RICHARD THERRIEN

Trudeau et Chrétien chez Guy A.

BLOGUE / L'actuel premier ministre du Canada Justin Trudeau et l'ancien premier ministre Jean Chrétien, deux libéraux, seront sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche sur ICI Radio-Canada Télé. Le premier viendra bien sûr parler entre autres de la légalisation du cannabis, en vigueur aujourd'hui même, alors que le second est invité pour son nouveau livre, «Mes histoires».

Guy A. Lepage et Dany Turcotte accueillent aussi l'auteur-compositeur-interprète français Christophe Maé, pour sa série de spectacles, Denise Bombardier, pour son livre Une vie sans peur et sans regret, et Phoudsady Vanny, à l'occasion du Salon de la mort, qui se tiendra à Montréal en novembre.

Tout le monde en parle fera relâche la semaine suivante pour laisser place au 40e Gala de l'ADISQ, animé par Louis-José Houde.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Arts et spectacles

Un lien de plus entre l’OSS et le Salésien

SHERBROOKE — Trois ans après avoir élu domicile au Centre Québecor du Salésien, l’Orchestre symphonique de Sherbrooke établit un lien de plus avec l’école secondaire en venant bonifier son programme de musique.

C’était déjà dans la vision de développement du directeur général Raymond Lepage quand l’OSS a emménagé en 2015, rappelle son successeur depuis 2017 Jean-Marc Poulin.

« La réflexion qui entourait la venue de l’orchestre symphonique impliquait éventuellement un partenariat pédagogique au profit des jeunes du Salésien. On a laissé le temps à tout le monde de s’installer, maintenant on est prêt à passer à un niveau supérieur », se réjouit-il.

« En étant ensemble dans les mêmes locaux, on avait simplement une porte à ouvrir pour faire ce partenariat, a imagé le directeur général de l’OSS Nicolas Bélanger, mais en ouvrant cette simple porte, on ouvre une porte beaucoup plus grande sur la création, l’innovation et l’intérêt de la musique pour les jeunes de demain. »

Avec ce partenariat, les élèves inscrits en option musique pourront parfaire leur instrument auprès des musiciens de l’OSS, assister aux répétitions avant les concerts et voir de l’intérieur la vie d’un orchestre, de son chef et de ses musiciens, détaille-t-il, en soulignant que l’OSS est constitué de 45 musiciens professionnels permanents et de plus de 200 musiciens surnuméraires de partout au Québec.

« Par exemple, un clarinettiste pourrait venir dans ma classe pendant 30, 40, 50 minutes pour donner des trucs pour travailler la clarinette, explique Annick Sévigny, enseignante en musique et flûtiste solo de l’OSS. Pour les jeunes, ça va être extraordinaire de vivre ça. »

Développer des publics

Rappelant les nombreux mandats dévolus aux orchestres symphoniques régionaux, dont ceux de s’impliquer dans leur communauté, de participer au développement économique et de rendre la musique classique accessible au plus grand nombre, le chef et directeur artistique Stéphane Laforest voit dans ce partenariat une belle occasion de développer des publics. 

« Beaucoup de ces jeunes font de la musique à l’école et la majorité n’en fera pas une carrière, dit-il, mais c’est une culture, c’est une richesse de savoir de quoi on parle quand on écoute un concert, de connaître un peu la vie d’un compositeur ou de savoir comment ça fonctionne, un orchestre. Le fait que ces jeunes puissent venir voir ce qu’on fait à l’orchestre, c’est un bagage qu’ils vont traîner toute leur vie. Il faut former des musiciens, il faut former des publics aussi. »

L’option musique représentera pour les élèves qui y sont inscrits six périodes de 90 minutes par cycle de 20 jours, en plus des quatre périodes du cours de musique régulier et obligatoire. 

L’école privée a par ailleurs développé six autres nouvelles options d’études pour la rentrée 2019, soit Arts numériques et vidéo, Science, Citoyen de la terre, Programmation et robotique, Soccer et Basketball.

Arts et spectacles

Essaim, nouvelle création de sursaut : bourdonnante danse

SHERBROOKE — Nouveau projet créatif porté par la compagnie de danse Sursaut, Essaim mettra en vitrine les talents bourdonnants d’une belle poignée de chorégraphes. En tout, cinq créateurs se partageront tour à tour les planches dans cette neuve production qui sera présentée en novembre, au Théâtre Centennial.

Pour Francine Châteauvert, directrice artistique de l’institution sherbrookoise fondée en 1985, ce spectacle tout neuf est une façon de mettre en valeur la démarche d’autres artistes et de les soutenir dans leur processus créatif.

Télé et radio

Jugez par vous-mêmes

CHRONIQUE / Oubliez «La cour en direct» ou «L’arbitre», là, on parle de vraies causes judiciaires. Pour «Les coulisses du palais», en ondes depuis vendredi à 20h, à Canal D, les caméras entrent dans les salles de cour du palais de justice de Québec, une première puisque les procès ne sont jamais télédiffusés de ce côté-ci de l’Amérique. Et ce n’est vraiment pas banal.

On se sent donc privilégié en regardant ce docuréalité en 11 épisodes de 30 minutes, une idée originale d’Yves Thériault, dont Marie-Thérèse Fortin assure la narration. Surtout quand on est friand de fictions comme Une lutte exemplaire ou How To Get Away With Murder. Les rouages de la justice restent fascinants pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans un tribunal. À ce titre, Les coulisses du palais relève beaucoup plus de la pédagogie que du voyeurisme. On en sort vraiment moins niaiseux.

Le juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, Robert Pidgeon, est tout un personnage. Maire dès l’âge de 29 ans, le Gaspésien qui en a maintenant 73 est attachant, et sa passion pour la justice se voit et s’entend. Par lui, et par la plupart des personnages de la série, la justice s’humanise. Les juges ne sont pas des robots, et ce n’est pas une mauvaise chose qu’on nous le rappelle. Tout sympathique soit-il, même le juge Pidgeon peut s’impatienter et rabrouer des avocats retardataires ou qui lui font perdre son temps.

Au neuvième épisode, le meilleur des trois que j’ai vus, on étudie le cas de Julie (nom fictif), qui accuse son oncle de l’avoir agressée de 5 à 11 ans. Sa sœur et sa mère ont aussi porté plainte. Julie témoigne par visioconférence pour ne pas être en contact avec l’accusé, assis librement dans la salle d’audience, et qui nie tout d’un bloc. Évidemment, le témoignage de la présumée victime est difficile à entendre. Le tribunal a besoin d’entendre chaque détail, le plus sordide soit-il, de chaque événement. L’avocat de la défense, Rénald Beaudry, doit trouver la faille dans le témoignage de la jeune femme pour défendre son client. Toujours ardu pour nous de comprendre quelles motivations, autres que pécuniaires, peuvent pousser un avocat à vouloir défendre un présumé pédophile. «J’ai moi-même des filles, mais j’ai un travail à faire», plaide-t-il à la caméra. On le verra peser les pour et les contre à faire témoigner son client.

La juge Johanne Roy admet être épuisée au sortir de la salle d’audience. De telles charges émotives drainent votre énergie. Et le juge se doit de faire preuve d’impartialité, laisser ses préjugés au vestiaire, un travail de chaque instant. Juste avant le générique, on annonce que la juge révélera son verdict au prochain épisode. Croyez-moi, vous aurez envie de regarder le suivant.

Au fil des épisodes, vous comprendrez mieux la composition d’un jury, les enquêtes sur la mise en liberté, les séances de conciliation. Les juges et les avocats ne sont pas les seules vedettes de la série, on y rencontre aussi Jean Bujold, retraité friand de procès, un habitué des couloirs du palais, et ma collègue Isabelle Mathieu, journaliste judiciaire au Soleil, que je suis tout aussi curieux que vous de voir à l’œuvre.

***

WAUTHIER SUREXPOSÉ? 

L’annonce du nouveau talk-show quotidien de Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé au printemps prochain a suscité bien des réactions la semaine dernière; plusieurs ont parlé de surexposition. Sachez que l’animateur devra renoncer à l’un ou l’autre de ses nombreux engagements, et qu’il ne reviendra probablement pas à l’animation des Dieux de la danse l’année prochaine. Pour les Gémeaux, et pour La soirée est (encore) jeune sur ICI Radio-Canada Première, rien n’est encore confirmé. Une chose est sûre: le diffuseur souhaite que l’animateur se consacre principalement à ce nouveau talk-show, qui l’occupera d’avril à septembre. À suivre.

***

DUO ÉBLOUISSANT À RÉVOLUTION

Avez-vous vu William et Laura, le duo de danse contemporaine à Révolution? C’est mon coup de cœur depuis le début de la saison de cette émission qui ne cesse de nous éblouir. Le rendez-vous de TVA est d’ailleurs l’émission la plus regardée le dimanche avec 1131 000 fidèles, contre 925 000 à Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé. Occupation double Grèce fait belle figure à V avec ses 603 000 irréductibles à 18h30 et 144000 à 21h.

Télé et radio

TLMEP: malaise ou provocation?

CHRONIQUE / On peut parler d’une émission en montagnes russes, dimanche, à «Tout le monde en parle». Une soirée où la détresse psychologique s’est invitée d’heureuse et constructive façon, mais aussi pour créer un moment de malaise inattendu.

Beau témoignage de Michel Courtemanche, qui se souvient du 17 juillet 1997 comme de la pire journée de sa vie. Ce soir-là, il a été incapable de terminer son spectacle improvisé Chaos, auquel assistaient entre autres des producteurs torontois. C'était «d'la bouette, d'la vieille soupe», affirme l'humoriste, qui voulait à l'époque faire un show «plus drôle que Jean-Marc Parent», des propos prétentieux qu'il regrette aujourd'hui. C'est entre autres parce qu'il n'avait pas pris ses médicaments avant le spectacle que la panique s'est emparée de lui, au point de lui faire quitter la scène.

Dans sa bio, il reproche à son ancien gérant François Rozon d'avoir pris la moitié de ses cachets durant 20 ans. Marie-Lise Pilote a affirmé qu'il avait été exploité par Juste pour rire et acheté avec des cadeaux lorsqu'il se trouvait seul en Europe. Quand l'humoriste exprimait le désir de lâcher, on lui faisait comprendre qu'il le regretterait et qu'il serait trop tard. Selon le livre, l'humoriste n'aurait pas souhaité que Rozon puisse donner sa version des faits, ce qu'il semblait nier dimanche. «Mais je connais François et j'ai l'impression que ce serait quelque chose qui se retournerait contre moi», a-t-il dit.

En milieu de soirée, François Rozon a réagi par voie de communiqué (texte intégral plus bas), parlant de propos «sans fondement et blessants pour moi, ma famille et mon équipe». Affirmant que les souvenirs de son ancien complice étaient erronés, il ajoute avoir voulu l'aider du mieux qu'il le pouvait. «Loin d'une relation typique de gérance d'artiste, nous avons même été partenaires égaux dans des co-entreprises. Chacun de nos contrats a été conclu en bonne et due forme et respecté fidèlement. Nous en avons bénéficié tous les deux à travers les succès et assumé les responsabilités des projets qui n’ont pas fonctionné.» Et il conclut : «Michel Courtemanche est un grand. J'espère de tout cœur que les plus jeunes auront à leur tour le privilège de découvrir son immense talent.»

Très intéressants échanges sur les changements climatiques avec trois spécialistes convaincus. Pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ils s'entendent pour dire qu'on devrait abandonner la voiture, ou du moins la remplacer par une électrique. Au sujet des climatosceptiques, la spécialiste en simulations et analyses climatiques chez Ouranos, Dominique Paquin, attribue en partie leur existence à l'ignorance de bonne foi, alors que le responsable de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace Canada, Patrick Bonin, affirme que les lobbies des pétrolières ont beaucoup d'influence, mais que les climatosceptiques sont moins nombreux qu'avant. Mme Paquin affirme que si on ne fait rien, le Québec de 2050 pourrait voir disparaître ses patinoires extérieures, recevoir des averses plus intenses, vivre des sécheresses et voir disparaître les glaces dans le Saint-Laurent. Patrick Bonin déplore que les gouvernements n'aient presque rien fait depuis 15 ans et réclame qu'ils cessent de subventionner les compagnies pétrolières.

Un peu mitigé sur le passage d'Hubert Lenoir, qui arborait un cœur noir au visage et un gilet portant l'inscription «Chaos». L'artiste était particulièrement difficile à saisir dimanche. On connaît le personnage, on l'adore pour ce qu'il est, mais il paraissait tourmenté. Au point de dire : «J'ai un peu le goût de me crisser en feu ces temps-ci.» Une affirmation qui a laissé l'assistance médusée, alors qu'on venait de parler de détresse psychologique avec Michel Courtemanche, et fait dire à Dany Turcotte : «On dit pas des affaires de même.» Provocation ou réelle détresse? Difficile à dire. Chose certaine, ces propos ne devraient jamais être pris à la légère. Guy A. a bien fait de se montrer bienveillant.

Son album est un chef d'oeuvre, selon ses propres dires. Quand on le compare à David Bowie, il répond : «je veux être comparé à des grands comme Rihanna, Beyoncé et Kendrick Lamar». On est revenu sur son apparition remarquée à La voix, alors qu'il arborait sur une fesse une fleur de lys qui éjacule. Il était sur le trône quand il a lu les réactions négatives sur les réseaux sociaux. «Je me sens souverainiste, mais je n'ai pas adhéré à rien de ce qu'on me propose politiquement», dit-il. Il admet trouver «drôle de profaner un signe aussi emblématique. C'est cool d'avoir des péquistes qui me détestent.» La carte du fou du roi : «Pour nous provoquer, t'es particulièrement doué, mais sais-tu quoi? Lâche surtout pas, on adore ça.»

L'image sombre jurait particulièrement avec l'entrevue qui suivait, avec Béatrice Picard, à qui je décerne mon étoile du match. À 89 ans, l'actrice cumule 70 années de carrière, qu'elle raconte dans le livre Avec l'âge, on peut tout dire, de Sylvain-Claude Filion. L'Angélina du Survenant, à la radio comme à la télé, a parlé de sa première union avec un jeune Français, avec qui elle a eu quatre enfants, sans jamais l'épouser. Joviale et optimiste, elle n'a pas voulu montrer sa tristesse à la mort de son mari en 2010. Quand ça va mal, «il faut que je fasse en sorte que ça aille mieux», dit-elle. «Tu vois Hubert, quand ça feel pas, t'as juste à texter Béatrice», a lancé Guy A. au chanteur. Les yeux d'Hubert se sont allumés quand il a su que Béatrice était la voix de Marge dans Les Simpson depuis 29 ans.

La comédienne admet dans son livre qu'elle a pris de la cocaïne une fois avec France Castel. Elle n'a pas détesté mais les durs lendemains l'ont convaincue de ne jamais en reprendre. Après avoir perdu conscience durant une représentation d'«Harold et Maude», elle a appris qu'elle souffrait de polymyalgie rhumatismale. Le lendemain, elle remontait sur scène. D'ailleurs, ne lui parlez surtout pas de retraite. «Je veux jouer centenaire, pis pas en chaise roulante.»

Le chef vegan Jean-Philippe Cyr va sûrement en avoir converti dimanche soir. Le vegan le plus cool en ville ne jure que par le tofu, tout en jouant l'autodérision. Le tofu «réduit de 90% le risque d'avoir de la visite pour souper», blague-t-il. Par conscience sociale et par respect pour les animaux, il ne mange ni viande, ni poisson, ni miel, ni œuf, ni lait, alléluia. Et ils sont de plus en plus nombreux à en faire autant au Québec. «Faut tracer une ligne à un moment donné», dit toutefois Jean-Philippe Cyr, qui mange des figues et boit du vin, même s'il s'agit d'aliments controversés chez les vegans.

Ariane Moffatt a écrit son sixième album, Petites mains précieuses, entre les boires de son bébé Georges. «J'ai un côté Rocky Balboa», avoue l'artiste, qui s'adonne à la boxe pour reprendre la forme avant sa prochaine tournée. On a vu la superbe publicité de la Fondation CHU Sainte-Justine, à laquelle elle prête sa voix. Sans minimiser l'impact des révélations du reportage d'Enquête sur une étude clinique en oncologie pédiatrique qui ne respecterait pas les protocoles de recherche, la chanteuse réitère son appui à la Fondation. À propos de la controverse autour de son interprétation d'une chanson en anglais de P!nk au Gala Artis, elle affirme qu'il s'agissait d'une commande et qu'elle n'avait pas pesé le poids des réactions, elle qui écrit et compose en français depuis presque 20 ans.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

ARTS ET SPECTACLES

Salon du livre de l'Estrie : Clémence la chouchou

Qu’est-ce qu’on fait quand on est première de classe en composition et qu’on réussit à faire rire le personnel dans la cour d’école dès son plus jeune âge? On s’en fait une carrière.

C’est du moins la route qu’a choisie Clémence DesRochers. L’écrivaine, humoriste, chanteuse et actrice était de passage au Musée des beaux-arts de Sherbrooke dimanche pour une discussion devant public dans le cadre du Salon du livre de l’Estrie. Les 75 billets disponibles se sont rapidement envolés, et la foule était dense dans la salle où est présentée une exposition rétrospective sur la carrière de Clémence.

Lire aussi: Une jasette avec Debbie Lynch-White

Livres

Une jasette avec Debbie Lynch-White

Debbie Lynch-White avertit ses lecteurs dès la première page de son ouvrage: «ceci n’est pas une biographie». Pourtant, au fil des pages, on lira plusieurs anecdotes sur sa vie, son enfance, ses rencontres.

Pourquoi était-ce si important pour elle de spécifier que Faut que je te parle n’était pas un livre biographique? Un peu parce que 32 ans, c’est jeune pour écrire sa biographe, même si son CV de comédienne est déjà bien garni et compte des rôles phares comme celui de Nancy Prévost dans Unité 9 ou de la Bolduc dans le film du même nom, et qu’elle fait aussi carrière comme chanteuse.

Mais aussi parce que raconter sa vie n’était pas l’objectif du livre. «Je n’avais pas tellement envie de parler de ma carrière, parce que c’est ce dont on me parle tout le temps en entrevue. J’ai l’impression de l’avoir racontée souvent, donc j’avais plus envie de cibler des sujets qui m’allument, des questionnements que j’ai, des angoisses. J’avais envie de faire voir certains sujets différemment, d’amener une autre opinion», a-t-elle expliqué entre deux séances de dédicaces au Salon du livre de l’Estrie samedi.

«Évidemment, je pars de moi, de l’intime, donc c’est sûr qu’il y a des anecdotes reliées à ça et un côté biographique par la bande», poursuit-elle.

Vieillir, Facebook, la grossophobie...

L’éventail de sujets abordés par l’auteure est vaste, allant de la peur de vieillir jusqu’à la grossophobie, en passant par les questionnements sur la maternité et un long chapitre sur les conséquences de l’usage de Facebook.

Debbie Lynch-White assure qu’elle a suivi son intuition pour le choix des sujets ainsi que pour la structure de son livre, y allant au gré de son inspiration, arrêtant d’écrire parfois pendant un mois, avant d’avoir un flash et de s’y remettre tout d’un coup.

Elle a d’ailleurs écrit son livre dans «dans l’ordre»; alors qu’elle prévoyait réordonner les chapitres une fois le premier jet complété, elle a finalement décidé avec sa maison d’édition (Libre Expression) de tout laisser tel quel. «Au début, je parle de moi, de choses que je connais et dont j’ai souvent parlé, comme l’apparence, l’image ou ma peur de vieillir. À partir du cinquième ou du sixième chapitre, on passe en deuxième vitesse et c’est de plus en plus mordant, il y a une prise de parole plus claire», estime celle qui a mis un an à écrire le livre.

Celui-ci propose également des passages très touchants (c’est d’ailleurs de ceux-ci que ses lecteurs lui ont le plus parlé), comme le chapitre qu’elle adresse à son amoureuse Marina ou encore celui dédié à son père, décédé à la suite d’une longue maladie alors qu’elle avait 24 ans.

Ce chapitre se clôt d’ailleurs par quelques courriels tout simples qu’il lui a envoyés au fil des ans, reproduits tels quels, qui ouvrent une fenêtre sur l’homme qu’il était. «C’est un beau souvenir que j’ai de lui. C’est une idée qui m’est venue comme ça d’en mettre quelques-uns», dit-elle.

Le livre, sorti à la fin du mois de septembre, se lit d’une traite, comme on écoute une amie parler. «Beaucoup de gens me disent qu’ils l’ont lu en une journée. Je suis contente de ça, parce que dès le début, je disais à l’éditrice que je voulais une jasette. Je ne prétends pas que j’ai la science infuse, je ne suis pas là pour dire aux gens quoi faire, je suis la première à remettre en question mes opinions, pour évoluer. Si ça suscite une réflexion chez quelqu’un, j’ai fait la job que je voulais faire. Peut-être que ça va en laisser certains indifférents; c’est correct aussi», résume l’auteure.

Le Salon du livre de l'Estrie se poursuit dimanche; la programmation est disponible en ligne.

Vous voulez lire?

Faut que je te parle
Debbie Lynch-White
Libre Expression
226 p.

ARTS

Marie-Evelyne Lessard : choisie par le jeu

La comédienne Marie-Evelyne Lessard se glisse dans la peau de deux nouveaux personnages à la télévision cet automne. Elle incarne Sandrine Boudrias, une physiothérapeute en centre de réadaptation dans la nouvelle quotidienne jeunesse Clash, et Laila Rochat, une nouvelle cliente au bar de danseurs dans la deuxième saison de Cheval-serpent.

Née d’une mère haïtienne et d’un père sherbrookois, Marie-Evelyne est la plus jeune d’une fratrie de six enfants et a été élevée dans une maison où le chant et la danse faisaient partie du quotidien.

« Il y a toujours eu, chez nous, une liberté d’être qui on est. Nos parents ne nous ont jamais dit de faire science ou médecine. Ils nous ont toujours dit de faire ce dont on avait envie, ce qui nous passionnait. Alors c’est certain que ça a laissé la place à la créativité et au développement du potentiel artistique dès le jeune âge », explique celle qui a grandi à Rock Forest, précisant que ses cours d’art dramatique à l’école Le Triolet, avec l’enseignant Patrice Potvin qui l’encourageait beaucoup, ont fait une différence dans son parcours.

Après ses études secondaires, elle quitte la région pour étudier en exploration théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe puis s’inscrit en exploration théâtrale à Montréal.

« J’aimais chanter, j’aimais danser, j’aimais jouer. Finalement, le jeu m’a choisi », lance-t-elle en riant, ajoutant qu’elle ne se ferme pas de portes même s’il y a un moment qu’elle n’a pas entraîné sa voix pour le chant ni son corps pour la danse.

Massothérapeute deux ans

Lorsque la comédienne s’est présentée aux auditions de Clash, elle avait un avantage sur les autres candidates. « J’ai été massothérapeute pendant environ deux ans avant que les contrats de télé se multiplient, alors j’avais des notions en physiologie et en anatomie. Je connaissais aussi la relation thérapeute-client. C’est certain que ça m’a aidée pour la crédibilité en audition. Après, j’ai quand même fait mes recherches dans le domaine de la physiothérapie. J’ai été coachée par une professionnelle et sur le plateau de tournage. On avait un vrai physio qui m’enseignait les manœuvres à exécuter », raconte celle qu’on a vue au petit écran dans 19-2, 30 vies, Trauma et Les Argonautes.

La fiction Clash, écrite par Martine D’Anjou et produite par Fabienne Larouche et Michel Trudeau, raconte un moment charnière chez six jeunes adultes, âgés de 19 à 25 ans, qui doivent fréquenter un centre de réadaptation après un accident grave et un séjour à l’hôpital. Leur état nécessite de la physiothérapie, de la psychothérapie et des soins médicaux au quotidien. On suit les jeunes sur le chemin tortueux de la guérison.

« Les jeunes font de la réadaptation intensive, alors Sandrine passe beaucoup de temps avec eux et elle devient une confidente et une personne ressource pour eux. Elle est sympathique et empathique. C’est une histoire pleine de résilience, d’humanité, de solidarité. En même temps, il y a des drames et des déchirements. Sandrine apporte de la lumière dans une situation qui a sa part d’ombre », dit celle qui croit que la série jeunesse plaira à un public de 15 à 55 ans.

Après la diffusion des premières émissions à Super Écran, les critiques sont bonnes et Marie-Evelyne se croise les doigts pour que le tournage d’une deuxième saison ait lieu ce printemps. La série sera aussi diffusée à VRAK du lundi au jeudi à 19 h 30, dès le 5 novembre.

MUSIQUE

Pascal Allard : le retour du son de Drummond

La musique country n’a plus de secrets pour Pascal Allard, l’homme qui « voulait marier Renée Martel », même s’il n’a que 40 ans. Celui qui considérait les chanteurs country comme des superhéros dans sa jeunesse est en mission d’honorer ses prédécesseurs, ceux de sa ville natale de Drummondville comme ceux du sud de la Californie et du Texas.

« Le country, ça a toujours été les histoires du monde autour de chez nous. Tous les grands ont raconté les histoires d’où ils viennent, des personnes qu’ils rencontrent. Ma grand-mère avait une belle phrase pour résumer l’essence du country : elle disait que c’étaient les livres d’histoires pour les gens qui ne savaient pas lire », philosophe celui qui vient de lancer son deuxième album solo.

« Les gens ont besoin de faire raconter leurs histoires. C’est ce que les chanteurs country d’ici devraient faire au lieu de regarder du côté de Nashville. Il faut redevenir fier et envoyer promener les tendances au lieu de les copier. »

C’est d’ailleurs ce qu’a fait une des plus grandes inspirations de Pascal Allard, soit Gaston Mandeville, qu’il considère comme un des pionniers. « Il chantait en français et il racontait les histoires d’ici au lieu de faire comme les Américains. C’est ça que je veux faire, chanter mes chansons et raconter les histoires de mon coin, pas copier ce qui est populaire », insiste le cowboy en runnings.

Le son de Drummond

Les plus grands ambassadeurs de Drummondville sont des chanteurs et des musiciens, explique l’auteur, compositeur et interprète. Ils ont un son propre à eux, qui n’est pas le même qu’ailleurs en province, estime-t-il.

« Renée Martel, la famille Bessette, Gaston Mandeville, Brigitte Boisjoli et j’en passe... On est un peu les Californiens de la musique country au Québec. On met beaucoup de voix, un côté funny avec le sourire en coin et on est romantiques. Ça se rapproche du Bakersfield Sound de Buck Owens et de Glen Campbell », explique-t-il pour caractériser le son propre à sa ville natale.

« Drummondville, c’est comme un village western où les gens se promènent en chemise des Beach Boys. La majorité des gens ont des jobs plates, donc ils veulent des chansons pour les mettre de bonne humeur quand ils sortent de la shop et que la semaine est finie. Ce sont des personnes joyeuses et accueillantes, ce qui transpire dans la musique. »

Une communauté qui se soutient

Pascal Allard est revenu à ses racines en 2017 avec l’album Je voulais marier Renée Martel après avoir réalisé un opus pop en 2009 sous le nom de Peya. Malgré ses complets colorés et ses baskets aux pieds, il est constamment appuyé dans ses démarches par l’ensemble de la communauté country québécoise.

« Le milieu du country est synonyme d’entraide. Beaucoup d’artistes m’ont aidé et m’aident encore à propager ma musique aux quatre coins du Québec. Irvin Blais a même distribué de mes CD dans des stations de radio en Gaspésie sans que je le sache. Gildor Roy et Kaïn ont été fantastiques. C’est une belle communauté qui se tient, qui se souhaite du succès mutuel », confie-t-il.

Pascal Allard a réussi à toucher Renée Martel, son amour d’enfance, et à gagner son respect. À son grand bonheur, il assurera la première partie de sa nouvelle tournée, qui débute en hiver 2019.

« Je suis extrêmement chanceux. Je vais pouvoir l’observer et apprendre de l’une des meilleurs dans l’industrie. C’est vraiment un cadeau et une fierté pour moi, je suis très heureux de l’annoncer », conclut le chanteur, prêt à redonner de la fierté au genre musical qu’il affectionne tant et à conter les histoires de son coin afin d’assurer leur pérennité.

 Vous voulez y aller?

Souper-spectacle avec Pascal Allard

Samedi, 13 octobre, 20 h 30 (souper table d’hôte, 19 h)

Maison de l’arbre, Saint-Venant-de-Paquette

Entrée : 45 $