Eva Alexy a réalisé le Triathlon Xtrême Canada en équipe avec ses deux garçons, Viktor et Gabriel.

Vaincre le Triathlon Xtrême Canada en famille

Il y a un an, Eva Alexy d’Endurance Aventure avait juré ne plus s’y faire prendre après avoir souffert le martyre et complété à 66 ans le Triathlon Xtrême Canada Man/Woman, un triathlon Ironman qui se déroule dans des conditions extrêmes en complète autonomie sur 226 km et qui se termine au sommet du mont Mégantic.

La sexagénaire aura tenu promesse à moitié, alors qu’elle y est retournée pour la deuxième édition, en le faisant cette fois avec ses deux garçons, Viktor et Gabriel, dans le volet équipe. C’est à la suggestion d’un membre de l’équipe Endurance Aventure qu’Eva Alexy n’a pu résister à la tentation de goûter cette fois à l’expérience familiale en équipe.

« Je pensais y retourner pour du bénévolat, mais finalement l’appel de l’aventure a encore une fois été plus fort. Mais surtout, c’est de le faire avec mes deux garçons qui me motivait par-dessus tout. Lorsque j’en ai parlé à mes fils, leur réponse a été presque instantanée et nous avons décidé de nous inscrire », a révélé Eva Alexy.

Si Viktor Alexy, qui travaille et vit maintenant à Montréal, n’a plus besoin de présentation, ayant plusieurs exploits sportifs à son crédit depuis une dizaine d’années, Gabriel est moins connu dans le milieu sportif. « Gabriel est actif, mais en dehors du monde de la compétition. Il bouge pour rester en forme. Gabriel est celui qui a fait la portion natation de 3,8 km. Je l’ai rassuré et conseillé un peu. Il en faisait même trop à l’entraînement. Finalement, il a eu besoin de 1h 25m le jour de la compétition », confie la maman.

Quant à Viktor, Eva Alexy y va d’une boutade. « Vous connaissez Viktor. Il a la tête dure et ne se fie qu’à lui-même. Lorsque je lui ai parlé de la dernière montée de 8,5 km qui est très technique et pénible jusqu’au sommet du mont Mégantic, il m’a répondu qu’il avait déjà fait ses devoirs. Finalement, les conseils de maman n’étaient pas nécessaires. Il n’avait peut-être pas tort puisqu’il a été le plus rapide sur la distance marathon de 42 km avec un temps de 4h 0m 49s », de mentionner Eva Alexy, sourire en coin.

Viktor a tout de même donné la frousse au reste de la famille. « Comme il s’agit d’un Ironman en autosuffisance, il faut s’organiser entre nous et s’assurer d’être présents pour ravitailler celui qui est sur le parcours. Viktor courait tellement vite que nous l’avons raté pour le ravitailler avant la dernière section de 8,5 km. Nous étions tellement mal dans notre peau Gabriel et moi. On voyait mal comment il s’en sortirait. Heureusement, des bénévoles avaient pris l’initiative d’installer deux petits postes de ravitaillement dans cette section. C’est probablement ce qui a sauvé Viktor. On aurait pu s’en mordre les pouces » , raconte Eva Alexy.

Cette dernière s’était réservé le volet vélo de la compétition et elle a mis 8h 20m pour compléter la distance de 180 km. « C’est 30 minutes de moins que mon chrono de l’an dernier », fait-elle valoir fièrement.

Somme toute, Eva Alexy avait toutes les raisons au monde de se réjouir. « J’ai apprécié la nature encore plus que l’an dernier. Mais surtout, c’est d’avoir réalisé un rêve avec mes deux garçons en ne faisant qu’un à une compétition. Et pas n’importe quelle. C’est l’épreuve la plus difficile au Canada. Mes enfants ont été partants avec moi dans cette périlleuse aventure. Comment pourrais-je oublier ça », a souligné Eva Alexy.

Précisons que l’équipe des Alexy, avec un chrono total de 13h 50m, a pris le 21e rang sur 52 équipes inscrites. Mais c’était bien secondaire dans les circonstances. Qui s’en souciera dans quelques années lors des soupers de famille?