La pose des filets occupera les deux prochaines semaines au vignoble.

Le dernier coup avant les vendanges !

CHRONIQUE / Après une petite pause estivale et une rentrée en grande pompe, voilà que je retourne au vignoble pour le parer de ses plus beaux filets. À lire et à boire : un livre sur les vins et spiritueux du Québec, et deux bonnes bouteilles qui vous donneront de grands (et petits) frissons!

Québec 2018, Plus Petit Que, Domaine Bergeville
75 $ (magnum) • Au vignoble et en épiceries fines
10 % • ‹ 1 g/l  (Vinification vegan) 

J’ai un attachement tout particulier à ce mousseux nature. Tellement qu’il fût le vin d’honneur servi à mon mariage en août dernier! Plus pétillant que mousseux — 3 bars de pression comparativement à environ 5 pour les mousseux en méthode traditionnelle —, il est le fruit d’une refermentation en bouteille, qui n’a été non dégorgé, et donc non dosé. C’est une vraie chance d’avoir accès à ce magnum, car les vignerons, Ève et Marc, ne prévoyaient pas du tout le commercialiser. Initialement, le vin devait être gardé de côté comme vin de réserve, aussi appelé « petite mousse », secret bien gardé des vignerons champenois qui l’assemblent aux futurs millésimes afin d’assurer constance dans leurs cuvées. Or, après l’avoir ouvert pour un test de pression (pourquoi ne pas le déguster rendu là!), ils l’ont trouvé si bon qu’ils ont décidé de mettre en vente quelques flacons. 

La robe est trouble puisque les lies sont encore dans la bouteille. Le nez est aromatique avec des notes de citrons, de limes et de yogourt grec. En bouche, la texture est crémeuse, les bulles, délicates et aériennes, et l’acidité rafraîchissante. Un mousseux de soif qui se boit comme une bière!

Sidra natural, Isastegi
12,47 $ • Importation
privée • 6 % • 14 g/l (Vinification vegan) 

Passionnés de cidres secs artisanaux, arrêtez tout! Ce cidre basque à l’acidité tranchante, perlant et amer, est offert pour des peanuts. C’est produit avec des pommes indigènes essentiellement acides et amères — tant et si bien que la perception du sucre est quasi nulle. La robe du cidre est trouble puisque c’est non filtré et non collé. Un produit plutôt niché s’adressant aux consommateurs avertis!

Si le cidre effectue un retour en force au Québec, de l’autre côté de l’Atlantique, il y a longtemps que les Basques en raffolent. Très populaire sur les terrasses des restaurants de San Sebastian et de Bilbao, en Espagne, le sidra natural y est servi à trois pieds du verre dans un long trait impressionnant, et accompagné de tapas. Contactez commandes@boires.ca pour réserver votre caisse de 12.

Rouge sur blanc,
À la Découverte des vins et spiritueux du Québec
Ronald Georges
24,95 $
Les Malins

La dernière suggestion de la semaine nous est faite par Ronald Georges, auteur de ce guide consacré aux vins et spiritueux québécois. L’auteur, qui a été chroniqueur et blogueur vin à Radio-Canada, a collaboré pendant deux ans avec l’excellent photographe François Couture à la consécration de ce projet. Il y propose 25 portraits de vignerons d’ici et 250 produits testés et approuvés. Un outil pratique pour vous accompagner sur la route des vins cet automne. À trimbaler pour tout savoir des meilleures cuvées à déguster sur place! 

 Le cépage frontenac en pleine véraison.

Vigneronne en herbe : semaine 17

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

Après une pause de deux semaines, le retour au travail se fait dans les premières froideurs automnales. Je retrouve un vignoble tout en couleurs, avec 60 à 80 % de la véraison complétée (changement de couleur des baies), selon les cépages. Les vignes commencent même à s’aoûter — transformation des tiges en bois —, bien qu’on soit en septembre (il y a « août » dans aoûter!), signe d’un mûrissement tardif, mais aussi d’un hiver approchant. Petite ombre au tableau, le sucre monte très lentement dans les baies, laissant planer un doute quant à l’atteinte de la maturation espérée par les vignerons.

Néanmoins, entre les vignes, l’anticipation de la récolte à venir teinte les troupes d’une effervescence certaine! La fébrilité s’empare même du bataillon forestier qui flaire lui aussi la bonne affaire. Chevreuils, dindes sauvages, ratons laveurs et moufettes montent aux barricades électrifiées dans l’espoir de mettre le grappin sur quelques précieuses baies. Si ce premier obstacle ralentit leurs ardeurs, il s’avère plutôt oiseux contre les prédateurs ailés.

C’est donc pour protéger le précieux butin des gloutons ravisseurs que nous abrions les vignes de filets depuis les derniers jours. Une étape longue et fatigante que nous retardions le plus possible en raison de la perte de 10 à 15 % de luminosité, si essentielle au mûrissement. Mais aussi parce qu’ils rendent difficile le travail des sols et des vignes une fois posés. Plus qu’un pas à franchir avant les vendanges!