Le mercredi 16 octobre, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, diplômé en génie électrique de l’Université Laval et nommé l’une des 100 personnalités les plus influentes au Québec en 2018 par le magazine l’Actualité, participait à une Grande Entrevue UL avec la rectrice Sophie D’Amours. Ces entrevues sont organisées par La Fondation de l’Université Laval. La conversation s’est déroulée devant une salle presque pleine dans le cadre de la Semaine UL pour toujours.

Nous sommes hydro-québécois

Selon son PDG Éric Martel, Hydro-Québec s’est développée en misant sur l’audace et la technologie, et elle continuera dans cette voie
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Hydro-Québec n’a pas besoin de présentation. Cette société d’État, véritable géant économique avec ses 20 000 employés et sa contribution de presque 5% au produit intérieur brut du Québec, est présente dans la vie de tous les Québécois, et ce, depuis plusieurs décennies.

«Nous avons une machine extraordinaire entre les mains, affirme le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel. Nous avons de grandes ambitions pour le Québec.»

Le mercredi 16 octobre, ce diplômé en génie électrique de l’Université Laval, nommé l’une des 100 personnalités les plus influentes au Québec en 2018 par le magazine L'actualité, participait, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins, à une Grande Entrevue UL avec la rectrice Sophie D’Amours. Ces entrevues sont organisées par La Fondation de l’Université Laval. La rencontre du 16 octobre était une initiative de la Faculté des sciences et de génie, qui a collaboré à sa mise sur pied. La conversation s’est déroulée devant une salle presque pleine dans le cadre de la Semaine UL pour toujours.

L’activité a eu lieu quelques heures après la diffusion d’un important communiqué de la société d’État. Celui-ci annonçait le lancement de la marque Hilo comprenant des produits et services pour la «maison intelligente» d’Hydro-Québec. La nouvelle s’est rapidement invitée dans la conversation. Selon Éric Martel, Hilo permettra au client d’Hydro-Québec de devenir un acteur énergétique de premier plan grâce aux quantités d’énergie qui pourront être libérées collectivement. «Les gens vont avoir un moyen de réduire leur consommation d’énergie, ce qui aidera Hydro-Québec durant les périodes de pointe, a-t-il expliqué. Les kilowatts-heures qu’ils ne consomment pas pourront être redirigés dans l’économie québécoise ou exportés ailleurs en Amérique du Nord. Ces exportations contribueront à la lutte aux changements climatiques en remplaçant le recours aux énergies fossiles pour la production d’électricité. Le matin, grâce au système Hilo, 500 000 maisons peuvent facilement diminuer la demande, sur notre réseau, de 4500 mégawatts.»

Hilo permettra une gestion efficace de l’utilisation de l’énergie au niveau domestique. D’autres produits et services s’ajouteront de manière évolutive, notamment dans les secteurs de la mobilité électrique, du stockage intelligent et de l’autoproduction solaire.

«Hydro-Québec a toujours eu la technologie de pointe au cœur de ses activités, a souligné le PDG. Il y a quelques années, nous avons créé le concept de maison intelligente. La technologie et l’audace, Hydro-Québec s’est bâtie sur ces deux valeurs. Nous avons aménagé une ligne de transmission d’électricité qui relie la Baie-James aux environs de Boston. À la Baie-James, nous avons construit la plus grande centrale électrique souterraine au monde, à une profondeur de 140 mètres.»

L’hydro-électricité plutôt que l'énergie nucléaire

À ce moment-ci de l’entrevue, une vidéo promotionnelle soulignant les 75 ans d’existence d’Hydro-Québec a été projetée.

«Des choix importants ont été faits dans notre histoire, a souligné Éric Martel après le visionnement. Au début des années 1970, il n’était pas si clair que l’on voulait continuer à développer l’hydroélectricité. Des pressions sont venues du gouvernement fédéral pour aller davantage vers le nucléaire. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, entre autres, s’est levé pour dire sa volonté de continuer avec l’hydroélectricité. Cette volonté a donné place au complexe hydroélectrique de la Baie-James. Cela dit, je ne suis pas sûr que nos dirigeants étaient conscients de tous les choix environnementaux que cela impliquait. Mais aujourd’hui, ces choix s’avèrent exceptionnels. Ils placent le Québec dans une position unique sur la planète. Plus du tiers de l’énergie que nous consommons est produite avec de l’eau. Nous sommes privilégiés.»

Déjà présente dans la production d’énergie éolienne, Hydro-Québec se tourne vers l’énergie solaire. L’hiver dernier, elle annonçait son intention de créer un parc expérimental de 36 000 panneaux solaires qui devrait être mis en service en 2020 en banlieue de Montréal. Les installations devraient produire suffisamment d’énergie pour alimenter quelque 600 résidences.

Face à l’urgence climatique, la société d’État veut être un acteur essentiel à la transition énergétique vers une économie sobre en carbone. Selon le PDG, le Québec peut s’électrifier davantage. «Je dis toujours que le Québec est l’endroit au monde où les véhicules électriques ont le plus de sens. Nous n’exploitons pas de pétrole. Et l’électricité qui meut un véhicule électrique, contrairement au pétrole, ne produit pas de gaz à effet de serre. Davantage de véhicules électriques veut dire des importations moindres de pétrole, ce qui serait une bonne chose pour notre balance commerciale. Hydro-Québec veut favoriser cela. C’est pour ça que nous sommes propriétaires d’une filiale qui produit des bornes de recharge rapide. Nous sommes rendus à environ 2300 bornes installées sur les autoroutes. Nous pouvons jouer un rôle central dans une plus grande électrification.»

Éric Martel est en poste depuis 2015. À son arrivée, il a préparé un plan stratégique pour son organisation. L’exercice vient d’être refait. Un des volets de ce plan porte sur la production d’hydrogène.

«Nous allons explorer les possibilités à être un producteur et un fournisseur de molécules d’hydrogène pour le transport, a-t-il expliqué. Nous savons que l’on peut fabriquer cet hydrogène. En plus de vendre des électrons, nous pourrions aussi vendre de telles molécules.»

La stratégie de croissance de l’entreprise porte sur la commercialisation de ses innovations technologiques, sur les exportations d’hydroélectricité et sur l’acquisition ou la construction d’actifs ailleurs qu’au Québec, dans des pays qui ont comme priorité de «verdir» leur économie. À l’heure actuelle, la société d’État cible quatre pays d’Amérique du Sud, dont la Colombie et le Chili. Ces pays produisent déjà beaucoup d’hydro-électricité. «Notre reconnaissance internationale est sur la production d’hydroélectricité et sur la transmission à haute tension», a précisé le PDG.

En marge de la Grande Entrevue UL: la rectrice Sophie D’Amours, le vice-recteur aux affaires externes, internationales et à la santé, Rénald Bergeron, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, et le doyen de la Faculté des sciences et de génie, André Zaccarin.
Le barrage Daniel-Johnson constitue l’un des trois éléments de l’aménagement hydroélectrique d’Hydro-Québec sur la Côte-Nord du Québec, à 214 km au nord de Baie-Comeau. Il s’agit du plus grand barrage à voûtes multiples et à contreforts au monde.