Noé Lira navigue entre deux mondes

Noé Lira a lancé l'album, <i>Oceanica</i>.

Pour Noé Lira, l’océan n’est pas seulement un décor. C’est une manière d’être au monde, c’est-à-dire vaste, traversée par les courants, mais profondément reliée à tout ce qui vit.


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Son nouvel album, Oceanica, lancé la semaine dernière, puise dans cette image pour parler d’interconnexion, de résilience et de transformation.

«Le sentiment océanique, c’est ce sentiment d’être connecté à plus grand que soi», explique l’autrice-compositrice-interprète, qui voit dans l’océan une réponse au sentiment d’isolement.

Fille d’un père mexicain et d’une mère québécoise, Noé Lira a longtemps navigué entre deux identités, deux langues, deux façons d’habiter le monde. Plutôt que de choisir, elle a appris à revendiquer son identité.

«Je me suis dit: comment cet entre-deux peut-il être vaste et me donner la possibilité de ne pas avoir à choisir?», raconte celle qui est aussi comédienne et danseuse. Une posture qui irrigue l’ensemble de sa démarche artistique.



Pour Noé Lira, l’océan n’est pas seulement un décor.

Ce refus du cloisonnement s’entend jusque dans la musique. Oceanica mêle influences latines, pop, textures électroniques et sonorités organiques, sans jamais se laisser enfermer dans un genre.

Sur l’album, la nature agit comme une boussole. Le vent, les vagues, la pluie et la jungle deviennent des environnements sonores qui accompagnent les chansons, créées avec le réalisateur Jean Massicotte.

«On est cyclique, on est bien plus comme les arbres, les vagues, le vent qu’on ne le pense», affirme Noé Lira.

Cette vision rejoint sa réflexion les façons d’apprendre à suivre le courant, même lorsque la vie chavire. Car derrière la lumière de l’album, il y a aussi des deuils, des défis personnels et un monde collectivement fragilisé.

«Il y a toujours ces petits instants minuscules de joie, la lumière chaude qui frappe ton visage, une tête qui vient se déposer sur ton épaule», résume-t-elle.

Sur l’album, la nature agit comme une boussole.

Pour Noé Lira, il ne s’agit pas de faire semblant que tout va bien, mais de chercher l’éclaircie au cœur de l’orage. Cette philosophie se retrouve aussi dans son rapport au lâcher-prise, nourri par sa formation en danse contemporaine et une expérience sur le chemin de Compostelle.

«Pour moi, abandonner, ce n’est pas capituler. C’est faire confiance», dit-elle.

Le français et l’espagnol, sans frontière

Après un premier projet presque entièrement en espagnol, Noé Lira a choisi de faire cohabiter le français et l’espagnol sur Oceanica. Toutes les chansons sont bilingues, parfois davantage ancrées dans une langue que dans l’autre.

«C’est ça que je suis, c’est comme ça que je vis ma vie et que je réfléchis le monde», lance-t-elle.

L’album compte aussi une collaboration avec la rappeuse Sarahmée, invitée sur une pièce plus frontale, nourrie par les thèmes de la résilience et de la force de suivre son propre chemin.

Derrière la lumière de l’album, il y a aussi des deuils, des défis personnels et un monde collectivement fragilisé. 

«C’était tout naturel pour moi. C’est une battante», souligne l’artiste.

Oceanica est le fruit d’environ quatre ans de travail, dont deux à temps plein. Noé Lira a aussi mis de côté certains projets de jeu, dont un rôle au théâtre, pour concentrer son énergie sur la sortie de l’album et la création du spectacle qui l’accompagnera.

Noé Lira partira en tournée au printemps. Elle visitera notamment Terrebonne (20 mars), Ottawa (9 avril), Lavaltrie (10 avril), Baie-du-Febvre (14 mai) et Lévis (15 mai et 2 octobre).

Claudia Blais-Thompson

Claudia Blais-Thompson, Le Droit

Claudia Blais-Thompson est diplômée en journalisme écrit à La Cité à Ottawa et titulaire d’un baccalauréat en études littéraires à l’UQAM. Elle a travaillé dans plusieurs hebdos dans les secteurs ruraux de l’Outaouais avant de se joindre au quotidien Le Droit en 2020 comme journaliste-pupitreur. Elle s’est jointe à l’équipe des arts en 2022.