56 ans plus tard, « le Chef » Denis Messier entre toujours dans la salle de rédaction de La Tribune avec la même flamme dans les yeux.

Une vie de sports et de communautaire pour Denis Messier

« Le journal doit être là. C’est un must. » Parole de Denis Messier, ancien journaliste sportif et directeur des sports à La Tribune. Quelque 56 ans après être entré pour la première fois dans la salle de rédaction, le passionné appose encore sa plume dans son quotidien chéri. Le doyen du journal est maintenant échotier et parcourt les nombreux événements de la région.

« La Tribune est tatouée sur mon cœur depuis 1963 quand je suis entré ici, assure celui qui est né à Saint-Hyacinthe. Je n’ai pas regardé mon cœur dernièrement, mais elle doit encore y être! » 

Aujourd’hui, l’homme de 79 ans parcourt les événements des différents organismes. Toutes les semaines depuis 1992, le journaliste pond la page Messier en liberté. « J’en ai fait énormément, considère le vétéran journaliste. J’étais peut-être de la troisième édition du Panier de l’espoir. Ils sont rendus à 36. J’ai vu ça grossir. Heureusement que les gens sont généreux. Je n’en reviens pas de la générosité des gens. J’en fais combien de tournois de golf? Il y a 60 000 $ sur un bord, 75 000 $ de l’autre. Ils ont amassé 201 000 $ au cyclogolf. Le tournoi de Domtar, ils sont rendus au-dessus de 2 000 000 $. »

« Il y en a des plus petits comme les scouts, la loterie de Jevi, Moisson Estrie, poursuit-il. À Magog, c’est la même affaire. Il y a le tournoi de l’hôpital où ils amassent un gros montant. C’est incroyable les organismes. Ils ont besoin. Plusieurs n’ont pas beaucoup d’aide. La Tribune les aide. Je les aide. C’est l’une des raisons qui me motive à couvrir ces activités. Demain matin je ne suis plus là, qui va parler de la Fondation Scoute? Du Club Rotary? De Jevi? De Leucan? Des Vins de Sophie? De la sclérose en plaques? » 

Pour celui qui est surnommé le Chef, il est d’autant plus important de parler des bénévoles. « Ce sont eux les gros joueurs là-dedans. Si tu n’as pas de bénévoles, oublie ça. Je pense que je les aide. C’est pourquoi quand tu vois les pages, tu vois des gens de business plus souvent qu’autrement. S’ils donnent 1000 $, 5000 $ ou 10 000 $, est-ce qu’ils méritent d’avoir leur nom dans le journal? Et les bénévoles, ils restent parfois 5 h sur un trou de golf. Parfois, il ne fait pas beau. Est-ce qu’ils méritent d’avoir leur nom dans le journal? » demande-t-il.

Les sports

Outre la page Messier en liberté, Denis Messier a longtemps été considéré comme un « gars de sports ». Et à l’époque, les outils n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. « Les Google, les Twitter, Instagram et tout ça n’existaient pas. Ma première affectation était au Séminaire de Sherbrooke. Le meilleur joueur de tennis au Canada, Robert Bédard, jouait avec ses chums. Je ne le connaissais pas, moi. J’en avais déjà entendu parler, mais je ne connaissais pas le monsieur! Les journalistes d’aujourd’hui regardent les statistiques sur internet. Tu vois ce que le joueur a dit il y a deux ou trois jours. Il fallait questionner, tu t’informais à lui ou à du monde qui le connaissait », se rappelle-t-il tout sourire, ajoutant que les bureaux de l’époque se trouvaient sur la rue Dufferin.

Selon Denis Messier, La Tribune a été le premier journal de l’extérieur de Montréal à ouvrir ses pages au sport amateur et universitaire. « C’était important en ce sens où j’ai fait du sport. Ce sont nos lecteurs qui sont là. On en a fait beaucoup pour le hockey et le baseball mineur. Sylvie Daigle, je l’ai vu patiner et elle était toute petite. On l’a vue sur place. Maryse et Annie Perreault, on les a toutes vues. Même chose pour Jean Perrault. J’étais là à la Coupe du monde de ski nautique en 1967. Et on en parle encore », commente l’homme, toujours aussi souriant, mentionnant au passage que Robert Bédard était l’athlète numéro 1 en Estrie. 

« C’était important de parler de tous les sports, enchaîne Denis Messier. Ça fait partie d’un journal. Le sport universitaire, c’est pareil, ce sont des jeunes qui aboutissent quelque part. S’ils n’aboutissent pas dans le sport, ça demeure des professionnels de plusieurs domaines. »

« Vois-tu, si demain matin il n’y a plus de journal, qui va parler des athlètes régionaux? C’est une mine d’or. [...] Je suis convaincu que de parler d’eux, c’est un gros stimulant », pense l’expérimenté échotier. 

Abonnements

Denis Messier s’est toujours demandé pourquoi des Estriens n’étaient pas abonnés à La Tribune. « Je me suis toujours demandé si c’était possible qu’il y ait des gens qui ne soient pas abonnés au journal. Ça m’a toujours dépassé et ça me dépasse encore. Tu habites dans une ville, tu as un journal quotidien et tu n’es pas abonné. Il te donne l’information de ta ville et de ta région. Ça m’a toujours fasciné », martèle celui qui a officiellement pris sa retraite en 2005. 

« Le journal est important, car il y a d’autres batailles à gagner, résume-t-il. Il y a l’aéroport et le chemin de fer qui ne sont pas réglés. Le journal ne le réglera pas, mais il va mettre de la pression. »