Quatre soldats ont trouvé la mort et des dizaines d’autres ont été blessés lorsqu’un incendie s’est déclaré sur la base le 17 octobre. Jeudi, les responsables ont indiqué que 27 soldats blessés étaient toujours hospitalisés dans différents établissements, dont 13 dans un état critique. Douze autres ont obtenu leur congé de l’hôpital.
Les victimes ont été identifiées comme étant: le soldat Shaun Farrell, 23 ans, de Prince Albert (Saskatchewan); le soldat Aidan Goulding, 23 ans, de North Vancouver; le soldat Hayden Lykkemark, 19 ans, de Langley (Colombie-Britannique); et le sergent Morgan Wong, 26 ans, d’Edmonton.
Voici ce que l’on sait et ce que l’on ignore à ce jour concernant les événements du 17 octobre.
Quand et comment l’incendie s’est-il déclaré?
L’incendie s’est déclaré «à la suite d’un exercice d’entraînement qui se déroulait sur le champ de tir du système automatique de lance-grenades», a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse la brigadière-générale Vanessa Hanrahan, cheffe de la police militaire. Elle a précisé que cet entraînement était «de routine».
On ne sait pas exactement comment l’incendie s’est déclaré. Les autorités ont indiqué qu’aucune infrastructure gazière n’avait été endommagée. Mme Hanrahan a déclaré aux journalistes qu’il n’y avait «aucune indication qu’une explosion, quelle qu’elle soit, ait provoqué l’incendie» ni qu’une explosion ait été déclenchée par l’incendie.
Le major général Wade Rutland, commandant de la 1re Division du Canada, a expliqué aux journalistes que, peu avant 16 h 00, heure locale, le feu s’était propagé au champ de tir par paires, où les soldats s’entraînent deux par deux à fournir un tir de couverture.
Pourquoi ont-ils poursuivi leur entraînement malgré l’incendie?
Les responsables militaires n’ont pas souhaité aborder cette question lorsqu’ils ont été interrogés par les journalistes jeudi. Mme Hanrahan a indiqué que cela faisait partie de l’enquête menée par la police militaire.
«L’équipe d’enquête est toujours sur place pour déterminer l’ensemble des décisions qui ont été prises dès le début de l’incendie, jusqu’au moment où ils sont intervenus face à l’incident ayant entraîné les tragédies d’aujourd’hui, a-t-elle déclaré.
«Il serait donc inapproprié de ma part de spéculer pour l’instant sur l’ensemble de ces décisions et sur tout autre aspect de l’enquête. Une fois que l’équipe d’enquête aura eu le temps d’examiner tous les éléments de preuve et d’accomplir les démarches nécessaires, je serai mieux à même de fournir des informations précises.»
Comment l’incendie s’est-il propagé si rapidement?
Jeudi, M. Rutland a déclaré que des vents violents avaient contribué à la propagation de l’incendie.
«Des vents d’une force inhabituelle ont poussé un incendie de champ de tir préexistant vers le champ de tir en paires, et celui-ci a dépassé la position (des soldats), a-t-il expliqué.
«Le feu a franchi la ligne de protection anti-incendie de la base et s’est propagé au-delà de la zone d’entraînement.»
Mme Hanrahan a indiqué dans ses propos en ouverture de la conférence de presse que les pompiers n’avaient pas pu maîtriser l’incendie car celui-ci se trouvait dans une «zone de danger permanent» de la base. L’incendie faisait donc l’objet d’une surveillance, a-t-elle précisé.
Les zones de danger permanent peuvent être contaminées par des munitions non explosées.
Que faisaient les soldats au moment de l’incendie?
M. Rutland a commencé son intervention en rectifiant des informations qu’il avait données précédemment.
«J’avais dit que les soldats blessés effectuaient un exercice d’attaque de section. C’était inexact, a déclaré M. Rutland.
«Ils se préparaient pour un exercice de tir en binôme. Il s’agit d’un exercice où deux soldats attaquent une cible, en se relayant pour se couvrir et tirer l’un pour l’autre. Dans notre programme d’entraînement, les soldats renouvellent leur qualification sur leur arme individuellement, puis effectuent un exercice de tir en binôme, avant de passer à l’étape suivante, qui est un exercice d’attaque de section.»

Qui mène l’enquête et quelle sera sa durée?
Plusieurs enquêtes sont en cours et l’on ne sait pas encore combien de temps il faudra avant d’avoir les résultats.
Une commission d’enquête dirigée par l’armée se penchera sur le contexte général et formulera des recommandations.
«En règle générale, ces enquêtes visent à mettre en évidence des problèmes systémiques afin que nous puissions prendre les mesures qui s’imposent», a déclaré jeudi la cheffe d’état-major de la Défense, la générale Jennie Carignan.
L’armée précise qu’une commission d’enquête est «une enquête visant à établir les faits» afin de déterminer comment un incident s’est produit et comment des incidents similaires peuvent être évités à l’avenir.
M. Rutland avait précédemment indiqué que l’examen dans son ensemble prendrait au moins un mois, mais il a élargi jeudi cet échéancier pour tenir compte de la commission d’enquête.
«Cela sous-estimait l’ampleur de la commission d’enquête à venir, qui prendra le temps nécessaire pour examiner toutes les facettes de la situation», a-t-il déclaré.
Mme Hanrahan a mentionné que cette enquête n’avait pas encore été lancée, mais qu’elle le serait sous peu.
Elle a précisé que l’enquête de la police militaire était menée «indépendamment de la chaîne de commandement des Forces armées canadiennes».
«Son rôle est d’établir les faits et de déterminer si une infraction pénale ou une faute de service a pu être commise», a-t-elle déclaré aux journalistes, ajoutant que 30 personnes travaillaient à cette enquête.
«L’intervention de la police militaire ne doit pas être interprétée comme une indication qu’une infraction a été commise», a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que les conclusions de l’enquête «seront communiquées aux Canadiens», sans toutefois indiquer combien de temps celle-ci prendrait.
Le bureau du coroner en chef de l’Alberta, chargé d’enquêter sur les décès survenus dans la province, mène également une enquête. Aucun délai n’a été communiqué concernant cette enquête non plus.
— D’après des informations fournies par Kyle Duggan et Nick Murray à Ottawa
