Les sports à l’Université Bishop’s en danger

L'équipe féminine de basket des Gaiters compte 13 membres, pour la saison 2023-24, dont six proviennent de l'extérieur du Québec.

Le directeur des sports à l’Université Bishop’s Matt McBrine est clair: si le souhait du gouvernement du Québec de hausser les frais de scolarité pour les étudiants hors-Québec s’applique, cela voudra dire la fin de certains sports au sein de l’institution anglophone presque deux fois centenaire.


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McBrine, comme plusieurs autres personnalités de la région, était présent au Théâtre Centennial de l’Université Bishop’s mardi matin, pour appuyer son institution face à la mesure gouvernementale qui ferait passer les frais de scolarité de 9000$ à 17 000$ pour les étudiants canadiens hors Québec.

Comme La Tribune l’indiquait plus tôt mardi, ce sont près de la moitié des athlètes membres de la dizaine d’équipes sportives de l’Université Bishop’s, qui proviennent de l’extérieur du Québec.

Un nombre qui atteint même les 86% pour l’équipe de soccer féminine.

« Ça serait très significatif, près de 50% de nos athlètes proviennent de l’extérieur de la province. L’histoire du sport à Bishop’s date de plus de 100 ans, et ça a toujours inclut des athlètes de partout au Canada. Ces jeunes de l’extérieur du Québec ont toujours représenté des pièces importantes dans notre ADN, et nos succès », a dit McBrine.

« Si cette mesure est mise en application, ce serait dévastateur pour Bishop’s. Ça voudrait dire la fin pour certaines équipes, c’est certain, et ça aurait aussi un impact sur l’infrastructure sportive québécoise, un point que les gens ont tendance à oublier. Si tu as trois universités, McGill, Concordia et Bishop’s, qui sont présentes dans plusieurs ligues sportives, qui ne peuvent plus compétitionner, ça aurait un impact sur tous les autres sports. »

David Chaloux et les Gaiters accueilleront le match de demi-finale de la conférence des Maritimes, ce samedi, face à Mount Allison. Quelque 40% des joueurs de l'alignement de l'équipe de football provient de l'extérieur du Québec.

Au football universitaire québécois, la conférence RSEQ est formée de l’Université de Sherbrooke, l’Université de Montréal, l’Université Laval, ainsi que de Concordia et McGill.

Bishop’s évolue dans la conférence des Maritimes, au football.

Mais au hockey féminin, par exemple, les universités anglophones représentent la moitié de l’offre sportive, avec des équipes à McGill, Concordia et Bishop’s.

L'équipe féminine de hockey des Gaiters compte 14 joueuses provenant de l'extérieur du Québec, sur un alignement de 26 (54%).

« Il y a quatre équipes au Québec, en plus de Carleton et d’Ottawa, au hockey féminin universitaire, dont trois anglophones, soit McGill, Concordia et Bishop’s. Le hockey féminin au Québec souffrirait beaucoup de cette mesure. Au football, je ne crois pas que trois programmes universitaires francophones offriraient un bon calibre. C’est vraiment sérieux », a décrié Matt McBrine.

Ce dernier confirme qu’il n’y a pas mille solutions au problème actuel.

« Il y a le statu quo ou on va dans une direction différente, ce qui serait vraiment triste. »

Inquiétudes?

Si la situation est sérieuse, Matt McBrine fut rassuré de voir l’appui de la communauté sherbrookoise et estrienne à l’endroit de Bishop’s, mardi matin.

« C’est un bon signe que l’Université touche beaucoup de gens. C’est impressionnant de voir l’impact que l’on peut avoir! Le sport a cet impact dans notre communauté sherbrookoise. Ça serait vraiment terrible et triste de devoir appliquer cette mesure. Ça se ferait ressentir partout au Québec. »

Des leaders de la région se sont réunis pour afficher leur appui envers l’Université Bishop’s mardi matin au Théâtre Centennial de l’Université Bishop’s. Sur la photo, Sébastien Lebel-Grenier principal et vice-chancelier de l'Université Bishop's et Jean Perrault, ancien maire de Sherbrooke.

McBrine se désole de cette mesure gouvernementale, et aurait plutôt espéré que le gouvernement tienne compte de l’expertise des universités anglophones du Québec dans son désir de sauvegarder le fait français plutôt que d’imposer une mesure qui rate sa cible, dit-il.

« On espère que notre message sera entendu, et qu’on va approcher cet enjeu d’une façon différente. Et pas seulement pour les sports. On est prêt, en tant qu’institution anglophone, à supporter la culture francophone auprès de nos étudiantes et étudiants. On veut faire partie de la solution. Ce n’est pas en retirant une pièce de cet aspect de notre vie universitaire qui va avoir un impact sur la culture francophone. On doit travailler ensemble, sur cet enjeu. Avec tout ce qui se passe dans le monde présentement, créer la division dans notre province, présentement, ça serait une grave erreur. Laissez-nous vous aider à trouver des solutions, c’est ce qu’on veut, également », a dit M. McBrine.

Sébastien Lajoie

Sébastien Lajoie, La Tribune

Sébastien Lajoie est chef des pages sportives à La Tribune depuis 2009. Il pratique, et couvre, un grand éventail de sports.