«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ

Politique

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Plusieurs propositions et autant d’attaques ont composé le troisième et dernier débat de la course à la chefferie du Parti québécois, mardi soir. «Guy, j’ai l’impression que tu ne te présentes pas dans le bon parti, tu attaques le Parti québécois!» a entre autres déploré Sylvain Gaudreault, à l’endroit de son vis-à-vis Guy Nantel.

M. Nantel a une fois de plus critiqué le travail des gouvernements précédents au Québec. Dont celui formé par le PQ de 2012 à 2014 et le feu vert alors donné au polluant projet de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel, en Gaspésie. Gouvernement dans lequel le député Gaudreault agissait comme ministre.

M. Nantel avait verbalisé le même genre de critique au débat précédent à propos de la cimenterie McInnis. Cette fois, il a ajouté les redevances minières alors obtenues par le gouvernement Marois.

«En politique, on défend des idées. Je suis une personne de convictions! Si on veut quelqu’un qui va toujours dire oui pour ne pas blesser personne, il ne faut pas voter pour moi», a indiqué M. Nantel en point de presse d’après-débat, disant vouloir aller à l’inverse la «continuité» qu’offre la candidature de M. Gaudreault.

Il a aussi souligné que sa notoriété permettrait de rejoindre plus de Québécois lors des élections de 2022. «La question qu’il faut se poser, c’est qui peut faire gagner le Parti québécois?» a-t-il répété.

Vote dans deux semaines

C’est connu, l’humoriste n’hésite jamais à frapper à gauche et à droite. Mais ne refuse pas non plus une bonne idée d’un adversaire. Il a même reconnu que d’avoir un chef élu, M. Gaudreault étant le seul député des quatre candidats, constituerait un avantage.

MM. Gaudreault, Nantel, Frédéric Bastien et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.

«On vient de vivre la plus longue campagne à la chefferie de l’histoire. Huit mois à faire des Zoom, des capsules, trois débats... Vous avez tout entendu», a résumé M. Nantel, dans son mot de conclusion, pour signifier comment cette course à la direction du PQ aura été marquée par la pandémie de COVID-19.

Dans le cas du premier candidat déclaré, M. Gaudreault approchera presque une année complète de campagne.

Membres et sympathisants voteront du 5 au 9 octobre. L’identité du 10e chef élu dans l’histoire du Parti québécois sera dévoilée le vendredi soir, 9 octobre.

Pas de spectacle sur la souveraineté

Attaques, défensives, revers et quelques smashs ont ponctué la joute.

St-Pierre Plamondon propose d’utiliser 2 des 11 milliards $ du Fonds des générations pour l’investir en environnement. L’autonomie alimentaire doit aussi devenir une priorité, exprime l’avocat. «Les pays se volaient des masques pendant la pandémie, imaginez s’il manquait de nourriture», a-t-il illustré, pour signifier l’importance de son plan.

M. Gaudreault propose entre autres la création d’une SÉPAQ du patrimoine et d’une École nationale du patrimoine, en plus du poste de sous-ministre, «haut fonctionnaire chargé de briser les silos» des ministères. Il s’est aussi réjouit d’enfin parler d’environnement, «l’enjeu planétaire du 21e siècle», dans le dernier tiers du dernier débat.

M. Nantel ferait payer plus d’impôts aux entreprises aux noms anglophones, ressusciterait les Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) et ouvrirait davantage de bureaux du Québec dans les pays d’où proviennent beaucoup d’immigrants venus s’installer ici, entre autres projets.

Après le débat, aux journalistes, Sylvain Gaudreault a émis l’idée que s’il devient chef, il verrait Guy Nantel partir en tournée de spectacles pour convaincre les Québécois du bien-fondé de l’indépendance. Un J’aime Hydro, la pièce de Christine Beaulieu sur notre hydroélectricité, mais sur la souveraineté.

«Je reprendrais mes affaires sans être au service d’une commande», a toutefois répondu l’humoriste, se disant ouvert à travailler aux côtés d’un chef Gaudreault dans un rôle politique plus direct.

Capitaine Constitution en hausse

De son côté, M. Bastien, moins connu et quatrième dans les sondages, a paru de plus en plus à l’aise d’un débat à l’autre. «Plus je fais des débats, plus j’aime ça», a-t-il reconnu, disant avoir du plaisir.

Celui que l’on pourrait surnommer Capitaine Constitution veut entre autres abolir les accommodements religieux et mettre sur pied un institut national de la géographie. «Si on veut protéger notre territoire, il faut commencer par le connaître», a dit ce prof d’histoire au cégep anglophone Dawson.

Il a continué de se poser en plus grand combattant des «fédéraux», comme il se plaît à nommer tout ce qui concerne les fédéralistes d’Ottawa, arguant que de forcer des négociations constitutionnelles raviverait inévitablement la flamme souverainiste.

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Politique

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Joan Bryden
La Presse Canadienne
Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA - La Chambre des communes procède actuellement à des essais visant à permettre aux députés de voter à distance en vue du retour au parlement prévu mercredi pour le discours du Trône.

Le gouvernement minoritaire libéral doit profiter de ce moment important pour présenter une mise à jour de sa gestion de la pandémie ainsi que de son plan pour diriger le pays après la COVID-19.

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Politique

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Parce que le français «perd du terrain», Québec a annoncé une série de mesures pour donner plus de moyens à l'Office québécois de la langue française (OQLF), dont 50 employés et trois bureaux de plus, ainsi qu'une nouvelle «équipe-choc» dédiée à accompagner les petites entreprises.

«À l'instar de beaucoup de Québécois, le gouvernement est préoccupé par l'évolution de la situation linguistique. Les dernières études publiées par l'OQLF l'ont démontré. Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Actualités

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Mia Rabson
La Presse Canadienne
OTTAWA — La Cour suprême du Canada doit entendre à compter de mardi des appels dans trois affaires distinctes pour déterminer si la taxe fédérale sur le carbone est constitutionnelle ou si elle empiète sur les champs de compétence provinciale.

Des cours d’appel de la Saskatchewan et de l’Ontario ont confirmé la loi fédérale, tandis que la Cour d’appel de l’Alberta l’a invalidée.

La contestation devant le plus haut tribunal au pays pourrait donner lieu à un arrêt décisif pour l’un des piliers du programme des libéraux de Justin Trudeau en matière de climat. La tarification du carbone serait responsable de jusqu’à 40 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour respecter les obligations du Canada en vertu de l’accord de Paris.

L’affaire doit être entendue pendant deux jours, avec les arguments d’au moins sept provinces, du gouvernement fédéral, de l’Assemblée des Premières Nations et d’une vingtaine d’intervenants tels que des groupes environnementaux et des syndicats.

Les gouvernements de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan soutiennent que la loi érode leur compétence en matière de ressources naturelles et de fiscalité provinciale. À l’inverse, Ottawa soutient que les émissions de carbone constituent une préoccupation nationale, qui dépasse les frontières provinciales et nécessite une réponse pancanadienne.

La Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre, adoptée en juin 2018, fixe un prix minimal de 10 $ par tonne de carbone, qui doit augmenter progressivement jusqu’à 50 $ la tonne en 2022.

Cette réglementation repose sur l’idée selon laquelle des émissions de gaz à effet de serre plus coûteuses ont un effet dissuasif sur les comportements polluants, tout en stimulant le développement de technologies plus sobres en carbone.

Ottawa retourne 90 % des recettes sous forme de remboursements d’impôt, et le reste est injecté dans des fonds pour soutenir le virage vert des entreprises.

La loi permet aux provinces d’imposer un prix sur le carbone comme elles l’entendent, mais celles qui n’ont pas leur propre taxe ou système de plafonnement et d’échange conforme aux exigences fédérales se voient imposer la taxe telle que conçue par Ottawa.

C’était le cas de quatre provinces — la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick — lorsque la loi est entrée en vigueur en 2019.

Un Québec carboneutre en 2050: pas d'engagement de Legault à son aile jeunesse

Politique

Un Québec carboneutre en 2050: pas d'engagement de Legault à son aile jeunesse

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Un Québec carboneutre en 2050 : est-ce un objectif réaliste et réalisable par un gouvernement de la CAQ?

C'est ce que croient les jeunes militants de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ont fait pression dimanche sur le premier ministre François Legault pour qu'il s'engage à faire ce qu'il faut maintenant pour que cet objectif devienne réalité dans 30 ans.

L'ancien premier ministre du Canada John Turner s'éteint à 91 ans

Politique

L'ancien premier ministre du Canada John Turner s'éteint à 91 ans

Isabelle Rodrigue
La Presse Canadienne
Entré en politique au début de la trentaine, ses pairs le considéraient dès le début de sa carrière politique comme un aspirant sérieux au poste de premier ministre. Mais John Turner, qui s'est éteint à l'âge de 91 ans, n'aura finalement passé qu'un peu plus de deux mois à la tête du pays, l'un des plus courts mandats de l'histoire.

M. Turner est mort paisiblement vendredi soir chez lui, a indiqué un ancien collaborateur, Marc Keasley, au nom de la famille.

Premier ministre libéral de juin à septembre 1984, John Turner ne sera demeuré que 78 jours à la tête du pays, avant d'être balayé par la vague conservatrice menée par Brian Mulroney. Ses deux défaites électorales consécutives, en 1984 et en 1988, contribueront à lui accoler l'image d'un beau garçon sans profondeur, incapable de mener ses troupes à la victoire.

Pourtant, la carrière politique de Turner semblait destinée à de grandes réalisations. Il n'a pas encore 40 ans et ses collègues libéraux voient en lui un futur chef promis à un avenir brillant.

Né en Angleterre le 7 juin 1929, le jeune John Turner a grandi au Canada. Après des études à l'Université de Colombie-Britannique, le jeune homme reçoit une bourse de la fondation Rhodes qui lui permet d'aller étudier le droit à Oxford. Il poursuivra ensuite ses études doctorales à Paris, où il apprend le français.

Reçu au barreau canadien, il s'installe à Montréal et travaille pendant quelques années pour le cabinet Stikeman and Elliot.

Son implication au sein du barreau attire l'attention du Parti libéral, qui le recrute d'abord comme militant, puis comme candidat en 1962. Il remporte l'élection en juin et devient député fédéral de la circonscription montréalaise de St-Laurent-St-Georges.

Ses idées de réforme des politiques du parti et du travail de parlementaire l'aident à se démarquer. En 1967, à 36 ans, il fait son entrée au sein du conseil des ministres, aux côtés de deux autres recrues: Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien. Lester Pearson le nomme d'abord ministre sans portefeuille, puis ministre de la Consommation et des Corporations.

Après l'annonce du départ du premier ministre Pearson, John Turner décide de se lancer dans la campagne au leadership libéral, se posant comme le candidat des jeunes et des réformes. Le jeune loup de 38 ans cause toute une surprise en terminant troisième sur neuf candidats.

Le nouveau premier ministre ne peut l'ignorer dans la composition de son cabinet, et il le nomme à la Justice. Il y pilotera des dossiers controversés, dont le projet de loi omnibus (qui décriminalise entre autres l'homosexualité) et la loi sur les mesures de guerre, en octobre 1970, pour répliquer à la crise qui secoue le Québec.

En 1972, Trudeau lui donne le portefeuille des Finances, un poste que M. Turner accepte à reculons. Au sein d'un gouvernement minoritaire, il doit faire preuve d'adresse pour faire adopter ses budgets. Il tire néanmoins son épingle du jeu malgré un contexte économique loin d'être rose et un environnement politique difficile.

L'approche de M. Turner, qui était plus conservateur et pragmatique face aux questions économiques, le place constamment en contradiction avec Trudeau. Les différends s'accumulent et, à la surprise générale, à la fin de 1975, il annonce sa démission comme ministre des Finances. Il quitte la politique «pour toujours», déclarera-t-il en février 1976.

Il s'installe à Toronto et y pratique le droit au sein d'un grand cabinet. Pendant plusieurs années, il se fait oublier du grand public et développe ses liens avec le monde des affaires.

Mais son départ de la politique est mal perçu au sein de la famille libérale. Plusieurs l'accusent d'avoir quitté le bateau à un moment ardu pour le parti. Certains entretiendront cette rancoeur pendant de longues années et lui en voudront même en 1984, lorsque Turner effectue son retour en politique lors de la campagne au leadership pour succéder à Trudeau.

A cette deuxième tentative pour prendre les rênes du PLC, Turner gagne son pari et il coiffe son adversaire, Jean Chrétien, au deuxième tour. Espérant profiter de sa nouvelle popularité comme chef, il déclenche rapidement des élections. Mais il a hérité d'un parti usé, en perte de vitesse et de popularité.

Et John Turner multiplie les erreurs lors de la campagne électorale. À la première semaine de campagne, devant les caméras, il donne une légère tape sur les fesses de la présidente du PLC, Iona Campagnolo. Le geste sera fortement critiqué et Turner ne fera rien pour calmer les choses en déclarant qu'il est un «politicien très tactile».

Lors du débat télévisé en anglais, il se fait mettre en boîte par son adversaire conservateur lors d'un échange désormais inscrit dans l'histoire. Tentant de se défendre des accusations de favoritisme en expliquant qu'il n'avait pas le choix, John Turner s'est fait clouer le bec par un «vous aviez le choix» bien senti de M. Mulroney.

Après une campagne estivale, les conservateurs de Brian Mulroney renverseront tout sur leur passage, renvoyant les libéraux sur les banquettes de l'opposition.

«Je n'avais pas prévu le massacre», admettra M. Turner quelques années plus tard.

Chef de l'opposition officielle, M. Turner doit surtout rebâtir son parti, dans la déroute autant sur le plan de l'organisation que des finances, après une course au leadership et une défaite cuisante.

Le chef libéral laissera surtout sa marque lors du débat sur le libre-échange, une idée à laquelle il s'oppose farouchement. Ce sera l'enjeu de l'élection de 1988, mais les Canadiens décident de faire toujours confiance aux conservateurs.

Son leadership contesté par ses troupes, il tire sa révérence en 1990 et retourne à la pratique du droit.

En décembre 2004, il refait une brève apparition sur la scène publique en acceptant de présider la délégation d'observateurs canadiens lors des élections en Ukraine.

Erin O’Toole positif à la COVID-19; François Legault en isolement 

Politique

Erin O’Toole positif à la COVID-19; François Legault en isolement 

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le bureau du chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, a annoncé en soirée que celui-ci avait reçu un diagnostic positif à la COVID-19.

Selon le communiqué du parti, le politicien se porte bien. Il s’est dit soulagé que son épouse et ses enfants aient obtenu des résultats négatifs. Erin O’Toole va demeurer en isolement.

En réaction à la nouvelle, le premier ministre du Québec François Legault a annoncé à son tour qu’il se plaçait en isolement préventif en attendant de subir lui-même un test de dépistage.

«M. O’Toole ayant testé positif à la COVID-19, je vais, par précaution, passer un test de dépistage et m’isoler à la maison. Personne n’est à l’abri de la contagion. Faites attention à vous», pouvait-on lire sur le compte Twitter de M. Legault en soirée.

Jean-Yves Duclos: «Nous sortirons plus forts de la crise si on le fait ensemble»

Politique

Jean-Yves Duclos: «Nous sortirons plus forts de la crise si on le fait ensemble»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Chaque samedi, Le Soleil braque les projecteurs sur des sujets politiques chauds passés sous la loupe d’acteurs du milieu ou d’observateurs avisés.

Alors que le gouvernement Trudeau s’apprête à relancer l’activité parlementaire à Ottawa, Jean-Yves Duclos a déjà les deux mains dans la relance économique. Le député libéral de la circonscription fédérale de Québec a vu son rôle de président du Conseil du Trésor du Canada prendre une autre dimension au cours des derniers mois marqués par la pandémie.

Q Quelles orientations le gouvernement libéral souhaitera-t-il mettre en évidence dans le discours du Trône, mercredi?

R Les mots-clés seront santé et sécurité. Notre priorité est la santé des gens, évidemment, mais aussi la santé économique et la santé de l’environnement. Et si on veut une relance forte, elle doit être sécuritaire.

J’utilise l’analogie du feu de circulation avec les lumières verte, jaune et rouge. Quand les gens regardent la lumière rouge, ils savent qu’ils sont en sécurité. Le jaune, c’est pour être juste, donner du courage et de la lumière à ceux qui en ont besoin pour passer à travers. Le vert, c’est l’espoir, essentiel. Aussi le développement durable, qui prendra encore plus d’importance après la pandémie.

Q Quel sera l’élément central de la relance économique, surtout à l’aube d’une possible deuxième vague?

R On veut donner à la fois le sentiment et la réalité de sécurité pour nos travailleurs, nos familles et nos aînés. On sent beaucoup d’anxiété chez les gens, ce qui inclut les travailleurs et les entrepreneurs, de passer à travers la crise sanitaire. On doit maîtriser la crise pour donner confiance aux gens, ce qui va relancer l’économie.

Q Le programme de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) tire à sa fin. Quel bilan en faites-vous?

R Un bilan très positif, autant dans la dimension économique que sociale. Au plan économique, il est absolument essentiel de s’occuper de ceux qui subissent le plus les effets de la pandémie, c’est-à-dire les jeunes, les femmes, les travailleurs sans sécurité d’emploi, les gens à faible salaire, les travailleurs autonomes.

Plus de 8,5 millions de Canadiens ont eu besoin de la PCU, dont 2 millions au Québec et 250 000 juste dans la région de Québec. Des salariés et des travailleurs autonomes qui ont eu besoin de la PCU pour mettre de la nourriture sur la table.

En l’absence d’intervention rapide, on aurait eu une énorme crise sociale à Québec et partout au pays. Plein de gens qui auraient été incapables de payer l’épicerie, leur carte de crédit, leur maison. Un drame terrible qui aurait affecté le tissu social et économique.

Q Comment envisagez-vous la tenue d’une campagne électorale pancanadienne en période de pandémie, que ce soit cet automne ou au printemps prochain?

R Notre attention est entièrement focalisée sur la gestion de la crise à la fois sanitaire et économique. On n’a aucune intention et aucun intérêt à forcer des élections dans les prochains mois, alors que la situation est critique autant au Québec qu’au Canada. Mais nous sommes en situation de gouvernement minoritaire et la décision revient aux partis d’opposition. Nous, on se concentre à prendre soin des gens et des entreprises dans le contexte actuel.

Q Il s’affiche déjà pro-choix et en faveur du mariage gai. Voyez-vous en Erin O’Toole, le nouveau chef conservateur, une menace plus importante pour les libéraux au Québec qu’Andrew Scheer?

R Le Parti libéral a une philosophie assez différente de celle du Parti conservateur. La philosophie du Parti libéral repose sur la liberté de choix, la possibilité de chaque personne de s’épanouir comme elle veut le faire, non seulement dans le respect de la différence, mais dans la valorisation de la différence. Les différences rendent notre société plus forte et plus fière.

On croit à la solidarité, encore plus en temps de crise. Nous sortirons plus forts de la crise, mais seulement si on le fait ensemble, en s’entraidant. Les autres partis ont des philosophies différentes, alors je laisse aux gens le souci de choisir ce qui est important pour eux.

Q Êtes-vous surpris de la hausse des cas de COVID-19 à Québec, surtout que la région avait été relativement épargnée au printemps dernier?

R La région de Québec est comme les autres régions au Québec et ailleurs au pays. Tout le monde a intérêt à protéger sa santé et celle des autres. Dans la région et dans ma circonscription, j’ai observé qu’une grande majorité des gens portent le masque, se lavent les mains, gardent leur distance. Et ils me disent qu’ils le font pour eux, mais surtout pour les autres.

Q Blitz régional : questions courtes, réponses courtes. Peinture du pont de Québec?

R On a fait un grand bond. Il y a un an, c’était la première fois dans l’histoire qu’un gouvernement canadien reconnaissait que la reprise faisait partie des possibilités. Le récent rapport d’Yvon Charest permet d’aller de l’avant.

Q Projet Laurentia du port de Québec?

R Projet solide du point de vue économique. Mais comme tout projet d’envergure en 2020, il doit passer les étapes importantes des évaluations et des approbations environnementales.

Q Un gouvernement fédéral libéral financera-t-il le troisième lien?

R Notre priorité au cours des quatre dernières années a été de financer le plus gros investissement gouvernemental fédéral de l’histoire dans la région de Québec, c’est-à-dire le projet de réseau structurant de transport en commun. Une grande fierté. On continue à être à l’écoute d’autres occasions d’appuyer les projets à Québec et, comme tout le monde, on a envie d’en savoir plus sur le troisième lien.

Q Y a-t-il de l’eau dans le gaz du tramway?

R Québec est la seule ville de cette taille au Canada à ne pas avoir de réseau structurant de transport en commun, anomalie qu’on doit corriger. Une ville moderne comme Québec doit avoir ça. En plus, on a une chance exceptionnelle dans l’alignement des trois paliers de gouvernement pour permettre la construction de ce réseau.

Q Les travailleurs du chantier Davie de Lévis peuvent-ils voir à long terme?

R Les 20 prochaines années à la Davie marqueront l’émergence d’un rôle maritime d’une taille et d’une modernité qui va compétitionner avec tous les grands chantiers navals à l’échelle mondiale. Le chantier et ses 900 fournisseurs ne seront plus ce qu’ils ont été ces dernières années.

Transferts en santé: front commun des provinces et territoires

Politique

Transferts en santé: front commun des provinces et territoires

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — À quelques jours du discours du Trône, les provinces et territoires réclament qu’Ottawa hausse sa contribution en santé de 28 milliards $ de plus à chaque année.

Cette revendication a été portée vendredi lors d’une conférence de presse au Château Laurier, à deux pas de la colline parlementaire à Ottawa, par le premier ministre du Québec, François Legault, qui s’est fait le porte-voix de tous ses collègues du Conseil de la fédération. Il était accompagné de Doug Ford, de l’Ontario, Jason Kenney, de l’Alberta, et Brian Pallister, du Manitoba.

M. Legault demande à ce que le gouvernement fédéral augmente les transferts fédéraux en santé pour les faire passer de 22 % à 35 % des coûts totaux des provinces et territoires, et ce, sans conditions. Concrètement, il demande donc à ce l’enveloppe fédérale passe de 42 milliards $ à 70 milliards $ par année, une augmentation de 28 milliards $.

Il demande également au gouvernement fédéral d’octroyer 10 milliards $ par année pendant 10 ans de plus pour financer des projets d’infrastructures au pays et d’assouplir le Programme de stabilisation fiscale afin de venir en aide aux provinces de l’Ouest, notamment.

«Il est temps que le gouvernement fédéral fasse sa juste part», a martelé M. Legault, qui endossera bientôt le chapeau de président du Conseil de la fédération.

Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, s’est étonné que les premiers ministres des provinces viennent jusqu’à Ottawa pour redemander des transferts supplémentaires en santé alors qu’une rencontre est déjà prévue à cet effet pour l’automne.

«Alors qu’ils soient venus à Ottawa répéter ça une semaine avant le discours du Trône, c’est très agréable, mais moi je pense que les gens s’attendent à ce que leurs gouvernements soient «focussés» sur des questions de santé publique actuellement. Et c’est notre focus aussi», a-t-il déclaré.

MM. Legault et Ford avaient déjà uni leur voix la semaine dernière pour exhorter Ottawa à augmenter de manière significative et récurrente les paiements de transfert en santé versés annuellement aux provinces et territoires. Ils avaient promis d’en parler lors de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération pour arriver avec des revendications chiffrées.

Mais cette rencontre, qui devait rassembler à Québec tous les premiers ministres des provinces les 24 et 25 septembre, a été annulée vendredi dernier.

Le gouvernement fédéral a accordé 19 milliards $ pour aider les provinces et territoires à relancer leur économie et à traverser de nouvelles vagues potentielles de COVID-19. Mais M. Legault se dit maintenant déterminé à négocier des sommes récurrentes en santé, sommes qu’il espère voir d’ici au prochain budget fédéral.

La demande spécifique de 70 milliards $ par année est-elle réaliste? M. LeBlanc n’a pas voulu dévoiler les cartes de son jeu.

«Moi je ne sous-estime jamais l’appétit des premiers ministres des provinces pour des transferts illimités du gouvernement fédéral dans tous les domaines. Alors, ça, ça ne me surprend pas. (...) Nous sommes ouverts à cette discussion. On verra le chiffre qui sortira de la conversation», a-t-il dit.

Montrer l’exemple?

Les quatre premiers ministres ont aussi eu à se défendre de s’être rencontrés en personne, alors qu’ils demandent à leur population de respecter les règles sanitaires et d’éviter les déplacements inutiles entre régions devant la flambée des cas.

Qui plus est, la médecin en chef de la santé publique de la Ville venait de déclarer qu’Ottawa amorçait sa deuxième vague de COVID-19.

M. Legault, l’initiateur de la rencontre, n’a pas semblé s’en formaliser. «Pourquoi ça valait la peine de venir ici aujourd’hui? Parce que, justement, il y a un lien avec la COVID!» s’est-il exclamé en réponse à la question d’une journaliste.

À ses côtés, M. Ford a déclaré que toutes les précautions avaient été prises pour éviter une contamination lors de la rencontre. L’hôtel a pris leur température, a-t-il dit, et tout le monde devait porter un masque à moins d’être assis à deux mètres de distance.

«Il y a une différence entre le fait d’entrer dans un hôtel, qui suit des consignes et des protocoles très stricts, et le fait de tenir un gros party de 150 personnes où l’on s’embrasse et l’on se donne des câlins», a-t-il insisté.

Selon M. Kenney, même au beau milieu d’une pandémie, «les gouvernements doivent continuer de travailler».

«Le gouvernement fédéral se rencontrera la semaine prochaine pour entendre le discours du Trône, comme ils le devraient, en prenant les précautions nécessaires comme nous l’avons fait en voyageant ici», a fait valoir le premier ministre albertain.

Les politiciens ne sont pas à l’abri d’une contamination de COVID-19, même s’ils disent suivre les recommandations de santé publique.

Vendredi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a annoncé qu’il avait reçu un test positif de la COVID-19. Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, est pour sa part toujours en isolement préventif dans l’attente du résultat de son test.

Quatre premiers ministres à Ottawa vendredi pour soutirer plus d’argent en santé

Politique

Quatre premiers ministres à Ottawa vendredi pour soutirer plus d’argent en santé

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Quatre premiers ministres se rendent à Ottawa vendredi, déterminés à afficher un nouveau «front commun» interprovincial devant le gouvernement fédéral.

L’annonce a été faite jeudi, en point de presse, par le premier ministre François Legault, qui milite depuis des semaines pour jeter les bases d’un tel front commun destiné à soutirer plus d’argent d’Ottawa sous forme de paiements de transferts bonifiés en santé.

Des milliards de dollars sont en jeu.

Il sera accompagné par trois de ses homologues: le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, celui de l’Alberta, Jason Kenney, et celui du Manitoba, Brian Pallister.

Au terme de la rencontre, une conférence de presse est prévue à 13 h, vendredi, à l’hôtel Château Laurier, à un jet de pierre du parlement fédéral.

La rencontre a lieu sous l’égide du Conseil de la fédération, actuellement présidé par le premier ministre Legault. Les premiers ministres présents vont donc parler au nom de tous les autres.

Comme ses homologues, M. Legault insistera pour obtenir des sommes importantes et sans condition, tout en réclamant du gouvernement fédéral une contribution plus substantielle au financement des soins de santé des provinces, sur une base annuelle et récurrente.

Après avoir effectué une série d’appels téléphoniques à ses homologues au cours des derniers jours, M. Legault dit avoir obtenu l’assurance que toutes les provinces sont en mesure «de faire des demandes communes au gouvernement fédéral».

«On est toujours plus forts quand on est unis», a-t-il dit.

Ce sera aussi l’occasion pour les provinces de préciser leurs demandes monétaires en prévision de la présentation du discours du Trône, le 23 septembre, à la Chambre des communes.

Aucune rencontre n’est prévue vendredi avec le premier ministre Justin Trudeau ou des ministres de son cabinet.

En ces temps de pandémie, M. Legault a dit qu’actuellement, toutes aux prises avec une hausse constante du nombre de cas d’infections à la COVID-19, les provinces vivaient une situation analogue à travers le pays.

«On a tous les mêmes défis. On a tous à peu près les mêmes mesures», a-t-il assuré.

Contrairement à ce qui est véhiculé dans les médias, il est selon lui faux d’affirmer que certaines provinces, nommément la Colombie-Britannique, ont adopté des mesures plus costaudes que le Québec pour contrer la propagation du virus.

Il a réaffirmé que la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, continuait à discuter avec les corps policiers pour voir comment on pouvait se montrer «encore plus sévères» envers la poignée de récalcitrants qui refusent de respecter les consignes sanitaires.

Une annonce pourrait avoir lieu dès vendredi.

Le gouvernement prépare par ailleurs une nouvelle campagne publicitaire «plus percutante» destinée plus particulièrement à ces récalcitrants.

Elle va inclure des témoignages de personnes ayant survécu à la COVID-19 et de proches de personnes emportées par le virus.

Le PLQ et le PQ s'opposent à l’intervention policière dans les domiciles

Politique

Le PLQ et le PQ s'opposent à l’intervention policière dans les domiciles

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les libéraux et les péquistes s’opposent aux interventions policières dans les domiciles pour faire respecter les règles imposées par la santé publique, mais Québec solidaire (QS) n’a pas fermé la porte, si un mandat est émis.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, devrait faire une annonce vendredi sur le recours possible aux forces policières, puisque les rassemblements privés illégaux et les fêtes sont le plus important vecteur de propagation de la COVID-19 au Québec.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a évoqué un effet dissuasif, comme la présence policière sur les autoroutes contribue à réduire la vitesse des automobilistes.

«Cela aiderait à réduire les chiffres (de la propagation), a-t-il dit en conférence de presse jeudi. Quand on voit la police, on ralentit. Mais il y a des analyses à faire par la ministre de la Sécurité publique.»

De l’avis de l’opposition officielle libérale et du Parti québécois (PQ), il est encore trop tôt pour faire appel à ces moyens coercitifs. Le gouvernement doit d’abord être beaucoup plus transparent, soutient la cheffe libérale Dominique Anglade.

«Quand on est rendu à dire qu’on veut envoyer la police chez les citoyens, il faut qu’on soit prêt à expliquer à la population la gravité de la situation, a-t-elle déclaré en conférence de presse à l’Assemblée nationale. (...) Le gouvernement a besoin de donner plus d’information à la population.»

Le Parti québécois (PQ) affirme qu’il faut d’abord bien informer les citoyens et leur faire confiance, pour pouvoir les conscientiser et les mobiliser.

«On ne peut pas demander aux gens d’obéir comme on l’a fait en période de confinement total, de façon aveugle, sur la base d’un discours qui repose sur la peur. (...) Je ne suis pas favorable à ce qu’on aille de la l’avant avec des mesures répressives ou coercitives», a dit le porte-parole péquiste en matière de santé, Joël Arseneau.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, n’a pas exclu le recours aux forces de l’ordre, mais elle a rappelé que les policiers devront toujours être munis d’un mandat pour intervenir.

«Si la police veut donner des contraventions, c’est possible, a-t-elle dit en conférence de presse au parlement. (Mais) Je pense que les policiers doivent et devront toujours avoir un mandat pour pouvoir rentrer dans les maisons. Ça, pour moi, c’est clair.»

La CAQ fait une autre nomination partisane, accuse l’opposition

Politique

La CAQ fait une autre nomination partisane, accuse l’opposition

Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC - Le gouvernement Legault contrevient une fois de plus à ses propres principes en nommant un proche à la tête de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

C’est ce qu’ont soutenu jeudi la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et le président du caucus péquiste, Harold LeBel.

Denis Dolbec, chef de cabinet du ministre des Finances Eric Girard, a été nommé régisseur et président de la Régie des alcools. Il arrivera en poste le 16 novembre prochain.

Cette nomination est «clairement, par définition» partisane, a accusé Mme Anglade lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

«Le premier ministre (François) Legault disait (...): «Je ne ferai pas de nominations partisanes, c’est terminé cette époque-là» et on constate que ça rentre dans la lignée des nominations partisanes qui ont eu lieu.»

M. Dolbec est devenu grâce à ses contacts un «gagnant à vie», a ajouté M. LeBel.

«C’est ridicule, a dénoncé à son tour M. Nadeau-Dubois. Il va falloir que le premier ministre cesse de gérer les nominations à partir de sa liste de contacts personnels.

«C’est rendu une habitude pour la CAQ de faire passer ses amis de la chaise politique à la chaise de la fonction publique sans aucune gêne.»

Dans l’opposition et au pouvoir, François Legault s’est maintes fois engagé à se tenir loin de toute nomination partisane.

Seule la compétence devrait entraîner une nomination, disait-il, avec une moue de dédain pour «les petits amis» du pouvoir ayant profité du régime précédent sans raison autre que politique.

L’ex-attachée de presse du premier ministre, Valérie Noël-Létourneau, est aujourd’hui la conseillère chargée des projets spéciaux de la délégation générale du Québec à New York.

Elle relève directement de la déléguée générale, Catherine Loubier, elle aussi une proche de M. Legault.

En juin, Marie-Ève Bédard, ancien bras droit du ministre Christian Dubé, a été nommée sous-ministre adjointe au ministère de la Santé.

Le mois suivant, Isabelle Mignault, ex-chef de cabinet de la ministre des Relations internationales Nadine Girault, héritait du poste de sous-ministre adjointe au ministère des Transports.

«Grande expérience»

Au cabinet du ministre Girard, on assure que la nomination de M. Dolbec a été effectuée sur la base de la compétence.

«M. Dolbec est un avocat avec une grande expérience en gestion, a déclaré l’attachée de presse Fanny Beaudry-Campeau. Il a occupé plusieurs postes au sein de plusieurs gouvernements, incluant celui du Parti québécois.»

Denis Dolbec a également été chef de cabinet au ministère de la Sécurité publique, «donc il connaît très bien la Régie des alcools, des courses et des jeux», a-t-elle ajouté.

Discours du Trône: Trudeau promet un plan «responsable et ambitieux»

Politique

Discours du Trône: Trudeau promet un plan «responsable et ambitieux»

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau dévoilera la semaine prochaine un plan qu’il promet «responsable et ambitieux» alors que le pays fait face à une montée de cas de COVID-19.

M. Trudeau a conclu mercredi deux jours et demi de réunions de son conseil des ministres dont le but était d’élaborer une stratégie pour éviter que la pandémie ne fasse davantage de dommages dans la vie des Canadiens.

Bérubé accuse Legault d’annoncer des mesures timides pour rester populaire

Politique

Bérubé accuse Legault d’annoncer des mesures timides pour rester populaire

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Legault a plus à coeur sa popularité que sa responsabilité, dénonce le Parti québécois.

Le gouvernement caquiste «hésite» avant de prendre des décisions parce qu’il ne veut pas que personne ne le «déteste», pour des raisons électoralistes, a soutenu le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé.

«Depuis le début de la pandémie, ils ont toujours voulu être le moins impopulaires possible, a-t-il répondu à des journalistes anglophones mercredi. Mais c’est une question de responsabilité et non pas de popularité.

«Si vous agissez avec responsabilité, vous êtes en train de faire la bonne chose, mais si vous pensez à l’élection de 2022, vous faites la mauvaise chose.

«À tous les jours, dans leurs communications, c’est le message qu’ils envoient. Ils aiment être populaires, ils veulent le demeurer et ils ont un oeil sur l’élection de 2022», a-t-il poursuivi.

En comparaison, M. Bérubé affirme, lui, avoir à coeur la santé des Québécois. «Je me préoccupe de la santé des Madelinots, des gens de ma région et de votre santé aussi», a-t-il lancé à l’intention des journalistes.

«C’est pourquoi il faut continuer de poser des questions difficiles sur ce qu’ils font», a-t-il renchéri.

Cette accusation survient au moment où le gouvernement Legault hausse le ton et appelle les Québécois à être plus solidaires et respectueux des consignes sanitaires en vigueur.

Le nombre de nouveaux cas signalés au Québec a dépassé la barre des 300 mercredi, pour un total de 65 857 personnes infectées depuis le début de la pandémie.

Le message du premier ministre Legault n’a toutefois pas été accompagné de nouvelles mesures contraignantes, qui auraient pu être impopulaires dans la population.

Cela fait dire aux partis d’opposition que le gouvernement prend un ton alarmiste, mais «ne fait rien».

Réaction de Legault

Confronté à ces propos mercredi, François Legault a réagi en disant: «c’est faux».

Il a prôné une approche équilibrée. «Moi, ce que je veux, c’est tout faire pour qu’il n’y ait pas de deuxième vague.(...) Il faut agir pas juste pour faire un spectacle, mais pour que ça donne des résultats», s’est-il défendu.

M. Legault a réitéré que les principales sources de transmission de la COVID-19 actuellement étaient les partys entre amis et les rassemblements en famille dans les résidences privées.

Il a dit examiner la possibilité de se donner les moyens d’intervenir dans les maisons, pour mieux freiner la propagation du virus, mais «ce n’est pas simple», a-t-il argué.

COVID-19: Legault n’a aucune projection récente [VIDÉO]

Politique

COVID-19: Legault n’a aucune projection récente [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Les partis d’opposition réclament la publication des scénarios d’épidémiologie de la COVID-19 projetés pour les prochains mois, afin que «les Québécois sachent ce qui les attend». Mais François Legault reconnaît ne pas en détenir de plus récents que ceux déjà rendus publics en juin.

«Moi aussi je l’ai demandé. Je n’ai pas d’autres projections que celles qu’on a publiées au mois de juin», a affirmé le premier ministre du Québec, mercredi matin, en mêlée de presse avant d’aller au Salon bleu pour la période de questions.

«Moi aussi, je demande à la Santé publique de mettre ça à jour. Mais pour l’instant, ils n’ont pas assez d’information pour bien comprendre où on s’en va, compte tenu du fait qu’il y a une grosse augmentation des cas, mais pas d’augmentation des hospitalisations et des décès», a indiqué M. Legault, au lendemain d’une conférence de presse officielle où il s’était montré «très inquiet» de la situation actuelle liée à la transmission de coronavirus.

«Ce que je comprends, quand on regarde le nombre d’hospitalisations et le nombre de décès, c’est pas mal en ligne avec la prévision du mois de juin. Par contre, il y a vraiment beaucoup plus de nouveaux cas que ce qu’on avait prévu au mois de juin. Et c’est la même chose dans les autres provinces.

«Là, ce qu’on se demande, c’est comment se fait-il qu’il y a une augmentation plus grande des cas, mais pas d’augmentation des hospitalisations et des décès. Une grosse partie de l’explication, c’est probablement que beaucoup de cas sont chez les jeunes. Est-ce qu’il y a d’autres explications? Est-ce que le virus est moins puissant ? Pour l’instant, la santé publique n’a pas ces réponses-là», a révélé M. Legault.

Plus de clarté, plus d’actions

Une heure plus tôt, un étage plus bas dans le parlement, Parti québécois, Parti libéral et Québec solidaire demandaient tour à tour au gouvernement de joindre les actes à ses paroles pessimistes de la veille.

«Le premier ministre est extrêmement alarmiste et il doit absolument, par souci de transparence, nous informer de ce qui s’en vient», dit la libérale Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et qui menait la charge en l’absence de sa cheffe, Dominique Anglade, isolée en attente de son résultat de dépistage à la COVID.

Mme Anglade a justement reçu son résultat, négatif, mercredi, et sera de retour à l’Assemblée nationale jeudi.

«Les Québécois ont fait d’énormes sacrifices depuis le printemps. On comprend que le gouvernement va leur demander de faire de nouveaux sacrifices, et il a un devoir de transparence pour qu’on comprenne bien où l’on s’en va», a ajouté Mme Montpetit, qui suggère par ailleurs de resserrer la vis aux bars comme vient de le faire la Colombie-Britannique, où l’heure de fermeture est avancée à 23 h.

Au PQ, Pascal Bérubé demande des explications sur le code d’alerte régional composé par quatre paliers de couleurs verte, jaune, orange et rouge.

«J’ai l’impression que les codes de couleur démontrent davantage l’inquiétude du gouvernement qu’une gradation des mesures. Moi [dans ma circonscription], au Bas-Saint-Laurent, on est devenus jaunes, mais je ne sais pas ce que ça dire! Puis si on devient orange, je ne sais pas ce que ça veut dire non plus. Donc, c’est plus un indicateur de l’inquiétude gouvernementale que de mesures contraignantes à venir», estime celui qui occupe le poste de chef intérimaire jusqu’à l’élection d’un nouveau chef au PQ, le 9 octobre.

Difficile d’entrer dans les maisons

Sans s’attarder sur des documents publiés par un citoyen détaillant avec précision chaque palier du code d’alerte qu’il qualifie de simples «documents de travail», le premier ministre Legault a indiqué que le passage d’une ou plusieurs régions dans la zone d’alerte modérée ou orange au cours des prochains jours n’est pas confirmé.

«Pas nécessairement. Quand je regarde les données aujourd’hui [mercredi], non. Bon, évidemment, qu’est-ce que ça sera demain, après-demain... Mais pas nécessairement», a-t-il commenté.

M. Legault a encore tapé sur le clou des rassemblements privés, «dans les maisons». Expression répétée 12 fois en 10 minutes par le premier ministre.

«Le principal problème, la propagation des cas au Québec, ça se passe surtout dans les maisons. Donc, oui, il y en a un peu dans les bars, peut-être qu’il y en a dans les manifestations, mais le principal problème, c’est dans les maisons. Mais pour ce qui est des bars puis des manifestations, à ce moment-ci, je n’exclus rien. On ne prévoit rien à court terme, mais on n’exclut rien, là, dépendamment de l’évolution de la situation», a expliqué M. Legault.

«Au Québec, pour pouvoir entrer dans une maison, ça prend un mandat. Donc, ce n’est pas simple, mais on n’exclut rien à ce moment-ci. Il y a des discussions entre la Sécurité publique et le DPCP [Directeur des poursuites criminelles et pénales] pour voir comment éventuellement on pourrait travailler. Mais c’est certain que ce n’est pas simple d’intervenir dans les maisons. Puis il y a beaucoup de maisons au Québec.»

M. Legault n’est pas chaud non plus à demander davantage d’interventions policières dans les manifestations anti-masque, craignant de «faire des martyrs, entre guillemets, de ces personnes-là».

«Ce serait un désastre», dit Fitzgibbon

De son côté, le ministre de l’Économie et de l’Innovation a affirmé qu’«un deuxième confinement, sur le plan économique, ce serait un désastre».

«C’est la Santé publique qui décide et ce n’est pas l’économie qui va dicter s’il y a un autre confinement ou non, mais ce serait catastrophique», a dit Pierre Fitzgibbon.

Entre-temps, «il ne faut pas qu’il y ait d’hémorragie» de fermeture d’entreprises, poursuit le ministre Fitzgibbon. Son ministère travaille sur un nouveau programme de survie des petites entreprises de moins de cinq employés, surtout pour les aider à payer leur loyer.

Peter Mackay analyse sa défaite face à Erin O’Toole: «Les gentils garçons finissent derniers»

Politique

Peter Mackay analyse sa défaite face à Erin O’Toole: «Les gentils garçons finissent derniers»

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
Alors qu’il fait le point sur une campagne à la direction conservatrice ratée, dans laquelle il semble avoir mis la charrue devant les boeufs - en essayant de gagner une élection fédérale au lieu de s’assurer, d’abord, d’obtenir le leadership de son parti - Peter MacKay rappelle un vieux cliché: «Les gentils garçons finissent derniers.»

Et bien que Peter Mackay ait peu de regrets, il craint que l’influence toujours croissante des conservateurs sociaux au sein du mouvement ne conduise à plus de déception aux urnes si le nouveau chef Erin O’Toole ne peut pas les contrôler.

Dans une longue entrevue avec La Presse Canadienne, Peter MacKay a déclaré que l’examen de sa défaite était toujours en cours, mais plusieurs facteurs paraissent évidents.

La pause forcée par la pandémie de COVID-19 a ralenti l’élan de Peter MacKay, et la décision des organisateurs du parti de prolonger la date limite de vente des cartes de membres a donné à ses rivaux le temps de se rattraper. Il a également cité la «rouille» causée par une absence de cinq ans de la scène politique et l’immense portée des médias sociaux qui amplifient les erreurs mineures.

Mais il reconnaît également que la prémisse sur laquelle il a mené sa campagne était imparfaite.

«Le plan était rétrospectivement trop axé sur les prochaines étapes et pas assez sur la victoire du leadership du parti», a déclaré Peter MacKay.

Le plan en question: ne pas s’embêter avec des attaques négatives contre d’autres conservateurs ou même les libéraux. Au lieu de cela, présenter une nouvelle vision du pays, ce qui signifie également contourner les problèmes chers à certains des membres les plus puissants du parti: les conservateurs sociaux.

«Lorsque vous ouvrez la porte à une lumière du jour sur ces questions sociales, il devient très très difficile de gagner le pays, de présenter le parti comme moderne, inclusif, comme un parti qui s’engage à se concentrer davantage sur l’économie plutôt que de débattre du passé et je l’avais dit très clairement à mon équipe dès le début «, a-t-il déclaré.

«Il a été exploité au maximum, que cette vision était irrespectueuse, que ce n’était pas inclusif pour les conservateurs sociaux. Ce n’est pas vrai, c’était la même approche que Stephen Harper.»

Peter MacKay croyait que décrocher la victoire exigeait la même chose que ce qui serait nécessaire pour remporter une élection générale.

Son équipe s’est donc concentrée sur la vente de cartes de membres à des libéraux déçus et à d’anciens conservateurs dans des circonscriptions où le parti n’était pas fort auparavant. Dans certaines régions, cela a porté ses fruits: la croissance des membres a été forte dans les provinces de l’Atlantique et dans certains centres urbains.

Mais le parti utilise un système de points pour choisir son chef. Chacune des 338 circonscriptions du pays vaut 100 points. Le nombre de points qu’un candidat obtient est basé sur sa part en pourcentage du vote. Dans les circonscriptions comptant un petit nombre de membres, dont beaucoup sont au Québec, une poignée de députés peut avoir une influence démesurée sur les résultats.

La campagne de Peter MacKay pensait qu’elle gagnerait facilement au Québec. Les projections de son équipe, cependant, ne correspondaient pas à la réalité, a admis Peter Mackay, et il a posé des questions précises à son équipe pour comprendre pourquoi.

Cette équipe était composée d’un mélange de fidèles qui étaient à ses côtés lorsqu’il était député du Parti conservateur, de nouvelles recrues et d’une poignée de responsables de campagne habiles et crédités d’avoir remporté des victoires pour les conservateurs ailleurs dans le pays.

Les tensions au sein de l’équipe ont conduit à des faux pas, a reconnu l’ancien candidat. Il a minimisé ces erreurs, bien qu’elles aient été saisies par ses rivaux, comme celle où, dans un courrier électronique, il a utilisé un terme péjoratif pour un projet de loi sur les droits des transgenres.

Mais il a dit que ce qui avait vraiment bouleversé les choses a été la pandémie de COVID-19.

Peter MacKay, avec son histoire en tant que chef de l’ancien Parti progressiste-conservateur, a toujours été une sorte de célébrité parmi les conservateurs: sa présence à tout événement attire les gens, et sa capacité à rallier une foule vient naturellement. Son équipe avait planifié une tournée nationale qui le mettrait devant de grands groupes qu’il courtiserait avec des discours sur sa vision du pays. Ce n’était pas un plan parfait. Lorsqu’il a décidé de ne pas se présenter à l’assemblée générale annuelle des progressistes-conservateurs de la Nouvelle-Écosse en février, et de nouveau à un événement du PC de l’Ontario plus tard ce mois-là, cela a laissé un goût amer dans la bouche de certains membres du parti. La pandémie a forcé Peter MacKay à rester dans son sous-sol, faisant jusqu’à six rencontres virtuelles par jour avec des partisans locaux hyperengagés. Sa campagne a tout de même réussi à lever 3 millions $ - bien qu’il ait une dette d’environ 1 million $.

Mais...

Parmi les trois autres candidats, deux - Derek Sloan et Leslyn Lewis - venaient de l’aile sociale conservatrice bien organisée, bien financée et très motivée du parti.

Même avant le début de la course, Peter MacKay était plutôt distant avec cette faction, surtout après avoir émis un commentaire selon lequel les valeurs socialement conservatrices de l’ancien chef Andrew Scheer étaient un «albatros puant».

Pendant la course elle-même, il a également été filmé en train de dire aux conservateurs sociaux de mettre leurs préoccupations de côté.

Pendant ce temps, Erin O’Toole, bien qu’il soutienne publiquement les droits des LGBTQ et le droit d’une femme de choisir d’interrompre une grossesse, a fait des présentations directes aux partisans de Derek Sloan et Leslyn Lewis, affirmant qu’il respecterait toujours leurs points de vue.

Le parti utilise un bulletin de vote préférentiel et, à la fin, lorsque Derek Sloan est tombé, la plupart de son soutien est allé à Leslyn Lewis. Quand elle est tombée, la plupart des siens sont allés à Erin O’Toole, ce qui lui a valu la victoire.

Les groupes de conservateurs sociaux n’ont pas perdu de temps à revendiquer la responsabilité de sa victoire, tandis que les opposants des conservateurs n’ont également pas perdu de temps avant de dire qu’un gouvernement d’Erin O’Toole ferait reculer le pays sur certains droits.

Les conservateurs sociaux sont en passe de constituer la majorité de la base du parti, a déclaré Peter MacKay, et la façon dont le parti peut éviter les lignes d’attaque qui ont finalement coulé l’ancien chef Andrew Scheer, s’il peut le faire, repose sur Erin O’Toole.

Peter MacKay croit que les conservateurs n’ont pas beaucoup de temps, avant la prochaine élection, pour définir et nuancer leurs positions sur les enjeux sociaux comme l’inclusivité «d’une manière qui ne fait pas peur aux personnes qui ne sont membres d’aucun parti.»

Peter MacKay affirme ne ressentir aucune amertume en raison de sa défaite, mais son ton et sa voix semblent dire le contraire lorsqu’il raconte comment ses rivaux l’ont dépeint comme une version «allégée» d’un libéral.

«Voyons, libéral sur quoi? Sur la politique étrangère? La défense? La sécurité nationale? Le maintien de l’ordre? Sur des peines minimales obligatoires? « a-t-il demandé.

«D’un point de vue objectif, ce que je ne peux pas être, c’est au-delà de l’insulte.»

«Fourche et torche enflammée»

Il a utilisé un langage similaire pour décrire une affirmation du camp d’Erin O’Toole selon laquelle des employés de Peter MacKay avaient piraté sa base de données et utilisé du matériel à partir de là pour divulguer des vidéos. La désinformation qui a circulé au sujet de l’épouse de Peter MacKay a également été blessante, a-t-il déclaré. Les campagnes modernes reposent trop sur la peur et la colère, les candidats se présentant trop souvent comme des défenseurs tenant «une fourche et une torche enflammée», a déclaré Peter MacKay. Cela fait que certaines personnes se désengagent complètement de la politique, a-t-il déclaré. C’est en partie pourquoi, a-t-il déclaré, il a cherché à se présenter d’une façon positive.

«Mais qu’est-ce que ça dit sur les gentils?», a demandé Peter Mackay.

Ils finissent derniers.

Le politicien et sa famille sont retournés en Nouvelle-Écosse, où il avait l’intention d’aller se présenter pour un siège à la tête du parti. De toute façon, il n’exclut pas une nouvelle course, a-t-il dit, et il a déjà rencontré l’association de circonscription de Central Nova.

Peter MacKay a déclaré qu’il avait fait une bonne course et qu’il est à l’aise avec la situation.

«Être qualifié de gentil n’est pas une mauvaise chose.»

Paul St-Pierre Plamondon veut être le plus rassembleur

Politique

Paul St-Pierre Plamondon veut être le plus rassembleur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présentera les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Paul St-Pierre Plamondon

«Toute ma famille a voté non, en 1995. J’étais le seul à voter oui. Au point où mon père a refusé d’aller me reconduire au bureau de scrutin! J’y suis allé à pied. Et pour casser les pieds de mon père, j’ai mis mon manteau des Patriotes, mon équipe de ballon-balai au Collège Notre-Dame. On avait les couleurs des Nordiques, mais avec le dessin du patriote avec sa tuque et sa pipe.»

Le jeune Paul St-Pierre Plamondon avait 18 ans, votait pour la première fois. Vingt-cinq ans plus tard, il tente pour une deuxième fois d’être élu chef du Parti québécois et promet de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat.

«Aujourd’hui, mon père est membre du Parti québécois. Ma mère aussi. Parce que les Québécois qui ont voté non de bonne foi en 1995, en pensant que c’était le bon choix pour assurer la prospérité économique du Québec, pour donner un meilleur avenir à leurs enfants, ils ont fait le bilan négatif de l’époque Charest-Couillard et du déclin du Québec sur les plans linguistique et économique. Si c’était à refaire, mes parents voteraient oui!» affirme M. St-Pierre Plamondon.

Faire fi de l’axe droite-gauche

Celui que les initiés désignent par ses initiales, PSPP, croit être le mieux placé pour mener le PQ à l’ultime victoire de l’indépendance en ralliant à la fois ceux qui ont coché non au dernier référendum et ceux qui étaient alors trop jeunes pour voter.

La capacité à rassembler. Sa principale qualité pour devenir le 10chef élu du PQ, croit-il.

«Au-delà des idées précises, la question de fond est de savoir qui incarne un avenir pour le Parti québécois? Qui a démontré sur les neuf mois de campagne qu’il est capable de vendre des cartes de membre, d’aller chercher du financement, de rassembler? Le mot rassembler me semble très, très important», souligne l’avocat de 43 ans, père de deux jeunes enfants.

Unir les générations. Coaliser conservateurs et progressistes. «La seule façon que le pays va se faire, c’est si on passe outre les différences qu’on peut avoir sur l’axe gauche-droite. On aura ensuite des décennies pour régler ce problème! Mais si on veut y arriver, il faut faire une place pour ces courants», dira-t-il.

Relance économique régionale

Aussi relier la métropole Montréal aux autres régions du Québec.

Pour atténuer les effets négatifs de la pandémie, M. St-Pierre Plamondon propose un plan de relance économique régionale en sept points.

Les principaux : aide gouvernementale directe aux entreprises touristiques pour payer leurs frais fixes; investir auprès des petites compagnies aériennes québécoises pour rétablir le transport régional par avion; brancher au plus vite l’Internet haute vitesse partout; favoriser beaucoup plus l’agriculture en serres.

«Comment voulez-vous que les régions aient une relance et une vigueur économiques si elles ne sont pas branchées à Internet et n’ont pas de moyen de transport pour communiquer avec le reste de l’Amérique du Nord?» se questionne-t-il.

«Malheureusement, on ne s’est pas remis du travail de centralisation et de saccage des libéraux. À la CAQ, il y a un bon nombre de députés libéraux et ça paraît dans leur façon de ne pas réagir dans le contexte d’une relance économique régionale qui devrait déjà être en place.»

M. St-Pierre Plamondon reprendrait à son compte la promesse de la CAQ de relocaliser 5000 emplois de la fonction publique hors des grands centres. «Une excellente manière de favoriser la vigueur économique régionale», selon lui.

L’indépendance, question d’argent

Plus que de démontrer les discordances aux plans de la langue et de la culture entre le Québec et le reste du Canada, M. St-Pierre Plamondon veut «rendre un discours économique beaucoup plus visible», s’il devient chef du PQ.

Cela «en publiant rapidement un budget de l’an un d’un Québec indépendant».

«Tout le monde constate le déclin linguistique et culturel depuis 1995, mais les gens voient moins bien l’intérêt économique du Québec qui n’est pas servi dans le Canada. On prend nos impôts pour dédoubler des services qu’on donne déjà comme gouvernement du Québec et simplement pour créer de la loyauté envers le Canada.»

Plus que la déclaration de revenus unique, réclamée par François Legault et qui ferait économiser 400 millions $ au Québec par année, PSPP souligne les gains à faire «en négociant nous-mêmes nos traités». L’aluminium négligé au profit de l’acier dans le nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique, le secteur agroalimentaire, le chantier naval Davie de Lévis qui perd trop de contrats aux mains des Maritimes.

«Si on chiffre tout ça, je pense que les Québécois seront surpris de voir combien on laisse sur la table. En plus d’endurer le mépris canadien et de constater le déclin sur le plan linguistique et culturel. C’est une question d’argent, l’indépendance! Le PQ n’a pas assez dit ça dans les dernières années et je veux le chiffrer», conclut celui qui avait terminé quatrième de la précédente course à la chefferie, en 2016, voyant M. Lisée l’emporter.

Le Québec en train de revivre les mêmes problèmes qu’au printemps, dit le PLQ

Politique

Le Québec en train de revivre les mêmes problèmes qu’au printemps, dit le PLQ

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Le Québec est en train de revivre les mêmes problèmes qu’en mars, s’est inquiétée l’opposition libérale mardi, au premier jour de la session parlementaire.

Pour appuyer ses propos, le Parti libéral du Québec (PLQ) cite les délais dans le dépistage, le mouvement de personnel dans les résidences pour personnes âgées et les chirurgies reportées, entre autres.

«Les Québécois continuent d’attendre des heures pour se faire tester, a déploré sa porte-parole en santé, Marie Montpetit. Il y a trop de flou, trop de cafouillage et pas suffisamment de transparence.»

«On est au début de la deuxième vague et on semble revivre les mêmes problèmes que durant la première vague», a-t-elle martelé.

Sa collègue Monique Sauvé a voulu savoir si le gouvernement pouvait garantir qu’il n’y avait plus aucun mouvement de personnel dans les résidences pour personnes âgées.

La réponse de la ministre responsable des Aînés n’était pas de matière à la rassurer : «On travaille là-dessus, mais il manque de personnel», a déclaré Marguerite Blais.

Plus tard, Mme Montpetit n’a guère semblé plus rassurée d’entendre le ministre de la Santé, Christian Dubé, dire qu’il sera difficile de reprendre le retard accumulé dans les blocs opératoires.

«On est peut-être à l’aube, en ce moment, d’enjeux de personnel infirmier, a lâché M. Dubé lors de la période des questions. Si on continue d’avoir des cas, on ne sera pas capable de mettre en place le plan.»

Rentrée scolaire

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ) a reproché au gouvernement Legault d’avoir mal préparé la rentrée scolaire.

«C’est le festival du n’importe quoi», a déclaré la porte-parole péquiste en éducation, Véronique Hivon.

Elle s’insurge contre le fait que des professionnels nettoient les toilettes au lieu d’apporter un soutien pédagogique aux élèves, tel que l’a rapporté la Fédération des professionnels de l’éducation du Québec.

«Quand le ministre de l’Éducation va-t-il enfin cesser d’improviser et planifier afin que les élèves du Québec ne soient pas, après les aînés des CHSLD, les nouvelles victimes de la COVID?» a-t-elle demandé.

Les bloquistes prouvent la nécessité du vote à distance, croient les libéraux

Politique

Les bloquistes prouvent la nécessité du vote à distance, croient les libéraux

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Le leader parlementaire du gouvernement Trudeau saisit la mésaventure des députés bloquistes pour s’en faire des munitions contre les conservateurs.

Yves-François Blanchet et la presque totalité de ses députés se sont mis en isolement parce qu’un employé du parti présent à leur réunion de caucus à Saint-Hyacinthe la semaine dernière a reçu un diagnostic de COVID-19 lundi. Le chef du Bloc a d’ailleurs annoncé mardi soir que sa conjointe a été testée positive à la COVID-19 et qu’il va lui-même subir un test mercredi en Mauricie, où il réside.

Or, les leaders parlementaires aux Communes négocient en ce moment la manière de reprendre les travaux la semaine prochaine. Libéraux, néo-démocrates et bloquistes sont d’accord pour que la majorité des députés participent aux séances de la Chambre en visioconférence et puissent aussi voter à distance.

Les conservateurs semblent encore résister à l’idée.

«Le fait que (...) les députés du Bloc québécois doivent s’isoler de façon responsable, c’est un exemple de ce qu’est une démocratie en temps de pandémie», a fait valoir Pablo Rodriguez à son arrivée mardi matin à la deuxième journée d’une retraite du conseil des ministres à Ottawa.

«Est-ce que parce que les députés du Bloc respectent les consignes (...), ils ne (pourraient) pas voter, (...) c’est normal?» a lancé M. Rodriguez.

Il a dit faire appel «en particulier aux conservateurs». «Un député doit pouvoir voter pas parce qu’il est en Chambre, pas parce que le whip a décidé qu’il serait là, mais parce qu’il a été élu par le peuple», a-t-il poursuivi.

Le nouveau leader parlementaire des conservateurs, Gérard Deltell, refuse de faire des commentaires sur ce sujet pendant que les discussions entre leaders se poursuivent.

Son collègue whip est beaucoup moins discret.

Comparé à Tinder

Samedi, sur les ondes de la radio de CBC, Blake Richards a comparé l’option du vote à distance à l’utilisation de l’application Tinder, le site virtuel de rencontres amoureuses.

«Je ne crois pas que le vote devrait être réduit à des députés assis en pyjama, chez eux, en train de voter comme sur Tinder, en balayant à droite ou à gauche», a ironisé le député conservateur.

Il a aussi réclamé le plus de députés possible, présents en personne aux Communes. L’administration de la Chambre a calculé 86 places à deux mètres de distance, a-t-il dit. «Mais ceci ne prendrait pas en compte l’utilisation des tribunes», a-t-il noté, avant de proposer que seulement un mètre sépare chaque élu comme c’est le cas pour les écoliers dans certaines classes.

Mardi, en conférence de presse à Ottawa, le chef néo-démocrate n’était pas du tout d’accord avec M. Richards.

«Les conservateurs (font) une erreur avec leur proposition et c’est mieux de réduire le nombre de députés dans la Chambre des communes», a tranché Jagmeet Singh.

Pablo Rodriguez estime qu’un vote à distance serait possible dès les premières minutes aux Communes, après la lecture du discours du Trône du 23 septembre. L’application de vote à distance déjà développée doit être testée «pendant une courte période», mais en attendant, M. Rodriguez propose aux élus de «voter par Zoom» comme l’a fait la législature de Colombie-Britannique.

Les bloquistes en isolement pour 14 jours ou moins?

En annonçant leur isolement «préventif» lundi, les députés bloquistes ont également dit qu’ils subiraient tous des tests de dépistage et qu’ils suivraient les directives de la santé publique pour la suite des choses.

Or, l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada a rappelé, mardi, que c’est bien 14 jours d’isolement qui sont toujours prescrits au pays lorsqu’il y a eu contact avec une personne infectée par la COVID-19.

Un test négatif ne suffit pas pour mettre fin à l’isolement.

«Un test négatif ne garantit pas que vous n’avez pas le virus», a rappelé la Dre Theresa Tam. Le temps d’incubation de ce coronavirus est évalué à 14 jours.

«Alors, à moins de faire une série de tests...», a-t-elle supposé après avoir noté qu’elle ne connaît pas les circonstances précises des bloquistes.

Comme la réunion du caucus bloquiste s’est tenue mardi dernier, la quarantaine de 14 jours prendrait fin la veille du discours du Trône.

Loi 101 pour les entreprises à charte fédérale: O'Toole d'accord avec Legault

Politique

Loi 101 pour les entreprises à charte fédérale: O'Toole d'accord avec Legault

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
Le premier ministre du Québec, François Legault, s'est trouvé un autre allié à Ottawa pour appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale dans la province.

Le chef du Parti conservateur, Erin O'Toole, se dit prêt à monter au front - à l'instar de ses homologues du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique - pour défendre cet engagement si cher à la Coalition avenir Québec.

COVID-19: Legault refuse une enquête indépendante pour éviter d’être blâmé, selon le PQ

Politique

COVID-19: Legault refuse une enquête indépendante pour éviter d’être blâmé, selon le PQ

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois réclame une «réelle enquête indépendante» sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Ce que le gouvernement refuse de faire, parce que François Legault «ne veut pas être blâmé à un an des élections», affirme le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé.

La coroner en chef du Québec, la protectrice du citoyen et la commissaire à la santé mènent toutes leur propre enquête plus ou moins restreinte sur la gestion de la première vague de COVID-19 au Québec. Mais rien là-dedans qui creusera du côté des responsabilités du gouvernement actuel, déplore M. Bérubé.

«Je me permets de rappeler qu’on ne dispose pas présentement d’une enquête indépendante avec un pouvoir d’assigner des témoins, comme c’est le cas en Ontario chez l’ami de M. Legault, M. [Doug] Ford. Ils ont eu le courage de faire ça. [...] Je ne sais pas ce que craint le gouvernement là-dessus, mais moi, je sais pourquoi on le demande, parce qu’il y a nécessairement des conclusions à tirer sur la responsabilité du gouvernement du Québec aussi», avance le député de Matane-Matapédia.

Cacher leurs responsabilités?

«Je sais pourquoi on a mis sur pied la commission présidée par Mme [Joanne] Castonguay [Commissaire à la santé et au bien-être du Québec]. Le gouvernement ne veut pas être blâmé, il ne veut pas qu’on découvre qu’ils ont leurs propres responsabilités. La faute n’est pas toute aux libéraux ou au temps où François Legault était ministre de la Santé en 2002. Il ne veut pas être blâmé à un an des élections. C’est pourquoi les discussions restent dans leur bureau», soutient M. Bérubé, qui s’adressait lundi matin aux médias avant le caucus préparatoire des députés de son parti en vue de la session parlementaire débutant mardi.

«C’est de s’assurer qu’il n’y ait pas de complaisance et que le gouvernement n’a pas mis en place une commission qui s’avère inoffensive. Vous savez, l’embauche du personnel, le transfert entre les établissements, le degré de préparation, tout ça ne relève pas des gouvernements précédents, ça relève de l’action actuelle, et du jugement, et la priorisation du gouvernement actuel. Je sais qu’il n’aime pas être critiqué, mais je répète que plus de 5000 morts, ce n’est pas une victoire, une défaite ou “on l’a échappé belle”. C’est des milliers de drames, et je ne voudrais pas qu’on banalise ça. On est les tristes champions mondiaux de cette catégorie-là, donc c’est un échec, la gestion de la pandémie.»

Les prochaines élections provinciales sont prévues le 3 octobre 2022. Il est raisonnable de croire qu’une enquête prendrait au moins un an avant de rendre son rapport, soit à un an du vote.

«Comme Maurice Duplessis»

«Arrogants», «désinvolture totale», «comme Maurice Duplessis». Pour ses quatre dernières semaines comme chef intérimaire — le PQ élira son nouveau chef le 9 octobre —, Pascal Bérubé ne compte pas épargner le gouvernement de la Coalition avenir Québec. «Pour les quatre prochaines semaines, on va se payer un peu la traite!» a-t-il lancé lors de son adresse d’ouverture à son équipe parlementaire, pour lancer le caucus présessionnel péquiste.

«On le sait que leur plan, c’est de marginaliser le Parti québécois, puis qu’ils aimeraient ça qu’il n’y en ait plus pour que, comme Maurice Duplessis, ils règnent sans partage pendant des décennies», a aussi dit le chef intérimaire péquiste aux journalistes parlementaires.

Selon lui, le seul succès du gouvernement Legault se trouve au département des communications.

«Jusqu’à maintenant, les gens se disent satisfaits de quoi? Bien, ils ont communiqué, puis ils trouvaient ça intéressant... Lui, il est drôle, puis il est là, puis il est là même les fins de semaine. Mais le vrai résultat, c’est... Pourquoi qu’il y a beaucoup plus de morts qu’ailleurs? Qu’est-ce qu’on a fait ou pas fait qui n’a pas marché? La gestion, c’est un échec, sur la base des chiffres. Quand on est 23 % de la population canadienne, le Québec, puis qu’on revendique 63 % des décès, je peux-tu vous dire qu’il n’y a pas de quoi se péter les bretelles, puis il faut rester humbles, et il faut se dire que, manifestement, ça ne marche pas.»

Fin de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick dans un contexte de pandémie

Politique

Fin de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick dans un contexte de pandémie

Kevin Bissett
La Presse Canadienne
FREDERICTON - Les électeurs du Nouveau-Brunswick sont conviés aux urnes lundi pour la première élection provinciale au pays depuis la pandémie de COVID-19. Les leçons qui en seront tirées risquent d’influencer les prochaines campagnes électorales.

«La campagne a été très différente. On n’a pas vu des candidats prendre des bébés, d’accolades, de barbecues et de rassemblements ou de ballons», a souligné le politologue Donald Wright de l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Il s’agissait d’une campagne avec peu d’éclat, où l’on avait recours aux pancartes, aux pamphlets et réseaux sociaux», a-t-il analysé.

Les restrictions de la santé publique ont empêché la tenue de grands rassemblements et incité des candidats à abandonner le traditionnel porte-à-porte.

Relance économique: Legault propose un modèle du passé, selon Anglade

Politique

Relance économique: Legault propose un modèle du passé, selon Anglade

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Le modèle économique mis de l'avant par François Legault, sans perspective d'ensemble, est complètement dépassé, selon la cheffe libérale Dominique Anglade.

Ce dont le Québec a besoin en 2020, c'est plutôt d'une approche globale, intégrée, moderne, qui mise sur ses forces, sur le savoir et la technologie, en lui permettant de se démarquer à l'étranger, prône la cheffe de l'opposition officielle.

Traditionnellement, le Parti libéral du Québec (PLQ) était vu comme le parti de l'économie, une étiquette que Mme Anglade tente de se réapproprier, depuis que François Legault a fait de l'économie une priorité de son parti, et offert aux gens d'affaires une place de choix dans son équipe.

Partisan de la production locale et de l'achat local, M. Legault a affirmé récemment en entrevue qu'il voulait troquer l'appellation «Fabriqué en Chine» par «Fabriqué au Québec», une approche qui l'a laissée de glace.

Le premier ministre adopte en matière de développement économique «une manière de voir les choses qui est passée, et dépassée, qui est d'une autre époque», a estimé Mme Anglade, en entrevue récemment à La Presse Canadienne.

À son avis, il ne sert à rien de vouloir concurrencer des géants comme la Chine ou l'Inde sur leur terrain.

Qu'on pense, dit-elle, aux coûts de la main-d'oeuvre, bien plus élevés chez nous, aux marchés qu'il faudrait développer en prenant une place déjà occupée, ce qui supposerait une aide massive de l'État, si on veut offrir un produit à un coût compétitif. Ou bien, il faudrait moderniser les équipements, auquel cas on ne créerait pas d'emplois, plaide-t-elle.

Au lieu de cela, propose Mme Anglade, «investissons dans les produits dans lesquels nous sommes déjà bons, où on peut aller beaucoup plus loin et se démarquer sur la scène internationale».

Le Québec doit «concurrencer là où il a vraiment une valeur ajoutée», selon la cheffe libérale, qui dit vouloir miser sur certains secteurs, dont l'agroalimentaire, l'intelligence artificielle et la lutte aux changements climatiques.

Il faut «choisir dans quoi on est les meilleurs», dit-elle.

Vision d'un autre âge

Or, ce n'est pas le cas actuellement, à son avis, en raison de la vision d'un autre âge adoptée par le gouvernement, citant en exemple le défunt projet de loi 61 de relance économique, qui ne misait en fait que sur les projets d'infrastructures.

Elle reproche surtout au gouvernement Legault de traiter cet enjeu à la pièce, en investissant dans des entreprises «à droite et à gauche», sans vue d'ensemble.

«Il faut aller au-delà de ça», dit-elle, et réfléchir en vue de favoriser «une relance qui intègre les impacts sociaux, les impacts environnementaux, les impacts sur les femmes, les impacts sur l'ensemble de la société».

Par exemple, elle rejette l'approche en silos en matière d'environnement. Les projets en ce domaine ne devraient pas relever du ministère de l'Environnement uniquement, mais «de l'ensemble des portfolios», donc de tous les ministères. Pourtant, ce n'est «pas là du tout qu'on est», avec le gouvernement actuel.

L'ancienne ministre de l'Économie dans le cabinet Couillard se dit convaincue qu'économie et environnement doivent aller de pair pour «opérer une véritable transformation de notre société».

Pour ce qui est du secteur agroalimentaire, «l'industrie la plus importante du Québec», il ne suffit pas de dire qu'il faut augmenter la production locale comme le fait M. Legault, plaide la leader libérale, pour accroître l'autonomie alimentaire du Québec.

Elle soutient que le gouvernement doit en fait mieux soutenir financièrement ses agriculteurs, les aider à miser sur l'innovation, la haute technologie, l'acquisition de machineries et de techniques plus performantes, avec un développement des cultures biologiques. Les producteurs agricoles ont «besoin d'un accompagnement» du gouvernement. C'est «extrêmement important», dit cette partisane de l'aide directe aux entreprises.

Dans tous les secteurs, il faut miser davantage sur l'innovation, ajoute-t-elle, «c'est le nerf de la guerre», et sur la présence partout au Québec d'internet haute vitesse.

La cheffe libérale promet de proposer d'ici deux ans un plan élaboré, «à partir d'une vision totale et intégrée» de relance économique du Québec, à temps pour la prochaine campagne électorale de 2022.

Ce plan devra aussi tenir compte de l'impact énorme de l'actuelle pandémie sur l'économie, un impact qui pourrait s'étirer «sur une génération probablement», soit pendant 20 ans, «peut-être plus», selon elle.

Québec solidaire entame une tournée du Québec pour élaborer son plan de relance

Politique

Québec solidaire entame une tournée du Québec pour élaborer son plan de relance

Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Les porte-parole de Québec solidaire (QS) entament une tournée du Québec pour tâter le pouls de la population et élaborer leur plan de relance de l'après-pandémie.

Au lendemain d'un conseil national plutôt houleux, lors duquel ils se sont notamment fait reprocher leur complaisance à l'égard du gouvernement, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé ont annoncé leur intention de se rendre aux quatre coins du Québec pour voir comment les travailleurs vivent cette pandémie.

Ils visiteront les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD), des écoles, des hôpitaux et des entreprises pour savoir comment ils s'en sortent à l'aube d'une éventuelle deuxième vague.

«Un point de presse à 13 h, c'est bien beau. Mais la réalité du terrain, du vrai monde, elle est souvent bien différente des lignes de communication de la Coalition avenir Québec», a soutenu M. Nadeau-Dubois en point de presse.

Le parti de gauche déplore que le gouvernement caquiste ait élaboré son plan de relance «derrière des portes closes» et qu'il laisse de côté les travailleurs au centre de cette pandémie.

«On peut pas revenir à la normale comme avant, ça allait pas bien avant. Ça peut pas aller bien si on retourne dans ces tracks-là», a fait valoir Mme Massé en point de presse.

«Nous aussi on veut relancer (l'économie), mais la relancer pour qu'elle soit au service des gens qui ont eu les principaux impacts», a-t-elle ajouté en entrevue avec La Presse Canadienne.

Critiques des militants

Les porte-parole de Québec solidaire ont été passablement malmenés lors de leur conseil national virtuel, samedi. Certains militants leur ont reproché d'avoir été trop conciliants avec le gouvernement depuis le début de la pandémie.

Questionnée sur le sujet, Mme Massé a tenté de minimiser cette fronde, arguant que seulement une poignée de partisans avaient exprimé leur désaccord sur la stratégie du parti.

«La santé publique nous demandait de mettre le Québec sur pause, alors je pense qu'à ce moment-là, inévitablement, il fallait tout le monde écouter la santé publique», a-t-elle expliqué.

La porte-parole plaide que le parti a rapidement repris son rôle de chien de garde lorsque les travaux de l'Assemblée nationale ont repris au printemps.

«On a réussi à bloquer un projet de loi, le projet de loi 61, qui aurait eu des impacts majeurs pour l'environnement, le retour potentiel de la corruption et la collusion», a-t-elle souligné.

Les porte-parole effectueront leur tournée du Québec en même temps que les travaux parlementaires, qui reprennent ce mardi.

«On siège du mardi au jeudi, ça nous dispose de quatre journées pour être en mesure d'aller à la rencontre», a indiqué Mme Massé.

Le revenu minimum garanti dans la mire du caucus du PLC

Politique

Le revenu minimum garanti dans la mire du caucus du PLC

Joan Bryden
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le revenu minimum garanti s’impose comme une priorité pour les députés du Parti libéral du Canada, tandis que le gouvernement de Justin Trudeau concocte son plan pour aider la population à traverser la crise de la COVID-19 et rétablir l’économie convalescente.

Le caucus libéral demande au gouvernement d’adopter l’idée par le biais d’une résolution de politique prioritaire qui sera examinée lors du prochain congrès national du parti.

Les députés jugent cette proposition si importante qu’ils l’ont désignée comme leur principale résolution, ce qui garantit qu’elle sera débattue et soumise à un vote lors du congrès prévu du 12 au 15 novembre.

Elle figure parmi plus d’une cinquantaine de résolutions prioritaires émanant des associations provinciales et territoriales ainsi que des différentes commissions du parti qui feront l’objet dès samedi de discussions en ligne entre les membres.

Les députés libéraux ne sont pas seuls à réclamer un revenu minimum garanti.

La cinquantaine de résolutions comprend de nombreux appels, issus de partout au pays, exhortant le gouvernement à adopter l’idée sous une forme ou une autre.

Plusieurs résolutions, dont une provenant du caucus, demandent aussi au gouvernement d’élaborer des normes fédérales pour les foyers de soins de longue durée - et de fournir aux provinces le financement nécessaire pour respecter ces normes. Les établissements de soins de longue durée ont encaissé la plupart des quelque 9000 décès attribuables à la COVID-19 depuis l’apparition du virus au Canada.

La pression pour une refonte du filet de sécurité sociale monte alors que le gouvernement libéral se prépare au discours du Trône du 23 septembre, qui exposera son plan pour relancer l’économie et protéger les Canadiens pendant la crise sanitaire, qui reprend de plus belle après une légère accalmie estivale.

La pandémie a mis en lumière des failles dans le filet de sécurité sociale, notamment au niveau du programme d’assurance-emploi qui s’est avéré incapable de soutenir les millions de Canadiens subitement sans travail lorsque les activités non essentielles ont été mises en veilleuse en mars dernier afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus.

Pour combler ce vide, le gouvernement a introduit à la hâte la Prestation canadienne d’urgence de 2000 $ par mois, un programme que le caucus qualifie de «progressiste et transformateur» et qui s’est selon lui avéré «à la fois efficace et populaire» en venant en aide à 8,5 millions de Canadiens.

Des militants espéraient que la PCU se transformerait en un revenu minimum garanti sur une base permanente, mais le programme est en train de se tarir pour céder sa place à une formule d’assurance-emploi plus généreuse et flexible.

Et bien que certains ministres avaient initialement laissé entendre que la PCU pourrait paver la voie à un revenu minimum garanti, des sources gouvernementales indiquent maintenant qu’une réforme majeure de ce genre n’est pas dans les plans pendant que la pandémie continue de faire rage.

La résolution du caucus fait toutefois valoir que la crise a présenté une occasion unique de repenser le Canada de demain. Un revenu minimum garanti simplifierait les demandes de prestations pour les Canadiens dans le besoin et réduirait les coûts administratifs pour le gouvernement, tout en offrant une stabilité de revenu qui est essentielle «à l’égalité des chances, au bien-être et à la dignité», avance-t-on.

Le congrès devrait avoir lieu à Ottawa. Le parti n’a pas encore décidé s’il se déroulera de manière entièrement virtuelle ou sous une formule hybride.

Les élus de Québec solidaire vertement critiqués à leur propre conseil national

Politique

Les élus de Québec solidaire vertement critiqués à leur propre conseil national

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Des délégués de Québec solidaire (QS) ont été particulièrement belligérants samedi, accusant leurs têtes dirigeantes d’être complaisantes avec le gouvernement Legault.

Réunis en conseil national numérique, plusieurs délégués ont laissé jaillir leurs frustrations envers le caucus solidaire, qu’ils accusent de se ranger derrière le gouvernement depuis le début de la pandémie.

«La première personne que j’ai entendue se ranger complètement derrière (le premier ministre François) Legault, c’est (la co-porte-parole de QS) Mme Massé et ça m’a profondément choqué», a déclaré le militant Julien Daigneault.

«On a 24 000 membres, je suis persuadé qu’on a plus d’imagination que ça! (...) Est-ce qu’on va avoir une attitude plus agressive par rapport à la gestion catastrophique de la CAQ?» a-t-il voulu savoir.

Plus tard en point de presse, Mme Massé s’est défendue en disant se ranger derrière la santé publique et le «bien-être de notre population en général».

«Il y a certaines personnes qui souhaitaient que Manon, très rapidement, dès les premiers jours de la pandémie, se place en confrontation radicale et frontale avec le gouvernement du Québec. Ce n’est pas la décision que nous avons prise», a expliqué le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Mécontents, les délégués ont déploré le manque de visibilité du parti en temps de crise sanitaire. «Occasions ratées», «visibilité nulle», «absence sur le terrain», les accusations ont fusé aussitôt les micros ouverts.

Au plus fort de la crise de la COVID-19, les Québécois n’avaient d’yeux et d’oreilles que pour François Legault, qui multipliait les consignes de santé publique, a relevé Mme Massé.

«Nous avons été très gentils avec la CAQ, a accusé Molly Alexander. Je comprends qu’il y avait une crainte de mal paraître, mais en même temps, ça nous a pris du temps avant de réagir avec des propositions.»

«Pourquoi ne pas tout de suite enclencher un plan alternatif de gauche contre la CAQ, au lieu de s’asseoir avec le premier ministre pour lui proposer une série d’améliorations marginales?» a demandé un autre militant.

Tant Mme Massé que M. Nadeau-Dubois ont tenté de calmer la grogne en rappelant que les députés avaient défendu toutes sortes de causes sociales, au parlement comme dans leurs circonscriptions.

«Notre objectif, c’est de faire en sorte que le programme de QS trouve sa place, mais (...) il y a eu une éclipse médiatique. Pendant cette éclipse, on était sur le terrain», a insisté Mme Massé.

Nadeau-Dubois propose un «retour aux sources»

La COVID-19 a chamboulé les projets de QS, tant bien que le parti a décidé de larguer sa campagne environnementale «Ultimatum 2020».

L’an dernier, QS avait fixé une échéance au gouvernement Legault - le 1er octobre 2020 - pour présenter un plan d’action crédible destiné à lutter efficacement contre les changements climatiques.

S’il échouait au test, le gouvernement allait subir l’obstruction parlementaire systématique de QS, qui entendait bien utiliser tous les moyens à sa disposition pour bloquer l’adoption de projets de loi et entraver les travaux.

Il aurait été irresponsable de poursuivre dans cette direction, a plaidé M. Nadeau-Dubois samedi, compte tenu du «bouleversement radical» de la conjoncture politique. Il refuse d’y voir là un échec.

«Est-ce que la question des changements climatiques va perdre de l’importance à QS? Non. Est-ce qu’on va l’aborder différemment? Oui.»

Il a proposé un «retour aux sources» avec une campagne politique plus «générale» basée sur trois axes: la transition écologique, la défense des services publics et la lutte aux inégalités.

La proposition a été adoptée par les délégués, samedi.

Premier geste qui sera posé: le projet de loi de l’ex-député Amir Khadir pour créer Pharma-Québec, une société d’État dont le mandat serait d’assurer l’autosuffisance médicale du Québec, sera à nouveau déposé.

«Cette pandémie-là fait la démonstration qu’il faut remettre le cap sur des mesures élémentaires de solidarité sociale. Je pense qu’on l’avait oublié au Québec», a plaidé M. Nadeau-Dubois en entrevue.

«On assume tout à fait le fait que oui, il y a un retour à des idées qui ne sont pas nouvelles, mais dont la pandémie a démontré plus que jamais la pertinence et l’actualité», a-t-il ajouté.

La preuve, d’après lui, c’est que le gouvernement de la CAQ lorgne du côté des idées de QS.

«J’entendais le ministre des Finances la semaine passée dire qu’il considérait dorénavant que les versements au Fonds des générations étaient des surplus qu’on pourrait utiliser. Ça fait des années que QS dit ça.»

Près de 200 délégués de QS étaient réunis virtuellement samedi afin de «restructurer» l’action politique des prochains mois.

Les travaux de l’Assemblée nationale reprennent le 15 septembre.

Pascal Bérubé: ses liens avec Legault, son avenir et celui de son parti

Politique

Pascal Bérubé: ses liens avec Legault, son avenir et celui de son parti

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Chaque samedi, Le Soleil braque les projecteurs sur des sujets politiques chauds passés sous la loupe d’acteurs du milieu ou d’observateurs avisés.

Élu à l’Assemblée nationale depuis 13 ans, ex-ministre et orateur encensé, Pascal Bérubé achève deux années comme chef intérimaire d’un Parti québécois qui a connu de meilleurs jours. L’élection d’un nouveau chef péquiste, le 9 octobre, dictera l’avenir du parti et celui du député de Matane-Matapédia, longtemps proche de François Legault.

Q Pour quelqu’un qui dit ne pas vouloir être chef, deux ans en poste, record d’intérim au PQ, c’est quand même long, non?

R Je respecte beaucoup le poste de chef permanent, mais je n’ai pas d’intérêt pour l’occuper. Ça s’est manifesté rapidement en 2018 et je suis toujours aussi sûr de ma décision. Aucun doute.

Ça fait 26 ans que je suis au Parti québécois et j’ai travaillé de près avec de nombreux de chefs, alors je sais de quoi c’est fait. Ma passion, c’est d’être député de Matane-Matapédia. C’est ma priorité, ma région.

Ma grande fierté, c’est que dans un contexte où le PQ a fait 17 % des voix en 2018, j’étais à des poussières d’atteindre 70 % dans le comté. Les seuls comtés au pourcentage plus élevé sont des comtés libéraux de l’ouest de Montréal.

Q Que retenez-vous de ces deux années comme chef parlementaire?

R La volonté de faire preuve de beaucoup de rigueur, de professionnalisme dans les questions. L’innovation, parfois la surprise! J’aime beaucoup l’art oratoire, c’est de famille.

Mon grand-père maternel était fasciné par Pierre Bourgault. Il habitait à Sept-Îles et Bourgault avait été candidat du RIN à Sept-Îles. Mes parents se sont rencontrés là-bas, donc Bourgault a laissé une trace très forte dans notre vie familiale. J’ai toujours essayé de m’inspirer des meilleurs orateurs avec un style qui est le mien.

Q Pour vos quatre dernières semaines comme chef parlementaire, visez-vous un objectif précis?

R Il reste peu de temps. Mais l’objectif général entre 2018 et aujourd’hui était de laisser notre formation politique en bonne position sur le plan de la qualité des interventions, de leur pertinence. Avec une équipe de neuf députés, on s’est imposés à bien des égards. Je voulais que la population sache que le Parti québécois était debout, vigoureux et je voulais que le premier ministre le sache aussi.

Mon premier emploi politique, il y a 20 ans, c’est lui (Legault) qui me l’a donné! Il m’a engagé comme stagiaire à l’été 2000, puis comme conseiller politique au cabinet de l’Éducation. Pendant la pandémie, c’était la première fois depuis qu’on était collègues dans le caucus du PQ que j’avais l’occasion de travailler de près avec lui, lors des rencontres téléphoniques hebdomadaires des chefs de partis.

Q Le PQ jouera-t-il sa survie aux élections de 2022?

R Toutes les élections sont importantes pour le Parti québécois, parce que c’est un parti pas comme les autres et tant mieux. L’objectif n’est pas de prendre le pouvoir et de tout faire pour le garder, c’est de prendre le pouvoir pour le donner à la population à travers un beau projet.

Le gouvernement de la CAQ hérite d’une conjoncture exceptionnelle. D’abord, la CAQ n’est pas le Parti libéral. C’est son principal avantage! L’étalon de comparaison, c’est le Parti libéral. Les libéraux eux-mêmes ont créé le CAQ comme gouvernement.

Ensuite, ils (les membres du gouvernement de la CAQ) ne disent non à personne au plan financier parce qu’ils ont hérité de marges de manœuvre qui font rêver n’importe quel gouvernement. En plus, en temps de crise, les Québécois se tournent vers leur gouvernement national.

Je leur reconnais qu’ils sont volontaristes. Comme ils n’ont pas de base militante et d’instances aussi développées que les nôtres, ils peuvent décider assez rapidement de leur positionnement, qui est toutefois un peu épars.

Q Selon le futur du PQ, pourriez-vous adhérer à un autre parti?

R Non. Je suis indépendantiste. Le PQ est le seul parti pour lequel l’indépendance est un enjeu prioritaire, c’est ce qui nous distingue de Québec solidaire. Et la CAQ (pour faire la souveraineté)? Je n’y crois pas.

L’avenir, c’est que j’ai un mandat jusqu’en 2022 et si mes concitoyens le veulent bien, je continuerai au-delà de cette date. Je n’ai pas l’habitude d’annoncer aussi tôt que je reviens, mais j’aime beaucoup le travail de député. J’aime ça pour vrai! Je souhaite que le rôle de député soit davantage valorisé par l’ensemble de la classe politique.

Q Vous avez été proche de François Legault et à la fondation de la CAQ, il vous avait invité à rallier son parti. Cette offre s’est-elle répétée depuis l’élection de la CAQ, en 2018?

R Jamais. On a beaucoup de respect l’un pour l’autre, de l’amitié. J’ai longtemps travaillé à ce que François Legault devienne premier ministre du Québec, mais comme chef du PQ. J’ai été l’un de ceux qui ont le plus travaillé pour qu’il devienne chef du Parti québécois.

Lorsque Bernard Landry démissionne, en 2005, je m’en souviens comme si c’était hier! Je suis au Centre des congrès de Québec et je me retourne vers lui (Legault) en disant : «C’est maintenant, le jour est arrivé!» On avait monté une organisation au cas où et on avait un réseau d’échanges. C’était sérieux. Mais il a choisi de ne pas y aller. Il aurait pu y aller aussi en 2007 et il a choisi de ne pas y aller. Il l’avait aussi envisagé en 2001. 

François Legault, je le voulais comme premier ministre à l’époque où il était indépendantiste au Parti québécois. Je veux me disqualifier moi-même (de lui succéder à la tête de la CAQ) parce que je suis indépendantiste. Je suis au Parti québécois, mon parti, ma famille politique. C’est très clair.

Le Conseil de la fédération prévu à Québec annulé

Politique

Le Conseil de la fédération prévu à Québec annulé

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«La marmite bout!» prévient le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Surtout dans une région comme Québec, qui compte plus d’un nouveau cas de COVID sur cinq dépistés dans la province au cours des cinq derniers jours. M. Dubé assure qu’il n’est pas encore question de passer en zone orange. Mais le Conseil de la fédération censé réunir les premiers ministres des provinces dans deux semaines au Château Frontenac a été annulé.

«La rencontre va être annulée», a annoncé le premier ministre François Legault, en point de presse vendredi après-midi. Mais la situation épidémiologique spécifique de la capitale n’est pas en cause, assure-t-il.

D’abord prévu à la fin juillet, le rendez-vous des dirigeants des 10 provinces et trois territoires canadiens avait déjà été reporté une première fois. La réunion prévue les 24 et 25 septembre n’aura donc pas lieu sur place. Une conférence par vidéoconférence remplacera le tout.

«L’idéal serait de reporter. Mais la principale raison, ce sont les règles des provinces maritimes et des territoires. Par exemple, pour les quatre provinces maritimes, les premiers ministres étaient venus au Québec, ils auraient dû s’isoler durant 14 jours à leur retour chez eux, a expliqué M. Legault.

«Il y avait une volonté de la part de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta... Ils étaient prêts à venir. Mais ce ne serait pas correct de faire une rencontre des premiers ministres sans certains premiers ministres. Alors on a décidé d’annuler la conférence en personne.»

21 % des nouveaux cas

Reste qu’avec 42 nouveaux cas de COVID-19 annoncés vendredi, la Capitale-Nationale en recense 200 en cinq jours. Soit 21 % des nouveaux cas pour 9 % de la population. À titre de comparaison, pour la même période, Mont­réal était à 238, c’est-à-dire 25 % des 966 nouveaux cas dépistés de dimanche à jeudi pour 24 % de la population.

Mais pas de là à passer en alerte modérée, le niveau orange, troisième palier sur quatre du système d’alerte régional dévoilé par M. Dubé mardi. Québec fait quand même déjà partie des quatre régions en jaune, soit en préalerte, alors que les 14 autres restent en vert, vigilance.

«Lorsqu’on a une éclosion, ce n’est pas le lendemain qu’on a les effets, mais on l’a sur 14 jours», a indiqué le ministre Dubé. «On m’a accusé de ne pas aimer le karaoké. Mais on a vu le fameux cas de karaoké à Québec, au bar Le Kirouac, qui est monté à plus de 90 cas. Au début, on avait peine à croire qu’il y avait 20 cas qui venaient du karaoké, il y a une semaine, 10 jours, et là, on parle de plus de 90 cas!

«La question pour Québec était liée à plusieurs éclosions qui ont eu un effet sur plusieurs jours. Je pense que Québec va se sortir de cette zone [jaune], comme toutes les autres régions peuvent s’en sortir. Québec n’est pas différente. Il faut que les gens soient prudents et suivent les conseils sanitaires», résume le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

50 par million en orange 

Le plafond de 20 nouveaux cas par jour par million d’habitants a été dépassé sur l’ensemble de la province pour la semaine, ce qui fait 170 cas par jour.

M. Dubé ajoute que la barre des 50 nouveaux cas par jour par million d’habitants constituerait le seuil pour passer du jaune au orange.

Il précise que le nombre de cas ne constitue que l’un des ­critères-clés de son système d’alerte. Le premier ministre ajoute que plus l’on dépiste, comme en ce moment, plus on a de cas.

Est-ce à dire que la courbe n’est plus aplatie? «Elle est encore aplatie, mais le chaudron bout un peu. Le couvercle bouge», illustre-t-il.

Les milliards d’Ottawa promis aux provinces versés «dans les semaines à venir»

Politique

Les milliards d’Ottawa promis aux provinces versés «dans les semaines à venir»

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
Les provinces et territoires verront bientôt la couleur des milliards promis par Ottawa.

«On a reçu les soumissions des provinces et j’espère pouvoir faire couler l’argent vers les provinces dans les semaines à venir, et pour le 19 milliards $ et pour le 2 milliards $», a indiqué le premier ministre Justin Trudeau, vendredi, dans le nord-est de l’Ontario pour y inaugurer une mine d’or.

Le gouvernement fédéral avait convenu cet été d’octroyer 19 milliards $ — cinq milliards $ de plus que ce qui était prévu au départ — aux provinces et territoires pour les aider à «relancer leurs économies en toute sécurité» et à «augmenter la résilience» lors de potentielles futures vagues du virus.

Cette somme était assortie d’une seule condition, soit qu’elle soit dépensée dans des «domaines prioritaires».

Près de deux mois plus tard, et alors que le nombre de cas de COVID-19 est à la hausse, les provinces et territoires n’ont toujours pas reçu les 19 milliards $ promis. Ils attendent aussi deux milliards $ supplémentaires d’Ottawa pour mieux assurer la sécurité des enfants du pays qui entrent à l’école.

Plutôt que d’expliquer ces délais, M. Trudeau a vanté la bonne collaboration des différents paliers de gouvernement qui «sont tous alignés pour bien protéger les Canadiens et pour appuyer cette relance économique de la bonne façon».

Derrière lui, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, hochait la tête en signe d’approbation.

Le même Doug Ford, au début de la semaine, revendiquait aux côtés de son homologue québécois François Legault davantage d’argent d’Ottawa, notamment pour les transferts fédéraux en santé et pour accélérer les projets d’infrastructures.

M. Trudeau a depuis tenu une rencontre virtuelle avec les premiers ministres des provinces et territoires dans laquelle il s’est engagé à tenir une rencontre au sujet des transferts en santé.

«On va continuer de travailler ensemble sur ces enjeux. Dans les mois à venir, on sait qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour appuyer les Canadiens pour relancer l’économie et pour garder les gens en sécurité», a fait valoir M. Trudeau, vendredi.

Le gouvernement propose un Parlement hybride et le vote à distance

Politique

Le gouvernement propose un Parlement hybride et le vote à distance

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le gouvernement Trudeau a soumis sa proposition aux partis d’opposition pour un retour aux Communes permettant le vote à distance.

Les élus reviennent au parlement le 23 septembre pour l’ouverture d’une nouvelle session et la lecture du discours du Trône.

«Il n’est pas responsable que les 338 députés se rendent à Ottawa pour y siéger, alors nous appuyons une approche hybride. Ça a bien fonctionné ce printemps et c’est la chose responsable à faire», écrit dans un courriel Simon Ross, porte-parole du leader parlementaire du gouvernement.

«Le vote à distance est nécessaire pour que tous les députés puissent représenter leurs électeurs. On travaille avec les autres partis sur les détails de cette approche», ajoute-t-il.

Le leader Pablo Rodriguez a proposé cette façon de faire à ses homologues des autres partis politiques jeudi après-midi.

«L’approche hybride» signifie qu’un petit nombre de députés seront à l’intérieur des Communes tandis que leurs collègues participeront aux travaux en visioconférence.

Depuis des mois, les conservateurs résistent à la possibilité du vote à distance.

Cependant, jeudi en fin de journée, leur nouveau leader parlementaire, Gérard Deltell, ne voulait plus commenter la chose. «Le «black out» vient de commencer», a-t-il dit, joint par téléphone, préférant que les négociations entre leaders parlementaires se poursuivent loin des médias.

Les néo-démocrates semblent d’accord avec l’offre libérale. Ce qui ne les empêche pas de critiquer le gouvernement.

«Depuis longtemps, nous demandons au gouvernement libéral de se réunir et de discuter des avantages d’un modèle hybride. (...) Nous sommes heureux que les libéraux aient enfin répondu et nous examinons leur proposition, mais cela n’aurait pas dû prendre des semaines», a réagi le chef Jagmeet Singh dans une déclaration écrite.

Les bloquistes ont refusé de commenter l’offre libérale.

Le président de la Chambre des communes réclame une entente entre les partis avant de permettre la chose.

Aux néo-démocrates qui l’ont approché il y a 10 jours pour réclamer que soit testé le vote à distance afin qu’il soit fonctionnel dès le 23 septembre, le président Anthony Rota a rappelé qu’il ne peut rien décider sans la Chambre.

«Bien que j’aie confiance que l’Administration pourra offrir ce support à temps, de pareilles mesures doivent d’abord obtenir l’accord de la Chambre», écrit M. Rota dans une lettre adressée aux députés néo-démocrates Peter Julian et Rachel Blaney, lettre dont La Presse Canadienne a obtenu copie.

M. Rota ajoute dans cette missive que les décisions prises avant la prorogation n’ont plus effet. Ainsi, même le travail du comité qui s’est penché sur la façon dont le Parlement pourrait fonctionner en temps de pandémie n’est plus à l’étude, vu la prorogation.

«Je dois obéir à une décision de la Chambre», insiste M. Rota. Et le fonctionnement hybride, mais sans vote à distance, que les Communes avaient adopté au printemps a expiré avec la fin de la session parlementaire.

«Si un consensus peut être atteint sur la façon dont la Chambre devra fonctionner à son retour le 23 septembre, il me fera plaisir de confier à l’Administration le soin de mettre en place toute entente», conclut le président.

«On a proposé aux autres partis une façon de faire fonctionner la Chambre des communes et de faire voter les députés. On va continuer de discuter avec les oppositions et on pense qu’un consensus est possible», de l’avis de M. Ross.

Retraite de deux jours

Afin de préparer cette rentrée du 23 septembre, les ministres de Justin Trudeau se réuniront deux jours la semaine prochaine. La retraite du conseil des ministres se fera à Ottawa les 14 et 15 septembre.

«Ensemble, nous faisons encore face à des défis importants en raison de la pandémie de COVID-19, mais nous nous trouvons aussi devant des opportunités. Je suis impatient de rencontrer mes collègues pour que nous continuions de travailler sur notre plan visant à assurer la santé et la sécurité de tous et à bâtir un pays plus résilient, soit un pays plus juste, plus vert et plus inclusif pour tout le monde», déclare le premier ministre Trudeau dans le communiqué qui annonce la réunion.