Plutôt que de «manger une volée» pendant la crise sanitaire, le quincailler Canac a vu ses commerces pris d’assaut par les consommateurs. «Heureusement, nous avons été désignés comme un service essentiel», signale Jean Laberge, le président de l’entreprise de Québec.
Plutôt que de «manger une volée» pendant la crise sanitaire, le quincailler Canac a vu ses commerces pris d’assaut par les consommateurs. «Heureusement, nous avons été désignés comme un service essentiel», signale Jean Laberge, le président de l’entreprise de Québec.

Quincailleries: tous chez Canac !

Jean Laberge n’a jamais vu venir les files d’attente devant ses 30 magasins. Pas plus qu’il s’attendait à manquer de produits de jardinage avant la mi-juin et à assister à une explosion des ventes en ligne.

«De 50 commandes en ligne par jour, c’est passé à 1000 !», témoigne le président de Canac, une chaîne québécoise et indépendante de quincaillerie et de matériaux de construction offrant pas moins de 20 000 produits.

Le site transactionnel a cependant déraillé rapidement.

«Tu commandais un lavabo et tu te retrouvais avec une mangeoir pour les oiseaux ! C’était n’importe quoi ! On faisait rire de nous autres. J’ai finalement décidé d’arrêter tout ça», explique Jean Laberge. Le site Internet demeure accessible, mais il n’est plus possible de transiger en ligne.

«C’est simple, nous n’étions pas prêts. Pendant une dizaine de jours, nous avons essayé de corriger les problèmes, mais ça restait un foutoir. À la fin de l’été, une fois l’installation d’un nouveau progiciel de gestion intégré complétée, le site transactionnel deviendra opérationnel», assure le patron de Canac qui n’est pas encore convaincu de la rentabilité du commerce en ligne.

«Plus on vend en ligne, plus on est pauvre. Par contre, je sais que les consommateurs s’y sont habitués et que la demande est là pour rester. Chez Canac, la relève qui pousse ne jure que par le numérique. Et puisque je ne serai pas éternel, je me rallie aux jeunes.»

Les quincailleries comme Canac ont été désignés comme un service essentiel au déclenchement du confinement.

Au moment du déclenchement du confinement, Jean Laberge croyait bien que son organisation allait «manger une volée» et être dans l’obligation de fermer et de mettre à pied ses 3500 employés.

«Heureusement, nous avons été désignés comme un service essentiel. À partir de là, nos quincailleries ont été envahies, d’abord par les gens désireux de peinturer l’intérieur de leur maison ou de changer leur couvre-plancher, puis par ceux qui ont choisi de revamper leur cour arrière en aménageant un jardin ou en remplaçant leur mobilier de patio», expose Jean Laberge qui, au cours des derniers mois, a cessé la publication de la circulaire énumérant les rabais de la semaine afin de réduire l’achalandage dans ses quincailleries.

«Nous nous tirons bien d’affaires. Nous enregistrons de sérieuses augmentations de nos ventes. À mon avis, les choses devraient revenir à la normale en juillet», affirme l’homme d’affaires en mentionnant que la priorité de l’heure – en plus de continuer d’assurer la santé et la sécurité de ses employés – était de regarnir les tablettes et les étalages de ses magasins.

«Je n’ai plus de terre et d’un paquet d’autres produits. Nos acheteurs se démènent comme des diables dans l’eau bénite afin que nous nous remplumions un peu.»

Malgré la crise, le plan de croissance du quincailler se poursuit. La construction d’une 31e succursale vient de commencer à La Prairie en Montérégie. «En 2021, nous devrions reprendre notre cadence de deux nouveaux magasins par année. Avec les problèmes de main-d’œuvre, notamment, nous pouvons difficilement accélérer le pas. Actuellement, il nous manque 200 employés.»

LA LEÇON APPRISE

«Toujours avoir un bon coussin financier advenant un coup dur.»