Éditorial

Vers une crise du logement?

ÉDITORIAL / La forte diminution du taux d’inoccupation des logements à Sherbrooke depuis un an est une mauvaise nouvelle pour les locataires et particulièrement ceux à faible revenu, au point où l’Association des locataires de Sherbrooke craint que des ménages se retrouvent dans la rue en juillet prochain.

Le rapport 2018 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) démontre en effet que le taux d’inoccupation dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke est passé de 5,3 % en 2017 à 2,6 % en 2018, alors que le taux d’équilibre est de 3 %.

La disponibilité des logements varie évidemment selon le nombre de pièces et le secteur.

Ainsi, le taux d’inoccupation est plus bas pour les logements d’une chambre (2,5 %), deux chambres (2,3 %) et trois chambres (2,6 %), alors qu’il est de 5,4 % pour les studios, ce qui pénalise à la fois les personnes seules et les familles.

C’est dans le secteur de Fleurimont que les logements sont les plus rares avec un taux d’inoccupation de seulement 1,1 %, suivi de Rock Forest/St-Élie/Deauville (1,2 %), du Nord (2 %), de Brompton (2,1 %), du Mont-Bellevue (2,4 %) et de Lennoxville (2,5 %).

Selon la SCHL, le resserrement du marché locatif s’explique par l’augmentation de la population étudiante, la migration internationale et le désir de nombreux ménages âgés de quitter leur maison pour un appartement.

Tout cela risque d’avoir un effet concret sur nombre de locataires en situation de précarité financière.

Ceux-ci craignent, avec raison, non seulement la rareté des logements abordables, mais aussi des hausses de coût et des propriétaires plus sélectifs.

Normand Couture, président de l’Association des locataires de Sherbrooke, anticipe d’ailleurs une année 2019 difficile.

En juillet dernier, pas moins de 23 ménages, dont 14 familles, s’étaient retrouvés sans endroit où aller habiter. 

Si on se fie aux tendances observées par la SCHL, on peut donc craindre qu’un nombre plus élevé de ménages connaissent le même sort en juillet 2019.

On pourrait ajouter que le coût moyen des logements (758 $ par mois pour un trois chambres, selon la SCHL) n’est pas à la portée de tout le monde, bien que Sherbrooke soit parmi les villes les moins chères au Québec. 

La solution passe donc, en bonne partie du moins, par l’aide au logement social et abordable.

À Sherbrooke, la construction de 100 logements sociaux par année depuis quatre ans, via des subventions de la Ville et la contribution de la Société d’habitation du Québec, à laquelle s’ajoute une cinquantaine d’unités privées subventionnées par année pour les locataires à faible revenu, peine à répondre à la demande.

Plus de 800 personnes sont sur la liste d’attente de l’Office municipal d’habitation.

Il faut souligner ici que Sherbrooke est au 8e rang parmi les 10 plus grandes villes de la province pour le nombre de logements sociaux par habitant.

Rémi Demers, président de l’Office municipal d’habitation (OMH), dit reconnaître le sérieux de la situation « parce que les gens démunis aboutissent chez nous ».

Il semble toutefois exclu que Sherbrooke construise davantage de logements sociaux en 2019 : « le défi, dit M. Demers, c’est de garder le rythme de 100 par année », alors que la Ville doit adopter sous peu son budget de fonctionnement.

Dans un monde idéal, les ménages devraient recevoir un revenu suffisant pour se loger convenablement et pourvoir à l’ensemble de leurs autres besoins.

Malheureusement, nous n’en sommes pas là : à Sherbrooke, plus du tiers (34,3 %) des locataires consacrent 30 % ou plus de leur revenu pour se loger, selon Statistique Canada, alors que seulement 7,9 % des ménages locataires vivent dans un logement subventionné.

Il y a donc tout un rattrapage à faire.     

Opinions

La STS retourne 780 000 $ à la Ville de Sherbrooke

Le président du conseil d’administration de la Société de transport de Sherbrooke (STS) a annoncé lors du dernier conseil municipal qu’il retournera 780 000 $ à la Ville pour le Fonds consolidé de la Ville. Mais cette fois, c’est le montant d’un rajout d’une subvention du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour le transport de la STS, et selon le texte voté par l’exécutif de la Ville, c’est un rajout pour le transport adapté.

Le RUTASM ne peut que réagir négativement et manifester sa totale incompréhension à une telle décision (pas encore votée, nous semble-t-il, au C.A. de la STS, ni au budget 2019 de la Ville). C’est l’argent du MTQ que la STS remet à la Ville. La STS savait depuis cet été que cet argent s’en venait. La récurrence reste toujours dépendante des budgets disponibles adoptés par le gouvernement en place par la suite, qui est maintenant celui de François Legault.

Cet argent aurait pu être gardé par la STS dans un fonds, et dépensé en 2019. Nous sommes venus faire une intervention à la Ville l’an dernier et avons déposé l’article 120 des STC qui autorise de garder ses surplus, et de diverses façons. La STS reçoit souvent des subventions tardives et s’organise en conséquence. Au RUTASM, nous avons reçu en août 2018 l’annonce par le MTQ du nouveau surplus.

Nous demandons donc que la Ville laisse à la STS le montant de 780 000 $, qui est un montant octroyé pour du transport, et qu’elle continue de subventionner la STS comme à l’habitude. Il y a tellement de services à développer au transport en commun : plus de dessertes dans les arrondissements périphériques, une meilleure accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, plus de services en soirée et surtout les soirs de magasinage, plus de service les fins de semaine, de la gratuité à expérimenter en dehors des heures de pointe, et des horaires à garder aux arrêts d’autobus! Et au transport adapté : pour abolir les mesures d’austérité encore en place et faire revenir la « hausse » de son taux d’achalande à son niveau normal.


Raymond Duquette

Président du RUTASM (Regroupement des usagers du transport adapté de Sherbrooke métropolitain)


France Croteau

Coordonnatrice

Éditorial

Si jeunes et souffrants

ÉDITORIAL / De plus en plus de jeunes du secondaire éprouvent des problèmes de santé mentale. Ils ont moins de 18 ans et souffrent de détresse psychologique, d’anxiété, de troubles alimentaires et doivent recourir à la médication. Ça aussi c’est loin d’être banal. L’état de santé des jeunes devrait nous préoccuper tout autant que celui des tout-petits et des aînés.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a présenté cette semaine un portrait sombre de la santé mentale des jeunes en 2016-2017. Les élèves du secondaire se portaient mieux il y a six ans.

Les chiffres sont inquiétants. En 2010-2011, 21% des élèves révélaient un niveau élevé de détresse psychologique. En 2016-2017, la proportion a grimpé à 29%.

Les troubles anxieux ont aussi fait un bond important. À 9% il y a six ans, ils touchent maintenant, selon la dernière enquête sur la santé des jeunes du secondaire, 17% des adolescents. Les troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité, sont également en hausse. Ainsi que le recours à des médicaments pour aider les élèves à se concentrer, à s’apaiser.

Quel avenir se prépare-t-on si tant de jeunes sont mal en point? Comment sauront-ils poursuivre des études, occuper un emploi, élever une famille sans hypothéquer ou mettre davantage en péril leur santé, leur équilibre, leur vie?

Que peut-on changer dans nos politiques publiques et dans nos modes de vie pour améliorer la santé mentale des futurs adultes? Les services publics sont-ils adéquats pour répondre à la détresse des jeunes et soutenir leur famille?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la moitié des troubles de santé mentale apparaissent avant 14 ans. Le Commissaire à la santé et au bien-être notait en 2012 que si ces troubles ne sont pas dépistés tôt et traités efficacement, ils entravent l’avenir de la personne au plan social, éducatif et professionnel. Ce n’est pas banal.

D’où la recommandation du commissaire d’inclure la psychothérapie dans le panier de services assurés. Tout comme le Collectif pour l’accès à la psychothérapie, il suggérait que la priorité soit donnée aux jeunes de moins de 25 ans.

Il y a un an, le ministre Gaétan Barrette reconnaissait que l’offre de services en santé mentale n’était pas suffisante. Il avait annoncé un investissement de 35 millions$ pour un programme public de psychothérapie.

Un pas dans la bonne direction, mais d’autres doivent être faits.

La nouvelle ministre de la Santé, Danielle McCann, est-elle prête à améliorer les services et les soins en santé mentale?

La santé est une des trois priorités du gouvernement caquiste. Reste à voir si la santé mentale aura sa juste part. Reste à voir si entre le dépistage de troubles de développement chez les tout-petits, l’accroissement des soins à domicile et l’amélioration des soins aux aînés, de l’attention et des efforts seront aussi dirigés vers les jeunes du secondaire.

Évidemment, la responsabilité de la santé mentale des ados n’incombe pas uniquement au réseau de la santé et aux écoles. Chaque famille, chaque parent, chaque jeune doit également s’interroger sur son mode de vie, ses valeurs.

Les objectifs de performance fixés dans différentes sphères de nos vies sont-ils exagérés, conduisent-ils au stress, à l’anxiété? La supervision parentale est-elle adéquate? Le temps passé sur les réseaux sociaux est-il disproportionné par rapport à celui accordé aux activités physiques et au sommeil? La précarité financière de certaines familles mine-t-elle la santé des enfants?

Protéger la santé mentale des jeunes est manifestement une responsabilité partagée.

La santé mentale des jeunes du secondaire se dégrade.

Chroniques

Se mobiliser pour des banalités

CHRONIQUE / Plus de 12 000 Québécois se sont sentis suffisamment interpellés par l’élimination du non-couple d’Occupation double (OD) Grèce, composé de Jonathan, de Saint-Prime, et de Maude, pour prendre le temps de signer une pétition afin de les ramener dans l’aventure...

Une dizaine de sites de nouvelles ont relayé l’information, qui a été partagée des centaines de fois, et ce, dans le temps de le dire. «Les internautes prennent de travers l’élimination», a titré le Journal de Montréal.

Carrefour des lecteurs

Défendre les droits humains : un important moteur de transformation sociale

Le Caucus estrien des groupes de défense collective des droits profite de la Journée internationale des droits humains (10 décembre) pour souligner le travail terrain et politique des organismes de défense de droits. Depuis toujours, ces organismes sont les chiens de garde de la population dans l’application et la mise en œuvre de leurs droits. Ils travaillent tous les jours dans l’objectif d’une plus grande justice sociale.

Le Caucus estrien des groupes en défense collective des droits est composé du Comité des travailleurs et travailleuses accidentés de l’Estrie, de Concertaction femmes Estrie, Illusion Emploi, Promotion Handicap Estrie, de la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie et la Table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Estrie.

Rappelons-nous que les organismes de défense des droits sont nés du vécu des personnes ayant des difficultés similaires. Ces personnes ont uni leurs efforts pour identifier et mettre en place des solutions à leurs problèmes. Grâce à ces luttes collectives, nous avons maintenant accès, entre autres, à des logements sociaux, à une éducation publique et gratuite, à des soins de santé, à des prestations de revenus (aide sociale, chômage, pensions de vieillesse), à des conditions de travail améliorées, à l’équité salariale, à un réseau de garderies et de CPE et à des lieux publics accessibles aux personnes handicapées. De plus, la mobilisation et les actions des organismes de défense des droits ont permis des avancées importantes pour les droits des personnes victimes de discrimination, de racisme et d’homophobie.

Même si les gouvernements peuvent difficilement faire fi de notre travail comme moteur de changement social, nous avons parfois l’impression que nos voix ne sont pas entendues. Après 15 ans sans augmentation ni indexation de nos subventions, les organismes accueillent avec soulagement les augmentations de près de 12 millions de dollars consentis dernièrement. Cependant, ces augmentations ne nous permettent toujours pas de combler l’ensemble des besoins. Les besoins sont chiffrés à 40 millions de dollars annuellement par les groupes, soit nettement plus que ce que le gouvernement a consenti.

Nous profitons également de l’occasion pour rappeler au gouvernement caquiste son engagement préélectoral de mieux soutenir et d’augmenter le financement à la mission de tous les organismes communautaires. Compte tenu des importants surplus budgétaires, nous nous attendons à des engagements concrets dans le prochain budget pour les organismes de défense collective des droits. Nous espérons que ce nouveau gouvernement tiendra son engagement et qu’il ne suivra pas l’enlignement des libéraux qui voulait instaurer un virage individuel dans le financement gouvernemental.

Le Caucus estrien des groupes de défense collective des droits

Science

Anti-vaccins : encore pire que ce que je pensais

BLOGUE / L'argumentaire des anti-vaccins est déjà désespérant quand on présume de leur bonne foi — ce qu'on devrait toujours faire a priori. Alors imaginez quand on tombe sur une anti-vaccin qui est parfaitement consciente de dire des faussetés...

J'ai consacré ma chronique de dimanche dernier aux adjuvants à base d'aluminium — soit des substances contenant de l'alu que l'on ajoute en quantités infimes aux vaccins parce qu'elles stimulent le système immunitaire, ce qui augmente la protection conférée par le vaccin. Un lecteur m'avait référé à une vidéo qui prétendait démontrer les grands dangers de ces adjuvants, et ce même s'ils sont utilisés et étudiés depuis des décennies (voir ici, ici, ici et ici, notamment, pour constater que les vrais experts les jugent sans danger).

Le premier point qu'avance cette vidéo, c'est, et je cite : «Une seule étude garantit l’innocuité des adjuvants d’aluminium. Et. C’est. Tout. Il n’y en a qu’une.» Comme je l'ai écrit dans mon texte, c'est une fausseté énorme. En 2004, le chercheur Tom Jefferson de la Collaboration Cochrane en a recensé une quarantaine, et c'est sans compter celles qui ont été publiées depuis (et sans compter les systèmes de surveillance des effets secondaires des vaccins qu'ont pratiquement tous les pays développés) :

Opinions

Avis publics : Monsieur le maire, ce n’est pas une simple décision administrative

La politique m’a toujours beaucoup intéressé. Pourtant, ma famille ne s’y intéresse pas particulièrement. Rien ne m’y prédispose. Suis-je tombé dans la potion magique? Presque, oui. Elle n’a rien de magique pourtant et ses ingrédients sont bien connus. Elle est accessible, vivante et dynamique. C’est la presse écrite.

C’est La Tribune. C’est tant d’autres journaux régionaux. C’est grâce à ces lectures que je suis aujourd’hui un jeune étudiant politisé, engagé et impliqué dans la société.

Des citoyens engagés, c’est précieux pour notre société. Ce sont eux qui se portent candidats à nos élections, qui s’impliquent dans nos organismes communautaires. Ce sont eux qui votent, tout simplement. Comme société, nous devons faciliter l’éclosion de ces citoyens engagés. On dit que l’information c’est le pouvoir. L’information, c’est aussi le souffle qui fait vivre notre société, le souffle qui pousse les citoyens vers l’action constructive. La Tribune, c’est le seul média écrit à Sherbrooke. 

Lorsque j’ai appris que la Ville de Sherbrooke abandonne la publication des avis publics dans La Tribune afin d’utiliser d’autres modes de communications, j’ai compris leur décision. Je dois avouer que je ne suis moi-même pas un fidèle lecteur des textes juridiques que sont les avis publics. Par contre, la fin de la publication des avis publics prive notre journal d’importants revenus. C’est pourquoi, lors du conseil municipal, j’ai pris la parole pour la première fois, afin de demander si la Ville peut s’engager à dépenser la même somme en publicité que celle qui était auparavant utilisée pour les avis publics. Publicité qui servirait à informer les citoyens sur les informations d’ordre municipal.

J’ai été très déçu de constater le refus de la présidente (NDLR la conseillère municipale Nicole Bergeron) à répondre à la question exacte et précise que je lui ai posée. Parce que le débat n’est pas de savoir si l’on doit soutenir une entreprise privée. Il est bien plus grand. Il s’agit de savoir si l’on doit soutenir notre démocratie, si l’on doit soutenir une information de qualité. Monsieur le maire, aurez-vous la volonté de répondre par l’affirmative à cette question?

Jonathan Savard

Sherbrooke

Point de vue

Code vestimentaire

Comme ex-professeur de psychosociologie du vêtement et de l’apparence, je ne suis pas surprise que nos représentants discutent du comportement vestimentaire des uns et des autres.

On se souviendra du col roulé de Monsieur Charron, des écharpes signées de Madame Marois et que dire des employés de l’État à l’approche des beaux jours.

Dans quelques mois, la tuque de Madame Dorion sera rangée dans ses tiroirs.

Nous vivons une météo qui nous oblige à se couvrir 90% de notre corps.

Les choix vestimentaires ne sont-ils pas une forme de créativité que certains exploitent merveilleusement et pour laquelle d’autres manifestent leur négligence?

Agathe Gagné Collard, Québec

Éditorial

Les Bougon millionnaires

ÉDITORIAL / La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a réussi à récupérer 10 millions$ auprès de 184 médecins millionnaires qui avaient réclamé des sommes auxquelles ils n’avaient pas droit. Imaginez les économies de fonds publics si la RAMQ améliore son efficacité et sa capacité à détecter les réclamations abusives ou injustifiées.

Les gouvernements, qu’importe leur couleur, prônent depuis des années l’efficience dans les ministères et organismes, ainsi que la bonne gestion des fonds publics. Il est étonnant, voire incompréhensible, que cette rigueur ait tardé à se déployer à la RAMQ.

Celle-ci a versé 7,7 milliards$ en rémunération à 21 400 omnipraticiens et médecins spécialistes en 2017-2018. Elle a traité 62 millions de demandes de paiement.

Ça vaut la peine d’y regarder de près pour éviter que des médecins facturent pour plus de 24 heures de travail dans une même journée ou réclament le paiement d’examens complets alors qu’ils n’ont fait que de la vaccination.

Certes, la Vérificatrice générale Guylaine Leclerc note dans son dernier rapport des améliorations depuis son constat accablant de 2015. Mais, certaines de ses recommandations ne sont pas encore totalement suivies.

«Les contrôles instaurés à ce jour pour les modes de rémunération autres que celui à l’acte ainsi que pour les majorations et les mesures incitatives, ne permettent pas encore d’obtenir une assurance raisonnable que les versements sont conformes aux ententes et qu’ils reflètent la réelle prestation de travail», indique-t-elle. Elle déplore aussi des progrès limités sur «l’étalonnage» choisi par la RAMQ.

Le changement de culture souhaité par la vérificatrice générale va-t-il s’accélérer avec le nouveau gouvernement, le précédent ayant l’étiquette de «gouvernement de médecins»? 

La formation de François Legault veut revoir le mode de rémunération des médecins. Elle envisage aussi de rouvrir l’entente conclue entre le gouvernement Couillard et la Fédération des médecins spécialistes lorsque les résultats d’une étude de l’ICIS seront connus. 

S’assurer que les sommes versées aux médecins reflètent leur réelle prestation de travail devrait aussi s’ajouter à sa liste. L’embellie budgétaire ne doit pas réinstaurer le laxisme.

Québec, qu’importe le parti au pouvoir, ne ménage pas les efforts pour épingler les fraudeurs de l’aide sociale ou s’assurer que la prestation versée correspond réellement à la situation de la personne dans le besoin. La même rigueur doit s’appliquer à la RAMQ. 

Évidemment, ce ne sont pas tous les 21 400 médecins qui abusent du système ou qui interprètent mal les codes de facturation. Ce serait toutefois aveuglement de penser qu’aucun d’entre eux ne fraude ou ne commet volontairement ou involontairement des erreurs de facturation.

Et pourtant, en 2015, le risque qu’un médecin pose un geste inadéquat, non conforme ou une fraude n’était même pas identifié dans la gestion de risque de la RAMQ, rappelle la vérificatrice. 

Mme Leclerc constate que des contrôles accrus ont déjà un effet dissuasif. Une fédération médicale a précisé à ses membres «qu’elle ne pourra défendre l’indéfendable». Des médecins ont dénoncé des confrères. Certains ont également modifié leur facturation pour annuler des paiements.

La RAMQ a indiqué qu’elle innovera en matière de contrôle de la rémunération des médecins et qu’elle poursuivra avec rigueur et détermination ses travaux afin de démontrer son efficacité au prochain exercice de vérification.

Bien des contribuables, mais aussi bien des médecins éclaboussés par les abus de certains de leurs confrères l’espèrent. Les fonds publics doivent servir à donner des soins et des services et non à enrichir indûment des individus.

Il y a place encore à l’amélioration à la RAMQ.

CARREFOUR DES LECTEURS

Des excuses peut-être ?

Présenter des excuses n’est pas une marque de faiblesse. Par contre, porter des accusations fausses expose le côté sombre de sa personnalité.

Est-ce que ça vous rappelle quelque chose, les armes de destruction massive? [George] W. Bush n’a jamais cessé de marteler cette affirmation pour justifier l’invasion de l’Irak. Même après que le pays ait été mis à sac, que des dizaines de milliers de personnes aient perdu la vie, il s’accrochait à sa version pour se justifier.

À une autre échelle, mais avec le même mode de fonctionnement, Chantal Lessard, commissaire adjointe aux plaintes du CIUSSS, a forgé un scénario catastrophe avec comme conséquence qu’un drame humain s’est produit à la résidence Sawyerville. Nous avons fourni toutes les preuves démontrant que son histoire est fausse et basée sur de simples suspicions non fondées, mais il est trop tard. Le drame humain a eu lieu. Même la police qu’elle a appelée en renfort pour étayer sa théorie n’aurait pas retenu celle-ci.

Jamais il n’y a eu de dépenses dépassant 1000 $ facturées aux résidents, mais ça frappe l’imaginaire du lecteur que de l’affirmer. À la toute fin de l’article de monsieur (Luc) Larochelle (dans La Tribune du 1er décembre), il est clairement démontré que madame Lessard s’est contredite.

Je comprends très bien que les patrons et collègues de madame Lessard aient préféré croire ce qu’elle affirmait plutôt que les propriétaires de la résidence, mais à la lumière de ce que les faits nous révèlent aujourd’hui, n’y a-t-il pas matière à se questionner sur la réelle intention de celle-ci? Se questionner sur la mesure des conséquences provoquées par l’égarement de leur collègue.

Un drame humain laisse toujours des traces indélébiles. Les résidents ne s’en remettront jamais complètement. Les propriétaires viennent de voir leur fonds de pension s’envoler en fumée. Le village a perdu ses bâtisseurs.

Mesdames et Messieurs du CIUSSS, cessez donc de tenter de justifier cette action en vous accrochant à des allégations que vous savez maintenant non fondées.

Le minimum serait que vous vous excusiez auprès des personnes que vous avez blessées.

Les résidents se trouvent appauvris à la suite de votre décision parce qu’ils ont dû assumer les dépenses de déménagement, l’indemnité de départ précipité sans parler de l’augmentation de loyer que plusieurs doivent maintenant assumer.

Le temps est venu pour vous de réparer en soutenant positivement le groupe de personnes qui travaillent à relancer la résidence de leur village. Une nouvelle demande d’accréditation sera déposée incessamment par ce groupe.

SVP, accompagnez-les plutôt que de les sanctionner sous prétexte qu’il y a des virgules à la mauvaise place.

Rapprochez-vous de la population.

Demandez à vos inspecteurs de se mettre à l’écoute des partenaires privés et d’évoluer avec eux plutôt que de les confronter.

Demandez-leur d’écouter ce que les intervenants du CLSC local ont à dire de la collaboration plutôt que de sanctionner les fautes de frappe.  

Alain Parenteau
Directeur de l’ex-résidence Sawyerville