Sébastien Jacques

La résurrection d’un ancien champion

Un jeune journaliste qui débute dans le métier s’attend à couvrir des événements en tout genre. Mais certainement pas à assister à la résurrection d’une personne. Voilà pourtant l’expérience que j’ai eu l’impression de vivre en suivant les efforts du Magogois Sébastien Jacques pour recouvrer la santé et se reconstruire après la maladie.

Début vingtaine, Sébastien Jacques avait tout pour réussir. Il était beau, intelligent, talentueux. Il poursuivait des études à Virginia Tech et portait les couleurs de l’équipe de tennis de cette université américaine. Des problèmes de santé inattendus allaient cependant démolir ses rêves d’athlète.

La première fois que j’ai rencontré cet ancien champion canadien junior de tennis, il m’attendait au sous-sol de la résidence de Ronald Maheu, un homme bien connu à Magog qui avait décidé de le prendre sous son aile en compagnie de l’ex-député Robert Benoit.

Sébastien Jacques était amaigri et ne pouvait plus accomplir la moindre tâche physique pendant plus de 10 ou 15 minutes consécutives sans qu’une intense fatigue le gagne chaque fois. Il souhaitait vivement retrouver une vie normale et désirait donc amasser de l’argent pour une délicate intervention chirurgicale au cerveau.

À l’époque, l’histoire du Magogois d’origine était inconnue du grand public. Seuls deux médias, dont La Tribune, avaient été contactés par Ronald Maheu et Robert Benoit pour le lancement de la campagne de financement.

Une fois dévoilée au grand jour, l’histoire avait énormément circulé et plusieurs autres médias s’étaient penchés sur le cas de Sébastien Jacques, à qui les médecins québécois étaient incapables de proposer un traitement qui aurait pu le guérir de manière définitive. Les résultats de la campagne de financement avaient finalement été supérieurs aux attentes, plus de 80 000 $ avaient été recueillis.

La chirurgie

J’avais eu la chance de discuter avec Sébastien Jacques dans les jours précédant sa chirurgie. Il connaissait les risques d’une opération au cerveau, mais se montrait confiant.

Propriétaires d’une clinique en Californie, les deux médecins qui l’ont opéré lui inspiraient confiance, car ils avaient déjà plusieurs fois pratiqué des chirurgies au cerveau pour retirer des 

masses indésirables.

En apparence risqué, son pari s’avéra payant. L’ancien tennisman reprit en effet la forme avec une grande vitesse. J’étais là à nouveau quand il avait rencontré la presse, quelques mois après son opération, pour expliquer qu’il allait mieux. Ses parents et sa sœur étaient à ses côtés, leur joie d’avoir retrouvé un Sébastien en santé était palpable.

L’Australie et les États-Unis

Heureux d’avoir retrouvé la santé, le Magogois s’était exilé pendant un an en Australie pour enseigner le tennis à de jeunes talents.

Son mandat complété, Sébastien Jacques avait annoncé son projet un peu fou de traverser les États-Unis à pied, d’est en ouest, pour envoyer un message d’espoir aux gens vivant des épreuves en apparence insurmontables.

Cette expérience avait été intense et enrichissante. N’empêche, Sébastien m’avait admis, à son retour au Québec, qu’il en avait réellement bavé par moments pendant ce périple de plus de 5000 kilomètres. Mais fidèle à lui-même, il s’était à nouveau battu de toutes ses forces, car abandonner, ce n’est vraiment pas son truc!