Le directeur du consortium de recherche FORAC et professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, Luc Lebel.

De la forêt au client

RIMOUSKI – Comment minimiser les impacts des opérations forestières sur les écosystèmes, que ce soit lors des travaux de récolte, de voirie ou de transport? Voilà la principale question qui anime le consortium de recherche FORAC, né en 2002 d’un partenariat entre l’Université Laval, des entreprises et les gouvernements. FORAC (de la forêt au client) a développé une expertise mondialement reconnue dans la gestion et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement forestières.

L’approvisionnement des usines de transformation représente donc le premier secteur du domaine d’expertise du consortium de recherche. Pour minimiser les impacts sur les écosystèmes, il suffit de prendre les bonnes mesures ainsi que de déployer les bonnes technologies et les bons systèmes pour faire une récolte toujours à meilleur coût.

«Ce n’est plus juste une question de minimiser, c’est d’éviter certains impacts, souligne le directeur du consortium de recherche, Luc Lebel. On ne veut pas minimiser la sédimentation dans les ruisseaux, on veut qu’il n’y ait pas de sédiments dans les ruisseaux. On ne veut pas minimiser les blessures aux arbres résiduels dans le peuplement, on veut qu’il n’y ait pas de blessures aux arbres.»

La dimension humaine est au cœur des préoccupations du consortium de recherche. «Ce que j’aime des opérations forestières, c’est l’aspect humain de la foresterie, continue le directeur de FORAC. On travaille beaucoup plus avec des gens qu’avec des arbres!» À cette enseigne, la réduction des risques en santé et sécurité des travailleurs est l’un des grands succès de la dernière décennie dans le secteur forestier.

Réductions phénoménales

«C’est phénoménal les réductions qui ont été observées en termes d’accidents et de blessures dans les opérations forestières, se réjouit M. Lebel, qui est également professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval. C’est un environnement naturel dangereux, avec des arbres et des machineries lourdes. Il y a eu une baisse importante qui vient notamment de la révision de nos façons d’intervenir et de la formation qui est offerte aux entrepreneurs, aux travailleurs, aux contremaîtres.»

Pour Luc Lebel, le Québec doit devenir un leader mondial au chapitre de l’accessibilité au territoire permettant de réaliser l’aménagement forestier. «Ça concerne les techniques de voirie forestière ainsi que les méthodes de construction et d’entretien des chemins, décrit l’ingénieur forestier. On doit aussi mettre en place des techniques pour faire le transport de manière compétitive et sécuritaire.»