À la rencontre des mères et leurs enfants autochtones machiguengas au cœur de la jungle péruvienne pour constater les résultats du programme financé par le CSI de Sherbrooke.

Témoigner sur le terrain de la réalité internationale

Mali, Pérou, Haïti.

En allant à la rencontre de ces femmes, ces hommes, ces enfants qui vivent dans ces pays au sud, La Tribune a mis en lumière le travail de changement structurel qui s’opère petit à petit. 

Au fil des ans, j’ai eu le privilège de me rendre à ces endroits situés en dehors des sentiers battus où intervient le Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke (CSI).

Que ce soit par les mots ou par les superbes photographies de Jessica Garneau, André Vuillemin ou Jocelyn Riendeau, les lecteurs ont pu découvrir les projets de ces communautés qui veulent avancer ou reconstruire. 

Dans la profonde jungle péruvienne l’été dernier, j’ai pu constater cet essentiel travail de prévention en santé réalisé dans des communautés autochtones machiguengas. 

Un projet qui favorise les suivis de grossesse, l’apport d’équipement médical, la mise en place de programmes de sensibilisation et qui permet aussi et surtout de réduire la mortalité infantile et des mères.

« Quand l’équipe de La Tribune a visité nos projets au Pérou, des gens qui ne savaient même pas que le CSI existait depuis 40 ans ont pu en apprendre sur les causes pour lesquelles nous luttons. Grâce à notre journal et son ancrage régional, on a pu faire de la sensibilisation à un niveau que les grosses organisations envient », avait expliqué le porte-parole du CSI, Félix Boudreault, au conseil municipal de Sherbrooke.

Si ce récent reportage en Amérique du Sud a permis de se rendre au cœur de l’Amazonie à plus de dix heures de route et de bateau des zones touristiques, celui de 2011 au Pérou visait à expliquer le travail réalisé en développement social notamment dans le bidonville de Collique situé au nord de la capitale, Lima.

Portrait d’une mère et son enfant sur le plateau central haïtien où l’organisme Solidarité Haïti-Brompton est présent depuis plusieurs années.

Parler des programmes de prévention de la violence familiale et d’éducation à la sexualité a contribué à démystifier le travail qui est accompli depuis plusieurs années dans ce pays où les inégalités sociales sont présentes et flagrantes.

« Ce lien avec un journal local est assez unique pour une organisation comme la nôtre. Il y a une compréhension réciproque des besoins des deux organisations. Inviter des journalistes à se rendre sur le terrain pour constater le travail de nos partenaires permet de nous rapprocher de la population estrienne. Ça s’inscrit dans notre mission d’éducation », affirme Félix Boudreault du CSI.

Il y a aussi tout ce travail pour assurer la souveraineté alimentaire qu’il a été possible d’expliquer aux lecteurs.

Mon collègue Steve Bergeron s’est rendu une première fois au Mali, puis je suis allé à mon tour à l’hiver 2008 dans ce pays d’Afrique de l’ouest à l’époque où il était encore possible de le faire sans craindre les actes terroristes.

La rencontre de ce « peuple en marche » a permis de présenter ses réalisations, ses succès.

Avec fierté, ces gens accueillants qui vivent sans eau courante ni électricité m’ont parlé de leurs projets.

C’est par la lutte à la malnutrition et l’analphabétisme, par l’amélioration de leurs conditions de santé et d’environnement qu’ils visent à s’assurer un meilleur quotidien. 

On peut lire sur l’Afrique, s’y préparer, l’imaginer, mais vivre ce continent marque à jamais.

Même chose pour Haïti où la résilience du peuple est marquante.

Quatre ans après le tremblement de terre, j’étais allé constater l’état de la reconstruction, mais aussi la contribution de certains Estriens venus prêter main-forte dans divers domaines. 

Un essentiel travail de formation des futurs médecins en Haïti s’y déroule dans la capitale Port-au-Prince avec notamment l’apport de médecins sherbrookois. 

À l’invitation de l’organisme Solidarité Haïti-Brompton, il avait aussi été possible de se rendre sur le plateau central rencontrer des paysans participant à des projets de microcrédit, puis avec le CSI de visiter les projets de reforestation dans le nord-est haïtien.

« Rapporter des enjeux internationaux dans la presse régionale devient très intéressant. C’est le type de couverture que l’on est davantage habitué de lire dans la presse nationale. Il faut maintenir ce type de partenariat qui est bénéfique pour une organisation de solidarité internationale comme la nôtre », mentionne Félix Boudreault du CSI.

Ces communautés éloignées des zones urbaines de ces pays moins favorisés adaptent l’aide qui leur est proposée et sont fières de révéler leurs projets à ceux qui y contribuent à leur façon.

Rendre compte de leurs réalités, leurs obstacles, leurs avancements ou leurs réussites représente une belle façon de présenter aux Estriens une bribe de qui ils sont.