De nouvelles pancartes ont fait leur apparition à Sherbrooke et dans la région, jeudi soir. L’objectif du président du SEE, Richard Bergevin, est de rappeler quelques grands enjeux du monde de l’éducation aux différents partis et à la population.

De nouvelles pancartes: l'éducation s'invite dans la campagne

De nouvelles pancartes ont fait leur apparition à Sherbrooke et dans la région, jeudi soir. L’objectif du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) est de rappeler quelques grands enjeux du monde de l’éducation aux différents partis et à la population. Parmi eux : l’importance d’avoir des classes équilibrées et la valorisation de la profession enseignante.

« Essentiellement, ce qu’on veut, c’est que l’école publique et l’éducation demeurent un sujet de discussion pendant l’ensemble de la campagne électorale et même au-delà. On veut mettre en évidence les besoins de l’éducation pour que les politiciens proposent des engagements fermes (...) Depuis 2003, 1,4 milliard de dollars ont été coupés en éducation (en dollars constants). On souhaite un réinvestissement en éducation qui soit majeur », explique le président du SEE, Richard Bergevin, qui assure du même coup que les pancartes installées respectent la réglementation en vigueur.

Cette campagne se déroule alors qu’une pétition intitulée « Ensemble pour l’école publique » a aussi été lancée dans l’ensemble de la province, afin de mettre à l’avant-plan différents enjeux.

Richard Bergevin estime qu’avoir plus de ressources dans les classes pour accompagner les professeurs titulaires permettrait de garder des enfants dans des classes régulières.

« Ça prend des moyens pour supporter les élèves », souligne-t-il. « On veut que l’enseignant ait la possibilité de donner un cours de grande qualité. » Il plaide aussi pour la mixité en classe et la possibilité de mélanger les élèves, ce que les nombreuses vocations rendent parfois difficile. L’organisation scolaire fait souvent en sorte qu’un groupe inscrit dans un programme se suivra tout au long dans les différentes matières.

M. Bergevin estime que ces élèves, tout en étant inscrits à des vocations, pourraient se retrouver avec les autres élèves dans des matières comme le français ou les mathématiques, par exemple. Il reconnaît que cette façon de faire est plus simple en termes d’organisation scolaire.  

Le SEE (CSQ) plaide également pour une meilleure rémunération des enseignants. « On a le pire salaire au Canada », souligne Richard Bergevin. « Au Québec, ça prend 15 ans avant d’atteindre le sommet de l’échelon... »

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’est engagé à hausser le salaire des enseignants s’il est élu, mais cette mesure ne permettrait pas de rattraper le retard des enseignants de la province par rapport à leurs confrères du Canada.

La CAQ s’est aussi engagée à améliorer les conditions salariales des enseignants.

Au Québec, les enseignants commencent généralement au 3e échelon, avec un salaire de 45 000 $. Avec la mesure proposée par le PLQ, les enseignants commenceraient à 53 000 $ (s’ils travaillent à temps plein).

Dans la province, environ un enseignant sur cinq abandonne la profession au cours des cinq premières années, note le président du SEE.

« Présentement, les jeunes ont l’impression qu’on va les laisser à eux-mêmes... On ne leur donne pas les moyens de performer », déplore M. Bergevin.

La SEE représente environ 3300 enseignants dans les commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Sommets (CSS) et des Hauts-Cantons (CSHC).