Danick Pellerin est le copropriétaire de la Microbrasserie Moulin 7. Fondé en 2014, l’endroit est désormais considéré comme un incontournable à Asbestos.

Devenir le symbole d’une ville

Moulin 7 est devenue au fil des années un symbole de la diversification économique de la ville d’Asbestos, et c’est une grande fierté pour les propriétaires que la microbrasserie soit devenue un incontournable de la ville.

« Les gens se sont approprié la microbrasserie. Il y a autant des jeunes que des grands-parents qui viennent. Tout le monde se sent chez lui au Moulin », souligne l’un des propriétaires, Danick Pellerin. 

Fondée en 2014, la Microbrasserie Moulin 7 a d’ailleurs été une des premières entreprises à user du fonds de diversification économique. « On est des personnes originaires de la région et nous avons décidé de créer notre entreprise ici. On met la ville et notre histoire en valeur. Je crois que ça apporte beaucoup de fierté. Ce n’est pas parce qu’on est dans une petite ville que nous ne pouvons pas être grands », remarque M. Pellerin.

Avant d’ouvrir la microbrasserie, M. Pellerin et son associé Yan St-Hilaire avaient visité le moulin 5 de l’ancienne mine Jeffrey. « Il y avait beaucoup d’histoire, l’ambiance était particulière. On s’est dit qu’on allait prendre des artefacts de la mine et qu’on allait les mettre de l’avant. À l’époque, il y avait les moulins 1 à 6 dans la mine. Maintenant, nous sommes le septième. » 

Des photographies des six moulins présents dans l’ancienne mine sont effectivement affichées dans la microbrasserie lancée pour permettre à Pellerin et St-Hilaire de renouer avec leurs racines. 

« On avait toujours travaillé à l’extérieur Yan et moi et nous rêvions un peu de travailler à Asbestos. On est de bons amis et on a mis nos talents en commun. Mon associé est davantage dans le secteur des ventes et moi j’œuvre plus dans le secteur technique. Nous sommes aussi deux amoureux de la bière. Grâce à la microbrasserie, on peut vendre notre bière à la grandeur du Québec. Notre pub roule très bien et on n’est pas seulement à Asbestos », rappelle-t-il en précisant qu’il existe plus de 200 points de vente des produits asbestriens partout à travers la province. 

L’objectif de la Microbrasserie Moulin 7 pour les prochaines années est simple. « On veut que nos employés soient heureux », lance-t-il spontanément. 

Danick Pellerin mentionne aussi qu’éventuellement un projet d’agrandissement des cuisines pourrait être sur la table. Le développement durable a aussi été mis de l’avant dans les dernières années. « Nous sommes 100 % compost et recyclage. On a gagné quelques prix par rapport à ça. L’environnement nous tient vraiment à cœur. »

Selon Danick Pellerin, le cruchon d’un litre est la principale marque de commerce de Moulin 7. « Les gens l’apprécient beaucoup et aiment ça partager. On fait des bières accessibles à tout le monde. On a une certaine stabilité dans notre qualité. Quand on fait une bière, elle est bien travaillée. » 

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Faire rayonner sa municipalité

Asbestrien depuis toujours, le copropriétaire de la Microbrasserie Moulin 7, Danick Pellerin, place sa ville natale au cœur de ses priorités. 

Après avoir passé toute son enfance dans la plus grande ville de la MRC des Sources, M. Pellerin est allé étudier au Cégep de Rimouski. Il a ensuite habité dans l’Ouest canadien, puis à Montréal, mais est finalement revenu où tout a commencé pour lui, à Asbestos. 

« Je suis toujours revenu à Asbestos. Je le dis souvent, mais il y a comme un élastique qui me ramène ici. C’est une place qui est près de tout et où l’on est bien. C’est un peu comme ma famille », confie le jeune homme d’affaires. 

Son sentiment d’appartenance envers la mine et la ville ne date pas d’hier. « J’ai grandi pratiquement à 30 pieds de la mine. J’étais directement à côté de la clôture, ma maison était la dernière avant la mine. La mine, elle faisait partie du quotidien des gens, tout le monde travaillait là. À l’époque, on ne pouvait pas aller à l’intérieur. Maintenant, chaque fois qu’on a l’occasion d’aller dans la mine, on y va. » 

L’ancienne mine Jeffrey est une grande fierté pour cet homme. « Je le vois comme nos chutes Niagara, c’est vraiment majestueux. Il n’y a personne qui ne peut pas avoir une émotion ou être impressionné en la regardant », lance-t-il de manière nostalgique. 

Danick Pellerin note que la récente diversification de l’économie de la Ville a été bénéfique. « Avant, nous étions une ville mono-industrielle. Quand la mine et Magnola ont fermé, ç’a donné un grand coup et ç’a été comme un deuil. Maintenant, les balises ont été faites pour avoir des entreprises plus diversifiées. Je pense que ç’a donné un petit coup de fraîcheur. »  

Se réapproprier la mine

Membre du comité de revitalisation de la mine, Danick Pellerin souhaiterait que les gens se la réapproprient. « À long terme, nous aimerions enlever les clôtures le plus possible pour que ça devienne un lac et un parc. Éventuellement, si nous pouvions fermer la mine correctement, on pourrait faire du paddle board, du kayak, de la plongée sous-marine, de l’escalade, du vélo de montagne. Oui, ce serait quelque chose qui pourrait attirer le tourisme, mais je le vois vraiment comme un lac en plein milieu d’une ville. J’aimerais que les gens puissent un jour aller prendre une marche sur le côté. C’est vraiment des projets en réflexion, mais on aimerait ça. On a eu longtemps le dos tourné à la mine, mais là c’est fini et on veut développer tout en étant sécuritaire. » 

Les possibilités à long terme pour revitaliser la mine seront évaluées pour que les gens se réapproprient l’endroit. Pour l’instant, aucun projet n’est confirmé.

Mais la ville est plus dynamique que jamais, remarque Danick Pellerin, et l’administration en place en est la cause. 

« Le conseil municipal est jeune d’esprit et ouvert à la diversité. J’ai connu plusieurs entrepreneurs qui étaient surpris en arrivant à Asbestos en raison du bon service qu’on avait. La gestion humaine est très bonne. C’est assez rapide. On accueille et on intègre bien les gens. Tout le monde s’aide tant à la chambre de commerce qu’à l’échelle communautaire. On est maintenant ouvert sur le Québec et même sur le monde », se réjouit l’Asbestrien.