Politique

Lisée s'inspire de René Lévesque pour surprendre et remporter l'élection

MONTRÉAL — Jean-François Lisée s'inspire de René Lévesque et de Lucien Bouchard, et espère suivre leurs traces pour surprendre et faire élire un gouvernement péquiste cet automne.

Le chef du Parti québécois (PQ) a fait cette déclaration, mercredi, alors qu'il lançait sa précampagne électorale dans l'Est de Montréal, un secteur qui a été abandonné par les libéraux depuis 15 ans, selon M. Lisée.

Celui qui se retrouverait en troisième place des intentions de vote avoue se sentir comme un «underdog» et dit aimer cela.

Jean-François Lisée rappelle qu'il se trouvait dans la même situation au début de la course au leadership du PQ en 2016 et qu'il l'a emporté.

Il ajoute que René Lévesque était aussi sous-estimé en 1976, tout comme le camp du Oui lors des référendums. En 1995, les souverainistes ont obtenu l'appui de 49,4 pour cent de la population québécoise. M. Lisée précise que ce résultat serait amplement suffisant pour lui le 1er octobre prochain.

Encore plus récemment, le chef péquiste soutient que «même Lucien Bouchard» était négligé au début de la campagne électorale de 1998.

«Tout le monde disait que Jean Charest gagnerait», lance Jean-François Lisée.

Ce dernier se montre confiant d'effectuer une remontée en raison de son «équipe extrêmement compétente à travers le Québec» et des propositions crédibles de son parti.

«Je serais plus inquiet si les propositions de François Legault étaient sensées, mais elles ne le sont pas et ça aide beaucoup», clame le chef du PQ, sourire en coin.

M. Lisée joue la carte de la confiance en affirmant que «ça fait partie de l'histoire du Parti québécois d'être considéré comme le «dark horse» au début de la campagne et de surprendre en gagnant. Je suis très heureux de ma place. On va répéter l'histoire du Parti québécois qui surprend.»

Absent durant l'été?

Alors que le gouvernement Couillard multiplie les annonces quotidiennes et que M. Legault, qui figure en tête des sondages, présente ses candidats caquistes aux quatre coins de la province, Jean-François Lisée a été plus discret dans les médias récemment.

Interrogé à ce sujet, le chef péquiste s'est d'abord justifié en disant avoir profité de la saison estivale pour faire le tour du Québec.

«J'ai vu vos collègues (journalistes) à Chibougamau, aux Îles-de-la-Madelaine, à Rimouski, en Gaspésie, dans les Laurentides, en Montérégie, etc.», énumère M. Lisée avant d'avouer avoir pris «un peu de vacances» avec ses enfants.

«Je pense que c'est une saine habitude de vie. C'est un signal que le premier ministre (sic), futur premier ministre, doit envoyer, que c'est normal, que quelle que soit votre fonction, vous preniez un peu de temps avec votre famille.

«Un parti qui veut faire tant pour les familles doit donner l'exemple», selon le leader du PQ.

Puis, un brin ironique, Jean-François Lisée a dit souhaiter que François Legault, qui n'a pas pris de vacances cet été, aura suffisamment d'énergie pour lutter jusqu'à la fin de la campagne électorale.

Actualités

Les tatoueurs se livrent aux policiers

Les tatoueurs qui étaient recherchés pour avoir recruté des clients mineurs dans un parc de Saint-Élie se sont livrés au poste de police dans la nuit de dimanche à lundi.

« Cette nuit, deux gars de 21 ans et de 19 ans se sont présentés au quartier général, indique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier. Depuis hier, cette nouvelle a roulé pas mal sur Internet, donc ils se sont présentés en disant qu’ils étaient les tatoueurs recherchés. Ils nous ont confirmé qu’ils s’étaient présentés au parc Ma Villa de Saint-Élie, qu’ils avaient offert des contrats de tatouages à des adolescents, mais il n’y a pas eu de tatouages de faits. »

Lire aussi : Tatouages offerts à des mineurs

Pour l’instant, l’enquête suit son cours. « Ils ont été identifiés, mais nous sommes en analyse à savoir s’ils ont commis un crime ou s’il y a une infraction au niveau de la réglementation municipale, donc d’avoir fait de la vente sans permis de la ville », poursuit M. Carrier.

Les deux individus ont fourni leurs versions des faits, mais n’ont pas été arrêtés.

Rappelons qu’une citoyenne avait écrit un statut Facebook lors du week-end, demandant aux parents d’être vigilants.

JUSTICE ET FAITS DIVERS

Meurtre de Félix Bergeron : deux accusés remis en liberté

Accusés de l’homicide involontaire coupable de Félix Bergeron à Sherbrooke en juillet dernier, Brandon Vaillancourt et William Pratte ont été remis en liberté sous de sévères conditions.

Après une analyse minutieuse de la preuve et des principes de remise en liberté, le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec a déterminé, mercredi, que ces deux accusés pouvaient libérés sous conditions.

Félix Bergeron, 21 ans, a été tué à son logement de la rue Sanborn le 18 juillet dernier au centre-ville de Sherbrooke. 

Le tribunal devait déterminer si la détention de Pratte et Vaillancourt était nécessaire pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice.

Aussi accusé dans cette affaire, Robert Sargeant, qui avait été le premier à être accusé d’homicide involontaire coupable, avait renoncé à la tenue de son enquête remise en liberté. Sa détention a été ordonnée immédiatement.

Pratte, 19 ans, devra se rendre en maison de thérapie pour traiter sa dépendance aux stupéfiants. Il devra y résider 24 heures par jour, sept jours sur sept.

Son père s’est engagé à déposer 10 000 $, alors que Pratte devra déposer 1000 $ pour le respect de ses conditions.

« L’encadrement qu’il offre permet la protection de la société », indique le juge Vanchestein.

Brandon Vaillancourt devra rester chez ses parents et suivre ses cours au Cégep. Âgé de 18 ans, il ne possède pas d’antécédent judiciaire.

« Merci beaucoup pour votre décision. Je vais respecter les conditions », a indiqué Vaillancourt.

Ses parents se sont engagés à déposer 5000 $ et Vaillancourt 1000 $ personnellement pour garantir le respect des conditions.

Un couvre-feu de 22 h à 7 h lui a été imposé. Il devra aussi déposer son passeport.

 « Il ne présente aucun danger pour la société », estime le juge Vanchestein.

Le juge a rappelé que la détention était l’exception et que la règle était la remise en liberté.

« Compte tenu du jeune âge des accusés, des garanties offertes, qu’ils ne présentent pas un danger pour la société et de la présomption d’innocence dont ils bénéficient, je vais les remettre en liberté sous condition », a expliqué le juge.

Les deux accusés paraissaient nerveux dans le box des accusés.

Des interdits de contact et de communication avec tous les témoins de cette affaire ont été imposés.

« Si vous faites le moindre faux pas, cet argent va être confisqué et vous allez être détenu jusqu’à la fin des procédures », a prévenu le juge aux deux accusés.

Les deux accusés ne pourront pas consommer de drogue ou d’alcool pour toute la durée des procédures judiciaires.

La peine maximale de l’homicide involontaire est la prison à perpétuité.

Me Julie Beauchemin assurait la défense de Brandon Vallancourt, alors que Me Mireille Leblanc défend William Pratte.

Les trois individus sont aussi accusés de complot pour braquage du domicile de Félix Bergeron et de possession de drogue.

Rappelons que l’homicide est survenu dans un appartement d’un immeuble situé au coin des rues Gordon et Sanborn, au centre-ville de Sherbrooke. Une altercation a eu lieu dans le logement le mercredi 18 juillet vers 23 h 30.

Une ordonnance de non-publication émise à l’enquête sur remise en liberté empêche de révéler les faits de la cause.

C’est Me Claude Robitaille qui représente le ministère public dans cette affaire.

Le dossier a été reporté au 17 octobre prochain.

Justice et faits divers

Les deux adolescents disparus à Ottawa ont été retrouvés

Les deux garçons de 11 ans portés disparus depuis mercredi matin ont été retrouvés sains et saufs, annonce la police d'Ottawa.

Les deux garçons avaient été vus, pour la dernière fois, ensemble dans les environs du parc Burnett, à Barrhaven. Le Service de police d’Ottawa (SPO) soulignait qu’il y a des raisons de craindre pour leur santé et leur sécurité.

Le SPO a tweeté à 15h20 que les adolescents ont été retrouvés.

Toute personne détenant de l’information sur cette affaire est priée de contacter la police d’Ottawa et son service des personnes disparues au 613-236-1222, poste 2355.

Justice et faits divers

Un blessé dans l’incendie d’un véhicule à Ottawa

Un homme a subi des brûlures mineures aux avant-bras mercredi matin après qu’une voiture eut pris feu dans l’ouest d’Ottawa.

Le brasier s’est déclenché peu avant 8h30 sur la promenade Queensview, près du chemin Pinecrest. Alors que des pompiers étaient en route, le Service des incendies d’Ottawa (SIO) a pris soin d’inviter le public à rester à une distance d’au moins 100 mètres du véhicule.

Malgré la précaution, un homme dans la soixantaine a tenté d’éteindre l’incendie à l’aide d’un extincteur. En s’approchant un peu trop de l’automobile, il s’est brûlé les avant-bras au premier degré. Il a été traité par les paramédics sur place. Aucun transport à l’hôpital n’a été nécessaire.

Les flammes ont été complètement éteintes à 9h46. Le SIO a insisté et a pris soin de tweeter un rappel important: «ne retournez jamais dans un véhicule enflammé. Le feu se propage rapidement et est extrêmement dangereux».

Politique

Écarté par le Parti libéral, François Ouimet estime qu'il «méritait mieux»

C’est la gorge nouée et en essuyant plusieurs fois ses larmes que le député François Ouimet, qui aurait pu devenir le doyen de l’Assemblée nationale après le 1er octobre, a annoncé que le Parti libéral lui montrait la porte.

Sous le choc, M. Ouimet semblait avoir de la difficulté à comprendre la façon dont il est traité par le PLQ et par le premier ministre Philippe Couillard. «Les mesures prises dans les derniers jours à mon égard sont blessantes», a-t-il soutenu. 

Alors qu’en mai, M. Couillard lui avait donné sa parole en le regardant «dans les yeux» qu’il serait le candidat du PLQ dans Marquette, François Ouimet a appris lors d’un bref entretien téléphonique avec le premier ministre mercredi qu’il ne faisait plus partie de l’équipe. La raison qu’on lui donne? Le parti veut «du renouveau». «Je pense que je méritais mieux», juge-t-il. 

M. Ouimet savait que des «jeux de coulisses» avaient lieu au sein du parti, mais il croyait que la promesse faite par le premier ministre lui assurait d’être de nouveau candidat sur l’île de Montréal en vue des élections du 1er octobre.

Monde

La Turquie hausse ses tarifs douaniers contre les États-Unis

ANKARA — La Turquie a fortement augmenté mercredi les tarifs douaniers de plusieurs produits américains emblématiques, alimentant une crise diplomatique avec les États-Unis qui a fortement malmené la livre turque ces derniers jours.

Parmi les produits visés par cette forte hausse figurent les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s'élèvent désormais à 120%, certaines boissons alcoolisées (140%), le tabac (60%) ou encore le riz et des produits cosmétiques.

D'après la ministre turque du Commerce Ruhsar Pekcan, le montant des nouveaux tarifs douaniers annoncés mercredi s'élève à 533 millions de dollars.

Cette décision, annoncée dans un décret signé par le président Recep Tayyip Erdogan, survient alors que Washington et Ankara traversent une crise diplomatique ayant conduit ces deux alliés au sein de l'Otan à s'imposer des sanctions réciproques en août.

Le vice-président turc Fuat Oktay a précisé mercredi que la hausse des tarifs douaniers était un acte de «représailles» contre les «attaques délibérées de l'administration américaine» sur (l')économie turque.

Le président américain Donald Trump avait notamment annoncé la semaine dernière le doublement des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.

Ces tensions ont précipité l'effondrement ces derniers jours de la livre turque qui a perdu plus de 40% de sa valeur face au billet vert et à l'euro depuis le début de l'année.

La livre semble toutefois s'être stabilisée cette semaine sous l'effet de mesures de la banque centrale et de nouvelles restrictions aux échanges financiers («swap») annoncées mercredi par l'autorité des banques (BDDK) afin de contrer les spéculations.

Mercredi, la livre continuait ainsi de reprendre des couleurs face au dollar, sans toutefois effacer la chute de ces derniers jours. La devise turque progressait de 4,5% face au billet vert à 14h30.

Soutien du Qatar

La hausse des tarifs mercredi survient au lendemain d'un spectaculaire appel de M. Erdogan, qui dénonce une «guerre économique», à boycotter les appareils électroniques manufacturés par les États-Unis.

Les turbulences entre la Turquie et les États-Unis se sont renforcées au cours des derniers mois avant de virer à l'orage en juillet à cause de la détention en Turquie du pasteur américain Andrew Brunson.

Ce dernier est accusé par Ankara d'espionnage et d'activités «terroristes», ce qu'il nie en bloc. Après plus d'un an et demi d'incarcération, il a été placé en juillet en résidence surveillée.

Un tribunal truc a rejeté mercredi un nouveau recours du pasteur demandant la levée de son assignation à résidence.

La veille, la Maison Blanche avait fait savoir que M. Trump ressentait «beaucoup de frustration du fait que le pasteur ne soit pas libéré».

Si la Turquie joue la fermeté avec les États-Unis, elle semble cependant soucieuse de ménager ses autres partenaires et alliés.

Le président turc a ainsi reçu à Ankara pendant plus de trois heures et demie mercredi l'émir du richissime Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

Spectre d'une récession

Signe que la crise avec Washington pourrait également pousser Ankara à renouer avec l'Europe, M. Erdogan s'est entretenu au téléphone mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il doit rencontrer fin septembre à Berlin.

D'après un responsable turc, les deux dirigeants ont convenu d'une rencontre «dans les prochains jours» entre le patron de l'économie turque Berat Albayrak, gendre de M. Erdogan, et les ministres allemands de l'Economie et celui des Finances.

Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d'Amnesty International en Turquie, des développements inattendus dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre Ankara et l'Europe.

Outre les tensions avec Washington, les marchés s'inquiètent aussi de la mainmise de M. Erdogan sur l'économie, notamment depuis sa réélection en juin.

Les économistes critiquent le refus de la banque centrale de redresser ses taux malgré une forte inflation (près de 16% en juillet). M. Erdogan s'oppose fermement à une telle mesure, malgré les appels répétés des marchés en ce sens.

«Le plongeon de la livre turque va vraisemblablement faire grimper l'inflation à plus de 20% et faire basculer l'économie dans une récession dans les mois à venir», s'alarme Capital Economics.

Justice et faits divers

Le rappeur Infrak mort d’une polyintoxication aux drogues et aux médicaments

Le rappeur de Québec Philippe «Infrak» Giroux, membre du collectif 187, est mort d’une polyintoxication aux drogues et aux médicaments, révèle l’enquête du Bureau du coroner.

Le rappeur de 33 ans avait été retrouvé mort dans son lit dans la soirée du 27 novembre 2017. C’est son colocataire qui avait alerté les secours après avoir constaté que son ami n’était pas sorti de sa chambre depuis plus de 48 heures. Selon le coroner Donald Nicole, le décès de Philippe Giroux remontrait au 25 novembre.

Les analyses sanguines ont notamment révélé des concentrations de médicaments utilisés pour traiter l’anxiété, de cocaïne, de méthadone, de méthamphétamine et de fentanyl. Le coroner Nicole conclut que le décès du jeune homme résulte d’une polyintoxication accidentelle aux drogues et aux médicaments. 

Il souligne que Philippe Giroux «n’avait pas de problèmes de santé mais consommait régulièrement des stupéfiants». «De plus, il avait cessé de prendre ses médicaments pour traiter sa dépendance aux opiacées», précise le coroner Nicole. 

Infrak avait lancé son premier album solo, «La chute de l’ange», à la fin de 2016. Il avait ensuite tourné des vidéoclips en Haïti et en Roumanie, où il avait visité des orphelinats pour «montrer la pauvreté et la souffrance que d’autres peuvent vivre ailleurs», selon ce que son ami et gérant Philippe Nazon avait raconté au Soleil en novembre. Infrak a eu une vie «rough», ayant «grandi dans les centres d’accueil et fait de la prison», mais il avait «un très grand cœur», avait souligné M. Nazon.

Monde

Poutine prêt à rencontrer Kim Jong Un

SÉOUL — Vladimir Poutine s'est déclaré prêt à rencontrer le dirigeant nord-coréen «à une date rapprochée», dans un message adressé à Kim Jong Un, au moment où la péninsule coréenne connaît une remarquable détente, a rapporté mercredi l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

M. Poutine avait déjà invité M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in au Forum économique de l'Est, prévu du 11 au 13 septembre à Vladivostok (est de la Russie).

Dans un message adressé à M. Kim à l'occasion de la Journée nationale de la libération, qui commémore au Nord la fin de la présence coloniale japonaise en 1945, le président russe a réitéré selon KCNA sa proposition de sommet.

Selon le message repris par l'agence KCNA, M. Poutine a assuré Kim Jong Un être «prêt» à le rencontrer à «une date rapprochée pour discuter des questions urgentes liées aux relations bilatérales et aux questions importantes dans la région».

Il a exprimé l'espoir de développer «la coopération réciproque et notamment la réalisation du projet tripartite», qui impliquerait aussi Séoul, selon l'agence.

De son côté, M. Kim a également adressé d'après KCNA un message au président russe, en relevant que les «puissantes racines» de leurs relations bilatérales plongeaient dans leur lutte commune contre le Japon pendant la guerre.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé à la presse l'envoi de ce message où M. Poutine «a souligné son envie et sa volonté d'établir un dialogue» avec Kim Jong Un.

Interrogé sur une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un à Vladivostok, il a souligné que le Forum économique de l'Est «est ouvert à tous les dirigeants régionaux», tout en précisant qu'«aucune confirmation de (la participation de) Pyongyang n'a été reçue à ce jour».

Monde

États-Unis : Twitter suspend une semaine le compte du conspirationniste Alex Jones

WASHINGTON — Alex Jones, fondateur du site InfoWars et personnalité américaine médiatique affiliée à l'extrême droite, a indiqué que son compte Twitter personnel avait été suspendu mardi soir pour une semaine.

«J'ai eu le message qu'ils suspendaient, et qu'ils pourraient fermer complètement, mais au moins sept jours, le compte RealAlexJones parce que j'ai enfreint les règles dans une vidéo enregistrée hier soir disant que Trump devrait faire quelque chose concernant la censure d'internet», a indiqué M. Jones dans une vidéo sur Periscope, postée sur le compte Twitter de son émission InfoWars, qui, lui, n'a pas été suspendu.

Mercredi matin, ce compte InfoWars affirmait que la suspension intervenait après une «campagne intense et obsessionnelle (...) pour faire bannir Jones», menée par un journaliste de la chaîne CNN, dont le nom et la photo sont publiés sur le site de l'émission d'Alex Jones.

Son compte personnel est toujours consultable par les internautes, mais M. Jones ne sera plus capable d'y poster de message pendant une semaine.

«Nous avons mis en place un temps mort, nous lui avons retiré la capacité de tweeter», a expliqué Jack Dorsey, fondateur de Twitter, sur NBC News. «Toute suspension, qu'elle soit permanente ou temporaire, fait réfléchir les gens sur leurs actions et leurs comportements».

«Nous avons déterminé que cela avait un effet et changeait les comportements. Quand à savoir si ça va marcher dans ce cas-là (...), je ne sais pas mais c'est cohérent avec la façon dont nous appliquons nos règles», a-t-il poursuivi.

Un porte-parole de Twitter a précisé que le compte d'Alex Jones avait un fonctionnement limité, mais n'était pas suspendu, et que le groupe demandait à ce que des tweets contenant une vidéo en infraction avec ses règles soient supprimés.

Incitation à la violence

Plusieurs médias avaient rapporté mardi soir cette sanction par Twitter, CNN expliquant que le réseau social avait pris cette décision après la publication d'une vidéo dans laquelle Alex Jones déclarait qu'«il est désormais temps d'agir contre l'ennemi avant qu'il ne fasse une fausse bannière».

Cette expression — qui signifie qu'une opération est menée avec des signes de reconnaissance trompeurs, pour notamment faire accuser une autre partie — a été considérée comme incitation à la violence.

Les géants d'internet, à l'exception de Twitter, ont lancé le 6 août une offensive contre Alex Jones, désormais privé d'accès sur Facebook, YouTube, Apple et Spotify.

Facebook, qui a suspendu les quatre principales pages de l'Américain, a accusé celles-ci de «glorifier la violence» et «d'utiliser un langage déshumanisant pour décrire des personnes transgenres, musulmanes et immigrées», en infraction avec le règlement interne de Facebook.

Le réseau social avait alors précisé que c'était bien le langage utilisé et pas les thèses conspirationnistes véhiculées par Alex Jones qui l'avait incité à agir.

M. Dorsey avait défendu le lendemain le choix de ne pas suspendre Alex Jones, au nom du «débat public» et parce qu'«il n'a pas enfreint (nos) règles».