On peut y entrer pour emprunter une bande dessinée et ressortir avec un jeu vidéo, un ukulélé ou même des outils de jardinage. Sans oublier, bien sûr, un bon roman ou le plus récent tome d’une trilogie à télécharger sur notre liseuse.
Chaque année, près de 3 millions d’abonnées et abonnés fréquentent leur bibliothèque publique pour faire un emprunt, participer à une activité ou découvrir l’un de ses programmes. De tout.
Qu’elles soient logées dans une ancienne église, qu’elles se distinguent au centre-ville comme un chef-d’œuvre d’architecture ou qu’elles animent le cœur d’un village, les bibliothèques répondent aux besoins de toutes les municipalités. Partout.
De nombreuses bibliothèques accueillent des personnes ainées qui apprivoisent le numérique, des ados passionnés par leur Fablab de création, de nouvelles arrivantes et arrivants à la recherche de conseils et de repères, ou encore, plusieurs générations de la même famille qui peuvent se croiser au comptoir de prêt. Pour tout le monde.
Parce que dans notre belle province, aucun établissement culturel n’est aussi profondément rassembleur qu’une bibliothèque publique.
C’est un lieu unique qui transforme des vies, façonne des carrières, oriente des recherches et crée des ponts, sans jugement et gratuitement.
Pour célébrer l’importance de nos bibliothèques
Pour souligner cette 28e édition de la Semaine des bibliothèques publiques du Québec, nous aimerions nous adresser à celles et ceux qui n’ont pas encore eu la chance d’y mettre les pieds.
Que ce soit pour emprunter l’un des 29 millions de livres imprimés et numériques, assister à l’une des 80 000 activités et expositions offertes, ou poser l’une des questions parmi le million de références enregistrées comme tant d’autres l’ont fait : il y a une place pour vous.
Vous pouvez venir avec votre tout-petit assister à une heure du conte, trouver un espace confortable pour étudier, ou simplement profiter d’une discussion bienveillante avec une intervenante ou intervenant social ou un membre du personnel dédié.
Dans un monde marqué où l’isolement et la polarisation des idées fragilisent le dialogue et le vivre-ensemble, les bibliothèques se feront toujours un point d’honneur d’être ouvertes sur le monde, de lutter contre la censure et d’inclure toutes les communautés, parce que leur mission est ancrée dans leur rôle social, culturel et démocratique.
Comment nos bibliothèques ne peuvent-elles avoir qu’une note de 68 %?
Toutefois, il ne suffit pas que la population apprécie et découvre ses institutions culturelles, il faut également que les décideuses et décideurs en reconnaissent l’importance et continuent d’investir à la hauteur de leur potentiel.
Pour offrir cette panoplie de services, pour assurer des heures d’ouverture généreuses les soirs et les fins de semaine, et pour déployer des équipes qualifiées et en nombre suffisant, nos bibliothèques ont cruellement besoin d’investissements.
Or, le constat actuel devrait nous faire réfléchir. Selon le plus récent Portrait des investissements dans les bibliothèques publiques québécoises, basé sur les données de 2025, les sommes accordées à l’échelle de la province récoltent une note globale de seulement 68 %.
Prendre soin de nos bibliothèques, c’est investir directement dans la cohésion sociale de nos communautés et dans le bien-être de la population. Alors qu’un nouveau gouvernement s’installe au pouvoir, nous lui lançons un appel chaleureux, mais pressant : choisir d’accorder les budgets nécessaires à nos bibliothèques publiques, ce n’est pas une dépense, c’est le choix d’enrichir durablement notre société.
Cette semaine, nous vous invitons à pousser la porte de votre bibliothèque locale. Redécouvrez-la. Célébrez-la. Et ensemble, exigeons qu’on lui donne les moyens de briller pleinement au cœur de nos communautés.
Signataires :
Eve Lagacé, directrice générale, Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ)
Gaël Magrini, directeur général de Bibliopresto
Julie Blais, présidente du Réseau BIBLIO du Québec



