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Arts et spectacles

Conversation de salon avec Mathieu Lafontaine

Parce que la pandémie de la COVID-19 fait qu’on est chacun à la maison, solidaires en solo, en duo ou en petits noyaux familiaux, on entame aujourd’hui une chaîne d’entrevues qui nous promènera d’un univers à un autre. Premier arrêt téléphonique dans le 819, chez Mathieu Lafontaine, alias Claude Cobra de Bleu Jeans Bleu.

J’entends le vent dans le combiné. Le chant des oiseaux aussi. Le soleil de midi a les allures d’un printemps qui appelle au port du chic coton ouaté. Mathieu Lafontaine en profite pour prendre l’air dans la cour arrière de sa maison sherbrookoise. 

Le chanteur de Bleu Jeans Bleu devait enchaîner les vers d’oreille devant des salles combles ces semaines-ci. Le report des nombreux spectacles printaniers qui figuraient au calendrier du groupe en raison de la COVID-19 impose un nouveau rythme, modulé par la vie de famille. 

« Cette pause forcée me permet de faire du rattrapage à la maison. Ma blonde télétravaille un peu, je passe mes journées dans la douceur, avec notre petit garçon de deux ans et demi. »

Ce quotidien au tempo lent, il l’accueille avec une certaine zénitude. Ce qui donne un peu le vertige, c’est l’inconnu devant soi. Le temps suspendu pour on ne sait pas combien de semaines ou de mois.

« C’est tout un casse-tête pour les salles de spectacle! On reporte les engagements, mais on ne sait plus quel horizon viser. Je n’embarque pas dans les scénarios pessimistes, la vie va reprendre son cours à un moment donné. C’est juste qu’on ne sait pas quand. Et c’est ce flou-là qui fait sans doute que c’est plus difficile pour beaucoup de monde. »

Les sociologues et autres grands penseurs le disent : après la crise, il y a aura du mouvement. Un avant, un après.  

« Le monde aura changé dans la mesure où on aura tous appris de ça. Je crois qu’on va voir les choses avec une autre paire de lunettes. »

Les grandes secousses sont, après tout, des révélateurs. 

« Avec le groupe, on roulait à 300 pour cent. J’avais toujours quelque chose à régler. Là, je ralentis pour vrai. Je vois que la demi-vitesse est possible, elle fait du bien, je goûte ces jours-là avec ma famille. Plus globalement, je crois que, tous, on réalise la valeur des rapports sociaux. Après un peu plus d’une semaine de confinement chez nous, on constate qu’on a tous envie de voir nos amis, d’organiser des soupers, de se retrouver autour d’un feu de camp, d’aller au bureau pour voir les collègues ou à l’école pour croiser les copains. Cette vie de société dont on est tous momentanément privés nous manque, on mesure d’autant plus son importance », dit celui qui baigne dans la musique depuis l’enfance. 

Une première guitare offerte « alors qu’il était beaucoup trop jeune pour l’apprécier » a traîné longtemps dans sa chambre. 

« Mon père est un multi-instrumentiste qui avait fait un peu de tournées dans ses jeunes années. J’ai fini par lui demander de me montrer quelques accords. C’est le point de départ de mon intérêt pour la musique. Je réalise que j’avais probablement aussi reçu un petit bagage génétique d’oreille musicale et de sens du rythme. »

Inscrit à tout

À l’époque, le jeune musicien détestait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un exposé oral ou à un spectacle scolaire. Jamais il n’aurait pensé monter un jour sur scène. 

« J’ai fait mes quatre premières années de secondaire au Collège Sacré-Cœur de Victoriaville. Il n’y avait pas tellement d’activités en dehors des cours. »

Quand l’établissement privé a fermé ses portes, il s’est retrouvé à la polyvalente. La vie parascolaire était riche de possibles. 

« C’est pas compliqué : je me suis inscrit à tout. J’ai fait du football, du théâtre, de l’animation. J’ai découvert cette année-là que j’avais besoin de patauger dans le monde du spectacle. En vieillissant, j’ai compris que ce que je maîtrise le mieux, mon meilleur canal d’expression, c’est la musique. » 

Plusieurs artistes profitent peut-être de la retraite à domicile imposée pour créer. Pas Mathieu. 

« Notre affaire, c’est un projet de gang. Et je ne fais pas partie de ceux qui ont l’inspiration décuplée par la tourmente. Les gars du groupe et moi, on s’écrit tous les jours. On écoute les consignes, on fait comme tout le monde et on reste chez nous. On se dit que lorsque la roue va repartir, ça va être magnifique. Mais vraiment magnifique. Pour tout le monde. Dans les salles de spectacle, on va savourer le moment, les artistes autant que le public. »

Peu importe ce sera quand, dans quelques semaines, dans quelques mois, ce moment-là aura la saveur du printemps. Avec un vent doux, un soleil chaud et des oiseaux qui chantent.

Musique

Le clip à voir: Amelie No

Parce que la musique fait du bien, parce que nos artistes continuent de créer (et on les en remercie), nous partagerons avec vous ici et là des vidéoclips qui ont accroché notre œil… et nos oreilles.

Vous l’avez peut-être connue dans son groupe I.No, ou encore découverte au concours télévisé La voix. Amelie No lancera bientôt son premier album solo. Elle en dévoile aujourd’hui un deuxième extrait, Deep. Le clip réalisé par William Mazzoleni nous amène dans une fin de semaine au chalet qui s’annonçait festive, mais qui pourrait s’avérer trouble. 

Arts

Juste pour rire met à pied temporairement les trois quarts de ses effectifs

MONTRÉAL — Le Groupe Juste pour rire a mis à pied temporairement plus des trois quarts de ses effectifs, dans la foulée de la pandémie de la COVID-19 qui a vu de nombreux travailleurs perdre leur emploi.

Ces mises à pied touchent autant les artistes que les employés permanents, temporaires et contractuels de l’entreprise, précise-t-on dans un communiqué. L’entreprise n’a toutefois pas souhaité préciser le nombre exact d’employés touchés.

Le président-directeur général du Groupe Juste pour rire, Charles Décarie, explique dans le communiqué que la situation évoluant rapidement et devenant de plus en plus critique pour l’industrie et l’entreprise, le groupe a dû prendre «toutes les mesures nécessaires» afin de stabiliser sa situation et assurer la pérennité de ses activités.

«Nous travaillons actuellement d’arrache-pied afin de faire en sorte que tous puissent revenir quand la tempête sera enfin passée. Car si nous devons malheureusement procéder à ces mesures rigoureuses, c’est bien sûr pour protéger les emplois dans le futur», affirme-t-il.

Le Groupe Juste pour rire a annoncé plus tôt cette semaine l’annulation de la comédie musicale Kinky Boots, qui devait être présentée à Montréal et Québec cet été.

Juste pour rire a cependant précisé que son festival d’humour, qui doit commencer en juillet, est toujours au calendrier et que la situation est évaluée au jour le jour.

Le Groupe Juste pour rire dit également continuer de rassembler les gens sur les plateformes numériques comme YouTube en alimentant encore davantage sa chaîne d’humour francophone, Juste pour rire en continu.

Télé et radio

L'Échappée: des adieux amers

CHRONIQUE / Ceux qui ont vu la finale de L'Échappée lundi soir à TVA sont restés avec l'impression que le personnage de Brigitte Francoeur disparaissait de l'histoire. «Oui mais non», ai-je écrit. Réponse martelée du diffuseur, du producteur et de la firme de relations de presse à cette interrogation, encore à ce jour: «le personnage de Brigitte, campé par Julie Perreault, est dans les plans de la cinquième année de L'Échappée

Le collègue de La Presse Hugo Dumas a depuis évoqué le départ de Julie Perreault, dans des circonstances peu cordiales. La comédienne n'a pas voulu commenter la nouvelle mercredi, visiblement ébranlée, se limitant à dire que son contrat avec L'Échappée était terminé. Son agent ne nous a pas rappelé.

En entrevue au Soleil, l'auteure-coordonnatrice Michelle Allen dit avoir été choquée et blessée de lire qu'il y avait des tensions entre l'actrice et elle. «Durant deux ans, on a très bien travaillé et il n'y avait aucun problème. En juin 2018, j'apprends par son agent qu'elle veut quitter L'Échappée à la fin de la troisième saison. Je ne pouvais pas, il y avait une ligne dramatique qui était entreprise, Brigitte ne pouvait pas disparaître vite comme ça, sans préparer la suite. J'ai envoyé un long courriel à Julie pour trouver un arrangement, essayer de voir ce qu'il était possible de faire pour préparer son départ. Je n'ai jamais eu d'accusé de réception.»

Puis, le producteur André Dupuy a réussi à convaincre Julie Perreault de rester pour une quatrième et dernière saison. «J'ai promis que je préparerais son départ et j'ai respecté mon entente. J'ai prévenu TVA en mars 2019 que Julie s'en allait, pour des raisons de scénario. Le diffuseur n'y a vu aucun problème, puisque L'Échappée marche assez fort», poursuit Michelle Allen, qui a également signé les deux saisons de Fugueuse.

Elle explique qu'elle a depuis, à de nombreuses reprises, contacté Julie Perreault pour avoir ses impressions, sans succès. «J'ai essayé de lui préparer la plus belle fin que je pouvais lui donner, sans la faire mourir. J'avais envie qu'on voit son personnage gagner.» Puis, l'auteure souhaitait que Brigitte survive au départ de l'actrice dans la vie de ses personnages, bien qu'il n'ait jamais été question de remplacer Julie Perreault dans le même rôle. «Comme on s'est beaucoup attaché à elle, elle ne peut pas seulement disparaître de Ste-Alice comme ça», m'a-t-elle expliqué.

Ainsi, Brigitte sera très présente dans l'esprit des personnages cet automne, puis au centre d'un événement majeur, que je ne peux vous révéler pour l'instant, puisque ce serait dévoiler un immense punch. Disons que cet événement aura des répercussions sur à peu près tout le monde. «C'est certain qu'on va évoquer son existence. Elle est encore au cœur de bien des histoires, c'est la mère de Jade, la sœur de Noémie», rappelle l'auteure.

C'est courant pour un auteur de recevoir les commentaires des acteurs, qui souhaitent comprendre les gestes parfois surprenants de leurs personnages. «Quand un acteur ne se sent pas à l'aise avec une réplique, on la change, c'est tout. C'est normal, un acteur qui n'a pas de questions fait mal sa job.» Dès le départ, Julie Perreault a adressé directement ses questions à Michelle Allen, par téléphone ou par textos, alors que d'autres passent par le réalisateur. «Pour Julie, ça a toujours été spécial, c'était notre «lead» [la vedette principale]. J'y répondais tout de suite. Elle se plaignait qu'elle n'avait rien à défendre, alors on lui a fait vivre beaucoup de choses. On a travaillé fort pour lui donner du jus, de belles scènes, avec Bruno (Alexandre Goyette) entre autres.»

«Elle a bien fait son travail jusqu'au bout. C'est dommage que ça se termine comme ça», considère Michelle Allen. À la toute fin, Brigitte devait dire en faisant ses adieux: «Je vais revenir vous voir.» «J'avais envie qu'elle le dise, même si je m'étais engagée à ce qu'elle ne revienne pas. Que Brigitte dise ça à sa fille, c'était symbolique. Le réalisateur m'a informé qu'elle n'avait pas voulu dire cette réplique. C'était pour le personnage, pas pour l'actrice, je savais qu'elle ne reviendrait pas», s'étonne pourtant l'auteure.

Sans être courant, il arrive qu'un acteur choisisse de quitter un rôle. «Ce n'est pas facile à gérer. On s'attache à nos artistes, qui sont très bien payés et entourés par la production. On construit quelque chose avec eux.» Après tout ça, Michelle Allen considère avoir tout fait pour que Julie Perreault soit heureuse sur le plateau de L'Échappée. «Je suis une fille d'équipe, j'aime travailler avec les gens. L'Échappée est un très beau plateau. Pas de tyrannie, de manque de communication, je travaille vraiment dans un esprit de collaboration. On travaille tellement fort, tellement vite. Ça me désole que l'impression qui en ressort, c'est qu'il n'y a pas de respect sur le plateau de L'Échappée

Sur la quatrième saison de sa série, Michelle Allen conclut ainsi: «Je pense qu'on a fait une excellente quatrième année. Je le pense vraiment. J'ai envie que ce show-là dure longtemps. Je l'aime.»

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Arts et spectacles

Le Conseil de la culture de l’Estrie prend le pouls du milieu

À peine quelques jours après le début de la crise du coronavirus, le Conseil de la culture de l’Estrie était déjà à pied d’œuvre pour prendre le pouls des artistes, diffuseurs et organismes culturels de la région, lesquels ne vivent pas tous la situation actuelle de la même façon.

« On nous a demandé d’être le relais entre le milieu culturel et les principaux bailleurs de fonds (CALQ, SODEC, ministère de la Culture, les villes, Services Québec, etc.). Le CCE a d’ailleurs été un des premiers du Québec à lancer un sondage auprès de ses membres », souligne la présidente Sylvie L. Bergeron, ajoutant que cette initiative a été imitée par d’autres ensuite.

Arts et spectacles

«Regardez: y’a un chevreuil!» [VIDÉO]

TROIS-RIVIÈRES — «Moi, chus pas sur les réseaux sociaux. Ça m’aide à pas me laisser emporter par l’anxiété pendant la crise.» C’est précisément pour qu’il me parle de la vidéo qu’il a diffusée mercredi sur sa page Facebook que j’appelais Fred Pellerin. Il est gentil, Fred, mais des fois, il est mêlé comme une poignée de moulée.

«Ouain, la vidéo... C’est Micheline (Sarrasin, sa gérante) qui me disait que beaucoup l’ont fait ces derniers jours. Je me suis dit que je pourrais faire ma part. Comme apporter un bouquet de douceur dans le tumulte.»

Actualités

Pas de Cirque du Soleil à Trois-Rivières en 2020: «Vive nos divas» reporté d’un an

TROIS-RIVIÈRES — C’est maintenant officiel. Le Cirque du Soleil ne sera pas à Trois-Rivières cet été pour présenter «Vive nos divas». La pandémie de coronavirus a eu raison de la production, qui sera toutefois reportée d’un an et sera présentée en 2021.

Selon le président et directeur général du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, plusieurs raisons ont motivé cette décision, mais l’annonce du gouvernement Legault de fermer jusqu’au 13 avril les entreprises non essentielles a fait en sorte d’accélérer la décision. «Ça devenait clairement impossible pour les créateurs et les artistes de se préparer adéquatement en fonction du niveau de spectacle que l’on veut offrir. Par respect pour le public trifluvien, il n’était pas question de faire de compromis sur la qualité. Vous savez, même les Jeux Olympiques de Tokyo ont été reportés d’un an. On a beau être têtus, optimistes et ambitieux, il vient un moment où la réalité nous rattrape», résume Daniel Lamarre, qui est notamment d’avis que le Cirque du Soleil et l’Amphithéâtre Cogeco se devaient de poser un geste responsable. 

«On ne peut pas aller à l’inverse d’une logique sociale implacable. Nous devons présentement composer avec des choses qui sont plus graves et plus importantes que le contenu d’un spectacle, et notre conscience sociale doit l’emporter sur notre conscience économique», ajoute Daniel Lamarre.

La direction de l’Amphithéâtre Cogeco indique que tous les employés de l’Amphithéâtre affectés à la production estivale du Cirque ont été rencontrés mardi afin de recevoir l’information. Il leur a par ailleurs été mentionné que puisque la production serait reportée d’un an, l’entente avec le Cirque du Soleil, prévue sur dix ans, sera elle aussi prolongée d’une année. Ainsi, au terme de l’entente, dix spectacles auront été présentés à Trois-Rivières, mais sur onze ans.

«Nous avons une responsabilité sociale envers le public, les artistes et les travailleurs et la décision était devenue incontournable. C’est une décision qui a été prise de concert entre notre organisation et le Cirque du Soleil, avec qui nous avons développé une très belle collaboration depuis des années. Même dans les moments difficiles, cette collaboration demeure», précise Steve Dubé, directeur général de l’Amphithéâtre Cogeco.

Daniel Lamarre est bien conscient que cette décision entraînera aussi des pertes financières importantes pour le milieu des affaires du centre-ville. «Je suis bien triste pour ces gens qui, comme le Cirque du Soleil, souffrent abondamment de la situation actuelle. On a hâte de retrouver notre optimisme économique. Du matin jusqu’au soir, je travaille pour maintenir l’entreprise en vie, et nous allons y arriver. Et les gens de Trois-Rivières peuvent être rassurés: on aura un an et quelques mois pour préparer le spectacle, et il n’en sera que meilleur», signale Daniel Lamarre.

Billets

Les ventes en billetterie allaient déjà très bien, confirme Steve Dubé. Ainsi, les gens qui avaient déjà des billets pour la présentation de cet été peuvent les conserver, car ces billets seront honorés lors de la présentation du spectacle en 2021. Par ailleurs, chaque détenteur de billets recevra de l’information par l’envoi d’une infolettre afin de connaître les modalités entourant cette décision.

Steve Dubé explique que toute l’équipe a été rencontrée en lien avec cette décision, mais également avec les directives gouvernementales. Les employés qui étaient embauchés de façon temporaire l’été pour les prestations du Cirque du Soleil ne seront tout simplement pas rappelés cette année pour ces contrats. Pour l’équipe permanente de l’Amphithéâtre, l’ensemble de l’équipe demeure à l’emploi pour l’instant. Toutefois, si les directives gouvernementales de fermeture des entreprises non essentielles devaient se prolonger au-delà du 13 avril, il pourrait y avoir des mises à pied temporaires, confirme Steve Dubé.

Est-ce que le report du spectacle du Cirque du Soleil pourrait rimer avec une nouvelle programmation durant la période estivale à l’Amphithéâtre Cogeco? «On suit la situation de près. Chaque jour, on suit les points de presse du premier ministre Legault, comme la plupart des Québécois. Pour le moment, notre préoccupation est de prendre soin de notre équipe, tant sur le plan physique que psychologique. Pour le reste, on va voir selon l’évolution de la situation», mentionne M. Dubé.

Télé et radio

Quel printemps nous attend?

CHRONIQUE / Les grilles printemps-été des réseaux de télévision ne sont jamais bien garnies. Elles le seront encore moins cette année, en raison de la crise du coronavirus, qui empêche le tournage et le doublage de plusieurs émissions.

Sur ICI Télé, on croit encore possible de lancer comme prévu la nouvelle saison du talk-show Bonsoir bonsoir avec Jean-Philippe Wauthier, le lundi 6 avril à 21h, en adoptant un tout autre ton, dans les circonstances. C’est beaucoup moins sûr pour le nouveau jeu Question de jugement, qui devait remplacer Des squelettes dans le placard, et dont les tournages devaient commencer maintenant. Le diffuseur aura vraisemblablement quatre demi-heures à combler, à 19h, à partir du 20 avril.

TVA réserve ses décisions pour aujourd’hui. Le réseau a en banque toute une saison de Si on s’aimait, le docu-réalité de Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin, reporté à deux reprises depuis l’automne. L’émission prendra la case du lundi au mercredi à 19h30, dès le 6 avril, mais les échos ne sont pas très élogieux. Par contre, qu’adviendra-t-il de Sucré salé, animée par Patrice Bélanger? On devra aussi combler les cases laissées vacantes par le retrait de La poule aux oeufs d’or, La voix et la soirée Artis, entre autres. On ne peut tout de même pas rediffuser Les gags et Bloopers TVA à l’infini.

Des quatre grands réseaux, V sera certainement le moins touché pour l’instant, puisque sa programmation estivale se limite à des rediffusions et à de nouvelles émissions de Tout s’embellit avec Julie. Pour traverser la crise, le bulletin NVL a été réduit à 15 minutes, sans la participation de Québec et des régions. En principe, La semaine des 4 Julie doit se poursuivre jusqu’au 2 avril, en prenant toutes les précautions requises au studio MTL Grandé. L’émission est la seule en direct et reliée à l’actualité sur V. Mercredi, la mairesse Valérie Plante et la ministre Marguerite Blais apparaissent dans la liste d’invités de Julie Snyder.

Je ne veux pas voir trop loin, mais le problème risque de faire mal à la grille d’automne si la crise persiste. Entre autres parce que les tournages des séries québécoises commencent dès le printemps. On peut bien sûr retarder de quelques semaines, mais pas des mois. ICI Télé et TVA pourraient alors devoir piger dans le contenu de leurs plateformes payantes, ICI Tou.tv Extra et Club illico, pour boucher les trous de leurs grilles. À V, on a dû interrompre les tournages d’À table avec mon ex, alors que ceux d’Un souper presque parfait n’avaient pas commencé.

DOUBLAGE INTERROMPU

La crise actuelle atteint aussi l’industrie du doublage et de la surimpression vocale, dont les studios sont paralysés, tant ici qu’en France, d’où proviennent la plupart des versions françaises des séries. Ainsi, Super Écran commence déjà à présenter des versions sous-titrées en français des séries de HBO, notamment la troisième saison de Westworld, diffusée le mercredi à 21h, en attendant que le doublage reprenne. Plusieurs autres chaînes québécoises dépendent des studios français, dont les quatre grands réseaux, de même que Séries+, MAX, ELLES Fictions, AddikTV, Prise 2 (pour les séries récentes) et ICI ARTV, entre autres. Le public de ces chaînes, qui n’est pas friand des sous-titres en général, devra éventuellement s’en contenter, ou alors être bombardé de reprises, si la crise s’étend.

L’Union des artistes a reçu plusieurs messages de ses membres, inquiets de constater que le studio MELS à Montréal poursuivait ses opérations, notamment en matière de doublage. Le Groupe TVA devait prendre position hier sur l’éventualité de maintenir le travail, en regard des directives émises par le gouvernement. En principe, celles-ci permettaient à MELS de poursuivre ses activités jusqu’à minuit hier soir. Quelques-unes des chaînes spécialisées de divertissement de Groupe TVA, CASA, Moi et cie, Évasion et Zeste, dépendent beaucoup de la surimpression vocale, qui accompagne plusieurs de ses acquisitions.

L’ÉCHAPPÉE SANS JULIE PERREAULT?

En voyant la finale lundi, les fans de L'Échappée ont eu l’impression que Julie Perreault quittait la série de TVA. Oui mais non; on la reverra, me dit-on. «Le personnage de Brigitte, campé par Julie Perreault, est dans les plans de la cinquième année de L'Échappée», affirme sans hésitation Joëlle Mauffette, chez RuGicomm. Même son de cloche chez le diffuseur et le producteur. Quoi qu'il en soit, il est clair que le personnage de Brigitte ne sera plus au centre des intrigues comme avant. Comme nous a habitués Michelle Allen, la saison de cette année a pris fin dramatiquement, avec deux morts. L’autrice, qui a déjà été comédienne, s’est même gardé un petit rôle, qui a fini dans un bain de sang! La cinquième saison de L’Échappée est prévue pour l’automne, si tout va bien.

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Arts et spectacles

David Goudreault finaliste pour le prix littéraire France-Québec

Au milieu de la pléthore d’annulations, dont le Salon du livre de Trois-Rivières, dont il devait être le président d’honneur, ainsi que celui de Québec, l’auteur sherbrookois David Goudreault vient de recevoir une bonne nouvelle : son roman Ta mort à moi (Stanké) a été sélectionné parmi les trois finalistes de Prix littéraire France-Québec.

La plus récente œuvre de l’écrivain, slameur et parolier a été retenue avec ceux de Michel Jean pour Kukum (Libre Expression) et de Gabrielle Filteau-Chiba pour Sauvagines (XYZ). Huit romans québécois étaient sur la ligne de départ.

Livres

Mort d’Uderzo, père d’Astérix 

PARIS - Dessinateur au trait de génie, Albert Uderzo, est mort mardi avec la certitude qu’Astérix et ses turbulents amis gaulois, qu’il inventa en 1959 avec René Goscinny, emblème de la culture française internationalement connu, lui survivront longtemps.

«On ne me reconnaît pas dans la rue. Je pourrais passer derrière une affiche sans la décoller. Les personnages peuvent devenir des mythes, mais pas nous, leurs pères», disait le co-inventeur du rival mondial de Tintin et de Mickey.

Portant le poids des ans avec prestance et un détachement amusé, Albert Uderzo sera finalement resté un homme peu connu, de caractère réservé et d’allure tranquille, préférant parler de son travail que de lui.

Grand amateur de Ferrari (une vingtaine ont transité par son garage), ce fils d’un couple d’immigrés italiens résidait dans un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine. Il était riche, grâce aux quelque 370 millions d’albums vendus dans le monde (traduits en 111 langues ou dialectes), une quinzaine de films (animation et cinéma), un parc de loisirs, des jeux vidéos, des produits dérivés par centaines.

La mort en 1977, à 51 ans, du grand scénariste René Goscinny, lors d’un test d’effort effectué pour un bilan de santé, l’affecta beaucoup. Ils ont publié ensemble 24 albums. Grâce à eux, la bande dessinée a conquis le grand public.

Uderzo a ensuite quitté Dargaud, son éditeur historique, pour fonder sa propre maison, les éditions Albert-René, et reprendre le flambeau pour huit Astérix en solo (sans compter les albums anniversaires et de récits courts).

«On ne m’a pas fait de cadeaux. Oui, bien sûr, je souffre d’un complexe "Goscinny", mais on me le crée aussi», disait-il en référence à la presse jugeant ses albums moins bons que ceux du tandem. Pourtant, ils ont fait un tabac auprès du public.

À l’instar d’Hergé pour Tintin, Uderzo ne voulait pas de nouveaux Astérix après sa mort. Il a finalement changé d’avis. En 2011, souffrant d’un rhumatisme articulaire à la main droite, il passa le relais (en accord avec Anne Goscinny, unique ayant-droits de son père) à des auteurs plus jeunes, tout en suivant de près leur travail, là encore couronné de succès.

«Ma main n’était pas faite pour ce métier, racontait-il. Regardez les "patasses" que j’ai ! Ce sont des mains de charcutier, j’ai de gros os, comme mon père. J’ai encré tous mes dessins au pinceau, ce qui requiert beaucoup d’adresse. J’ai dû miner ma main en travaillant comme ça».

Conflit avec sa fille

Né le 25 avril 1927 à Fismes (Nord-Est), Albert naît avec douze doigts. L’anomalie sera corrigée par une opération. Son père était luthier. L’enfance, à Paris, est modeste, mais heureuse.

Le jeune homme, qui est daltonien, découvre le dessin à la Société parisienne d’édition qui publie «Les pieds nickelés». Après la guerre, il lance des héros comme «Belloy l’invulnérable», «Flamberge», «Clopinard» ou «Arys Buck», un hercule accompagné (déjà) d’un petit compagnon casqué. Il travaille, entre autres, pour France-Dimanche et France-Soir.

C’est une période de vache enragée : «vivre de la BD était très dur à l’époque, disait-il, et j’ai dessiné une quantité astronomique de planches pour régler les fins de mois».

En 1951, il rencontre Goscinny, début d’une collaboration fraternelle de 26 ans. Ils créent «Jehan pistolet» le corsaire, puis «Oumpah Pah» le peau-rouge.

En 1959, dans un HLM de Bobigny en banlieue parisienne, où habite Uderzo, entre cigarettes et pastis, ils inventent un nouvel univers tout en «ix», avec une bande d’irréductibles Armoricains. L’idée proviendrait des séjours en Bretagne pendant la guerre du frère aîné d’Albert, Bruno, désireux d’échapper au STO (Service du travail obligatoire).

Anti-archétype du Gaulois viril, Astérix fait son apparition dans le premier numéro du magazine «Pilote» en octobre 1959, à la page 20. Le numéro s’arrache. Cette même année, Uderzo crée, avec le scénariste Jean-Michel Charlier, «Les aventures de Tanguy et Laverdure», un succès (c’est le frère cadet d’Albert, Marcel, qui s’occupa en partie des couleurs).

En 1961, paraît «Astérix le Gaulois», premier album d’une longue série. Rapidement, le dessinateur aux traits si expressifs ne se consacrera plus qu’aux aventures du Gaulois à gros nez et de ses amis, archétypes des Français.

En 2008, c’est «La zizanie», titre du 15e album, qui résume tristement le dur conflit entre Albert Uderzo et sa fille unique, Sylvie. Ils se déchirent autour de la prise de contrôle par Hachette Livre de 60% des éditions Albert-René, dont Sylvie détient les 40% restants. Après sept ans de guerre ouverte et de procédures judiciaires, ils se sont réconciliés en 2014, mais, disait-il, cette affaire «m’a miné».

Arts

Notre suggestion: la dictée virale

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Ce ne sont pas tous les enfants qui sont ravis d’être en congé forcé d’école (chez nous, c’est très partagé...). La boîte de production Trinome & filles a eu une super idée : une dictée virale! Tous les soirs, une personnalité lira en ligne un texte, destiné aux petits, à partir du troisième cycle du primaire, et aux grands!

Richard Therrien

Crave gratuit pour 30 jours aux nouveaux abonnés

BLOGUE / Bell Média rend gratuit le contenu intégral de sa plateforme Crave gratuit jusqu'au 30 avril. Seuls les nouveaux abonnés qui ont accès à Internet auront droit à cette promotion, durant la période de crise actuelle.

L'offre est disponible sur l'application Crave et sur le site Crave.ca, même si des clients de Bell affirment qu'on leur a déjà offert un mois gratuit dans la dernière année. Des collections spéciales ont été créées à l'intention de la clientèle confinée à la maison, que ce soit «Pour toute la famille», «À regarder en rafale» et «Cinéma en famille». Vous pourrez y trouver des séries québécoises, mais aussi des longs métrages et des titres étrangers, tirés notamment du catalogue de HBO.

Voilà qui mettra de la pression sur le Club illico, qui n'offre plus cette promotion. L'Extra d'ICI Tou.tv est aussi offert gratuitement pour un mois aux nouveaux abonnés.

Déjà, Radio-Canada a annoncé avoir ajouté des titres dans la section gratuite d'ICI Tou.tv, mais on est loin du contenu intégral. Club illico n'a pour l'instant rien annoncé de tel.

On invoque notamment les coûts élevés des droits de diffusion du contenu original.

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Télé et radio

TLMEP: rassemblés dans l'isolement

CHRONIQUE / Guy A. avait enfilé ses gants de vaisselle roses pour ce Tout le monde en parle bien spécial, en direct et sans public. On peut parler d'une émission qui a fait œuvre utile, pour nous qui avions besoin de nous faire rassurer, de nous sentir unis dans notre isolement. Vive la télé rassembleuse. Le tout était préparé par une équipe réduite, respectant le principe de la distanciation sociale, sur le plateau comme en coulisses.

On est sorti vraiment moins niaiseux de l'entrevue avec le professeur d'histoire Laurent Turcot, à qui je décerne l'étoile du match, et qui souhaite qu'on tire enfin des leçons de cette nouvelle pandémie et qu'on ne «répète pas les mêmes niaiseries». Il y a 100 ans, quand la grippe espagnole a fait 100 millions de victimes, les gouvernements se sont tus et ont censuré les journaux. Et quand on cherche des coupables... «c'est jamais les bons. On prend toujours les mêmes, les marginaux», déplore Laurent Turcot, qui a fait un portrait historique clair et percutant des différentes épidémies. Il déteste l'expression galvaudée «on vit un moment historique», mais cette fois, elle est on ne peut plus justifiée. «Soyez contents de payer des impôts. […] On s'est donné les moyens d'agir collectivement», a lancé Laurent Turcot au sujet des moyens considérables pris par les gouvernements depuis le début de la crise. «Quand le vaccin va arriver, il faut le prendre», rappelle le brillant communicateur aux anti-vaccins, qui oseraient remettre en cause ce moyen efficace, le moment venu. Et comme on ne faisait rien comme d'habitude, dimanche, c'est dans les gradins que M. Turcot a passé le reste de l'émission.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, s'est retrouvé à devoir défendre son chef, qui n'a pas la cote depuis le début de la crise. «On a pris les bonnes mesures pour protéger le pays», considère M. Champagne, diplomate, en regard du nombre modéré de personnes atteintes au Canada. Si Justin Trudeau nous demande de ne pas juger ceux qui sont quand même partis en voyage, le ministre admet qu'il les juge «un ti peu». Pour faire revenir les Canadiens au pays, M. Champagne affirme que les compagnies aériennes coopèrent, et qu'un prix raisonnable est exigé. Juste avant d'arriver sur le plateau, il négociait avec le Pérou afin de pouvoir faciliter le retour de compatriotes bloqués dans ce pays.

Quel baume au coeur de voir Bernard et Diane Ménard en si grande forme. Le sympathique couple a contracté la COVID-19 sur le bateau de croisière Diamond Princess. «On a eu très peur. [...] À l'hôpital, on pensait vraiment ne pas s'en sortir», a confié Mme Ménard dans cette entrevue réalisée par Skype, de la résidence du couple à Gatineau. Hospitalisés au Japon durant 16 jours, ils ont tous deux souffert d'une pneumonie, entourés de personnel qui ne parlait que le japonais. «Des fois, je voulais le mettre en pénitence», a blagué Bernard Ménard au sujet du ministre Champagne, qui parvenait tout de même à rassurer le couple. Leur premier repas à leur retour: un bon pâté chinois! «J'ai jamais été si fier de demeurer au Québec», admet M. Ménard, qui donne 11/10 au premier ministre François Legault pour sa gestion efficace de la crise. Bien difficile de le contredire.

François Bellefeuille, qui a dû mettre un terme à sa tournée, a mis quatre ou cinq jours à trouver son équilibre en confinement familial. Il s'ennuie des rires mais voit quelque chose d'extraordinaire à voir ses enfants ne plus craindre ses départs fréquents. Comme plusieurs d'entre nous, l'humoriste est impressionné par François Legault, lui qui n'est pourtant pas un fan de la CAQ. «Ma blonde est en amour avec Horacio», dit-il, «fier d'être Québécois». Convaincu que les humoristes ont un rôle à jouer durant cette crise, il a vanté les mérites du bidet, qui l'a sauvé de la folie du papier de toilette.

«Montréal roule. Au ralenti, mais elle roule», insiste la mairesse Valérie Plante, qui a néanmoins pris un tas de mesures pour limiter la propagation de la COVID-19 et faciliter la vie des Montréalais. Elle insiste pour que le transport collectif continue; la baisse d'achalandage de 70% permet de se tenir à distance des autres passagers. Si elle ferme les parcs, qui constituent la «cour arrière» des Montréalais, ce sera en dernier recours. Imposer une quarantaine et couper la métropole du reste du Québec? «Le jour où on va nous dire que c'est la chose à faire, on va le faire», affirme la mairesse, qui ne sent pas qu'on en arrivera là.

L'entrevue avec la psychologue Pascale Brillon, qui souhaitait rassurer les anxieux que nous sommes, a porté en bonne partie sur l'effet pervers du travail des médias et «ces titres très dramatisants [qui] contribuent à cette atmosphère sociale extrêmement fébrile et anxiogène». Mme Brillon nous suggère de rechercher «autant de l'info rigoureuse au sujet du drame» que «des nouvelles positives ancrées dans la science pour maximiser notre résilience». Trois réactions négatives à ce monde qui bascule: la panique, l'impuissance acquise et le déni, qui convainquent certains à enfreindre les règles. La psychologue nous invite plutôt à vivre le moment présent, tolérer l'isolement social et considérer qu'il pourra éventuellement nous permettre de vivre mieux. «Alors, nous voilà rassurés», a ironisé l'animateur.

Coach à La voix, Coeur de pirate s'est dédoublée le temps d'une soirée pour reprendre, en pyjama, la jolie chanson qu'elle a composée à l'intention des jeunes, en réponse à l'appel du premier ministre François Legault. S'il est possible de le faire, Tout le monde en parle sera là dimanche prochain, en direct. Pour nous rassembler dans l'isolement. On en a bien besoin.

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COVID-19

Harvey Weinstein porteur du nouveau coronavirus

WASHINGTON — L'ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein, récemment condamné à 23 ans de prison pour agression sexuelle et viol, est porteur du nouveau coronavirus, ont rapporté dimanche des médias américains.

Plusieurs sources ont confirmé au site d'informations sur les célébrités TMZ que le producteur hollywoodien déchu, 68 ans, était bien l'un des deux détenus de la prison de Wende (nord de l'État de New York) ayant été testés positifs au nouveau coronavirus.

Le journal local Niagara Gazette a été le premier à publier l'information dimanche soir.

Un porte-parole de M. Weinstein s'est refusé à tout commentaire auprès des médias américains.

Sollicités par l'AFP, les services pénitentiaires de l'État de New York n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Harvey Weinstein a été transféré mercredi dans le centre de détention de Wende depuis la tristement célèbre prison de Rikers Island, située dans le quartier du Queens à New York, où il se trouvait depuis sa condamnation le 11 mars.

Avant ce transfert, il avait été soigné dans un hôpital de Manhattan pour des douleurs à la poitrine.

Selon la presse locale, des gardiens des prisons de Rikers Island et de Sing Sing, également à New York, ont été testés positifs au coronavirus la semaine dernière.

Selon le dernier bilan disponible concernant les États-Unis, 416 personnes ont succombé au COVID-19 et plus de 33 000 ont été contaminées.

Reconnu coupable à New York d'agression sexuelle sur l'ancienne assistante de production Mimi Haleyi et de viol sur l'ancienne actrice en devenir Jessica Mann, Harvey Weinstein doit encore répondre d'accusations d'agressions sexuelles devant la justice californienne.

Le producteur oscarisé a été accusé par près de 90 femmes, dont les actrices Angelina Jolie et Salma Hayek.

Musique

La vedette country Kenny Rogers n'est plus

Le chanteur country Kenny Rogers, connu pour des succès tels que Lucille, Lady et Islands in the Stream, s'est éteint vendredi soir, à l'âge de 81 ans.

Son agent Keith Hagan rapporte qu'il est mort de causes naturelles chez lui à Sandy Springs, dans l'État américain de la Géorgie, où on lui prodiguait des soins palliatifs.

Originaire de Houston, l'artiste à la voix rauque et à la barbe argentée a vendu des dizaines de millions d'albums, a remporté trois prix Grammy, en plus d'être en vedette dans des téléfilms inspirés de ses chansons telles que The Gambler, ce qui en a fait une célébrité très en vue dans les années 1970 et 1980.

Même s'il a également touché au jazz, au folk et à la pop, il a toujours préféré être considéré comme un chanteur country.

«Soit vous faites ce que tout le monde fait, mais en mieux, soit vous faites ce que personne ne fait pour éviter toute comparaison, a déclaré Rogers à l'Associated Press en 2015. Et j'ai choisi cette option, car je n'aurais jamais pu être meilleur que Johnny Cash, ou Willie Nelson, ou Waylon Jennings dans ce qu'ils faisaient. Alors j'ai trouvé un créneau que je pouvais occuper, dans lequel j'allais m'éviter toute comparaison avec eux. Les gens ont cru que je voulais révolutionner le country, mais ça n'a jamais été le cas.»

Il a connu une carrière prospère pendant pas moins de 60 ans avant de mettre fin à ses tournées en 2017, à l'âge de 79 ans.

Sa partenaire sur Islands in the Stream, Dolly Parton, a mis en ligne samedi matin une vidéo sur Twitter, où elle peine à contenir ses larmes en montrant une photo de Rogers et elle.

«J'aimais Kenny de tout mon coeur et mon coeur est brisé, a-t-elle dit. Une grosse partie de mon coeur s'est éteinte avec lui aujourd'hui.»

«Kenny était l'un de ses artistes qui transcendait les styles musicaux ou les frontières, a déclaré Sarah Trahern, chef de la direction de la Country Music Association. Il était une super vedette mondiale qui a aidé à faire connaître la musique country à un auditoire sur toute la planète.»

Rogers a reçu cinq fois le prix de la CMA, ainsi que le prix Willie-Nelson, remis pour souligner l'ensemble de sa carrière par la CMA, en 2013, la même année où il a été intronisé au Temple de la renommée de la musique country. Il a reçu 10 prix de l'Academy of Country Music, a vendu plus de 47 millions d'albums aux États-Unis seulement, selon la Recording Industry Association of America.

Il a connu un premier succès à l'âge de 20 ans, That Crazy Feeling, sous le nom de Kenneth Rogers. mais quand ce succès hâtif s'est estompé, il s'est tourné vers le jazz, comme bassiste du Bobby Doyle Trio.

Sa carrière a vraiment été lancée quand il s'est joint au groupe country/folk New Christy Minstrels, qui s'est reformé sous le nom de First Edition, qui a connu un premier succès avec la chanson psychédélique Just Dropped In (To See What Condition My Condition Was In). Le groupe a aussi lancé la chanson Rudy, Don't Take Your Love To Town, sur un vétéran de la Guerre du Vietnam priant son amie de coeur de rester avec lui.

Quand le groupe s'est séparé en 1974, il a repris sa carrière solo et a obtenu un immense succès avec Lucille, en 1977, qui s'est même frayé un chemin sur les palamarès pop, lui valant son premier Grammy.

Maintenant une vedette, Rogers a enchaîné les succès pendant des dizaines d'années, dont The Gambler devenue sa chanson fétiche, sortie en 1978.

Ses proches prévoient une cérémonie privée pour faire leurs adieux en raison de la pandémie de la COVID-19. Une commémoration publique pourra avoir lieu ultérieurement, ont-ils annoncé.

Arts et spectacles

Contagion cadienne [VIDÉO]

Pour bon nombre d’Acadiens et de Madelinots (dont les racines sont aussi majoritairement acadiennes), la musique louisianaise fait partie des mœurs. Il y a en effet longtemps qu’un pont musical s’est créé entre les francophones de l’est du Canada et leurs lointains cousins du sud des États-Unis, c’est-à-dire ceux dont les ancêtres acadiens, après le Grand Dérangement, se sont établis en Louisiane, alors possession française.

C’est probablement ce qui explique l’enthousiasme entourant la formation Salebarbes, tant dans ses propres rangs que chez les mélomanes qui l’ont tout de suite adoptée. Composé de trois Acadiens (Jean-François Breau, George Belliveau et Kevin McIntyre) et de deux Madelinots (les frères Éloi et Jonathan Painchaud), le quintette est né du simple plaisir, pour les cinq membres, de jouer ensemble une musique qui les touche particulièrement.

Arts et spectacles

Des chansons de toutes les couleurs

Ariane DesLions tricote de nouvelles chansons pour son jeune public depuis deux ans. L’album Rêves à colorier devait être lancé en grand lundi, lors d’un spectacle animé où le temps aurait été à la fête. La fabricoleuse avait prévu un 5 à 7 pétri de mélodies à paillettes, de rythmes dansants et de doux moments avec les enfants.

Les événements des derniers jours ont évidemment bousculé ces jolis plans. L’auteure-compositrice-interprète a dû revoir la formule. Alors que certains reportent ou annulent la tenue de leurs événements, la créative Sherbrookoise a décidé de repenser le rendez-vous. Elle ira à la rencontre des familles, mais sur la toile.

COVID-19

Un invité atteint de la COVID-19 dans les studios de Radio-Canada Ottawa

Une personne atteinte de la COVID-19 a fréquenté la semaine dernière les studios de Radio-Canada à Ottawa, confirme une note interne obtenue par Le Droit.

«Il a été porté à notre attention qu’un invité ayant utilisé la cabine 39 jeudi dernier […] est atteint du COVID-19», lit-on dans le message envoyé jeudi soir aux employés du diffuseur public travaillant sur la rue Sparks.

«Nous suivons le protocole prévu à cet effet. Nous informons les personnes qui ont été en contact avec l’invité, ainsi que quiconque aurait utilisé la cabine 39 entre le passage de cet invité le jeudi 12 mars et le moment où le nouveau protocole pour l’accès des invités à l’édifice a été adopté, soit le lundi 16 mars», précise la direction. 

La cabine 39 est principalement utilisée par des invités. 

Elle est située près des salles de montage nationales. Il s’agit d’un petit cubicule fermé avec un micro pour l’intervenant. 

La personne atteinte pourrait avoir été en contact avec des techniciens. 

L’employeur demande à ceux qui ont utilisé la cabine 39 de se manifester dès que possible. 

COVID-19

Le CNA et Facebook s'allient pour offrir une vitrine rémunérée aux artistes durant la crise

Le Centre national des arts (CNA) versera 100 000 $ en cachets aux artistes de la scène pour la diffusion de prestations en ligne d’ici le 31 mars.

Cet engagement financier, qui découle d'un partenariat avec le réseau social Facebook Canada (via le Fonds Facebook), a été annoncé jeudi 19 mars. Il cible les artistes canadiens.  Et vise évidemment «à minimiser à l’impact de la fermeture des lieux de diffusion à l’échelle du pays», une mesure de précaution décrétée pour limiter la propagation du coronavirus.

Constatant les «répercussions profondes» de la pandémie COVID-19 sur la communauté artistique, le président et chef de la direction du CNA, Christopher Deacon, indique que ce geste de solidarité marque aussi la volonté du CNA  d'atténuer  le sentiment d’isolement » pouvant découler de «la distanciation sociale» imposée par les pouvoirs publics. 

« La musique, la danse et le théâtre ont depuis toujours eu le pouvoir de réconforter, d’inspirer, de redonner le moral. Les auditoires ont aussi cet effet sur les artistes. En cette période difficile, les uns ont besoin des autres plus que jamais. En s’associant à Facebook, nous espérons pouvoir les aider à se retrouver », explique M. Deacon.

Le CNA invite les artistes canadiens à soumettre leurs propositions concernant des prestations en ligne «d’une durée de 45 à 60 minutes».

Les prestations retenues seront diffusées sur la page Facebook du CNA, où elles seront «promues à l’aide du mot-clic #CanadaEnPrestation», en sus du cachet prévu.

L’initiative, qui a pris effet immédiatement, est valide jusqu’au 31 mars. 


Télé et radio

Émissions annulées: la liste s'allonge

BLOGUE / La diffusion des émissions En direct de l’univers et On va se le dire est suspendue jusqu’à nouvel ordre sur ICI Télé. Pour l’instant, Tout le monde en parle demeure prévue, en direct et sans public dimanche soir, de même qu’Infoman, le jeudi à 19h30.

Le vice-président principal des Services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette, en a fait l’annonce au cours d’une vidéoconférence à l’intention des employés de Radio-Canada mercredi midi. Le diffuseur réfléchit au maintien des émissions d’affaires publiques comme La semaine verte, L’épicerie et La facture, mais Enquête est assurée de finir la saison. Il a été évoqué que le retour de certaines de ces émissions soit compromis à l’automne, si les journalistes devaient être rapatriés aux nouvelles et si la crise persiste. Pour des raisons évidentes, Les coulisses du pouvoir fera relâche.

Samedi, pour En direct de l’univers, on rediffusera l’émission avec Jay Du Temple, alors que le samedi suivant, on prévoit celle de Guylaine Tanguay. Quant à On va se le dire, après l’émission d’aujourd’hui, ce sera terminé jusqu’à nouvel ordre.

Télé-Québec annonce également que les enregistrements de Y’a du monde à messe, qui devaient commencer cette semaine, sont annulés. Deux hommes en or, qui devait être présentée en direct pour ses deux dernières de la saison, est reportée. À TVA, l’émission J.E. est retirée de l’horaire, on préfère que les journalistes se consacrent à la couverture du coronavirus.

Les choses pourraient débouler rapidement dans les prochaines heures pour tout le reste de la grille. Neuf associations d’artistes et de professionnels du milieu culturel implorent le premier ministre François Legault d’interdire tout tournage non essentiel en télé, cinéma, nouveaux médias et publicité, pour préserver la santé de leurs membres. Un tel scénario empêcherait l’entrée en ondes d’émissions comme Bonsoir bonsoir sur ICI Télé et Sucré salé à TVA, prévues prochainement. Les producteurs des séries District 31 et La faille ont dû prendre la difficile décision d’annuler leurs tournages en cours.

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Musique

Neil Young en concert en direct de chez lui

L’auteur-compositeur-interprète Neil Young emboîte le pas à d’autres artistes et annonce qu’il présentera des concerts de chez lui, en raison de la pandémie de la COVID-19.

«Comme nous sommes à peu près tous à la maison, j’essaierai de vous faire un concert en streaming, près de mon foyer, avec ma charmante épouse [Daryl Hannah] à la caméra», indique l’artiste d’origine canadienne sur sa page officielle Neil Young Archives.

Actualités

Artistes et sportifs répondent à l’appel de Legault [VIDÉOS]

MONTRÉAL - Le message lancé mardi aux jeunes Québécois par le premier ministre François Legault pour qu’ils s’abstiennent de se rassembler en cette période de crise de la COVID-19 semble avoir été entendu par plusieurs artistes et athlètes ayant le pouvoir de les influencer.

L’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau a composé une chanson humoristique de circonstances pour inviter ses jeunes auditeurs à la retenue pendant la période de crise.

Coeur de Pirate a aussi composé une chanson qui rappelle aux jeunes que même s’ils n’ont pas de symptômes de la COVID-19, il est important de respecter les directives lancées par le gouvernement pour se protéger. Louis-Jean Cormier, Annie Brocoli et Sarah-Jeanne Labrosse ont aussi transmis des messages sur les réseaux sociaux.

L'humoriste Mathieu Dufour a fait un Instagram live dans lequel il a pu compter sur la participation de l'homme de l'heure au Québec, le directeur national de la Santé publique du Québec Horacio Arruda. 

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Insolite

Choqués, des candidats d'une téléréalité découvrent en direct la COVID-19

BERLIN — Des larmes et des visages pétrifiés : la version allemande de l’émission de télé-réalité Big Brother a révélé mardi soir en direct à ses candidats l’ampleur de l’épidémie de coronavirus en cours, après les avoir volontairement maintenus dans l’ignorance pendant plusieurs semaines.

La chaîne privée allemande Sat.1 a cédé à la pression des téléspectateurs et internautes qui protestaient de plus en plus vivement contre son entêtement à garder les 14 candidats de l’émission dans le noir le plus complet.

Dès les premières minutes d’antenne, l’animateur de l’émission, Jochen Schropp, assis aux côtés d’un médecin derrière un écran en verre afin de ne pas prendre le risque de contaminer les candidats, leur a expliqué que l’Allemagne, leurs proches et le monde entier étaient désormais confrontés à une pandémie sans précédent dans l’histoire récente.

Michelle, une aide-soignante, a fondu en larmes devant les caméras, expliquant être inquiète pour sa mère de 55 ans qui souffre d’une maladie des poumons.

Candidats pétrifiés

À un autre candidat au visage pétrifié, l’animateur dit : «Pat, je peux voir de la peur dans votre regard».

«Mon Dieu!» s’exclament plusieurs des candidats, la plupart restant figés et silencieux à l’annonce des détails de l’épidémie planétaire.

La plupart d’entre eux sont isolés depuis début février dans le cadre de cette émission de télé-réalité, sans lien avec le monde extérieur. Quatre ont rejoint le groupe au début du mois, mais avec la consigne stricte de ne rien dire de l’évolution du virus pour respecter les règles de l’émission.

Après avoir visionné des reportages sur la COVID-19 et sa propagation, les candidats ont pu voir des messages rassurants de leurs proches, accueillis par des cris et des larmes de joie.

«Là où vous êtes, c’est sûrement le lieu le plus sûr en ce moment», plaisante une femme à l’adresse de Pat. Un autre demande aux candidats de ramener du papier toilette au terme de l’émission, un produit qui commence à se faire rare dans les rayons des supermarchés allemands.

L’Allemagne est l’un des principaux foyers du coronavirus en Europe, avec plus de 8000 cas. Comme dans de nombreux pays, la vie tourne au ralenti, les écoles sont fermées et toute la population est invitée à rester chez elle.

Les candidats, tous d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, sont eux cloîtrés dans des maisons de verre ou des sortes de cabines dans les locaux préparés par la chaîne, observés par des caméras qui suivent leurs moindres faits et gestes.

«Expérience cruelle»

Tout se déroule à Cologne, une région qui est l’épicentre national de la propagation du virus. Douze personnes y sont mortes à ce jour.

La chaîne Sat.1 s’est attirée de nombreuses critiques pour avoir maintenu coûte que coûte son concept, interdisant tout contact avec l’extérieur malgré la pandémie au nom des règles fixées depuis le début. Seule exception tolérée : si un proche décède ou est blessé.

«Quelle expérience humaine cruelle», dit un commentaire sur la page Facebook de l’émission.

«J’ai de la peine pour eux», dit un autre au sujet du groupe de 14 personnes.

Musique

Les Rolling Stones reportent leur tournée nord-américaine

NEW YORK — Les Rolling Stones reportent leur tournée nord-américaine de 15 villes en raison de l’épidémie croissante de coronavirus.

Le groupe a annoncé mardi que sa tournée No Filter, qui devait initialement démarrer à San Diego le 8 mai, est reportée. La tournée du groupe devait également visiter certaines villes nord-américaines où il n’a pas joué depuis des années, notamment Cleveland; Saint-Louis; Austin, au Texas; Louisville, au Kentucky; Charlotte, en Caroline du Nord; et Tampa, en Floride.

Télé et radio

District 31: on arrête tout

BLOGUE / Ce n’était qu’une question de jour avant qu’on décide d’annuler les tournages de fictions, en raison du coronavirus. Premières victimes de ces mesures exceptionnelles : les séries District 31 et La faille, et le long métrage Brain Freeze, dont les tournages ont été interrompus mardi matin. Et s’il n’en tient qu’aux neuf associations d’artistes et de professionnels du milieu culturel qui ont imploré le premier ministre d’agir, plus aucun tournage ne devrait avoir lieu, mis à part les émissions d’information.

Comment se conclura la saison de District 31? Quand aura-t-on le fin mot sur la «grossesse» de Nancy Riopelle? Hier matin, la productrice Fabienne Larouche avait toujours espoir que le tournage reprenne aujourd’hui, en prenant les mesures nécessaires. Or, trois acteurs vedettes de la série, Michel Charette, Geneviève Schmidt et Catherine St-Laurent, doivent désormais respecter une période d’isolement de 14 jours après être revenus de voyage, ce qui retarderait trop le tournage. Leurs personnages sont beaucoup trop importants pour qu’on les raye de l’histoire.

Fabienne Larouche est bien consciente que le public très fidèle à la série sera déçu, mais comprend tout à fait les craintes des membres de l’équipe. En fin de journée, elle disait souhaiter que le premier ministre tranche sur la question, de sorte que de telles décisions ne reposent plus sur les épaules des producteurs. À moins d’un revirement, la saison de District 31 se terminera deux semaines plus tôt, une patte en l’air, le 2 avril prochain.

Tel que Charles Lafortune l’anticipait dans ma chronique de lundi, le tournage de La faille a aussi dû être interrompu. «Ce sont les travailleurs qui ont exercé leur droit de refus», m’indique Catherine Escojido, conseillère à la direction de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son. Selon elle, «le gros bon sens a triomphé», alors que «les gens sentaient que leur santé n’était pas respectée» sur ces plateaux de tournage, bien que les producteurs aient pris de nombreuses précautions. Pour La faille, dont la deuxième saison est tournée en partie à Québec, on devra peut-être retarder sa mise en ligne sur le Club illico. Le tournage de Brain Freeze, long métrage de Julien Knafo mettant en vedette Roy Dupuis, avait pour sa part commencé le 16 février dernier. Sa sortie n’est prévue qu’au printemps 2021.

Parmi les neuf associations qui demandent au premier ministre François Legault d’exiger la fin des tournages de télé, cinéma, nouveaux médias et publicité, figurent l’Union des artistes, l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma. «Inutile de faire une longue démonstration pour illustrer à quel point les consignes données par la santé publique, particulièrement la distanciation sociale, sont inapplicables sur un plateau de tournage ou en studio, des milieux où la promiscuité fait partie des conditions de travail», plaide le collectif, conscient de la baisse de revenus qu’entraînera une telle décision pour ses membres.

TVA ANNULE SON GALA ARTIS

Le Gala Artis, qui devait se tenir le 10 mai prochain à TVA, n’aura pas lieu non plus. Le diffuseur explique que «mobiliser autant d’employés au cours des prochaines semaines pour créer une telle soirée est tout simplement infaisable.» C’est la première fois en 35 ans d’existence que le gala qui récompense les vedettes préférées du public à la télévision est annulé. «Dans les circonstances, c’est sûrement la meilleure décision à prendre, mais c’est extrêmement crève-cœur pour la merveilleuse équipe qui préparait le gala depuis des mois. Ce n’est que partie remise», a écrit sur Facebook Jean-Philippe Dion, qui devait coanimer la soirée avec Maripier Morin pour une troisième année consécutive. À TVA, on admet que la décision a été difficile à prendre, mais étant donné que 350 employés travaillent à cette production, on ne voulait prendre aucun risque. «Comme il est impossible de prévoir l’évolution de la propagation de la COVID-19, et suivant les recommandations du Gouvernement du Québec, TVA ne peut envisager le regroupement de plus de 1000 personnes dans une salle de spectacle, ou même de reporter l’événement pour cette année», poursuit-on. Un autre gala, celui de Québec Cinéma, est prévu pour le 7 juin prochain, sur ICI Télé.

Loto-Québec a pour sa part annoncé avoir mis sa Poule aux œufs d’or en quarantaine. L’émission du jeudi à 19h30 à TVA fera relâche jusqu’à nouvel ordre «pour limiter les déplacements et par souci de protection des gagnants et de la population», a indiqué la société d’État. On suspend aussi la vente de billets. Les tirages du 19 et du 26 mars seront honorés.

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Arts et spectacles

Le bal des fermetures se poursuit

Le bal des fermetures s’est poursuivi lundi dans le milieu culturel estrien, la plupart des diffuseurs et cinémas se pliant aux nouvelles restrictions imposées dimanche.

La jauge des 250 personnes dans la même pièce ne tenant plus, la Maison du Cinéma, le Cinéma Galaxy de Sherbrooke, le Cinéma Magog et le Cinéma Mégantic ont cessé d’accueillir des cinéphiles, la plupart jusqu’à nouvel ordre. Seul le Galaxy parle d’une fermeture jusqu’au 30 mars.

À LIRE AUSSI: Annulations en chaîne dans les salles de spectacles

Télé et radio

Tout le monde en retard

CHRONIQUE / Soyons francs: c'est d'un Tout le monde en parle en direct dont on aurait eu besoin dimanche, comme ça avait été le cas après les attentats de Paris. Parce qu'il s'en est passé des choses autour du coronavirus depuis l'enregistrement de jeudi. Avec la pandémie qui nous tient vissés devant la télé, l'émission n'a jamais si bien porté son titre. C'est au milieu de gradins vides que Guy A. Lepage et Dany Turcotte ont reçu leurs invités, dans une ambiance d'un calme inhabituel.

Logique qu'on ouvre l'émission avec la microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste Caroline Quach et le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, notre vedette du moment, tel André Caillé durant la crise du verglas. Visage familier depuis plusieurs jours, le Dr Arruda affirme que la crise était inévitable mais insiste sur la collaboration essentielle du public. «On peut essayer de diminuer la quantité de transmissions et l'étaler dans le temps», espère-t-il. Déjà jeudi, il affirmait que la fermeture de grands magasins était envisageable, trois jours avant l'annonce des mesures de dimanche concernant les cinémas et les bars, entre autres. Oui, la Covid-19 se transmet mieux que le SRAS, qui entraînait toutefois un pourcentage de décès plus élevé. Peut-on espérer un vaccin? Des tests sont déjà effectués sur des patients, affirme la Dre Quach, qui a dû se placer en quarantaine préventive au lendemain de l'entrevue. Elle rappelle que le vaccin contre l'ébola avait pu être utilisé avant son homologation, qui peut prendre 18 mois. Horacio Arruda, qui a dû quitter rapidement, n'a pas perdu son humour, invitant non pas Manon mais bien Diane à «peser su'l piton».

Toujours fascinant d'entendre l'astronaute David Saint-Jacques, à qui je décerne l'étoile du match. «Notre «Rocketman» à nous» était là pour raconter sa mission de sept mois à bord de la capsule Soyouz. Il confirme que la Terre est bel et bien ronde, quoi qu'en pense une certaine conseillère municipale de Gatineau. Dans l'espace, ils ont été au plus six collègues dans un espace qui pouvait se comparer à cinq autobus scolaires. Charmant de l'entendre raconter qu'il se préparait des gaufres avec du sirop d'érable en même temps que ses enfants, avec qui il pouvait communiquer régulièrement. Premier Québécois à utiliser le bras canadien pour attraper un vaisseau-cargo, M. Saint-Jacques a raconté sa sortie risquée de plus de six heures dans ce qu'il appelle «le vide spatial», et son retour éprouvant sur Terre. «C'est très désagréable durant quelques semaines», admet l'astronaute, alors désorienté et qui a dû réapprendre à marcher. Huit mois plus tard, il a récupéré complètement: il court et fait du ski. «Psychologiquement, c'est plus long», dit-il après ce «high» d'adrénaline.

Arts

Le Festival de Cannes annulé en raison de la COVID-19?

Le Festival de Cannes qui devait se dérouler du 12 au 23 mai n'aura vraisemblablement pas lieu cette année.

Un administrateur du grand rendez-vous mondial du cinéma aurait confié au journal Le Point qu'il sera très difficile d'assurer la tenue de l'événement dans le contexte de la pandémie de COVID-19, puisque les acteurs d'une cinquantaine de pays ne pourraient pas se déplacer. La projection de films en salle serait également impossible, puisque la France interdit les rassemblements de plus de 100 personnes.

Toujours selon Le Point, cette décision devrait en principe être prise par les organisateurs, la ville et les services de l'État le 15 avril, la veille du dévoilement des films sélectionnés et du jury.

Arts et spectacles

Annulations en chaîne dans les salles de spectacles

La liste des spectacles reportés ou annulés en Estrie ne cesse de s’allonger depuis l’interdiction, jeudi, de tenir des rassemblements intérieurs de plus de 250 personnes.

Pour l’instant, le Centre culturel de l’Université de Sherbrooke (CCUS) a statué du sort de sa programmation jusqu’au 22 mars. Matt Dusk (jeudi 12 mars) et l’opéra Nelligan (mardi 17 mars), qui était en fin de tournée et presque à guichets fermés, ont été annulés. L’Orchestre symphonique de Sherbrooke a aussi décommandé son concert de samedi soir et examine la possibilité de le reprendre. Le spectacle de Kat Levac a été reporté au 21 janvier 2021. Ceux présentés à la Petite Salle du CCUS (150 places) ont été maintenus.