C’est au Palais des sports que David Perron a pu fièrement soulever la coupe, devant les gens de sa ville, non loin d’où il a grandi.

Du midget B à la coupe Stanley

Témoin du rêve d’une vie.

Être journaliste sportif pour un quotidien régional, c’est d’abord et avant tout relater les histoires, les résultats, les grandeurs et misères des jeunes athlètes de la région.

Et dans le lot, certains persévèrent et poussent leur passion à son paroxysme en réalisant leurs rêves.

Certains participent à des Championnats du monde, d’autres aux Jeux paralympiques ou aux Jeux olympiques, et certains remportent la coupe Stanley.

Et parfois, dans cette progression vers les plus hauts sommets, certains athlètes locaux avec qui on avait l’habitude de correspondre, s’éloignent. Sont plus difficiles à joindre, ou ne répondent plus aux textos ou au téléphone, ou ils ont quitté la région depuis longtemps.

C’est l’apanage de plusieurs. Pas par méchanceté, mais parce que c’est comme ça. C’est la vie.

David Perron a toujours été là.

J’ai écrit mon premier texte sur David Perron en 2006; il venait tout juste d’être nommé recrue par excellence du mois de novembre, lui qui évoluait avec les MAINEiacs de Lewiston (LHJMQ).

C’est dans ce premier texte que j’ai brossé le début de carrière un peu particulier du Sherbrookois; deux ans auparavant, Perron se voyait obligé d’évoluer dans le midget B. Son passage au hockey mineur sherbrookois fut parfois houleux, avouait-il.

En 2005, Perron a joué avec les Panthères de Saint-Jérôme, au sein de la LHJAAAQ, avant d’être choisi en sixième ronde (101e au total) par Lewiston. Le Sherbrookois avait alors 18 ans.

Sous la gouverne de Clément Jodoin, Perron s’est épanoui, et il a aidé son équipe à participer à la coupe Memorial en 2007.

Quelques mois plus tard, il était sélectionné en première ronde par les Blues de Saint-Louis, 26e au total, lors du repêchage annuel de la LNH.

Par le truchement de son agent de l’époque, le Sherbrookois Philippe Bureau, j’ai pu lui jaser quelques minutes après qu’il fut descendu de la scène où il a endossé pour la première fois le chandail des Blues.

Contre toute attente, Perron amorcera sa carrière dans la LNH quelques mois plus tard.

Et puisque les Blues ne jouaient pas à Montréal lors de cette saison-là, c’est à Boston, avant un duel contre les Bruins, que je suis allé à sa rencontre, pour y récolter ses premières impressions de ses débuts dans la LNH.

J’étais aussi présent chez lui, en 2011, alors qu’il se remettait péniblement d’une commotion cérébrale, qui lui aura fait rater plus d’un an d’activité.

Son moral n’était pas au top, même le flash de notre photographe l’importunait. Mais il nous a laissé entrer dans son intimité malgré tout.

Que ce soit avec les Blues, les Oilers, les Penguins, les Ducks et les Golden Knights, il a toujours été disponible, sans jamais qu’un intermédiaire, genre un relationniste, ne soit nécessaire.

Le printemps dernier, David Perron et les Blues ont remporté la coupe Stanley.

Quelques semaines plus tard, il était de passage à Sherbrooke pour partager le précieux trophée avec les amateurs; et c’est au Palais des sports qu’il a pu fièrement soulever la coupe, devant les gens de sa ville, non loin d’où il a grandi.

J’étais présent, bien sûr. Avec mon fils aîné, passionné de hockey lui aussi. À quelques mètres de Perron et de la coupe, posée sur le sol, avant qu’il n’entre sur la surface du Palais des sports, accueilli en héros par la foule.

Ces moments, ces carrières, ces rêves, ces parcours parfois/souvent semés d’embûches, mais créateurs d’espoir, on vous les fait vivre.

Et ils nous font vivre.