Sept ans d’émotions en un album pour Maxime Lapointe

Maxime Lapointe aura mis sept ans à écrire son premier album, mais il l’a enregistré beaucoup plus rapidement.

Maxime Lapointe aura mis sept ans à travailler – sans le savoir – sur son premier album. C’est peut-être cette longue gestation qui explique les nombreuses directions empruntées sur Papa, avec des détours blues, rap, pop et RnB. Autant de chemins vers des sujets qui lui sont chers, de l’amour à la « tristesse tout court », en passant par le suicide de son père.


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L’artiste explore plusieurs territoires musicaux, sur cet opus, sans jamais se perdre toutefois, accroché à une même ligne directrice, qui est peut-être justement l’heureux mélange de tous ces styles.

« Il y a quand même une liaison, un fil conducteur au niveau des sujets. […] On parle d’amour, de séparation, de tristesse tout court, d’autodérision, d’autoanalyse. Au niveau musical aussi, j’ai essayé d’aller à plein de places. On a du rap sur l’album un peu, du RnB, du soul, du blues, de la pop. Tout ça avec la même saveur », explique celui qui est originaire de Chicoutimi-Nord.

Difficile pour lui de rassembler sept ans d’émotions sur un album sans y aborder la perte de son père, qui s’est enlevé la vie en décembre 2018. « Pis ça, j’étais pas préparé », chante Maxime Lapointe sur la chanson titre de l’opus, qu’il a écrite le jour même, avant même d’être « vraiment triste ».

« Ç’a été un esti de défi d’être capable d’écrire ça. […] Je suis chanceux que ça soit sorti de même. Papa, ce n’est pas juste moi que ça va aider, ça va aider pas mal de monde. Le but, c’est d’être capable d’en jaser. »

Parce que le sujet est encore trop tabou, aujourd’hui, trop peu discuté, même s’il touche un paquet de gens. « Alors, je me suis dit que j’allais briser la glace », résume simplement le participant de l’émission La Voix en 2020, qui tenait mercredi dernier un lancement au Club Soda, où était invité un organisme de prévention du suicide.

L’album <em>Papa</em>, premier en carrière pour Maxime Lapointe, est disponible depuis mercredi sur toutes les plateformes numériques.

Pour être sûr qu’un maximum de sous seraient récoltés pour cette cause qui lui est chère, le billet d’entrée était gratuit pour tout le monde. Même la bière était offerte aux 500 premiers arrivés.

La vraie paye, de toute façon, pour Maxime Lapointe, c’était de faire un premier Club Soda. « Moi, je suis comme un enfant ! Je suis fou comme de la marde ! C’est comme un rêve de jeunesse. […] Je pense que ça va être historique, dans ma petite vie à moi » s’enthousiasmait-il quelques jours avant ce lancement, indiquant avoir investi plusieurs « nuits de sommeil » dans ce projet.

Il a d’ailleurs tenu à partager ce plaisir avec quelques-uns de ses amis artistes qui, comme lui, « ne devraient pas dans la vraie vie faire le Club Soda », soit Cayenne, Sympa César, Erwan et Sandrine Masse. « Moi, j’aurais aimé ça me faire proposer ça ! »

Avant d’être célébré de la sorte, l’album Papa, disponible sur toutes les plateformes numériques depuis mercredi, a été « un cauchemar » à composer, rigole Maxime Lapointe, à demi sérieux. Ou il s’est plutôt avéré une « thérapie » avec laquelle il aborde des sujets très personnels, sur un son entraînant qui fait parfois contraste avec les paroles.

« Ça n’a pas été l’fun. Ne préparez pas un album dans deux ans, car je ne serai plus là pour le chanter si jamais j’écris ça aussi rapidement, explique-t-il en riant. […] L’album n’était pas prévu, d’ailleurs. Ça fait quatre mois que je connais ma maison de disque. »

Si les dates restent à préciser, le Saguenéen d’origine espère faire plus d’une centaine de spectacles durant sa première tournée, qu’il aimerait voir s’étendre vers l’Ouest canadien et l’Europe, éventuellement. « Partout où le monde peut comprendre les tounes, en fait. »

Ce qui inclut évidemment sa région natale. « Si je peux faire 80 shows sur 100 au Saguenay, je vais le faire, ça ne me dérange pas, je vais faire tous les p’tits bars. Je suis bien au Saguenay ! »

Marc-Antoine Côté

Marc-Antoine Côté, Le Quotidien

Passionné d’à peu près tout, mais surtout de culture, Marc-Antoine Côté est responsable de la section des arts depuis janvier 2024. Diplômé du programme d’Arts et technologie des médias en 2014, il a obtenu un baccalauréat en philosophie lors de son passage à Montréal, avant de rentrer chez lui, au Quotidien, en 2020.