Pour une première fois depuis 1996, il semble déjà acquis que Jérémie Poirier, William Villeneuve et Charlie DesRoches deviendront le premier trio de défenseurs d’une même équipe à être sélectionnés lors d’un même repêchage.

William Villeneuve, membre du «big three»

Les Sea Dogs de Saint-Jean tardent à se sortir de leurs récentes années d’insuccès, mais la lueur d’espoir passe par la jeunesse et par ce qu’on pourrait considérer être un « big three » en défensive.

Pour les plus vieux, soyez sans crainte, car il n’est pas question ici de comparer Jérémie Poirier, le Sherbrookois William Villeneuve et Charlie DesRoches à l’illustre « big three » du Canadien de Montréal. Néanmoins, les trois joueurs sont sur le point de réussir un exploit qui ne s’était pas produit depuis un bon moment dans la LHJMQ.

Pour une première fois depuis 1996, il semble déjà acquis que Poirier, Villeneuve et DesRoches deviendront le premier trio de défenseurs d’une même équipe à être sélectionnés lors d’un même repêchage, alors qu’ils ont commencé leur saison junior à 17 ans.

À l’époque, Colin White, Mario Larocque et Russell Smith avaient réalisé l’exploit avec les Olympiques de Hull. Cet exploit ne s’est produit qu’une seule autre fois dans l’histoire de la LHJMQ, soit avec les Tigres de Victoriaville, en 1993 (Mathieu Raby, Martin Woods et Alexandre LaPorte).

« Jérémie, William et Charlie sont de très bonnes personnes et de très bons joueurs et chacun apporte quelque chose de différent à notre équipe, a exprimé l’entraîneur-chef des Sea Dogs, Josh Dixon. Nous avons confiance en eux et en leur potentiel pour l’avenir. »

Gagnants de la coupe du Président avant de s’incliner en demi-finale du tournoi de la Coupe Memorial en 2017, les Sea Dogs ont dû immédiatement entamer une reconstruction. Ils ont eu la main heureuse au repêchage l’année suivante en sélectionnant Villeneuve (2e au total) et Poirier (8e) en première ronde, avant d’ajouter DesRoches (32e) à leur brigade défensive.

À seulement 16 ans, les trois défenseurs recrues ont retenu l’attention des recruteurs de la LNH, et ce, même si leur équipe n’a gagné que 13 de ses 68 parties et qu’elle a été exclue des séries pour une deuxième année consécutive.

Le trio a montré de belles aptitudes offensives, mais Poirier a un peu plus impressionné la Centrale de recrutement de la LNH, qui l’a classé comme un espoir de première ronde. Villeneuve et DesRoches ont pour leur part été catégorisés comme espoirs quelque part entre les quatrième et sixième rondes pour le repêchage de 2020, qui se déroulera au Centre Bell à Montréal.

« Poirier a de très bonnes qualités individuelles en attaque et il a un bon sens de l’anticipation. Villeneuve est bon en transition et avec sa première passe, alors que DesRoches a un bon jeu de pieds et il est rapide dans sa prise de décision. Les trois doivent améliorer leur aspect défensif, mais ce n’est pas toujours facile de se développer dans un environnement perdant. Ils auraient besoin d’un ou deux vétérans pour mieux les entourer », a analysé Jérôme Bérubé, recruteur en chef du site spécialisé Hockeyprospect.com.

Pour être jeunes, les Sea Dogs le sont. Une douzaine de joueurs en sont à leur année d’admissibilité au repêchage de la LNH et en défensive, Joona Lehmus et Kale McCallum sont également âgés de 17 ans. C’est peut-être ce qui explique la fiche bien en dessous de ,500 des Sea Dogs cette saison. Selon DesRoches, ce n’est toutefois pas dû à un manque de concentration.

« Nous essayons tous de nous dépasser et de nous améliorer. La meilleure chose que nous puissions faire, c’est d’aider l’équipe à gagner. Plus il y a de victoires, plus les joueurs paraissent bien. C’est ce que nous voulons accomplir ici et c’est notre objectif », a déclaré DesRoches, qui a égalé Brandon Gormley pour la meilleure saison recrue par un défenseur de 16 ans originaire de l’Île-du-Prince-Édouard.

Malgré son jeune âge, Poirier fait sans contredit partie des piliers qui cherchent à ramener les Sea Dogs sur le chemin de la victoire. Le défenseur est passé par toute la gamme des émotions au cours des 12 derniers mois.

Il a d’abord porté les couleurs du Canada au Défi mondial des moins de 17 ans, en novembre 2018, avant d’apprendre le décès de son ami et ancien coéquipier au niveau midget Alec Reid, en mars. Quelques mois plus tard, il participait au tournoi Hlinka-Gretzky et récemment, il était le plus jeune joueur de la LHJMQ lors de la Série Canada-Russie.

« Jouer contre des joueurs plus âgés et avec les meilleurs de la LHJMQ, ç’a été favorable pour mon développement. C’est plaisant de voir que les dirigeants de Hockey Canada aiment mon jeu et qu’ils m’invitent aux événements. Je dois simplement continuer à travailler et à progresser », a fait valoir Poirier, qui a d’ailleurs changé son numéro cette saison pour rendre hommage à Reid.

Après une année recrue plus difficile avec les Sea Dogs, n’obtenant qu’un but et 19 points en 55 matchs, Villeneuve a pris les bouchées doubles pendant l’été. Il compte déjà quatre buts et 20 points en 23 parties cette saison.

« J’aurais aimé en apporter un peu plus offensivement l’an dernier, a admis Villeneuve. Je veux aider l’équipe à l’attaque cette saison et je crois que ça va bien pour le moment, mais je veux aussi être responsable en défensive. Le personnel d’entraîneurs nous place dans des situations favorables pour que nous puissions tous nous améliorer. »

En attendant les résultats, les Sea Dogs peuvent au moins se dire que si tous leurs jeunes joueurs parviennent à atteindre leur plein potentiel, la ville de Saint-Jean devrait revivre rapidement l’euphorie d’un long parcours en séries éliminatoires.