Cette semaine, au Domaine Bergeville, on retire les filets afin d’effectuer la taille automnale.

Novembre dans votre verre

CHRONIQUE / Tandis que la froideur s’installe tranquillement, les verres se remplissent de jus réconfortants qui gardent au chaud et qui alimentent les conversations entre amis. Un crémant du jura, un gamay nature et un rouge québécois pour donner bonne mine à la grisaille!

Crémant du Jura, Brut Sauvage, Domaine Baud
29,05 $ • 12 100 316
12 % • 3,5 g/l  

Gros coup de cœur pour ce crémant élaboré de 70 % chardonnay assemblé à 30 % de pinot noir cultivés en agriculture raisonnée dans le Jura. Issu d’une méthode traditionnelle, les notes de pain grillé et de pâte d’amandes se font riches et délicieuses. En bouche, les bulles sont fines et délicates, aériennes. La texture est riche et la rétrolfaction, digne de ce nom. À moins de 30 $, on achète non seulement les yeux fermés, mais on pense aussi à faire des réserves pour les Fêtes. Voilà qui sera bien joli en compagnie d’un risotto de champignons.

France 2018, La cuvée du Chat, Jean-Claude Chanudet
25,15 $ • 13 184 224
13 % • 1,8 g/l 

Bien implantés dans le berceau du vin nature, Geneviève et Jean-Claude Chanudet « Le Chat », avec leur fille, Jeanne, mettent la main au gamay afin de partager son caractère unique en terrain beaujolais. Des cuvées avec très peu d’interventions humaines, sans produits chimiques, fermentées aux levures indigènes et non filtrées.  

Parcours sans tâche pour ce gamay fermenté en grappes entières en cuves de béton, en semi-carbo et sans intrant. Plus un passage de tout au plus 9 mois en fût de chêne pour lui parfaire la structure et l’aromatique. Exaltant parfum de framboise fraîche. La cuvée est incroyablement digeste et droite. Du beau jus à la fois souple et soyeux qui flatte dans le sens des papilles. Pour vos apéros entre copains, résolument!

Québec 2018, Cuvée Julien, Léon Courville
16,50 $ • 10 680 118
12,5 % •  < 2 g/l

Quel plaisir j’ai eu à revisiter ce rouge provenant de Lac-Brome. Le maréchal foch se présente sous son plus beau jour, peu extrait et vivifiant. Le nez est fruité, sincère et riche en arômes herbacés. Un beau rouge léger et souple pour une douce transition vers la saison froide. À consommer avec le plat réconfort par excellence : la lasagne.

Vigneronne en herbe : semaine 24

Vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

« Caro, est-ce que les vendanges sont terminées? Pourquoi t’es encore chez Bergeville? »

Ces questions, on me les pose plusieurs fois par semaine. La plupart s’imagine que la récolte terminée, le vignoble sombre dans un long sommeil jusqu’au retour du doux baiser printanier. Or, force est de constater que ça fourmille intensément ces jours-ci sur le domaine! C’est la course contre la montre, le branle-bas de combat avant l’arrivée de l’inévitable, du chaos hivernal : la neige. Et, pour moi, hors de question d’abandonner le bataillon si près de la ligne d’arrivée!

Aussitôt les filets anti-oiseaux-et-ratons remballés, le marathon de la taille des vignes s’est enclenché. On se rappelle pourtant que l’une des premières chroniques de Vigneronne en herbe portait sur la taille printanière. C’est que originalement, le Domaine Bergeville taillait ses vignes en deux temps : au printemps et à l’automne. Ce qui permettait à l’équipe de souffler un peu. Toutefois, cet automne c’est le vignoble en entier qui se verra offrir une nouvelle tête pour l’hiver.

Ce changement fait suite à une expérience menée l’hiver dernier. Tandis que les vignerons couvraient déjà de toiles géotextiles les vignes sensibles au froid — comme l’acadie blanc — ils ont entrepris de protéger également quelques rangs de cépages plus résistants — comme le frontenac. Les résultats furent sans équivoque. Après un seul hiver, le couple Théberge-Rainville constate une hausse de rendement significative chez les vignes nouvellement protégées — une abondance accrue de raisins. D’où l’épisode du pet-nat vécu plus tôt cet automne...

Le Domaine Bergeville s’apprête donc à être intégralement couvert de toiles cet hiver. Mais avant, il faut tailler court les 3 hectares de vignes pour que chaque plant puisse hiberner en catimini sous les géotextiles. La course contre la montre est lancée. On court un peu, mais la promesse d’un repos printanier est une grande source de motivation.