Un appel pour une meilleure connaissance du travail de rue

Les travailleurs de rue doivent construire un lien de confiance avec les personnes qu'elles côtoient au quotidien.

Au moment où les besoins sont de plus en plus grands et complexes dans la rue, la directrice générale de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, Andréa Verreault, appelle à une meilleure compréhension des différentes approches de proximité.


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C’est une déclaration de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a entre autres été l’élément déclencheur de son désir de mieux faire connaître les différences entre le travail de rue et la médiation urbaine. Lors de la séance du conseil municipal de la Ville de Montréal du 15 avril, Mme Plante a qualifié l’Équipe mobile de médiation et d’intervention sociale (ÉMMIS) de travailleurs de rue en réponse à une question du chef de l’opposition officielle concernant la sécurité dans les transports en commun. Il s’agit plutôt d’une équipe de médiation urbaine, indique Mme Verreault.

Tant la médiation urbaine que le travail de rue sont des approches de proximité, rappelle la directrice générale. Elle évoque cependant que la médiation urbaine concerne des «interventions plus ciblées».

«À Sherbrooke, entre autres, la médiation urbaine est un projet pilote pour pouvoir faire la relation et la médiation soit avec des personnes plus vulnérables ou en situation d’itinérance avec les commerçants par exemple», souligne Mme Verreault.

Le travail de rue est beaucoup plus généraliste, précise-t-elle. « On est vraiment dans le lien de confiance à long terme pour pouvoir, après ça, passer à du référencement selon le rythme et les besoins de chaque personne.» Elle dénonce que des parallèles entre les deux offres soient effectués alors que de la confusion peut en découler sur le terrain.

La solitude et la pauvreté au centre-ville ne peuvent être ignorées à la lumière d'une analyse de la direction de la Santé publique de l'Estrie, dont les conclusions recoupent les observations de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue.

Depuis environ un an, un projet de médiation urbaine est en branle à Sherbrooke grâce à l’organisme Équijustice, explique-t-elle. Andréa Verreault salue cette collaboration sherbrookoise qui permet d’assurer de la complémentarité dans les services offerts.

L’enjeu se trouve plutôt sur le plan des listes d’attente au moment du référencement vers le système de santé, explique-t-elle. «C’est là que c’est plus complexe. Il y a de grandes listes d’attente. Il y a parfois de la comorbidité, de la complexité aussi dans les projets.»

Santé mentale, toxicomanie et logement : les besoins peuvent être multiples.

«Les besoins sont grandissants et se complexifient. C’est de plus en plus difficile pour les travailleurs de rue d’aller faire le référencement vers les services publics.»

—  Andréa Verreault

Par le fait même, les interventions sont parfois plus réalisées en contexte de crise qu’auparavant, souligne-t-elle. En raison des listes d’attente, les travailleurs de rue sont parfois des «tampons» jusqu’au moment où les services adéquats et spécialisés deviennent disponibles.

«Par sa définition, le travail de rue est de rejoindre les gens non joignables pour faire le pont avec le système.»

«Je ne pense pas que c’est un manque de volonté, mais c’est un manque de ressources et de capacités du système actuel qui est loadé partout.»

À Sherbrooke, entre 10 et 12 travailleurs de rue permanents sont sur le terrain, soutient Mme Verreault.

Lilia Gaulin

Lilia Gaulin, La Tribune

Originaire de Melbourne, Lilia Gaulin est journaliste à La Tribune depuis 2020. Elle couvre notamment l'actualité reliée à l'éducation en Estrie.