Mathieu Lecompte s'est entendu avec l'Université de Sherbrooke pour un contrat d'une durée de trois ans assorti d'une prolongation optionnelle de deux années supplémentaires pour le poste d'entraîneur-chef du programme de football du Vert & Or.

Vert & Or : l'ère Lecompte amorcée

L'Université de Sherbrooke a misé sur un homme qui « représente toutes ses valeurs » et qui en est le parfait ambassadeur pour ramener son programme de football sur la bonne voie l'an prochain.
Comme l'annonçait en primeur La Tribune jeudi, Mathieu Lecompte est devenu vendredi le quatrième entraîneur du programme de football de l'Université de Sherbrooke et succède à David Lessard, dont le contrat n'a pas été renouvelé.
La confiance de Mathieu Lecompte envers ce qu'a à offrir l'UdeS ainsi que sa capacité de persuasion auront convaincu le comité de sélection, qui a également étudié les candidatures de l'entraîneur démissionnaire des Spartiates du Vieux-Montréal et ancien du Vert & Or, Chérif Nicolas, du coordonnateur offensif des Cougars du Collège Champlain, Pat Boies, et du responsable des secondeurs des Carabins de l'Université de Montréal, Paul-Eddy Saint-Vilien.
«On a des avantages à Sherbrooke qui sont uniques. Il faut juste taper sur ce clou-là et ne pas toujours regarder ce qu'on ne possède pas. Si on veut aller ailleurs, il faut faire les choses différemment », a expliqué le directeur général du programme de football Alain Lapointe.
« Il a été très inspirant, souligne sans ambages le directeur général du Service du sport et de l'activité physique, Jean-Pierre Boucher. On demandait aux candidats ce qu'ils souhaitaient apporter comme valeurs au programme et les valeurs que Mathieu mentionnait nous rejoignaient. Quand il va côtoyer les jeunes, il aura certainement un bon effet. »
Des valeurs qui ne sont pas à prendre à la légère selon le principal intéressé, qui misera sur celles-ci notamment pour faire contrepoids aux énormes budgets des universités de Montréal et Québec.
« Depuis le début, je n'ai jamais parlé d'argent. Pour moi, l'intensité, la passion, la loyauté, le respect, la famille, la redevance, être reconnaissant, ça ne coûte rien ça. Il faut faire les choses différemment, parce qu'on est à l'Université de Sherbrooke, et j'en suis fier. Mon diplôme est de l'Université de Sherbrooke et c'est une université de leaders. C'est ça que je veux amener pour les jeunes », fait valoir celui qui est également un homme d'affaires accompli.
« Mon but, c'est de faire la plus grande famille de football au Canada », ajoute-t-il. On peut s'attendre à une équipe plus intense, acharnée, qui fera preuve de rigueur, de ténacité et surtout d'audace. On n'aura pas peur de dire qu'on est de Sherbrooke et qu'on est différents. »
Mathieu Lecompte agissait depuis deux ans comme responsable de la ligne défensive au sein du groupe d'entraîneurs du Vert & Or. Il a également porté les couleurs de Sherbrooke de 2004 à 2007 sur la ligne défensive.
Son contrat est une durée de trois ans et est assorti d'une prolongation optionnelle de deux années supplémentaires. Les détails de l'entente n'ont pas été dévoilés.
Recrutement « intense »
Même s'il apportera une dynamique différente au sein de l'équipe, Lecompte ne souhaitait pas pour autant faire table rase avec ce qui se faisait dans le passé. Plusieurs entraîneurs seront d'ailleurs de retour en 2017. Son groupe d'adjoints comptera l'actuel coordonnateur défensif Guillaume Boucher, l'ancien professionnel Kevin Régimbald, qui se verra confier la coordination des unités spéciales, de même que Jean-Philippe Gauthier, dans des fonctions d'adjoint à l'entraîneur-chef.
« Je ne suis pas prêt à dire que ce qui se faisait n'était pas bon. On a montré de belles performances aux niveaux de l'unité défensive et des unités spéciales, maintenant on veut avoir un renouveau du côté du leadership et de l'énergie grâce à mon côté rassembleur et de l'esprit de famille qui va être créé », note-t-il.
Il n'a pas été possible de confirmer la venue de Dominic Picard au poste de coordonnateur offensif, mais le poste est toujours ouvert et Mathieu Lecompte entend prendre son temps pour compléter son groupe d'adjoints, indique-t-il. Ce dernier entendait cependant se consacrer au recrutement de joueurs immédiatement après l'entrevue.
« On est dans le recrutement intense. On attendait l'annonce, mais présentement, mes entraîneurs-adjoints sont déja en train de planifier un parcours de recrutement pour signer les pièces manquantes de l'organisation. On tombe en mode séduction dès maintenant. »
Lecompte est associé au Vert & Or depuis 13 ans et sera le premier joueur issu directement de l'organisation à diriger l'équipe, un atout selon lui.
« D'avoir un parcours similaire à ce que mes joueurs sont en train de vivre, c'est très rassembleur et il y a un lien de confiance qui se fait. Les jeunes n'ont pas peur de me parler de leurs problématiques, que ce soit à l'école ou sur le terrain de football ou en dehors du campus. »
Il rejette du revers de la main les doutes que certains pourraient entretenir devant son relatif manque d'expérience pour assumer ses nouvelles fonctions.
« Je n'ai pas un parcours de coaching comme les autres entraîneurs de carrière qui sont montés. J'ai un parcours d'homme d'affaires, je suis gradué en administration des affaires de l'Université de Sherbrooke, j'ai tracé mon chemin. »
« En bout de ligue, être un entraîneur-chef, c'est être un père de famille. J'ai toujours été dans le monde du football, je suis un passionné et mon parcours a été différent parce que je l'ai décidé.»
L'énergie du « chien gris »
Alain Lapointe, qui a dirigé Lecompte lorsqu'il était lui-même entraîneur-chef du Vert & Or entre 2003 et 2006, est particulièrement heureux de pouvoir compter sur l'énergie de celui qu'il avait surnommé le « chien gris » à l'époque.
« Il avait un surnom qui le représentait vraiment bien. À l'interne, c'était un gars tellement intense. C'est un travailleur infatiguable qui a la capacité de persuader et de rassembler. Au début, quand on a parti l'équipe, il a été le premier gars à prendre le téléphone et convaincre d'autres gars de sa génération de se joindre à nous. Il était encore à Champlain et il recrutait pour nous, parce qu'il croyait au programme de Sherbrooke depuis le début et voulait qu'on fasse notre place. »
« Comme joueur, il était bon et il a un bon gabarit, mais ce n'était pas le gars avec le plus d'attributs naturels, sauf qu'il compensait tellement par son travail et son désir de vaincre qu'il devenait un incontournable. Il a maintenant 33 ans, c'est un diplômé qui a réussi, il est capable de dire qu'il a une stabilité familiale et financière qui lui permet de se lancer là-dedans sans crainte. Il avait un plan, ça lui a pris 13 ans avant d'y arriver et je pense qu'il est l'homme de la situation. »