Le respect de l’écologie, de la biodiversité et de la faune fait partie du quotidien des 134 000 propriétaires de forêts et de boisés privés du Québec.

Forêts privées: le respect des écosystèmes

MATANE – Le respect de l’écologie, de la biodiversité et de la faune est le lot des 134 000 propriétaires de forêts et de boisés privés du Québec. Pour plus de la moitié d’entre eux, leur propriété est un legs familial et pour les trois quarts, ils ont eux-mêmes l’intention de le donner en héritage. Selon la Fédération des producteurs forestiers du Québec, cette situation dicte le comportement de leur gestion forestière.

«Généralement, on ne détruira pas ce qu’on veut transmettre à nos enfants», a comme raisonnement le directeur général de la Fédération, Marc-André Côté.

Pour 92% des producteurs forestiers, le plaisir d’aménager une forêt ou tout simplement de posséder un milieu naturel représente leur principale motivation.

«C’est fabuleux comme résultat, estime M. Côté. Ils n’ont pas acheté un bloc-appartements, ils ont un boisé. Ça devient un terreau propice pour avoir de bonnes pratiques d’aménagement forestier. Ils font ça pour le plaisir. Ils ont une fierté à gérer leur boisé. Ils veulent généralement agir en bons gestionnaires, en bons intendants du territoire.»

Les boisés privés représente 16% de la forêt productive québécoise. Au Bas-Saint-Laurent, cette proportion s’élève à 50%. 

À la Coopérative Terra-Bois, qui compte plus de 1000 sociétaires québécois qui détiennent des boisés privés de plus de 10 acres, il est impensable de réaliser un plan d’aménagement forestier sans tenir compte de la biodiversité.

«Pour nous, c’est implicite dans le travail, souligne le directeur général de la coopérative, Pierre Baril. Ça fait partie du quotidien. Les gens voient les propriétaires de boisés comme des utilisateurs de la forêt qui ont comme unique préoccupation la récolte. En réalité, le propriétaire de boisés a une forêt dans dans laquelle il y a une multitude d’éléments. C’est un écosystème où il faut prendre en considération toutes les notions d’écologie et de biodiversité: la faune, les milieux sensibles, les zones inaccessibles, les pentes fortes, un bout de lac, un ruisseau, un escarpement...»

Pour Pierre Baril de la Coopérative Terra-Bois, il est impensable de réaliser un plan d’aménagement forestier sans tenir compte de la biodiversité.

M. Baril ajoute que l’aspect des paysages est aussi considéré par les propriétaires de boisés. «Le long des autoroutes, on essaie de ne jamais faire de trouées pour ne pas modifier l’aspect visuel», fournit-il comme exemple. 

Pierre Baril a vu les mœurs changer au cours des vingt dernières années. Les propriétaires actuels de boisés privés ont des préoccupations différentes et sont davantage scolarisés. À son avis, cette nouvelle génération tient davantage compte de l’ensemble des aspects de leur forêt et, contrairement aux propriétaires qui leur ont précédé, la récolte de bois n’est plus nécessairement perçu comme un revenu d’appoint.

«Ça n’existe plus, des gens qui veulent couper tout leur bois parce qu’ils sont tannés ou qu’ils veulent faire un gros coup d’argent, signale le directeur général de la Coopérative Terra-Bois. Au contraire, ce sont des gens qui sont conscients de l’importance des bonnes pratiques lorsqu’ils ont des travaux à faire sur leur propriété.»

Pour la Fédération des producteurs forestiers du Québec, la forêt privée présente un double défi engendré par le morcellement et la multitude de propriétaires.

«Quand vient le temps de faire de la gestion des écosystèmes forestiers, ce n’est pas comme un orchestre, illustre Marc-André Côté, qui est ingénieur forestier. C’est comme si tous les musiciens jouaient indépendamment. Tout ça pourrait mener à un désastre, mais ce n’est pas le cas parce que les propriétaires veulent bien faire les choses et retirent une fierté de leur gestion forestière. On a aussi la chance d’avoir un bon réseau de conseillers forestiers.»

Au Québec, les propriétaires forestiers possèdent une superficie moyenne de 40 hectares.