Saviez vous que? C'est le 200e anniversaire de Florence Nightingale, pionnière des soins infirmiers

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a dédié l’année 2020 aux sages-femmes et aux soins infirmiers, notant que le monde aura besoin de neuf millions de travailleurs supplémentaires dans ces domaines d’ici 2030. Par la même occasion, l’ONU souligne le bicentenaire de la pionnière des soins infirmiers, Florence Nightingale, née le 12 mai 1820. Cette dédicace, faite le 1er janvier 2020, a pris encore plus de valeur avec le déclenchement de la pandémie qui place le personnel infirmier aux premières lignes de bataille. Dans ce contexte, le parcours et les réalisations de Florence Nightingale deviennent aussi inspirants que pertinents.

Saviez-vous que Florence Nightingale a combattu une épidémie de choléra dans un hôpital?

Après avoir fait ses premières armes dans un hôpital luthérien en Allemagne, Florence Nightingale revient en Angleterre et travaille dans un hôpital de Londres. On remarque d’abord que les malades se remettent plus rapidement sous ses soins. Son expertise se confirme ensuite alors qu’elle lutte contre une épidémie de choléra dans une aile de l’hôpital. «Elle va travailler très fort pour l’éradiquer et s’assurer que le moins de gens possible en décèdent. Elle a compris que le choléra est lié à l’hygiène», explique l’historienne Evelyne Ferron.

Saviez-vous que Florence Nightingale a sauvé les deux tiers des soldats anglais hospitalisés durant la guerre de Crimée?

«Avant qu’elle arrive en Crimée en 1854, pratiquement tous les soldats finissaient par mourir quand ils allaient dans les hôpitaux de guerre», raconte l’historienne. Quand Florence Nightingale arrive à la guerre de Crimée avec une trentaine de consœurs, elles constatent que les hôpitaux militaires sont des «porcheries». Elles déploient d’abord leur énergie à récurer les lieux au maximum. On croit que l’intervention de Florence Nightingale a permis de sauver les deux tiers des soldats amenés à l’hôpital.

Cette carte commémorative lancée le 15 août 1963 pour célébrer le centenaire de la Croix-Rouge rend hommage à Florence Nightingale.

Saviez-vous que Florence Nightingale a vécu la majorité de sa vie en confinement volontaire?

Dès son retour de la guerre, Florence Nightingale se met en confinement volontaire. «On pense qu’elle avait attrapé une bactérie en Crimée, qui ressemble à un virus comme la grippe, mais dans son cas, ça va laisser des douleurs physiques chroniques», explique Evelyne Ferron. Jusqu’à sa mort en 1910, la pionnière des soins infirmiers mène la plupart de ses activités depuis sa résidence de Londres. Entre autres, elle fonde une école d’infirmière, elle produit un rapport sur la guerre de Crimée et elle forme la première infirmière spécialisée des États-Unis, Linda Richard. «Elle a fait tout cela de la maison, parce qu’elle ne sortait presque plus, note Evelyne Ferron. Elle n’avait pas peur de contaminer son entourage», précise l’historienne qui croit plutôt que Florence Nightingale avait peur que les gens la prennent moins au sérieux s’ils voyaient qu’elle était souffrante. Aujourd’hui, plusieurs croient qu’elle souffrait de fibromyalgie. Pour cette raison, le 12 mai est la journée mondiale de la fibromyalgie, en plus d’être la journée internationale des infirmières.

Saviez-vous que les Notes de Florence Nightingale sont encore une référence à ce jour?

Dans son livre Notes sur les soins infirmiers (1859), Florence Nightingale compile tout ce qu’elle a mis en application durant la guerre de Crimée. Avant de parler des soins aux malades, ce livre aborde surtout les facteurs externes qui font en sorte qu’un malade peut décéder à l’hôpital, et l’importance des normes d’hygiène à l’intérieur des maisons. «Elle insistait sur tout ce qui était autour du malade, pour faire en sorte que les soins donnent un effet, explique Evelyne Ferron. Entre autres, l’importance des normes d’hygiène, mais aussi l’importance de réconforter les gens. Ça fait partie de la base du code des infirmières». Après une mise à jour en 1974, ce livre fondateur des soins infirmiers est encore consulté aujourd’hui.

Saviez-vous que Florence Nightingale est la première femme admise à la Société des statistiques de Londres?

Pour faire comprendre comment se répand une épidémie, Florence Nightingale va présenter plusieurs statistiques sous forme de diagrammes. «Un peu comme présentement quand on nous montre les fameuses courbes ou les images des allumettes pour montrer comment une personne en infecte une autre, c’est le genre d’images qu’elle va utiliser», explique Evelyne Ferron. Ses graphiques marqueront l’imaginaire et lui vaudront la reconnaissance de la Société des statistiques de Londres qui l’admet à titre honorifique en 1858.