Les joueurs du Vert & Or participeront aux séries.

Vert & Or : un conte de fée pour accéder aux éliminatoires

SHERBROOKE – Personne n’avait donné sa chance à Samuel Goulet-Bolduc. Pas au football collégial, ni en division 1, ou même en division 2. Encore moins au niveau universitaire. Personne, sauf le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Le grand quart-arrière sherbrookois, aidé par le porteur de ballon Gabriel Polan, a propulsé le Vert & Or en éliminatoires, samedi.

Le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke devait gagner son duel face aux Stingers de Concordia par au moins six points s’il espérait jouer au moins une semaine de plus.

Grâce à 21 points inscrits au quatrième quart, les joueurs de l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte ont comblé un déficit de 7-21 pour finalement l’emporter 28-21, principalement grâce à une attaque renouvelée.

Samuel Goulet-Bolduc (16 en 28 pour 185 verges et deux touchés) n’avait pas amorcé un match de football depuis ses belles années avec les Rebels de la Montée, école secondaire de Sherbrooke.

Samedi, il a amorcé le match à cette position névralgique pour le Vert & Or et il a livré la meilleure performance pour un quart-arrière chez les Sherbrookois, cette saison.

Pas mal pour un gars à qui personne n’avait cru bon laisser une chance.

Ajoutez à cela la meilleure performance en carrière de Gabriel Polan, soit 213 verges au sol et deux touchés, et le Vert & Or se fraye un chemin en éliminatoires.

Il termine donc au quatrième rang du classement québécois et il affrontera le Rouge et Or de l’Université Laval samedi prochain, à Québec.

Samuel Goulet-Bolduc a de plus réanimé une vieille connexion avec son ancien receveur de passes chez les Rebels, Undaa Obo’o; les deux joueurs ont complété des jeux clé, entre autres au quatrième quart lors de cruciaux troisièmes essais.

Obo’o s’est joint au Vert & Or en début de saison, un transfert provenant, justement, de l’Université Concordia. Il a connu son meilleur match de l’année, et réalisé des catchs spectaculaires, cumulant des gains de 57 verges, en plus d’un touché.

Les deux anciens coéquipiers chez les Rebels, avec qui ils ont gagné le Bol d’Or, étaient tout sourire après la rencontre.

« Cette semaine, on a essayé de nouvelles choses, les entraîneurs ont décidé de m’essayer pour voir si ça allait changer quelque chose. Finalement, les gars ont accepté que je sois le premier quart-arrière et ils ont super bien performé aujourd’hui. Les gars se sont battus pour la balle, les gars du front offensif ont fait un super bon boulot, tout le monde a fait un super job, pas juste moi. Sérieux, les gars de ligne offensive ont été vraiment bons, et les receveurs aussi, qui ont attrapé des balles qui n’étaient pas supers », a dit le quart-arrière format géant à 6’6’, et 230 livres.

« Je me promenais à l’Université de Sherbrooke, où j’étudie, quand j’ai croisé coach Lecompte, qui m’a demandé si je voulais prendre part aux entraînements de l’équipe. J’ai dit oui. La décision que je démarrais le match samedi m’a été communiquée vendredi soir. J’ai eu un peu de misère à dormir, mais ce matin, j’avais le sourire au visage. Je me sens comme au secondaire, l’ambiance est vraiment l’fun, ça aide beaucoup. »

La connexion avec Undaa Obo’o était évidente, sur le terrain, notamment en moments critiques.

« On a gagné le Bol d’Or ensemble au secondaire. Undaa, j’ai joué trois ans avec lui au secondaire, j’ai pratiqué aussi avec lui chez les Cougars de Champlain, on s’est jamais lâché. C’est plus facile de lui lancer la balle, je sais quels genres de tracés il peut faire », a poursuivi Goulet-Bolduc.

« J’ai décidé de revenir dans la ville qui m’a accueilli au Canada, je voulais jouer pour ma ville, et Sam, ça n’a pas été facile son parcours. Il sort un peu de nulle part et il livre la marchandise au bon temps. C’est incroyable », a dit Obo’o.

« J’ai commencé à jouer au football depuis le secondaire 5, et je le connais depuis ce temps-là. On se lançait des balles même l’été quand il ne jouait pas. On a gardé la même complicité et ça a paru aujourd’hui. »

« Dans le fond, ça ne s’est pas très bien passé à la première demie, mais on a fait les ajustements à la demie et on n’a jamais cessé d’y croire. C’est le mot d’ordre cette année dans l’équipe. Et aujourd’hui, on a appliqué ça, et on regarde le tableau et on a ramassé la victoire », a dit Obo’o.

Une attaque qui débloque enfin

Les deux équipes sont retournées au vestiaire avec les visiteurs en avance 12-7. Le majeur de Sherbrooke fut l’œuvre d’une passe de Goulet-Bolduc au finissant Jérémi Lardi, sur 11 verges.

Les Stingers ont porté un dur coup au Vert & Or, et à leurs chances d’accéder aux éliminatoires, lorsqu’ils ont récupéré un ballon échappé lors de la remise entre Gabriel Polan et Samuel Goulet-Bolduc, pour inscrire le majeur et prendre les devants 19-7.

Les Sherbrookois ont cependant répliqué en force avec trois majeurs inscrits en seulement 8 : 24 au quatrième quart — deux touchés au sol de Gabriel Polan et une passe de touché de Goulet-Bolduc à Obo’o — pour remporter le match.

Polan dominant

Polan, qui avait connu son meilleur match en carrière lors de la première victoire du Vert & Or, il y a trois semaines face à McGill, en a remis contre Concordia.

Il a cumulé des gains de 213 verges en 25 portées et il a bulldozé les joueurs défensifs des Stingers à plusieurs reprises.

« On voulait gagner, on voulait aller en éliminatoires, on n’a jamais cessé de se battre. On est récompensés. On s’est ajusté à la demie, et on est revenus forts. Je suis un joueur qui pense beaucoup sur le terrain, j’analyse beaucoup la défensive qui m’affronte, c’est donc un jeu à la fois et quand il est terminé, on passe au prochain jeu, on ne doit pas se laisser emporter ».

« Pendant la semaine de pratique, on a pris le temps de s’ajuster à Samuel et chapeau à lui, ça fait longtemps qu’il n’a pas joué, il n’a pas eu ses chances. Toute la semaine, il y a eu une compétition entre les quarts pour voir qui aurait le poste de partant et Samuel a démontré qu’il pouvait le faire et qu’il attendait juste d’avoir sa chance. On est tous fiers de ce qu’il a pu faire. »

« Comme joueur, on ne pensait pas au ratio, au bris d’égalité ou aux autres détails concernant notre accession possibles aux éliminatoires. À 21-21, sur le banc, on se disait il nous reste une “drive”, on donne tout. On l’a fait.