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Benjamin Tardif a été nommé joueur par excellence des séries éliminatoires 2020-21 dans la LHJMQ.
Benjamin Tardif a été nommé joueur par excellence des séries éliminatoires 2020-21 dans la LHJMQ.

Victoire des Tigres: «On voulait faire mentir tout le monde»

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
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SHERBROOKE — Les Tigres étaient déterminés à faire mentir tous ceux et celles qui ne leur accordaient que très peu de chances d’embêter les Foreurs de Val-d’Or, en grande finale de la coupe du président, a dit Benjamin Tardif. Les Victoriavillois ont remporté samedi un premier titre dans la LHJMQ depuis 2002 et Tardif, un ancien du Phoenix de Sherbrooke, a remporté le titre de joueur par excellence des séries.

Les Tigres ont battu les Foreurs en six matchs, dont le dernier, samedi, par 3-2 en deuxième période de prolongation, lorsqu’Alex Beaucage a saisi un retour de lancer dans l’enclave. L’équipe de l’entraîneur-chef de première année Carl Mallette remportait ainsi une victoire que peu croyaient possible.

Tardif a récolté deux buts et deux passes lors de la finale, inscrivant le but gagnant lors du premier match, ainsi qu’une passe sur le but égalisateur, et la passe décisive sur le but gagnant, lors du match #3.

Dimanche, quoiqu’encore un peu fatigué, Tardif savourait encore les émotions de la grande victoire.

« En fait, on était vraiment motivés d’affronter les Foreurs en finale. On savait que c’était une très bonne équipe, et on voulait juste montrer à tout le monde que nous aussi, on était une très bonne équipe. Tous les pronostiques jouaient contre nous, mais on a utilisé ça comme source de motivation. On était très, très loin d’être les favoris », a-t-il indiqué à La Tribune.

Samedi, lors du dernier match, les Tigres ont pris les devants 2-1 en première période, et ils ont tenu le coup jusqu’en fin de troisième, alors que les Foreurs ont créé l’égalité. 

« La clé, c’est qu’on n’a pas paniqué lorsqu’ils ont inscrit ce deuxième but pour égaler la partie. Après ça, on avait confiance, car on avait déjà joué en prolongation en séries. On voulait juste amener le même effort en temps supplémentaire qu’on l’avait fait lors dernières fois », a dit Benjamin Tardif.

Les émotions ont explosé lorsque Beaucage a marqué en prolongation.

« C’est assez incroyable, comme sentiment. Il n’y a pas de mots pour décrire une pareille sensation. Je ne pouvais demander mieux pour terminer carrière junior, avec un groupe de joueurs aussi déterminés, et cool, que ça. »

« J’étais vraiment content, lorsque j’ai entendu mon nom comme récipiendaire du trophée Guy-Lafleur. Je ne m’y attendais vraiment pas ! »

L’an passé, seule la COVID a été en mesure de freiner le Phoenix de Sherbrooke et ses ambitions de remporter la coupe du président, et de participer au tournoi de la coupe Memorial.

Tardif a été un choix de 2e ronde en 2016 pour Sherbrooke.

Le Phœnix, en période de reconstruction, a échangé Benjamin Tardif aux Tigres, le 5 janvier dernier, en compagnie d’un choix de 8e ronde, contre Édouard Ouellet, un choix de 2e et de 6e ronde en 2021, et un choix de 4e ronde en 2022.

« Gagner la coupe était aussi l’objectif l’an passé avec le Phoenix, mais je suis vraiment content d’avoir eu la chance de gagner cette année. »

Tardif aura inscrit 20 points en 16 matchs avec Victo en saison régulière, et 22 points en 19 matchs lors des séries 2021.

Un leader

L’entraîneur-chef et directeur général du Phœnix de Sherbrooke Stéphane Julien n’est pas du tout surpris des succès de Tardif avec les Tigres.

« Gagner le titre de joueur par excellence des séries, ce n’est pas rien ! C’est une belle fierté pour nous. Il est arrivé chez nous à 16 ans, c’était un choix de deuxième ronde. Il était classé plus loin que ça, mais ce qu’on aimait de lui, et je m’en rappelle comme si c’était hier, c’était son éthique de travail. Ce n’était pas un gars qui avait les meilleures mains, ou le meilleur sens du hockey, mais sa façon de travailler sans relâche, de patiner fort, et d’amener de l’énergie, nous a attiré », a-t-il dit.

« Il a connu une année difficile, à 16 ans. Mais il a tellement travaillé fort qu’il est revenu en force. Il est rentré dans la culture d’équipe et il est devenu un leader. C’est rare qu’on dit ça, qu’un gars devient un leader. Mais c’est ce qui est arrivé avec Ben, avec sa façon de se comporter hors glace, sur la glace, lors des entraînements. Sam Poulin et lui étaient les exemples à suivre pour les autres. Il l’a démontré en séries. Il était en mission, il voulait bien faire. Il amène de l’énergie, très dynamique. Je suis très content pour lui. »

Stéphane Julien connaissait très bien la valeur de Tardif, lorsqu’est venu le temps de l’échanger à Victo. Et ses arguments étaient prêts lorsqu’il a jasé avec son homologue Kevin Cloutier.

« Il trouvait qu’on demandait cher pour Ben, qu’il considérait comme un gars de profondeur. Je lui ai précisé que Ben allait amener beaucoup plus que ça à son équipe. Deux semaines plus tard, l’entraîneur-chef Carl Mallette m'a dit que Ben les avait amenés à un autre niveau à l’entraînement. C’est exactement ça. Lors des entraînements, ou des matchs, où ça va moins bien, Ben est toujours en effort maximal. Les autres n’ont pas le choix de suivre. Pour aller au bout et gagner la coupe, ça prenait un gars comme ça. »

Une performance aussi inspirée vaudra à Tardif de l’attention des clubs professionnels au cours des prochains jours.

L’Avalanche du Colorado, les Jets de Winnipeg et les Canadiens de Montréal, seraient parmi les clubs les plus intéressés.