René Proulx, pdg d’Exceldor.
René Proulx, pdg d’Exceldor.

Exceldor : perte de 15 M$ en trois mois

La pandémie du coronavirus plombe la rentabilité d’Exceldor. La coopérative spécialisée dans l’abattage, la transformation et la commercialisation de la volaille estime que la crise lui a coûté près de 15 millions $ au cours des trois derniers mois.

«L’impact sur nos états financiers est énorme», affirme son pdg, René Proulx, en rappelant que l’aide réclamée aux gouvernements pour compenser la dégringolade des revenus et les coûts entraînés par l’acquisition d’équipements de protection et l’adaptation des chaînes de production se fait attendre.

Formée de près de 400 membres et comptant 3450 employés dans ses usines au Québec, en Ontario et au Manitoba, la coopérative transforme près de deux millions de poulets et dindons chaque semaine. Son chiffre d’affaires annuel dépasse un milliard $.

Évidemment, la mise en place de mesures préventives a coûté cher — en argent et en productivité — à l’entreprise qui n’a jamais cessé de produire depuis le début de la crise.

Reconnaissant le «risque» pris par ses salariés qui, chaque jour, se pointent à l’usine, Exceldor leur a versé une prime de 2 $ l’heure pendant neuf semaines. Une initiative qui a coûté un million $ par mois à la coopérative.

Alors que la coopérative ne lésine pas sur les moyens à prendre pour protéger ses travailleurs, une partie de son marché s’écroulait soit celui des salles à manger des restaurants et des cafétérias.

«Depuis le début de la crise, 25 % du marché de la volaille a disparu et personne ne sait si nous pourrons le retrouver. Il faudra compter au moins deux ans avant que la situation revienne à ce qu’elle était avant la fermeture des salles à manger», souligne René Proulx en mentionnant que l’augmentation des ventes de volaille dans les supermarchés et les bonnes affaires réalisées par les services de livraison des rôtisseries comme St-Hubert et Benny & Co — des clients d’Exceldor — n’avaient pas permis d’éviter un épisode de surproduction dans l’industrie.

«Pour rééquilibrer l’offre et la demande, une baisse de production de 12,5 % est attendue pour les mois de juin, juillet et août. Évidemment, cela aura un impact sur la rentabilité des fermes qui, pandémie ou pas, doivent assumer des frais fixes», insiste M. Proulx.

LA LEÇON APPRISE

«Être toujours prêt à affronter une crise. Même celle qu’on ne pensait jamais avoir à affronter!»