Autour du globe, 11 décembre 2018

Politique

Et de 75! Gare à la grosse tête...

ANALYSE / Un député de plus, ça ne change pas le monde, mais l’équipe de François Legault aura tout intérêt à gouverner avec humilité, sans arrogance ni grosse tête, durant le reste de son mandat.

Et de 75! Avec sa victoire sans surprise dans Roberval, lundi, la Coalition avenir Québec (CAQ) passe de 74 à 75 élus à l’Assemblée nationale. C’est beaucoup dans une assemblée qui compte 125 places.

Gouverner sans arrogance, sans rouler des mécaniques... C’est ce que les députés et ministres caquistes sont parvenus à faire depuis le 1er octobre. Mais cette discipline collective pourrait bien finir par s’évanouir avec le temps. Ça s’est déjà vu... L’ivresse du pouvoir enivre.

Gouverner avec humilité, c’est, dans ce cas-ci, gouverner en ayant à l’esprit le poids obtenu dans les urnes; et pas seulement celui apparaissant au parlement en raison des distorsions inhérentes à notre système électoral. Pour mémoire, la CAQ a récolté moins de 38 % des voix en octobre.

Gouverner avec humilité, c’est gouverner en tenant compte des partis d’opposition. Et pas seulement en faisant jouer son poids parlementaire écrasant.

Toute la question est de savoir ce que peut signifier «en tenant compte» dans le contexte actuel. Car, de législature en législature, c’est toujours ce que réclament les partis d’opposition; et bien des commentateurs aussi.

Tenir compte, oui, mais comment?

Un partage avant l’heure

Il est normal que le gouvernement Legault veuille honorer ses engagements électoraux. Qu’entendrions-nous sur la place publique s’il avait déjà jeté aux oubliettes ses principales promesses? 

Même s’ils ont des arguments on ne peut plus valables à avancer sur le cannabis et sur l’immigration, les libéraux et les péquistes ne sont pas les mieux placés pour faire la leçon au nouveau gouvernement sur les engagements qu’il devrait abandonner. C’est de bonne guerre politique, mais ils savent de surcroît qu’il ne rendra pas les armes de ce côté-là. C’est du bla-bla.

Le gouvernement Legault devrait par contre réellement faire en sorte qu’un nombre significatif de projets de loi présentés par les libéraux, les péquistes et les solidaires puissent traverser les différentes étapes législatives et se rendre jusqu’à un vote final des députés. Il tiendrait ainsi mieux compte de la place qui doit être la leur dans un système parlementaire moderne.

Une autre dynamique s’installerait. C’est vers là que le gouvernement devrait aller, même s’il compte maintenant un député de plus dans ses rangs.

Ce serait d’autant plus logique qu’il affirme lui-même vouloir passer d’un mode de scrutin uninominal à un mode de scrutin proportionnel. Et il répète qu’il présentera un projet de loi en ce sens.

S’il met lui-même ce principe sur la table, pourquoi ne gouvernerait-il pas dès ce mandat-ci en tenant un peu mieux compte — et de cette façon — des partis d’opposition?

Santé

Certains troubles du langage seraient une manifestation de la maladie d’Alzheimer

Certains troubles du langage qui apparaissent pendant la cinquantaine sont en fait une manifestation de la maladie d’Alzheimer, selon une étude internationale dirigée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval

L’examen de patients atteints d’aphasie logopénique, un trouble du langage qui entraîne des difficultés à trouver ses mots ou à répéter des phrases longues et complexes, a révélé chez 86 % d’entre eux un taux anormalement élevé de protéine bêta-amyloïde, une caractéristique typique de la maladie d’Alzheimer.

Cette découverte est le fruit de l’effort concerté de plus de 100 chercheurs répartis dans 36 centres à travers le monde. Ces équipes ont étudié 1251 patients atteints de trois formes d’aphasie : sémantique, non fluente et logopénique.

Les résultats ont révélé que les concentrations de bêta-amyloïde étaient anormalement élevées chez 86 % des patients lorsque l’aphasie était de type logopénique. Dans les deux autres formes d’aphasie étudiées, des taux anormaux de bêta-amyloïde ont été détectés chez seulement 20 % ou moins des patients.

Le premier auteur de l’étude, le chercheur David Bergeron, a expliqué dans un communiqué que «les personnes atteintes de ce type d’aphasie souffrent d’un «manque du mot», elles bloquent à répétition dans une phrase, elles peinent à trouver leurs mots et elles parviennent difficilement à répéter une phrase qui vient de leur être dite».

Son collègue, le DRobert Jr Laforce, qui a aussi contribué à l’étude, spécifie que ce ne sont pas les noms propres qui posent problème, mais les mots pour décrire précisément une chose ou une situation dans une conversation libre.

«Ça donne des conversations vagues parce qu’on n’arrive pas à trouver le bon mot pour préciser sa pensée», a-t-il expliqué.

Il s’agirait «d’une forme atypique de la maladie d’Alzheimer qui se manifeste à un plus jeune âge que la forme classique», souligne le chercheur David Bergeron.

Dépistage précoce

Les personnes dans la cinquantaine ou la soixantaine qui sont atteintes d’aphasie logopénique présenteraient un risque élevé que leur condition cache en fait la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Laforce souligne l’importance de cette découverte pour le traitement de la maladie. «C’est très important parce que l’idée dans notre domaine, actuellement, c’est de dépister de façon précoce», indique le neurologue et neuropsychologue.

«Quand les neurones sont en stade modéré ou en stade sévère d’atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est trop tard. On peut transplanter un poumon, on peut transplanter un cœur, mais on ne peut pas transplanter un cerveau», observe le médecin associé à la faculté de médecine de l’Université Laval.

Pour le Dr Laforce, ce qu’il faut retenir de cette étude, c’est que l’Alzheimer «n’a pas seulement un «visage mémoire», mais un «visage langage» aussi». «Quand les gens remarquent des changements dans la capacité de leurs proches à s’exprimer, il faut amener cette possibilité-là à leur médecin de famille pour faire un dépistage», insiste le spécialiste.

Plus le diagnostic survient tôt, plus vite les patients et leur famille peuvent se préparer. De plus, si la médecine actuelle ne parvient pas encore à guérir la maladie d’Alzheimer, des traitements sont disponibles pour stabiliser le patient pour une période d’environ trois ans.

Les détails de l’étude ont été publiés récemment dans la revue scientifique Annals of Neurology.

Insolite

Une crèche «hipster» à l'oratoire Saint-Joseph

Que feraient Joseph et Marie si Jésus était né à l'époque actuelle? Selon une œuvre exposée à l'oratoire Saint-Joseph, ils auraient pris un égoportrait en faisant un signe de paix.

Cette représentation controversée de la naissance du Christ qui est présentée à l'oratoire Saint-Joseph de Montréal affiche plusieurs caractéristiques de notre ère, allant de la technologie, à l'individualisme.

Politique

Partielle dans Roberval: une députée de plus pour la CAQ

La candidate de la Coalition avenir Québec, Nancy Guillemette, remporte l’élection partielle dans la circonscription de Roberval.

Celle qui occupait la fonction de directrice générale de l’organisme Santé Mentale Québec pour le Lac-Saint-Jean, depuis 2007, comblera le poste laissé vacant à la suite de la démission de l’ancien premier ministre et député de la circonscription, Philippe Couillard.

« On a travaillé, mon équipe et moi, très fort durant la campagne. Mais je vous garantis que, demain, c’est à ce moment que le vrai travail commencera et on va travailler plus fort », a expliqué celle qui devient la 4e députée caquiste du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

Monde

Avortement: la Cour suprême refuse d’entendre un recours

WASHINGTON — La Cour suprême des États-Unis a refusé lundi un recours lié à la question explosive de l’avortement, bien que trois de ses juges conservateurs aient plaidé pour un examen du dossier.

Deux États, la Louisiane et le Kansas, avaient demandé au temple du droit américain d’intervenir après avoir perdu devant des juge fédéraux face à la principale organisation de planification familiale du pays, Planned Parenthood.

Ces États avaient souhaité l’exclure du système d’assurance publique Medicaid, destiné aux Américains les plus pauvres, au motif que Planned Parenthood avait donné à la recherche des tissus prélevés sur des fœtus avortés.

«Les États ne peuvent pas retirer un fournisseur de leur programme Medicaid pour des raisons qui leur conviennent, surtout quand ces raisons ne sont pas liées aux compétences du fournisseur et à la qualité des soins fournis», avaient estimé des juges en février.

En refusant de se saisir du dossier, la Cour suprême ne se prononce pas sur le fond du dossier, mais laisse ce jugement en place.

Il aurait fallu que quatre de ses neuf juges le souhaitent pour qu’une audience soit programmée. Or, ils n’étaient que trois — les conservateurs Clarence Thomas, Neil Gorsuch et Samuel Alito — à vouloir examiner le dossier.

«Qu’est-ce qui explique que la Cour refuse de faire son travail? Je soupçonne que cela ait à voir avec le fait que le dossier implique Planned Parenthood», a écrit le juge Thomas en leur nom. «Un vague lien avec une question politiquement tendue ne justifie pas que nous abdiquions notre responsabilité judiciaire.»

La Cour suprême a légalisé l’avortement dans un arrêt du 22 janvier 1973 («Roe versus Wade») mais le sujet reste très clivant dans le pays et de nombreuses mesures ont été prises ces dernières années pour compliquer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.

Lors de sa campagne présidentielle, le président américain Donald Trump avait promis aux électeurs conservateurs de nommer à la Cour suprême des juges opposés à l’avortement, sous-entendant qu’ils feraient évoluer cette règle.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, il a obtenu la confirmation des juges Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Ce dernier n’a pas suivi ses collègues conservateurs lundi.

Monde

Trump ou la difficile quête d’un chef de cabinet

WASHINGTON — Mis en cause sur plusieurs fronts judiciaires, Donald Trump a répliqué lundi tout en poursuivant ses difficiles recherches pour un chef de cabinet, poste traditionnellement prestigieux pour lequel les poids lourds ne se bousculent pas tant les tensions à la Maison-Blanche sont flagrantes.

Fait rare, le président américain a annoncé le départ de John Kelly, général des Marines à la retraite avec lequel ses relations se sont dégradées au fil des mois, avant même d’avoir trouvé son successeur.

Donné comme grandissime favori, Nick Ayers, 36 ans, chef de cabinet du vice-président Mike Pence, a jeté l’éponge dimanche soir, un camouflet pour le président quelles que soient les raisons officiellement avancées.

Tout Washington spécule et M. Trump, qui n’a aucun événement public à l’agenda, reste pour l’heure muet sur ce dossier.

L’élu républicain de Caroline du Nord Mark Meadows, dont le nom est cité avec insistance depuis lundi matin, a clairement indiqué que le poste l’intéressait.

«Être nommé chef de cabinet serait un grand honneur», a déclaré le chef de file du «Freedom Caucus», groupe des ultra-conservateurs de la Chambre des représentants. «Le président a une longue liste de candidats compétents et je sais qu’il prendra la meilleure décision possible [...] pour le pays», a-t-il ajouté.

Les difficiles journées avec le président

Le fait que Donald Trump peine à attirer des candidats pour ce qui était avant son arrivée considéré comme l’un des postes les plus passionnants et les plus prestigieux de Washington en dit long sur le style de sa présidence et sur son isolement.

De manière plus ou moins directe, ex-collaborateurs et ex-ministres ont, un à un, expliqué la difficulté de travailler au quotidien avec l’impétueux président de 72 ans, propulsé au pouvoir sans la moindre expérience politique ou diplomatique.

Ancien chef de la diplomatie américaine, le discret Rex Tillerson a dressé il y a quelques jours le portrait d’un homme «qui est plutôt indiscipliné, qui n’aime pas lire, qui ne lit pas les rapports, qui n’aime pas aller dans le détail mais qui dit : “Voilà ce que je crois”». Cette sortie lui a valu une bordée d’injures de la part du président de la première puissance mondiale.

«Personne ne veut être chef de cabinet de Trump», a ironisé lundi le Parti démocrate dans un communiqué. «Pourquoi le voudraient-ils? Le poste le plus important de la Maison-Blanche est devenu, sous Trump, la risée du public.»

Techno

Le patron de Google assure que son moteur de recherche n'est pas «politiquement biaisé»

WASHINGTON — Le pdg de Google Sundar Pichai a affirmé lundi que le moteur de recherche américain n'était pas, contrairement aux accusations fréquentes de Donald Trump, «politiquement biaisé».

Dans les remarques que le responsable doit prononcer mardi lors d'une audition au Congrès et transmises à l'avance, M. Pichai insiste aussi sur l'importance pour le groupe du respect de la vie privée et de la sécurité informatique, Google étant selon lui déterminé à travailler avec le gouvernement américain «pour garder le pays en sécurité».

Justice et faits divers

Omar Khadr veut un passeport pour aller faire le pèlerinage à La Mecque

EDMONTON — Omar Khadr souhaite obtenir un passeport canadien pour effectuer le pèlerinage à La Mecque, en Arabie Saoudite, et aussi obtenir la permission de communiquer avec sa controversée sœur.

L'ancien détenu à la base américaine de Guantanamo, qui a aujourd'hui 32 ans, sera de retour à la Cour du banc de la reine à Edmonton jeudi afin de réclamer des modifications à ses conditions de mise en liberté sous caution. Il avait obtenu cette libération pendant qu'il fait appel des condamnations pour crimes de guerre prononcées par une commission militaire américaine.

Actualités

Des parodies de Loto-Québec pour lutter contre la pauvreté

De la Lotto Pauvre O-Max passant par la Mini vie et la Lotto 648, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a récidivé avec des cartes de Noël en parodiant Loto-Québec et le rêve de certains : sortir de la pauvreté. Cette année, l’organisme invite les citoyens à envoyer les cartes postales aux 125 députés qui siègent en chambre pour leur rappeler l’importance de lutter face à cette problématique.

De la Lotto Pauvre O-Max passant par la Mini vie et la Lotto 648, le Collectif pour un Québec sans pauvreté a récidivé avec des cartes de Noël en parodiant Loto-Québec et le rêve de certains : sortir de la pauvreté. Cette année, l’organisme invite les citoyens à envoyer les cartes postales aux 125 députés qui siègent en chambre pour leur rappeler l’importance de lutter face à cette problématique.

Pour la toute première fois depuis le lancement de cette campagne de cartes postales il y a six ans, les députés de Sherbrooke étaient invités à l’événement. En effet, la solidaire Christine Labrie a dépêché une représentante à la conférence de presse, elle qui aurait aimé être sur place, mais qui avait une autre rencontre de prévue. 

« Je suis élue pour représenter ces gens-là, donc c’est important d’être à l’écoute. À Québec solidaire, on a des positions assez fermes sur la lutte à la pauvreté. C’est important de montrer notre appui », assure Christine Labrie.

« Au niveau de l’aide sociale, les montants reçus par ces personnes ne leur permettent pas de sortir de la pauvreté. Ça leur permet de survivre. Ces gens-là ont recours aux banques alimentaires, car ce sont des montants ridiculement bas. En dehors de l’aide sociale, il y a énormément de pauvreté chez les gens qui sont sur le marché du travail », analyse la députée de Sherbrooke. 

Parler plus de pauvreté

De son côté, la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, ne s’est pas déplacée pour l’occasion. Une carte géante lui a donc été livrée à son bureau après la conférence de presse, une tradition qui perdure depuis quelques années.

Christine Labrie ne blâme pas Mme Hébert pour son absence, mais pense que le gouvernement en général devrait aborder cette problématique de manière plus récurente. « Je ne connais pas l’agenda de Mme Hébert. Il y a parfois plusieurs événements en même temps et elle ne peut pas être partout. Cependant, la CAQ n’a pas vraiment de plan de lutte à la pauvreté. Ça, ça me parait problématique. On sait que des écarts de richesse se creusent depuis plusieurs années. L’une des seules mesures, c’était d’arrêter de prendre compte des pensions alimentaires dans le calcul de l’aide sociale. Sinon, ils n’ont pas pris d’engagements en ce sens », rappelle Mme Labrie. 

Convaincre

La représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté, Line Marcoux, pense que l’approche sera plus facile avec QS. « On sait que Québec solidaire est plus facile à convaincre. Il nous reste Mme Hébert. On sait que la CAQ ne parle pas beaucoup de pauvreté, donc ça va peut-être être plus difficile de ce côté, mais on ne se décourage pas. On continue. »

Virginie Larivière, porte-parole pour le Collectif pour un Québec sans pauvreté, avoue que le changement de gouvernement ne change pas grand-chose pour elle. « On tend toujours la main au gouvernement, qu’il soit nouveau ou ancien. On essaie de représenter le plus possible les enjeux de pauvreté, de revendiquer l’augmentation des prestations publiques à la hauteur de la mesure du panier de consommation pour que les gens aient au moins le minimum vital. On porte l’ensemble des revendications. Les 125 parlementaires ont reçu les quatre cartes du Collectif. On va donner les cartes géantes au nouveau ministre du Travail de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Jean Boulet », indique-t-elle.

Il y a une incohérence entre l’idée que l’économie roule bien et le fait que des gens n’arrivent pas à se nourrir à tous les repas, pense Mme Larivière. « Une personne sur 10 ne parvient pas à couvrir ses besoins de base. Parmi ces 800 000 personnes, il y a des gens assez sociaux, mais il y a aussi des travailleurs pauvres, puisque le salaire minimum est trop bas. 11 % des gens qui fréquentent une banque alimentaire ont des revenus d’emploi. Le travail ne remplit pas sa promesse de faire sortir de la pauvreté. »

En Estrie, 14 000 personnes ont besoin de l’assistance sociale. À Sherbrooke, 15 % des enfants vivent dans une famille à faible revenu. 70 000 cartes seront distribuées aux citoyens.