Jour de la Terre : apprécions les bienfaits de la nature

Seulement quatre jeunes adultes sur dix reconnaissent les mésanges à tête noire.

PAROLE AUX LECTEURS / Ce Jour de la Terre est une occasion pour apprécier la beauté de la nature qui nous entoure. Nous avons tous avantage à nous retrouver dans la nature plus souvent. Les bienfaits d’une marche en nature pour notre santé physique et psychologique sont indéniables et reconnus.


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Ces journées printanières nous font entendre les oiseaux migrateurs joindre à nouveau le chant des mésanges à tête noire qui nous accompagnent toute l’année. À ce sujet, un sondage indique que seulement quatre jeunes adultes sur dix reconnaissent cet oiseau. Le déficit nature touche plusieurs personnes, mais peut être réduit.

Ce Jour de la Terre est propice à une réflexion sur les actions possibles individuellement et collectivement pour renouer avec la nature et protéger l’ensemble des êtres vivants.

L’enjeu majeur actuel est sans contredit les changements climatiques. L’année 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée. L’analyse des données mondiales par Copernicus indique que la Terre a connu pendant les 12 derniers mois des températures mensuelles moyennes qui dépassent de 1,58 degré celles de l’ère préindustrielle. Le 17 novembre 2023 a même marqué un record de 2,06°C au-dessus des 14°C de l’ère préindustrielle.

Pourtant, les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Au Québec, le secteur du transport routier émet toujours plus de gaz à effet de serre. Loin de diminuer, le nombre de passagers à l’Aéroport International Montréal-Trudeau a augmenté de 4 % en 2023 comparativement à 2019. La concentration de CO2 dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter tout comme le nombre et l’importance des événements météorologiques extrêmes et le nombre d’enfants déplacés que l’UNICEF estime à 41 millions. Les récifs coralliens présentent de plus en plus un blanchiment en réaction au réchauffement des océans qui s’intensifie. Le fleuve Saint-Laurent subit également les effets des changements climatiques.

Des études montrent que la superficie des zones hypoxiques (présentant une concentration insuffisante en oxygène dissous qui occasionne des répercussions importantes sur le milieu et les écosystèmes) a triplé en 20 ans. Le réchauffement des eaux du fleuve Saint-Laurent et la perte de biodiversité inhérente sont principalement dus à la modification des courants marins elle-même induite par le réchauffement océanique. En ce qui a trait à la forêt boréale, elle était reconnue comme puits de carbone, mais elle est depuis la dernière décennie globalement émettrice de CO2 par les nombreux feux de forêt qu’elle subit.

Tous ces constats nous incitent à redoubler nos ardeurs pour réduire notre contribution aux émissions de gaz à effet de serre tant individuellement que collectivement. Ce Jour de la Terre est une occasion pour s’arrêter et réfléchir à notre responsabilité et aux actions que nous pouvons instaurer à court et moyen terme. Le temps est plus que jamais compté. Apprécions la nature et mettons au premier plan cette bienveillance que nous lui portons et qui incite à agir. Repensons à cette citation de Hubert Reeves «Voir avec le cœur, c’est prendre pleinement conscience de l’interdépendance des êtres vivants et partager leur sort avec un respect amoureux.»

Lucie Laramée

Bienveillance Nature