C’est d’ailleurs lorsqu’il est allé chercher sa fille à l’école Cardinal-Roy à la fin de la journée, jeudi, que Dominick Desfossés a appris ce qui s’était passé quelques heures plus tôt.
Amélia revenait alors d’une sortie à la bibliothèque Gatien-Lapointe, au centre-ville de Trois-Rivières, à quelques pas du parc Champlain, où plusieurs personnes en situation d’itinérance ont l’habitude de se réfugier.
«En sortant de la bibliothèque, dans le parc Champlain, ma fille et son amie ont trouvé une seringue par terre. Ma fille l’a prise et elle l’a mise dans ses poches. Mais son amie voulait ravoir la seringue parce qu’elle pensait que c’était un jouet. C’est là que ma fille a pris la seringue et elle s’est piquée le pouce avec.»
— Dominick Desfossés, papa d'Amélia
Bien qu’un bouchon ait été mis sur la seringue en question après son utilisation, l’aiguille sortait toutefois par le côté, précise le père.
«Je ne comprends pas que personne n’a rien vu, parce que deux professeurs étaient avec les élèves. Je ne blâme pas l’école, mais il y a eu de la négligence assurément», estime cependant M. Desfossés.
De retour à l’école
C’est une fois de retour à l’école, lorsque le papa d’Amélia est venu la récupérer en fin de journée qu’on lui aurait fait part de la situation, en lui remettant la seringue en question.

«Quand je suis arrivé, l’enseignante m’a donné la seringue. Je lui ai demandé ce que c’était et elle m’a dit qu’Amélia s’était piquée avec. J’étais vraiment fâché.»
Faisant ni une ni deux, M. Desfossés s’est rendu à l’hôpital avec sa fille afin qu’on lui prodigue les soins nécessaires.
«Ç’a été quelque chose jeudi soir. On a passé 5-6 heures à l’hôpital et on a dû faire tout le protocole au complet pour s’assurer qu’elle n’ait pas le VIH ou l’hépatite B», raconte encore sous le choc M. Desfossés.
De plus, même si les résultats ne sont pas encore arrivés, la fillette doit tout de même prendre un médicament préventif pendant près d’un mois.
Le nettoyage du parc effectué
Si aucune plainte officielle n’a été effectuée à la police à la suite de l’événement, Dominick Desfossés en a toutefois rapidement fait une à la Ville de Trois-Rivières.
«On m’a dit que, dès vendredi, une équipe allait ramasser tous les déchets dans le parc. Ils ont eu l’ordre de faire ça.»
Une information que confirme d’ailleurs la Ville de Trois-Rivières, qui a bel et bien procédé, vendredi matin, au nettoyage des lieux.
«Nous avons effectivement reçu un signalement de la part de la famille à propos de la situation vécue au parc Champlain. Nous avons par ailleurs eu une communication avec le père à cet effet, et nous leur assurons notre pleine collaboration. En partenariat avec l’organisme Point de rue, un nettoyage du parc a été effectué.»
— Mikaël Morrissette, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières
Afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise, le père de famille croit qu’un nettoyage plus régulier devrait être effectué dans les parcs.
«Des interventions pour sécuriser et nettoyer les lieux publics sont effectuées fréquemment par nos équipes et nous poursuivrons les efforts en ce sens. Lorsqu’une situation concernant du matériel de consommation nous est signalée, la mobilisation se fait très rapidement, et nous invitons toute personne qui découvre ce type de matériel à en signaler la présence aux autorités», précise à cet effet le porte-parole de la Ville.
Le Centre de services scolaire aussi interpellé
En plus de la Ville, Dominick Desfossés confirme avoir également interpellé le Centre de services scolaire (CSS) du Chemin-du-Roy.
«Une vérification de la séquence des événements a été réalisée afin de bien comprendre les circonstances entourant l’événement. Cette analyse nous permet de confirmer qu’aucun manquement aux mesures d’encadrement n’a été constaté de la part du personnel accompagnateur. Toutefois, cette situation nous amène à renforcer notre vigilance lors des sorties scolaires, particulièrement en milieu urbain.»
— CSS du Chemin-du-Roy
Les messages et actions de prévention et de sensibilisation aux élèves seront pour leur part revus au cours des prochaines semaines afin de «réduire les risques qu’une telle situation se reproduise», confirme-t-on.
Une rencontre avec Point de rue?
Au cours des prochaines semaines, le père d’Amélia souhaite d’ailleurs rencontrer les intervenants de l’organisme Point de rue.
Son souhait: que les intervenants sur le terrain puissent sensibiliser les personnes en situation d’itinérance concernant les risques de laisser leurs seringues souillées dans les lieux publics.

