Point de vue

La planète dans notre assiette

POINT DE VUE / Le sujet de la viande divise les gens plus que jamais cet été. Pendant que certains pays comme l’Allemagne envisagent la taxation de la viande, une université prestigieuse d’Angleterre, Goldsmiths University of London, a décidé de bannir le bœuf sur son territoire. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publiait la semaine dernière son rapport qui suggérait de consommer moins de viande, s’inscrivant ainsi dans la mouvance anti-viande.

Le fanatisme et l’acharnement contre la viande, le bœuf surtout, semblent gagner du terrain. Bien sûr, le traitement éthique animal constitue un argument fréquemment utilisé pour inciter les consommateurs à manger moins de viande. Mais le lien créé entre le contenu de nos assiettes et les changements climatiques retient l’attention ces jours-ci. Le rapport du GIEC suggère un virage vers un régime quotidien à base végétale. Le groupe recommande aux citoyens du monde de réduire de près de 75 % leur consommation de viande rouge. 

Pour nous les Canadiens, le groupe souhaite une réduction majeure de la consommation de viande rouge de l’ordre de 85 %. Autrement dit, pour devenir un citoyen responsable en matière d’environnement, chacun de nous devrait se contenter d’un seul repas à base de viande par semaine.

Un message percutant, médiatisé au plus haut point. Un récent sondage d’Angus Reid Global nous indique que les moins de 35 ans seraient plus réceptifs à ce genre de message. Mais le rôle du GIEC ne consiste pas à faire des recommandations. Son rôle réside plutôt dans l’établissement de constats. Toutefois, le GIEC a une réputation d’alarmiste controversé, ce qui lui a attiré son lot de critiques par le passé. La confusion du mandat du GIEC vient du fait que le groupe se compose d’experts scientifiques, sollicités pour répondre à des questions à caractère politique. Ses publications ne sont pas révisées par un comité de pairs de façon anonyme comme la pratique courante l’exige pour les revues scientifiques. Même si ses rapports nous invitent à réfléchir sur la façon dont nous consommons nos aliments, les répercussions de ces messages ne se mesurent qu’à très long terme. Mais pour le commun des mortels, le GIEC et ses travaux ne changent pas grand-chose. Les consommateurs continueront à faire leurs choix comme bon leur semble.

Il n’en demeure pas moins que certaines préférences alimentaires laissent une empreinte carbone plus importante que d’autres. Le rapport indique que la moitié des émissions de méthane en agriculture proviennent des ruminants. Mais le rapport mentionne aussi à quel point le gaspillage alimentaire représente un problème majeur. D’ailleurs, les GES résultant du gaspillage alimentaire au Canada sont quatre fois plus importants que les émanations générées par notre consommation de bœuf. S’il y a une chose que nous devons faire, c’est de mettre la priorité sur la réduction du gaspillage.

Ces rapports sont rédigés pour un auditoire international, dont la capacité de minimiser les effets des changements climatiques diffère d’une région à l’autre. Les pays en voie de développement commencent à s’intéresser à la viande, alors le message du GIEC tombe à point. Pour nous, en Occident, le rapport fait l’inventaire des viandes les plus «polluantes». L’agneau et le bœuf comptent au nombre des viandes les moins écologiques, tandis que le porc figure bien sur le palmarès du GIEC. La production d’un seul kilo de bœuf peut générer 32,5 kg de CO2 et l’agneau en produit 33 kg. Le porc en revanche se situe à 12,9 kg. Pour les protéines végétales et les légumes, l’ensemble se situe sous la barre des 2 kg. Contraste important, mais au moins le GIEC relativise nos choix de protéines animales de façon extrêmement pédagogique. Le rapport présente un inventaire objectif et éclaire nos choix alimentaires à l’instar de nos préoccupations environnementales.

Il revient à chacun de nous de faire notre part, surtout pour minimiser le gaspillage alimentaire. Quant à la consommation de viande, le sujet demeure délicat. Mais le respect de notre culture et de nos habitudes alimentaires demeure au cœur de ce qui nous divise, et le mouvement anti-viande va parfois un peu trop loin. Le choix de l’université Goldsmiths en Angleterre d’interdire le bœuf sur son campus constitue un affront aux traditions et coutumes d’une institution d’études supérieures. Les universités demeurent des lieux d’apprentissage sacrés devant laisser libre cours à tous les débats. Le choix de Goldsmith évince toute possibilité de débattre sur le sujet de la consommation de viande bovine.

Et que dire de la taxation de la viande en Allemagne? Imposer une taxe supplémentaire sur des aliments non transformés relève d’une question de sécurité alimentaire et de discrimination culturelle. Bien qu’il faille aider notre planète, l’application de nouvelles solutions sans insulter personne est nécessaire.

La caricature de Côté du 23 août

La caricature de Côté du 23 août
André-Philippe Côté

L'actualité selon Jean Isabelle

L'actualité selon Jean Isabelle

Pierre Jury

Taxer Internet? L’idée a du bon.

ÉDITORIAL / Les difficultés financières des journaux canadiens remontent à plusieurs années. Celles vécues par le quotidien Le Droit et son ex-propriétaire, le Groupe Capitales Médias, n’y font pas exception.

La tourmente s’est déchaînée, lundi, avec la demande de protection contre ses créanciers, n’a fait qu’illustrer encore plus bruyamment le défi des entreprises de presse écrite. 

Le tollé n’est pas unanime, mais il est largement partagé : il faut faire quelque chose pour assurer aux médias écrits une meilleure pérennité. 

Les journaux sont des vecteurs essentiels d’une meilleure démocratie, et nombreuses ont été les voix dans ce sens au cours des derniers jours. 

Le gouvernement de Justin Trudeau, au fédéral, a déjà prévu une aide de 595 millions $ pour l’ensemble des journaux du Canada, répartis sur cinq années. 

Cela prendra la forme d’un nouveau crédit d’impôt sur les coûts de main-d’œuvre, de reçus d’impôt pour les dons à des entreprises de presse, et un autre crédit d’impôt de 15 % pour encourager les abonnements aux médias numériques canadiens. 

À LIRE AUSSI: Nous allons continuer à vous informer et à vous servir!

> Groupe Capitales Médias: aide d'urgence de 5 millions $

> Faillite du Groupe Capitales Médias: réactions nombreuses à Ottawa-Gatineau

> Le Droit en difficultés: Mulroney «très déçue», mais pas d’aide de l’Ontario pour l’instant

> Faillite de Groupe Capitales Médias: Amanda Simard réagit

> Groupe Capitales Médias: la FPJQ lance une vaste campagne de mobilisation

Mais le programme tarde à se mettre en branle. 

Annoncé en novembre 2018, les premières sommes ne seront versées qu’en 2020. 

Bref, les mesures d’aide seront lentes à faire sentir leurs bienfaits. Pour Martin Cauchon, propriétaire du Groupe Capitales Médias, il est trop tard. 

D’autres voix suggèrent que le Québec prenne le pas sur le fédéral et organise son propre crédit d’impôt. 

L’idée fait son chemin, mais encore là, il faudra du temps avant d’en voir les effets bénéfiques.

Ces moyens sont tous très vertueux, mais ne s’attaquent pas, il faut le reconnaître, à la mainmise des géants que sont Google et Facebook. 

Ensemble, ils se sont accaparé pas moins de 80 % des revenus publicitaires des journaux au pays. C’est énorme. 

Pire, ils soutirent ces revenus sur le travail des médias traditionnels. 

Les médias ont aussi leurs fautes. Certains, comme La Presse, à Montréal, offrent tout leur contenu gratuitement. L’expérience, vieille de quatre ans, tend à prouver que si cela augmente la résonance du travail des journalistes, cela le dévalue à la fois. 

Tous les autres médias le partagent en partie, et beaucoup via la plateforme Facebook, ou d’autres comme Twitter. 

Parallèlement, plusieurs journaux songent à délaisser l’impression de leur édition papier pour se consacrer qu’à une édition numérique. 

Encore une fois, cela aura pour effet de dévaluer le travail journalistique.  

Il faut regarder également ailleurs, comme la taxation directe de l’accès à Internet. L’idée avait été explorée il y a deux ans pour aussitôt être coulée par le premier ministre Justin Trudeau. 

Un comité parlementaire avait proposé l’ajout d’une surtaxe de 5 % sur l’Internet haute vitesse afin d’identifier une nouvelle source d’aide financière pour les médias traditionnels.

Cette fois, c’est le Québec qui la considère. 

Des voix au sein du gouvernement caquiste de François Legault s’en sont fait l’écho. 

Cela aurait l’effet direct d’imposer le canal par lequel les lecteurs canadiens consomment leurs nouvelles en ligne. 

Ce mécanisme augmente le coût d’Internet, mais il y a peu d’autres alternatives aussi directement liées à Google et Facebook. 

Entre temps, les diverses communautés touchées par la faillite du Groupe Capitales Médias amorcent leurs campagnes d’abonnement et de fidélisation de leur lectorat. 

Cela aura un effet bénéfique, il est certain, mais pour combien de temps ? 

C’est pour cela que l’option d’une taxe Internet doit faire partie des moyens étudiés sérieusement par le gouvernement de François Legault.

La caricature de Côté

La caricature de Côté
André-Philippe Côté

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

Opinions

L’IA et la politique de l’autruche

ANALYSE / En dépit des déclarations à saveur populiste du président américain, l’intelligence artificielle (IA) et ses composantes telles que la robotique et l’automatisation sont là pour rester. Il est vrai que les changements technologiques générés par l’IA, beaucoup plus que la concurrence de la Chine ou du Mexique, sont responsables de la perte d’emplois non spécialisés aux États-Unis. Toutefois, l’IA a créé jusqu’ici plus d’emplois qu’elle en a fait perdre.

Avec son slogan de 2016 « Rendre sa grandeur à l’Amérique », Donald Trump agit comme si les États-Unis devraient nostalgiquement retourner à un âge d’or situé quelque part dans les années 1950. Il tend à idéaliser cette période où tout semblait si simple. Nous n’avons pour cela qu’à nous rappeler la série télévisée américaine Papa a raison. Il réagit comme un conducteur regardant constamment dans son rétroviseur, au lieu de surveiller la route en avant.

Dans sa vision économique, il propose essentiellement un retour à la 2e révolution industrielle, dominée par le pétrole, le charbon, l’acier et l’aluminium. Or, pour rendre rentables ces anciennes industries vétustes, il faudrait que les États-Unis fassent appel à l’IA qui se situe dans la 4e révolution industrielle.

Trump ne semble pas comprendre que l’humanité est à l’aube de la plus grande révolution technologique, économique et sociale de l’histoire depuis l’arrivée de l’Homo sapiens. L’IA va profondément transformer l’économie et les sociétés humaines dans les prochaines décennies. Les changements surviendront de manière exponentielle.

Depuis 1750, chaque nouvelle phase industrielle écartait des emplois pour en créer de nouveaux. Cela n’est pas différent avec la venue de l’IA. Par exemple, pour piloter à distance un drone, l’armée américaine a besoin de 30 personnes, en plus de recourir à plus de 60 autres individus pour analyser les données recueillies par ce drone. Avec l’arrivée de l’IA, les entreprises et les gouvernements auront besoin de plus en plus de travailleurs hautement qualifiés.

Les robots et l’automatisation ont déjà commencé à remplacer les humains dans toute une série de tâches considérées souvent comme ingrates, monotones ou non gratifiantes. Des centaines de millions de travailleurs non spécialisés dans le monde vont perdre leurs emplois. Ils auront tout simplement perdu leur valeur économique. Le problème social de demain ne sera plus l’exploitation des travailleurs, mais le fait que beaucoup d’entre eux auront été tout simplement rendus inutiles.

Les syndicats et les gouvernements peuvent bien mener une guerre d’arrière-garde en cherchant à préserver les emplois des travailleurs non spécialisés. Une telle politique pourrait s’avérer à la fois dangereuse et contreproductive. Tout pays adoptant la politique de l’autruche et cherchant à ralentir le changement risque gros. Il deviendra incapable d’affronter la concurrence provenant des pays ayant choisi avec enthousiasme de lier leur destin au développement de l’IA. 

Protéger les travailleurs, non les emplois

Pour affronter la situation, tous les gouvernements devront d’abord mener de véritables campagnes psychologiques auprès de leurs populations respectives. L’humanité va assister à un rapide changement des mentalités comme on n’en a jamais vu dans l’histoire. Toute personne désirant rester un travailleur actif devra apprendre à vite s’ajuster.

Le concept qu’un jeune puisse choisir une carrière et exercer le même métier ou la même profession pendant 30 ou 40 ans est révolu. Les travailleurs de demain auront besoin de s’ajuster constamment. Les changements à venir provoqueront d’énormes secousses économiques et sociales. La classe politique doit se préparer à affronter cette crise. Pour y faire face, Trump devrait abandonner son slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique » et adopter celui de la Scandinavie « Protéger les travailleurs, non les emplois ».

Pour affronter la révolution qui est déjà en marche, les gouvernements, y compris celui des États-Unis, doivent investir immédiatement et massivement dans l’éducation. Les jeunes doivent être particulièrement bien formés pour affronter les défis de demain. Car le travailleur de demain sera une sorte de centaure, une alliance entre un humain et un robot accomplissant conjointement différentes tâches. Comme les robots deviendront sans cesse plus performants, les travailleurs devront constamment s’ajuster à la situation. Sans quoi ils seront tout simplement écartés.

Les travailleurs vont avoir de plus en plus besoin de s’adapter à des changements rapides. Pour cela, ils vont avoir besoin de se recycler constamment pour mettre à jour leurs connaissances, car l’IA n’arrêtera pas de progresser. Pour aider les travailleurs à s’insérer dans une économie de plus en plus automatisée, les gouvernements doivent mettre d’urgence des programmes de formation permanente.

Toute idéologie de gauche, voire communiste, est devenue complètement désuète dans un monde où l’IA prédomine. Un retour au communisme comme moyen de fournir un filet social est impossible. Le système communiste reposait sur le principe de la classe ouvrière comme facteur essentiel à la vie économique. Or, avec l’IA, la majorité des travailleurs non spécialisés deviennent inutiles. L’IA fait entrer l’humanité dans une société post-travail.

De nombreux gouvernements ont déjà entamé le processus de réflexion pour une société post-travail. L’instauration d’un revenu universel sera probablement la meilleure façon s’assurer le minimum vital aux travailleurs qui auront perdu leurs emplois. Plusieurs pays européens, comme la Finlande, la Hollande, l’Italie et la Suisse ont commencé à adopter des politiques en ce sens. 

L’administration Obama avait examiné différentes stratégies permettant aux États-Unis de s’ajuster en douce à un monde post-travail. Toutefois, l’administration Trump a choisi de jouer à l’autruche en écartant du revers de la main les propositions d’Obama.

 Gilles Vandal est professeur émérite à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

La caricature du jour

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Point de vue

Pénurie de main-d’oeuvre... des solutions existent

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Legault reste sourd aux arguments pour une hausse des seuils» écrit par la journaliste Caroline Plante et paru dans Le Soleil le 15 août

Afin de contrer les pénuries de main-d’oeuvre, d’une part, le premier ministre M. Legault suggère aux entreprises d’améliorer leurs conditions de travail dans le but de rendre leurs emplois plus attrayants, en terme de salaire notamment. D’autre part, M. Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat mise davantage sur l’augmentation du seuil d’immigration annuel actuellement consenti par le gouvernement. Mais ne serait-il pas insensé de chercher à résoudre des pénuries particulières de main-d’œuvre avec de fortes hausses des quotas généraux d’immigration qui pourraient se traduire par une augmentation du chômage en bout de ligne?

Là où le bât blesse, c’est la quasi-absence de données ou d’informations utiles en matière de pénurie de main-d’oeuvre, permettant de prendre des décisions éclairées à court, moyen et long terme. Dans quelle proportion la main-d’oeuvre québécoise disponible peut et pourra-t-elle répondre tous azimuts aux besoins du marché du travail? Du coup et en toute connaissance de cause, des objectifs établis et partagés de part et d’autre, répondraient mieux aux besoins prioritaires en tenant compte des coûts associés. Actuellement, chiffres à l’appui, personne ne remet en question les besoins criants dans notre système de santé (personnel infirmier et préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD). Mais dans quels autres secteurs d’activité y-a-t-il pénuries évidentes de main-d’œuvre et de quel ordre? Dans la construction, les transports, le secteur manufacturier, les TI, la phonétique, l’agriculture, la restauration, etc.?

Bien qu’il soit judicieux à court terme, d’offrir des formations par l’intermédiaire de programmes de bourses pour attirer des travailleurs tels des préposés aux bénéficiaires notamment, il importe d’attaquer la pénurie de main-d’oeuvre sous plusieurs angles : multiplication des mesures pour retenir les aînés en emploi, retour au travail de retraités moyennant plus de flexibilité et leur protection salariale, valorisation de la culture d’entreprise, flexibilité des conditions de travail davantage attractives, formation continue dans les cégeps et universités, fusion d’entreprises et partage d’employés, investissements dans le virage technologique (robotisation), et bien sûr le recrutement sélectif de travailleurs étrangers. Dans cette perspective, qu’en est-il de la Stratégie nationale de main-d’oeuvre 2018-2023, fruit d’une vision concertée des partenaires du marché du travail au coût de 1, 3 milliard $? Une Stratégie ciblée en fonction des priorités du marché du travail, connectée aux besoins réels et urgents et aux compétences et qualifications requises préalablement établies dans toutes les régions du Québec, afin de permettre aux entrepreneurs de trouver toute la main-d’oeuvre dont ils ont besoin.

Une Stratégie à revisiter et des mesures concrètes à mettre en œuvre, tel qu’annoncé en point de presse l’automne dernier, par M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale? Nous sommes rendus là.

La parole est à vous M. Boulet!

Point de vue

La pénurie de médicaments devrait être un enjeu électoral

POINT DE VUE / «Il existe environ 7000 médicaments sur ordonnance au Canada, et plus 1800 d’entre eux font l’objet d’une pénurie», disait Kelly Grindrod, Université de Waterloo dans le Toronto Star du 6 août 2019. Les conséquences possibles des pénuries de médicaments au Canada commencent tout juste à être considérées.

Ces derniers mois, des pharmacies locales ont envoyé des avis à mon cabinet (parfois plusieurs par jour) pour indiquer que certains médicaments étaient soudainement en «rupture de stock» pour des raisons et une période inconnues. Cela comprend Adalat et Olmetec, ainsi que leurs versions génériques. La nifédipine (Adalat) actuelle a été brevetée en 1967 et son utilisation a été approuvée aux États-Unis en 1981. Il s’agit d’un inhibiteur calcique utilisé pour traiter l’hypertension, l’angine de poitrine et même la maladie de Raynaud. L’olmésartan (Olmetec) est un ARA (antagoniste des récepteurs de l’angiotensine) utilisé pour traiter l’hypertension et l’insuffisance cardiaque congestive. Il a été breveté en 1991 et connaît un usage généralisé depuis 2002. Alors, pourquoi ces médicaments largement utilisés, ainsi que des dizaines d’autres, sont-ils temporairement épuisés en ce moment? Est-ce en raison de la demande mondiale accrue, de l’insuffisance soudaine d’ingrédients actifs ou de problèmes de fabrication peu clairs? Personne ne peut fournir de réponse.

L’enquête canadienne sur les médicaments menée du 14 novembre au 3 décembre 2018 révélait qu’au cours des trois ou quatre dernières années, selon les répondants (27 % provenant du Québec), les pénuries de médicaments avaient fortement augmenté à 79 % et quelque peu augmenté à 16 %. Dans 45 % des cas, cela nécessitait des mesures concrètes plusieurs fois par jour. Environ 32 % des pharmaciens n’ont jamais reçu de préavis concernant ces pénuries, et 43 % d’entre eux n’en ont reçu que rarement. Au Canada, un adulte sur quatre a été personnellement touché par cette situation ces trois dernières années, ou connaît quelqu’un qui a été touché. La situation s’aggrave. Trois médicaments anticancéreux — la vinorelbine, la leucovorine et l’étoposide — sont disponibles en quantités limitées.

Nous reconnaissons que les marques et les génériques du même médicament possèdent une efficacité et des effets secondaires possibles qui divergent. Le fait de changer la médication d’un patient pour un médicament de remplacement similaire appartenant à la même famille peut entraîner des conséquences imprévisibles. Ainsi, la plupart des médecins demanderaient probablement à un patient de revenir à son cabinet environ un mois plus tard afin de vérifier si le changement de médicament a causé des effets indésirables ou une diminution d’efficacité. De toute évidence, ces visites supplémentaires sont plus coûteuses pour notre système de santé.

L’une des conséquences imprévues et possibles de ces pénuries concerne les «retraités migrateurs» et les autres personnes qui prévoient quitter le Canada pendant leurs vacances. Les formulaires des assurances voyage sont complexes. Comme l’a récemment écrit le Dr John D. Allingham : «C’est seulement lorsqu’ils effectuent une demande d’indemnisation que les clients apprennent quelle était leur couverture». La plupart des compagnies rejettent une demande si elles estiment que la personne concernée est instable. Cela peut survenir lorsque la dose d’un médicament est changée; et cela pourrait certainement se produire lorsque les patients sont obligés de remplacer leur médicament par un produit qui est un «cousin proche», en raison de la rupture de stock d’un médicament qu’ils prennent depuis plusieurs années.

Notre système d’approvisionnement des médicaments, qui était déjà fragile, fait désormais face à une nouvelle menace. Une foule de personnes diabétiques obtiennent leur insuline au Canada à 10 % du prix de celle vendue aux États-Unis. Déjà 10 états — y compris la Floride (le troisième état le plus peuplé), le Vermont et le Colorado — sont en train d’adopter des lois afin de légaliser l’importation de médicaments canadiens. Et cela avec la bénédiction du président, Donald Trump. Les médicaments de marques seraient principalement concernés.

Cependant, les médicaments génériques pourraient être affectés si le régime d’assurance médicament du Dr Eric Hoskins est mis en œuvre. Actuellement, la plupart des médicaments génériques coûtent plus cher au Canada qu’aux États-Unis. Toutefois, si nous pouvions consolider les régimes d’assurance médicament privés et public de façon à augmenter les «achats massifs» et à négocier les prix canadiens à la baisse, il n’y a aucune garantie que les Canadiens auraient accès à une quantité suffisante de médicaments.

Sans nul doute, la ministre fédérale de la Santé Ginette Petitpas Taylor devrait exprimer nos plus vives réserves en ce qui concerne l’aide apportée aux Étasuniens afin de résoudre leur problème en leur permettant un accès gratuit à notre approvisionnement très limité de médicaments. Une coalition de 15 groupes d’hôpitaux, de professionnels de la santé et de patients a déjà livré ce message à Ottawa. De futures lois pourraient être nécessaires pour restreindre la quantité de produits pharmaceutiques canadiens qui sont exportés. Éventuellement, les personnes qui achètent des médicaments, comme de l’insuline, pour plus d’une semaine devraient être obligées de montrer une pièce d’identité prouvant qu’elles résident au Canada.

Le prochain premier ministre du Canada doit également affirmer fermement à Donald Trump que même un très petit échantillon de médicaments provenant de notre pays sera totalement coupé s’il menace de réimposer des tarifs douaniers pour l’acier, l’aluminium et d’autres marchandises du Canada.

*Dr Charles S. Shaver, est natif de Montréal. Il est diplômé de l’Université Princeton et du Johns Hopkins School of Medicine. Il est ancien président de la section de médecine interne générale de l’Association médicale de l’Ontario. Les opinions exprimées dans le présent article sont les siennes.

Point de vue

Sécurité informatique: le SPGQ irrité par l’attitude bornée d’Éric Caire

POINT DE VUE / Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) est irrité par l’attitude bornée du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, qui persiste à vouloir confier les données des Québécois à des entreprises américaines.

Plutôt que de pointer du doigt les ratés du Centre de services partagés du Québec (CSPQ) en informatique, M. Caire devrait valoriser le travail de nos quelque 6000 analystes en informatique et en procédés administratifs de l’administration québécoise. Ils ont une rémunération globale inférieure de plus de 15% avec les autres secteurs comme le privé et les administrations publiques fédérale et municipales. C’est à ce problème que devrait s’attaquer le ministre.

Éric Caire dit vouloir assurer une meilleure protection des données pour les Québécois en stockant 80% de leurs informations dans des serveurs du secteur privé. Pourtant, les experts s’entendent pour dire que les grandes organisations sont à la merci de compagnies comme Microsoft et Google. Selon eux, en multipliant les sources de données sans les protéger, les Québécois s’exposent de plus en plus à des cas comme celui de Desjardins et de Revenu Québec.

Par ailleurs, le SPGQ s’étonne que le ministre Caire affirme vouloir consolider 120 des 550 centres de données de l’État québécois d’ici 2023. Cette première phase, qui coûtera 150 millions $, devrait permettre, selon les estimations gouvernementales, de générer 100 millions $ d’économies annuelles à la fin du premier mandat caquiste. Dans ce cas, estime le SPGQ, il n’est pas question d’échanger «quatre trente sous pour une piastre», mais plutôt de troquer «six trente sous pour une piastre», ce qui, bien sûr, désavantagera le Québec.

Plutôt que de menacer ses experts et de les traiter d’incompétents comme il l’a déclaré par le passé, Éric Caire devrait se montrer attentif aux difficultés de recrutement, de rétention et de roulement du personnel, particulièrement au regard du personnel expérimenté, qui ont parfois des impacts significatifs sur l’efficacité des services informationnels. Pourquoi M. Caire refuse-t-il de comprendre que les difficultés de recrutement et le roulement du personnel augmentent les difficultés pour constituer une expertise interne?

Cette situation encourage le gouvernement à faire davantage appel à des consultants externes qui sont déjà fort présents dans l’appareil gouvernemental à la suite de la réingénierie de l’État initiée en 2003. Le recours aux consultants externes, combiné à la difficulté de constituer une expertise interne, a parfois de nombreux impacts négatifs, notamment des entraves à bien cerner et à définir les projets, une conception de logiciels parfois peu efficients ou non adaptés aux besoins de la clientèle et des difficultés à ajuster ou à corriger certains systèmes informatiques produits initialement par des consultants externes.

M. Caire doit expliquer aux Québécois son entêtement à vouloir confier à nouveau les travaux en sous-traitance. Ceci illustre pourtant la dépendance gouvernementale envers le secteur privé, ce qui induit une augmentation parfois importante des délais de production ou des coûts, par exemple pour ajouter des fonctionnalités au système non prévues à l’origine. La transformation numérique de l’État doit être impérativement soutenue par l’expertise de ses professionnels chevronnés.

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

L'actualité sous la plume de Bado

L'actualité sous la plume de Bado
Bado

opinions

Merci et bravo au FTMS

Je viens remercier tous les intervenants qui s’occupent de la réussite et de l’organisation du Festival des traditions du monde. Ce doit être un travail colossal!

Nous avons passé des moments formidablement agréables tous les jours où nous nous sommes déplacés chez vous! Juste côté bouffe, on peut voyager à travers le monde en quelques pas! Nous nous sommes vraiment régalés et ouverts à d’autres cultures, d’autres goûts. À tous et à chacun des exposants présents : MERCI. On s’imagine facilement à quel point ces journées sont longues… Nous avons été accueillis partout avec bonheur et courtoisie. Bravo! Vraiment bravo à tous et à chacun. On peut trouver chez vous de quoi se gâter et gâter ceux qu’on aime. Il y a de merveilleux cadeaux à offrir en toutes occasions, ou simplement pour dire « Je t’aime ».

Des milliers de mercis aux artistes qui nous font découvrir leur passion. Des musiques de tous les coins du monde, des rythmes au gré des cœurs qui battent à l’unisson… Un rêve de paix pour quelques heures et l’oubli total de toutes les vicissitudes de ce monde à la fois si merveilleux et si désolant parfois.

Des millions de mercis aux bénévoles qui, par leur présence gratuite et assidue d’année en année, contribuent grandement à la bonne marche de tout l’événement.

Bravo pour les initiatives vertes. Récupération, compostage, tri des déchets et surtout pour les gourdes permises et encouragées par BRP. Le génie est vraiment dans leur ADN! Que tous les commanditaires se félicitent de participer à un événement heureux et tellement interactif de ce genre. Les sourires sont de mise et la joie pure au rendez-vous… À un coût plus qu’abordable en tout : entrée, bouffe et exposants. Une initiative fort appréciée de chaque festivalier, j’en suis certaine.

Personnellement, j’ai fort apprécié DJ Will, Joaquin Diaz qui nous a instruits sur les origines de la musique latine en République dominicaine; un pays que j’affectionne tellement. Il nous a donné des fourmis aux jambes, aux pieds et de la joie au cœur. 

« Mi Corazon » : très bien nommé. Puis, en dernier, Viva la fiesta caliente de samedi soir. Daniel Alejandro et son band : oh, la la, mucho caliente. J’aime aussi les rythmes africains entraînants et profondément touchants. Des racines « douloureuses » des esclaves noirs. Grâce à ces musiques, ils ont survécu aux atrocités les plus innommables commises par d’autres humaines. Est-ce possible? L’histoire le dit…

Comme vous le constatez, Gilles et moi sommes des mordus du festival depuis plus de quinze ans. On nous a fait découvrir celui-ci et notre cœur vous est gagné.

Soyez fiers de celui-ci! Pas étonnant que vous attiriez les foules : votre diversité culturelle vous enrichit et nous aussi par ricochet.

Bien à vous.


Ginette et Gilles Provencher

Asbestos

Pierre Jury

Un scandale qui fera mal à Trudeau

ÉDITORIAL / L’affaire SNC-Lavalin continuera d’être un poids sur les épaules de Justin Trudeau. Mais pour combien de temps ? Le premier ministre en souffrira-t-il jusqu’au soir des élections, le 21 octobre prochain, ou saura-t-il mettre cette histoire derrière lui ?

Ce scandale lui colle à la peau depuis février, mais bouillonne depuis un an. Il a à voir avec un « accord de réparation » qu’il privilégiait dans le dossier de la firme d’ingénierie montréalaise SNC-Lavalin, accusée d’avoir payé 47 millions $ en pots-de-vin pour obtenir des contrats en Libye entre 2001 et 2011. Ces accords, qui existent dans plusieurs pays occidentaux, permettent d’éviter un procès si l’entreprise reconnaît sa culpabilité et verse une « réparation » au gouvernement. Mais voilà, l’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, avait de gros doutes sur l’à-propos d’un tel accord. Plusieurs mois de discussions se sont déroulés entre septembre 2018 et janvier 2019, pendant lesquels plusieurs proches collaborateurs de M. Trudeau ont été mêlés.

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

Opinions

La superpuissance éducative canadienne

ANALYSE / L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a eu des répercussions pas seulement économiques ou commerciales au Canada, mais aussi sur le plan culturel, plus particulièrement dans le monde de l’éducation. La transformation du pays en une superpuissance éducative était déjà largement amorcée avant 2017, mais ce phénomène s’est depuis fortement amplifié.

Les succès canadiens aux tests scolaires internationaux sont remarquables. Le Canada s’est hissé au premier rang mondial. Ces tests démontrent que le pays possède les systèmes d’éducation (compétence relevant des provinces) les plus performants du monde, capables de rivaliser avec ceux de Singapour, Corée du Sud, Norvège ou Finlande.

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

Point de vue

Groupe Capitales Médias: pour une intervention immédiate, M. Legault

POINT DE VUE / Lettre à M. François Legault, premier ministre du Québec

Monsieur le premier ministre,

Depuis ce matin [mercredi], une information consternante circule au Québec selon laquelle le Groupe Capitales Médias, qui publie plusieurs quotidiens essentiels à la vitalité de nos régions, fermerait ses portes. Vous conviendrez avec nous que l’arrêt de la publication des journaux Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Droit, La Voix de l’Est et La Tribune constituerait une catastrophe pour la vie économique et démocratique au Québec. 

En effet, en plus des emplois qu’ils génèrent, ces quotidiens sont primordiaux pour le fonctionnement de nos institutions, et ce, sur tout le territoire québécois. 

À titre de porte-parole des régions, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) peut difficilement concevoir le Québec sans l’existence de ces quotidiens. Personne n’ignore que la presse écrite régionale vit depuis longtemps des difficultés importantes. À preuve, plusieurs hebdomadaires régionaux ont fermé leurs portes au fil des ans, ce qui a sérieusement affecté l’accès à l’information partout en région. Ces quotidiens jouent non seulement un rôle essentiel dans la diffusion de l’information régionale, mais ils sont également des acteurs de premier plan du développement de nos communautés. 

À court terme, il importe que le gouvernement mette tout en œuvre pour éviter que l’arrêt de la publication de ces quotidiens du Groupe Capitales Médias se concrétise. 

Dans un second temps, la FQM vous demande d’intervenir rapidement et de manière vigoureuse, afin que soient instaurées des mesures pour empêcher que ces quotidiens ainsi que d’autres cessent prochainement leurs activités. Dans ce contexte, nous souhaitons également que le gouvernement fasse en sorte de déployer les moyens pour assurer la pérennité des médias imprimés québécois dont la survie est chaque jour malheureusement menacée. 

Monsieur le premier ministre, nous savons que vous avez à cœur le développement des régions et que vous ferez tout ce qui est possible pour régler cette situation. 

Veuillez recevoir, Monsieur le premier ministre, l’expression de mes sentiments distingués, de même que l’assurance de ma collaboration.

*Jacques Demers est également maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog

Opinions

Il faut faire mieux

ÉDITORIAL / La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie (CIUSSS de l’Estrie-CHUS) doit trouver des mécanismes pour faire mieux dans le cas d’un patient sherbrookois qui subit volontairement une intervention chirurgicale dans un autre établissement sur son territoire.

Certes, il existe des politiques. De façon générale, il est sans doute de mise que le suivi postopératoire d’une chirurgie soit pris en charge par le chirurgien traitant et que ce dernier soit le mieux placé pour analyser le cas de son patient et remédier aux problèmes qui peuvent survenir.

La caricature de Côté

La caricature de Côté
André-Philippe Côté

Pierre Jury

Immigration : il faut l’augmenter

ÉDITORIAL / Le gouvernement de la Coalition avenir Québec souffle le chaud et le froid sur les questions d’immigration. D’un côté, il a diminué la cible de 50 000 à 40 000 immigrants, et de l’autre, il explore déjà la possibilité de la ramener à 50 000 d’ici l’échéance électorale de 2022. Pendant ce temps, le Québec Inc. réclame au moins 60 000 immigrants par an !

L’abaissement de la cible d’immigration avait fait grand bruit, et pour cause. 

Les plus critiques accusaient le parti de François Legault d’intolérance. 

L’objectif était d’accepter moins d’immigrants, mais de mieux s’en occuper. 

Par le résultat électoral net en faveur de la CAQ, les Québécois avaient conclu qu’ils étaient en accord avec ce virage politique.

L'actualité sous la plume de Bado

L'actualité sous la plume de Bado
Bado

Opinions

Le débat sur l’endettement étudiant

ANALYSE / L’endettement étudiant représente un épineux problème social et économique aux États-Unis. Encore tout récemment, les propositions visant à annuler cette catégorie de dettes étaient accueillies avec scepticisme et incrédulité. Auparavant relégués en marge de la politique, les appels en faveur d’une annulation généralisée de cette dette sont désormais pris au sérieux.

Cette problématique représente, après les hypothèques résidentielles, la deuxième source d’endettement des familles américaines. Elle touche 45 millions de personnes et atteint la somme astronomique de 1,6 trillion de dollars. Compte tenu de son ampleur, cette question est devenue un enjeu important dans les primaires démocrates.

La caricature de Côté

La caricature de Côté

opinions

Dans la bonne direction

Après l’ajout de 15 000 heures de service en janvier dernier et de 15 000 autres à compter du 19 août sur l’ensemble de son réseau, la Société de transport de Sherbrooke (STS) souhaite convaincre davantage d’automobilistes de troquer le volant pour l’autobus et il faut l’en féliciter.

En fait, les choses semblent bouger sérieusement à la STS en vue d’offrir une alternative à la voiture individuelle et de contribuer davantage à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il était temps.

Car, outre cette augmentation du nombre d’heures de service de 15 % (secteur urbain seulement), pour porter celles-ci à près de 290 000 heures par année, et la modification de certains circuits, la STS entend dans la prochaine année se doter de ses premiers autobus électriques et créer un pôle multimodal pour le transport (avec bornes de recharge pour voitures électriques et vélos en libre-service), dans l’ancienne station du Dépôt.

Son président, Marc Denault, qui est aussi à la tête du Centre de mobilité durable, annonce également que le Plan de mobilité durable 2012-2021 de la Ville de Sherbrooke sera revu avec l’objectif de lui donner une nouvelle impulsion.

Ce plan, adopté sous l’administration Sévigny, a été plus ou moins suivi depuis le début, de sorte qu’il est bien difficile de savoir si ses objectifs sont en voie d’être atteints à moins de deux ans de l’échéance, notamment si la part de l’autobus dans les déplacements atteindra 10 % en 2021 (contre 6 % en 2011).

Parallèlement, c’est un secret de Polichinelle que Sherbrooke n’atteindra probablement pas son autre objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous le niveau de 1990, comme le prévoyait le plan.

« Il y a un leadership à reprendre », convient M. Denault, soulignant toutefois que dans les secteurs à forte densité de population, la STS est tout près de l’objectif de 10 % des déplacements.

La qualité du service de transport en commun à Sherbrooke a souvent été décriée, surtout en banlieue, en raison d’une trop faible fréquence sur plusieurs circuits, particulièrement le soir et le week-end, ce qui a sans doute découragé nombre d’usagers potentiels.

Toutefois, la Ville de Sherbrooke est l’une des agglomérations canadiennes où le nombre de déplacements par autobus, près de 8 millions par année, est le plus élevé compte tenu de sa population (170 000 personnes).

Outre l’augmentation du nombre d’heures de service, la plus importante en 30 ans, la STS poursuit sa collaboration avec les grandes institutions, notamment le CHUS et l’Université de Sherbrooke, et les grands employeurs privés, avec des programmes incitatifs pour les employés.

Et cela donne certains résultats : l’amélioration de la fréquence sur le circuit 8 a entraîné une hausse de 24 % du nombre d’usagers, tandis qu’à l’Université de Sherbrooke 200 employés ont abandonné leur voiture pour utiliser l’autobus en vue de se rendre au travail, depuis le printemps dernier, selon la STS.

Concurrencer la voiture individuelle, que l’on pourrait qualifier de vache sacrée en Amérique du Nord, représente un énorme défi pour les sociétés de transport en commun qui, en outre, doivent pratiquement se battre pour obtenir un financement adéquat pour leurs opérations.

La STS, du reste, tout comme les autres sociétés de transport, attend toujours les détails de la Politique de mobilité durable du gouvernement du Québec annoncée par les libéraux, qui prévoit des mesures pour les organismes de transport.

Devant l’urgence de lutter contre les changements climatiques, l’amélioration des services de transport collectif urbain, de même que le développement d’infrastructures sécuritaires pour le vélo et la marche, doit être prioritaire.

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

Opinions

La montée des mouvements d’extrême droite au Canada

ANALYSE / Depuis quatre ou cinq ans, les États-Unis sont confrontés à une montée spectaculaire des groupes d’extrême droite. Ces groupes, adhérant à une idéologie néonazie ou de suprématie blanche, ont ouvertement une orientation fascisante. Ces derniers sont par essence réactionnaires et menacent les fondements de la démocratie libérale.

Il y a quelques années à peine, les groupes d’extrême droite étaient considérés comme un phénomène négligeable au Canada. Le Service canadien de renseignement déclarait en 2014 que l’extrême droite ne représentait pas un problème important au pays. Mais depuis plusieurs incidents ont démontré que le Canada n’est pas immunisé contre les groupes extrémistes.

La caricature de Côté

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André-Philippe Côté

L'oeil de Lacroix

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Mario Lacroix