Jérémie Billal-Lardi et Samuel Piché-Luneau sont non seulement des capitaines chez le Vert & Or cette année, mais aussi des papas à temps plein. L’esprit d’équipe est fort avec leur conjointe Claudia (et bébé Léonie) et Laurie (bébé Louane).

Vétérans, capitaines... et papas

Jérémie Billal-Lardi et Samuel Piché-Luneau auront deux partisanes de plus qui vont les encourager en cette saison 2018 du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Ces deux capitaines de l’équipe de football sherbrookoise sont en effet devenus papas au cours des derniers mois.

« Léonie est née à l’automne 2017, lors de notre semaine de congé au football, le lundi plus précisément, alors qu’on n’a pas d’entraînement d’équipe. Elle s’est arrangée pour ne rien bousculer dans notre routine ! Le lendemain, on est sortis de l’hôpital, tout le monde allait bien, et j’ai décidé d’aller quand même à une activité d’équipe, au bowling. Les gars m’attendaient avec un casque de football rose ! »

Léonie et sa maman Claudia seront des spectatrices attentives, dès vendredi soir, pour la dernière saison de football universitaire de papa Jérémie. En fait, elles le sont toujours, même aux entraînements.

Le jeune couple, qui a uni sa destinée il y a deux semaines, vit une vie bien remplie avec l’arrivée de Léonie. Jérémie est présentement en stage à l’école Champlain, lui qui étudie en BEPP (Baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire). Maman travaille aussi dans l’enseignement à temps plein, et complète une maîtrise en enseignement primaire et préscolaire.

« On s’entend que ma vie n’est pas la même que lors de ma première année universitaire ! Je suis devenu un adulte. Jumeler les études, la vie de famille et le football, je ne dirais pas que c’est facile. Ça te force à revoir tes priorités et à maximiser les 24 heures d’une journée », a dit le centre arrière et ailier rapproché.

« Ça prend une équipe solide à la maison. Claudia est très présente, et je donne le plus que je peux. J’ai été très présent pendant la grossesse, et je le suis tout autant depuis l’accouchement. Je veux être un exemple pour mes coéquipiers ; s’il y en a un qui me dit qu’il manque de temps pour tout faire, j’ai quelques arguments à lui proposer ! »

Lorsqu’elle a rencontré son amoureux, Claudia savait que le foot occupait une grande place dans sa vie.

« Oui, j’en ai fait un peu plus pendant mon congé de maternité. C’est dans la vie de Jérémie depuis si longtemps, le football. J’ai appris à aimer le sport, à le découvrir. C’est son rêve, jouer au foot, et on ne sait pas quand ça peut se terminer. Léonie nous accompagne, on le fait avec elle, pour elle. On lui bâtit des souvenirs. C’est un travail d’équipe. »

« C’est cliché, mais c’est Léonie qui me propulse, ça me permet d’être concentré et de donner le meilleur de moi-même. Elle n’aura peut-être pas de souvenirs de cette dernière saison de foot, mais moi oui », a confirmé Papa Jérémie.

De Québec à Sherbrooke

Laurie est déménagée de Québec à Sherbrooke pour son amoureux. Encore là, depuis que bébé Louane est arrivée, le travail d’équipe prime.

Celle qui étudie en gestion du commerce au cégep épaule son amoureux, qui étudie en biochimie santé.

« On savait dans quoi on s’embarquait, dès le départ. Mon père et mon frère ont joué au football, alors je connais. C’est beaucoup de sacrifices, mais j’aime ça ! Notre motivation, ce sont les matchs, la fin de semaine. C’est notre récompense. Le soutien que nos familles respectives nous apportent est immense. »

« Ça demande beaucoup d’organisation, mais on est habitués à avoir une vie chargée. Pendant que les autres gars de l’équipe profitent d’un repos, nous on fait nos tâches à la maison pour le bébé. Ma femme connaît le football et sa réalité, elle a été élevée là-dedans. Une chance qu’elle est là », a dit Piché-Luneau.

« J’ai toujours été un gars travaillant, et organisé ; au cégep, j’avais un entraîneur privé, j’étais sérieux dans mon approche. J’ai gardé cette discipline, ça me sert. C’est mon année d’admissibilité au repêchage de la LCF et c’est mon rêve de poursuivre mon parcours. C’est une grosse année pour notre petite famille. »

« Le mot sacrifice peut avoir une connotation négative, parfois, mais pas pour nous. On travaille ensemble. On est la première ligne, au front, avec les gars », poursuit Claudia.

Célébrés par Mathieu Lecompte

Il est plutôt rare de voir des joueurs de football universitaire devenir papas pendant leurs études. Alors, en avoir deux dans la même formation, c’est tout à fait exceptionnel.

« Tu ne sais pas trop comment ça va être reçu, par les gars, cette nouvelle. Tu as peur qu’ils questionnent ton engagement auprès de l’équipe, car tu auras moins de temps. Mais tout de suite, j’ai eu l’appui de mes coéquipiers. Il y en a plusieurs qui nous proposent de garder la petite, quand on manque de temps. Des fois, j’agace ma blonde en lui disant que mes boys de l’équipe s’occupent davantage de Léonie que ses amies de fille ! »

Originaire de Baie-Comeau (Haute-Rive), d’un père d’origine marocaine qui vit maintenant en Espagne, Jérémie a joué son football collégial à Chicoutimi.

« Ma mère vit toujours à Baie-Comeau, mais elle a pris un congé à son travail et s’est loué un appartement à Sherbrooke pour trois mois afin de nous épauler et remplir le frigo. Elle adore sa petite fille. Mon père aussi appelle très souvent, des fois trop ! », rigole-t-il.

Billal-Lardi a donc tissé une amitié plus étroite avec Samuel Piché-Luneau, mais aussi avec l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte, grâce à cette réalité bien spéciale.

« Coach Lecompte est le dernier joueur du Vert & Or à avoir joué alors qu’il avait un bébé. Dans tout le processus, il m’a rassuré, m’a donné confiance. Quand tu sais que ton entraîneur-chef est passé par là, et que tout s’est bien passé, ça m’a apporté calme et motivation. Voilà pourquoi il a été le célébrant à notre mariage, il y a deux semaines. »

« Les gars nous agacent, Piché-Luneau et moi, quand ils précisent qu’on a pris l’affirmation de coach Lecompte, qui veut faire du Vert & Or la plus grande famille sportive au Canada, trop au sérieux ! Mais pour vrai, c’est ce qu’on veut faire. Je veux aider les gars, développer l’esprit d’entraide. Claudia, Léonie et moi, on sait plus que n’importe qui à quel point c’est important. »