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Arts

Danick Audet gagne la Course des régions

Le représentant de l’Abitibi-Témiscamingue Danick Audet a remporté les grands honneurs de la 4e édition pancanadienne de la Course des régions. Les prix d’excellence ont été décernés jeudi soir au Théâtre Granada lors de la Soirée de Première.

Le documentaire Gino Bouleau de M. Audet lui a permis de mettre la main sur le prix du Festival cinéma du Monde de Sherbrooke, le prix INIS-Émergence ainsi que le prix de la meilleure réalisation.

« Je suis étonné, mais vraiment, vraiment content, souligne le cinéaste de 26 ans. Quand tu travailles tellement sur ton film, un moment donné, tu ne sais plus à quoi ça ressemble et si c’est bon ou pas bon. »

Gino Bouleau raconte l’histoire de Gino Lavoie qui travaillait dans le domaine de la construction avant d’être déclaré séropositif. 

« À ce moment-là, il s’est fait mettre à l’écart de la société et il est allé vivre dans le bois, mentionne Danick Audet. Il démontre que même s’il est à l’écart, il est heureux et il a un beau mode de vie. »

En vertu de ces prix, M. Audet se voit remettre une projection de son film lors de la programmation nationale du Festival du cinéma du monde de Sherbrooke, une bourse de 500 $ du Festival, une bourse de 1000 $ en argent de la part d’Unis.TV et une bourse de 1000 $ de l’institut national de l’image et du son.

« Quand tu travailles tellement sur ton film, un moment donné, tu ne sais plus à quoi ça ressemble et si c’est bon ou pas bon. »

Arts et spectacles

Les jours sont contés : voix d’ici, voix d’ailleurs

Pour donner une couleur unique à la 27e édition du festival Les jours sont contés, la Maison des arts de la parole accueille quatre artistes français. Julie Boitte, Didier Kowarsky, Frédéric Naud et Myriam Pellicane s’installent pour toute la durée de l’annuel rendez-vous qui se déploie jusqu’au 27 octobre.

« On les appelle nos enfants terribles dans la brochure. Ce sont quatre artistes de la parole qui ont chacun leur personnalité et leur univers. Ce sont des créateurs qui ont déjà travaillé ensemble ou qui se connaissent un peu par la bande. Puisqu’ils seront présents tous en même temps au Festival, ça nous permet de proposer des duos et des spectacles inédits créés tout spécialement pour notre événement. Notre spectacle de clôture, par exemple, les réunira tous les quatre à la salle le Tremplin », souligne Audrey Bacon-Giffard, chargée de projet en communications pour la Maison des arts de la parole. 

Pendant leur séjour en sol estrien, les quatre conteurs européens viendront faire vivre leurs propres histoires, mais ils se mouleront aussi aux lieux sherbrookois. 

« Je pense par exemple à Didier Kowarsky, qui animera, deux fois plutôt qu’une, une visite-conférence contée complètement décalée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. C’est un rendez-vous qui a un caractère particulier, parce qu’il est pensé sur mesure en fonction de l’endroit, avec cette idée d’immerger les visiteurs dans l’exposition. » 

Autre belle curiosité dans un lieu inusité : samedi 19 octobre à 20 h, dans la foulée du projet Quatre Quarts, le Théâtre des Petites Lanternes de Sherbrooke reçoit Myriam Pellicane pour une fête de quartier façon bal masqué dans le parc de l’ancienne prison Winter. Contes à la volée et ambiance d’exception seront au menu.  

Au chapitre des spectacles inédits, Bizarre.rie. s (20 octobre, 20 h, Maison des arts de la parole), avec Julie Boitte et Frédéric Naud, invitera le public à se questionner sur ce qui est politiquement correct ou non. Intruses (26 octobre, 20 h, Maison des arts de la parole), permettra d’entendre les voix de Julie Boitte et Myriam Pellicane amalgamées dans un même spectacle. 

« Une vieille licorne, de Didier Kowarsky et Myriam Pellicane, n’a pas été créé pour le Festival, mais il n’a pas tourné beaucoup au Québec jusqu’ici et on le présente à la Petite Salle du Centre culturel de l’UdeS, le 22 octobre », exprime Audrey Bacon-Giffard. 

Ce jeudi soir, c’est une voix européenne qui lance le bal. La conteuse Catherine Gaillard fait un saut de puce à la Maison des arts de la parole, où elle déballe à 20 h son tour de piste Dernier village avant l’azur, dans lequel mémoire ancestrale et actualité contemporaine s’entrelacent. 

L’événement, qui fera vivre le conte dans différents lieux de la ville et de la région, propose aussi des rendez-vous avec les conteurs québécois Simon Gauthier, Franck Sylvestre et Nadine Walsh, ainsi qu’avec le Saskatchewanais Bruce Sinclair, qui viendra conter à Sherbrooke pour une première fois. Dans tout ça, un collectif d’artistes embrasse la chouette idée de faire vivre les contes des Mille et une nuits jusqu’à l’aube, le 25 octobre. Enfin, deux activités pensées pour les enfants figurent aussi au programme des festivités.  

Julie Boitte

Arts

Croquer dans le poésie de Baudelaire

La poésie est un peu comme une vieille amie pour Marie-Nicole Lemieux. La cantatrice en a beaucoup lue à l’adolescence, puis ses lectures poétiques sont devenues plus espacées. Intitulé L’invitation au voyage, le spectacle qu’elle présente au Québec actuellement lui permet en quelque sorte de renouer avec cet univers. Et elle se délecte de l’expérience.

« Je me suis intéressée à la poésie de Félix Leclerc, de Gilles Vigneault, de Baudelaire et d’autres poètes encore quand j’étais adolescente. J’avais le drame dans l’âme à cette époque », se souvient avec amusement Marie-Nicole Lemieux.

La cantatrice utilise un mot un brin surprenant pour décrire L’invitation au voyage. « C’est un petit ovni », lance la contralto, consciente que la formule de ce spectacle se démarque de ce à quoi le public est habitué.

Sur scène, Marie-Nicole Lemieux chante des poèmes de Charles Baudelaire, tirés du recueil Les fleurs du mal et mis en musique par différents compositeurs. Elle est accompagnée par le pianiste Daniel Blumenthal et le comédien Raymond Cloutier, qui récite pour sa part des œuvres de ce poète français de façon plus traditionnelle.

« Baudelaire était dépressif et devient gore parfois dans ce qu’il a écrit. D’un autre côté, il était hop quand il était en amour. Des gens disent que ses textes étaient arides, mais moi je trouve qu’ils sont souvent très humains », explique la chanteuse avec un enthousiasme non dissimulé.

Dans un premier temps sur scène, Marie-Nicole Lemieux et Raymond Cloutier paraissent évoluer indépendamment l’un de l’autre. Mais ils se rejoignent au bout d’un moment et exposent dès lors davantage leur complicité.

« On a beaucoup de plaisir à faire ce spectacle, durant lequel on demande aux gens de ne pas applaudir. Ça fait cinq fois qu’on présente L’invitation au voyage et on aime vraiment ça. Les gens se laissent porter. Quand je chante, ils peuvent découvrir comment les différents compositeurs interprétaient et percevaient les poèmes de Baudelaire. »

La création du spectacle remonte à trois ans environ. Raymond Cloutier a toutefois dû se montrer patient, car Marie-Nicole Lemieux n’a pas énormément de disponibilités. « Mon agenda est plein deux à trois ans à l’avance. J’ai réussi à me trouver une bulle d’un mois pour réaliser cette tournée présentement », confie la cantatrice.

Et elle est si heureuse du résultat qu’elle évoque l’idée d’exporter cette création poético-musicale dans le reste de la francophonie, où Charles Baudelaire est évidemment connu aussi.


Arts et spectacles

Chanson de circonstance du 12 octobre 2019

Un homme debout, Claudio Capéo, Claudio Capéo (2016)

Où serez-vous le soir du 18 octobre? Bien au chaud à la maison ou à l’extérieur pour montrer votre solidarité envers les itinérants lors de la Nuit des sans-abris? Mine de rien, cela fait déjà 30 ans que cet événement a été mis sur pied à Montréal pour sensibiliser le public au fait que les personnes qui vivent dans la rue ne l’ont pas choisi. En tout cas, la problématique, réactualisée avec le récent témoignage de Francine Ruel sur son fils itinérant, interpelle beaucoup les artistes : on pourrait faire une compilation tellement il y a de chansons sur le sujet. D’Échapper au sort par Karkwa à La ballade d’un sans-abri de Gilles Vigneault, en passant par Domenico d’Ariane Moffatt, L’itinérant de Samian, Sans abri de Moran... Nos cousins français ont aussi leurs SDF à cœur. Pour preuve Sans abri de Pierre Bachelet, Pas difficile d’Anne Sylvestre et Un homme debout de Claudio Capéo, chanson la plus télédiffusée en 2016 dans l’Hexagone.

Arts et spectacles

Dessine-moi un canon, de Marie-Paule Villeneuve : Potton au temps de Gerald Bull

Le journalisme a longtemps occupé une grande place dans la vie de la romancière Marie-Paule Villeneuve. Faut-il alors se surprendre que son nouveau roman, intitulé Dessine-moi un canon, soit le fruit d’un mariage plutôt rare entre l’écriture journalistique et une littérature plus classique?

Avec Dessine-moi un canon, Marie-Paule Villeneuve propose au lecteur d’aller à la rencontre de Gerald Bull, un Canadien d’origine qui a longtemps œuvré dans le domaine de l’armement et dont l’assassinat en Belgique, en 1990, a été imputé par certains au Mossad, les services secrets israéliens.

La romancière connaissait le nom de Gerald Bull quand elle s’est installée, il y a neuf ans, dans le secteur de Potton, où l’homme d’affaires et inventeur a vécu pendant une partie de sa vie. Mais elle confie que l’histoire de ce personnage controversé l’a carrément « obsédée » dans les années qui ont suivi son arrivée.

« J’ai vu le potentiel de l’histoire et je me suis dit que j’allais écrire mon dernier gros livre appuyé sur de la recherche. Il y avait une omerta qui existait localement autour du personnage, mais, en même temps, je constatais un intérêt pour le sujet. J’avais le goût de creuser ça », indique Marie-Paule Villeneuve, qui a notamment travaillé à la Presse canadienne à une autre époque.

Avant de pondre l’ultime version de son nouveau roman, Marie-Paule Villeneuve en a rédigé quelques-unes qui ont finalement été rejetées. Elle avoue d’ailleurs qu’il n’a pas été simple de trouver le bon angle.

« Mon livre parle de Bull, mais celui-ci n’est pas au centre de l’histoire. Je voulais comprendre le personnage et j’admets que je ne l’ai pas parfaitement saisi malgré mes sept années de recherches. »

Marie-Paule Villeneuve a choisi de créer deux personnages vivant dans une vieille église, un peu comme elle l’a elle-même fait quand elle s’est établie à Potton. Les deux enquêtent ensemble sur la vie de ce « génie de la balistique ».

« J’ai entre autres mis la main sur le rapport de la mort de Bull grâce à une université en Belgique. Les gens vont apprendre des choses qui ne sont jamais sorties publiquement. »

Dessine-moi un canon aborde une série d’autres épisodes marquants de la vie du spécialiste en armement. Sa condamnation à la prison aux États-Unis pour vente d’armes illégales, ses liens avec l’homme d’affaires et activiste islamiste Saad Gabr ainsi que son projet de canon surdimensionné au bénéfice de l’Irak constituent autant d’éléments fouillés par la romancière-journaliste.

Folklore local

À Potton, le passé de l’homme d’affaires est relativement bien connu, puisqu’il a exploité une usine qui produisait des pièces d’armement dans ce secteur dans les années 1960 et 1970. L’entreprise a déjà employé jusqu’à 300 personnes.

L’usine en question se trouvait carrément à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis, avec une partie des travailleurs provenant du Québec, et le reste, des États-Unis. Il s’agissait d’un projet hors du commun à l’époque et tout laisse croire que jamais une telle idée ne pourrait à nouveau se matérialiser 40 ans plus tard.

« Les travailleurs devaient signer une entente de confidentialité quand ils étaient embauchés. C’était très secret comme milieu. Même aujourd’hui, des gens ont encore peur de parler de ce qui se faisait sur place et plusieurs trouvaient que j’étais un peu trop curieuse avec mes questions », affirme Marie-Paule Villeneuve, qui publie cette fois à compte d’auteur.

« Il fait encore jaser »

Maire de Potton, Jacques Marcoux raconte que Gerald Bull, son ancienne usine ainsi que le domaine que la famille possède toujours localement continuent à « faire jaser » les gens de la municipalité, principalement les ex-employés de l’entreprise, qui avait été baptisée Space. « Il y a aussi des touristes qui, parfois, s’arrêtent au bureau d’information touristique local et qui demandent où tout ça se passait », dit-il.

M. Marcoux révèle que l’histoire de l’ingénieur pourrait un jour être racontée à l’intérieur de la grange ronde existant au cœur de Mansonville, le village le plus important du canton de Potton. Ce vieux bâtiment agricole a été rénové à grands frais et on souhaite qu’il accueille des expositions dans le futur.

« Je pense que le nouveau livre de Marie-Paule Villeneuve va susciter un intérêt accru pour l’histoire de ce cet homme au passé un peu flou. Si, en plus, on a une exposition, je crois que ça peut être bénéfique pour le milieu. »

Vous voulez y aller?

Lancement de Dessine-moi un canon de Marie-Paule Villeneuve

Dimanche 13 octobre, 11 h

Maison bleue du Domaine Howard, Sherbrooke

13 octobre à 11 h

Vendredi 18 octobre, 16 h

Centre L’Élan, Magog

Réservations : 514 346-5683

Arts et spectacles

Nous sommes tous des brigands : Art, histoire et « chinoiseries »

Née à Montréal de parents d’origine chinoise, l’artiste Karen Tam s’intéresse depuis près de dix ans à la vision occidentale de la culture de ses ancêtres. Sa plus récente exposition, Nous sommes tous des brigands, évoque avec humour et sensibilité cette idée que, tous, nous empruntons aux autres cultures.

« Si on devait résumer de façon très simple, on dirait que c’est une installation qui combat le racisme. Le titre de l’expo est à la fois une blague et un constat : depuis la nuit des temps, les sociétés s’influencent mutuellement, chaque culture pige dans celle des autres pour créer et innover », exprime Marcel Blouin, commissaire de l’exposition mise en circulation par le Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe Expression.  

Le thème, sérieux, est présenté sans lourdeur. Avec douceur, même. 

« C’est un propos assez grave, mais l’art contemporain permet de l’aborder avec délicatesse, justement », note M. Blouin.  

Tout est dans le souci du détail et la finesse de l’aménagement de l’espace. Ainsi que dans la réflexion qui sous-tend la création. 

« Il y a quelque chose d’universel dans ce thème. Même comme artiste, on est inspiré par différentes approches, divers courants, d’autres personnes », assume Karen Tam.  

Parfum de Chine

Sous un éclairage tamisé, derrière l’arche chinoise en bois travaillé, on aperçoit lanternes asiatiques, colorés fanions au plafond, objets variés aux couleurs de l’Orient. Nous voilà en Chine. Ou presque. L’écrin muséal est magnifiquement habité par tous ces éléments qui évoquent la culture millénaire. C’est un cliché, mais on viendrait quasiment prendre le thé dans ce chaleureux cocon habillé d’objets de toutes sortes. Certains proviennent de la collection familiale de Karen Tam, d’autres ont été empruntés au Musée de la civilisation. D’autres, encore, sont des œuvres originales de l’artiste, qui a notamment créé des vases en papier mâché et une superbe murale en cyanotype (une technique de photographie) qui raconte la longue route de la soie. 

« C’est symbolique parce que c’est une voie qui a permis le déplacement d’idées et d’objets pendant des siècles », souligne l’artiste québécoise.

Bâtie comme une mosaïque de faïence bleutée à l’aide d’hexagones de papier, l’œuvre From Yiwu to You est remplie de références historiques et mythologiques. Immense, elle se déploie sur trois pans de murs. Et elle n’est pas terminée. 

« J’y travaille depuis 2016 et j’ajoute encore des carreaux », souligne l’artiste détentrice d’une maîtrise en arts visuels (Institut d’art de Chicago) et d’un doctorat en études culturelles (Université de Londres).  

Acheter un petit Chinois

Des éléments contemporains se glissent aussi dans certaines de ses œuvres. On pense ici au ballon de football américain qui voisine un dragon chinois sur une création en papier mâché. 

Les différents espaces aménagés, pensés dans le menu détail, permettent de se promener dans autant d’univers. Le trait commun entre tous, ce sont les « chinoiseries » qui s’y voisinent. Bibelots, sculptures, pagodes, éléments décoratifs, cartes et créations variées nous font bien sûr voyager. Ils nous replongent aussi parfois dans un passé pas si lointain, qui semble pourtant à bonne distance de notre XXIe siècle. On n’a qu’à se remémorer l’époque où l’on pouvait, au Québec, « acheter un petit chinois », en vertu d’une campagne pilotée par les missionnaires qui œuvraient à évangéliser les peuples à l’étranger. 

« Il y a eu toutes sortes de phases dans notre rapport avec la Chine. Le regard qu’on a posé sur ce peuple a suivi le cours de l’histoire. Il y a eu des moments moins glorieux, je pense par exemple à la guerre de l’opium, qui s’est traduite en un siècle d’humiliation imposée aux Chinois par les Européens. Maintenant, alors que la Chine fait partie des puissances mondiales en ascension, les rapports de force changent. Le travail de Karen apporte un éclairage intéressant, il reconnaît et célèbre la richesse de la diversité culturelle », insiste M. Blouin. 

Vous voulez y aller? 

Nous sommes tous des brigands / We Are All Robbers

Karen Tam

Musée des beaux-arts de Sherbrooke

Jusqu’au 2 février 2020

Arts visuels

FootMuséum : l’art en mouvement

Avec FootMuséum, Josianne Bolduc propose un mariage peu commun et ose une installation qui combine sport et art.

« Les deux disciplines ne sont pas souvent accolées, mais elles ont tout de même plusieurs points en commun. Dans une sphère comme dans l’autre, ce qui m’intéresse, c’est la performance », résume l’artiste multidisciplinaire. 

Celle-ci précise d’entrée de jeu que cette exposition est la plus personnelle de son parcours. 

« Je suis très engagée dans les arts, je travaille dans le domaine, mais je suis aussi une grande sportive. Je joue au soccer depuis l’âge de six ans, j’en connais tous les codes, tous les détails. C’est quelque chose que je trouve beau et que j’avais envie d’exploiter de façon créative, en jouant avec le mouvement », confie la Sherbrokoise, qui s’intéresse depuis longtemps à la création in situ et aux modes de transmission des pratiques éphémères. 

L’idée, cette fois, c’était de transposer une expérience sportive en expérience artistique.

Dans la lumineuse salle du rez-de-chaussée du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, elle a en quelque sorte « redessiné » l’espace. À l’aide de ruban blanc collé au sol, elle a recréé un terrain de soccer en petit format. Il fallait ensuite faire vivre l’original aménagement. Un trio féminin d’athlètes du Vert & Or a été invité à venir y jouer du pied et du ballon, le temps d’une captation vidéo et d’une séance de photos pendant lesquelles l’artiste sherbrookoise a voulu capturer la beauté du jeu et des mouvements.

Les images, en grand format, sont affichées au fond de la salle, derrière l’espace terrain de jeu où les visiteurs peuvent s’amuser à botter (gentiment) le ballon qui patiente sur place. Plus loin, derrière un immense panneau vert qui rappelle le terrain extérieur, un écran permet de visionner une vidéo avec les trois sportives en action, dans le lieu même où on se trouve. Des images du lieu en transformation figurent aussi dans le court film d’art.

Expérience immersive 

Dans tout ça, le visiteur n’a pas l’impression d’être simple spectateur. Dès qu’on franchit la large porte vitrée, les bruits de ballons nous accueillent. On se sent un peu comme dans une palestre, un après-midi d’entraînement. 

« J’avais vraiment en tête de créer une expérience immersive. Étant donné que le soccer est un univers que je connais de l’intérieur, il y a une partie de la création qui s’est faite de façon très intuitive. Après ça, j’ai travaillé pour en faire un tout conceptuel. Chaque détail est pensé et réfléchi pour être cohérent avec le propos », dit celle qui est aussi coordonnatrice du certificat en arts visuels à l’Université de Sherbrooke.

Vous voulez y aller?

FootMuséum

Josianne Bolduc 

Musée des beaux-arts de Sherbrooke

Jusqu’au 2 février 2020

Arts et spectacles

Séjour en Crise-istan pour Véronique Grenier

Véronique Grenier a un « fantasme » de parc. Un endroit où il serait possible de se retirer chaque fois qu’une crise nous frappe, quelle que soit sa nature (amoureuse, professionnelle, affective, existentielle...). Un lieu exempt de la frénésie du quotidien, permettant de se concentrer entièrement sur la source de perturbation, afin de la résoudre… ou simplement la vivre pleinement au lieu de tenter de l’éviter.

Son nouveau livre Carnet de parc, l’écrivaine le décrit donc comme une quest poétique. Pas une quête comme la quête du héros dans un roman, le schéma actanciel, l’axe du désir, adjuvants, opposants, etc. Une quest comme dans un jeu vidéo, avec un personnage principal placé dans un monde particulier et qui, pour parvenir à en sortir, doit réussir un certain nombre de tableaux, niveaux, épreuves...

« J’ai quand même beaucoup joué aux jeux vidéos moi-même. En ce moment, c’est plutôt avec mon fils. Sans dire que Fortnite est la source d’inspiration du livre, c’est lorsque j’étais en train de faire une partie avec mon garçon que j’ai eu un flash : "Mon Dieu! c’est exactement ce que je suis en train d’écrire, en format poésie!" »

Cette analogie se détecte notamment dans la structure de ce bouquin de 100 pages, découpé en courts chapitres, lesquels peuvent être perçus comme des « tableaux », chacun abordant un ou des aspects particuliers d’une crise personnelle. C’est là où s’exprime toute la poésie de l’autrice, avec force images, symboles et allégories. 

Mais, encore une fois comme un jeu vidéo qui passe par des introductions identiques ou semblables à chaque tableau, tous les chapitres s’amorcent de la même façon : avec un extrait de journal intime et un court paragraphe (toujours le même) décrivant le parc. Sauf qu’à chaque section, le paragraphe répété est amputé de la dernière phrase, se rétrécissant jusqu’à n’en compter qu’une seule.

« C’est une forme qui s’est imposée de soi-même. Le paragraphe répétitif m’apparaissait comme super nécessaire au début pour comprendre clairement où l’on est. La répétition fait ressortir l’aspect circulaire et clos du lieu, et de le raccourcir ajoute l’idée d’une spirale, où des choses sont en train de s’ébrécher. Ensuite sont arrivés les Cher journal. J’aimais l’effet créé (je lis beaucoup à voix haute quand j’écris) et la coupure qu’ils apportaient avec le récit. Tout ça permet des pauses, de ne pas rester dans une densité continue. »

Condensé d’émotions

Parce qu’une fois que l’on plonge dans les méandres de ce fameux parc, on y plonge pour de vrai. Véronique Grenier y a condensé tous les éventuels doutes, dilemmes, fausses pistes, désirs d’échappatoire, pressions internes et externes, désorientations, désabusements, douleurs, colères et tristesses d’une crise personnelle. Avec l’idée d’accepter et de vivre ce moment pour ce qu’il est, d’aller jusqu’au bout, plutôt que juste « attendre que ça passe ».

« Surtout que c’est un lieu qu’on visite généralement plus d’une fois dans une vie, lors d’un deuil, une rupture, une perte d’emploi… À la différence que, dans un livre, on peut recourir à l’absurde, effacer ses souvenirs, refaire sa mémoire, essayer la vie des autres… »

Et s’apercevoir qu’il est impossible d’échapper à toutes les pressions, celles qu’on s’impose soi-même comme celles venant des autres. Le parc est d’ailleurs habité par un personnage baptisé On, qui semble vouloir autant aider qu’éprouver l’héroïne.

« C’est une sorte de guide de camp de vacances un peu sadique qui est là pour faire passer des épreuves, emmener les gens au bout d’eux-mêmes, voire au-delà. Parce qu’on ne se le cachera pas : souvent, on sait ce qu’on doit faire ou changer pour résoudre une crise. Mais on préfère faire le tour de la chose, souffrir deux ou trois fois de plus avant d’arriver au bout. »

Regard chirurgical

L’état de crise, Véronique Grenier connaît bien. Celle qui parle ouvertement de son anxiété et de sa bipolarité, qui tient même à prendre la parole justement pour déboulonner tous les mythes, a visité cette contrée sans doute plus souvent qu’elle l’aurait souhaité.

« J’ai beaucoup appris à gérer différents états, à vivre et à travailler pour ne pas être dominée par ça, à en tirer des choses, à en ressortir de moins en moins troublée. C’est probablement pour ça que j’ai un regard presque chirurgical aujourd’hui », commente l’enseignante de philosophie au Cégep de Sherbrooke, qui n’a pas la prétention d’avoir couché en poésie une analyse psychologique et universelle du processus de résolution de crise.

« Mais, du point de vue de mon expérience humaine, ça ressemble pas mal à ce que je vois autour de moi : on se revisite, on essaie de faire la part des choses entre nos émotions, nos vouloirs, nos aspirations, on identifie ce qui nous tire par en arrière. Oui, il y a probablement des gens pour qui le processus est moins long ou moins douloureux, mais je pense qu’ils sont l’exception... et on a de quoi les envier! » dit-elle en riant.

Le pouce pour le loup

Les philosophes avertis détecteront quelques références, la plus explicite étant le moment où Thomas Hobbes lève le pouce en l’air lorsque plusieurs individus trouvent le bonheur, se l’arrachent et finissent par le tuer.

Ceux qui savent que Hobbes est l’auteur du célèbre aphorisme L’homme est un loup pour l’homme saisiront rapidement. « Il y a quelques blagues de philo comme ça, des clins d’œil un peu partout dans le livre. Je suis le genre de professeure qui lasse ses étudiants à force de jokes qu’elle est la seule à rire », raconte Véronique Grenier, moqueuse d’elle-même. « Mais j’ai eu beaucoup de plaisir à faire toutes ces références, qui n’entravent pas la lecture chez ceux qui n’ont pas ces clefs », précise-t-elle.

Le récit comporte quand même sa part de critiques, comme ces gens qui s’appuient sur des phrases toutes faites, du type coach de vie, ou qui débarquent avec des solutions prétendument universelles. 

« Et qui souvent essaient de nous les vendre, qui capitalisent sur notre vulnérabilité, qui invalident le ressenti. Sans taper sur les personnes que ça aide, c’est quelque chose qui me fâche beaucoup. Je comprends la recherche de consolation. Tout le monde espère que ce soit rapide, que la douleur disparaisse grâce à une belle citation, mais 2500 ans d’histoire de philo nous disent que non. Parce que les êtres humains sont complexes. Je préfère les personnes qui nous répondent que ça va faire mal, mais qu’elles seront là pour nous aider. Nos meilleurs amis sont souvent ceux qui nous traînent dans la lucidité. » 

Arts et spectacles

Hey Major : chemin musical vers le bonheur

Deux ans après avoir opéré un virage musical et adopté le nom de groupe Hey Major, les frères Mickaël et Raphaël Fortin lancent un premier opus sous l’étiquette d’Indica. En vente depuis vendredi, The Station est en quelque sorte un album de retour aux sources pour lequel les deux frangins ont multiplié les allers-retours en studio.

« Ça fait longtemps qu’on le prépare, ce disque! Certaines chansons existent depuis plus de quatre ans et remontent à l’époque de notre trio Orange O’Clock (avec Anthony Simoneau Dubuc). D’autres sont apparues en cours de route. Plusieurs ont connu trois ou quatre versions avant d’aboutir à celles qu’on a gardées pour l’album. Notre rencontre avec Indica nous a amenés à repenser notre son. »

La maison de disques a posé une question, une seule, qui a permis au duo de rebrasser les cartes de son jeu musical. 

« Ils nous ont demandé : qu’est-ce que vous voulez vraiment faire? On a réfléchi et on est revenus à l’idée et à l’énergie de base, à tout ce qui nous animait au départ. Et nous, ce qui nous branche, ce sont les artistes dont le rock s’articule autour du piano », résument les deux Sherbrookois. 

L’instrument, rassembleur, est redevenu le moteur des mélodies. 

« Le piano apporte vraiment une couleur particulière. Il permet d’insuffler du rythme et du dynamisme, mais c’est aussi le cœur des harmonies vocales, parce que c’est un instrument autour duquel c’est facile de se retrouver pour chanter ensemble », explique Mickaël. 

Avec son frère, il partage ce qui ressemble à un diapason commun. Une complicité musicale qui, dans une certaine mesure, se tricote depuis l’enfance. 

« Je te raconte une anecdote qui illustre comment on était toujours collés l’un à l’autre : lorsqu’on était petits, tous les midis, on revenait manger à la maison. On s’assoyait dans une chaise à peine plus large que moi et là, cordés, en mangeant presque dans la même assiette, on écoutait Scooby-Doo. En regardant de vieilles cassettes, on a aussi constaté qu’on faisait de la musique ensemble alors qu’on était vraiment très jeunes. Aujourd’hui, on n’a souvent pas besoin de parler pour savoir où l’autre s’en va avec tel ou tel accord. »

« Et dans tout ça, en dehors de la sphère artistique, on s’équilibre bien, ajoute Raphaël. Moi, je suis celui qui planifie, qui fait des plans, qui établit des cadres. Mick, lui, aime bouger les choses. Il est du genre à changer l’ordre et la rythmique des chansons dix minutes avant un show. »

Chanson locomotive

Le duo n’a pas eu à débattre longtemps pour s’entendre sur le fait que The Station était la chanson-titre du disque, celle qui devait ouvrir la galette. 

« Ça allait de soi. À travers nos chansons, on aime animer différents personnages. On réalise souvent, après coup, que les textes sont des métaphores de notre propre parcours. Ce disque-là est assez introspectif. C’est en quelque sorte un voyage vers la liberté, qui reflète sans doute notre chemin vers le bonheur, comment on se fait tranquillement une place dans le métier. Pour bâtir le fil conducteur entre les différentes chansons, on a cette fois imaginé un voyage vécu par deux personnages. C’est une histoire écrite nulle part, elle n’existe que dans notre tête, mais sans doute que certains verront ce deuxième niveau et trouveront les références plantées dans certaines chansons », exprime Mickaël, qui signe les textes du groupe. 

« Je fais le squelette et, ensuite, on travaille les arrangements ensemble », précise-t-il. 

Cette fois, une chanson en français s’est glissée dans le chapelet de titres en anglais. Ce n’était ni calculé ni prévu.

« Pour tout dire, Pour mieux respirer est arrivée presque spontanément. On avait signé la mélodie pour la chanson qui rythmait la version sherbrookoise de Faire danser un village et on avait envie de rejouer dans ces partitions-là. On a remanié le tout en écrivant de nouvelles paroles pour que ça corresponde à notre univers et que ça soit cohérent avec l’album », soulignent les deux multi-instrumentistes qui, au fil de leurs nombreux passages en studio, ont travaillé avec différents réalisateurs tels que Tim Palmer (Bowie, Tears for Fears, U2, The Cure) et Chris Shaw (Dylan, Weezer, Wilco, Rolling Stone). 

« On ne savait pas, au moment d’entrer en studio, qu’ils avaient travaillé avec d’aussi grosses pointures. Notre gérante non plus, d’ailleurs. C’est assez formidable d’avoir eu l’apport de tous ces grands de la musique. »

Kangourous et araignées

Old Kid, la chanson qui a en quelque sorte révélé Orange O’Clock en permettant au trio de remporter le concours Sherbrooklyn en 2012, a aussi été remaniée et rebaptisée (Old Enough) pour se retrouver sur le disque.  

« C’est notre producteur, Franz Schuller, qui l’a entendue en écoutant notre premier opus, une journée où on patientait dans le trafic. L’album était presque terminé, mais il a insisté pour qu’on ajoute une journée en studio afin d’enregistrer cette chanson-là. » 

Après un passage à Montréal, les deux musiciens ont choisi de revenir s’installer à Sherbrooke. 

« C’est ici qu’on est les plus créatifs, probablement parce qu’on se sent groundés avec les montagnes, la nature et la famille autour », résume le duo, qui quittera ses terres estriennes dans quelques jours pour une série de spectacles en Australie. La deuxième de sa carrière.

« Notre compagnie de disques a une antenne là-bas, ce qui facilite ce genre de projets. Notre première saucette de l’autre côté du globe a été incroyable. C’était une première tournée à l’étranger pour nous et c’était génial. »

Les quelques semaines passées au pays des kangourous ont notamment permis aux deux frères d’apprivoiser le surf et de tester leur tolérance à la présence d’araignées de toutes tailles. L’expérience a ancré une confiance neuve chez les frères Fortin. 

« C’était la première fois qu’on jouait pour un autre public que celui du Québec et devant des anglophones. Ils ont aimé nos chansons, notre accent, notre son. Ça nous a permis de constater que nos chansons pouvaient vivre à l’étranger, qu’elles recevaient un bon accueil. »

La photo qui orne la couverture de l’album a été prise à Sydney, pendant ce séjour, « dans une carrière à flanc d’océan ». Le vidéoclip de la chanson The Station, déjà en ligne, a aussi été tourné là-bas.

Avant d’y retourner, Raphaël et Mickaël Fortin lanceront un nouveau vidéoclip tourné à Sherbrooke par Louis-Charles Blais pour la chanson Brother. Et ils promettent un spectacle-lancement en bonne et due forme dans leur ville natale, le 30 novembre prochain, au Boquébière de Sherbrooke.

Arts et spectacles

Gilles Vigneault au Vieux Clocher de Magog : entre poésie et sagesse

CRITIQUE / C’était soir de débat électoral hier. C’était aussi soir de premier match de saison des Canadiens à Montréal. Mais un peu plus de 400 personnes ont préféré passer leur fin de journée en compagnie de Gilles Vigneault. À boire encore un peu de ses paroles et de ses chansons. Et, probablement, à espérer devenir un peu plus comme lui.

Cinq ans presque et demi après avoir inauguré cette formule de concert-récital dans la même salle, le poète de Natashquan est toujours au rendez-vous, droit comme un chêne qu’il aurait planté au bout de son champ, même s’il aura 91 ans dans deux semaines. Vif, modeste, débordant d’histoires et d’humour, l’artiste n’a d’ailleurs pas manqué de souligner à ses spectateurs l’honneur d’avoir été préféré.

« Un soir de débat! s’est-il exclamé. Ça prend du courage! a-t-il lancé à l’auditoire avec ironie. Remarquez que, pour voir un débat électoral, ça en prend pas mal aussi », a-t-il ajouté, suscitant l’hilarité générale, avant d’expliquer à ses auditeurs qu’après des décennies de tournée, il avait eu envie de cette formule où il pourrait leur donner la parole et avoir une véritable conversation avec eux.

Il faut dire que Gilles Vigneault entretient une relation particulière avec le Vieux Clocher, où il sait qu’une « chorale » l’attend. Il l’a donc gâtée avec des immortelles comme Si les bateaux, Quand vous mourrez de nos amours, J’ai pour toi un lac, Les gens de mon pays…

Mais le plus emballant, c’est que, même s’il aurait pu meubler trois heures avec ses plus grands succès, ce sont les chansons du plus récent album, Vivre debout (2014), qui tiennent le haut du pavé. Toujours tourné vers l’avenir, peu enclin à commenter son parcours de vie, le Nord-Côtier a même livré une nouvelle chanson, Madame L’Eau, interprétée pour la première fois à Montréal la semaine dernière. 

CONFIANCE AUX CERVEAUX

On s’en doute, en cinq ans, le spectacle a pris ses aises, le chanteur ayant placé ses repères, la feuille de route se révélant bien établie (malgré l’imprévisible des questions du public), l’animatrice Françoise Guénette étant maintenant parfaitement à l’aise pour diriger les questions et même mener le poète sur le chemin de ses interprétations. Quant à la complicité avec le pianiste Philippe Noireaut, elle se révèle sans faille.

Et de quoi a jasé Gilles Vigneault avec son public? Des mots, évidemment. Ceux de Félix Leclerc. Ceux de Victor Hugo aussi, et de la foi de l’écrivain envers la vie… et envers lui-même. « C’est le commencement de toute foi, c’est de là que part toute action qui peut se répandre. »

Le vénérable aîné s’est évidemment fait poser plusieurs questions sur l’avenir de la planète. « L’homme a tout ce qu’il faut pour pourrir ou embellir l’avenir. Je ne vois pas mieux qu’un autre, mais je vois avec les mêmes yeux que ceux qui pensent un peu plus loin, qui réfléchissent à l’avenir à longueur d’année. Je fais davantage confiance aux cerveaux les plus avancés qu’à ceux qui nous disent que l’humanité s’est toujours arrangée. »

À un spectateur lui demandant si l’environnement pourrait être une raison valable et rassembleuse autour du projet de souveraineté, le poète a vite acquiescé. « Dès que le Québec s’intéresse à quelque chose, on peut être sûr que le Canada pense le contraire », a-t-il martelé, déplorant que des grands pans de l’histoire des francophones ne se trouvent pas dans les manuels d’histoire anglophone.

Soulignant l’importance d’accueillir l’immigrant qui a tout quitté, il a fait une ultime analogie, destinée à un futur papa, en comparant l’enfant à naître à l’ultime immigrant. « Je crois encore à la vie et au fait que l’enfant à venir sera peut-être le prochain Bach, Mozart ou Picasso. »

Finalement, les quelques spectateurs dont c’était l’anniversaire ont eu le privilège de se le faire chanter par l’auteur de la chanson, couplets en prime. Une attention que la salle a rendue à Monsieur Vigneault à la fin de la soirée. Le nonagénaire les a laissés en leur disant : « À l’an prochain! »

Arts

Puissante décharge

CRITIQUE / La dernière fois que BJM Danse a mis les pieds au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, la compagnie a fait salle comble, grâce au spectacle Dance Me inspiré des chansons de Leonard Cohen. Mais même sans Cohen, les Ballets Jazz de Montréal ont réussi à attirer plus de 1000 personnes mardi soir à la salle Maurice-O’Bready, avec un programme triple dont la première partie était tout simplement renversante.

On avait d’ailleurs inversé l’ordre des pièces afin que Casualties of Memory, d’Itzik Galili, soit présentée en première partie plutôt qu’en deuxième. Probablement pour que les interprètes aient encore un peu d’énergie après l’entracte, tellement la décharge de l’œuvre est puissante. Trente-cinq minutes d’un souffle presque ininterrompu, terriblement exigeant pour les danseurs, qui ont malgré tout livré une prestation impeccable.

On se serait presque attendu à les voir se rompre par instants, tant les figures imposées par le chorégraphe semblaient contraires à la nature du corps humain. Grand coup de chapeau, donc, aux 14 membres de la troupe, qui ont déployé des monceaux de souplesse, d’équilibre et d’endurance.

Mais le plus important, c’est que la performance n’a pas édulcoré la poésie de ce spectacle à l’inspiration tribale, tant par la quasi-omniprésence des percussions (les danseurs ont eux-mêmes joué de la darbouka dans un tableau) que par l’esprit de groupe animant le spectacle, avec les rapports hommes-femmes mis en évidence.

La pièce commence d’ailleurs par un duo qui ne laisse rien présager de la suite, mais dans lequel la gestuelle lente semble puiser directement sa source dans la complémentarité entre masculin et féminin. C’est juste avant que le spectacle explose dans les rythmes, les éclairages multiples (signés par le chorégraphe lui-même), les figures, à deux, trois, cinq, dix interprètes, mais surtout plusieurs impressionnants tuttis, placés au poil près, dans des déploiements parfaitement synchronisés.

Au milieu de toute cette activité ressortent plusieurs images inspirant l’harmonie entre Elle et Lui, par exemple lorsque c’est madame qui soulève monsieur, ou lorsqu’ils se retrouvent imbriqués par-dessus, par-dessous, par « en dedans »… Le summum sera toutefois atteint vers la fin où, cédant à des cris primaires, hommes et femmes se mettent à battre la mesure les uns pour les autres à tour de rôle.

Soirée musicale

En deuxième partie, le public a eu droit à Soul, un duo enflammé signé Andonis Foniadakis, livré par Andrew Mikhail et Saskya Pauzé-Bégin, qui ont tout donné dans cette prestation dont émanait l’incandescence, la douleur et même l’exaspération de l’amour-passion. Sous des projecteurs pendant du plafond, les danseurs n’ont presque eu qu’à se laisser porter par l’interprétation brûlante de Ball and Chain de Janis Joplin par Angel Forrest.

Cette soirée somme toute très musicale se terminera d’ailleurs sur les mambos et autres musique latines très rétro d’O balcao de amor, chorégraphie également créée par Itzik Galili et inspirée par les Caraïbes. 

On n’était plus tant dans la performance que dans le théâtre, le burlesque, la folie, la nostalgie d’une vie latine évanouie, avec force costumes d’époque et une gestuelle amusante, autour d’un personnage (Jeremy Coachman) rappelant un acteur de film muet, bretelles, nœud papillon et grosses lunettes à l’appui. Le clou de la pièce sera un duo où tout ce qu’il y a de plus grotesque et de plus tendre sera dansé.

Arts

Deux premiers livres d'un coup pour Jérémy Parent

Écrire était un vieux rêve pour Jérémy Parent, qui, fidèle à lui-même, a décidé de ne pas se contenter de rêver et de se mettre sérieusement à l’écriture. Il lancera bientôt deux livres, le premier racontant son parcours de vie et le second destinés aux jeunes lecteurs.

« L’écriture est un rêve datant de ma préadolescence. Dans ma famille du côté de ma mère, le quotidien était, disons... plutôt animé. Je ne trouvais pas ça plaisant et j’ai eu le goût de le dénoncer en publiant. J’avais une douzaine d’années à l’époque », confie Jérémy Parent.

Dans son livre Sortir de l’ombre et briller, l’auteur consacre quelques pages à certaines difficultés vécues alors qu’il était enfant. Mais il braque principalement les projecteurs sur des passages de sa vie qui ont été plus stimulants ou simplement plus agréables.

« Je me suis rendu compte, à un moment, que ce n’est pas parce que des gens n’étaient pas très lumineux autour de moi que je devais faire pareil. Finalement, j’ai grandi en me disant que je voulais créer du beau et de la magie », raconte Jérémy Parent.

Au cours de sa vie professionnelle, Jérémy a œuvré dans plusieurs domaines d’activité. Il a occupé des postes de direction dans différents secteurs, mais il a également travaillé en usine et en télémarketing. Il a même déjà exploité une maison d’édition avec son cousin Emmanuel Labbé.

Depuis son arrivée dans la région de Magog, il a notamment dirigé la Chambre de commerce et d’industrie Magog-Orford et la Fête des vendanges Magog-Orford. Il est présentement à l’emploi de l’entreprise Bleu Lavande. 

Un livre pour enfants

Le livre pour enfants commis par Jérémy Parent s’intitule quant à lui La petite étoile et le phare endormi. Il raconte la rencontre entre un gardien de phare et quatre bambins. Les illustrations sont signées par Emmanuel Labbé. Le lancement de ce second bouquin s’effectue simultanément avec celui de Sortir de l’ombre et briller.

« Avec un organisme du milieu, j’ai commencé à lire pour des enfants dans une école en secteur défavorisé. Cette expérience m’a amené à vivre des choses particulières, comme chanter et mimer une histoire devant des élèves, et à découvrir la littérature jeunesse. Ça m’a ouvert de nouvelles portes. »

Jérémy Parent ajoute qu’un séjour à l’île Verte l’a incité à élaborer une histoire dans laquelle un gardien de phare jouerait un rôle central. Située dans le fleuve Saint-Laurent, cette île est justement bordée de plusieurs phares.

Quoi qu’il en soit, l’écriture de ce premier livre pour enfants a été tellement concluante pour le nouvel auteur que celui-ci a décidé d’en commettre un second. Le processus d’écriture est même déjà commencé.

Jérémy Parent a l’intention de publier d’autres bouquins pour le lectorat adulte au cours des années à venir. Il désire ainsi permettre à des « gens inspirants » d’un peu partout au Québec de se dévoiler comme il l’a lui-même fait dans Sortir de l’ombre et briller.

Arts

Un deuxième polar d'André Jacques couronné meilleur au Québec

L’auteur sherbrookois André Jacques a remporté pour une deuxième fois en carrière le prix Saint-Pacôme, un prix récompensant le meilleur de la littérature policière québécoise. Alors que son œuvre La bataille de Pavie avait récolté ce même prix en 2016, c’est son nouveau volume Ces femmes aux yeux cernés (Druide), dans lequel évolue toujours son fidèle personnage Alexandre Jobin, qui a raflé l’honneur samedi soir.

« Je ne croyais pas le remporter une deuxième fois! On travaille toujours un peu dans l’ombre, on n’a pas beaucoup de réactions de nos lecteurs. Quand on a une reconnaissance comme ça qui vient d’un jury qui en lit beaucoup et qui connaît ça, c’est très touchant », partage l’auteur en entrevue avec La Tribune avant de qualifier ce prix « d’Oscar du roman policier ». 

André Jacques rivalisait avec François Lévesque pour Neiges rouges (Alire) et Johanne Seymour pour Rinzen — La beauté intérieure (Libre Expression) pour ce prix auquel est rattachée une bourse de 3500 $. 

« Quand on a l’honneur d’être lauréat de ce prix-là, on ne change pas de vie, on ne change pas d’auto la semaine suivante.... Mais la visibilité, pour nous, ce n’est pas quelque chose de très durable. On n’est pas longtemps la saveur du mois. Alors ce prix-là donne une espèce de renaissance au roman. La grande majorité des amateurs de polar lisent des romans étrangers. Chaque fois qu’il y a une occasion pour que le roman policier québécois soit à l’honneur et soit sous les projecteurs, c’est formidable. Pas seulement pour moi, pour tout le milieu et tous les auteurs du domaine », se réjouit le romancier, qui sera d’ailleurs au Salon du livre de l’Estrie pour présenter ses œuvres, du 17 au 20 octobre. 

Selon son président Richard Migneault, le jury de l’événement porté par la Société du roman policier de Saint-Pacôme aurait été séduit par qualités littéraires de l’ouvrage, par la complexité de l’enquête et par la profondeur des personnages. « Ce roman nous révèle une maîtrise assurée du récit, une mise en place sans faille du suspense et des personnages récurrents qui se complexifient à chaque roman, poursuit M. Migneault. André Jacques nous plonge dans le milieu de l’art et de ses travers, tout en nous charmant par la qualité de sa langue et la justesse de son style. »

« Je crois que ce qui est différent, c’est que le personnage principal n’est pas un policier traditionnel, commente André Jacques. C’est un antiquaire qui a une formation militaire. Il arrive toujours quelque chose qui le plonge dans une situation qu’il n’a pas nécessairement voulue, une situation un peu atypique. Je pense aussi que je fais beaucoup voyager mes lecteurs. Chaque roman ou presque commence à Montréal, mais ensuite, l’antiquaire est amené à se déplacer ailleurs. Cette fois, c’était à Barcelone et à Paris. » 

À double tranchant, cet honneur le pousse à se dépasser encore, exprime-t-il. « C’est un honneur, mais on a aussi le devoir de continuer à travailler à ce niveau. C’est important de garder le même calibre », lance-t-il, confirmant la venue d’un septième tome à sa série. 

Livres

Michèle Plomer : Terre polaire, mère solaire

La mère de l’écrivaine Michèle Plomer avait 70 ans lorsqu’elle a mis le cap vers l’étoile polaire. À l’âge où d’autres ralentissent la cadence et embrassent le bowling ou le backgammon, Monique n’avait pas d’appétit pour ce quotidien-là. Elle a cassé retraite pour filer vers un horizon neuf fait de glace et d’aurores boréales. Là, dans le Grand Nord, sous le ciel arctique de Puvirnituq et avec son petit chien Oscar comme compagnon de route, elle s’est naturellement glissée dans un poste de cadre à la Protection de la jeunesse.

Pareil virage nordique donne la mesure du tempérament de la Magogoise. 

« Depuis que je suis toute petite, je sais que ma mère est un personnage de roman. Dans ma famille, les femmes Leblanc, ce sont des raconteuses, des Acadiennes qui ont le sens de la mythologie de leur propre vie. Ma mère est la plus marginale de toutes. Elle était au cœur des histoires les plus drôles et dysfonctionnelles que racontaient mes tantes », résume Michèle Plomer.

Dans le combiné, sa voix est solaire et sa parole, imagée. Septembre s’éteint, c’est le dernier jour du mois. L’écrivaine d’Eastman se trouve à Montréal pour quelques jours, dans le même décor métropolitain qui a vu naître la première ébauche du roman Habiller le cœur, qui sera en librairie le 10 octobre. Un titre joli comme tout pour une histoire qui loge justement tout près du cœur. 

Après un grand cycle à raconter la Chine qu’elle a connue de l’intérieur, la manieuse de mots avait envie d’explorer un blanc territoire, de tremper sa plume dans la neige et le vécu de sa mère. 

« Il y a beaucoup de vrai dans les pages. C’est collé sur la réalité, bien que ce soit une notion élastique. C’est la peintre Georgia O’Keeffe qui disait que rien n’est moins réaliste que la réalité. Parce qu’on choisit ce qu’on met en vitrine, on sculpte son sujet. »

Le sujet, ici, c’est Monique. Une force de la nature qui n’a jamais craint de sortir du moule. Et qui n’a pas eu peur, non plus, de remonter le fil de sa mémoire pour raconter à sa fille la vie d’avant sa naissance. Ses jeunes années à Cartierville, son travail de sténographe, les soirées dans les clubs de jazz du Golden Square Mile, sa rencontre avec le beau Geoff Plomer. Entre autres.

« Elle a été vraiment généreuse, car c’était parfois bouleversant pour elle de retourner marcher dans son passé. Je trouve que ma mère a mené une vie héroïque et j’avais besoin de ce relief pour montrer ce qu’elle a accompli, le chemin qu’elle a parcouru. » 

Livres

Marie Laberge : la grande traversée de l'existence

Les auteurs sont des créatures fascinantes, dont la sensibilité capte le monde ambiant pour nous le restituer dans une nouvelle forme. «Presque tous mes romans se basent sur une sorte de question qui surgit, de l’actualité probablement, mais je ne sais pas toujours laquelle, je n’en garde pas la trace», opine Marie Laberge.

Son dernier roman, Traverser la nuit, est paru cette semaine. Il suit le destin d’Emmy, une femme à la vie difficile, abandonnée à la naissance dans un pensionnat dont elle découvrira plus tard qu’il appartenait au réseau des pensionnats autochtones. C’est à cet endroit qu’elle nouera une amitié fulgurante avec Maikaniss, une jeune innue arrachée à sa famille, dont le destin tragique rejoint, dans une étonnante synchronicité, celui des 2800 enfants autochtones décédés dans les pensionnats dont les noms ont été dévoilés cette semaine même par le Centre national pour la vérité et la réconciliation. 

Emmy n’est pas autochtone, elle est simplement dépossédée et déshéritée dès sa naissance d’une mère alcoolique et d’un père anonyme. Au moment de faire l’entrevue avec Marie Laberge, la longue liste d’enfants décédés dans les pensionnats n’avait pas encore été dévoilée. De toute façon, là comme pour le destin complet de ses personnages, Marie Laberge ne décide pas grand-chose : ce sont eux qui s’imposent. «Emmy aurait pu peut-être tomber dans une autre sorte d’orphelinat, mais c’est là qu’elle est tombée», explique-t-elle. 

Et c’est dans cette amitié, où Emmy protège Maikaniss, plus vieille mais plus frêle qu’elle, qu’est semé ce qui permettra au personnage de Traverser la nuit de survivre toutes ces années, sans trop le savoir. «Quand elle la prend dans ses bras parce qu’elle a froid, la petite, c’est elle-même qu’elle réchauffe et c’est dans ce geste-là que toutes les générosités de sa vie vont naître. Ça n’en prend pas tant que ça, de l’amour, pour le connaître et le cultiver», reprend Marie Laberge.

Ceux qu'on ne regarde jamais

Quand on rencontre Emmy Lee, en début de roman, c’est une femme de 50 ans, usée par une vie d’abus, où elle a survécu en s’entourant d’une imposante barricade émotionnelle. Elle quitte son conjoint sur un coup de tête, et s’enfuit à Joliette, où elle essaie de trouver une certaine quiétude. «Il y a des gens qu’on ne regarde jamais, dont on ne tient jamais compte. Des gens qui ne sont rien aux yeux des autres, raconte Marie Laberge. Le personnage d’Emmy m’a beaucoup étonnée. Elle a commencé à me hanter, je la voyais et je ne comprenais pas pourquoi elle était si déshéritée, comment elle pouvait avoir été autant privée de l’essentiel et ne jamais réclamer, ne jamais taper du pied, ne jamais chialer, dans une époque où tout le monde s’empresse de le faire.»

Au fil des pages, l’écrivaine tisse une délicate toile intimiste dans la mémoire d’Emmy, où s’impose d’abord le personnage de Jacky, une vieille femme opiniâtre au corps affaibli dont elle avait soin comme préposée aux bénéficiaires. Sans savoir pourquoi, Emmy s’attache à l’aînée révoltée et se met à noter dans un cahier différentes phrases lancées par Jacky et qu’elle veut méditer, comprendre. «Jacky, c’est une femme qui n’a plus de forces, mais qui intellectuellement est très solide. Et qui, dans ses émotions et dans son cœur, est très généreuse encore. Elle sait qu’elle s’en va, elle ne nie rien. C’est une femme d’une grande intégrité, d’une grande authenticité», raconte Marie Laberge. 

À travers cette relation s’infiltre aussi une certaine réflexion sur la vieillesse et le traitement réservé aux aînés. «Oui, j’ai des préoccupations par rapport à ça, mais ça ne vient pas du fait que je prends de l’âge. Ce n’est pas une angoisse privée, c’est une angoisse sociale et citoyenne, nuance Marie Laberge. J’ai toujours eu dans mes préoccupations personnelles de voir ce qu’on fait de nos enfants et de nos aînés. Pour moi, ce sont les deux franges fragiles de nos sociétés, et ça fait un portrait de qui nous sommes, de nos valeurs. Or, présentement, la façon dont on traite nos aînés, et l’espèce de rejet qu’on a de toute forme apparente d’âge, je trouve que c’est inquiétant», lance l’écrivaine. 

Le destin d’Emmy croisera aussi celui de Raymonde Pépin, qui loue des chambres dans sa grande maison, et qui aidera à sa façon toute particulière la cinquantenaire à se réapproprier sa vie. «Dans notre société, on pense que les gens ne changent jamais. Je pense que ça prend beaucoup de souffrance pour changer, mais ça arrive. Il y a des miracles et Emmy, pour moi, c’est un miracle pour l’espoir», affirme Marie Laberge.

Arts et spectacles

Chanson de circonstance

L’écrivain Alexandre Poulin Une lumière allumée (2010)

Alexandre Poulin a raconté quelques fois cette histoire datant de son ancienne vie, quand il était enseignant. Avant de se consacrer à la musique, le chanteur, alors professeur au secondaire, avait triché en donnant, sans le dire, la note de passage à un élève qui venait d’échouer à son examen de français, parce que ce jeune plein de talents était bouleversé par la séparation de ses parents. C’est lorsque ce même jeune, le jour où il obtenu sa maîtrise, lui a écrit pour le remercier qu’Alexandre Poulin a griffonné sa chanson L’écrivain, dans laquelle un adolescent se fait offrir un crayon supposément magique par un professeur souhaitant lui donner confiance en lui-même. Un texte à écouter en cette Journée mondiale des enseignants, proclamée par l’UNESCO il y a 25 ans cette année, pour rendre hommage à tous les membres de cette profession qui tentent de faire une différence en aidant nos jeunes à trouver leur voie.

Arts visuels

À la découverte des ponts couverts

Les ponts couverts figurent certainement parmi les infrastructures les plus intéressantes, sur le plan patrimonial, qui ont été léguées à la région par les générations passées. Permettre la découverte de ces ouvrages à travers la lentille de photographes qui ont croqué l’Estrie sous différents angles, à une autre époque, apparaît donc d’emblée comme une idée prometteuse.

Dans le cadre de l’événement Objectif Photo Cantons-de-l’Est, le Musée Colby-Curtis présente donc une exposition de photographies intitulée Traverser les rivières. Plusieurs photos et cartes postales datant d’une autre époque ont été rassemblées pour l’occasion.

Livres

Quand les hommes s’en mêlent

La Danvilloise d’origine Amélie Dubois a ressorti sa plume pour écrire la suite des aventures des trois héroïnes de sa série « Ce qui se passe à... ». Après Québec, le Mexique et Cuba, l’auteure a donc visité la Sin City pour ce quatrième tome. Les immanquables souvenirs à demi oubliés à cause des coquetels et les fameuses machines à sous sont assurément au menu.

Vicky, Caroline et Katia s’envolent donc pour le Nevada, accompagnées pour une première fois de leurs conjoints respectifs. Les trois enseignantes visiteront les nombreuses attractions que l’endroit propose. Après un séjour harmonieux, les couples se séparent la veille de leur départ pour le Québec, afin de célébrer l’enterrement de vie de célibataire de l’un des couples. Mais alors que les filles rentrent en catimini au petit matin, elles découvrent leurs conjoints dans une scène qui présage l’infidélité. Bien que toutes trois ne soient pas des saintes de leur côté, l’un des clans devra céder et révéler la vérité. Tout au long de l’œuvre, plusieurs retours dans le temps dévoilent ce qui s’est réellement produit.

Danse

Série danse 2019-2020 du CCUS : des liens solidifiés

Le temps est bon pour la danse à Sherbrooke depuis trois ans. Même si, en ce qui concerne la quantité de spectacles, l’offre en région n’a pas regagné le terrain perdu depuis la fermeture du Théâtre Centennial comme diffuseur en 2016, la série Danse, rattrapée au vol par le Centre culturel de l’Université de Sherbrooke (CCUS) connaît une popularité qui ne se dément pas.

« Nous avons triplé le nombre d’abonnés depuis le début et nous n’avons jamais moins de 600, 700 personnes à chaque spectacle », rapporte, emballée, Anne-Sophie Laplante, celle qui a repris le collier du développement de cet art de la scène au CCUS, soulignant toutefois que ce succès a aussi été rendu possible grâce à un important investissement financier et vigoureux du CCUS.

Arts

Les Cowboys sombres et givrés

D’un côté, le nouvel album des Cowboys Fringants, Les Antipodes, brosse le portrait d’une société conformiste, consumériste, où le sentiment d’aliénation provoque autant de dégâts que le racisme et l’aveuglement volontaire face aux changements climatiques. À l’opposé, le groupe donne libre cours à ses penchants comiques. Il s’amuse aux dépens d’un village égaré dans les replis du Québec profond, d’un incorrigible boit-sans-soif et d’un gars de 36 ans qui vit toujours chez ses parents.

C’est comme s’il y avait une face A et une face B, comme au temps du vinyle, une impression confirmée par le bassiste Jérôme Dupras plus tôt cette semaine, au cours d’une entrevue accordée au Progrès. « Il y a des chansons légères et d’autres plus dures. On aime rire et poser un regard sur la société, fait-il observer. En même temps, Les Antipodes réfère aux discours qui tendent à se polariser, de nos jours. La droite d’un bord ; la gauche de l’autre. »

Arts et spectacles

Bellflower : de l’utilité des incendies

Pour le troisième opus de Bellflower, Em Pompa (Émilie pour les intimes) avait envie d’emmener sa bande plus loin. Vraiment plus loin. Au point que, pour l’enregistrement du disque, elle a fait passer son octuor à quinze musiciens.

Le résultat s’intitule Upside Down et offre une pop orchestrale où se mélangent également jazz, électro et musique progressive, avec un côté très cinématographique. Un buffet garni sonore, rendu possible grâce à l’ajout d’un quatuor à cordes et de trois cuivres supplémentaires, le tout sur des histoires de renaissances, de renouvellements, de crises menant au changement.

Musique

Céline Dion forcée d'annuler deux autres spectacles à Montréal

MONTRÉAL — Céline Dion se voit forcée de reporter deux autres spectacles prévus à Montréal vendredi et samedi.

Dans une vidéo publiée sur Facebook jeudi après-midi, la chanteuse a tenu à présenter ses excuses à ceux qui prévoyaient aller la voir au Centre Bell.

La diva québécoise avait déjà annulé quatre des six spectacles prévus dans la métropole en raison de problèmes à la gorge, mais les concerts des 4 et 5 octobre étaient demeurés à l'horaire jusqu'à l'annonce de jeudi.

Ces deux spectacles sont remis aux 18 et 19 février 2020.

Les concerts qui devaient avoir lieu les 26, 27 et 30 septembre, ainsi que le 1er octobre, sont quant à eux reportés aux 18, 19, 21 et 22 novembre.

Les billets pour les dates originales seront honorés lors des dates de reprises.

«Pour moi, c'est beaucoup plus difficile de canceller un spectacle que d'en faire un. Je suis désolée de vous décevoir», indique la chanteuse dans la vidéo publiée sur Facebook.

«C'est difficile d'être ici et d'attendre que la guérison se fasse. C'est pénible, parce que j'ai l'impression de vous laisser tomber. Et je sais que c'est grâce à vous que je peux faire ce que j'aime, que je peux chanter.»

La tournée mondiale «Courage» devrait reprendre à Ottawa, au Centre Canadian Tire, le mardi 15 octobre.

Arts et spectacles

Des aînés font ça court

À l’occasion du projet Géri-Art, plusieurs aînés du Château du Bel-Âge de Windsor ont réalisé un court-métrage intitulé Jamais trop tard pour se marier. Et ce ne sont pas les quelques défis de tournage ni l’âge qui les ont empêchés de créer l’œuvre dans son ensemble, de la rédaction du scénario jusqu’au montage.

L’organisme à but non lucratif Le vent dans les arts n’a fait qu’assister les participants. Rappelons que le projet Géri-Art a pour but de favoriser la créativité chez les personnes âgées. « Il ne faut pas qu’ils soient toujours dans la peau du spectateur passif, mais plutôt celle d’un artiste en devenir. Pour certains, c’est l’occasion de redécouvrir l’artiste en eux. On veut leur montrer qu’ils sont encore capables de créer, malgré leur âge avancé », souligne Sarah Touchette, directrice générale du Vent dans les arts.

Arts et spectacles

Deux artisanes du film Kuessipan à Sherbrooke [VIDÉO]

La réalisatrice Myriam Verreault et la jeune actrice Sharon Fontaine-Ishpatao étaient en visite à Sherbrooke mercredi pour parler du film Kuessipan, qui prend l’affiche des cinémas le 4 octobre et qui a été entièrement tourné dans des communautés innues de la Côte-Nord, près de Sept-Îles.

Le long métrage, dont le titre signifie « à ton tour », raconte l’histoire de deux adolescentes des réserves Uashat Mak Mani-Utenam, amies depuis l’enfance, mais séparées de plus en plus par des aspirations différentes, Mikuan, le personnage de Sharon Fontaine-Ishpatao, souhaitant étudier les lettres à Québec. La majorité des personnages sont joués par des non-acteurs, membres de la communauté innue.

Télé et radio

Un procès devant juge et jury pour Salvail

Éric Salvail a été cité à procès et reviendra devant la Cour le 4 novembre prochain pour la suite des procédures.

L’enquête préliminaire de l’animateur et producteur déchu, pour laquelle on avait prévu trois jours, s’est finalement conclue beaucoup plus rapidement mardi matin au centre judiciaire Gouin.

Après un peu moins d’une journée et demie d’audiences, le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec a estimé que les témoignages entendus justifiaient la tenue d’un procès pour Éric Salvail, qui est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration.

Quatre témoins, deux hommes et deux femmes dont l’identité et les témoignages ne peuvent être dévoilés en raison d’une ordonnance de non-publication, ont été entendus pour conclure la procédure, des témoins qui avaient été appelés par la défense et que la Couronne n’a pas interrogés.

Les gestes reprochés à la vedette de 50 ans se seraient produits en 1993.

La présumée victime, Donald Duguay, aujourd’hui âgé de 46 ans, avait témoigné la veille pour raconter les circonstances des événements, circonstances qui ne peuvent être rapportées non plus pour l’instant, mais qui deviendront publiques au fur et à mesure que les témoignages seront entendus en cours de procès.

L’identité de la victime, elle, a pu être rendue publique à la demande de M. Duguay, qui a dit vouloir témoigner à visage découvert.

Éric Salvail a demandé à subir un procès devant juge et jury.

Arts et spectacles

Un pont entre science et art

Dans sa démarche d’artiste, Herman Kolgen s’intéresse au territoire, à sa façon dont il nous influence, mais plus particulièrement à ses éléments invisibles, comme le vent, la poussière, les fréquences terrestres. Et pour rendre ces éléments tangibles dans ses créations, il a eu besoin de la science.

L’installation d’art médiatique ISOTOPP, sise cet automne à la Galerie d’art du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, n’a donc pas été motivée par le désir de faire un pont entre les arts et la science (même si telle en est l’heureuse conséquence), mais plutôt par une tentative de rendre apparent un autre phénomène naturel invisible : la radioactivité. Avec son dispositif, Herman Kolgen réussit à transformer en sculpture de son et de lumière la radioactivité présente au GANIL, le Grand Accélérateur national d’ions lourds, à Caen, en France.

Arts et spectacles

Foire Marquette : fête du faire soi-même

Avec cette idée de convertir les citoyens en créateurs, la coopérative La Fabrique propose samedi la Foire Marquette, nouvelle mouture du Mini Maker Faire, qui a déjà connu deux éditions en 2016 et 2017.

« On a renommé la journée d’activités, qu’on oriente cette année vers l’artisanat, l’art, le savoir-faire, la professionnalisation du métier d’artiste », explique la coordonnatrice de l’événement, Arianne Arshinoff Foss

Estrie

Un lipdub pour attirer l’attention du ministre [VIDÉO]

La relation précieuse que partage l’ensemble du village de Compton avec son école et ses 228 élèves est mise en lumière dans un lipdub réalisé à l’intention de Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, dans l’espoir de faire accepter le projet d’agrandissement de l’école Louis-Saint-Laurent.

Il n’y a pas que les élèves de l’école Louis-Saint-Laurent qui se sont déhanchés pour réaliser le lipdub destiné à attirer l’attention du ministre de l’Éducation. Toute la communauté, des travailleurs de la voirie aux membres du conseil municipal, ont dansé au son de la chanson Toi + moi de Grégoire Boissenot.

«On a voulu démontrer que nos enfants sont bien ici à Compton, ils ont besoin de leur communauté pour continuer à évoluer, explique Lyne Labrie, membre du comité du lipdub. La communauté a besoin d’eux aussi, c’est vraiment une communion. C’est d’ailleurs un de nos meilleurs attraits pour les gens qui viennent s’installer ici.»

Rappelons que depuis 2015, l’école Louis-Saint-Laurent peine à combler aux besoins de la communauté grandissante. L’idée d’envoyer des élèves à Coaticook a été étudiée puis abandonnée, au grand plaisir des parents dont les enfants auraient pu être touchés. Un projet d’agrandissement a finalement été déposé au ministère de l’Éducation en 2018.

«Notre demande d’agrandissement est déposée depuis un certain temps, on devrait avoir la réponse en octobre, enchaine-t-elle. Le nouveau pavillon de trois locaux situé de l’autre côté de la rue aide grandement la situation en attendant l’agrandissement, mais cela vient avec ses désagréments. L’hiver, les jeunes doivent s’habiller et de déshabiller deux fois seulement que pour venir diner à la cafétéria, c’est du temps d’étude qu’ils pourraient avoir. On a besoin de ces quatre nouveaux locaux.»

Une richesse inestimable

Si ce n’était pas de la présence et de la qualité de l’école Louis-Saint-Laurent, Émélie Beaulieu ne serait probablement pas venue s’installer à Compton. Le dynamisme du village, qui l’a charmée, se retrouve en grande partie dans son institution d’enseignement.

«Quand on a demandé à Mme Hébert ce que l’on pouvait faire pour attirer de l’attention à notre cause, elle nous a dit de faire parler de Compton, raconte la mère de quatre enfants qui fréquente l’école. Sans instrumentaliser nos enfants, on a démontré avec un lipdub l’importance pour eux de pouvoir grandir ici dans leur communauté. On voit bien tout ce qu’ils apportent en retour à tous.»

«Compton, c’est plus qu’un village, c’est une communauté, observe-t-elle. Cette communauté est en lien direct avec son école, donc quand il a été question que nos enfants aillent ailleurs, ça ne marchait pas. Le cœur d’un village est son école, c’est ce qui fait grandir nos enfants.»

La députée de Saint-François, Geneviève Hébert, qui était sur place pour le lancement du lipdub, affirme faire tout son possible pour attirer l’attention de son collègue au dossier de l’agrandissement de l’école.

«On se croise les doigts, j’espère sincèrement que le projet va être accepté le plus tôt possible et qu’il sera concrétisé, confie la députée. Ça chemine bien pour le moment. Avec cette belle vidéo, Compton a un très bel argument en sa faveur.»

Télé et radio

Francine Ruel: un récit bouleversant à «TLMEP»

CHRONIQUE / Savoir son fils dans la rue. Ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis six mois. Se sentir totalement impuissante. Espérer qu'au moins, il mange. On a rarement entendu un récit d'une telle intensité sur le plateau de «Tout le monde en parle» que celui de Francine Ruel, dont le fils vit dans la rue, et dont elle tente de faire le deuil, comme si c'était possible. C'est pour lui qu'elle a écrit le roman «Anna et l'enfant-vieillard». «Pour qu'il voit à quel point c'est un être fabuleux.»

D'emblée, l'étoile du match ne peut être décernée à personne d'autre que Francine Ruel. Jamais cette mère, dont on sentait toute la douleur, n'a flanché durant l'émission. Même si elle est venue près, quand on lui a montré un extrait d'une entrevue avec son fils dans un documentaire de 1997, après la fusillade dont il avait été la cible avec sa petite amie de l'époque. «Un crime monstrueux d'une violence inouïe», avait dit le juge au terme du procès. Au contact des drogues dures, il s'est mis à vivre dans la rue, vieillissant prématurément. Non sans avoir tout fait pour l'aider, sa mère a dû se résigner à le laisser couler. «C'est comme regarder son enfant se noyer et avoir les mains nouées dans le dos», décrit-elle. «Les nuits à moins 30, je dors pas beaucoup. Où il est? Il fait quoi? Est-ce qu'il mange?» a demandé la comédienne. «Je te souhaite de recevoir son appel», a conclu un Guy A. Lepage compatissant, devant un auditoire silencieux et bouleversé.

En début d'émission, Rachid Badouri a confié avoir beaucoup changé. Il l'admet lui-même dans son nouveau spectacle Les fleurs du tapis: il a longtemps affiché l'image d'un gentleman, mais en réalité, il était un véritable «trou de cul» en privé. «Un double péteux, qui pétait de la broue et des coches», dit-il, l'expliquant entre autres par un succès trop rapide. Plusieurs signes l'ont secoué: son ex-gérant l'a filmé durant une de ses crises, Lise Dion lui a souligné ses caprices, et sa conjointe a menacé de le quitter. «C'est un miracle qu'elle soit encore là.» L'humoriste reste discret sur ses croyances religieuses parce que «ça ne regarde que moi». «J'ai pris ça très dur», dit-il au sujet de Steve Rasier, son ancien gérant et pasteur au sein de l'église Parole qui libère, qui a coupé leur association parce qu'il était au centre d'une controverse.

C'est une première dans un théâtre institutionnel au Québec: une affiche presque entièrement composée d'acteurs noirs, dans la pièce Héritage de la dramaturge Lorraine Hansberry, 60 ans après sa création.  Selon Frédéric Pierre, Mireille Métellus, Myriam De Verger et Tracy Marcelin, cela fait partie d'une conscientisation du milieu théâtral québécois, qui a commencé bien avant le scandale autour de SLAV. Au Québec depuis un demi-siècle, Mireille Métellus se souvient avoir dû commencer à jouer en anglais, à une époque où il n'y avait pas de place pour les Noirs chez les francophones. L'actrice n'a pas été insultée par le «blackface» de Justin Trudeau. «Si un Japonais veut se déguiser en Aladin, est-ce qu'on va lui dire que c'est un «blackface»? C'est un personnage qu'il a fait.» Frédéric Pierre, lui, a été beaucoup plus choqué qu'on en fasse «un combat entre Blancs» durant la campagne électorale.

Qu'on en ait plus dans nos poches: Andrew Scheer mise là-dessus pour nous convaincre de voter pour lui le 21 octobre. Dans une entrevue parfois musclée, le chef conservateur a dû affronter quelques salves de l'animateur sur certaines de ses affirmations passées. On lui a fait réentendre celle de 2005, dans laquelle il s'opposait au mariage de même sexe. «Si un de vos enfants vous apprenait qu'il est gai ou lesbienne, et qu'il veut se marier?» Réponse de M. Scheer: «Je vais toujours aimer mes enfants [...] et je vais toujours les appuyer.» Le chef conservateur avait un «scoop»: il s'engage à ce que les géants du web, notamment Netflix, paient leur juste part. Il promet aussi une plateforme chiffrant ses promesses d'éliminer le déficit sans couper «bien avant les élections». À propos du «blackface» de Justin Trudeau: «Est-ce qu'il est hypocrite? Oui. Est-ce qu'il est menteur? Oui. [...] Mais il n'est pas raciste.» Le fou du roi a sorti sa meilleure carte, désormais biodégradable, pour M. Scheer: «Le seul pipeline acceptable pour le Québec partirait d'ici et inonderait le marché canadien de sirop d'érable et de sauce à poutine.»

Entrevue sympathique avec Phillip Danault et sa conjointe Marie-Pierre Fortin. À sa quatrième saison avec le Canadien, le joueur de centre est optimiste pour l'avenir de son équipe, et insiste sur les qualités de ses recrues. Il se souvient avoir subi beaucoup de pression à son arrivée avec le Tricolore. «Tout est amplifié, tout est plus gros», dit-il au sujet du Canadien. Avec sa conjointe, qui a un peu mis une croix sur ses propres rêves pour le suivre, il a créé le Fonds Marie-Pierre et Phillip Danault, pour combattre l'intimidation et l'exclusion dans le sport.

En conclusion, la chef du Parti vert, Elizabeth May, a répété la nécessité d'éliminer notre dépendance aux énergies fossiles, en éliminant notamment tout nouveau projet d'oléoduc. Pour elle, la crise des opioïdes ne concerne pas la justice mais la santé, de là l'idée de décriminaliser toute forme de drogue. Mme May voit son candidat de Longueuil Saint-Hubert, Pierre Nantel, davantage comme un nationaliste que comme un séparatiste, malgré ses allégeances claires. «Avec du vin», elle a l'impression de mieux parler français, a blagué l'heureuse nouvelle mariée, dont le parti a le vent dans les voiles.

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