Le porteur de ballon Félix Noël, des Volontaires, a connu un solide match pour Sherbrooke, avec 141 verges de gain au sol.

Volontaires et Islanders s'affronteront en demi-finale

SHERBROOKE — Les Volontaires du Cégep de Sherbroke ont dû attendre jusqu’à la toute fin, samedi soir, afin de voir leur participation aux éliminatoires du football collégial division 2 confirmée. Une longue attente, et un bris d’égalité plus tard, et l’équipe de l’entraîneur-chef Jean-Philippe Gauthier jouera une semaine de plus.

Les Volontaires (3-5) seraient entrés en éliminatoires par la grande porte, samedi, s’ils avaient eu raison des Griffons de l’Outaouais (3-5), mais les visiteurs sont venus rendre la fin de saison très intéressante en l’emportant 29-22.

Privée de son quart-arrière numéro un — Pierre-Olivier Potvin s’est fracturé le péroné face aux Condors de Beauce-Appalaches la fin de semaine précédente — l’équipe sherbrookoise amorcera donc son parcours éliminatoire ce samedi face aux Islanders de John-Abbott.

Les deux équipes se sont affrontées au premier tour éliminatoire en 2017, un duel largement à l’avantage des Islanders, par 48-7.

Sherbrooke et John-Abbott se sont livré un seul duel cette saison, à l’avantage du cégep anglophone, par 37-15.

« Ce sera tout un défi pour nous », a confirmé Jean-Philippe Gauthier.

Le match de samedi face aux Griffons fut très serré. Les Volontaires ont eu la chance de créer l’égalité à la toute fin du match, mais le receveur Philippe Lajoie, laissé seul à la porte des buts, a jonglé avec le ballon avant de l’échapper et concéder la partie aux Griffons.


L’entraîneur-chef Jean-Philippe Gauthier n’a cependant pas caché sa fierté envers ses joueurs. « Au dernier jeu du match, c’était une passe complétée pour un touché, mais malheureusement elle s’est avérée incomplète. Il y a des petits moments clé comme celui-là qu’il faut réussir à avoir. Lui, on ne l’a pas fait, mais on s’est rendus jusque-là », a-t-il commenté en entrevue après le match.

En effet, Gauthier a apprécié le travail accompli par ses joueurs. « On parle souvent du processus. Ce qui me fait mal dans cette partie, c’est que le processus était bon. Les joueurs ont bien réagi aux défis. On sait qu’on jouait avec notre second quart-arrière. L’offensive a réussi à compter des points. Même si c’était un problème cette année, on a réussi à le faire.»

 « L’attitude des gars était bonne, poursuit-il. Nous étions disciplinés. C’est difficile de perdre un match dans des situations où tu es fier de tes gars comme ça. »

Zachary Côté, joueur de deuxième année qui a pris la relève de Potvin quand il est tombé au combat face aux Condors, a amorcé le match au poste de quart pour les Volontaires; il a complété 13 de ses 25 passes pour 137 verges, deux passes de touché et une interception, en plus de récolter 33 verges au sol.

Le porteur de ballon Félix Noël a connu un grand match, avec 141 verges au sol en 17 portées.

L’attaque sherbrookoise n’a pu faire mieux qu’un total de 292 verges, alors que l’attaque des Griffons totalisait, elle, 401 verges de gain.

L’heure du match, prévu samedi à Montréal, sera déterminée cette semaine. Avec Tommy Brochu

Les Volontaires ont souligné l’apport de James Benoît à l’essor du football estrien, samedi. L’ancien entraîneur est atteint de la maladie de Lou Gehrig.

James Benoît honoré

James Benoit semblait heureux, samedi, sur la surface du stade de football du plateau Sylvie-Daigle. L’ancien entraîneur n’a jamais perdu la flamme pour son sport et profite de chaque moment, malgré la maladie qui l’afflige. Les Volontaires ont tenu à lui rendre hommage, lors de la mi-temps de leur rencontre de samedi, face à l’Outaouais.

« Je suis habitué d’être sur un terrain, partage M. Benoit. J’étais comme un poisson dans l’eau. Habituellement je courrais pour me rendre sur les lignes de côté, là, j’allais assez vite avec mon fauteuil roulant électrique. J’étais content d’arriver là. »

L’homme qui est atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi appelée la maladie de Lou Gehrig, a été honoré par plusieurs programmes de football, non seulement à Sherbrooke, mais aussi à Saint-Hyacinthe. « J’ai fait plus de bien que de mal. J’ai peut-être amené un apport à la société plus grand que ce que je pensais. Je suis humble face à tous ces éloges », analyse-t-il.

« Je fais souvent des farces en disant que d’habitude, on fait des statues aux gens décédés, poursuit-il. Moi j’ai quasiment peur qu’ils me fassent une statue avant! Avoir des honneurs, c’est vraiment le fun, mais ça nous rappelle qu’on a dû tourner la page sur beaucoup de choses. »

L’un des ambassadeurs du football en Estrie a apprécié son moment. « J’étais excité et content. J’ai trouvé ça tellement délicat de leur part. Ç’a été une belle reconnaissance de leur part. D’être entouré de J-P Gauthier, d’avoir sa main sur l’épaule et d’écouter les bons mots qu’il avait à me dire à l’oreille, ce sont des souvenirs impérissables et ça va faire de belles photos! ». Tommy Brochu

Un dernier match émotif pour Fournier-Donahue

Gabriel Fournier-Donahue a été l’un des derniers joueurs des Volontaires à quitter le stade du plateau Sylvie-Daigle, samedi après-midi. C’est que le vétéran a chaussé ses espadrilles pour la dernière fois sur ce terrain, qui a été l’hôte de ses prouesses durant quatre ans.

« C’est beaucoup d’émotions, commente-t-il d’entrée de jeu, après la défaite des siens par la marque de 29-22 face aux Griffons du Cégep de l’Outaouais. La famille des Volontaires est incroyable. On n’a peut-être pas fini ça en beauté, mais tout l’environnement autour est un très beau cadeau. »

Le colosse de 6 pieds et 7 pouces ne l’a pas toujours eu facile. « J’ai commencé avec les Bulldogs. Une fois, je me suis fait plaquer et j’ai dit à ma mère que je ne voulais plus jouer au football. Elle m’a poussé et rendu ici, à ma deuxième année, je suis devenu capitaine. J’ai travaillé et les coachs m’ont aidé », raconte-t-il, visiblement fier du parcours qu’il a accompli lors des dernières années.

Gabriel Fournier-Donahue aurait bien aimé terminer son passage avec les Volontaires avec une victoire. « On s’est préparés tellement forts, qu’on ne pouvait pas terminer avec ce scénario. On a vraiment poussé la machine. C’est juste que ça arrive. C’est ça le football, c’est normal. Ça s’est joué jusqu’au dernier jeu! » explique-t-il, avec son éternel sourire.

Gabriel Fournier entamera sa carrière universitaire et ira porter son numéro 61 avec le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. En attendant, le joueur de ligne offensive et spécialiste des longues passes aidera son équipe à lutter face aux Islanders du Collège John Abbott en séries éliminatoires. Tommy Brochu