Fait exceptionnel, l’UdeS a adopté un budget provisoire en raison de la crise sanitaire. 
Fait exceptionnel, l’UdeS a adopté un budget provisoire en raison de la crise sanitaire. 

L’UdeS adopte un budget provisoire et prévoit des mesures d’économies

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’Université de Sherbrooke mettra en place différentes mesures de resserrement afin d’atteindre l’équilibre budgétaire. Touchée elle aussi par la pandémie, l’institution a adopté un budget provisoire pour 2020-2021, qui contient plusieurs points d’interrogation. L’institution prévoit donc déposer une mise à jour cet automne.

« C’est une modalité causée par la COVID-19 », précise le recteur, Pierre Cossette. La situation a commandé cette façon de faire exceptionnelle.

La vice-rectrice à l’administration et au développement durable, Denyse Rémillard, souligne que les universités de la province ont interpellé Québec afin de pouvoir déposer un budget provisoire. La crise sociosanitaire influencera grandement la situation financière.

« On a nos activités principales d’enseignement et de recherche, mais toutes nos autres activités, comme le Centre culturel et le Centre sportif, les résidences, ce qu’on appelle les services autofinancés, autour de ces services, il y a encore beaucoup d’inconnu », explique le Dr Cossette.

« Si je prends le centre sportif, il y a des coûts fixes dont on doit tenir compte », illustre-t-il en soulignant qu’une réouverture changerait la donne.

L’UdeS souhaite économiser 4,3 M$ par différentes mesures. Parmi elles, on peut penser à des reports d’embauches dans le cas de départs à la retraite ou au report de certaines dépenses.

Cet effort permettrait d’atteindre l’équilibre budgétaire, alors que le budget prévoit des revenus de 457 M$ et des dépenses de 461 M$.

La crise affecte les revenus de l’institution.

Le montant estimé de la perte nette de revenus des services autofinancés est de 1,2 M$ pour la période de la fermeture, le 13 mars, jusqu’à la fin de l’année financière à la fin avril.

Pour la période estivale, c’est presque 1,5 M$ qui manquerait dans les coffres de l’établissement pour les services autofinancés, dans un scénario où les services des sports demeurent fermés par exemple.

« On a pris l’initiative de ne pas charger aux étudiants les frais institutionnels obligatoires (FIO) », ajoute Mme Rémillard.

Le remboursement des FIO pour le service des sports et de l’activité physique pour l’été 2020 se chiffre à 310 000 $.

Des réponses avec le budget provincial

L’institution attend un investissement de 8,5 M$ grâce au réinvestissement et au rehaussement du financement universitaire.

Habituellement, explique le Dr Cossette, Québec adopte à ce moment-ci les crédits budgétaires. Or, la donne ayant beaucoup changé depuis le dépôt du budget provincial en mars, le gouvernement doit faire une mise à jour économique en juin. Les universités ne savent donc pas si les sommes promises seront au rendez-vous.

L’institution a aussi élaboré ses hypothèses financières sur la base d’une hausse de l’effectif étudiant de 1,1 %, pour des revenus supplémentaires de 4,6 M$. L’institution n’a pour le moment pas tenu compte des turbulences vécues par les étudiants.

Mardi, un sondage dévoilé par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) et la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ) a fait ressortir que beaucoup d’étudiants remettaient en question leur projet d’études universitaires et collégiales pour l’automne.

Selon ce coup de sonde, « 30 % des anciens et nouveaux étudiants pourraient décider de ne pas s’inscrire dans un établissement postsecondaire cet automne ». La perte de revenus, le soutien limité et les préoccupations en lien avec la qualité de l’apprentissage à distance sont invoqués.

« On travaille fort pour rassurer nos étudiants, ceux qui étaient déjà là et ceux qui veulent s’inscrire. Cette hausse était planifiée avant la crise. On ne s’attend pas à avoir cette hausse-là, ça fait partie des zones d’incertitudes. Ça dépend aussi de la formule de financement du ministère. On est financé en bonne partie selon l’achalandage étudiant. En fonction de la formule de financement, on pourrait avoir des revenus qui sont maintenus », commente M. Cossette.

Les revenus de recherche devaient être en progression cette année. « Est-ce que la progression va être un peu entamée par la crise? Ça se peut. On a quand même une zone de risques dans les prochains trimestres, qui va dépendre beaucoup de la reprise économique générale au Québec et au Canada. On a quand même des partenaires qui sont touchés par la crise », note le recteur.

Le budget prévoit également une indexation des FIO et des droits de scolarité de 3,1 % à l’automne 2020. Ce taux d’indexation est établi selon la dernière variation annuelle connue du revenu disponible des ménages par habitant.