Les lecteurs de longue date de La Tribune se souviennent certainement de la « chronique resto » qui meublait le cahier week-end du journal pendant plusieurs années.

Il fallait se préparer le samedi soir

Avoir eu un impact sur la vie des gens au fil de ce quart de siècle de journalisme en Estrie? Pendant bien années, j’ai eu l’impression d’influencer le choix des gens voulant aller au restaurant le samedi soir.

Les lecteurs de longue date de La Tribune se souviennent certainement de la « chronique resto » qui meublait le cahier week-end du journal pendant plusieurs années. J’ai été affecté régulièrement à l’époque à ces reportages.

C’était pour moi l’occasion de présenter des hommes et des femmes d’affaires, des gens ayant envie de faire vivre des expériences culinaires à leurs clients.

Souvent, les recettes provenaient d’outre frontière. C’était donc l’occasion d’en apprendre plus sur différentes cultures venant enrichir la nôtre.

Souvent, à force de côtoyer les restaurateurs, on apprenait que les « textes resto » publiés le samedi matin provoquaient un surplus de travail le soir venu. C’est que nombre de lecteurs attendaient de dévorer la chronique pour choisir la table qui allait les recevoir au souper.

« Quand tu es dans la chronique restaurant de La Tribune le matin, tu es mieux de te préparer pour le soir. La salle à manger va se remplir », m’avait confié un restaurateur.

Un autre bien connu dans le domaine de la restauration à Sherbrooke voulait danser avec moi quand il m’a revu à la suite de la publication d’un article sur sa brasserie. J’avais pu écrire un bon portrait de l’homme qui s’était ouvert sur ses succès, mais aussi sur ses moins bons coups en affaires. 

Parce que les gestionnaires de ce type de commerce veulent inévitablement ne faire refléter que le bon côté de leur exploitation. Compréhensible, mais ça devient redondant avec la répétition lors des entrevues des « tout est fait maison » et « l’ambiance est décontractée ».

Il y avait eu aussi celui qui m’avait laissé entendre que sa satisfaction était de faire en sorte que le couple venant manger dans son restaurant pour souper puisse avoir été assez inspiré pour poursuivre la soirée en s’adonnant aux plaisirs charnels…

«Pourquoi pas?» avait-il demandé.

Et quoi dire de la belle époque de « La tournée des bars », une série de textes où on amenait les lecteurs dans les boîtes de nuit où ça swignait le plus? 

Fin des années 90, ma fraise s’est retrouvée coiffée du titre « Les plus belles filles sont au Pub! » alors que ce bar dont la terrasse donnait sur le lac des Nations faisait la pluie et surtout le beau temps dans le « nightlife sherbrookois ».

J’imagine que mon texte sur cette « forêt tropicale » remplie de « fauves » a su donner le goût à plusieurs fêtards d’enfiler leurs jeans délavés et une chemise fluo pour « aller veiller » ce soir-là!