Julie Lane, directrice du Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale et professeure à la faculté d’éducation.

La santé psychologique des étudiants sous la loupe

Les établissements d’enseignement postsecondaire se mettent en action pour veiller à la santé psychologique des étudiants. Un premier grand rassemblement qui réunira les universités de Sherbrooke et Bishop’s, de même que le Cégep de Sherbrooke, l’ordre collégial du Séminaire de Sherbrooke et le Collège régional Champlain (CRC) aura lieu jeudi. L’objectif : mettre en place des initiatives qui contribueront à améliorer la santé psychologique des étudiants.

L’initiative est chapeautée par le Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale. Les institutions ont été invitées à mettre en place un comité de santé psychologique. Ces comités ont notamment été invités à faire le point sur la situation chez eux, notamment en recueillant des données, et à faire un portrait des initiatives en place, explique Julie Lane, directrice du Centre et professeure à la faculté d’éducation.

« Ce rassemblement-là va permettre aux cinq établissements de choisir les initiatives qui apparaissent comme les plus pertinentes. »

« On a une équipe de chercheurs qui va évaluer les initiatives, pour voir si ça fait une différence dans la vie des gens. » Un questionnaire a été mené auprès des étudiants de l’UdeS, mais les résultats n’ont pas encore été rendus publics. Ce coup de sonde arrive alors que beaucoup de données sur le sujet ont été dévoilées dans l’ensemble de la province au cours des derniers mois. L’Union étudiante du Québec a dévoilé un rapport cet automne montrant notamment que 58 % des étudiants présentent de la détresse psychologique.

« Il y a une efferverscence, il y a plein de sondages qui mettent en lumière des résultats. » Ceux-ci montrent tous qu’il est urgent d’agir, ajoute Mme Lane.

Le Centre RBC est à l’origine du programme HORS-PISTE, qui a été bâti par plus d’une centaine d’acteurs du réseau de l’éducation, du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS), des milieux communautaires et universitaires. 

Cet automne, l’Association des médecins psychiatres du Québec lançait un mouvement de réflexion visant l’implantation de cours d’éducation à la santé mentale dans les écoles. 

Différents cours et initiatives existent déjà, mais le programme HORS-PISTE pourrait répondre aux différentes préoccupations, estime Julie Lane. Le programme est implanté dans environ 25 écoles de la province, dont en Estrie. 

Le premier volet propose des ateliers de prévention universelle à l’ensemble des élèves. « Les élèves présentant des symptômes anxieux plus importants sont ensuite invités à participer à un second volet du programme, qui se veut une intervention précoce ciblée », indique Mme Lane. Celui-ci prévoit des ateliers de groupe offerts aux élèves et à leurs parents.

Une évaluation des effets du programme a permis de montrer que la participation permet de diminuer plusieurs symptômes anxieux, entre autres ceux liés à l’anxiété généralisée et à la phobie sociale. 

Un plan de déploiement est en élaboration afin que le programme HORS-PISTE soit accessible aux 455 écoles secondaires de la province.

Le rassemblement prévu jeudi au Cégep de Sherbrooke vise à déployer le programme à l’échelle des cinq établissements postsecondaires sherbrookois. Le projet a obtenu un coup de pouce financier du Pôle régional en enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE). Le primaire est aussi concerné : l’initiative est en cours d’implantation à l’école primaire Sacré-Cœur de Sherbrooke (voir autre texte). 

Un autre grand rassemblement est prévu en mai, lors du congrès de l’ACFAS. Les établissements postsecondaires seront invités à présenter ce qui sera implanté dans le cadre d’un colloque visant à partager toutes les initiatives mises en place.