Kathy Baig, présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec

Ordre des ingénieurs: une confiance regagnée petit à petit

La protection du public occupe l’avant-plan de la tournée de deux mois qu’effectue Kathy Baig, présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, de février à avril. Elle passe ce message tant à ses membres qu’à l’ensemble des Québécois.

Ces tournées sont devenues un exercice annuel pour la présidente de l’Ordre des ingénieurs, qui visite 11 régions en deux mois, en plus de ses tâches habituelles. L’organisme compte 63155 membres maintenant, et sa supervision constitue un travail à temps plus que complet, note Mme Baig, alors qu’avant 2013, le président accomplissait cette tâche en maintenant un autre emploi.

«La charge de travail a augmenté. C’est le deuxième ordre professionnel au Québec, en taille. Il y a beaucoup de changements dans ce monde et pour une question de fonctionnalité, il était important que la présidence soit une tâche à temps complet», aborde Mme Baig.

Elle recherche plusieurs buts pendant sa tournée, notamment l’échange et la rencontre avec les membres. Elle insiste aussi quant à l’accent à placer sur la protection du public.

«On ne défend pas les membres. Notre vision, c’est d’être la référence en matière de protection du public. On le fait de différentes façons», souligne-t-elle.

Diplômée de l’École polytechnique de Montréal en génie chimique, Kathy Baig terminait sa maîtrise en administration des affaires, agrémentée d’un congé de maternité, quand la Commission Charbonneau a fait entendre plusieurs de ses principaux témoins, en 2013.

Poussée par la Commission Charbonneau

«La Commission Charbonneau passait 24 heures sur 24 (sur tous les réseaux). J’étais fière d’être ingénieure quand même parce que c’était un très petit nombre d’ingénieurs qui avaient contrevenu aux règles (…) mais c’est la Commission Charbonneau qui m’a convaincue qu’il y avait du travail à faire pour regagner nos lettres de noblesse. Il y avait une grogne du public», précise-t-elle.

Cet engagement dans la gestion de l’Ordre des ingénieurs a débouché sur la présidence en mai 2016.

Pour «être la référence en matière de protection du public», l’Ordre des ingénieurs du Québec a resserré la vérification qu’il réalise quant au maintien des compétences de ses membres et à leur perception de la profession.

«Nous réalisons 3000 inspections professionnelles par année auprès de nos membres actifs. Notre ordre comprend aussi des retraités et des ingénieurs juniors. Notre but est d’améliorer la pratique de la profession pour les membres actifs. Si nous décelons des lacunes, nous pouvons imposer une limite dans la pratique ou envoyer le membre vers une formation pour les corriger», souligne Mme Baig.

Ce contact décennal prend notamment la forme d’un questionnaire visant à évaluer les connaissances déontologiques des membres. Le Syndic de l’Ordre des ingénieurs peut aussi intervenir en cas de plainte contre un membre, plainte à l’issue de laquelle un processus d’audition est prévu, de même que l’imposition d’amende en cas de faute professionnelle, note Mme Baig.

Elle croit que la perception du public au sujet de la profession d’ingénieur s’améliore.