Le projet de parc éolien de la MRC des Sources rendu public

Le projet de parc éolien des Sources serait érigé dans un périmètre préétabli sur 14 000 acres de terres privées dans les municipalités de Wotton, Saint-Georges-de-Windsor et Danville.

Les promoteurs BluEarth Renewables et Plan A Capital présenteront à la population leur projet de parc éolien dans la MRC des Sources au cours des prochains jours, et ce moins d’un mois avant la date d’échéance de l’appel d’offres pour l’acquisition de 1500 MW d’énergie éolienne lancée par Hydro-Québec. Selon le plan projeté, près d’une trentaine d’éoliennes seraient érigées sur quelque 14 000 acres de terres privées situées à Wotton, Saint-Georges-de-Windsor et Danville.


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Selon les données recueillies sur le site du projet des Sources, le périmètre prédéterminé serait situé sur des terrains à l’écart de la route 249, aux limites de ces trois municipalités. Le projet de 26 éoliennes de quelque 200 mètres de hauteur pourrait produire jusqu’à 150 mégawatts d’électricité et comprendrait, outre les éoliennes, une sous-station électrique, un réseau collecteur et des routes d’accès.

Le projet doit être entériné par les membres de la MRC des Sources mercredi lors de la séance du conseil.

En janvier dernier, six des sept municipalités de la MRC des Sources se sont positionnées en faveur d’une éventuelle participation à l’appel d’offres lancée par Hydro-Québec qui souhaite acheter 1500 mégawatts d’énergie éolienne dans des régions du Québec où le réseau de transport existant n’est pas déjà saturé. La MRC a fait appel à la Fédération québécoise des municipalités afin de les accompagner dans le processus.

Le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, n’a pas emboîté le pas. «D’abord, l’une des préoccupations des citoyens de Saint-Camille émise lors des consultations publiques de 2017, c’était la protection des paysages naturels, explique-t-il. Ensuite, depuis six ans que je suis en poste, jamais dans nos rencontres de MRC il n’a été question de projet éolien. Ça n’a jamais fait partie des plans. Et là, sortie de nulle part, il y avait cette hâte d’embarquer là-dedans sans consultation de la population, sans plan, rien.»

Le consortium formé de BluEarth Renewables et Plan A Capital est le seul promoteur pour le projet éolien de la MRC des Sources. Le maire de Val-des-Sources et préfet de la MRC, Hugues Grimard, souligne qu’un audit sur les capacités financières et techniques du consortium se déroule parallèlement, le mandat ayant été confié au cabinet Deloitte.

Le projet serait estimé à 500 millions de dollars. Selon Hugues Grimard, les documents relatifs au projet doivent être rendus publics aujourd’hui. Deux séances d’information publique se dérouleront le 29 août à Wotton et le 30 à Saint-Georges-de-Windsor.

«Les gens pourront poser toutes les questions qu’ils veulent, on veut faire ça de façon très transparente et on ira de l’avant si on sent qu’on a l’appuie d’une majorité de la population», fait valoir Hugues Grimard en précisant qu’il ne s’agit cependant pas d’un processus de consultation.

Il précise aussi que le schéma d’aménagement permettrait aussi éventuellement la tenue d’un referendum.

«Mais je pense que chaque maire est assez près de sa population pour sentir le pouls et se positionner selon ce qu’il perçoit dans sa municipalité. On ne veut pas imposer le projet, on veut qu’il y ait une adhésion de la collectivité, que ça fasse l’objet d’une acceptation sociale. Et les séances d’information permettront aux gens d’avoir les vraies réponses à leurs questions plutôt que de se fier à tout ce qui se dit sur internet.»

Des redevances seraient versées pour la durée du projet aux propriétaires des terres ciblées pour l’installation des éoliennes, aux trois municipalités où elles sont situées et à celles qui investiraient dans le projet de BluEarth Renewables et Plan A Capital.

Le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, pour sa part, regrette qu’un seul projet soit sur la table et que les délais soient aussi serrés.

«Depuis un moment, tout presse avec le ministre (Pierre) Fitzgibbon, note-t-il. Le gouvernement a décidé de se lancer dans la transition énergétique, mais on fait les choses à l’envers. Là on se presse à pousser ce projet sans l’avoir adéquatement présenté et pris le temps de mesurer son acceptabilité sociale. Il faut que ce soit déposé le 12 septembre. On saura au printemps si le projet est sélectionné, puis les audiences du BAPE se dérouleront à l’automne pour mesurer les impacts. C’est là qu’on pourra réellement mesurer l’acceptabilité sociale du projet, mais les coûts encourus pour se rendre là, il faudra les assumer, se les partager. C’est comme si on fonctionnait à l’envers parce qu’on fait tout à la course.»

La durée de vie du parc éolien serait estimée à 25 ans. L’électricité qui y serait générée serait redistribuée sur le réseau d’Hydro-Québec.

Sonia Bolduc

Sonia Bolduc | La Tribune

Estrienne de fond en comble, amoureuse de sa ruralité avec un petit penchant occasionnel pour l'urbanité, Sonia Bolduc a travaillé à La Tribune de la fin des années 90 jusqu'en 2023.