Le P’tit Bonheur de Saint-Camille accueille plusieurs événements culturels chaque année.

Vivre dans un milieu stimulant

La municipalité de Saint-Camille est loin d’être un petit village comme les autres. Grâce à son milieu culturel rayonnant, sa population créative et son conseil municipal dynamique, le village souhaite se tourner vers l’avenir en établissant un plan stratégique pour la décennie à venir.

La variété culturelle de la petite municipalité de la MRC des Sources n’est pas un hasard. Plusieurs personnes ont travaillé d’arrache-pied pour arriver à ce résultat. 

« Par le passé, ç’a toujours été en réaction à des crises. Ç’a un peu toujours été la réalité de Saint-Camille de s’adapter aux changements plutôt que de les nier. À la fin des années 1980, le magasin général a fermé et il y avait l’enjeu de sauver le bâtiment patrimonial. Le groupe du coin a acheté le bâtiment en attendant de le revendre. Des citoyens se sont mobilisés pour faire un centre culturel. Ce nouveau concept à l’époque a beaucoup animé le village et ils ont commencé à faire de la pizza pour financer leurs activités et c’est devenu un incontournable », explique le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé. 

L’ouverture du P’tit bonheur a par le fait même créer un lieu de rencontre pour les citoyens de la municipalité. « Avec la perte des fidèles dans les églises, les endroits comme le P’tit bonheur sont devenus des lieux très accueillants où les gens ayant des idées et des projets allaient pour discuter. » 

En 2000, l’ancien presbytère de Saint-Camille a été vendu pour laisser place à une coopérative d’habitation pour les ainés nommée La Corvée. 

« Nos ainés sont vraiment actifs, ils ont un jardin et font beaucoup d’activités. Ils ont vraiment une mission d’animer le village. Ils font plusieurs événements avec l’école. Par exemple, on a un sentier familial et à l’Halloween, ils le décorent. Ils organisent aussi une chasse aux œufs à Pâques. C’est vraiment le fun. »

Saint-Camille est la plus petite municipalité au Québec à avoir une entente de développement culturel avec le ministère de la Culture et des Communications. « On souhaite surtout diffuser nos activités. On souhaite que les gens viennent profiter de nos services », souligne le maire.

Développer adéquatement

Lors du développement du rang 13, la municipalité de Saint-Camille a attiré des gens ayant les mêmes valeurs que la majorité de la population déjà en place. « La vie est très paisible ici. Si les gens veulent s’impliquer à fond dans la communauté, c’est l’endroit idéal pour ça ici. On a attiré des gens qui ressemblent au village et ça a l’air de rien, mais il y a eu beaucoup de bénévoles après », souligne M.Pagé en soulignant le travail qui a été fait au préalable par ses prédécesseurs. 

« Il y a des gens qui ont dû défricher avant moi. Le travail qui a été fait avant permet à la ville de se développer et d’aller encore plus loin dans ses projets. » 

En effectuant l’achat de l’ancienne église, la Municipalité de Saint-Camille a obtenu plusieurs bénéfices. « Une coopérative s’est créée et on a désormais un centre communautaire pour tout le monde. On a un endroit pour tenir les événements comme les colloques, les conférences, les formations et les spectacles. C’est vraiment fou. Tout ça ne s’est pas bâti du jour au lendemain », explique celui qui est à la tête du conseil municipal depuis la fin de 2017 et souhaite que les villages restent des milieux vivants et prospères. 

Philippe Pagé soutient aussi que Saint-Camille est une ville agroculturelle. « C’est important qu’on respecte tout le monde et qu’on soit extrêmement inclusif dans nos décisions pour le plus grand public possible. On ne fait pas cavalier seul. Il y a plusieurs types de personnes et on veut respecter le milieu agricole qui est très important pour nous. La culture et l’agriculture peuvent très bien se marier. Il faut simplement se parler. C’est important pour nous que nos citoyens s’entendent bien. » 

Établir une stratégie pour les années à venir

Dans les prochains mois, une consultation publique sera mise sur pied afin de prendre le pouls de la population en ce qui concerne les attentes qu’elle a pour les 10 et 15 prochaines années. « C’est important pour moi qu’on se dote d’une vision commune. Le conseil s’est réuni à deux reprises pour voir qu’elles étaient les priorités de la municipalité. Dans le cadre du mois de septembre et octobre, on va aller consulter les citoyens pour voir si nos idées se tiennent. On veut les bonifier par la suite. Au début de l’année 2020, on aimerait avoir un plan stratégique clair. Par la suite, on va être capable de prendre de meilleures décisions. » 

M.Pagé croit qu’il est primordial d’avoir un employé à temps plein au sein de l’administration qui se penche sur les différents programmes offerts tant au fédéral qu’au provincial. « Des enveloppes sont disponibles pour les municipalités. Le meilleur levier qu’elles peuvent se donner c’est d’avoir des gens qui vont regarder ce qui est disponible pour eux. C’est sûr que c’est un investissement, mais chaque dollar qu’on met en rapporte plus. Si l’on prend l’exemple de l’église, il y a un programme de Patrimoine canadien qui nous a permis rénover l’endroit grâce à une subvention de 90 000 $. Si ce n’était pas de la personne qui déterre les projets, on aurait pu passer à côté de cette opportunité », explique Philippe Pagé au sujet d’Olivier Brière, coordonnateur de la Corporation de développement de Saint-Camille. 

Certains membres de l’administration de Saint-Camille se rendront par ailleurs en France en octobre pour un jumelage avec une petite ville de France. « Faux-la-Montagne est une commune en France qui a fait beaucoup de choses pour le développement rural. C’est un peu le Saint-Camille de la France. Donc, on souhaite aller échanger sur nos façons de faire » explique M.Pagé.