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Refonte du financement universitaire : l’UdeS pourrait être perdante

La nouvelle formule de financement des universités que prépare présentement le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur inquiète l’Université de Sherbrooke, qui estime qu’elle pourrait être pénalisée par la refonte des règles.

« Les ébauches que l’on voit ne semble pas reconnaître les particularités de l’Université de Sherbrooke, la seule grande université qui est en région (...) Toutes ces données sont préliminaires, on nous dit que ça peut changer (...)  Ce qu’on voit, ce qui est en train de se critalliser, c’est une formule pour laquelle la grande université qui serait la plus perdante, c’est l’UdeS. »

Le recteur de l’UdeS, Pierre Cossette, a fait part de ses préoccupations à La Tribune et à la communauté universitaire.

Actuellement, chaque université reçoit un pourcentage du financement en fonction de son effectif étudiant, pondéré selon les différentes disciplines. Avec les changements apportés au mode de répartition entre les universités de la province, la part de l’UdeS serait moindre.  La proportion de l’UdeS pourrait baisser de 3 à 5 %. Compte tenu que l’UdeS gère un budget de l’ordre de 400 M$, cela peut représenter des sommes importantes.

L’UdeS est en pourparlers avec Québec et a approché le député de Sherbrooke, Luc Fortin, également ministre de la Famille, afin de le sensibiliser à cette question.

« On n’a pas de chiffres finaux », note-t-il en ne s’avançant pas maintenant sur les sommes que cela pourrait représenter.

Dr Cossette dit trouver la situation « inconcevable », alors que l’UdeS a multiplié les efforts pour conserver l’équilibre budgétaire et qu’elle a notamment connu une croissance en recherche. À ses yeux, l’UdeS a fait tout ce qu’on lui demande de faire, « et plus ».

Il plaide également que l’UdeS se distingue à plus d’un niveau. « Je donnerais un exemple. Les grandes universités, au Québec, en moyenne, il y a 65 % de leurs coûts qui vont pour l’enseignement et 35 % pour la gestion. À Sherbrooke, c’est 72 % pour l’enseignement et 28 % pour la gestion. Mais ça, ça ne cadre pas bien dans les modèles mathématiques de calculs des coûts, et ça nous pénaliserait si la formule est appliquée. »

Il ne remet pas en question le bien-fondé d’une refonte de la formule, puisque les règles de financement n’ont pas été revues depuis environ 10 ans. Parallèlement, après plusieurs années de compressions, l’UdeS espère toujours un « réinvestissement majeur ».

Le recteur a tenu à faire des précisions à la communauté universitaire en lien avec l’annonce des investissements de 51 M $ en recherche à l’UdeS jeudi dernier, qui proviennent de subventions offertes par les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) et différents partenaires.

La somme de 51 M $ comprend des projets menés en collaboration avec d’autres institutions universitaires. En comptabilisant « seulement les investissements directs à l’UdeS, ce sont quelque 30 M $ qui seront consacrés à des infrastructures et à des équipements de recherche à Sherbrooke et 2 M $ pour des recherches en sciences humaines », a-t-il précisé.

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En mode reconstruction au CHSLD St-Vincent

Les travaux d’assèchement sont terminés et les travaux de reconstruction sont déjà commencés, deux semaines après l’important dégât d’eau qui a fait de lourds dommages au CHSLD Saint-Vincent.

« Les travaux avancent bien et les gens sont à pied d’œuvre pour que les travaux avancent le plus rapidement possible », explique-t-on du côté du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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« La cible du 30 jours est maintenue pour compléter les travaux », ajoute-t-on.

Le montant des dommages n’a pas encore été déterminé étant donné la complexité de la situation.

Rappelons que le bris d’une conduite d’eau dans le système de gicleurs au quatrième étage du Complexe Saint-Vincent a causé ces lourds dommages au CHSLD Saint-Vincent dans la nuit du 8 au 9 janvier dernier. Ce complexe abrite aussi le Centre de jour du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et le Centre de réadaptation de l’Estrie. Vingt-six résidents du CHSLD ont dû être évacués de leur chambre en pleine nuit et ils ne pourront pas réintégrer leur chambre avant plusieurs semaines.

À la demande du comité des résidents et des familles des patients hébergés au CHSLD, aucun résident n’a été déménagé dans un autre CHSLD pour la période des travaux. Ils ont été relocalisés dans différentes pièces reconverties en chambres de façon temporaire, notamment dans des locaux du Centre de jour, qui a aussi été réaménagé pour l’occasion.

Ce dégât d’eau majeur avait placé le CIUSSS de l’Estrie-CHUS face à un défi presque unique dans son histoire : relocaliser un nombre important de résidents dans un temps record à l’intérieur de ses murs. 

« En période de débordement, il nous est arrivé de devoir localiser un ou deux résidents de plus dans notre installation. Mais là, nous avions 26 résidents à relocaliser en même temps, c’était du jamais vu », avait souligné en entrevue à La Tribune Caroline Gadoury, coordonnatrice de l’hébergement dans la zone est du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Procès Lac-Mégantic

Harding sort de son mutisme

Pour la première fois depuis son acquittement, Thomas Harding est sorti de son mutisme pour s’adresser à la presse.

Lundi après-midi, entouré de ses avocats, l’ancien employé de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) a tenu à exprimer sa sympathie aux familles des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic. Il assure qu’il portera ce fardeau pour le reste de sa vie.

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Lac-Mégantic: et maintenant?

«Je ne trouve pas les mots pour exprimer toute ma sympathie envers les familles des victimes», a-t-il affirmé dans une déclaration lue devant plusieurs journalistes. «Je suis profondément désolé pour ce qui s’est passé.»

M. Harding a aussi remercié tous ceux qui l’ont supporté avant, pendant et après le procès qui a s’est soldé par l’acquittement des trois accusés du long procès.

Vendredi au palais de justice de Sherbrooke, le jury au procès de Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie a acquitté les trois hommes de l’accusation de négligence criminelle causant la mort à la suite de la tragédie ferroviaire qui a causé le décès de 47 personnes et détruit le centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet 2013.

Sherbrooke

Étude des glaces : les autorités rassurées

L’étude des glaces sur la rivière Saint-François sur le territoire de Sherbrooke rassure les autorités sur les dangers d’une possible crue des eaux.

L’observation du cours d’eau effectuée vendredi dernier à l’aide d’un drone démontre que le couvert de glace actuellement en place ne devrait poser de problème à court terme.

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Un drone pour étudier les glaces de la St-François

Cette conclusion amène l’Organisation municipale de la sécurité civile (OMSC) à lever sa phase de veille sur la rivière Saint-François», note un communiqué de  presse.

«Le niveau de la rivière est actuellement beaucoup plus bas que le seuil nécessaire à cette phase ce qui indique que les prochaines précipitations ne causeront pas d’inondation dans le secteur.»

Cependant, bien que la phase de veille soit levée, une vigie sera tout de même exercée par l’OMSC afin de suivre l’évolution de la situation, ajoute-t-on.

Rappelons que la compagnie Hydro Météo avait été mandatée pour effectuer une étude des glaces afin de prévenir tout danger potentiel d'inondation. L'évaluation s‘est faite à l'aide d'un drone à différents endroits.

Un système météo apportera de 10 à 20 millimètres de pluie sur la région mardi.

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Les Sherbrookois donnent des câlins

Une troupe de marcheurs, du café et des pancartes « Câlins gratuits »; c’est tout ce dont avaient besoin la vingtaine de cajoleurs qui se sont mobilisés dans les rues de Sherbrooke, dimanche matin, afin de donner des accolades aux passants du centre-ville à l’occasion de la Journée internationale des câlins.

À pareille date l’an dernier, l’organisatrice de la Marche des câlins, Michelle Boulay, voulait organiser un événement. 

Accompagnée de son amie Christine et d’un vidéaste, Mme Boulay est allée distribuer des caresses aux citoyens qui se promenaient aux abords du lac des Nations.

« Après quelques recherches sur la Journée internationale des câlins, nous avons décidé, mon amie Christine et moi, d’aller marcher et de donner des accolades aux gens. On a aussi invité mon ami vidéaste. Sa vidéo a été partagée à plusieurs reprises », explique-t-elle.

Après avoir constaté le succès de la vidéo sur les médias sociaux, les trois amis ont voulu reprendre le concept. « On a décidé de faire un plus grand événement, affirme Mme Boulay. Ça fait environ un mois qu’on prépare la marche. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de monde. Le mot clé, c’est la simplicité », ajoute-t-elle.

Promouvoir la santé

Les personnes qui sont moins enclines à se faire coller étaient tout de même invitées, car l’événement promeut également la santé globale. « On a bien l’intention de croiser des gens qui n’aiment pas les accolades et d’offrir un petit salut. Il y a des gens qui ne sont pas à l’aise de se faire câliner », avoue la coorganisatrice de la Marche des câlins, Christine Dusseault.

Par contre, il est rare de se faire refuser une caresse, selon Michelle Boulay. « De façon générale, les gens sont assez ouverts à recevoir une accolade. C’est une minorité d’individus qui n’est pas à l’aise. On le fait toujours dans une perspective de respect. On le propose aux gens et s’ils ne sont pas à l’aise, on ne va pas plus loin. C’est important de respecter les limites des gens », assure-t-elle.

De son côté, Richard Gilles-Perreault était tout sourire avant le départ pour le centre-ville. Grâce à la marche, il a pu renouer avec sa spontanéité. « Je trouve ça rassurant, intelligent et plein d’espoir. Le monde n’est plus simple et spontané, il est rendu compliqué et calculé. Je me retrouve dans un climat de confiance, dans le respect de chacun. Si tout le monde était occupé à se faire des câlins, il n’y aurait pas de guerre », a-t-il commenté avant d’aller distribuer des accolades.

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Les parents d’autistes d’âge préscolaire ont besoin de répit

Une Sherbrookoise lance une pétition pour que les parents d’enfants autistes de moins de 5 ans aient accès à davantage de ressources, notamment pour qu’ils aient accès à des périodes de répit comme c’est le cas pour les parents d’enfants d’âge scolaire.

« La pétition vise à faire bouger les choses », explique l’instigatrice Louise Davis qui rappelle qu’en mars 2017, le gouvernement du Québec dévoilait son Plan d’action sur le trouble du spectre de l’autisme 2017-2022 en vue d’améliorer les services offerts aux personnes atteintes du trouble du spectre de l’autisme (TSA) et leur famille. Dans la foulée, Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, annonçait que son gouvernement consacrerait, pour soutenir ces mesures, un investissement annuel récurrent de 29 M$ ainsi qu’une somme additionnelle de 1,25 M$ qui servira à soutenir la recherche, la formation et la production d’outils d’intervention en lien avec le trouble du spectre de l’autisme.

« Un an après, on n’a vu aucune amélioration dans l’aide qu’on reçoit », explique Marie-Christine Leblond, mère d’une enfant autiste de 4 ans, et fille de Mme Davis qui a pris l’initiative de lancer la pétition pour aider sa fille (voir lettre d’opinion en page 10).

Bien que les parents d’enfants autistes reçoivent une aide financière supplémentaire par rapport aux parents d’enfants sans handicap, Mme Leblond et Mme Davis déplorent que les parents qui doivent gérer une multitude de crises au quotidien et de nombreux rendez-vous médicaux liés à l’autisme n’aient pas accès à une ressource offrant un répit d’une soirée ou d’une fin de semaine.

« Ma fille a les pieds et poings liés dans son quotidien qui ne lui laisse aucun répit. Une gardienne? Elle se sauverait dès la première crise. Un membre de votre famille? Une amie proche? Comment pourraient-ils gérer? On n’a pas l’expertise. Où sont les ressources pour les enfants autistes d’âge préscolaire et leur famille? Vivons-nous au Tiers-Monde? Pourquoi existe-t-il des ressources pour les nouveaux arrivants, par exemple, mais aucune aide pour les parents qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts d’un simple horaire quotidien? » demande la grand-mère de Marianne.

« Je gère au moins trois crises par jours. Et je dois m’occuper de mes deux autres enfants également. En ce moment, mon conjoint et moi, on n’existe pas comme couple. On n’a aucun moment de repos. On est des parents 7 jours sur 7, 24 h par jour, car le sommeil n’est pas simple non plus », souligne Mme Leblond qui est aussi mère d’une fillette de 5 ans, Noémie, et mère de la jumelle de Marianne, Gabrielle.

D’ailleurs le manque de ressources n’est pas étranger au fait que la mère de famille soit présentement en arrêt de travail.

En ce moment, à Sherbrooke, Autisme Estrie offre des périodes de répit (fin de semaine, congé scolaire, camp d’été), mais seulement à une clientèle de 5 ans et plus. Une quarantaine de familles ont recours aux services de répit d’Autisme Estrie à raison, en moyenne, d’un séjour par mois. Une liste d’attente existe dénotant que la capacité est inférieure à la demande.

« Les parents d’un enfant autiste ont besoin d’aide pour gérer le quotidien, car ils n’ont aucun répit », conclut Mme Davis.

Pour signer la pétition et remplir un court questionnaire pour bien identifier les besoins de parents autistes, le lien est disponible sur la page Facebook « Aide aux parents d’enfants autistes ».

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La méditation pleine conscience se taille une place dans les écoles

La pleine conscience a la cote. Ce type de méditation se taille une place de plus en plus grande dans les écoles.

Le Collège Mont Notre-Dame a lancé une série d’environ 10 ateliers visant à favoriser l’estime de soi et améliorer la gestion du stress. L’institution a lancé ce projet, dont le but ultime est de prévenir les troubles alimentaires, avec le Centre d’expertise en santé mentale RBC de l’Université de Sherbrooke.

L’institution privée veut du même coup faire une plus grande place à la pleine conscience.

« L’idée, avec tout ça, c’est de devenir une école axée sur la pleine conscience. Je veux créer un groupe de professeurs intéressés à l’amener en classe, au-delà du programme avec le Centre d’expertise », commente Isabelle Côté, psychoéducatrice au collège, en précisant que ce genre d’initiatives demeurera sur une base volontaire. Les jeunes femmes pourront reconnaître les signaux d’alarme plus facilement, agir plus rapidement et ainsi diminuer les impacts.

Un des facteurs liés au développement des troubles alimentaires sont les troubles anxieux, et la mauvaise régulation du stress émotionnel.  

« En milieu de travail, dans les bulletins que je reçois associés à l’ergonomie ou la santé au travail, il y a de plus en plus de milieux qui intègrent ou qui offrent la possibilité d’aller méditer sur certaines heures de travail. Dans les écoles, il y a un intérêt marqué », note Félix Berrigan, professeur à la faculté des sciences de l’activité physique de l’UdeS qui offre des formations au collège.

M. Berrigan dit avoir été approché par des écoles des secteurs de Granby et Montréal.

« Je pense que ce n’est pas tant la pleine conscience qui semble être populaire que les préoccupations par rapport à l’anxiété chez les jeunes et le stress qu’ils vivent et trouver des façons de les reconnecter... Pour l’instant, chaque fois qu’on en a parlé autour de la table, les gens sont favorables à l’idée d’implanter la pleine conscience... »

En Colombie-Britannique, le programme Mind Up, qui met de l’avant cette pratique, a été implanté dans plusieurs écoles.
« Au cours des dernières années, dans la littérature, on a vraiment vu une éclosion des études en lien avec ce sujet, mais plus particulièrement associé aux milieux scolaires et dans les milieux de travail. »

M. Berrigan a lui-même suivi une formation en pleine conscience par intérêt personnel. Il s’est notamment impliqué dans un projet alliant pleine conscience et activité physique à l’école primaire l’Écollectif avec le professeur de l’UdeS Marc Bélisle, qui s’intéresse aussi à cette question.

« Après avoir vu les effets chez les élèves, l’avoir expérimenté et regardé avec mes enfants, je me suis mis à lire beaucoup... Je regarde aussi mes projets de recherche avec cette thématique-là, parce que ça répond à beaucoup de besoins. »

En collaboration avec une école primaire, le professeur veut mettre sur pied un guide expliquant comment mettre en place la méditation pleine conscience en milieu scolaire.  

Certains pays ont commencé à inclure la méditation dans le programme scolaire des enfants.

Sonia Lupien, professeure à l’Université de Montréal, et directrice du Centre d’études sur le stress humain (CESH), met cependant en garde contre la tentation de mettre en place une méthode universelle.

« Il y a des études qui ont montré que si vous prenez une personnalité comme moi et vous lui demandez de faire du yoga, vous augmentez leurs hormones de stress.

Il n’y a pas de méthode universelle. Quand ça ne fonctionne pas, ça peut avoir un effet délétère. Ce qu’il faut mettre dans les écoles, c’est un choix. Il faut offrir plusieurs façons de diminuer le stress, l’anxiété, et laisser le choix aux jeunes. »

Mme Lupien a fait valoir cette position avant les Fêtes à l’émission Médium large, alors qu’on faisait écho à une étude menée en Australie selon laquelle la méditation pleine conscience n’aurait aucun effet bénéfique chez certains adolescents, voire qu’elle peut entraîner des effets négatifs. Elle a reçu plusieurs commentaires, et dit avoir été traitée à tort d’anti-méditation.

« Il n’y a pas de méthode universelle... Je n’ai pas dit que ce n’était pas bon, j’ai dit que ce n’était pas bon pour tout le monde. »

L’UdeS offre depuis plusieurs années des activités de méditation guidée libre et d’initiation à la méditation. Elle dit remarquer une hausse de popularité de ce type d’activités.

Vivre le moment présent

Pas toujours évident dans cette société où l’attention est constamment sollicitée. « Si on veut apprendre à maîtriser son attention, il faut se pratiquer », indique-t-il. Maîtriser son attention peut servir à une kyrielle de choses... dont parvenir à étudier quand la maison est envahie par le bruit.

« Notre attention, dans la vie de tous les jours, peut être orientée vers différentes choses, dont nos pensées. Cette attention se promène (...) On peut aussi axer notre attention sur nos émotions et ça on le fait beaucoup moins... On est peut-être moins attentifs à ce qu’on vit d’un point de vue émotionnel (...) »

« Souvent, ça n’arrête pas dans nos têtes, particulièrement avec nos pensées. On est extrêmement influencés par nos pensées qui nous occupent quotidiennement... Ces pensées sont comme des oiseaux qui volent dans notre tête, et il y en a dans tous les sens. »

Les exercices (dont de la visualisation) présentés aux quelque 36 élèves de première secondaire visaient à centrer l’attention des adolescentes sur un objet en particulier.

« Dans le monde dans lequel on vit, on dit qu’on passe la majeure partie de notre temps à penser, et peu de temps à ressentir », a-t-il également fait valoir.

Un des objectifs est de vivre le moment présent. En entrevue, Félix Berrigan rappelle qu’un tel exercice peut se dérouler dans de courtes périodes de temps. « L’idée, c’est de montrer que c’est très accessible, que ça peut se faire rapidement, pas de leur faire peur avec les pratiques formelles. »

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Être musulman en 2018

La volonté de Trump d’interdire l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans. La tuerie à la grande mosquée de Québec. Les manifestations de La Meute, groupe d’extrême droite. La fausse nouvelle concernant une requête pour exclure les femmes d’un chantier à proximité d’une mosquée à Montréal et, plus près de chez nous, la fausse nouvelle voulant que les sapins de Noël ne soient pas installés pour des raisons religieuses au CIUSSS de l’Estrie–CHUS.

L’année 2017 n’a pas été de tout repos pour les musulmans d’ici et d’ailleurs. La Tribune a rencontré trois Sherbrookois d’origine arabe et de confession musulmane pour discuter de leur réalité.

Nadine Elmir, travailleuse sociale de 35 ans originaire du Liban, Ihsen Ben, ingénieure de formation de 34 ans originaire de la Tunisie, et Tarik Tairi, médiateur interculturel de 37 ans originaire de l’Algérie, sont croyants, mais seul le dernier fréquente de façon régulière la mosquée.

« Un musulman croit en toutes les religions. Il croit en Jésus, en Moïse, tous les autres. L’Islam est tout simplement la dernière religion, car on croit que Mahomet est le dernier prophète de Dieu. C’est comme pour un système informatique, l’Islam est la version la plus récente des religions, si on veut simplifier », explique d’entrée de jeu Ihsen.

« Je suis hyper pratiquante, même si je ne vais pas à la mosquée régulièrement. Grosso modo, tous les bons citoyens pratiquent très bien la religion. Je crois même que les gens ici au Québec sont très musulmans sans le savoir. Car la religion nous dit de ne pas faire de mal à nos voisins, bien traiter les enfants, respecter les autres donc elle rejoint toutes les valeurs de base qui sont reflétées dans la loi canadienne », ajoute Ihsen.

Les lois, il en sera question à plusieurs reprises lors de l’entretien. « Le Canada est un État de droits où des lois ne permettent pas les actes racistes. C’est à ces lois, et aux institutions qui les appliquent, que revient la responsabilité de gérer les débordements », souligne Tarik, qui n’est pas indifférent à tout ce qui se qui arrive aux musulmans dans le monde, mais qui personnellement observe autour de lui une communauté apaisée.

« C’est ce que j’aime dans ce pays. Les gens respectent la loi et tout le monde est soumis à la même loi. C’est ce qui nous permet de vivre en paix », précise-t-il.

En 2017, il y a eu le drame de la fusillade dans une mosquée de Québec, mais les participants refusent de faire tout amalgame.

« Je ne veux surtout pas entrer, en tant que musulman, dans le jeu de la polarisation. S’il y a des radicaux en face de moi, des radicaux laïques par exemple, je refuse de parler et de critiquer leur action, car ce n’est pas mon souci. Moi, mon souci, c’est de montrer que je contribue à la société québécoise et que je suis là pour donner de mon mieux. Je ne serai pas un élément de polarisation. Je souhaite être un élément de paix », mentionne Tarik.

« Il faut aussi refuser d’entrer dans le jeu de l’essentialisation de l’autre. Lors d’événements regrettables faits contre nous, qu’on s’occupe plus de nous, au lieu de parler des autres. Les lois s’occupent du reste », croit Tarik.

« Les amalgames, ce n’est jamais bon », s’entendent-ils pour dire.

« Même le mot arabe, je trouve que c’est un amalgame. Moi, quand je me présente, je dis toujours que je suis Tunisienne. Car en Afrique du Nord, on a des siècles d’histoire et nos origines sont d’abord berbères et après arabes. Bien qu’on parle arabe qu’on soit majoritairement musulman. Être musulman ou arabe en Tunisie et en Arabie saoudite par exemple, ce n’est pas du tout la même chose », relate Ihsen.

Un exemple? « Le voile qui couvre tout le visage ne devrait pas être associé aux Arabes en général. Il est lié au wahhabisme, un mouvement extrémiste de l’Arabie saoudite », soulignent les participantes.

« C’est la même chose pour quelqu’un à qui tu dis qu’il est canadien et qu’il te dit que non, qu’il est Québécois. Ou un Québécois qui dit qu’il est Beauceron et non Québécois. Les gens aiment avoir une identité plus spécifique qui reflète leurs particularités », enchaîne Nadine.

Transformation du racisme

Ihsen, qui est arrivée à Sherbrooke début vingtaine pour des études universitaires, a une expérience très positive avec sa ville d’accueil. Entourée de gens instruits et à l’esprit ouvert, elle a été épargnée du racisme ou des préjugés. Tarik, qui est aussi arrivé au pays à l’âge adulte, partage ces propos.

Pour sa part, Nadine, qui est arrivée à l’âge de deux ans à Sherbrooke, a vu le racisme se transformer au fil des ans.

« Quand j’étais jeune, à l’école, on m’écœurait à cause de la couleur de ma peau et de l’odeur des aliments que je mangeais. Jamais on ne me parlait de ma religion. Aujourd’hui, personne ne me parle de la couleur de ma peau, qui est assez pâle, et les gens sont curieux et veulent goûter à ce que je mange, mais c’est le fait que je sois musulmane qui peut les déranger », note Nadine, qui souligne que le 11 septembre 2001 a tout changé.

Internet a ouvert une tribune pour que les propos racistes soient largement diffusés. Nadine a parfois la tâche difficile et délicate de corriger des faits publiés sur les réseaux sociaux. « Par exemple, quand il y a eu la vague de réfugiés syriens ou la fausse histoire de sapins de Noël au CHUS, des gens que je côtoie depuis toujours et qui m’aiment ont écrit n’importe quoi sur Facebook. On dirait que lorsque le volet émotif embarque, leur capacité de raisonner s’envole », note-t-elle ajoutant que certains patients du CLSC où elle travaille posent parfois des questions sur sa religion lorsqu’ils prennent connaissance de son nom de famille, Elmir. Certains hésitent même à lui faire confiance.

« Je connais aussi des gens qui n’ont pas réussi à traverser les frontières américaines dans la dernière année à cause de leur nom et de leur religion. Et ce sont des Québécois qui ont visité les États-Unis souvent par le passé », Nadine.
Tarik croit important de faire une distinction entre les actions citoyennes et les actions institutionnelles politiques. « Par rapport au citoyen, je crois que ceux qui ont peur de nous sont réconfortés dans leurs peurs à travers les actes comme ceux de Trump ou à travers ce qu’ils voient dans les médias concernant, par exemple, la charte des valeurs ou les accommodements », souligne-t-il.

Accommodements raisonnables

La Ronde avait voulu modifier, en 2013, son règlement interdisant d’apporter un lunch sur son site pour permettre aux visiteurs juifs et musulmans d’amener leur nourriture. Le parc a reculé à la suite du tollé que cette décision a provoqué. 

« C’était n’importe quoi. Pourquoi pas aussi faire une exception pour celle qui est vegan et l’autre qui est allergique aux noix? Une demande a été faite, c’est à la direction de dire non si ça n’a pas d’allure. Là, tout ce que ça fait, c’est que ça nous divise », explique Nadine.

« Quand j’entendais parler d’accommodements raisonnables et de demandes pour des piscines uniquement pour les femmes, je me disais : mais qu’est-ce que c’est ça? Ça n’existe même pas dans mon pays d’origine », souligne Ihsen.

« On prend l’exemple d’une demande ridicule ou d’une seule personne et on en fait une grosse histoire alors que c’est vraiment l’exception », soulignent Ihsen et Nadine.

Les trois participants à la table ronde célèbrent, de façon plus ou moins stricte, le ramadan, évitent le porc, mais certains peuvent boire un verre de vin.

« Le fait que je ne mange pas de bacon amène parfois des discussions interminables, alors que si j’étais végétarienne, je ne crois pas qu’on en parlerait autant », fait remarquer Nadine.

Les parents musulmans de Nadine faisaient un sapin de Noël lorsqu’elle était jeune. Pas pour fêter Jésus, mais pour fêter les congés des Fêtes, mettre de la lumière dans la maison et faire comme les Québécois.

« Le père de mes enfants est Québécois et sa mère est une catholique très pratiquante. Mes filles vont à l’église avec elle et prient à la maison avec ma mère. Elles ont le mixte des deux. Elles sont fières de l’Islam autant qu’elles sont contentes de se mettre à genoux à la messe », note Nadine.

« On regarde trop souvent ce qui se passe en France où des immigrants de quatrième génération ne se sentent pas chez eux à cause de l’histoire et des colonisations. Ici, les jeunes se sentent chez eux et sont contents. Il ne faut pas créer des problèmes », ajoute Tarik.

Prise de parole

Lorsque des événements surviennent dans l’actualité en lien avec les musulmans, les médias se tournent souvent vers les représentants de la mosquée pour obtenir des réactions. Cette façon de procéder crée-t-elle un malaise?

« Si un acte est posé au nom de la religion, c’est normal qu’on s’adresse aux gens de la mosquée. Des fois on est d’accord avec eux. Des fois non. Mais en tout temps, ça représente la voix d’une seule personne parmi tant d’autres », rappelle Nadine.

« Il n’y a pas de valeurs musulmanes ou de valeurs chrétiennes. Il y a des valeurs humaines universelles et après il y a des usages qui sont parfois d’origine religieuse, parfois d’origine culturelle. On est pour la convergence vers le noyau du Québec. Que chacun choisisse son chemin et son degré de convergence. Il peut arrêter au stade d’adaptation ou aller jusqu’à l’assimilation. Pourquoi pas? » demande Tarik.

« Et n’oublions pas que le fait qu’on est musulman n’est qu’un seul aspect de notre identité aussi parmi tellement d’autres éléments. On est aussi Canadien, Québécois et bien d’autres choses », insiste Tarik qui est, comme Ihsen et Nadine, optimiste pour l’avenir.

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Le Fleurdelisé à l’honneur

Les Sherbrookois ont célébré la Fête du drapeau fleurdelisé, dimanche. Une trentaine de voitures ont participé à un défilé du drapeau, organisé par l’organisme sans but lucratif le Mouvement des insoumis.

Le membre fondateur et porte-parole du Mouvement des insoumis, Sylvain Meunier, tente de partager l’histoire de la province aux Sherbrookois. « On célèbre le jour du drapeau. Il y a 70 ans, le 21 janvier 1948, Maurice Duplessis et son gouvernement ont décrété le Fleurdelisé comme le drapeau officiel du Québec. On veut faire connaître l’histoire au plus grand nombre de personnes possible », explique-t-il.

Selon M. Meunier, la Fête du drapeau doit être soulignée, car celui-ci rassemble tous les Québécois.

« Aujourd’hui, on a plus de véhicules que jamais. C’est encourageant. Le drapeau est un symbole très puissant qui rassemble tous les peuples. Il faut le célébrer. On attendait une quarantaine de véhicules pour l’activité d’aujourd’hui », ajoute-t-il.

Tout comme les autres participants, Jean-François McDuff porte le Québec dans son cœur. « Le plus gros de l’expérience, c’est de voir qu’on n’est pas les seuls à aimer nos couleurs. Notre petit côté français au travers du grand monde anglophone est encore important pour nous », affirme-t-il.

L’événement est de plus en plus populaire selon M. McDuff. « C’est ma troisième année et ça grossit de fois en fois. Toutes les fois, nous sommes surpris de la popularité de l’événement », analyse-t-il.

Le convoi a exécuté une promenade d’une vingtaine de minutes. Les véhicules sont partis de la rue King, ont traversé le pont Jacques-Cartier, ont descendu la rue Galt, ont pris la rue Belvédère et ont terminé leur parcours dans le stationnement de Radio-Canada.

« Le fait d’arrêter dans le stationnement de Radio-Canada est un clin d’œil. Lorsqu’on leur demande de souligner des festivités québécoises, ils nous regardent un peu de haut. Oui, on est nationalistes, mais on est encore Canadiens jusqu’à preuve du contraire. On ne leur en veut pas, on espère juste qu’ils viennent nous interviewer », souligne Jean-François McDuff.

Le souhait du Mouvement des insoumis a finalement été exaucé après son défilé.

De plus, comme le drapeau entre dans une nouvelle décennie, il est encore plus important de le célébrer. « Quand on arrive à 70 ans, c’est important de le souligner, ajoute M. McDuff. Il y a des drapeaux qui ne durent pas aussi longtemps. »

D’autres célébrations

La Société nationale de l’Estrie a également souligné le 70e anniversaire du drapeau. Vendredi, une cinquantaine de personnes se sont réunies pour une cérémonie officielle, selon leur page Facebook. Dimanche, un rendez-vous festif a eu lieu au Loubards. Les gens présents ont pu entendre les chansons de David Bélanger.

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Maladies héréditaires: des tests gratuits partout au Québec

Le ministère de la Santé et des Services sociaux étend à l’ensemble de la province son programme de dépistage pour quatre maladies héréditaires dont le taux de prévalence est anormalement élevé au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Jusqu’ici disponibles seulement en région, les tests seront dorénavant à la portée de tous les Québécois répondant à certains critères d’admissibilité.

Le ministre Gaétan Barrette en a fait l’annonce officielle vendredi, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôpital de Chicoutimi. Il était flanqué du député libéral de Dubuc, Serge Simard, et du triathlète et conférencier baieriverain Pierre Lavoie, qui milite pour la cause des maladies orphelines depuis des années. 

Des tests de dépistage pour l’acidose lactique congénitale, l’ataxie spastique de Charlevoix-Saguenay, la neuropathie sensitivomotrice héréditaire et la tyrosinémie de type 1 étaient déjà à la disposition des gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre d’un projet pilote instauré par Québec en 2009. Bon an mal an, quelque 3000 personnes s’en prévalent. En élargissant l’offre à l’ensemble du Québec, le ministère estime qu’environ 7000 personnes y auront accès chaque année. Outre les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les populations de Charlevoix et de la Haute-Côte-Nord sont particulièrement affectées par ces maladies très rares à l’échelle planétaire.

Critères

Trois critères principaux ont été établis par le gouvernement pour déterminer l’admissibilité au programme gratuit. Les personnes souhaitant se soumettre aux tests, qui seront analysés ici même en région, devront être majeures et avoir au moins un des quatre grands-parents biologiques nés au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans Charlevoix ou sur la Haute-Côte-Nord. De plus, les demandeurs devront planifier avoir des enfants, être enceinte de 14 semaines ou moins ou avoir une conjointe enceinte de 14 semaines ou moins.

« Nous nous sommes assurés d’améliorer l’accès à ces tests qui permettent à de nombreuses familles de connaître les risques de transmission de ces maladies héréditaires à leurs enfants. Les personnes originaires des trois régions ciblées sont plus à risque d’être porteuses », a fait valoir le ministre Barrette. Il a précisé que le fait de détenir des informations justes permettra aux parents de faire des choix éclairés. 

Simple

Le test de dépistage sera très simple. Une trousse contenant deux cotons-tiges servant à l’autoprélèvement buccal pourra être acheminée par la poste. L’échantillon et le formulaire dûment rempli devront être retournés pour analyse. Si les personnes sont porteuses, les autorités de santé communiqueront avec elles par téléphone. Si les résultats sont négatifs, le retour de la poste les en informera. Le ministre Gaétan Barrette estime que le programme coûtera 170 000 $ par année. Selon lui, les faibles coûts s’expliquent par de nouveaux moyens technologiques dorénavant à la disposition du ministère. Il assure du même souffle que toutes les ressources d’accompagnement nécessaires seront mises en place pour soutenir les mères dont le stade de grossesse est de plus de 14 semaines et leur conjoint. Des conseils spécialisés dispensés par un des services de génétique du Québec seront offerts, tout comme du soutien psychosocial. 

Quant à une explosion potentielle du nombre de Québécois souhaitant se prévaloir des nouvelles mesures, Gaétan Barrette a signifié qu’il s’agirait là d’un « heureux problème ». Il a cependant rappelé que les critères doivent être respectés, ce qui laisse croire au ministère que l’estimation préliminaire d’environ 7000 personnes l’an est réaliste.