Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Steve Bergeron
La Tribune
Steve Bergeron

Chronique test

Article réservé aux abonnés
La pandémie a apporté son lot de bizarreries linguistiques. Je souhaite attirer votre attention sur les expressions «tester positif», «tester négatif», «recevoir un diagnostic positif à la COVID-19». Par exemple, pourquoi ne pas dire, tout simplement, «recevoir un diagnostic de COVID-19», comme on dirait «recevoir un diagnostic de cancer»? Il me semble qu’il serait plus que temps de faire le grand ménage du printemps dans ce fatras [Martin Parent, Québec]!

Décidément, on ne sort pas du vocabulaire de la pandémie! Mais c’est vrai que la période que nous traversons nous a apporté beaucoup de mots nouveaux, en plus d’en réactualiser certains et d’en répandre d’autres qui étaient réservés à des contextes très spécialisés. Il suffit de jeter un coup d’œil aux nouvelles entrées des «Petit Larousse» et «Petit Robert 2022», qui arriveront bientôt sur les étagères des libraires.

C’est le cas d’«anosmie», «agueusie», «chloroquine», «comorbidité», «hydroalcoolique», «présentiel», «quatorzaine», «zoonose»… Pendant ce temps, les mots «confiner» et «confinement», qui n’avaient pas d’antonyme direct ni de mot pour exprimer leur répétition, ont vu apparaître «déconfiner», «déconfinement», «reconfiner» et «reconfinement», avec, en prime, des formes pronominales («se déconfiner», «se reconfiner»). Nos cousins en ont aussi profité pour faire entrer quelques anglicismes de plus, tel «cluster» au lieu de «foyer épidémique».

Dans le cas de «tester positif», l’anglicisme ne date pas d’hier. Les journalistes sportifs l’ont largement utilisé lorsque le dopage est devenu un sujet chaud.

Mais qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans l’expression «tester positif, négatif»?

Tout d’abord la définition du verbe. Tester, c’est faire le test soi-même ou le faire passer à quelqu’un d’autre, pas le subir. On peut tester la solidité de la glace d’un lac, tester les aptitudes d’un nouvel employé, tester l’efficacité de certains produits dans un magazine sur la consommation. Mais comme une personne soumise à un test de COVID-19 le subit, elle ne peut pas dire qu’elle teste ni qu’elle a testé.

Devrait-on alors dire «être testé positif»? Pas davantage. Remarquez, cela pourrait finir par être accepté, car il existe déjà en français des structures grammaticales similaires tout à fait correctes, quoique peu fréquentes, par exemple «être déclaré guéri», «être reconnu coupable», «être proclamé élu»… Mais pour l’instant, le verbe «tester» n’entre pas dans cette catégorie.

La bonne nouvelle, c’est que les solutions de rechange ne sont pas forcément plus lourdes, démontre la Banque de dépannage linguistique. On peut dire qu’on a reçu un test positif, que le résultat du test est négatif, qu’on a été déclaré positif, et même qu’on est positif, tout simplement.

Quant au «diagnostic positif à la COVID-19», c’est effectivement un pléonasme. Pas besoin d’ajouter l’adjectif «positif» lorsqu’on a reçu un diagnostic, cela tombe sous le sens.


PERLES DE LA SEMAINE

La fin de l’année approche, avec les examens et… les perles du bac. Voici un florilège des années passées.

«En Afrique du Sud, il y a plusieurs peuples qui ne parlent pas la même langue: c’est la biodiversité.»

«En 2000, en France, a eu lieu l’instauration de la quinquenade [quinquennat].»

«La vérité, c’est comme la religion: on croix ou on ne croix pas.»

«La Chine a trois religions: le taoïsme, le bouddhisme et le kungfusiannisme [confucianisme].»

«Le travail rend heureux, surtout les jours fériés.»


Questions ou commentaires? 

Steve.bergeron@latribune.qc.ca