Un premier Centre Vidéotron bien rempli pour Styx

Terrence Gowan, Will Evankovich, James Young et Tommy Shaw du groupe Styx continuent de remplir les amphithéâtres à Québec 52 ans après la naissance du groupe à Chicago.

CRITIQUE / Après avoir rempli plusieurs fois le vieux Colisée Pepsi, le groupe Styx se produisait pour la première fois au Centre Vidéotron de Québec samedi soir.


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Lawrence Gowan, Tommy Shaw, James Young et leurs acolytes n’ont d’ailleurs pas dû voir un grand changement, puisque les gradins étaient de nouveau bien remplis pour leur passage dans la capitale.

C’est en effet rare que les sections les plus haut perchées de l’amphithéâtre de Limoilou sont ouvertes et elles l’étaient samedi, et il n’y avait pas de siège vide.

C’est ce qui arrive quand on a à la fois un groupe capable d’attirer de grosses foules et des billets à des prix raisonnables. Il n’en restait d’ailleurs qu’une poignée avant le spectacle, la plupart assez éloignés, mais qu’on pouvait se procurer pour entre 70 $ et 110 $.

Le chanteur et claviériste Lawrence Gowan durant l'interprétation de la pièce <em>Lorelei</em>

Des classiques

Quant au programme de la soirée, il ressemblait beaucoup à celui du passage de Styx à l’Agora du Vieux-Port il y a deux ans, à quelques pièces près.



C’est un peu normal pour un groupe qui tourne depuis 52 ans et dont les plus grands classiques remontent aux années 1970 et 1980. Vous ne verrez évidemment aucune prestation de Styx où les classiques Suite Madame Blue, Come Sail Away et Renegade ne sont pas interprétées!

L’ajout en milieu de programme des titres Light Up et Crystal Ball, deux pièces solides qui remontent à l’époque des premiers succès du groupe de Chicago, était cependant une excellente idée.

On était également habitué d’entendre Lawrence Gowan, qui a remplacé Dennis DeYoung au piano et à la voix en 1999, interpréter A Criminal Mind.

Cependant, le Canadien, qui s’exprime en français d’un bout à l’autre du spectacle et glisse même quelques mesures d’Un musicien parmi tant d’autres d’Harmonium, a choisi un autre titre de son répertoire personnel, l’excellente Moonlight Desires, samedi soir.

Aucune des pièces chantées par le vétéran guitariste James Young, qui a eu des problèmes de santé liés à sa voix ces dernières années, n'a été interprétée samedi soir.

Sans la voix de Young

Gowan et le guitariste Tommy Shaw chantent d’ailleurs la totalité des pièces du spectacle. Dommage pour ceux qui apprécient beaucoup le répertoire plus hard rock de Styx, majoritairement interprété par le guitariste James Young.

Bref, pas de Miss America, de Half-Penny Two-Penny, de Great White Hope, de Snowblind ou de Heavy Metal Poisonning qui auraient permis à l’auteur de ces lignes de faire un peu de headbanging samedi soir.

À la décharge de Young, il faut préciser que cette décision de le confiner aux chœurs a probablement été prise en raison des divers problèmes de santé liés à sa voix au cours des dernières années, alors que son jeu à la guitare ne souffre pas du tout.

Le guitariste de 76 ans a tout de même eu droit à la présentation la plus longue et à l’accueil le plus chaleureux de la part du public.

«À l’époque où Samuel de Champlain fondait la Ville de Québec, les dieux du rock fondaient un groupe appelé Styx à Chicago et James Young a été de tous les spectacles et tous les enregistrements», a lancé Gowan pour présenter celui qui est le seul membre original avec le bassiste Chuck Panozzo.

Le guitariste Tommy Shaw alterne avec Lawrence Gowan comme chanteur principal de Styx.

À six ou sept

Panozzo, qui, lui aussi, a eu de nombreux ennuis de santé, ne se joint cependant au groupe qu’à la toute fin pour Come Sail Away, Mr. Roboto et Renegade dans une formule à deux basses avec Terrence Gowan, le frère de l’autre.

À six ou sept musiciens aguerris, dont des virtuoses comme le guitariste Will Evankovich et le batteur Todd Sucherman, pas besoin de dire que, musicalement, Styx n’a absolument rien à se reprocher.

Du rock avec beaucoup de claviers bien utilisés et interprétés de main de maître par Gowan et que des pièces accrocheuses. Au niveau visuel, c’est l’écran géant, sur lequel sont présentées des animations réalisées grâce à l’intelligence artificielle, qui prend toute la place.

Viviane Audet et Robin-Joël Cool du groupe Mentana, qui ont remplacé au pied levé la regrettée Sass Jordan en première partie de cette tournée canadienne de Styx.

Mentana

L’Ontarienne Sass Jordan devait assurer la première partie de Styx, mais son décès le 2 octobre est venu compliquer les choses pour les promoteurs.

Le groupe montréalais Mentana a accepté de prendre la relève à 22 jours d’avis. Bâti autour du couple de comédiens formé de Robin-Joël Cool (voix et guitare) et Viviane Audet (claviers, guitare et voix), le quintette a lancé la soirée avec Temps de chien, thème de la série télé du même nom dans laquelle Cool joue le rôle du sympathique Stéphane.

Comment dire, Mentana aurait probablement été mieux placé en première partie d’un artiste dans la même veine musicale folk-bluegrass qu’eux (Québec Redneck Bluegrass Project ou les Salebarbes, par exemple) plutôt qu’un groupe à cheval sur le rock progressif et le pop rock, comme Styx.

Cependant, rien à dire sur leur talent, leur expérience ou la qualité de leur offre musicale et ils se sont très bien acquittés de leur tâche. D’ailleurs, les applaudissements n’étaient pas seulement polis après leurs pièces et Mentana s’est probablement gagné plusieurs fans samedi soir.

Styx s’arrêtera aussi demain, dimanche 25 octobre, au Casino du Lac Leamy de Gatineau et lundi à la Place Bell de Laval.


STYX: CE QU’ILS ONT JOUÉ

-Fooling Yourself (The Angry Young Man)

-Lorelei

-Builkd and Destroy

-Too Much Time on My Hands

-Moonlight Desires

-The Grand Illusion

-The Best of Times

-Light Up

-Crystal Ball

-Rocking the Paradise

-Blue Collar Man (Long Nights)

-Suite Madame Blue

-Come Sail Away

Rappel :

-Mr. Roboto

-Renegade

Ian Bussières

Ian Bussières, Le Soleil

Ian Bussières travaille dans le domaine des médias depuis plus de 30 ans, ayant œuvré dans les agences de presse, à la radio et dans la presse hebdomadaire. Au Soleil depuis 1992, il a auparavant été affecté au reportage général et dans la section sportive. Il est maintenant aux arts.