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Coureur des bois

L’école qui chasse la peur

CHRONIQUE / L’approbation par le ministère de l’Éducation du Québec du programme académique axé sur la chasse et la pêche que l’école Alexander Galt de Sherbrooke offrira à des étudiants du secondaire à compter de l’automne prochain recentre certains de nos débats.

D’une part, ceux qui associent l’instauration d’un registre provincial sur les armes d’épaule à un sombre complot gouvernemental qui viserait à tuer la chasse doivent réajuster leur tir. Voilà une preuve tangible du contraire.

Coureur des bois

Plus d’ours, mais pas plus envahissants

Si un ours a entendu les vents siffler cette semaine du fond de sa tanière, il a dû se dire : c’est pas le temps de mettre le nez dehors!

J’envie les ours, les jours de tempête. Ils bâillent, s’étirent et ont tôt fait de se rendormir au lieu de s’échiner à pelleter. Les bourrasques rentrant de l’air froid dans nos maisons poussent de la neige fraîche qui épaissit la couche d’isolant autour de celles des gras dur.

Coureur des bois

Notre nouvelle vitrine du jeudi

Voici le nouveau format de la chronique du coureur des bois. Ce rendez-vous vous sera dorénavant proposé chaque dernier jeudi du mois. Ce changement est un compromis sur la fréquence pour gagner en espace.

La décoration est épurée, les rideaux sont à donner,  vos photos et  vos récits n’auront jamais eu une aussi large vitrine. Celle-ci se veut proportionnelle à l’intérêt pour la chasse et la pêche, chez les Estriens ainsi que chez les milliers d’adeptes vivant à l’extérieur de la région qui  viennent se récréer dans nos forêts ou sur nos plans d’eau.

 La volonté n’a jamais été aussi affirmée d’être un capteur d’images et d’émotions de cette passion! 

Coureur des bois

Qui enseigne la chasse risque sa place!

CHRONIQUE / Ghyslain Lemay est passé de roi à valet durant la dernière saison de chasse. Il ne me l’a pas admis à mots couverts en me demandant de ne pas ébruiter la chose. Il a insisté pour que ça se sache en m’envoyant une lettre intitulée « Hommage à ma blonde ».

M. Lemay s’incline devant sa partenaire de vie, Manon Pépin, également devenue une partenaire de chasse.   

« Comme débutante, ma douce s’est souvent contentée du premier jeune mâle qui se montrait le bout du nez dans ses carottes. Encore cette année, dès le matin, bang! » décrit-il.

Le manque de précision n’étant pas dans les habitudes de Mme Pépin, son tir raté soulève immédiatement des doutes à propos de l’efficacité de son arme. Sagement, des vérifications plus poussées sont effectuées et les ajustements nécessaires sont apportés.

Les caméras dissipent les craintes d’avoir blessé mortellement une bête n’ayant pas été retrouvée en captant des images du cerf surnommé Spiky. Ce dernier est bien portant et, comme le couple chasse dans la zone 4 qui n’est pas comprise dans le territoire d’expérimentation du projet RTLB, ce daguet est une cible légale. 

Sauf que les dernières photos révèlent aussi l’arrivée au site d’appâtage d’un autre mâle, plus imposant celui-là. Un vrai de vrai. L’un de ceux qui poussent la barre très haute.

Se sachant en danger, le vieux routier reste terré jusqu’à la noirceur.

« J’ai insisté auprès de Manon : patience il va finir par commettre une erreur… » raconte le guide dans sa missive.

Une femelle de taille invitante vient parader. Ayant obtenu par tirage au sort un permis de cerf sans bois, Manon Pépin peut l’abattre. Mais non, l’élève choisit de suivre jusqu’au bout les recommandations du maître.

Tel qu’espéré, le mâle expérimenté en vient à baisser la garde. Il se pointe de clarté. Bang! 

Au départ, ce n’est pas de très bon augure. Quelques gouttes de sang sur la neige n’ont rien de convaincant.  

« À voir la longueur des sauts que le mâle effectuait dans sa fuite, sans lui en faire part, j’ai commencé à douter du tir de ma blonde... » confesse son conjoint.

Mais les traqueurs n’effectuent que quelques mètres supplémentaires, puis c’est l’euphorie.

« Quel chevreuil! Un magnifique mâle de huit pointes qui pesait 200 lb! Un exploit que je n’ai jamais réussi. C’est dorénavant Madame, la chasseuse de la maison, et j’en suis extrêmement fier », concède avec humilité le professeur.

Une photo compare le trophée de sa blonde au mâle de 160 lb qu’il a récolté dans les jours précédents.

« Mon chum ne s’attendait peut-être pas à ce que j’apprenne aussi vite et que je devienne aussi passionnée que lui. Mon prochain défi est d’abattre un gros mâle orignal et mon mari n’a plus le choix de me traîner avec lui pour que j’y arrive » me lance en boutade Manon Pépin.

La chasse et la pêche sont des loisirs familiaux chez les Lemay-Pépin.

« C’est bien pour dire, je suis née et j’ai grandi à la campagne. À l’intérieur de la maison il n’y avait pas d’armes à feu. Mon père trouvait ça trop dangereux et il n’a pas caché son étonnement lorsque Ghyslain a offert une carabine en cadeau à l’un de nos garçons pour ses 12 ans, alors qu’il l’atteignait l’âge légal pour utiliser des armes sous supervision » ajoute Mme Pépin.

Les jeunes reçoivent les mêmes enseignements : prudence avec les armes et patience à l’affût. Et voilà qu’ils ont deux professeurs certifiés.

« La fierté que j’éprouve devant l’exploit de Manon est vraiment sincère. Au fil des ans, elle a élargi ses connaissances et elle vient de gagner en confiance ».

M. Lemay est policier tandis que sa conjointe travaille dans un centre dentaire.

« Certains clients sont étonnés d’apprendre que je chasse. Nous engageons la discussion et chacun raconte ses histoires » me glisse Mme Pépin.

Attendez, maintenant que votre candidature est soumise au Temple de la renommée des chasseurs, vos clients vont se présenter à leur prochain rendez-vous avec une copie de La Tribune pour vous demander un autographe! 

Conditionnez-vous aussi à ce que votre humble et généreux mari passe bien des heures dans le bois, l’automne prochain, à chercher un chevreuil aussi beau et gros.

 La vanité et l’enflure sont parfois gossantes chez certains chasseurs. Par contre, l’orgueil bien placé a tendance à rendre un peu plus déterminé... Luc Larochelle

Coureur des bois

2e saison du RTLB : la récolte remonte près de la moyenne de cinq ans

CHRONIQUE / L’importante baisse dans la récolte de chevreuils provoquée en 2017 par la protection des jeunes mâles a été effacée en quasi-totalité l’automne dernier dans la zone 6 sud alors que la reprise a été plus modeste dans la zone 6 nord. L’ajout de la zone 4 au portrait permet de conclure que la récente saison de chasse au cerf de Virginie a été fructueuse sur l’ensemble du territoire de l’Estrie.

Les statistiques récemment mises en ligne sur le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) tendent à démontrer que les objectifs visés avec la restriction de la taille des bois (RTLB) sont réalistes. Ce projet en était à sa deuxième de cinq années d’expérimentation dans la région.