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Mickaël Bergeron
La Tribune
Mickaël Bergeron
Pour remporter la mairie de Sherbrooke, Vincent Boutin devra démontrer qu’il est réellement un rassembleur.
Pour remporter la mairie de Sherbrooke, Vincent Boutin devra démontrer qu’il est réellement un rassembleur.

Gagner la division du vote

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CHRONIQUE / C’est maintenant officiel, Vincent Boutin se lance dans la course à la mairie de Sherbrooke. Il serait maintenant surprenant qu’une autre candidature sérieuse s’ajoute. Pour le moment, difficile de prédire qui la population choisira en novembre prochain : le mal-aimé maire sortant Steve Lussier, la dynamique Évelyne Beaudin ou le jeune vétéran Vincent Boutin?

L’actuel conseiller du district des Quatre-Saisons, Vincent Boutin, devra démontrer qu’il possède bel et bien le leadership qu’il prétend avoir et qu’il est véritablement capable de rassembler les gens autour de projets et surtout autour de lui.

Même s’il incarne encore la jeunesse avec sa mi-trentaine, le candidat a déjà deux mandats de conseiller municipal derrière la cravate, en plus d’avoir déjà fait une première campagne électorale en 2009 – mais en terminant troisième à ce moment-là. Cette expérience, une moitié comme membre d’un parti politique au pouvoir et l’autre comme conseiller indépendant, lui permet de bien connaitre la mécanique politique et d’avoir une connaissance des dossiers.

C’est ce qui en fait un jeune vétéran et c’est un de ses atouts. Plusieurs personnes ont déploré l’inexpérience de l’actuel maire, Steve Lussier, qui n’avait jamais siégé au conseil avait son élection en 2017. En même temps, on sent une certaine soif dans la population pour la jeunesse en politique, ou du moins, une forme de changement, mais sans trop bousculer. Vincent Boutin incarne cette image – et oxymore – du renouveau dans la continuité. 

Je suis bien curieux de voir comment le candidat va assumer son propre bilan ou va pelleter certaines décisions dans la cour de Steve Lussier. Après tout, Vincent Boutin avait de bonnes responsabilités ces quatre dernières années. Président du Comité consultatif d’urbanisme et du Comité du sport et du plein air, entre autres, certains projets contestés, comme le chemin Rhéaume ou les terrains de soccer du parc Central, ne sont pas seulement passés entre ses mains, il les a soutenus et recommandés au conseil municipal.

On a vu pendant la dernière année le conseiller des Quatre-Saisons tenter de modérer les tempêtes. Il a souvent pris des positions qui évitaient les conflits. Il a fait des appels au calme lorsque les tensions augmentaient, s’offrait pour trouver des compromis ou déboucher des dossiers, ce qui est tout à son honneur, mais ces élans n’ont pas suscité tant de soutien. Du moins, pas publiquement. L’intention est louable de vouloir créer le dialogue, mais arrive-t-il à en créer un? 

Un effet rassembleur

Ce sera probablement le gros enjeu de la course à la mairie : mobiliser et rassembler les gens. C’est d’ailleurs une mauvaise nouvelle pour Steve Lussier qu’une deuxième personne du conseil municipal se présente contre lui. Non seulement personne dans l’actuel conseil ne s’est avancé pour le soutenir, mais deux croient pouvoir faire mieux que lui. Cette faible confiance des conseillers et conseillères envers le maire soulève des questions, ne serait-ce que pourquoi? Doute-t-on de ses compétences? De son attitude? De ses valeurs? Peut-être que la campagne donnera quelques réponses.

Malgré tout, Steve Lussier pourrait l’emporter avec une division du vote. Suffit d’un vote serré entre Vincent Boutin et Évelyne Beaudin pour que le maire sortant se faufile entre les deux en obtenant entre 30 et 35 % des votes. 

Les adversaires d’Évelyne Beaudin lui reprochent de semer la zizanie au conseil municipal, mais parmi les trois candidatures à la mairie, c’est celle qui a démontré la plus grande capacité à mobiliser la population jusqu’à maintenant. Dans une course à trois, la mobilisation sera importante. 

En 2017, Vincent Boutin a certes résisté au fort rejet de l’équipe de Bernard Sévigny, mais l’a remporté de justesse, avec tout juste 57 votes de plus que Christine Labrie, une autre politicienne qui excelle dans la mobilisation. Ce qui me fait dire que la politique sherbrookoise aurait été vraiment différente si Christine Labrie l’avait remporté, autant au municipal qu’au provincial.

Toutefois, Vincent Boutin pourra aussi compter, en coulisse, sur une autre expérience politique, avec Michel Morin qui a travaillé avec d’anciens députés et députées de la région. On peut présumer sans trop de risques qu’il pourra compter sur des appuis importants de plusieurs milieux politiques et des affaires, ce qui peut faire une différence dans une course à la mairie. Ce qui, encore une fois, est une mauvaise nouvelle pour Steve Lussier.

Il sera donc intéressant de voir qui, entre Évelyne Beaudin et Vincent Boutin, réussira le plus à mobiliser, à rassembler, à créer un lien de confiance. Ça passera par les idées, en partie, par l’image, inévitablement, mais aussi par le travail de terrain. La prochaine campagne municipale de Sherbrooke vient surtout de devenir réellement stimulante.