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Cinéma

Merci pour tout: Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau en chicane

Le duo aux antipodes est une formule éprouvée, surtout pour les comédies. Le cinéma québécois l’utilise presque tous les étés, avec Louis-José Houde ou Patrick Huard. «Merci pour tout» ne réinvente pas la roue en mariant Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau, deux sœurs qui s’évitent depuis une banale chicane et sont réunies par la mort de leur père. Des rôles qui contrastent fortement avec la complicité qui unit les populaires actrices.

Les éclats de rire fusent, les sourires rayonnent dans cette entrevue croisée — on croit la réalisatrice Louise Archambault lorsqu’elle évoque ses problèmes de discipline sur le plateau. Ce qui devenait un peu plus compliqué pour les scènes dramatiques — l’humour sert à mesurer le gouffre qui sépare les sœurs. Un écart qui se comble petit à petit.

Cinéma

Denis Villeneuve est sacré cinéaste de la décennie à Hollywood

MONTRÉAL — Le cinéaste québécois Denis Villeneuve s’est vu décerner le titre de «cinéaste de la décennie» par la Hollywood Critics Association.

Dans un message publié sur Twitter jeudi après-midi, cette association de critiques de cinéma a annoncé que Denis Villeneuve recevrait son prix lors d’une cérémonie le 9 janvier 2020.

L’association rappelle que «l’incroyable filmographie» de Villeneuve comprend «Incendies», Prisonniers, Ennemi, Sicario, L’arrivée et Blade Runner 2049.

Sur son site internet, la Hollywood Critics Association se décrit comme un groupe de critiques passionnés qui représente «une nouvelle ère à Hollywood».

«La diversité est extrêmement importante dans la critique cinématographique et la Hollywood Critics Association veut s’assurer que toutes les voix sont représentées au sein de notre groupe», peut-on lire sur le site.

RICHARD THERRIEN

TVA reporte encore «Si on s'aimait»

BLOGUE / TVA reporte encore une fois la série docu-réalité «Si on s’aimait», qu’il devait initialement diffuser cet automne. Après l’avoir retardée à l’hiver, voici qu’on la réserve plutôt pour la grille du printemps.

Déjà qu’on l’avait changée d’heure, la déplaçant de 19h à 19h30, et considérant que les potentiels d’auditoire sont moins élevés au printemps à la télévision, on peut se demander à quel point le diffuseur est insatisfait du résultat. La décision demeure un bon prétexte pour alimenter la programmation du printemps, habituellement assez pauvre.

Dans Si on s’aimait, qui s’étale en principe du lundi au mercredi, le couple formé de Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin accompagne des participants de 30 à 50 ans dans leur volonté d’améliorer leurs relations de couple, avec Louise Sigouin, experte en accompagnement relationnel. Ils auront eu le temps de se séparer 10 fois entre-temps.

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Justice et faits divers

Espionnage de cellulaires de vedettes: un résident de Québec arrêté

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a procédé à l’arrestation de Pascal Desgagnés, un résident de Québec âgé de 45 ans, «dans le dossier de vol de données cellulaires».

Mardi, TVA Nouvelles rapportait que des dizaines de personnalités auraient été espionnées sur leur téléphone, dont plusieurs artistes et des joueurs du Canadien de Montréal.

Lors d’un point de presse mercredi après-midi, le sergent Patrick Barrière a refusé d’identifier les victimes ou de confirmer qu’il s’agissait de «personnalités».

Le suspect fait face à des accusations de vol d’identité, fraude à l’identité, méfait à l’égard de données informatiques, utilisation non autorisée d’ordinateurs et utilisation frauduleuse de mots de passe.

Pas de «pertes financières»

Selon la police, les victimes «n’auraient subi aucune perte financière» et le porte-parole du SPAL a indiqué que le suspect utilisait «des quantités très importantes de données» à des «fins personnelles», sans offrir de précisions sur la nature des données.

«Ce sont des choses qui seront dévoilées au procès, au moment où on se parle, il utilisait les données à des fins uniquement personnelles», a mentionné le sergent Patrick Barrière.

La police n’a pas non plus l’intention d’expliquer le modus operandi du suspect pour «ne pas encourager d’autres méfaits».

Plusieurs perquisitions ont eu lieu au domicile du suspect, sur des sites Web, sur des tours d’ordinateur ainsi que sur d’autres dispositifs informatiques.

Le SPAL a entrepris cette enquête en mai 2018 après le dépôt d’une plainte par une présumée victime.

Toujours selon la police, les victimes ne se connaissent pas et certaines sont américaines.

Le sergent Patrick Barrière a tenu à mettre en garde le public contre le vol de données personnelles.

«Le risque zéro n’existe pas, à partir du moment ou des données personnelles sont entreposées sur des supports informatiques, il y a toujours des risques», a-t-il fait valoir.

L’enquête du SPAL a été menée en partenariat avec la Sûreté du Québec.

Quant à Pascal Desgagnés, il demeurera détenu jusqu’à sa comparution prévue jeudi à Québec.

spectacle

Le tour de force de Michel Rivard

CRITIQUE / Que Michel Rivard soit un artiste accompli, ça, on le savait. Mais on ne l’avait encore jamais vu tout faire en même temps : acteur, chanteur, musicien, auteur, poète. C’est probablement ce tour de force de marier théâtre et chanson, sur du matériel entièrement original, qui a valu le Félix du spectacle de l’année (auteur-compositeur-interprète) à L’origine de mes espèces. Quelque 1200 personnes ont pu le constater hier soir à la salle Maurice-O’Bready.

D’emblée par l’ampleur de l’offrande : 105 minutes de texte et de nouvelles chansons, sans pause ni aucun phoque en Alaska sur lesquels s’appuyer. Ensuite pour le remarquable travail dramaturgique accompli (avec quand même de l’aide, rendons à César...), car nous étions bel et bien dans un spectacle plus près du théâtre que de la chanson. Théâtre minimaliste, s’entend, sous forme de monologue joué, avec une porte et un mur comme seuls éléments de décor, quelques accessoires, éclairages et projections, notamment de photos d’archives, mais du théâtre quand même, où l’histoire est le socle sur lequel se dépose la musique.

Cinéma

«La guerre des étoiles»: le triomphe de l’espoir

PASADENA — Deux semaines avant la sortie de «La guerre des étoiles : L’ascension de Skywalker», neuvième et ultime opus de la populaire saga interstellaire, le réalisateur J.J. Abrams et plusieurs artisans du film ont rencontré les médias. Sans révéler de détails sur le scénario, M. Abrams s’est attardé sur le sens à donner à l’ensemble de la série.

Derrière les batailles de vaisseaux spatiaux, les combats épiques aux sabres lasers, les effets spéciaux, les personnages bigarrés, les costumes extravagants et la bande sonore reconnaissable à des années-lumière, La guerre des étoiles est une histoire bien simple. Celle de l’espoir et du vivre-ensemble.

C’est ainsi que J.J. Abrams, qui est revenu dans la chaise du réalisateur pour L’ascension de Skywalker – il avait redémarré la franchise en 2015 avec Le réveil de la force –, a résumé sa propre lecture de cette saga amorcée dans les années 70 par George Lucas.

«Nous vivons dans un monde fou. Nous vivons dans une époque folle. Et La guerre des étoiles, à mon avis, parle d’espoir, a-t-il lancé au terme d’une conférence de presse donnée le 4 décembre à Pasadena et à laquelle La Presse a assisté. Cette histoire parle aussi de communauté, des négligés [underdogs], de réunir différentes personnes issues de différents endroits au sein de ce qui constituera votre vraie famille.»

Inspiré, Abrams a poursuivi dans la même veine.

«Ce film est un gigantesque spectacle pour lequel les artisans de tous les secteurs sont allés au-delà des attentes, a-t-il lancé, entouré d’une douzaine des principaux comédiens, du coscénariste Chris Terrio et de la productrice Kathleen Kennedy. Mais ce qui compte le plus, ce sont les gens assis ici et ce que vous verrez dans les yeux comme dans le cœur des personnages qu’ils incarnent.» Rendu là, le réalisateur aurait aussi bien pu ajouter «Que la Force soit avec toi!» sans que personne en soit surpris tellement la célèbre maxime serait tombée à propos. Mais non, Abrams s’est retenu d’aller dans cette direction.

Rencontre animée

Animée par la réalisatrice Ava DuVernay, la rencontre réunissait Daisy Ridley (Rey), Adam Driver (Kylo Ren), Oscar Isaac (Poe Dameron), Kelly Marie Tran (Rose Tico), John Boyega (Finn), Keri Russell (Zorii Bliss), Billy Dee Williams (Lando Calrissian), Joonas Suotamo (Chewbacca), Anthony Daniels (C-3 PO) et quelques autres.

Tout comme Abrams, les comédiens marchaient sur des œufs et ont laissé échapper de façon homéopathique quelques commentaires sur le scénario. On a ainsi pu comprendre que plusieurs personnages de la Résistance vont se regrouper pour continuer leur éternelle lutte contre le Premier Ordre au lieu de se battre chacun de leur côté.

«Contrairement au film précédent [Le dernier Jedi de Rian Johnson], nous aurons ici un groupe d’acteurs qui travaillent ensemble», note J.J. Abrams qui, avec George Lucas, est le seul réalisateur à avoir signé au moins deux des neuf épisodes.

Oscar Isaac s’est réjoui de ce regroupement. Estimant que son personnage de Poe «cherchait sa place dans l’histoire», il s’est dit heureux de «sortir de [sa] petite boîte dans l’espace» (lire son vaisseau X-Wing) et d’interagir avec ses camarades de la Résistance.

«J.J. voulait un peu salir mon image de pilote grinçant [squeaky fly boy] depuis un moment et cela permet de révéler une autre facette de ma personnalité», lance le comédien, visiblement ravi.

Actrice centrale de la troisième trilogie, Daisy Ridley a de son côté indiqué que le travail sur ce nouveau film avait été moins exigeant, physiquement, que sur Le dernier Jedi, mais il a été drainant sur le plan des émotions.

Elle a adhéré aux propos de J.J. Abrams sur l’espoir.

«Beaucoup de gens s’opposent aux forces du bien, dit-elle. Les personnages de ce film ne sont pas réels, mais ce qu’ils font ici est périlleux. Alors, le fait que nous sommes en mesure de représenter ne serait-ce qu’une infime partie de ce qui se passe dans ce monde fou est très spécial.»

Musique

Mort de la chanteuse du duo suédois Roxette [VIDÉO]

STOCKHOLM — La chanteuse du groupe suédois Roxette, Marie Fred­riksson, voix des succès It Must Have Been Love et The Look, est décédée des suites d’un cancer, a annoncé mardi son gérant.

«C’est avec une grande tristesse que nous devons annoncer que Marie Fredriksson, du groupe Roxette, s’est éteinte dans la matinée du 9 décembre après un combat de 17 ans contre le cancer», a indiqué Dimberg Jernberg Management dans un communiqué.

Marie Fredriksson, 61 ans, était soignée depuis 2002 pour une tumeur cérébrale. En rémission, elle était repartie en tournée et avait retrouvé les studios en 2010. Mais six ans plus tard, ses médecins lui avaient conseillé de prendre du repos.

Formé en 1986 par Marie Fred­riksson et le guitariste Per Gessle, Roxette a vendu près de 80 millions d’albums, rejoignant la liste des groupes suédois de renommée mondiale comme ABBA, Ace of Base, The Cardigans ou Europe.

Le duo accumule les succès dont The Look, Listen to Your Heart ou It Must Have Been Love qui figure sur la bande originale du film Pretty Woman avec Julia Roberts et Richard Gere.

Succès planétaire

En 1989, The Look, extrait de leur deuxième album Look Sharp!, signe leur premier succès planétaire. Le titre, saturé de guitares, est numéro 1 au classement Billboard.

«Tu étais une formidable musicienne, une chanteuse exceptionnelle, une immense artiste. Merci d’avoir ajouté de merveilleuses couleurs à mes chansons en noir et blanc», a réagi Per Gessle dans un communiqué.

En 2013, elle expliquait qu’elle avait dû réapprendre à parler et à chanter à cause de la maladie.

«C’était une grande peine. J’avais tellement peur, je ne savais pas comment tout ça se passerait. En mon for intérieur, je pensais : “Je vais y arriver, je n’ai pas le temps de mourir”. Je me le répétais souvent, même si le pronostic n’était pas très bon.»

Marie Fredriksson était mariée au musicien Mikael Bolyos avec qui elle a eu deux enfants.

Télé et radio

«La faille»: le monde est petit

CHRONIQUE / On l’a dit pour «Fragile» : on tourne rarement en hiver, parce que ça coûte cher et que c’est glacial pour l’équipe. On dit aussi que les plateaux à l’extérieur des grands centres se font trop peu nombreux. «La faille», nouvelle série de Club illico, allie pourtant les deux à l’extrême : direction Grand Nord québécois dans la ville emmurée de Fermont, au pire de la saison morte.

Fruit d’une collaboration de longue date entre l’auteur Frédéric Ouellet et le réalisateur Patrice Sauvé, qui remonte à Grande Ourse, le résultat de La faille est spectaculaire. Mais encore fallait-il que l’histoire soit bonne, condition remplie à merveille. Lorsque commence la série, une odeur pestilentielle règne à l’intérieur du mur. Le cadavre d’une femme masquée est retrouvé dans un conduit d’aération. Mais qui est cette femme? Et pourquoi on l’a tuée? Surtout que les circonstances rappellent la mort d’un garçon trois ans plus tôt. Un beau mystère à résoudre pour la sergente Céline Trudeau, de la Sécurité du Québec, rôle tenu par Isabel Richer, encore une fois fabuleuse.

À première vue, ce voyage à Fermont représente une punition pour l’enquêteuse de Québec. Pourtant, cet endroit qui tolère des températures de moins 60 avec le facteur vent convient plutôt bien à sa froideur, son manque de sensibilité, son détachement. Tout le contraire d’Alex Théberge (Alexandre Landry), le policier qu’on lui a assigné, plus soucieux du sort de ses concitoyens, qu’il côtoie chaque jour. Parce que la série aurait pu s’intituler «Tout le monde se connaît», ou encore «Le monde est petit».

La seule chose qui pouvait nous faire voir un peu de fragilité chez le sergent Trudeau, c’est qu’elle tombe sur sa fille Sophie (Maripier Morin), qu’elle n’a pas vue depuis quatre ans, et qui est allée refaire sa vie à Fermont avec un nouvel amoureux, joué par Jean-Philippe Perras. Le supérieur de Céline (Benoît Gouin) lui avait volontairement caché cette information, faute de quoi elle n’aurait jamais accepté la mission. Maintenant qu’elles auront à se croiser, il faudra bien qu’elles finissent par crever l’abcès et se dire leurs quatre vérités. Parce qu’entre elles, il s’est vraisemblablement passé quelque chose de grave.

Maripier Morin, qui avait joué dans La chute de l’empire américain lorsqu’on lui a offert une audition pour La faille, s’acquitte fort bien de sa tâche. Québecor Contenu souhaitait la voir dans une fiction, mais Patrice Sauvé considère qu’elle avait tout ce qu’il faut pour obtenir le rôle. L’animatrice a d’ailleurs engagé un coach privé pour offrir la meilleure performance possible. Tous les acteurs sont bons, mais Patrick Hivon est particulièrement convaincant en brute colérique, père de l’enfant décédé, qui ferait un coupable idéal.

La réalisation de Patrice Sauvé tire le meilleur de deux atouts : les images d’hiver et le panorama de Fermont. Jamais je n’aurais pensé trouver une mine aussi photogénique. Les images prises par des drones sont majestueuses. Fermont n’est pas qu’un simple décor dans La faille, mais un personnage en soi. L’histoire de Frédéric Ouellet, finement écrite, a été imaginée en fonction de cette ville singulière, qui suscite la curiosité. La production a d’ailleurs obtenu l’entière collaboration de la municipalité, de la mairie jusqu’à un des animateurs de radio de la place, Carl Gagné-Côté, qui apparaît dans la série. Tout ce monde était conscient du rayonnement offert à la ville par cette série.

Si la maison de production Pixcom a pu se payer un tournage aussi imposant, c’est après avoir conclu une entente avec deux distributeurs internationaux, un allemand, l’autre torontois, avant même le tournage de la série. Quand on dit que l’hiver complique les tournages, c’est qu’il faut se procurer des caméras spéciales, fonctionnelles à 20 sous zéro. Pour vous donner une idée des conditions, les acteurs ont dû affronter des rafales de vent de 100 km/h. Et pour qu’ils puissent dire leurs lignes, ils devaient s’appliquer des pochettes chauffantes sur les joues entre les prises. Mais ne vous y trompez pas, bien des scènes intra-muros ont en réalité été tournées à Saint-Hubert, dans un centre commercial désaffecté.

Comme dans tout bon polar, vous passerez votre temps à désigner un coupable. Du moment que vous croyez savoir qui c’est, l’auteur vous amène ailleurs. Le Club illico y croit tellement qu’il a déjà commandé une deuxième saison. Mais que les acteurs se rassurent : ils n’auront pas à se les geler une nouvelle fois, puisque l’histoire n’aura plus lieu à Fermont. Nouvelle enquête, nouveau lieu. Les huit épisodes sont disponibles sur le Club illico. Ça tombe juste à point pour le congé des Fêtes, période parfaite pour visionner des séries en rafale.

«SI ON S’AIMAIT», SÉRIE MAL-AIMÉE?

TVA reporte encore une fois la série docu-réalité Si on s’aimait, qu’il devait initialement diffuser cet automne. Après l’avoir retardée à l’hiver, voici qu’on la réserve plutôt pour la grille du printemps. Déjà qu’on l’avait changée d’heure, la déplaçant de 19h à 19h30, et considérant que les potentiels d’auditoire sont moins élevés au printemps à la télévision, on peut se demander à quel point le diffuseur est insatisfait du résultat. La décision demeure un bon prétexte pour alimenter la programmation du printemps, habituellement assez pauvre. Dans Si on s’aimait, qui s’étale en principe du lundi au mercredi, le couple formé de Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin accompagne des participants de 30 à 50 ans dans leur volonté d’améliorer leurs relations de couple, avec Louise Sigouin, experte en accompagnement relationnel. Ils auront eu le temps de se séparer 10 fois entre-temps.

Télé et radio

Conseils à suivre... ou pas

CHRONIQUE / Vous tombez sur le journal intime de votre ado, le lisez-vous? Parleriez-vous de votre vie sexuelle avec votre fille de 20 ans? Vous achetez un beigne, laissez-vous un pourboire? Huit duos de vedettes se sont penchés sur ces questions un peu futiles, et bien d’autres, dans la nouvelle série «Conseils d’amis», à l’horaire de Canal Vie à partir du lundi 6 janvier à 20h. Un genre de «Code F» et «Code G», mais plus adulte.

La série de huit demi-heures est une adaptation d’un format britannique intitulé Celebrity Advice Bureau, beaucoup plus axé sur la vie professionnelle. Conseils d’amis se consacre davantage à la vie familiale. La première que j’ai vue comprend trois duos : Ève Landry et Geneviève Schmidt, Patrice Robitaille et Fabien Cloutier, et Marie Soleil Dion et Louis-Olivier Mauffette, qui lisent des questions sur des cartons, à propos de tout et de rien. C’est souvent très drôle, même si plusieurs questions finissent sans véritables réponses. Ma femme ronfle, qu’est-ce que je fais? Les artistes y réfléchissent à voix haute sans en tirer de conclusions. Même chose pour : je veux partir de Québec, quelle ville me suggérez-vous? Au fond, les réponses importent peu, c’est la façon dont les duos réfléchissent aux questions qui rend le concept intéressant. Parce qu’il ne ressort aucune philosophie bien profonde de tout ça; on reste dans la légèreté. Je ne me fierais pas trop là-dessus pour prendre une décision importante.

Ève Landry semble avoir adoré l’expérience. «Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça», confie la comédienne, qui n’avait lu aucune question avant l’enregistrement, comme tous ses collègues. Chacun improvise les réponses comme ça lui vient. Le tiers est emprunté à la version britannique, les deux autres sont des questions créées de toutes pièces par l’équipe de Datsit Sphère. Les autres duos sont formés d’Antoine Vézina et Tammy Verge, Mélanie Maynard et Rosalie Bonenfant, Rosalie Vaillancourt et Pierre-Yves Roy-Desmarais, Sylvie Léonard et Sophie Cadieux, ainsi que Pierre-Yves Lord et Karine Gonthier-Hyndman. Au fait, Louis-Olivier Mauffette admet avoir déjà brassé un peu de monnaie dans le pot de pourboires au comptoir pour faire croire qu’il en donnait un. Pas très généreux, mais honnête.

Musique

SOLO à huit musiciens trad

C’est une fleur sur le parcours et une première pour un groupe de musique traditionnelle québécoise : le 24 janvier prochain, les huit musiciens du spectacle « SOLO » fouleront la scène du mythique Carnegie Hall de New York.

« J’ai grandi dans la musique classique. Mon père allait chaque année au Carnegie Hall voir des concerts, on avait à la maison des vinyles enregistrés dans cette salle emblématique, plus grande que nature. C’est comme si les deux pôles musicaux qui m’habitent depuis l’enfance se rejoignaient, en même temps que c’est une fichue belle reconnaissance. Quand un diffuseur comme celui-là, qui a fait sa renommée en programmant les plus grands dans le créneau classique, invite pour la première fois un groupe trad à venir se produire, c’est signe qu’une certaine barrière stylistique vient de tomber. C’est très symbolique, pour nous, de jouer là-bas », souligne Olivier Demers, violoniste et « tapeux de pied » au sein de SOLO.

Musique

Noël au temps de Bach

Fêter Noël qui vient, cela peut signifier, pour certains, de communier avec le caractère sacré du moment. Ce que l’Ensemble Caprice de Montréal va offrir, en interprétant l’ « Oratorio de Noël » de Jean-Sébastien Bach.

L’Ensemble Caprice a un rayonnement international, ayant effectué plusieurs tournées sur presque tous les continents — seule l’Australie n’a pas encore reçu sa visite. L’ensemble a été créé il y a 30 ans par Matthias Maute, originaire d’Allemagne et arrivé au Québec il y a 20 ans. Codirecteur artistique avec sa compagne de vie, Sophie Larivière, il est également un chef d’orchestre et un flûtiste réputé, comme Mme Larivière d’ailleurs. Tous deux enseignent dans des écoles de musique de haut niveau.

Danse

Cinq ans de renouvellement pour Casse-noisette

Le ballet « Casse-noisette » de Tchaïkovski, remodelé par Cynthia Pigeon (chorégraphe et directrice fondatrice des Ballets classiques de Richmond), sera de retour sur la scène du Théâtre Centennial pour une cinquième année. Cynthia Pigeon accompagnera même ses élèves pour une première fois sur scène, en interprétant la fée Dragée aux côtés du célèbre danseur européen Nicolas Zemmour.

Pourquoi répéter la même pièce année après année? Pour Cynthia Pigeon, ce n’est pas réellement Noël sans le classique « Casse-noisette ». Pour ceux et celles qui ont déjà vu la pièce depuis 2015, la directrice se fait rassurante : elle sait comment se renouveler.

Télé et radio

Jeu de chaises musicales dans la grille-horaire du FM93

Arrivée de Stephan Dupont à la barre de l’émission du matin, déménagement de Sylvain Bouchard en après-midi et d’Éric Duhaime le midi. La station FM93 a procédé lundi à un remaniement de sa grille-horaire en vue de la rentrée d’hiver, dans une volonté manifeste d’adopter un ton différent pour se mettre au diapason d’un public en mutation.

En entrevue au Soleil, le directeur général Pierre Martineau explique que même si la station du quartier Saint-Sacrement demeure une radio d’«info divertissement», une réorientation s’imposait au regard de ce qu’il observe chez les auditeurs.

«Des fois, je trouve que la radio d’opinion de Québec se prend un peu au sérieux. De toute évidence, je crois que la population souhaite un changement de ton, mais pas nécessairement radical. La société est en train de changer et le ton de la station est appelé à s’adoucir. On ne changera pas du tout au tout, mais je pense que l’époque des grandes revendications à coups de poing sur la table est appelée à s’amenuiser.

«Je pense qu’il y a moyen de faire de la bonne radio d’opinion et d’information sans trop se prendre au sérieux et en le faisant de façon divertissante», ajoute le patron qui a officialisé lundi matin, en ondes, l’embauche de Stephan Dupont pour remplacer Sylvain Bouchard, en poste dans ce créneau horaire au FM 93 depuis 14 ans.

L’arrivée de l’ancien animateur du matin chez Énergie, qui a quitté la station de Bell Média le mois dernier, à quelques semaines de l’expiration de son contrat, s’inscrit dans un désir de «changement de vie» démontré il y a un an par Sylvain Bouchard. De toute évidence, se lever en plein milieu de la nuit lui pesait de plus en plus.

Le déménagement de Bouchard dans l’émission du retour nécessitera une approche d’animation différente, reconnaît Pierre Martineau. «Ce ne sera pas le même ton ni la même fréquence d’invités», dit-il.

Se qualifiant en ondes lundi matin de «gars ben ordinaire, très proches de ses chums de gars», Stephan Dupont ne devrait pas dépayser ses fidèles auditeurs qui l’ont suivi au gré de ses déplacements à CHOI Radio X et Énergie. «Ce sera pas mal le même show, mentionne Martineau. Je ne pense pas qu’on puisse réinventer Stephan Dupont. Ce serait une grossière erreur.»

Dupont amène avec lui ses collaborateurs Raynald Cloutier et Pierre Blais, qui avaient quitté Énergie en même temps que lui. Leur départ n’avait rien à voir, a-t-on confirmé lundi, avec une entrevue ponctuée de mots d’église, menée à la mi-novembre avec le commentateur de RDS, Marc Denis.

Six employés touchés

Cette «réorganisation globale» a causé un électrochoc dans la station du chemin Sainte-Foy. Six employés ont vu leur poste «directement touché» par ce remaniement, confirme Pierre Martineau. «Il y a des gens qui vont devoir se trouver autre chose, comme c’est fréquent à la radio […] Il a fallu réajuster le tir au niveau des besoins.» L’arrivée de Duhaime dans la case horaire du midi provoque la disparition de l’émission Deux hommes en ondes, animée par Paul-Raphaël Charron et Jean-François Blanchet.

Au récent sondage Numeris d’automne, dévoilé la semaine dernière, Bouchard en parle s’est classé en troisième position des émissions du matin, derrière ICI Radio-Canada Première et WKND. Celle de Stephan Dupont, chez Énergie, est arrivée pour sa part au cinquième rang. Dans le créneau du retour à la maison, Éric Duhaime a pris la quatrième place.

Télé et radio

Mike Ward aux Olivier: la liberté triomphe

CHRONIQUE / Les quatre prix remis à Mike Ward aux Olivier dimanche avaient quelque chose de hautement symbolique, célébrant la liberté d'expression. Et ce, quelques jours après qu'il ait perdu sa cause en appel, dans l'affaire l'opposant à Jérémy Gabriel. Quatre beaux cadeaux sous le sapin, gracieuseté du public et de l'industrie de l'humour, qui célébrait ses meilleurs joueurs sur ICI Télé. Un gala qui promettait mais qui s'est essoufflé assez vite.

Des 12 trophées qui ont été remis, Mike Ward a donc eu droit aux Olivier du spectacle d'humour, de l'auteur, du podcast humoristique et à l'honneur ultime, l'Olivier de l'année, remis par le public. «On a le droit de rire de tout. La seule chose qui devrait compter, c'est le contexte et l'intention», a plaidé l'humoriste, qui en a profité pour remercier ceux qui l'ont soutenu depuis le verdict. «J'ai rien contre Jérémy Gabriel», a répété Mike Ward dans un discours fleuve, longuement applaudi par les spectateurs. «Dans un pays libre, on devrait laisser les artistes être des artistes.» Nommé quatre fois, Julien Lacroix est reparti avec l'Olivier de la capsule humoristique. Lise Dion a remporté le trophée du meilleur vendeur de l'année, François Bellefeuille, celui du numéro de l'année, et Mehdi Bousaidan, ceux du metteur en scène et du concepteur visuel. Le très prisé trophée de la découverte est allé à Sam Breton.

Musique

Le rappeur Juice WRLD décède à l'âge de 21 ans

WASHINGTON — Le rappeur américain Juice WRLD, dont la carrière était en pleine ascension, est décédé dimanche à Chicago à l'âge de 21 ans, ont annoncé les autorités locales.

Jarad A. Higgins, de son vrai nom, s'est soudainement écroulé dans l'aéroport Midway de sa ville de Chicago alors qu'il venait de rentrer de Californie, selon TMZ, site spécialisé dans les célébrités.

Arts

Noël dans le chœur

Chaque Noël, les concerts de chorales remplissent la dernière page du calendrier, tel un mur presque infranchissable. Ils sont si nombreux que rares sont les Estriens qui n’ont pas au moins un parent ou un ami à aller entendre chanter un soir de décembre. Même l’Orchestre symphonique de Sherbrooke sera de la partie cette année, et il n’y est pas allé de main morte : cinq chœurs sherbrookois seront sur la scène de la salle Maurice-O’Bready, pour un total de plus de 350 chanteuses et chanteurs de tous âges. Imaginez la masse sonore lorsque, après avoir interprété chacun trois ou quatre pièces, les cinq ensembles vocaux — Chœur symphonique de Sherbrooke, Ensemble vocal de l’Université de Sherbrooke, Chœur pop de Sherbrooke, Chorale de l’Harmonie Montcalm et Chanteurs de l’Université Bishop’s — se réuniront à la fin pour terminer le concert! Mais les chefs, eux, quelles sont leurs préférences? Ceux et celles qui passent souvent tout l’automne dans les guirlandes musicales, à arranger des chansons éclatantes ou molletonnées, à faire répéter leurs troupes pour qu’elles soient prêtes pour les Fêtes, qu’écoutent-ils et qu’écoutent-elles à la maison lorsque les voix se sont tues? La Tribune a eu l’idée de leur demander et, du même coup, de peut-être vous donner le goût de choisir un de ces concerts pour entrer de plain-pied dans l’atmosphère de Noël.

JEAN-PHILIPPE DUTIL
Chef du Chœur symphonique de Sherbrooke et des Chanteurs de l’Université Bishop’s

Musique

L’heureux tourbillon de Marc Dupré

Nous rencontrons Marc Dupré au restaurant du théâtre Capitole, au lendemain du gala qu’il y a animé pour célébrer la réouverture des lieux après une cure de jouvence et à la veille du lancement de la résidence de spectacles qu’il y offrira jusqu’à la fin du mois. Il y a quelques jours, il s’est produit à la Place Bell de Laval dans la foulée de la sortie de son septième album, «Rien ne se perd». «J’ai répété ces trois shows en même temps», confirme-t-il.

Entre son rôle d’auteur-compositeur-interprète, celui de coach au concours télévisé La voix et le chapeau d’humoriste qu’il retrouvera l’été prochain à la barre d’un gala ComediHa!, la vie de Marc Dupré ressemble un peu à un tourbillon. Et il n’ira pas s’en plaindre. «Quand le vent se calme, on sait ce qui arrive avec les voiles...» philosophe l’artiste, qui a fait le point avec Le Soleil sur ses nombreux projets.

Arts et spectacles

La vague Watson emporte tout

CRITIQUE / On pourrait écrire que c’était gagné d’avance : la cote d’amour de Patrick Watson est si forte au Québec. En fait foi la tournée à guichets quasi fermés qui prenait mercredi soir son envol devant un Théâtre Granada plein à craquer.

Mais, non, il fallait quand même réussir la transition vers la scène de Wave, son plus récent opus, davantage axé sur les textes, avec la musique en retrait. Si l’artiste s’était trop collé au disque, les habitués auraient peut-être trouvé leur chanteur favori trop tranquille.

Télé et radio

Hélène Florent mène l’enquête

CHRONIQUE / Elle a joué une procureure aux assises, une écrivaine, une soigneuse au hockey, une détenue pédophile... mais jamais d’enquêteuse. Dans «Eaux turbulentes», une minisérie tournée dans le nord de l’Ontario, Hélène Florent y remédie avec le personnage de l’enquêteuse Marianne Desbiens, de retour dans sa ville natale avec avoir commis une bavure policière.

«C’est une force tranquille, une femme qui ne parle pas beaucoup, mais très intuitive, très sensible. Elle a une grande empathie, les gens ont une facilité à se confier à elle. Elle s’investit beaucoup, parfois trop», me confie l’actrice, à quelques jours de la diffusion des quatre épisodes sur ICI ARTV, le vendredi à 19h à compter du 13 décembre. L’œuvre signée Marie-Thé Morin, une autrice franco-ontarienne, est réalisée par Lyne Charlebois et coproduite par une boîte ontarienne, Bliktv, et par KOTV. Nul doute qu’ICI Télé la diffusera dans un avenir rapproché.

Hélène Florent commence à bien connaître les tournages en dehors de Montréal, elle qu’on a vue à travers les années dans Belle-Baie et Conséquences, deux productions du Nouveau-Brunswick, de même que dans La dérape, dont la troisième et dernière saison vient d’être tournée à Québec, où elle revient régulièrement puisqu’elle en est originaire. Pour Eaux turbulentes, c’était la première fois qu’elle mettait les pieds à Sudbury et dans la région de Onaping. «Les acteurs du coin jouent rarement en français, même s’ils sont francophones. Ils étaient contents de pouvoir le faire avec nous. En plus, ils ont de beaux personnages, pas des faire-valoir», précise la comédienne, qui parle de conditions de tournage bien particulières où elle côtoie beaucoup d’acteurs locaux. «Si loin de chez nous, il se crée une plus grande disponibilité, on est là uniquement pour ça. Le soir, on retourne à l’hôtel, sans les soucis et les responsabilités du quotidien. Il y a une belle proximité au sein de l’équipe.»

Alors qu’on a tendance à sous-estimer certaines régions de l’Ontario, Hélène Florent n’a retenu de son séjour là-bas que des paysages fantastiques. «Les rivières, les lacs, les forêts, mais aussi les mines, les cheminées. Les lieux sont magnifiques et on en voit beaucoup dans la série. J’ai été étonnée de constater à quel point les lacs, les forêts sont vraiment tout près de la ville.»

Bien entendu, la réalité autochtone fait partie intégrante de la série, comme c’est le cas dans cette région de l’Ontario. Mais aussi parce qu’à son retour à Queensbury (ville fictive), Marianne Desbiens doit enquêter sur la mort d’une jeune autochtone, dont le corps est retrouvé près de la rivière. Pour Marianne, qui a quitté Ottawa un peu dans l’humiliation, cette enquête prendra la forme d’une quête de rédemption. Avec ses deux collègues, joués par le Québécois Gabriel Sabourin et l’Ontarien Jean-Michel Le Gal, elle voudra aller au fond des choses, non sans découvrir que l’affaire la concerne beaucoup plus qu’elle ne l’aurait soupçonné. «L’enquête va bouleverser la communauté mais aussi sa famille», me dit-elle. En parallèle de l’enquête, on suivra les retrouvailles du fils adolescent de Marianne, Billy (Jacob Whiteduck-Lavoie), avec son père, Joe Naveau (Charles Bender), qu’il n’a pas vu depuis longtemps. L’occasion de découvrir des visages peu familiers ou même inconnus du public québécois.

Hélène Florent a aussi apprécié le caractère très réaliste du bureau d’enquêteurs. «J’avais l’impression qu’on ne jouait pas à la police. On n’est pas du tout dans une série américaine, on est dans le nord de l’Ontario, le bureau est un peu improvisé dans le sous-sol à cause de rénos. C’est une petite équipe, ils font ce qu’ils peuvent. Nous formons un beau trio.»

Ce rôle est arrivé dans la carrière d’Hélène Florent quelques mois après celui de Macha Vallières dans Unité 9, qui prenait fin le printemps dernier. Un rôle certainement marqué d’une étoile dans son parcours, qu’elle aurait volontiers joué plus longtemps. «J’ai été chanceuse, j’ai eu de très beaux rôles, mais des personnages qui t’amènent aussi loin comme actrice, c’est rare.» Traiter de pédophilie au féminin avait pourtant sa part de risques. «C’est un tour de force de la part de l’auteure. Elle réussissait à donner de l’humanité à des personnages qui semblaient inaptes à en recevoir. Quand j’ai commencé, on me tirait des roches [au figuré]; à la fin, on pleurait avec elle. L’auteure voyait l’humain au-delà du crime, elle n’était pas intéressée tant par ce qu’elles avaient commis que par ce qui se passe après.»

Difficile de parler à Hélène Florent sans évoquer le décès récent d’Andrée Lachapelle, qui jouait Mme Baer dans La galère, un personnage qui a eu recours au suicide assisté. «C’est une icône pour moi. On voudrait toutes être Andrée Lachapelle», affirme la comédienne, qui l’a côtoyée durant cinq saisons sur le plateau de la série de Renée-Claude Brazeau. «Quand elle était avec nous, elle était comme la cinquième de la gang. Elle avait l’air d’une gamine avec nous, elle n’avait pas d’âge. Mon personnage était très attaché à cette femme-là, qu’elle considérait comme sa mère plus que sa propre mère. Ça m’a marquée aussi comme actrice.»

L’automne a aussi permis à Hélène Florent de faire son retour au cinéma en tournant Les oiseaux ivres d’Ivan Grbovic et Sara Mishara (Roméo Onze) avec Claude Legault, Marine Johnson et Jorge Antonio Guerrero, un acteur mexicain qui a joué dans Roma. Ses dernières apparitions au grand écran remontaient à Sarah préfère la course et surtout Café de Flore. La comédienne enchaînera d’ailleurs cet hiver avec un autre long métrage, qu’elle préfère tenir secret pour le moment.

Actualités

Mille mots et mille souvenirs au Musée d'histoire

Si les images valent mille mots, elles peuvent également valoir mille souvenirs. C’est dans cette optique que le Musée d’histoire de Sherbrooke rend disponible ses photos d’époque pour les CHSLD et les résidences pour personnes âgées. Les résidents peuvent donc se rappeler de doux moments avec leurs proches.

Le CHSLD Vigi Shermont a été le premier à bénéficier du projet Une image, 1000 souvenirs. Une vingtaine de clichés d’antan sont affichés dans le corridor principal de l’établissement. Olivette Chapdeleine, qui aura 99 ans en janvier, apprécie l’exposition qui a été lancée mardi.

actualités

Des verres réutilisables pour les boissons servies au Granada

Après avoir éliminé les pailles et réduit l’usage de verres de plastique par la proposition de canettes pour la bière et les boissons gazeuses, le Théâtre Granada franchit un pas de plus pour l’écologie en choisissant des verres réutilisables pour toutes les boissons servies dans des verres.

Cette initiative remplacera la vente de bouteille d’eau en plastique. Annuellement, c’est plusieurs milliers de bouteilles et de verres de plastique généralement destinés à l’enfouissement qui seront éliminés.

«Pour la sécurité lors des spectacles, les contenants en verre ne peuvent pas être utilisés. Dans l’optique d’offrir un service de bars plus écoresponsables, il nous fallait donc trouver un autre type de contenant qui soit sécuritaire et qui puisse servir plus d’une fois», affirme Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique de la salle de spectacle du centre-ville de Sherbrooke.

«Nous avons choisi des verres réutilisables à l’image du Théâtre Granada.» 

C’est mercredi soir, lors du passage de Patrick Watson, que cette nouvelle initiative sera lancée.

As-tu vu ça

Un photographe aux oiseaux!

Le printemps dernier, Steve Biro se tenait au bord d’un étang dans une zone de protection des rapaces, en Ontario. Le photographe amateur se préparait à croquer un pygargue à tête blanche (surnommé Bruce). Une image qu’il préparait depuis l’année précédente et qui, une fois réussie à la perfection, allait faire le tour du monde.

Il lui aura fallu un an de patience et de préparation pour réussir cet exploit : un cliché parfaitement symétrique d'un oiseau en vol.

Résident de Windsor, M. Biro travaille pour la compagnie Ford, tout en espérant un jour vivre de son art. Il immortalise tout ce qui lui tombe dans l’œil : paysages, architecture, villes, animaux, etc. Mais les oiseaux le charment particulièrement, comme en font foi ces images.

«Les oiseaux semblent être les sujets qui m’intéressent le plus en raison de leurs similarités avec les humains. Je vois tellement d'humanité chez les animaux que je photographie. Observer et respecter leurs comportements me permet de vraiment établir une relation avec eux quand je suis dans la nature. J'adore quand j'arrive à connecter avec eux, à leur niveau. La photo parfaite est en fait un moment de lien privilégié entre eux et moi. C’est sans doute pourquoi la photo de Bruce l’aigle a autant fait parler», dit-il.

Pour en voir plus, visite le site Web de M. Biro à stevebirophotography.com et @stevebiro sur Instagram.

Arts et spectacles

Des retours et une fructueuse reprise

Le bassin d’artistes professionnels dans une région comme l’Estrie étant forcément moins grand que dans une métropole, il ne faut pas s’étonner si certains noms reviennent régulièrement lors de la cérémonie des Prix estriens en arts et culture. C’est le cas du Théâtre des Petites Lanternes et d’Ariane Deslions, deux anciens gagnants qui ont remis la main sur une des quatre récompenses, décernées lundi au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

Mais pour le principal lauréat de la soirée, l’essayiste Étienne Beaulieu (qui repart avec le prix Œuvre de l’année en Estrie, la bourse de 10 000 $ associée ainsi qu’une capsule de la Fabrique culturelle), il s’agit d’un fructueux deuxième essai : l’Estrien avait en effet été en nomination pour la même bourse en 2014, qu’avait finalement remportée la directrice artistique de Sursaut Francine Châteauvert. L’élu de cette année s’est toutefois empressé de rappeler que ce n’est pas l’attrait des trophées qui le motive.

Les as

Un moment décisif pour Léonie [VIDÉO]

Pour son projet personnel au Programme d’éducation internationale de 5e secondaire à l’école l’Envolée de Granby, Léonie Fleury Paré, voit grand. Le vendredi 13 décembre prochain, elle présentera un spectacle intitulé Brouillon. Dès 20 h, à la Maison de la culture de Waterloo, elle montera sur les planches pour dévoiler ses propres compositions.

« Je pourrais faire quelque chose de plus facile comme projet, indique la jeune femme de 17 ans. Mais je me suis dit que c’était peut-être un futur choix de carrière, alors... Ce spectacle est décisif. La réussite de ce projet est significative. »

Cinéma

Les défis de Marion Cotillard

MARRAKECH — «Suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?» : Marion Cotillard s’est posé la question avant d’accepter le rôle d’une chanteuse d’opéra dans «Annette», le nouveau film du cinéaste français Leos Carax, attendu en 2020.

«J’ai lu le scénario, j’ai trouvé l’histoire au-delà de singulière, profonde et palpable : il y a ce génie poétique et cette folie qu’il y a dans les projets de Léos Carax», a expliqué l’actrice française samedi, pendant le festival du film de Marrakech (Maroc).

«Je n’ai pas dit oui tout de suite [...], j’avais des questions à me poser comme “suis-je à la hauteur du défi de ce rôle?” La réponse n’était pas positive, mais je me suis dit que j’irais quand même», a-t-elle confié pendant une rencontre avec le public. Car l’actrice «aime relever les défis», note-t-elle.

Dans cette comédie musicale lyrique, Marion Cotillard joue aux côtés de l’acteur américain Adam Driver (Star Wars, Marriage Story...).

Pour celle qui a notamment tourné avec Christopher Nolan, Ridley Scott, James Gray ou les frères Dardenne, «la chose la plus importante, c’est de travailler avec des gens complètement habités par ce qu’ils font».

«Je me suis longtemps défendu d’avoir le goût du défi [...]. Mais quand je vois ce que je fais, en fait, je dis “non” quand je ne sens pas assez de défi», a poursuivi l’actrice oscarisée pour son incarnation d’Édith Piaf dans La vie en rose.

Aussi, son rôle le plus difficile a été Lady Macbeth dans Macbeth de Justin Kurzel : «Techniquement, cela semblait insurmontable de jouer, en vieil anglais, un Shakespeare non adapté, dit-elle. J’ai toujours su que j’interpréterais ce rôle un jour, mais je pensais que ce serait sur scène et en français [...]. Le faire en anglais, c’était une pression énorme».

Ce film a été diffusé samedi soir sur écran géant sur la très touristique place Jemaa El Fna, où l’actrice a fait une apparition très applaudie avant la projection gratuite.

«Interprète avant tout»

«J’aime le travail de préparation et d’exploration pour enrichir les personnages, faire des choses singulières ou surprenantes sur certaines scènes, cela me fait vibrer», a-t-elle dit lors de la séquence Conversation with, au Palais des congrès, devant une salle bondée.

«Quand j’étais petite et que je rêvais d’être actrice, les acteurs qui me fascinaient étaient des acteurs “caméléon” qui pouvaient passer d’un rôle à l’autre sans qu’on les reconnaisse», s’est souvenue celle qui se définit comme «une interprète avant tout».

«On apporte quelque chose d’artistique, mais je ne sais pas si je me considère comme une artiste, j’interprète la vision de quelqu’un», a-t-elle précisé.

Son film préféré? Inception de Christopher Nolan, où elle joue avec Leonardo DiCaprio. Elle n’a «pas tout compris au scénario», mais le metteur en scène «avait réponse à tout» et, pour elle, travailler avec Leonardo DiCaprio était un «rêve».

Arts et spectacles

Faire apparaître la magie de Noël

La magie de Noël a pendant longtemps laissé le chanteur Bruno Pelletier de marbre. Toutefois, une invitation lancée par l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), au début des années 2000, a eu pour effet de le rendre plus réceptif aux joies des célébrations de fin d’année. À un point tel que l’artiste s’amuse désormais beaucoup durant la période des Fêtes.

« J’ai déjà été un peu Grinch de Noël, avoue sans trop de difficulté Bruno Pelletier. Je trouvais que ça arrivait trop vite après l’Halloween. C’est l’OSM qui m’a fait changer d’idée par rapport à cette fête. Je me suis réconcilié avec elle. Et, aujourd’hui, c’est une de mes périodes préférées pour chanter. »

Musique

40e anniversaire de l’album The Wall de Pink Floyd

MONTRÉAL — Ce samedi 30 novembre marque le 40e anniversaire de la sortie de l’album «The Wall» de Pink Floyd.

Il s’agissait à l’origine d’un album double coproduit par le Torontois Bob Ezrin. The Wall avait passé 15 semaines en tête du Billboard des 200 meilleures ventes d’albums aux États-Unis en 1980, avec plus de 11,5 millions de copies vendues uniquement en Amérique du Nord.

Parmi les grands succès qu’on entend encore régulièrement aujourd’hui à la radio figure Comfortably Numb.

Dans une entrevue sur les ondes d’une station de radio britannique en 2011, Absolute Radio, le membre fondateur et bassiste du groupe Roger Waters a rappelé que c’est un incident survenu au Stade olympique de Montréal, le 6 juillet 1977, qui l’avait inspiré à faire un spectacle avec un mur, puisqu’il regrettait d’avoir craché sur un spectateur.

Arts

Des souvenirs du Saguenay à Piopolis

Annie Villeneuve chante Noël chez moi depuis 2010, l’année où cette auteure-compositrice-interprète née à Jonquière, au Saguenay, a créé cette chanson, laquelle est aussi devenue le titre de son album de Noël. Ce sera également le thème de son concert au Festival Saint-Zénon de Piopolis.

« C’est devenu ma chanson préférée! s’exclame-t-elle. Elle raconte mes traditions. Les souvenirs heureux de mon enfance, je les revis chaque fois que je la chante, et je les partage, grâce aux images claires et précises que j’y ai placées. Quand je parle de tourtière, par exemple, je regarde le public et je vois des choses dans les yeux de chacun, n’importe où. »

« J’adore le temps des Fêtes, la chaleur qui vient avec, la nostalgie, ajoute-t-elle. C’est un temps d’introspection pour moi, c’est drôle, simple et grandiose à la fois! Où que je sois, même en spectacle, ça devient Noël chez moi! »

Elle parle aussi des autres chansons, du moins quelques-unes, qu’elle aura le plaisir d’interpréter. « Je ne peux pas passer à côté de l’Ave Maria (c’est traditionnel, ça aussi), de Merry Christmas (War Is Over), 23 décembre, Marie-Noël et Glory Hallelujah! » énumère-t-elle avec entrain.

Annie Villeneuve préfère écrire les paroles et musiques de ses chansons, la plupart du temps. Mais elle ne se gêne pas pour interpréter celles d’autres artistes.

« Écrire des chansons, c’est comme un don de soi, et c’est un apprentissage qui n’est pas simple. Je travaille parfois avec un collaborateur généreux. On écrit à deux. J’essaie de bien m’entourer. Faire des albums, ça rend plus mûr. Au contact des autres, on devient meilleur! »

« J’écris souvent à propos de l’amour, l’amitié, les relations de famille, et ma petite fille m’inspire également. J’écris beaucoup par rapport à ce que je vis, je réfléchis beaucoup, j’aime créer de l’émotion chez les gens qui viennent m’écouter chanter. Chaque événement m’inspire. »

Seize ans après Star Académie

C’est gravé dans l’esprit de plusieurs : Annie Villeneuve a fait partie de la première édition de Star Académie, en 2003. « Il y a encore des gens qui m’en parlent, chaque jour. On dirait qu’on a ça en commun, le public et moi. Ça a complètement changé ma vie. C’était un rêve, tout à coup une nouvelle vie, avec de nouveaux paramètres. J’ai déménagé, et ce fut un gros défi. Mais dès le point de départ à la télévision, il m’a été permis d’apprendre avec les grands de ce métier. Et j’ai appris! »

Même si elle était très jeune, Annie Villeneuve avait déjà de l’expérience, puisqu’à 16 ans, elle a fait partie de la troupe Québec Issime, en 2000, pendant deux ans. Elle a lancé son premier album solo en 2005, qui portait le titre Quand je ferme les yeux, certifié or après seulement deux mois.

« C’est une question de confiance et de faire confiance. On n’a pas le choix, en équipe, de travailler fort. J’ai été chanceuse : les nouvelles idées, j’avais ça dans le sang. Je chante depuis que j’ai huit ans, dans une famille de chanteurs. J’ai fait des concours de chant, puis j’ai joint des chorales. J’ai toujours travaillé fort. Je bookais moi-même mes spectacles. C’était très formateur! »

Sixième album

Annie Villeneuve a été très souvent sélectionnée aux différents galas de l’ADISQ, pendant plusieurs années d’affilée. Elle n’a jamais remporté de Félix. « Vous attendez quoi? s’est-elle déjà fait demander. C’est toujours intéressant d’être nommée, mais ce n’est pas un but non plus, a-t-elle rétorqué. Je ne fais pas ce métier pour gagner à l’ADISQ. Mon critère à moi, c’est surtout d’assurer des présences à mes spectacles. »

Et les succès dont elle est la plus fière? « Ma chanson Tomber à l’eau, mon premier extrait radio. Elle a une place importante dans ma carrière. Il y a la chanson Un ange qui passe, que j’aime beaucoup, parce que les gens veulent que je la chante, et ils chantent toujours beaucoup avec moi, je trouve ça beau! Ce sont les deux chansons qui me viennent en tête en premier. »

Elle travaille actuellement sur ce qui sera son sixième album. « Je le fais avec de nouveaux partenaires. J’écris de nouvelles chansons, tranquillement, sans aucune pression. Je compose tout en étant avec ma fille », conclut-elle.


Vous voulez y aller ?

Noël chez moi

Annie Villeneuve

Samedi 7 décembre 2019, 19 h 45

Église Saint-Zénon, Piopolis

Admission générale : 35 $

arts

Le spectacle des Denis Drolet a dû être reporté

Le spectacle d’humour des Denis Drolet n'a pu avoir lieu jeudi soir à la Salle Maurice-O'Bready au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.

Le duo a dû reporter la présentation intitulée En attendant le beau temps «pour des raisons de santé».

«On reviendra chez vous pour remettre ça le 17 janvier 2020! Vos billets seront valides pour la nouvelle date», a-t-on annoncé sur la page Facebook des deux humoristes sans signifier lequel des deux Denis est frappé par la maladie.

«On est complètement désolés, on avait hâte de vous voir à soir. À bientôt!»

Arts

Ratisser, retisser et métisser

Colonisation, oppression, luttes identitaires : les histoires des peuples haïtiens et québécois sont peut-être plus près l’une de l’autre qu’elles ne pourraient le laisser croire. À travers l’exposition Haïti-Québec : 2 peuples, 2 histoires, une rencontre, Marie-Denise Douyon et Radu Juster remontent le fil de chacun des récits pour en faire émerger tant les mailles apparentées que les motifs distincts, qui ont finalement mené à un tissage commun.

Aidés d’une dizaine de collaborateurs, les artistes ont monté un parcours immersif et multidisciplinaire selon une trame historique vérifiée et expliquée, notamment grâce à l’accompagnement de textes et capsules audio produits par des historiens.

« Mieux raconter, ce n’est pas nécessairement en fonction de l’exactitude des faits : c’est mieux transmettre des émotions par rapport à ce segment de l’histoire », partage Marie-Denise Douyon, qui est originaire d’Haïti et qui a vécu sur les continents africain, européen et américain. 

Créée à l’origine pour le 375e de Montréal sous le nom de Haïti-Montréal, 2 îles, 2 histoires, 1 quartier, l’exposition multimédia que Radu Juster et elle présentent aujourd’hui a évolué pour s’ouvrir à la province entière et ainsi atterrir à la Galerie d’art du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke. 

Les peintures, sculptures, projections, installations et photographies permettent de porter un œil subjectif sur certains moments-clés, comme les colonisations française, anglaise et espagnole, ou alors l’éléphant dans la pièce : l’esclavage. L’installation évoquant le transport des esclaves en bateau crée déjà un malaise notable en début de parcours. 

« C’est assez inédit comme approche, explique Radu Juster, artiste multimédia d’origine roumaine. Des historiens qui écrivent et racontent, et des artistes qui composent des choses. Il y a la notion de raconter une histoire lourde et cohérente et de trouver, pour chaque moment de l’histoire, la forme d’art plus appropriée. Parfois, c’était la photographie, parfois c’était la vidéo, la danse ou la sculpture. » 

La rencontre

La visite s’amorce avec une considération particulière pour les premiers habitants des territoires (les Taïnos d’un côté, les premières nations de l’autre) et se termine avec la rencontre des peuples, notamment à travers l’arrivée d’écrivains haïtiens (dont Anthony Phelps, Émile Olivier et Serge Legagneur) en terre québécoise. Ces derniers feront la rencontre d’intellectuels d’ici (Gaston Miron, Nicole Brossard et Paul Chamberland).

« La rencontre des intellectuels représente pour moi une période qui est très importante pour le Québec, note Mme Douyon. On est dans le Québec de la Révolution tranquille, qui veut se forger une identité autre que celle imposée par le peuple dominant. Et les Haïtiens sont dans tout le mouvement des écrivains noirs. Il y a Senghor en Afrique, Césaire en Martinique, plus tard on aura Chamoiseau. Il y a cette identité d’écrivains francophones antillais, caribéens, haïtiens... et l’identité des Québécois. Tout le monde revendique une identité particulière. » 

D’autres parallèles surgissent par endroits, comme dans la vidéo Évangélisation Haïti et Québec, démontrant les dynamiques de pouvoir du clergé auprès des peuples haïtiens et autochtones, alors qu’ailleurs sont reconnues des souffrances propres à Haïti, comme le transmet la chorégraphie de Rhodnie Désir dans Le prix de l’indépendance. 

Effet papillon

« L’histoire est un chaînon d’événements qui se poursuivent, note Mme Douyon. On ne peut pas s’isoler dans un instant. Il y aura toujours l’écho de l’aile de papillon. Je pense qu’on a un rôle en tant que créateur de dénoncer et d’interpeller, l’art étant un puissant levier d’action. Cette exposition était l’occasion rêvée de pouvoir parcourir quatre, cinq, six siècles d’histoire et de réfléchir sur des parcours de vie différents, mais en même temps sur notre responsabilité en tant qu’individu qui font partie de l’humanité. »

Jean-François Leclerc, historien et muséologue ayant contribué à l’exposition, croit notamment que l’aspect de l’esclavage mérite attention. « On a fait partie du problème. C’est important que les Québécois se rendent compte qu’on l’a oublié mais qu’on l’a vécu. On se le rappelle périodiquement, mais on l’oublie aussi périodiquement », avance-t-il devant la section portant sur la Nouvelle-France. À travers d’imposantes toiles, on y traite de la mystérieuse histoire de Marie-Josèphe Angélique, cette esclave noire montréalaise qu’on a exécutée pour avoir prétendument provoqué un incendie. 

« Souvent, quand les artistes utilisent l’histoire, ils vont rester un peu plus en surface, poursuit M. Leclerc. Là, on rentre en profondeur. Il y a plusieurs couches d’histoire. L’artiste signe, on comprend que c’est son interprétation, mais il y a la possibilité de partir de ça et d’aller vers une interprétation contraire. C’est très intéressant en termes didactique et pédagogique. »