Plus de 26 000 $ amassés pour soutenir les femmes victimes de violence

La Marche des lumières est un événement de mobilisation pour soutenir les victimes de violence conjugale.

Une femme sur quatre sera victime de violence conjugale au cours de sa vie, rapporte Gabrielle, intervenante en sensibilisation à l’Escale de l’Estrie. Jeudi, à Magog, une centaine de lumières rouges scintillaient dans la nuit. Derrière elles, une personne mobilisée pour soutenir les femmes et les enfants qui fuient la violence.


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C’était la première édition de la Marche des lumières au Québec, jeudi soir. Organisée par la fondation Un toit pour tous de Royal LePage, elle s’inscrivait dans un mouvement de solidarité aux victimes de violence conjugale, réunissant 15 villes de la côte Ouest jusqu’aux Maritimes.

À Magog, tous les dons amassés pour l’événement revenaient à l’Escale de l’Estrie, un organisme communautaire qui offre de l’aide et de l’hébergement aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale.

La Marche des lumières se tenait à Magog pour sa première édition au Québec.

L’Escale ressort de cette première mobilisation avec un montant de 26 353 $. Une somme qui permettra à l’organisme de maintenir ses services pour ses familles.

«Les gens qui nous interpellent viennent de tous les milieux, mais il y a des personnes très vulnérables qui arrivent chez nous avec presque rien. À ce moment-là, on peut les aider avec les fournitures scolaires des enfants, les aider à s’équiper aussi. Trouver des vêtements, par exemple», indique Gabrielle de l’Escale.



Il ne faut jamais hésiter à demander de l'aide, pense Gabrielle, intervenante en sensibilisation à l'Escale de l'Estrie.

Mais l’organisme voudrait faire plus. L’année dernière, l’Escale de l’Estrie a dû refuser 190 demandes d’hébergements de femmes et de familles. Par faute d’espace.

«Ce sont des personnes seules ou des familles qui n’ont pas pu se réfugier chez nous. Elles ont dû aller plus loin, elles ont peut-être perdu leur accès à des services parce qu’elles devaient se déplacer», avance Gabrielle.

Toujours plus de prévention

«Les dons nous permettent de nourrir notre mission, c’est certain. Mais ça ne remplace pas les investissements du gouvernement», souligne Gabrielle.

Parce que le filet social s’appauvrit ailleurs. «J’ai des partenaires qui n’ont pas la même chance. [...] Ça fait en sorte que les gens ont de moins en moins de temps. Ensuite, on doit compenser pour toutes les places qui ne peuvent pas maintenir leurs services. Nous avons plusieurs collègues d’autres maisons d’hébergement et d’organismes qui ont dû fermer des postes par manque de financement», dépeint-elle.

Une mobilisation régionale du «Communautaire à boutte» avait lieu mercredi matin à Sherbrooke. Les organismes communautaires veulent plus de financement.

Et malgré l’instabilité dans le milieu communautaire, l’Escale de l’Estrie ressort de l’année avec un bilan d’intervention somme toute positif. Un total de 2432 appels. 27 femmes hébergées. 22 enfants hébergés. 265 rencontres et 2000 personnes sensibilisées par l’entremise d’activités.

Mais il y a encore du travail à faire en prévention.

«C’est clair que de voir qu’il y a encore beaucoup de violence, beaucoup de contrôle coercitif et que l’accès aux services de santé pour les femmes est encore difficile, ça complique les choses [en prévention]. [...] D’un sens, ça peut être décourageant. En même temps, on est témoin de tellement de reprises de pouvoir. C’est un vrai moteur ça», ajoute Gabrielle.

Et il faut demander de l’aide, insiste l’intervenante.

«La violence sexiste, ça ne commence pas nécessairement par la violence conjugale. Il y a la misogynie qui s’immisce avant, des commentaires sexistes... ce genre de choses», dit Gabrielle.

«Ce qui m’inquiète, ce sont les femmes qui parcourent nos réseaux sociaux pour aller chercher de l’aide et qui tombent sur des commentaires haineux. Le danger c’est que ça ramène les victimes vers un discours où elle minimise les gestes», pense-t-elle.

Depuis 1998, la fondation Un toit pour tous a amassé plus de 57 millions pour soutenir les centres d’hébergement pour femmes et les programmes de luttes contre la violence conjugale.

Rosalie Croteau

Rosalie Croteau, La Tribune

Rosalie Croteau rejoint l'équipe de La Tribune à l'automne 2025. Elle est diplômée de l'Université de Sherbrooke en communication, profil rédaction.