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Julie Myre-Bisaillon
Collaboration spéciale
Julie Myre-Bisaillon
Mention spéciale aux jeunes de Mitchell-Montcalm qui ont suivi leur cours à distance… sur le terrain de l’école, pour manifester.
Mention spéciale aux jeunes de Mitchell-Montcalm qui ont suivi leur cours à distance… sur le terrain de l’école, pour manifester.

L’inspiration

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CHRONIQUE / Le titre pourrait évoquer les nombreuses discussions sur l’insertion des jeunes joueurs dans la formation du Canadien de Montréal lors du premier match des séries contre Toronto. Au moment de la parution de cette chronique, j’espère qu’on aura été rassuré sur l’importance de l’inspiration de Cole Caufield sur la glace. 

Je vous parle d’inspiration parce que cette semaine, j’ai trouvé nos ados sherbrookois très inspirants. Après un sursis pour rester sur les bancs d’école à temps plein, ils se sont fait bencher, tel un Kotkaniemi un peu en panne.  

Mais KK garde le sourire.  Il est jeune, il a du talent, il a le temps.  Il apprend. 

Alors que le premier ministre Legault a annoncé le retour des élèves des 3e, 4e et 5e secondaires en alternance, les jeunes se sont mobilisés, ont exprimé de façon très articulée les incohérences constatées.

«On peut aller au cinéma, mais pas en classe».

«On peut aller à l’église avec notre classe, mais pas en classe». 

«L’école pourrait proposer de décaler les heures de diner, de nous faire rentrer plus tard, comme ça on ne croiserait pas autant d’élèves et ça règlerait le problème».

«Le retour à l’école ne devrait plus être en lien avec les couleurs de zone, mais en lien avec les éclosions».  

Ils ont quand même un peu raison, ces ados.

En plus d’être cohérents, ils ont été en mesure d’identifier leurs besoins avec beaucoup de lucidité.  Si certaines ont évoqué le bal des finissants et l’importance de terminer l’année scolaire avec leurs amis, plusieurs ont évoqué la difficulté de se motiver en fin d’année.  C’est vrai que même en temps normal, la fin de l’année, c’est un moment difficile.  Je peux m’imaginer, pour les côtoyer, à quel point ils doivent chercher leur motivation.  Et ne pas en trouver beaucoup. 

Ils ont dit: 

Être en présence, ça nous tient plus concentrés».

«La prof devient «quelque chose» parmi tant d’autres sur mon écran, parce que je peux faire tellement de choses «autres» sur mon écran».  

Ils veulent aller à l’école pour terminer leur année scolaire.  C’est tellement beau de constater que notre jeunesse souhaite être sur les bancs d’école. Ils vont peut-être s’en rappeler l’an prochain à la fin de l’année. Et se compter chanceux.  Et pouvoir dire à leur tour, dans une trentaine d’années, «compte-toi chanceux mon p’tit gars, dans mon temps…»

Mention spéciale aux jeunes de Mitchell-Montcalm qui ont suivi leur cours à distance… sur le terrain de l’école, pour manifester.  

Monsieur Legault, elle est belle notre jeunesse!  Elle a fait sa part depuis un an.  Et je crois que c’est à votre tour de leur répondre. 

Ma prédiction. Parce que c’est difficile de prédire ce qui se passera réellement avec cette fin d’année scolaire, je vais débuter par le Canadien en 6 contre Toronto. 

Question de rêver. 

Et comme au moment où j’écris ces lignes, la série n’est pas débutée, j’espère voir KK et Caufield s’amuser sur la glace. 

Chers ados, mes hommages.  

***

Quand je me demande, comme parent, ce qui arriverait si mes filles échouaient un cours, devaient reprendre une année, etc., j’ose penser que je réagirais comme Ducharme à propos de KK: il a le temps, il est jeune, il apprend. 

Mais les adultes sont parfois trop pressés.