tant pour le montant à verser que pour l’équité dans la distribution.

L’ATRQ, qui représente des intermédiaires du taxi et des propriétaires de permis de taxi dans les régions urbaines et des municipalités rurales, affirme bénéficier de l’appui d’autres regroupements de l’industrie à Montréal et à Québec. Elle estime représenter environ les trois quarts des 8000 titulaires de permis de propriétaire de taxi au Québec.

L’ATRQ revendique une compensation plus importante pour les titulaires de permis de propriétaire de taxi. Elle revendique également une distribution plus équitable.

Elle demande aussi un encadrement «plus concurrentiel» face aux autres acteurs de l’industrie du transport rémunéré de personnes.

Politique

Fermes et chantiers de construction: Boulet exigera plus de prévention

Les employés agricoles et de la construction doivent travailler dans des milieux plus sécuritaires, plaide le ministre du Travail Jean Boulet. Il se prépare à exiger davantage de mesures de prévention pour ces deux secteurs dans un projet de loi qui sera déposé en décembre.

En entrevue au Soleil, le ministre Boulet confie avoir été «ébranlé» par trois accidents de travail mortels survenus au cours des derniers jours. 

Vendredi, une employée en communication du ministère de l’Agriculture a perdu la vie lors d’un tournage sur une ferme produisant des canneberges à Shawinigan. Samedi soir, un employé de l’entreprise Margarine Thibault a été électrocuté à Trois-Rivières, alors que dimanche, un jeune homme de 19 ans de Sherbrooke est mort coincé dans l’engrenage d’un tracteur sur une ferme de Val-Joli.

«Cette conjoncture-là me démontre l’importance de notre réforme en santé et sécurité», lance M. Boulet. Depuis son élection il y a un an, le ministre travaille à dépoussiérer les lois sur les accidents de travail et les maladies professionnelles, qui n’ont pas été réformées en profondeur depuis plus de 30 ans. 

Par exemple, des articles de la Loi sur la santé et la sécurité du travail qui concernent le milieu de la construction ne sont jamais entrés en vigueur. Tout comme les fermes, les chantiers de construction ne sont pas tenus à l’heure actuelle d’appliquer un programme de prévention des accidents. Pourtant, 31 % des 226 décès enregistrés à la suite d’un accident de travail en 2018 se sont déroulés dans le domaine de la construction. «Je trouve particulier qu’il n’y ait pas d’exigences pour ces milieux-là», dit le ministre. 

Réécrire la loi

En 1979, lorsque cette loi a été écrite, le gouvernement avait ciblé des milieux prioritaires, comme la pétrochimie, les mines et les forêts. Aujourd’hui, M. Boulet veut réécrire la loi afin de s’assurer qu’elle soit équitable pour toutes les entreprises, et que les exigences varient en fonction du «niveau de risque» auquel sont confrontés les employés. «Il ne faut pas que ce soit cristallisé dans le temps. Il va falloir tenir compte de l’évolution des risques dans tous les secteurs, parce que le marché du travail change constamment», commente-t-il. 

Prévu pour l’automne, le projet de loi de M. Boulet sera déposé en décembre, avant la fin de la session parlementaire. Il s’y est engagé par une motion la semaine dernière, après que la FTQ, la plus grande centrale syndicale du Québec, ait fait une sortie publique sur l’urgence de cette réforme. «On suit les échéanciers qu’on s’était fixés. Ça avance bien», indique le ministre. 

La rareté actuelle de la main-d’œuvre devrait encourager les entreprises à prendre soin de leurs employés, croit M. Boulet. «Les études démontrent que chaque dollar investi en prévention rapporte jusqu’à 5 $ à une entreprise. Parce que les employés sont plus motivés, que son taux de roulement est plus bas, qu’il y a moins de perte de temps, entre autres.»

Malgré les nombreuses campagnes publicitaires payées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le nombre d’accidents travail est en augmentation au Québec. Il s’établit aujourd’hui à une moyenne de 251 accidents du travail par jour. Il y a quelques mois, le ministre Boulet avait révélé qu’il souhaitait que sa réforme englobe non seulement les maladies physiques, mais aussi les maladies psychologiques.

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de sur le radar se penche sur la question.

Élections fédérales

La campagne électorale fédérale se poursuit tout au long de la semaine. À surveiller cette semaine : les deux débats télévisés des chefs de parti, en anglais lundi, et en français, jeudi.

Enfants canadiens en Syrie

L’avocat Stéphane Handfield, spécialisé dans les causes d’immigration, tiendra une conférence de presse concernant le sort d’enfants canadiens qui se trouvent dans des camps en Syrie.

Maternelle 4 ans

La Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale poursuit son étude de la loi 5 concernant la maternelle dès l’âge de 4 ans.

Procès Fradette

Les plaidoiries s’amorceront jeudi au procès d’Ugo Fradette accusé de deux meurtres au second degré, dont celui de son ex-conjointe Véronique Barbe.

Canadien de Montréal

Le Tricolore amorcera sa saison locale en affrontant jeudi les Red Wings de Detroit et samedi, les champions de la coupe Stanley, les Blues de St. Louis, au centre Bell. Auparavant, ils auront fait face mercredi aux Sabres à Buffalo.

Politique

Québec veut interdire le «Bonjour-Hi!» dans les commerces et services publics

Québec cherche le moyen d'interdire la formule «Bonjour-Hi!» pour faire en sorte que le français soit la seule langue d'accueil dans les commerces et les services publics.

C'est ce qu'à affirmé vendredi le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, au terme d'une interpellation de deux heures à l'Assemblée nationale sur le «renforcement de la loi 101».

«Les gens souhaitent être accueillis en français», a-t-il déclaré en mêlée de presse, sans toutefois préciser comment il entendait procéder, concrètement.

Le ministre, qui se dit pragmatique et pour qui les lois québécoises doivent être facilement «applicables», a néanmoins affirmé vouloir donner suite aux motions adoptées unanimement à l'Assemblée nationale.

La plus récente de ces motions, présentée par le Parti québécois (PQ), invitait «tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale à l'accueillir chaleureusement avec le mot "bonjour"».

Il a cité des données de l'Office québécois de la langue française (OQLF), selon lesquelles l'accueil en français à Montréal serait passé de 84 pour cent à 75 pour cent entre 2010 et 2017.

L'Assemblée nationale tient à l'accueil uniquement en français, a poursuivi le ministre, «et je pense que je vais devoir traduire ça dans des mesures au cours des prochains mois avec la réforme que je vais proposer».

«Il y a un consensus que lorsqu'on se fait accueillir dans un endroit public, c'est le terme "bonjour" qui est utilisé, alors je réponds à la volonté de l'Assemblée nationale», a-t-il ajouté, en assurant ne pas être «dans une logique de police de la langue».

La députée libérale Christine St-Pierre s'est montrée ouverte, vendredi, en affirmant que si le gouvernement présentait un projet de loi en ce sens, elle et son parti l'étudieraient.

«Je suis pour la promotion et la protection du français, a-t-elle déclaré en impromptu de presse. Je suis prête à écouter toutes les propositions que le ministre va mettre sur la table. Je suis prête à discuter avec lui, à travailler de concert avec lui pour faire en sorte que le français puisse être bien protégé au Québec.»

Elle a nuancé son propos en disant que son parti allait toujours défendre les droits et libertés individuelles.

La peur comme moteur de l'action

Plus tôt, le député péquiste Joël Arseneau avait dénoncé le «silence radio» du gouvernement Legault en matière de langue française. Il s'était prononcé en faveur d'une interdiction du «Bonjour-Hi!», en particulier au sein des sociétés d'État.

«On est ouvert à toute mesure qui va permettre de renforcer l'idée que le français est la langue d'usage en milieu de travail et dans la société québécoise», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Il a rappelé la déclaration fracassante de François Legault en campagne électorale, selon laquelle il disait craindre que «nos petits-enfants ne parlent plus français».

«On ne peut pas à la fois dire qu'on a peur pour l'avenir et être paralysé par l'immobilisme. Normalement, la peur doit être un moteur de l'action, et s'il est sincère dans sa volonté d'améliorer les choses (...), je pense qu'il est plus que temps d'aller de l'avant avec un plan d'action.»

Le PQ demande donc au gouvernement Legault:

  • d'étendre l'application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés;
  • d'interdire aux entreprises d'exiger la connaissance de l'anglais lors d'une embauche quand ce n'est pas nécessaire à l'emploi;
  • de mettre en vigueur l'article 1 de la loi 104 qui veut que l'État communique uniquement en français avec les personnes morales.

De son côté, la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire, a dit souhaiter en outre que le gouvernement s'attaque à la protection de la culture québécoise face aux géants du web, applique la loi 101 aux entreprises de juridiction fédérale agissant au Québec, fasse relever l'OQLF de l'Assemblée nationale et interdise la dispensation de programmes en anglais dans les universités francophones.

«Le français, c'est la cinquième langue la plus parlée au monde. On n'a pas besoin d'être gênés de nos programmes», a-t-elle déclaré.

Réagissant à ces demandes, M. Jolin-Barrette a répondu que «tout est sur la table».

Simon Jolin-Barrette a hérité du dossier de la langue française le 4 septembre dernier, lorsque le premier ministre François Legault a choisi de retirer ces responsabilités des mains de la ministre de la Culture, Nathalie Roy.

Élections 2019

Une déclaration de Blanchet perçue comme raciste fait débat au Canada anglais

OTTAWA — Une déclaration que le chef bloquiste Yves-François Blanchet a faite lors du débat en français de TVA, mercredi soir, a été perçue dans certains cercles du Canada anglais comme un appel au racisme.

Le parti, qui a ensuite partagé l'essentiel de son message sur Twitter, a eu droit à des commentaires qui remettaient en question le choix des mots utilisés. Au Bloc québécois, on dit que M. Blanchet faisait référence aux valeurs québécoises et non pas à l'identité ethnique.

À la fin du débat de TVA, en guise de conclusion, M. Blanchet a mis en opposition ses trois autres adversaires fédéralistes et le Bloc québécois, qui est le seul qui peut «porter la volonté et les demandes du Québec», à son avis.

S'adressant à la caméra, il a dit la chose suivante: «Le 21 octobre, la décision va vous appartenir. Vous pouvez opter pour des femmes et des hommes qui vous ressemblent, qui portent vos valeurs, qui partagent vos préoccupations et qui travaillent et qui travailleront pour vos intérêts. Et seulement pour les intérêts des Québécoises et des Québécois.»

Il a terminé sa déclaration en disant: «Demain vous appartient», qui a aussi fait débat sur les réseaux sociaux. La phrase, traduite en anglais, rappelle la chanson «Tomorrow Belongs to Me» chantée par la jeunesse hitlérienne dans la comédie musicale «Cabaret».

Dans les faits, le Bloc fait référence à la chanson de campagne «Demain nous appartient» du Parti québécois de René Lévesque lorsqu'il a pris le pouvoir en 1976.

Sur les réseaux sociaux, des journalistes et commentateurs anglophones ont débattu de la traduction exacte de «qui vous ressemblent». Certains ont cru comprendre qu'il parlait de l'apparence physique des Québécois, en majorité blancs. D'autres y ont vu un appel à la similarité des idées entre Québécois.

M. Blanchet, qui faisait campagne dans la circonscription de Beloeil-Chambly jeudi, s'est défendu par le biais d'une déclaration écrite.

«Des hommes et des femmes qui se reconnaissent dans le programme et les valeurs du Bloc Québécois, ce sont les gens à qui on ressemble. Ils veulent un Québec prospère, avec une économie verte, laïque, français, accueillant et redevable envers ses aînés», a-t-il affirmé.

Questionné à ce sujet jeudi matin, le chef conservateur Andrew Scheer n'a pas voulu s'avancer sur la déclaration de M. Blanchet, mais a dit que le Bloc a joué sur la «division» par le passé. M. Scheer dit qu'il compte pour sa part continuer de trouver un «terrain d'entente» entre tous les Canadiens.

M. Blanchet, dont le parti monte dans les sondages au Québec, a été la cible de ses adversaires, mercredi soir, qui tentent de freiner sa montée.

Le chef libéral Justin Trudeau a accusé M. Blanchet de vouloir alimenter les dissensions entre Ottawa et Québec parce que, ultimement, le Bloc souhaite réaliser l'indépendance du Québec.

Un argument repris par M. Scheer, qui a dit que le Bloc «est concentré sur les vieilles chicanes et sur le débat sur la souveraineté».

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a pour sa part dit que c'était «dégueulasse» que le Bloc tente de «créer des chicanes». Il a cité, entre autres, le débat sur le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté en 2015 qui avait plombé la campagne de son prédécesseur Thomas Mulcair. Le Bloc avait exploité cet enjeu pendant la dernière campagne électorale.

«Vous m'accusez tous de faire de la chicane, alors que moi, ce que je propose, c'est que le Québec et le Canada soient de bons amis, égal à égal, selon la grande intuition de René Lévesque, plutôt que des mauvais colocs ou de mauvais coucheurs qui se chicanent», a répliqué M. Blanchet au débat de TVA.

Élections 2019

Sondage Mainstreet–Le Nouvelliste: Ruth Ellen Brosseau en avance

LOUISEVILLE — Selon un sondage Mainstreet mené le 26 septembre dernier, la députée sortante du NPD, Ruth Ellen Brosseau, conserverait la circonscription de Berthier-Maskinongé devant le candidat du Bloc québécois, Yves Perron.

En effet, à la question «Si l’élection fédérale avait lieu aujourd’hui, pour quel candidat voteriez-vous?», 35,5 % des 600 personnes interrogées ont répondu qu’elles voteraient pour la représentante néodémocrate alors que 27,8 % des répondants se sont exprimés en faveur de son rival bloquiste.