La saison dernière, le Phœnix a trouvé un moyen de vous récompenser un peu en gagnant une première ronde de séries.

Vers la bonne direction

Chronique / Vous avez été patients, chers partisans. Mais vous avez hâte maintenant de voir la lumière au bout du tunnel et d’encourager une équipe championne.

En 2012, vous vous attendiez à quelques saisons de misère avant de voir votre équipe d’expansion arriver à maturité. Normal quoi. Mais quand on vous a promis la lune trois ans plus tard, votre équipe n’a jamais pu décoller. Et elle en a payé le prix par la suite.

La saison dernière, le Phœnix a trouvé un moyen de vous récompenser un peu en gagnant une première ronde de séries. C’est comme donner un suçon à un enfant. Quand on y goûte, on en veut encore. Après avoir échoué à son premier cycle de trois ou quatre ans, le Phœnix a dû en recommencer un autre et a pris les bonnes décisions cette fois durant le camp afin d’atteindre son but. Ce qu’il aurait pu faire l’an dernier, mais le désir de vouloir gagner une ronde pour les partisans était trop grand. Ce fut peut-être une erreur, même si les plus jeunes ont énormément appris de Mathieu Olivier, Hugo Roy et compagnie.

Non, vous ne pouvez pas crier victoire tout de suite. Vous allez devoir attendre. Encore, oui. Mais pas si longtemps. 

Il suffit de regarder l’alignement 2018-2019 pour comprendre facilement que votre équipe ne vise pas du tout la coupe cette saison, mais plutôt l’an prochain. Ou même dans deux ans. 

La direction sherbrookoise semble vouloir sacrifier la prochaine saison afin de mettre la table pour la campagne 2019-2020. Elle a préféré donner de l’expérience à ses joueurs nés en 2000 et 2001 et libérer ses vétérans de 19 ans, qui n’allaient plus faire partie de l’équation l’an prochain à l’âge de 20 ans.

Dès le début du camp, je me doutais bien que les Quinn Hanna, Nicolas Roy, Connor Senken et William Duperron n’avaient pas leur place avec le Phœnix. Je me disais bien qu’il valait mieux développer les jumeaux Vincent et Julien Anctil, les Jérémy Rainville, Dilan Savenkov et Jacob Rabouin, tous âgés de 17 ans. Ces joueurs s’ajoutent aux Samuel Poulin, Jaxon Bellamy, Bailey Peach et Alexandre Joncas.

En comptant sur neuf joueurs de 17 ans, deux bons Européens qui seront de retour l’an prochain à 19 ans, trois vétérans de qualité âgés de 19 ans (Félix Robert, Alex-Olivier Voyer et Yann-Félix Lapointe) qui seront de calibre pour occuper les trois postes de 20 ans si rien ne bouge, l’avenir est rose. Et ce, sans parler de Patrick Guay, qui devrait éclore en 2019 ou 2020, et des joueurs de 18 ans Benjamin Tardif, Édouard St-Laurent et Olivier Crête Belzile, qui devraient être encore plus dominants l’an prochain. Tout ça me semble bien prometteur, chers fans.

Devant les buts, il était normal de laisser tomber l’un des deux portiers de 20 ans. Et peut-être même les deux. Obtenu en échange d’Evan Fitzpatrick, Reilly Pickard a plié bagage laissant ainsi la voie libre è Brandan Cregan. Un gardien de 20 ans pour assurer les arrières d’un jeune groupe de défenseurs et attaquants ? La tactique est bonne dans le cas où le deuxième gardien, plus jeune, obtient sa part de temps de glace. Ce qui sera le cas de Thomas Sigouin (18 ans), qui aura encore Thommy Monette (17 ans) afin de le pousser à se surpasser. Ce dernier a décidé de rester dans l’entourage de l’équipe malgré un rôle de second plan. J’y vois tout de même une légère faille pour l’avenir devant le filet. Espérons qu’ils me fassent mentir.

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En général, je ne déteste pas du tout ce qui se pointe à l’horizon. Surtout en sachant que le Phœnix possède encore d’excellents choix au repêchage lors des prochains encans, dont deux sélections de première ronde l’été prochain.

Le gros du travail est fait. Surtout en ce qui concerne l’identité de l’équipe. Il reste maintenant à peaufiner le tout. 

Un jour, les étoiles seront alignées pour l’organisation sherbrookoise. Ce qui n’a jamais été le cas après six saisons. Le Phœnix a joué de malchance à quelques occasions. Le départ inattendu de Liam O’Brien vers les Capitals de Washington. Les blessures répétées de Jérémy Roy. Et cette fois, c’est Thomas Grégoire et Luke Green, deux joueurs de 20 ans, qui demeurent chez les professionnels cette saison. Imaginez la valeur sur le marché de Grégoire et Green aujourd’hui.

La prochaine saison sera donc cruciale pour le Phœnix, qui devra faire progresser la relève. Avec une portion de chance, les Oiseaux feront la pluie et le beau temps à moyen terme. Sinon, les partisans et les commanditaires se montreront impatients. Et les actionnaires aussi.