Environnement

Legault doit aller à la Conférence sur les changements climatiques, dit QS

Le premier ministre élu François Legault doit se rendre à la prochaine Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP24), en décembre, comme le faisait avant lui son prédécesseur Philippe Couillard.

C’est l’appel qu’a lancé mercredi après-midi à Québec la chef parlementaire de Québec solidaire (QS), Manon Massé. Elle demande même au nouveau premier ministre élu de l’inviter à l’accompagner.

La COP24 se tiendra à Katowice en Pologne du 3 au 14 décembre. Le premier ministre Philippe Couillard avait pris part à la COP21, la Conférence de Paris, en 2015, ainsi qu’à la COP22 à Marrakech au Maroc. Avant lui, Jean Charest avait également participé à des COP.

Même s’il était critiqué sur son bilan environnemental au Québec, M. Couillard misait sur la diplomatie climatique du Québec et sur le fait que le leadership du Québec en environnement était reconnu parmi les États fédérés dans le monde.

Tout juste de retour de sa première mission officielle à l’étranger à titre de premier ministre élu, au Sommet de la Francophonie en Arménie, François Legault n’a pas encore signalé son intention de prendre part à la COP24.

«En fait, j’espère qu’il va y aller, j’espère qu’il va m’inviter aussi», a déclaré Manon Massé, en conférence de presse après la prestation de serment des 10 députés de QS à l’Assemblée nationale. Elle a souligné qu’elle était allée à la COP21 à Paris en 2015 en compagnie de M. Couillard. M. Legault y était aussi d’ailleurs, de même que le chef péquiste de l’époque, Pierre Karl Péladeau.

«Changer de cap»

Mme Massé a demandé à M. Legault de «changer de cap» parce qu’il «n’a pas parlé» de changements climatiques durant la dernière campagne électorale. Elle a rappelé le credo environnementaliste de sa formation et s’est engagée à talonner «fermement et sans relâche» le nouveau gouvernement pour qu’il lutte contre les changements climatiques.

La COP24 de Katowice vise à réunir les délégations des États pour adopter un ensemble de décisions en vue de la mise en œuvre pleine et entière de l’Accord de Paris. 

Politique

Les 10 élus solidaires refusent de prêter serment à la reine en public

Les 10 députés élus sous la bannière de Québec solidaire (QS) le 1er octobre ont refusé, mercredi, de prêter serment d'allégeance à la reine Élisabeth II en public.

Le serment d'allégeance à la reine est une étape obligatoire du processus d'assermentation permettant aux élus de siéger à l'Assemblée nationale.

Or, d'un commun accord, les 10 élus souverainistes de QS ont choisi de s'exécuter derrière les portes closes, à l'abri des regards des nombreux parents et amis venus assister à leur assermentation au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Actualité

L'amiante sera interdite, mais les résidus miniers seront exemptés

OTTAWA - L'interdiction décrétée par le Canada en 2016 sur l'importation, la vente et l'utilisation de l'amiante n'empêchera pas des entreprises québécoises de fouiller les montagnes de résidus miniers laissées par des décennies d'extraction, à la recherche de magnésium.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, doit dévoiler jeudi à Ottawa la réglementation entourant la mise en oeuvre de l'interdiction de l'amiante. Cette réglementation a été approuvée par le cabinet à la fin du mois de septembre.
Kathleen Ruff, experte en matière d'amiante, se dit déçue par la décision fédérale d'autoriser une exemption pour les résidus miniers, car ces résidus contiennent jusqu'à 40 pour cent de fibres d'amiante, qui sont responsables de cancers et d'autres maladies pulmonaires. On estime qu'environ 800 millions de tonnes de résidus miniers sont accumulées à Thetford Mines et Asbestos, au Québec, après des décennies d'extraction d'amiante.
Au moins une entreprise, Alliance Magnésium, souhaite extraire ce métal des résidus de mines d'amiante, principalement pour utilisation dans les pièces automobiles et les moules haute pression. En août dernier, le gouvernement du Québec a octroyé une aide financière de 30,9 millions $ à Alliance pour l'implantation d'une «usine de démonstration commerciale» de fabrication de magnésium à partir des résidus, par un procédé d'électrolyse. Le projet, d'une valeur de près de 105 millions $, doit être réalisé à Danville, en Estrie, et créer une soixantaine d'emplois.
Le Canada a accepté d'interdire l'amiante en 2016, après des années de pressions exercées par des experts en santé publique, d'anciens travailleurs miniers et des proches de victimes. Le Canada a toutefois continué de faire valoir que l'amiante était sans danger s'il était utilisé avec les précautions appropriées.
Au moins 510 Canadiens sont morts en 2016 du mésothéliome, un cancer du poumon lié à l'amiante. Ce chiffre n'inclut toutefois pas les décès survenus au Québec, qui a cessé en 2010 de signaler ses taux de maladies liées à ce minerai.

Actualités

Roberval a aimé Couillard, mais voterait pour la CAQ

Même si les électeurs de Roberval sont majoritairement satisfaits du travail de Philippe Couillard, la circonscription détenue par l’ancien premier ministre risque de passer aux mains de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l’issue de l’élection partielle rendue nécessaire par sa démission. Un sondage mené par la firme Recherche Mainstreet pour le compte du Quotidien place le parti de François Legault en tête avec 36,5 % des intentions de vote.

Le Parti libéral du Québec, selon les résultats du sondage réalisé le 13 octobre dernier, est en deuxième position, alors qu’il reçoit la faveur de 27,4 % des électeurs. Le Parti québécois arrive troisième avec 24,3 %. Québec solidaire termine la marche avec 9,1 % des intentions de vote.

Lors de l’élection générale du 1er octobre, Philippe Couillard avait remporté aisément l’élection, recevant 42,46 % des voix. Denise Trudel de la CAQ avait terminé en deuxième position, avec 24,16 % des votes. Elle était suivie du péquiste Thomas Gaudreault, qui était le choix 19,02 % des électeurs de Roberval ayant voté. Luc-Antoine Cauchon de Québec solidaire avait quant à lui reçu 10,75 des voix.

Réaction normale

Pour le vice-président de la firme de sondage, Steve Pinkus, ce changement d’allégeance des électeurs est une réaction normale, dans le contexte où un gouvernement majoritaire de la CAQ vient d’être élu et où l’attrait de voter pour le parti au pouvoir peut sembler avantageux. 

« La population a les résultats de l’élection devant elle. Il y a eu une vague caquiste dans la région, trois députés ont été élus dans les circonscriptions voisines », explique le sondeur. 

« On a refait le sondage avec seulement les partis. Il n’y a pas de candidats qui sont encore connus. Pour les gens de Roberval, voter pour la CAQ est tout à fait logique et compatible avec ce que l’on remarque d’habitude », ajoute M. Pinkus.

Ces résultats de sondage sont cohérents avec un autre sondage Recherche Mainstreet publié pour le compte du Quotidien en juillet dernier, qui ne nommait pas les candidats. Déjà, les électeurs de Roberval privilégiaient la CAQ au PLQ.

Taux de satisfaction

Ce même sondage démontre que les électeurs de Roberval sont fortement satisfaits du mandat effectué par M. Couillard comme député de Roberval. Près de 74,6 % jugent positivement le bilan de Philippe Couillard, le qualifiant de bon, très bon ou d’excellent. Près de 70 % des électeurs de Roberval lui donne une bonne note pour son travail à titre de premier ministre.

« Ses commettants reconnaissent qu’il a bien servi la population de la circonscription et du Québec pendant son mandat », ajoute M. Pinkus, en précisant que le député Philippe Couillard était plus apprécié que son parti auprès de la population.

Comme le sondage a été effectué après la démission de M. Couillard, où il a démontré une certaine forme d’émotivité, Steeve Pinkus croit que les électeurs ont eu tendance à être moins sévères avec l’ancien premier ministre.

Le sondage de Recherche Mainstreet a été réalisé le 13 octobre dernier auprès de 611 personnes résidant dans la circonscription de Roberval. La marge d’erreur du sondage est de 3.95 %, 19 fois sur 20.

Politique

QS veut abolir le serment d’allégeance à la reine

Québec solidaire (QS) veut abolir le serment d’allégeance à la reine. Le parti présentera un projet de loi en ce sens lorsque l’Assemblée nationale reprendra ses travaux.

Les 10 élus de Québec solidaire prêteront mercredi les deux serments qui leur conféreront officiellement le titre de député. Ils modifieront à leur façon celui sur l’«allégeance à la reine» en y ajoutant une touche personnelle. Ils pourraient le faire précéder des mots suivants : «En attendant l’émergence d’une république libre, forgée en partenariat avec les peuples autochtones du Québec...»

Mais ce mercredi, «on va aussi s’engager à présenter un projet de loi pour abolir dans l’avenir le serment à la reine d’Angleterre», a annoncé au Soleil le député élu de la circonscription de Jean-Lesage, Sol Zanetti.

«On est très mal à l’aise avec ce rite», a confié M. Zanetti. D’abord, parce que ce serment à la chef de l’Église anglicane a été utilisé en Angleterre et dans les colonies britanniques «pour faire de la discrimination religieuse» à l’endroit des catholiques, notamment. «Il va donc contre la laïcité des institutions», a-t-il dit.

Ce malaise provient ensuite de ce qu’il est «irrespectueux» des peuples ayant subi la colonisation britannique, a enchaîné le député. «C’est une pratique qui n’a plus lieu d’être.»

Sol Zanetti espère que les autres partis soutiendront le sien dans cette voie. On peut penser que le Parti québécois suivra QS sur cette question. Mais la clé pour que ce projet de loi soit un jour adopté sera dans les mains de la Coalition avenir Québec (CAQ).

M. Zanetti a bon espoir de voir le gouvernement Legault l’évaluer d’un œil favorable. Il s’appuie sur le fait que M. Legault a présenté la CAQ comme «nationaliste» ces derniers mois et durant la campagne électorale.

Mais le Québec aurait-il le pouvoir d’abolir ce serment? «Si certains affirment qu’on n’a pas le pouvoir de l’abolir, ce n’est pas une opinion qui fait consensus», répond le solidaire.

Deux serments

Les élus de l’Assemblée nationale prêtent deux serments d’allégeance : l’un à la reine, qui a été conservé depuis la création du Canada, en 1867, et l’autre au peuple du Québec. Ils se lisent ainsi : «Je déclare solennellement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II.»

«Je déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice, dans le respect de la constitution du Québec.»

Contrairement au Parti libéral du Québec et à la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et le Parti québécois feront retirer le drapeau canadien de la salle où se déroulera leur cérémonie d’assermentation, soit le Salon rouge de l’Assemblée nationale. Seul le fleurdelisé y trônera.

Politique

Légalisation du cannabis: le Québec prêt, l’Ontario rechigne

OTTAWA — À quelques heures de l’entrée en vigueur de la légalisation du cannabis, le premier ministre ontarien Doug Ford a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour se plaindre que les choses vont trop vite. Du côté du Québec, on se dit «prêt» à affronter la situation.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a déploré mardi que l’on commence «à exagérer ou tirer l’alarme à feu» alors que l’on est «à 20 minutes de minuit» car, selon lui, les provinces ont eu suffisamment de temps pour se préparer.

Dans sa missive datée du 16 octobre, le premier ministre Ford soutient que les forces policières ne sont pas prêtes à composer avec le problème de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue, et il enjoint le gouvernement libéral à poser «immédiatement» des gestes pour s’attaquer à l’enjeu.

Le ministre LeBlanc a balayé ces allégations du revers de la main. «Les autorités policières confirment qu’elles sont prêtes. Alors moi, je fais beaucoup plus confiance aux autorités policières qu’aux politiciens conservateurs sur ces enjeux-là», a-t-il lancé en mêlée de presse.

Du côté de Québec, le gouvernement désigné de la Coalition avenir Québec (CAQ) est «prêt»; une modification législative sera «rapidement» mise de l’avant afin de respecter les engagements formulés pendant la campagne électorale, a indiqué le porte-parole Mathieu St-Amand.

Il a précisé que les fonctionnaires planchaient déjà sur les modifications législatives, lesquelles devraient venir «fort probablement d’ici la fin de l’année». C’est donc dire que les jeunes de 18 ans auront quelques semaines pour se procurer légalement du cannabis.

«Nous avons été clairs sur nos intentions de ramener l’âge légal à 21 ans, notamment en raison des études qui démontrent clairement que les risques permanents au cerveau associés à cette substance augmentent plus elle est consommée en bas âge», a noté M. St-Amand.

Il y a un décalage entre Ottawa et Québec sur ce plan comme sur celui de la culture à domicile — le gouvernement de François Legault compte prohiber la pratique alors que la loi fédérale permet de faire pousser jusqu’à quatre plants par foyer.

Selon l’élue caquiste Geneviève Guilbault, le seul fait que les Québécois aient voté massivement pour la CAQ le 1er octobre prouve qu’ils sont pour la hausse de l’âge légal et de l’interdiction de consommer dans les lieux publics.

Son collègue François Bonnardel a décelé des préoccupations au sein de la population. «Je suis inquiet, la population est inquiète, a-t-il affirmé. J’ai toujours dit que c’était pour moi un fléau social de légaliser le cannabis.»

Modèle ontarien redouté

Le gouvernement fédéral avait envoyé au front, mardi, une flopée de hauts fonctionnaires issus de divers ministères impliqués de près et de loin dans la légalisation du pot afin de répondre aux questions des journalistes à Ottawa.

Au ministère fédéral de la Justice, l’un d’entre eux a signalé que le modèle du gouvernement Ford risquait de poser problème. Arrivés au pouvoir à Queen’s Park en juin dernier, les progressistes-conservateurs ont mis à la poubelle le plan des libéraux.

Le gouvernement Ford a annoncé fin septembre que le cannabis sera vendu uniquement en ligne au moins jusqu’en avril. «Il faut payer avec une carte, et ça laisse des traces», a relevé ce fonctionnaire, notant que certains ne voudront pas courir le risque de fournir leurs données.

La légalisation du cannabis se fera aussi sentir sur la colline du Parlement.

S’il sera interdit de fumer un joint dans les édifices de la cité parlementaire, en griller un sur la pelouse en face du parlement sera autorisé, a signalé dans un courriel — de façon un peu cryptique — Kadé Rémy, porte-parole du Service de protection parlementaire (SPP).

«Nous reconnaissons l’utilisation récréative du cannabis et la possession en petites quantités de marijuana qui seront légales à l’ensemble du Canada. [...] L’usage du cannabis autour de la cité parlementaire sera réglementé conformément à la loi en vigueur», a-t-il écrit.

Le Sénat ne compte pas adopter de politique formelle, mais rappelle aux sénateurs et aux employés qu’ils doivent se «comporter de manière professionnelle dans leur milieu de travail», a déclaré Alison Korn, porte-parole de la Chambre haute.

Trudeau veut rassurer

À son arrivée au parlement, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau a fait valoir que les parents devront aussi avoir une bonne discussion avec leurs enfants au sujet de la consommation de cannabis.

Il a répété que la réglementation du marché du cannabis au pays — une des promesses de sa campagne électorale de 2015 — contribuera à garder le cannabis hors de la portée des enfants et à lutter contre le marché noir.

Le premier ministre a aussi soutenu que le gouvernement fédéral s’employait également à rendre le système de traitement des demandes de pardon plus accessible pour les Canadiens qui ont été par le passé reconnus coupables de possession simple de cannabis.

Le premier ministre a dû faire face à des pressions, y compris au sein de son propre caucus, pour se pencher sur cet enjeu de la suspension du casier judiciaire, en raison des conséquences de telles accusations de possession simple pour les Canadiens marginalisés.

Murray Rankin, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de justice, a récemment déposé un projet de loi aux Communes prévoyant la suspension du casier judiciaire (ou «pardon») pour les Canadiens qui ont été accusés de possession simple.

Politique

En Uruguay, une législation pionnière du cannabis qui avance pas à pas

MONTEVIDEO — Pionnier dans la légalisation de la consommation du cannabis, l’Uruguay a autorisé il y a un an sa vente en pharmacie. D’abord réfractaire, la population y est désormais favorable, et des experts soulignent son impact potentiel sur le commerce illicite.

En décembre 2013, le petit pays d’Amérique latine (3,5 millions d’habitants) attirait les regards du monde entier en devenant le premier de la planète à légaliser la production, la distribution et la consommation du cannabis à des fins récréatives. Trois modes d’accès sont prévus par la loi uruguayenne : la culture à domicile pour consommation personnelle, l’appartenance à un club cannabique ou, depuis le 19 juillet 2017, l’achat en pharmacie d’une production fournie par des entreprises privées, ce dernier volet ayant été le plus difficile et long à mettre en œuvre.

Selon Monitor Cannabis, qui étudie la mise en pratique de la loi, «trois années après la mise en place de la réglementation, l’évolution de la consommation de cannabis montre une augmentation qui n’est pas spectaculaire par rapport à la tendance» générale, à la hausse depuis le début des années 2000.

Les quatre variétés disponibles sont en vente dans des petits sachets fermés de cinq grammes, à 1,40 $ le gramme. Chaque consommateur, dûment enregistré, peut acheter 40 grammes par mois. Seuls les citoyens uruguayens ou ceux qui possèdent un permis de résidence peuvent s’inscrire.

Les dernières données fournies par l’Institut de régulation et de contrôle du cannabis (IRCCA) montrent que les consommateurs de marijuana sont déjà 54 % à avoir régulièrement recours à une des alternatives proposées dans le cadre légal, alors qu’ils ne pouvaient se fournir jusque-là que sur le marché illicite. La mise en place de cette réglementation pionnière a toutefois connu quelques soubresauts : problèmes à la récolte, limitations imposées par les banques, obligées de se conformer à la législation américaine sur les stupéfiants pour les entreprises travaillant dans ce secteur et souhaitant ouvrir un compte.

À ce jour, l’Uruguay compte près de 7000 cultivateurs à domicile, 107 clubs cannabiques et 28 500 consommateurs légaux, soit six fois plus que le nombre enregistré le premier jour de vente, selon des chiffres officiels.  

Politique

Le gouvernement Trudeau n'est pas pressé de rapatrier de présumés djihadistes

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau ne semble pas pressé de rapatrier des Canadiens qui ont volontairement rejoint les terroristes de Daech (le groupe armé État islamique) et qui sont maintenant emprisonnés à l'étranger.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré mardi que ces individus devaient faire face aux conséquences de leur séjour en Syrie pour joindre les rangs de ce qu'il appelle une «opération terroriste odieuse et atroce».

Politique

Le Canada devrait en faire plus pour les femmes réfugiées, selon Oxfam

OTTAWA — Le gouvernement féministe autoproclamé de Justin Trudeau pourrait et devrait faire davantage pour s’attaquer aux problèmes reliés au genre de femmes déplacées par des guerres et des conflits à travers le monde.

C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport d’Oxfam Canada, qui examine de près la manière avec laquelle le Canada contribue à l’aide humanitaire internationale et les lacunes qui existent en matière de résultats pour les femmes et les filles réfugiées.

Le Canada a fait de grands progrès pour faire de l’égalité entre les sexes et du féminisme une priorité clé de ses programmes de politique intérieure et extérieure, mais plus peut être accompli pour aider les femmes touchées de manière disproportionnée dans des crises à travers le monde, indique le rapport.

Selon le document, le financement de l’aide internationale du Canada est en décalage par rapport à son ambition d’être un chef de file mondial en matière d’égalité entre les sexes, d’aide féministe et de politique étrangère.

Oxfam affirme que les dépenses consacrées à l’aide internationale par le Canada sont quasiment à un creux historique, à un mince 0,26 % du revenu national brut par rapport à l’objectif de 0,7 % fixé par les Nations unies, ce qui «affaiblit sa crédibilité et son leadership sur la scène internationale».

L’étude se concentre sur les zones de conflit où les femmes ne reçoivent pas l’aide dont elles ont besoin ou sur lesquelles les efforts visant à améliorer l’égalité des sexes ne sont pas pleinement réalisés.

Certaines des conclusions sont troublantes, notamment une statistique montrant que 25 à 50 % des décès maternels dans les camps de réfugiés sont causés par des avortements non sécuritaires et par les complications qui y sont associées.

Cela est dû en partie à un manque d’accès adéquat aux services de santé sexuelle et reproductive, qui sont souvent considérés comme une priorité «secondaire» lorsque les personnes sont forcées de fuir leur domicile en raison d’un conflit.

«Notre argument est que ces services sauvent vraiment des vies si vous considérez, par exemple, que l’an dernier, 500 femmes et filles sont décédées des suites de complications liées à la grossesse et à l’accouchement chaque jour simplement parce que la santé et les droits sexuels et reproductifs n’étaient pas une priorité», a fait valoir Brittany Lambert, spécialiste des politiques et de la défense des droits des femmes chez Oxfam Canada.

«Ces éléments devraient être prioritaires dès le début de ces interventions humanitaires et pourraient sauver de nombreuses vies», a-t-elle ajouté.

L’organisation demande au Canada d’élaborer un plan décennal pour atteindre l’objectif d’aide des Nations unies de 0,7 % du revenu national.

Oxfam souhaite également que le Canada établisse un segment particulier de 15 % de toute son aide humanitaire pour les besoins des femmes et des filles.

En plus, Oxfam Canada soutient que le gouvernement Trudeau devrait prendre des mesures plus fermes pour éviter que des armes ne tombent entre les mains de ceux qui commettent des actes de violence fondés sur le genre.

Politique

Legault invite ses députés à parler au nom de chaque citoyen

Au terme de l’assermentation de ses 73 députés, le premier ministre désigné, François Legault, les a invités à s’élever au-dessus des joutes partisanes.

Le plus beau titre est celui de député et il s’accompagne de responsabilités, leur a dit M. Legault à l’issue de la cérémonie qui s’est déroulée mardi après-midi à l’Assemblée nationale.

Chacun doit parler «au nom de chaque citoyen» de sa circonscription, y compris au nom des électeurs ayant préféré un autre parti, a-t-il insisté avant de donner l’exemple qui est et qui sera le sien.

«Je parle au nom des enfants, au nom des aînés, des familles, des gens seuls, des malades, des plus démunis de ma circonscription. Et, comme vous, désormais, je parle aussi au nom des électeurs péquistes, libéraux, solidaires, qui n’ont pas voté pour moi.»

«Ça nous oblige à nous élever au-dessus des considérations partisanes, dans l’intérêt supérieur du Québec et de nos concitoyens», a encore déclaré le premier ministre, qui formera son conseil des ministres jeudi.

En point de presse, peu après, le député de Beauce-Sud, Samuel Poulin, a souligné qu’il fallait un «changement de ton» à l’Assemblée nationale. Il a dit avoir «bon espoir» qu’avec tous les nouveaux députés, les femmes et les jeunes qui ont été élus, «cette fois-ci sera la bonne». «On ne marche pas dans les mêmes pas que tout le monde», croit-il.

M. Poulin aimerait que tous les partis puissent, par exemple, travailler en collaboration à la rédaction de projets de loi.

Reconnaître ses erreurs

Dans son allocution, François Legault a aussi invité ses députés à reconnaître leurs erreurs lorsqu’ils en commettront. Il a rappelé qu’il l’a lui-même fait durant la campagne électorale. «Les Québécois ne s’attendent pas à ce que l’on soit parfait», a-t-il soutenu.

Lors du débat télévisé des chefs sur les ondes de TVA, M. Legault s’était livré à un mea culpa. «Je ne suis pas parfait. Ça m’arrive de faire des erreurs», avait lancé le chef caquiste en faisant référence aux réponses inexactes qu’il avait données quelques jours plus tôt sur l’immigration. «J’écoute les gens et je corrige mes erreurs», avait-il affirmé.

Hommage aux adéquistes

Le premier ministre a chaleureusement salué les quatre députés caquistes qui ont déjà été élus sous la bannière adéquiste, Éric Caire, François Bonnardel, Marc Picard et Sébastien Schneeberger. Un peu plus tôt, M. Caire avait rendu hommage au fondateur de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont. La Coalition avenir Québec a succédé à l’ADQ en 2011-2012.

À ce moment-là, François Legault lançait souvent : «On verra». Aujourd’hui, «on voit», s’est-il réjoui en embrassant du regard ses 73 députés.  Avec Patricia Cloutier

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