Olivier Robin et Benoît Leblanc sont les enseignants et concepteurs du cours Communication scientifique par la bande dessinée.
Olivier Robin et Benoît Leblanc sont les enseignants et concepteurs du cours Communication scientifique par la bande dessinée.

Faciliter la compréhension de projets de recherche grâce à des bandes dessinées

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Vulgariser des projets de doctorat et de postdoctorat par l’entremise de bandes dessinées peut sembler impossible. Toutefois, des étudiants de l’Université de Sherbrooke ont su relever le défi grâce au cours Communication scientifique par la bande dessinée. Leurs travaux de recherche seront d’ailleurs exposés sur le campus principal et à l’événement Art BD qui se déroulera les 17 et 18 octobre.

Olivier Robin et Benoît Leblanc sont les enseignants et concepteurs de ce cours unique offert par le Centre compétences recherche+. Ce cours est offert à tous les étudiants au doctorat et au postdoctorat de l’UdeS.

Les sujets traités dans les bandes dessinées sont variés en allant du droit, au génie en passant par les sciences, la littérature québécoise et l’économie. «Dès la première session, Benoît et moi sommes tombés par terre. Les étudiants ont travaillé tellement fort et ils nous ont épatés en réussissant à réinterpréter leur projet de doctorat en images et en texte. Ils ont exprimé des choses d’une façon qui convient à leur cadre et à leur vision personnelle. Ça fait du bien, c’est une bouffée d’air frais», mentionne Olivier Robin. 

Benoît Leblanc a d’ailleurs affirmé que plusieurs étudiants étaient des néophytes en matière de BD au début du trimestre. «En utilisant des ressources en ligne, des logiciels de dessin numérique, leur créativité et leur imagination, ils ont produit des choses pas seulement accessibles, mais vraiment époustouflantes. C’était une joie de voir ça», affirme-t-il.

«Souvent, j’ai l’impression qu’on se bloque. Il faut juste passer au-dessus de la crainte de ne pas savoir comment faire. À la fin, les étudiants nous ont tous rendu des travaux différents et surtout les plus épatants les uns que les autres au niveau de la qualité de la vulgarisation», ajoute M.Robin en soulignant que ce cours est unique en Amérique du Nord. 

Grâce à l’aspect multifacultaire et multidisciplinaire de ce cours, le travail d’équipe est omniprésent. «On insiste vraiment pour que tout le monde regarde les travaux des autres pour dire ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. C’est super puisque le regard de tout le monde est encourageant. Même en tant que formateur, j’ai appris beaucoup de choses, car on regarde les recherches des autres. C’est stimulant», note Olivier Robin. 

La vulgarisation scientifique n’est pas toujours un travail évident. «J’ai été content de voir que nos étudiants étaient capables de transmettre de façon simple et compréhensible, pour le commun des mortels, des sujets aussi complexes que la physique quantique ou l’épigénétique. C’était bien de voir qu’ils avaient compris à quoi sert un travail de vulgarisation, c’est-à-dire de rendre des choses compliquées simples, mais sans les dénaturer ou les rendre fausses», explique Benoit Leblanc.

Julien Rossignol est étudiant au doctorat en génie électrique à l’Université de Sherbrooke. Il a suivi le cours à l’hiver 2020. Sa bande dessinée traite d’une nouvelle technique d’imagerie par rayons X. «J’ai été surpris, car je ne dessine pas du tout dans la vie. J’ai fait ma BD numériquement et je n’avais jamais fait de montage de la sorte. Je suis quand même très satisfait de ce que j’ai fait. J’ai opté pour un ton plus léger. Les dessins ont été simples à réaliser.»

Bande dessinée réalisée par Julien Rossignol, étudiant au doctorat en génie électrique, dans le cadre du cours Communication scientifique par la bande dessinée.

Il est important pour M. Rossignol d’être en mesure de vulgariser ses recherches. «Je pense que les scientifiques doivent faire plus pour communiquer les sciences. Je crois que les articles que nous écrivons sont tellement opaques que cela fait en sorte que les gens ont de la difficulté à comprendre. Il faut trouver de nouvelles façons de faire pour vulgariser la science, car d’un point de vue sociétal c’est super important. Il faut vraiment qu’il y ait une meilleure communication entre scientifiques, mais aussi entre scientifiques et citoyens», conclut-il.

Les bandes dessinées d’une quinzaine d’étudiants seront exposées au Centre culturel Pierre Gobeil les 17 et 18 octobre dans le cadre de l’événement Art BD. Elles seront également soumises au Prix du public lors du volet Vulgarisation scientifique par la BD!. Les travaux de recherche seront également exposés sur le campus principal du 14 au 16 octobre, puis du 19 au 23 octobre.