Les nouvelles technologies requièrent une formation, comme cette déligneuse optimisée de planches à haute cadence

Amélioration des procédés: des impacts positifs sur la main-d’oeuvre forestière

MATANE – Loin d’avoir causé des pertes d’emplois, l’amélioration des procédés et l’optimisation du travail générées par l’avènement des nouvelles technologies dans le secteur forestier a consolidé les emplois. Les travailleurs ont dû s’adapter à la nouvelle machinerie et leurs tâches ont changé. La majorité des entreprises forestières qui ont pris le virage technologique font même face à un criant besoin de main-d’oeuvre.

«Les nouvelles technologies permettent une consolidation des emplois, confirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), Louis Bégin. En forêt et surtout dans les scieries, ça se développe; on parle même de la robotique qui s’invite dans la forêt pour la gestion de la cueillette de la matière première. C’est un autre monde!»

L’incidence sur les emplois s’est surtout fait sentir sur la nature des postes. «Une ancienne machine qui coupait et préparait le bois (…) avait auparavant sept opérateurs, donne comme exemple M. Bégin. La nouvelle machine va avoir un ou deux opérateurs. Par contre, ça va demander un autre type d’emploi: des électromécaniciens ou des mécaniciens spécialisés.»

Le conseiller syndical de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) du Lac-Saint-Jean constate le même phénomène. L’introduction de nouveaux équipements plus performants a un impact sur les types d’emplois. «Ça a créé un mouvement de personnel, bien plus qu’une rareté ou des pertes d’emplois», analyse Joël Tremblay.

Les nouvelles technologies réduisent la charge de travail, comme ce centre d’usinage à cinq axes.

La formation devient incontournable afin de développer de nouvelles compétences auprès des travailleurs. Certaines organisations comme Formabois offrent des programmes visant à rendre le secteur de la transformation du bois plus compétitif en fonction des avancées technologiques.

«C’est une nécessité, sinon une question de survie pour l’entreprise, va jusqu’à dire le directeur général de Formabois, Réjean St-Arnaud. Dans les scieries, les travailleurs doivent maîtriser des notions d’optimisation (...), de programmation, (…) de vision numérique et de mécanique parce que les nouveaux équipements ont des systèmes automatisés avec optimiseur qu’il faut paramétrer et entretenir pour maximiser leur potentiel et la rentabilité de la production.»

Le directeur d’Unifor pour le Québec se souvient, il y a trente ans passés, qu’une scierie pouvait avoir besoin d’une centaine d’ouvriers. «Aujourd’hui, elle s’opère avec une dizaine de personnes sur un quart de travail», indique Renaud Gagné. En revanche, si certaines technologies réduisent la charge de travail, elles n’éliminent pas pour autant des emplois. Au contraire, Unifor fait face à une pénurie de travailleurs.