Charles Drouin est chef de la direction de la Corporation Mobilis des concessionnaires automobiles de la grande région de Québec
Charles Drouin est chef de la direction de la Corporation Mobilis des concessionnaires automobiles de la grande région de Québec

Automobile : limiter les dégâts

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
«Si les ventes de véhicules neufs atteignent entre 60% et 70% de celles obtenues en 2019, ça sera un baume sur l’année 2020», soutient Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis des concessionnaires automobiles de la grande région de Québec.

Ces derniers en bavent un coup en ces temps de pandémie. L’épreuve ne pouvait arriver à un pire moment. Le printemps est la saison du magasinage pour l’achat ou la location d’un véhicule.

«De janvier à mai, dans l’ensemble de la province, les ventes ont dégringolé de 45 % par rapport à la même période en 2019», rapporte le patron de l’organisme regroupant 145 concessionnaires de la région de Québec.

Au plus fort de la crise, 95 % des 6000 employés des garages se sont retrouvés sans travail. Aujourd’hui, ils sont presque tous de retour au boulot.

Depuis la réouverture de leur commerce, le 4 mai, les concessionnaires voient enfin leur inventaire baisser. Des incitatifs (financement à 0 % à l’achat, remboursement des trois premières mensualités, etc.) sont offerts aux consommateurs.

«Nous notons une demande accrue pour les véhicules d’occasion de moins de 15,000 $. Serait-ce que les gens sont craintifs à l’idée d’utiliser les transports en commun et préfèrent se déplacer en auto ?», pose Charles Drouin.

«L’industrie fait preuve d’un optimisme prudent», souligne-t-il en mentionnant que les concessionnaires craignent des retards dans la livraison des modèles 2020-2021. «La cadence des chaînes de montage des constructeurs a été ralentie de façon importante – voire carrément arrêtée – pendant quelques semaines.»

Déjà, au cours des dernières années, l’achalandage était en diminution chez les concessionnaires. Le mouvement s’est accéléré depuis le début de la crise. Les concessionnaires recommandent d’ailleurs aux visiteurs de prendre rendez-vous avant de se pointer dans une salle de montre.

«Plus que jamais auparavant, les consommateurs cherchent l’information dont ils ont besoin en ligne. Tout bon concessionnaire doit avoir un site Internet qui permet le clavardage en direct avec les visiteurs. C’est la moindre des choses», insiste Charles Drouin.

LA LEÇON APPRISE

«La crise nous fait prendre conscience que l’on ne peut pas tout contrôler dans la vie.»